Un siècle de papauté autoritaire:
18/07/1870: le pape devient infaillible
27/06/1929: le Vatican s'arrange avec le Mexique
12/03/1939: élection de Pie XII
11/10/1962: ouverture du concile Vatican II
Amen., l'affaire Pie XII au cinéma
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Le pape Jean XXIII ouvre le concile Vatican II le 11 octobre 1962,
dans la basilique Saint-Pierre de Rome.
Né près de Bergame (Italie du nord) le 25 novembre 1881, dans une famille très pauvre
de dix enfants, Angelo Roncalli se signale par une extrême bonté pendant toute sa vie
consacrée à l'Église, y compris quand il accède au prestigieux patriarcat de Venise.
Il est élu pape le 28 octobre 1958, à 76 ans et onze mois. Les cardinaux, en portant
leur choix sur lui, après la disparition du très conventionnel Pie XII, veulent se donner le temps d'une transition avant
d'élire un pape d'action.
Mais le nouvel élu provoque d'emblée la surprise en annonçant un «aggiornamento»
(mise à jour) de l’Église catholique.
Aucune entreprise comparable n'avait été menée depuis le concile de Trente, quatre
cents ans plus tôt. Le précédent concile oecuménique, Vatican
I, avait consacré en 1879 l'infaillibilité pontificale.
L'absolutisme pontifical
contesté
Au XIXème siècle, l’Église s'était assoupie sous l'effet du conservatisme
dominant en politique et dans les relations sociales.
Pie IX, après une rupture avec les libéraux et la perte
des États pontificaux, s'était replié sur le Vatican et avait entrepris de renforcer le
pouvoir absolu du Saint Siège sur l'Église catholique et ses évêques.
L'Église avait semblé se réveiller sous le pontificat vigoureux de Léon XIII, qui
publia l'encyclique sociale Rerum Novarum (1891) et inspira le ralliement des
catholiques français à la République.
Après une longue pause marquée par les deux guerres mondiales, la tragédie nazie et le
pontificat ambivalent de Pie XII, Vatican II veut enfin adapter l'Église au
monde moderne, intégrer une réflexion religieuse dans les mouvements d'idées et
réconcilier toutes les chrétientés.
Jean
XXIII, dès l'ouverture du concile, dénonce l'enseignement du mépris et témoigne de son
ouverture aux autres religions et en particulier aux juifs.
Sa volonté de réforme trouve un écho dans les propos du théologien dominicain Yves
Congar, le 14 octobre 1962: «Il n'y a rien à faire de décisif tant que l'Église
romaine ne sera pas sortie de ses prétentions seigneuriales et temporelles. Il
faudra que tout cela soit détruit. Et cela le sera.»
Le concile va effectivement ébranler les velléités centralisatrices de l'administration
pontificale (la Curie).
Il va aussi adapter la communication de l'Église au monde moderne afin que soit mieux
perçu le message de l'Évangile. C'est ainsi que les langues usuelles se substitueront
peu à peu au latin dans les offices religieux...
Le 11 avril 1963, en pleine guerre froide entre les États-Unis et l'URSS, la publication
de l'encyclique Pacem in terris (Paix sur la terre)
confirme l'attention portée par l'Église aux problèmes sociaux et à la paix.
Le concile achèvera ses travaux sous le pape Paul VI, successeur de Jean XXIII, mort le 3
juin 1963.
Béatification
Avant de clore le concile, les participants auront tenté mais en vain de proclamer la
sainteté de Jean XXIII par acclamations. Le pape Paul VI s'y est opposé par crainte que
l'autorité pontificale ne soit battue en brèche par cette entorse à la pratique
habituelle.
C'est seulement en septembre 2000 que le «bon pape»
Jean a été déclaré bienheureux par Jean-Paul II, en même temps que Pie IX, dernier pape à exercer un pouvoir temporel.
Cette béatification rend hommage aux qualités humaines de l'un et l'autre pape en
faisant abstraction de leur action à la tête de l'Église, action contestée à
plusieurs titres en ce qui concerne Pie IX.
La béatification, qui reconnaît le droit d'honorer localement un chrétien de grande
valeur, est souvent un préalable à la canonisation, celle-ci étant précédée d'un
procès contradictoire. Par la canonisation, le bienheureux est inscrit au
catalogue général des saints.
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