Les atteintes à la laïcité


    Christianisme

     

    France

     
  • l'exception Alsace-Moselle.

      La région Alsace Moselle a vécu sous la domination allemande dans la période 1871- 1918 et n'est toujours pas concernée par la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905. Le régime allemand avait laissé le statut en vigueur avant son annexion en 1871 et son application continue actuellement. Ainsi la République Française reconnaît dans les trois départements concernés les quatre cultes suivants: catholique, luthérien, réformé et israélite. Les salaires des curés, pasteurs et rabbins sont versés par l'Etat et des cours religieux sont assurés dans les établissements d'enseignement public. De plus, les évêques de Strasbourg et de Metz sont nommés par l'Etat, le Président de la République Française est le seul chef d'Etat qui nomme des évêques catholiques dans l'Union Européenne. Des réglementations s'écartant de la loi de 1905 existent encore dans certains départements et territoires d'outre mer.

  • Le tableau de JC au Palais de justice de Metz

      Depuis 1866, la salle de la cour d'assises de Metz arbore un tableau de Théodore Devilly représentant la crucifixion de l'hypothétique JC. L'œuvre ne fait pas dans la modestie vu ses grandes dimensions, 3,50m par 1,70m. Bien qu'étant en terre concordataire où la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat ne s'applique pas, la présence de ce tableau reste inacceptable dans un lieu où la justice est rendue. En dehors de l'aspect religieux, un homme cloué sur une croix n'est pas le genre d'image souhaitable dans un palais de justice. C'est ainsi que Me Daniel Delrez a réclamé la disparition du tableau en vertu de la laïcité de la République. Le premier président de la Cour d'appel et le procureur général ont alors décidé en juillet 2000 de soumettre la question au vote des personnels et usagers du tribunal de Metz alors que cette question est du domaine de compétence de l'Etat. Le vote organisé en septembre 2000 a choisi de conserver le tableau mais, en attendant de prendre une décision définitive devant recevoir l'accord de la Chancellerie qui demandait son retrait, le tableau a été recouvert d'un rideau. Il est urgent qu'une décision de plus haut niveau intervienne pour faire disparaître le tableau de ce lieu, une situation qui résulte du statut scandaleusement pro-religieux de la Moselle.

  • retransmission chaque dimanche matin d'émissions religieuses et de la messe par les médias du service public (France2, France Culture)
     
  • présence d'aumôneries dans les collèges et les casernes
     
  • participation des municipalités et collectivités locales aux restaurations de bâtiments religieux (la Mairie de Paris finance les travaux de restauration des peintures de l'église Saint Nicolas du Chardonnet, fief des intégristes catholiques)
     
  • décembre 1959: vote de la loi Debré instituant un système contractuel pour l'enseignement privé
     
  • janvier 1993: accords Lang-Cloupet
     
  • tentative avortée de révision de la loi Falloux par le gouvernement Balladur, 16 janvier 1994: manifestation qui a regroupé entre 600000 et 1 million de personnes à Paris
     
  • visite de Jacques Chirac au Vatican (janvier 1996)
     
  • complicité de l'Etat dans l'organisation de la visite du Pape en septembre 1996: messes célébrées sur les bases aériennes de Tours (le 21/9) et Reims (le 22/9)
     
  • présence à la messe donnée par le Pape à Tours le 21 septembre 1996 de V.Giscard D'Estaing, F.Léotard et M.Debré
     
  • les visites de Jean Paul II en France
     
  • Des croix chrétiennes sur des bâtiments publics à Besançon
    • A Besançon, financement par de l'argent public de la rénovation du palais Granvelle avec introduction contre nature d'un caractère religieux (implantation d'une croix au sommet de l'édifice). Un recours au tribunal administratif a été posé par Christian Guilleminot contre cette dilapidation de l'argent public (février 1997).

    • Une croix chrétienne à la mairie de Besançon

        La mairie de Besançon exhibe une croix chrétienne dans un lieu qui se devrait de donner l'exemple en matière de laïcité. Une demande pour procéder à son enlèvement a été formulée en mars 2000 par Christian Guilleminot, responsable du site du CROA. Cette requête étant restée sans réponse, Christian Guilleminot a alors déposé une plainte au Tribunal Administratif en juillet 2000. Un an et demi plus tard il est à craindre que le verdict final suive la demande de la mairie: maintien de la croix et remboursement des 5000 francs de frais par le plaignant! La coalition cléricale à la tête de la municipalité peut encore être contrée par un appel du jugement. Pour cela, Christian Guilleminot a besoin du soutien des habitants de la région de Besançon. Le contacter à christian.guilleminot@univ-fcomte.fr. L'ensemble du dossier se trouve à l'adresse : http://www.croa-at.com/militant/besac.

