Les atteintes à la laïcité
- Financement d'une grande mosquée par la mairie de Strasbourg (avril 1999)
- Financement de deux mosquées par la mairie de Strasbourg (février 2001)
- Construction d'une mosquée à Montpellier avec un financement de 3.5 millions de francs par la municipalité (1997)
- Financement d'une mosquée par la mairie de Montpellier (Libération 31 janvier 2002)
La décision a été prise le 28 janvier 2002 par le conseil municipal de Montpellier: la mairie va construire une "salle polyvalente à caractère associatif" pour un montant d'un million d'euros. Une description plus proche de la réalité montre qu'il s'agira d'une mosquée pouvant accueillir un millier de personnes. La timidité dans l'intitulé de la décision municipale tient autant de l'hypocrisie que de la trahison de la laïcité: il n'entre pas dans le rôle des collectivités publiques de construire des lieux de cultes, c'est même contraire à la loi de séparation de l'Eglise et de l'état de 1905. Mais le maire Georges Frêche se moque de la laïcité. Le bâtiment sera loué à l'Association des Franco-Marocains et sera un exemple édifiant des encouragements de l'ancien ministre de l'Intérieur Jean Pierre Chevènement à proposer la location de bâtiments religieux selon l'astuce antilaïque du bail emphytéotique: un lieu est confié à une association cultuelle en échange d'un loyer symbolique (c'est à dire quasiment gratuit) pour une durée déterminée. La mosquée sera érigée dans le quartier de la Paillade. Les responsables présentent le financement public comme un recours pour éviter l'afflux de capitaux en provenance des dictatures musulmanes du Golfe Persique, l'Arabie Saoudite essentiellement.
- subvention de 600000 francs à la Mosquée de Paris en 1997 attribuée par la Mairie de Paris pour sa mise en conformité. Cette somme s'ajoute à la dotation de 15 millions de francs accordée par J. Chirac en 1987.
- Le cimetière musulman de Bobigny près de Paris.
1. Vue générale du cimetière qualifié d'"intercommunal" par la municipalité de Bobigny
2. Le panneau informant des aménagements en cours: des travaux d'un montant de 1200000 francs à la charge des communes
3. L'entrée du cimetière depuis la mosquée voisine: sa nature confessionnelle est clairement affirmée et il n'est plus question d'un cimetière "intercommunal"
- la municipalité de Marseille offre un terrain pour la construction d'une grande mosquée (Libération 26 juin 2001)
Le maire Jean Claude Gaudin a créé un comité destiné à, premièrement, identifier les interlocuteurs représentatifs, une tâche dont la difficulté ne doit pas être sous-estimée tant les musulmans sont réticents à toute forme d'union, et, ensuite, mener des discussions sur la construction prochaine d'une grande mosquée à Marseille qui compte 120000 à 200000 musulmans. La municipalité, suivant en cela précisément les recommandations de l'ex-ministre de l'Intérieur J.P. Chevènement, est prête à céder le terrain via l'astuce anti laïque du bail emphytéotique! Mais cette complaisance n'est pas une nouveauté: dès 1942 la Mairie avait proposé la cession d'un terrain pour la construction d'une mosquée (Islam de France, numéro 8, 2000). A ce stade de servilité et de revirement des politiciens, il n'est pas inutile de rappeler que J.C. Gaudin n'abordait pas la question de l'islam et de l'immigration en ces mêmes termes au début des années 80. Alors député giscardien, Jean-Claude Gaudin proclamait dans un tract électoral de décembre 1982: «Une seule mesure: l'expulsion» (Le radeau de Mahomet, Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, page 47). Et en janvier 1997 il affirmait au mufti Soheib Bencheikh venu présenter un projet de mosquée que "la mairie n'offrira pas le terrain ni ne participera financièrement à la construction de cette mosquée" (Les réseaux d'Allah, Antoine Sfeir).
