30 novembre 1939

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Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Staline attaque la Finlande

Avec l'aimable collaboration de Nicolas Glyko

 De la "drôle de guerre" à la campagne de France:

1er septembre 1939: la Wehrmacht envahit la Pologne

3 septembre 1939: l'Angleterre puis la France déclarent la guerre à l'Allemagne

16 février 1940: Début des hostilités en Norvège

12 mars 1940: la Finlande cesse de résister à l'URSS, alliée de l'Allemagne

21 mars 1940: Paul Reynaud remplace Edouard Daladier à la tête du gouvernement français

10 mai 1940: Hitler envahit la Belgique et la Hollande; à Londres, le Premier ministre Chamberlain est remplacé par Churchill

14 mai 1940: les blindés allemands font une percée foudroyante à Sedan et prennent les Alliés en tenaille

19 mai 1940: Maxime Weygand prend le commandement des armées françaises

24 mai 1940: les troupes allemandes interrompent leur progression vers Dunkerque

26 mai 1940: entretien entre Churchill et Reynaud à Londres

26 mai 1940: entretien entre Churchill et Reynaud à Londres

27 mai 1940: Léopold III se résigne à capituler

27 mai-5 juin 1940: embarquement des troupes anglo-françaises à Dunkerque

14 juin 1940: les Allemands entrent à Paris

16 juin 1940: Philippe Pétain devient le chef du gouvernement et demande les conditions d'armistice et de paix

18 juin 1940: appel du général de Gaulle

22 juin 1940: signature de l'armistice à Compiègne

25 juin 1940: sonnerie du cessez-le-feu; la campagne de France est finie



Les opérations militaires de la Seconde Guerre mondiale

 

Le 30 novembre 1939, Staline lance les troupes soviétiques à l'assaut de la petite Finlande.

La Finlande s'était émancipée de la Russie pendant la Grande Guerre de 1914-1918 et la frontière entre les deux pays avait été établie à quelques dizaines de kilomètres de Petrograd (aujourd'hui Saint-Pétersbourg).

En 1939, tandis qu'il partage la Pologne avec son allié Hitler, Staline s'inquiète de la vulnérabilité de cette frontière et du risque d'une invasion de la deuxième région économique de l'URSS via la Finlande.

Il propose aux Finnois de reculer leur frontière méridionale, dans l'isthme de Carélie, en échange de vastes territoires situés plus au nord. Il demande aussi de pouvoir installer une base navale à Hanko, à la pointe sud du pays.

Le gouvernement finnois veut bien négocier un échange de territoires mais refuse de sacrifier sa souveraineté en cédant une base.

Loin de chercher un quelconque arrangement avec le dictateur, il renforce ses fortifications frontalières longues de 140 km et connues sous le nom de «ligne Mannerheim», du nom d'un maréchal finnois qui avait repoussé les bolcheviks en 1917.

Finalement, Staline attaque son voisin sans prendre la peine de lui déclarer la guerre.

Avec un total de 265.000 hommes, 270 avions et 26 tanks, la Finlande doit faire face à 400.000 hommes de l'Armée rouge, équipés de 1500 avions et autant de tanks.

Malgré la disproportion des forces et la brutalité de l'attaque, du golfe de Finlande à l'océan Arctique, l'Armée rouge va piétiner plusieurs mois sur la frontière et les Finnois vont même remporter de nettes victoires au nord. 

Cette «Guerre d'Hiver» se traduit par de lourdes pertes pour l'Armée rouge, d'autant que les Français et les Anglais, en guerre déclarée contre Hitler, auront à coeur de soutenir le peuple finlandais en lutte contre l'allié du Führer allemand (avec l'espoir illusoire que ce genre d'opérations leur permettra de faire l'économie d'une attaque frontale de l'Allemagne).

Sur une idée du premier Lord de l'Amirauté, le ministre britannique de la marine Winston Churchill, les Français et les Anglais entreprendront même une expédition en... Norvège pour tenter de soutenir les Finlandais.

Staline finira par conquérir la partie orientale de la Finlande et conclura un traité avec la Finlande le 12 mars 1940.

Mais sa victoire à l'arraché va avoir pour effet d'isoler un peu plus son pays sur le plan international. Elle va aussi mettre en évidence la médiocrité du commandement soviétique et la faible motivation des troupes.

Vorochilov, commissaire du peuple (ministre) à la Défense, sera d'ailleurs démis de ses fonctions dès le 7 mai.

Ce désastre va fournir d'utiles enseignements à Hitler quand il prendra la décision d'attaquer son allié le 22 juin 1941.

Alliés à leur tour aux Allemands, les Finlandais reprendront l'offensive en 1941 mais en 1944, ils devront accepter une mise sous tutelle soviétique.
 

Mise à jour le 22 février 2003