12 juillet de l'an 100 avant JC

 

Naissance de César

Avec l'aimable collaboration de Gabriel Vital-Durand

Ce jour-là...

Les grandes actions de César et Auguste:

12/07/-100: naissance de Jules César

11/01/-49: Jules César franchit le Rubicon

15/03/-44: assassinat de Jules César

11/11/-43: deuxième triumvirat

02/09/-31: victoire d'Octave à Actium

15/08/-30: suicide de Cléopâtre

16/01/-27: Octave reçoit le titre d'Auguste
  

 < buste de Jules César > Jules César serait né selon la tradition le 12 juillet de l'an 100 avant JC, à Rome.

De son vrai nom Caius Julius Cæsar, le génial fondateur de l'empire romain est issu d'une famille patricienne qui prétend descendre d'Énée, fils de Vénus et fondateur indirect de Rome.

Jules César est le neveu par alliance du vieux Marius. Le prestigieux conquérant de l’Afrique est aussi le chef du parti populaire. À ce titre, il s'oppose à Sylla, chef du parti sénatorial, et n'hésite pas à faire exécuter ses ennemis.

À 16 ans, Jules épouse Cornélia, la fille du consul Cinna, qui lui donnera une fille, Julia. Ce sera son seul enfant légitime. Son beau-père est lui-même un farouche partisan de Marius et devient l'homme fort de Rome à la mort de ce dernier.

Le vent tourne lorsque Sylla revient d'une campagne militaire en Orient. Le jeune Jules César, sur les conseils de sa mère Aurélia, choisit de s'enfuir de Rome pour échapper aux proscriptions.

La mort du dictateur le ramène à Rome où il s’engage dans le cursus honorum (tribun, questeur, édile, préteur).

Il mène une vie dissipée de dandy. Bon orateur, poète à ses heures, il intervient dans les batailles politiques qui agitent la République romaine en pleine décomposition.

Sa fortune et surtout ses emprunts lui permettent des dépenses fastueuses qui le rendent populaire dans la plèbe. César est par ailleurs bien introduit parmi les familles patriciennes. Lui-même a des liens familiaux avec Crassus et Pompée, les personnalités qui comptent à Rome.

Pour faire bonne mesure, après la mort de sa femme, César épouse en secondes noces une petite-fille de Sylla, Pompeia (il la répudiera en 61, au terme d'une sombre affaire, et épousera alors Calpurnia).

Ces relations lui permettent de se fait nommer propréteur dans la péninsule ibérique, où il pacifie la Lusitanie (Portugal), explore la Galice... et amasse assez d'argent pour rembourser ses nombreux créanciers.

Selon l'historien Plutarque, il aurait alors affirmé préférer la première place dans un obscur hameau d’Espagne à la deuxième à Rome!

Jules César, dès cette époque, a un sens aigu de son destin (comme Napoléon Bonaparte qui lui vouait une grande admiration). Il déclare un jour à un timonier désespéré dans la tempête: «Que crains-tu donc? Tu portes César et sa fortune!»
 

Les raisons d'un divorce

Publius Claudius Pulcher, communément appelé Claude (ou Clodius), pénétra sous un déguisement de femme dans la maison de Jules César en 62, pendant la période des mystères de Bona Dea (la Bonne Déesse). L'incident fit scandale. Cicéron poursuivit Clodius pour cause de sacrilège, mais l'accusé obtint l'acquittement, probablement par prévarication, en achetant les juges.

César saisit cette occasion pour répudier sa femme, Pompeia, petite-fille du dictateur Sylla, avec cette justification sans appel: «la femme de César ne doit pas être soupçonnée!» - c'est-à-dire qu'elle ne doit donner lieu à aucun soupçon, même injuste, faute de ne plus pouvoir être sa femme!

Mais Clodius ne s'en tint pas quitte et poursuivit Cicéron de sa hargne. Plus tard, lorsqu'il eût été désigné tribun avec l'appui du triumvirat (César, Crassus et Pompée), il exila l'avocat en tirant prétexte de la conjuration de Catilina («Usque tandem, Catilina, abuteras patientiam nostram?»). Ce tribun décidément peu recommandable organisa un gang pour terroriser les bonnes gens et se remplir les poches.

Un groupe de réactionnaires (nous dirions des «skinheads») s'organisa sous la bannière de l'autre tribun, Milon, qui avait la faveur de Pompée, et les deux bandes donnèrent aux Romains le spectacle de leurs violents démêlés jusqu'à ce que Clodius fut tué (assassiné?) dans l'une de ces échauffourées.
Pompée prétendit alors faire juger Milon.

Cicéron n'eut pas le courage de défendre Milon dans cette atmosphère de terreur mais la plaidoirie qu'il avait  préparée, intitulée Pro Milone, a heureusement été conservée.

