Tout espoir n'est pas perdu
- participation des femmes aux élections municipales au Qatar (mars 1999):
- accès des femmes koweitiennes au droit de vote et à l'éligibilité en 2003:
- Libération d'un journaliste au Bangladesh (Rationalist International 27 décembre 2001 et 18 janvier 2002)
Le journaliste Shahriar Kabir avait été arrété au Bangladesh à son retour d'Inde, le 22 novembre 2001, où il était allé enquêter sur l'exode des hindous fuyant les violences perpétrés par les musulmans en octobre et novembre. Le gouvernement du Bangladesh nie ces massacres et ce journaliste réputé et militant des droits humains s'était vu notifier l'accusation de "sédition et activité contre l'indépendance et la souveraineté du Bangladesh". Il encourait la réclusion à perpétuité dans un pays de plus en plus sous l'emprise des fondamentalistes musulmans. Le 23 décembre une manifestation à rassemblé des centaines d'universitaires, journalistes, militants des droits humains et de divers mouvements politiques à Dhaka. La Haute Cour de Dakha a finalement déclaré illégale cette détention et le journaliste a été libéré. Selon la décision du tribunal, la police n'avait aucun pouvoir légal pour maintenir le journaliste en prison pendant près de deux mois sans l'ouverture d'un procès.
- En Espagne, la loi au secours des musulmanes (Metro 1er juillet 2002)
Le procureur général de Catalogne José Maria Mena a porté plainte contre les parents de cinq mineures d'origine maghrébine. Obéissant à des considérations religieuses, ils les avaient retirées d'un collège de Ola Montserrat après qu'elles eurent leurs premières menstruations.
- Interdiction du port du foulard pour une enseignante allemande (Metro 5 juillet 2002)
Le tribunal fédéral administratif allemand a confirmé le 4 juillet 2002 l'interdiction du port du foulard islamique pour une enseignante musulmane. Ceci en vertu du principe de "stricte neutralité dans les écoles publiques". L'Etat régional du Bade Wurtemberg en 1998, puis celui de Basse Saxe en mars 2002, avaient interdit à Fereshta Ludin, 30 ans, d'origine afghane, de porter le foulard islamique pendant son service d'enseignement.
- Au Pakistan la Cour Suprême acquitte Ayub Masih (Rationalist International numéro 101, 20 août 2002)
Ayub Masih, qui avait été condamné à mort pour blasphème en avril 1998, a été acquitté par la Cour Suprême du Pakistan le 16 août 2002. Le jugement a rejeté la décision de la Haute Cour de Multan qui avait confirmé la condamnation à mort en juillet 2001.
Ayub, un chrétien de 35 ans vivant dans le village de Chak Arifwala au Punjab, avait été arrété et accusé de blasphème en vertu du texte Section 295 C du Code Pénal pakistanais en octobre 1996, quand son voisin Mohammed Akram, afin de récupérer ses terres, avait prétendu qu'Ayub avait offensé Mahomet. Ayub nia avoir tenu des propos blasphémateurs et affirma qu'il était accusé à tort. Amnesty International l'a déclaré prisonnier de conscience.
Il avait été condamné à mort en avril 1998. Il n'avait pas pu trouver d'avocat jusque là qui soit prêt à le défendre. Le procès avait attiré l'attention de la communauté internationale quand l'évêque de Faisalabad John Joseph, organisateur d'une manifestation en sa faveur, se suicida en réaction à la condamnation à mort. Cela avait provoqué des pressions à l'échelle internationale sur le gouvernement de la Premier Ministre Benazir Bhutto. La condamnation à mort fut temporairement suspendue, mais confirmée par la décision de la Haute Cour de Multan en juillet 2001. Ayub formula alors son dernier appel devant la Cour Suprême.
Ayub a informé ses amis chrétiens à l'étranger qu'il avait été torturé plusieurs fois pendant sa détention et que ses co-prisonniers fondamentalistes avaient tenté par deux fois de l'assassiner en novembre 1997 et janvier 1999, mais il survécu. Un groupe de fondamentalistes avait menacé de le tuer ainsi que son avocat s'il était acquitté.
Les trois juges de la Cour Suprême n'ont pas suivi la décision de la Haute Cour, sans donner de raisons. Les détails seront donnés ultérieurement, a indiqué la déclaration de la cour.
Islam
L'innovation est double: ce sont les premières élections
au niveau national et les femmes ont pu à la fois voter et être
candidates. Dans ce pays où l'islam enseigné est des plus
fermé, la nouveauté est d'importance. Six d'entre elles ont
osé être candidates sur un total de 240 aspirants au Conseil
municipal.
Certes ce conseil a un pouvoir très limité, certes les
maris peuvent interdire à leur femmes d'aller voter et le ministre
des Affaires municipales ne s'en est pas privé, certes s'afficher
en public sans le voile reste un acte de bravoure, certes il y eut des
urnes réservées aux hommes et des urnes réservées
aux femmes, mais le pas franchi au Qatar, et voulu par l'émir, reste
historique. Un émir dont l'une de ses trois épouses entend
jouer un rôle dans l'émancipation féminine. Mais la
société qatarienne reste très conservatrice ce qui
rend tout triomphalisme exagéré, les religieux étant
naturellement contre le vote des femmes et le faible nombre de candidates
résultant de l'opposition masculine.
Le voisin saoudien maintient les femmes aussi bas que possible et pas
plus de droit de vote pour elles au Koweit. Oman était jusque là
le seul émirat du Golfe à accorder le droit de vote aux femmes.
L'évènement qatarien a essentiellement une valeur de symbole,
le chemin à parcourir reste long pour accéder à un
rôle actif des femmes dans le pouvoir décisionnel. Mais ces
symboles sont suffisamment rares dans le monde musulman pour mériter
d'être mentionnés.
L'émir du Koweit Jaber Al Ahmed Al Sabah en a décidé ainsi le 16 mai 1999 malgré les fortes oppositions des milieux conservateurs islamistes. Devant les protestations des religieux, le ministère de la Justice et des Biens religieux a suspendu des imams ayant attaqué cette décision.
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