Information de Laïcité & Libre Pensée Midi (lp-midi@wanadoo.fr), octobre 2001:
J.-Claude Gaudin, maire de Marseille, a mis en place un comité pour élaborer le projet de grande mosquée. Mais le financement est plus inquiétant : plus grave que le coutumier bail de terrain (légal), Gaudin prévoit un projet à deux niveaux : le cultuel et le culturel. Le second sous forme de l'habituel alibi de musée permet un financement public. Cela est dit clairement dans la presse locale. Et l'on retrouve la ruse anti-laïque de Jack Lang pour la cathédrale d'Evry. Mais bien avant ce "socialiste en peau de lapin", selon la formule d'E. Herriot. Et le "radical" Herriot lui-même avait financé ainsi la grande mosquée de Paris. - La consultation des musulmans de France du ministre de l'Intérieur Jean Pierre Chevènement
- Le rapport du Haut Conseil à l'Intégration L'Islam dans la République (2001)
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/brp/notices/014000017.shtml
- Observations du Haut Conseil à l'Intégration sur le communautarisme musulman
- le gouvernement français veut organiser le pèlerinage à La Mecque
(avril 2001)
- Le premier ministre français Lionel Jospin reçoit des responsables musulmans pour le Ramadan (Yahoo Actualités, 3 décembre 2001)
L'heure est aux amabilités œcuméniques à l'Hôtel Matignon: le premier ministre Lionel Jospin a reçu le 3 décembre 2001 pour dîner divers aspirants responsables musulmans. La date n'est pas anodine puisqu'en pleine période du Ramadan le repas a constitué la rupture rituelle du jeûne. Il faut voir la frénésie du bon musulman à s'alimenter de quelques dates dès le soleil couché, c'est l'œil sur la montre que le fidèle affiche la soumission à son dieu imaginaire. Il est déplorable que M. Jospin se prête à cette mascarade, à ce mois hypocrite où certains musulmans seraient facilement prompts à imposer leurs interdits alimentaires aux non musulmans. Parmi les invités de cette soirée on compte Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, personnage représentatif d'un islam conservateur duquel aucune innovation ne peut émerger, Mohamed Bechari, président de la Fédération nationale des musulmans de France, c'est lui qui a demandé qu'une action en justice soit entreprise contre Michel Houellebecq en septembre 2001, et Soheib Bencheikh, mufti de Marseille, l'alibi démocratique de l'islam de France, mais un alibi très isolé car les musulmans marseillais n'ont que faire de son attachement à la laïcité.
- Le ministre de l'intérieur Nicolas Sarkozy va trainer ses babouches dans l'islam de France (octobre 2002)
- 5 octobre: le ministre prononce un discours à la Mosquée de Paris pour la plus grande jubilation du gourou local, Dalil Boubakeur. Il s'est déclaré opposé à un islam dirigé par des puissances étrangères pour lui préférer un islam moderne (moderne? le ministre a-t-il lu le Coran?). Le ministre avait aussi décidé depuis quelque temps d'attribuer la présidence du futur Conseil français du culte musulman à la Mosquée de Paris, revenant ainsi aux orientations choisie par Charles Pasqua en 1993 qui avait opté pour la préférence de la Mosquée de Paris dans la gestion de l'islam en France. Naturellement les autres acteurs (UOIF, FNMF) sont furieux, les querelles de minarets ne sont près de s'éteindre...
- 8 octobre: le saoudien Abdullah Turki est reçu au ministère de l'intérieur par Nicolas Sarkozy. Le secrétaire général de la Ligue Islamique Mondiale effectuait en fait une tournée européenne de promotion de l'image de l'islam saoudien. Mais c'était surtout l'occasion d'évaluer les besoins de financement de mosquées par l'opulente pétromonarchie saoudienne. Suite à la rencontre, le ministère a diffusé le communiqué suivant: "[Les soutiens financiers de la Ligue aux mosquées] sont possibles s'ils ne conduisent pas la Ligue islamique mondiale à prendre la direction des organismes ainsi subventionnés, et sous réserve bien entendu qu'ils n'alimentent pas des organisations aux objectifs incompatibles avec les valeurs de la République". On croit rêver. Le tri sera très facile à faire puisque aucune association se référant au Coran ne peut être en compatibilité avec les lois de la République. - L'islam et la République
L'Union des Organisations Islamistes de France (UOIF) s'est réunie au Bourget, près de Paris, lors du week end du 1er mai 2000 pour discuter de la situation de l'islam en France. Le projet Chevènement de l'intégration de l'islam à la République était bien sûr au centre des préoccupations. Néanmoins, on doit, plus que jamais, douter de la possibilité d'un islam acceptant les règles de la laïcité: les conférences étaient données face à un public où femmes et hommes étaient séparés, la possibilité de changer de religion reste une infamie pour de nombreux musulmans et le cadre républicain, garant d'une coexistence égalitaire entre toutes les religions, est loin d'être populaire. Ainsi trois françaises converties à l'islam pendant la réunion se sont vues affublées du foulard comme signe de leur nouvel esclavage. Une très grande vigilance s'impose pour ne pas laisser brader la laïcité par un ministre voulant satisfaire une fraction de la population à une religion tout aussi anti-républicaine que sa collègue chrétienne.
