Le Vatican s'arrange avec le Mexique

Un siècle de papauté autoritaire:

18/07/1870: le pape devient infaillible

27/06/1929: le Vatican s'arrange avec le Mexique

12/03/1939: élection de Pie XII

11/10/1962: ouverture du concile Vatican II

Amen., l'affaire Pie XII au cinéma

  

Le 22 juin 1929, le Vatican signe avec le gouvernement mexicain du président Portes Gil les arrangements («los Arreglos»).

Par cet accord, le pape Pie XI convient de demander aux Indiens catholiques qui s'étaient révoltés contre le gouvernement socialisant et franc-maçon, les Cristeros, de déposer les armes sous peine d'excommunication.

Le gouvernement s'engage en retour sur une amnistie et sur un assouplissement des lois qui visent à éradiquer la religion catholique.

Dans les faits, l'amnistie n'est pas respectée et des centaines d'insurgés sont assassinés dans d'atroces conditions après avoir rendu leurs armes sur ordre de leur évêque. Il faudra encore plusieurs années avant que la paix religieuse ne revienne au Mexique.

Pour le pape Pie XI et son nonce apostolique, Eugénio Pacelli (futur Pie XII), les Arreglos s'inscrivent dans le cadre d'un accommodement avec tous les gouvernements autoritaires, aussi anticatholiques fussent-ils.

Ils tiennent à la volonté du Saint-Siège d'asseoir son autorité sur les catholiques en éliminant les mouvements issus de la base, potentiellement revendicatifs et contestataires.

À la même époque, le 11 février 1929, le Saint-Siège conclut les accords du Latran avec le gouvernement fasciste de Mussolini.

Un peu plus tard, en juillet 1933, il profite de l'arrivée de Hitler au pouvoir en Allemagne pour signer aussitôt avec lui un Concordat. Cette initiative malvenue a pour effet immédiat d'assommer la résistance des organisations catholiques allemandes à la montée du nazisme.

En France, en 1927, le pape avait dénoncé l'Action française, le mouvement royaliste de Charles Maurras, au catholicisme ambigu.

Mais dès le 25 août 1910, la papauté avait aussi condamné l'activisme du Sillon, un mouvement catholique progressiste fondé par Marc Sangnier.

Celui-ci allait après la Libération fonder un grand parti démocrate chrétien sous le nom de MRP (Mouvement Républicain Populaire).

 

Mise à jour le 23 février 2003