Les
Hollandais fondent la VOC
Le 20 mars 1602, cinq compagnies de commerce
hollandaises se regroupent en une seule, la «Verenigde Oost Indische Compagnie»,
plus connue sous son sigle VOC, qui signifie Compagnie des Indes Orientales.
Les marchands d'Amsterdam et des autres villes des Provinces-Unies investissent 6.600.000
florins dans ce projet. C'est treize fois plus que leurs rivaux de Londres qui ont
fondé deux ans plus tôt la «Société des marchands de Londres», au
capital de 80.000 livres.
L'objectif des uns et des autres est de commercer avec les Indes orientales, c'est-à-dire
les pays de l'océan Indien et de l'Insulinde.
La fondation de la VOC marque le début d'une extraordinaire entreprise qui va
donner naissance au deuxième empire colonial du monde après l'empire britannique (en
terme de richesses).
Conquêtes coloniales
Quelques années plus tôt, dans les Provinces-Unies qui
viennent de gagner leur indépendance, un jeune homme du nom de Huygen van Linschotten
raconte ses voyages dans les établissements portugais
de l'océan Indien.
Cela donne des idées à des marchands d'Amsterdam qui fondent la «Compagnie des
pays lointains» et financent des expéditions maritimes en vue de
ramener en Europe de précieuses épices.

En 1595, une expédition de quatre vaisseaux quitte Amsterdam pour Sumatra où son chef,
Cornélis van Houtman, est tué par les indigènes.
Ce drame ne décourage en rien les Hollandais qui envoient de nouvelles expéditions qui,
plus chanceuses, reviennent les cales pleines de clous de girofle, de poivre et de noix de
muscade.
En regroupant leurs moyens au sein de la VOC, les marchands hollandais
donnent un coup d'accélérateur à leurs entreprises et prennent de vitesse leurs rivaux
de Saint-Malo.
Dès 1605, leurs hommes prennent possession de l'archipel des Moluques. Dix ans plus tard,
un agent de la VOC, Jan Pieterszoon Coen, débarque à Djakarta, un village
de l'île de Java.
Au prix d'extrêmes violences, les Hollandais s'emparent de la future capitale de
l'Indonésie moderne et la rebaptisent Batavia (d'après le nom latin des Pays-Bas).
Poursuivant leur avance, ils s'emparent de l'île de Ceylan (aujourd'hui Sri Lanka) et
chassent les Portugais de la plupart de leurs établissements de l'océan Indien.
Ils occupent en Extrême-Orient l'île de Formose
(aujourd'hui Taiwan) et commencent à commercer avec le Japon. Sur la route des Indes, ils
fondent la colonie du Cap à la pointe de l'Afrique.
Témoignant d'une férocité inouïe qui contraste avec la civilité de leur pays
d'origine, tant à l'égard des indigènes que de leurs rivaux européens, les marchands
hollandais ne tardent pas à s'approprier le monopole du commerce des épices.

Amsterdam devient la plaque tournante de ce fructueux
commerce. C'est là qu'est créée l'une des premières Bourses des valeurs, à l'origine
du capitalisme moderne.
La prospérité insolente des bourgeois calvinistes des Provinces-Unies va attirer la
convoitise du roi de France Louis XIV, qui n'arrivera pas mieux que ses prédécesseurs à
soumettre le plat pays.
Bibliographie
Je recommande la lecture d'un bel album illustré des éditions suisses Silva: La
route des épices, par Jean-Christian Spahni et Maximilien Bruggmann (1991). De cet
album sont extraites les illustrations de cette page.