27 novembre 1942

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Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

La flotte française se saborde à Toulon

 Les opérations militaires de la Seconde Guerre mondiale:

1er septembre 1939: la Wehrmacht envahit la Pologne

16 février 1940: Début des hostilités en Norvège

12 mars 1940: la Finlande cesse de résister à l'URSS, alliée de l'Allemagne

10 mai 1940: Hitler envahit la Belgique et la Hollande

30 juillet 1940: bataille d'Angleterre

22 juin 1941 : Hitler attaque l'URSS

07 décembre 1941: attaque surprise de Pearl Harbor

23 octobre 1942: offensive anglaise à El Alamein

08 novembre 1942: débarquement en Afrique du Nord

27 novembre 1942: la flotte française se saborde à Toulon

31 janvier 1943: reddition allemande à Stalingrad

06 juin 1944 : débarquement de Normandie

06 août 1945 : destruction d'Hiroshima
 

Le 27 novembre 1942, la flotte française se saborde en rade de Toulon.

En quelques minutes, 90 navires dont 3 cuirassés, 7 croiseurs, 16 contre-torpilleurs,...sont détruits par leurs équipages selon un scénario mis au point deux ans plus tôt, lorsque la France fut occupée par les Allemands.

Seuls cinq sous-marins ont le temps de quitter la rade et trois d'entre eux gagnent l'Afrique du nord pour se mettre au service des Alliés et combattre Hitler; un autre se saborde à la sortie du port et le dernier choisit d'aller en Espagne, pays neutre, pour y être désarmé.

Le cuirassé Colbert gît sur le flanc dans la rade de ToulonIl ne reste pratiquement plus rien de la «Royale», cette flotte qui faisait la fierté de la France depuis l'Ancien Régime.

L'amiral Jean de Laborde a donné l'ordre de sabordage au petit matin, dès qu'il a appris que les Allemands avaient pénétré dans le «camp retranché» de Toulon.

Les blindés allemands s'étant heureusement perdus dans les dédales du port, ils n'ont pu arriver à temps pour empêcher le sabordage et s'emparer de la flotte.

L'amiral, comme plusieurs de ses pairs, considère que son honneur est sauf, la flotte française n'ayant eu à servir ni l'occupant allemand ni l'ennemi héréditaire, l'Anglais!

À Londres, le général de Gaulle s'indigne que l'amiral n'ai pas tenté de fuir avec sa flotte vers l'Afrique du nord.

À Vichy, le gouvernement collaborationniste du maréchal Pétain perd son dernier atout face aux Allemands et à l'opinion publique.

Privé de ses plus belles colonies depuis l'invasion de l'Afrique du nord par les Anglo-Saxons et privé de tout semblant d'autorité sur la métropole avec l'occupation de la «zone libre» par la Wehrmacht, l'armée allemande, il n'est plus qu'un pantin entre les mains de l'occupant.

Avec les premiers succès anglo-saxons s'éloigne l'illusion d'une paix de compromis. La défaite allemande apparaît inéluctable aux observateurs les plus lucides. C'est le moment que beaucoup choisissent en France pour entrer en Résistance.

Après la guerre, l'amiral Jean de Laborde sera condamné à mort et sa peine commuée en détention (il sera libéré en 1957).
 

Mise à jour le 22 février 2003