- Le congrès 2001 de l'Union des Organisations Islamistes de France: le fondamentalisme contre la laïcité
L'UOIF est une fédération de 200 associations musulmanes qui persiste à défendre le port du foulard pour les femmes et refuse la séparation de l'islam et de la politique. D'autant plus inquiétant que cette organisation est populaire et bien implantée partout en France. Elle a organisé un congrès au Bourget, du 27 avril au 1er mai, qui a rassemblé des milliers de personnes, dont une quantité impressionnante de femmes voilées. Et les politiciens complaisants font le jeu de cette association fondamentaliste qui n'est qu'un ramassis de fachos. A ce rythme le communautarisme aura raison de la laïcité.
- L'écrivain Michel Houellebecq s'attire les foudres des représentants de l'islam (septembre 2001)
- Enquête sur les prêches dans les mosquées françaises (février 2002)
Le quotidien Le Monde l'a annoncé fièrement le 7 février 2002: les sermons donnés dans les mosquées françaises prêcheraient "un islam moralisateur et non belliqueux". La caution de respectabilité tant attendue par les musulmans serait-elle enfin venue? Pourtant on peut s'interroger sur le sérieux de cette enquête menée de 1999 à 2001 et commandée par l'Institut des hautes études de la sécurité intérieure (Ihesi). De façon surprenante, les imams ont toujours été informés à l'avance de l'enregistrement de leurs prêches alors qu'il aurait semblé logique que cela soit effectué à leur insu lorsqu'il y a suspicion sur le contenu. D'autre part, l'étude n'a pas été menée par les services du ministère de l'intérieur mais a été confiée à des intellectuels musulmans. Où est la rigueur scientifique requise dans ce genre de travail?
- En région parisienne des enseignants font grève contre le port du voile à l'école (Le Monde 23 et 28 mars 2002)
Le 20 mars 2002 la quasi totalité des enseignants du lycée Léonard de Vinci à Tremblay en France se sont mis en grève pour protester contre la décision du rectorat de Créteil d'annuler l'expulsion d'une écolière portant le voile. Au mois de février le conseil de discipline du lycée avait renvoyé la jeune fille. Mais ce n'était pas là un cas isolé de prosélytisme religieux: le port du voile islamique trouvait de plus en plus adeptes dans l'établissement avec des jeunes filles vêtues à l'iranienne, des contestations du darwinisme apparaissaient, des lectures du Coran étaient organisées dans un couloir et des insultes anti juifs étaient proférées. En ordonnant la réintégration de l'écolière, le recteur désavoue la défense de la laïcité par les enseignants mais il ne fait, en fait, que suivre le manque de courage du Conseil d'Etat qui a toujours refusé de légiférer clairement contre le port du voile à l'école. Désabusés, les enseignants ont mis fin à leur mouvement de grève le 26 mars.
