Fondation de la ville du Cap

 Histoires de cités:

11 mai 330: Constantinople

12 février 1541: Santiago

17/05/1642 : Montréal

6 avril 1652: Le Cap

16 mai 1703: Saint-Pétersbourg

3 juin 1800: Washington

 

Les Hollandais établissent le 6 avril 1652 une petite colonie permanente près du cap de Bonne Espérance, à la pointe de l'Afrique.

C'est l'origine de la ville du Cap, qui compte aujourd'hui près de 2 millions d'habitants,  et de la république d'Afrique du Sud.

Le portugais Bartomoleu Diaz fut le premier navigateur européen à atteindre la pointe de l'Afrique, en 1488. Il en garda un si mauvais souvenir qu'il l'appela Cap des Tempêtes.

Mais le roi du Portugal, trop heureux de l'exploit qui laissait augurer un prochain voyage jusque dans l'Asie des épices, le rebaptisa Cap de Bonne Espérance.

Un peu plus tard, en 1497, un autre marin portugais, Vasco de Gama, réussit enfin à contourner l'Afrique et à atteindre les Indes. C'est le début d'un fructueux commerce.

Le contournement du continent noir au temps de la marine à voile demande pas moins de six mois.

Le développement des relations maritimes entre l'Europe et l'Inde incite les Européens à établir une base au cap de Bonne Espérance pour ravitailler les navires en produits frais.

La Hollande, aussi connue sous le nom de Provinces-Unies, vit au XVIIe siècle son Âge d'Or. Elle rivalise avec la France de Louis XIV. Ses navires de commerce parcourent le monde jusqu'en Indonésie et au Japon. C'est elle qui prend l'initiative de s'établir au Cap.

En 1648, l'un de ses navires, le Nieuwe Haarlem, s'échoue près du cap de Bonne Espérance, dans une baie située au pied de la célèbre montagne de la Table, haute de 1000 mètres.

Après avoir vécu un an des produits de la terre, l'équipage rentre dans la mère-patrie et le commandant suggère d'établir une colonie en cet endroit hospitalier, au climat méditerranéen et au sol fertile.

 Les colons conduits par Jan van Riebeeck sont accueillis par des HottentotsLa Compagnie hollandaise des Indes orientales (VOC) y envoie une flotille de cinq navires sous le commandement du capitaine Jan van Riebeeck (32 ans), avec à leur bord 90 colons (dont seulement 8 femmes).

Dans la baie de la Table, les hommes commencent bientôt la construction d'un petit fort et plantent un potager.

Naissance d'une Nation


Les premières familles de colons sont des paysans calvinistes très pieux. Leur nombre s'élèvre à 800 lorsqu'ils sont rejoints en 1685 par 200 huguenots chassés de France par la révocation de l'Edit de Nantes.

Les deux communautés se mélangent très vite. Le souvenir de leurs origines subsiste dans les patronymes. Ainsi, l'ancien président de l'Afrique du Sud, Frederik De Klerk, tire son nom d'un huguenot dénommé Leclerc.

Les colons européens entrent en relation avec les premiers habitants du lieu. Il s'agit de nomades appelés Hottentots et d'aborigènes, ou Boshimans, comme on en voit dans le film célèbre: Les Dieux sont tombés sur la tête.

Beaucoup d'aborigènes sont réduits en esclavage dans les fermes des Européens, de même que des esclaves importés de Madagascar et des Indes. De nombreuses unions mixtes forment un groupe métis dont une partie finit par se fondre dans la population européenne.

Isolés de la mère Europe, les colons donnent naissance à une langue originale dérivée du hollandais, qui prend plus tard le nom d'afrikaans.

La population européenne croît très vite. En trois siècles, ses effectifs passent d'un millier d'individus à plus de trois millions sans migration supplémentaire.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, les Boers (paysans en langue afrikaans) entrent en guerre contre les Noirs de culture bantoue qui descendent d'Afrique centrale et occupent peu à peu le territoire sud-africain.

Ils soutiennent aussi de longues guerres contre les Britanniques qui annexent la province du Cap à la faveur des guerres napoléoniennes et immigrent en masse avec la découverte de l'or dans la région du Transvaal à la fin du XIXe siècle, en 1886.

La période pionnière de l'Afrique du Sud s'achève avec une ultime guerre entre Anglais et Boers, et l'indépendance de l'Union sud-africaine en 1910.

Le racisme, de coutumier, devient institutionnel et débouche sur les lois de l'apartheid (d'un mot afrikaans synonyme de ségrégation). Ces lois ne seront abolies qu'en 1991, avec le triomphe des militants anti-apartheid et du plus prestigieux d'entre eux, Nelson Mandela.

 

Mise à jour le 24 février 2003

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