L'opposition entre Clodius et Milon fut l'une des causes de la guerre entre César et Pompée.
 

 

De retour d'Espagne, César fait office de médiateur entre Crassus et Pompée.

Désespérant de réformer les institutions romaines, les trois compères forment un premier triumvirat (ou gouvernement à trois) en -60, Jules César ayant la charge de consul.

En butte à l’hostilité du Sénat, le nouveau consul n'hésite pas à en appeler au peuple et cultive avec soin sa popularité; c'est ainsi qu'il obtient des terres pour les vétérans de Pompée.

Sollicité par Ptolémée XI Neos Dionysos, roi d’Égypte, il le fait confirmer sur son trône moyennant une indemnité fabuleuse.

La guerre des Gaules

En -58, le Sénat donne à César les pouvoirs militaires (imperium) en Gaules cisalpine, transalpine et Illyrie avec quatre légions, dans l'espoir de l'éloigner pour longtemps.

Pour l'ambitieux politicien, c'est l'occasion d'obtenir la gloire militaire indispensable à son ascension.

Aussitôt arrivé en Gaule Narbonnaise, vieille province romaine, César est sollicité par les Arvernes, une tribu de la Gaule chevelue, d’intervenir contre les Helvètes, d’autres Gaulois (ou Celtes) qui ont entrepris une migration vers la Saintonge.

Il refoule les Helvètes et, dans la foulée, écrase les Germains d’Arioviste qui ont pénétré en Bourgogne. La plus grande partie de la Gaule chevelue lui fait désormais allégeance.

En -56, César lance une flotte contre les Vénètes, dans le golfe du Morbihan, puis il traverse le Rhin sur un pont de bateaux dans la région de Cologne afin de soumettre les Germains. Enfin, il débarque en Bretagne (l'actuelle Angleterre) pour battre l’armée de Cassivellaunus (55-54).

C’est alors qu’Ambiorix, un chef des Belges, prend la tête d’une révolte menaçante en plein hiver que César doit lui-même mater.

Tandis que la Gaule chevelue semble enfin acquise à Rome, un jeune chef arverne, Vercingétorix, prend la tête d’une révolte générale. César qui avait été surpris en Italie accourt à travers les Alpes, pourchasse l’ennemi vers le nord, s’empare de Bourges, échoue devant Gergovie (en Auvergne) et met le siège devant Alésia, un oppidum bien fortifié en Bourgogne.

Les sapeurs construisent une ligne de siège infranchissable, et l’armée de secours ne réussit pas à rejoindre les assiégés affamés. Vercingétorix est emmené en captivité et la Gaule toute entière fait soumission (52 avant JC).

César a magnifié ses opérations militaires dans le plus bel écrit de propagande qui soit: Commentaires sur la guerre des Gaules.

Ce chef-d'œuvre de littérature et de stratégie demeure essentiel pour la connaissance des lointaines origines de la France.
 


 Gallia est omnis divisa in partes tres, quarum unam incolunt Belgae, aliam Aquitani, tertiam qui ipsorum lingua Celtae, nostra Galli appellantur. Hi omnes lingua, institutis, legibus inter se differunt.
Gallos ab Aquitanis Garumna flumen, a Belgis Matrona et Sequana dividit.
Horum omnium fortissimi sunt Belgae, propterea quod a cultu atque humanitate provinciae longissime absunt, minimeque ad eos mercatores saepe commeant atque ea quae ad effeminandos animos pertinent important, proximique sunt Germanis, qui trans Rhenum incolunt, quibuscum continenter bellum gerunt.


Traduction française de Maurice Rat, Garnier-Frères, 1967.
 
 La Gaule, dans son ensemble, est divisée en trois parties, dont l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui dans leur propre langue, se nomment Celtes, et, dans la nôtre, Gaulois. Tous ces peuples diffèrent entre eux par la langue, les coutumes, les lois.
Les Gaulois sont séparés des Aquitains par le cours de la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine.
Les plus braves de tous ces peuples sont les Belges, parce qu'ils sont les plus éloignés de la civilisation et des moeurs raffinées de la Province, parce que les marchands vont très rarement chez eux et n'y importent pas ce qui est propre à amollir les coeurs, parce qu'ils sont les plus voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin et avec qui ils sont continuellement en guerre.

 

 
La dictature

En 50 avant JC, le Sénat, à l'instigation de Pompée, consul à Rome, lance un sénatus-consulte par lequel il somme César de lâcher son armée! La guerre est déclarée entre les deux triumvirs.

César, qui trépigne d’impatience en Gaule, franchit le Rubicon (un petit fleuve toscan) avec son armée le 11 janvier de l'an 49 avant JC. Il se déclare ainsi hors la loi...

 

Mise à jour le 25 février 2003