- A Niort, suite aux pressions de la communauté musulmane, enterrement selon le rite de l'islam d'un citoyen français d'origine marocaine ayant pourtant souhaité être incinéré (Le Nouvel Observateur 21 février 2002)
Extrait de l'article de Delfeil de Ton paru dans Le Nouvel Observateur:
"Un qui voulait être incinéré, à Niort où il vivait, c’est un certain Mohammed Yazid, né musulman et ne s'en souciant guère. D'origine marocaine, il était citoyen français, marié à une Française. Seulement, sous la pression physique de quelques musulmans, certains étrangers à la région, et qui de toute façon n'avaient pas voix au chapitre, la crémation de Mohammed Yazid a dû être suspendue. Lesdits musulmans étaient appuyés par le consulat du Maroc de Bordeaux, lequel s'immisçait ainsi dans une affaire relevant de la loi française qui garantit la liberté des pratiques religieuses et le respect des dernières volontés d'un défunt en ce qui concerne sa sépulture. Le ton montant, ce qui provoqua l'intervention de la police, Mme Yazid, par lassitude en ce jour de deuil, consentit finalement à ce qu’on enterrât son mari. On lui pratiqua la toilette selon les rites musulmans, qu'il n’avait pas réclamée, et on l'inhuma dans le carré musulman du cimetière, où il n’avait pas souhaité être déposé. Cette affaire de crémation interdite rappelle évidemment celle du foulard pour les filles à l’école. On y voit des intégristes chercher tous les moyens d’imposer leur loi chez nous. Il est déplorable que du côté des autorités la consigne semble être à l'apaisement, et ni le président de la République ni le Premier ministre ne se sont encore exprimés sur l’affaire de Niort."
Que l'on soit croyant ou pas, le respect des volontés d'un défunt doit rester absolu et l'ingérence des religions dans le règlement de l'inhumation ou de la crémation est inacceptable pour qui opte pour un choix distinct des leurs. Pour mieux affirmer nos résolutions à rejeter toute récupération de notre décès par les religions, lire et diffuser le très judicieux testament d'un libre penseur de Bruno Courcelle. http://www.courcelle-bruno.nom.fr/Testament.html - réponse à un article du Monde Diplomatique (septembre 1999) sur les facultés d'adaptation de l'islam à la laïcité
- "La liberté d'expression s'arrête là où elle peut faire mal", Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, le 17 septembre 2002 au procès de Michel Houellebecq
- L'islam dans la presse (septembre 2002)
En quelques jours Le Monde et L'Express ont publié des articles importants sur l'islam. C'est d'abord Le Monde qui a donné la parole à Hani Ramadan, frère de Tariq et petit fils du fondateur des Frères Musulmans. Le 10 septembre, dans un article odieux intitulé La charia incomprise, Hani Ramadan justifie la charia alors qu'il bénéficie pourtant des bienfaits de la société suisse non musulmane. Ce texte est à lire absolument car très révélateur de l'incompatibilité de l'islam avec les droits humains, la démocratie et la laïcité. Une réponse d'Albert Lévy parue le 13 septembre jours opère une excellente dénonciation du racisme d'Hani Ramadan. L'Express, dans son édition du 12 septembre, publie une enquête très instructive et courageuse sur "Islam, ce que l'on n'ose pas dire". Avec des témoignages effarants sur les obstacles rencontrés par les enseignants: quasi-impossibilité, dans certains établissements, de faire aujourd'hui un cours sur la guerre d'Algérie, l'affaire Dreyfus, l'extermination des juifs, les religions, avec aussi la difficulté d'être simplement femme enseignante, face à des élèves musulmans qui assument racisme, antisémitisme et sexisme. L'institution scolaire (principaux, inspecteurs, recteurs, etc.) s'efforce d'étouffer ou de minimiser ces incidents devenus routiniers, laissant les enseignants seuls avec cette question taboue. Enfin, Taslima Nasreen a écrit un article, brillant comme toujours, dans Le Nouvel Observateur du 19 septembre 2002 intitulé Il faut critiquer l'Islam. Les silences sur l'islam doivent cesser!
- Passer son baccalauréat avec le voile et en présence de son mari (Le Monde 29 octobre 2002)
En juin 2002 une musulmane a souhaité passer, dans la région parisienne, les épreuves du baccalauréat couverte d'un voile intégral et accompagnée par son mari. L'inacceptable est qu'elle a été admise à passer les épreuves orales. Fort heureusement, il lui a été interdit de passer les épreuves écrites qui étaient organisées dans un autre établissement. La séparation des cultes et de l'Etat concerne TOUTES les religions.
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