    • Le verdict de Tribunal Administratif de Besançon

        Le verdict a été rendu le 20 décembre 2001 après plusieurs années d'inaction:
        1/ la décision de poser une croix au sommet du palais Granvelle est annulée et il est enjoint à la ville de Besançon de l'enlever dans un délai de six mois à compter de la notification du jugement.
        2/ la requête concernant la croix du porche de la mairie est rejetée et le plaignant devra verser une somme de 5000 francs à la ville de Besançon.
        Si la première décision constitue une indiscutable victoire contre l'ajout importun de signes religieux sur un bâtiment public, la deuxième sentence annule le respect de la laïcité que l'on pourrait voir dans la première.
        Christian Guilleminot a décidé de faire appel.

  • à la station de ski des Ménuires (Alpes, France), construction d'un clocher avec de l'argent public (janvier 2000).

      Cette décision autoritaire du maire, prise sans consultation, coûte 8 millions de francs dont la moitié a pu être rassemblée sur des fonds privés. Seulement un tiers des commerçants a accepté de contribuer à son financement. L'argent public va donc être utiliser pour financer un projet clérical à hauteur de 4 millions de francs. Et pour compléter la parfaite contradiction avec la loi de séparation de l'Eglise et de l'état de 1905, le maire prévoit d'adjoindre à ce clocher une salle "polyvalente" (budget de 4 millions de francs) dans laquelle pourront se dire des messes.

  • le CAPES de religion en Alsace Moselle

      Suite à la création d'un CAPES d'enseignement des religions en Alsace Moselle en 2000, le SNES-FSU avait deposé un recours au Conseil d'Etat contre ce cadeau aux cléricaux (35 postes pour le catholicisme et 8 pour le protestantisme). Le verdict a été connu début avril 2001: le Conseil d'Etat confirme les CAPES de religion! Non seulement la création de 2000 est confirmée mais, dans le même temps, le Rectorat de Nancy-Metz a de nouveau publié en 2001 un avis de concours pour des postes d'enseignement catholique et protestant (document transmis par la Libre Pensée 57). Pourtant, lors d'un entretien avec la Libre Pensée au ministère de l'Education en septembre 2000, il avait été assuré que cette dénomination de CAPES était une erreur et que l'ouverture de postes ne devait avoir lieu qu'en 2000. L'Etat réaffirme donc en 2001 son soutien au statut particulier en vigueur en Alsace Moselle. Poursuivant dans cette logique, à quand des CAPES d'enseignement musulman, scientologique, juif, bouddhiste, hindou? L'égalité de tous les citoyens ne sera jamais garantie en flattant les particularités de chacun dans un communautarisme dislocateur de la République.

  • Sondage sur l'enseignement des religions (La Vie 15 octobre 2001)

      Un sondage de l'institut CSA, publié le 15 octobre 2001 par le journal catholique La Vie, révèle que 57% des jeunes âgés entre 15 et 18 ans sont favorables à l'enseignement des religions à l'école, 36% se déclarent contre. Les résultats sont bien évidemment distincts dans les établissements privés, 73% pour, et publics, 52% pour. Mais que signifie exactement un "enseignement des religions à l'école"? C'est avec une ambiguïté calculée que La Vie ne précise pas plus si cet enseignement consiste en l'énoncé des principales marques des religions sur nos sociétés (art, traditions populaires, vie intellectuelle, guerres, oppression, privation des libertés), chose déjà réalisée dans les programmes scolaires, ou si, comme le souhaite une part importante de la hiérarchie catholique, il s'agit de professer l'adhésion à une religion et rendre plus diffuse la séparation entre l'Etat et l'Eglise.

  • Scandaleuse déclaration du nouvel ambassadeur de France au Vatican. Monsieur Morel y fait l'éloge du rôle fondateur du christianisme dans l'histoire française et détourne la notion de laïcité (L'Osservatore romano, 13 juin 2000).

  • Pierre Morel, un ambassadeur au Vatican contre la laïcité (La documentation catholique, numéro 2274, 21 juillet 2002)
  • financement public d'un institut de théologie à Paris (La Raison, mars 2001)

      L'Association diocésaine de la ville de Paris souhaite implanter un institut de théologie dans le 5ème arrondissement de Paris (24 rue de Poissy) et a reçu pour cela un montant de 83 millions de francs d'argent public: 29 millions de francs de la mairie de Paris (décision du 26 juin 2000), 18 millions de francs du Conseil Régional Ile de France (décision du 6 juillet 2000) et 36 millions de francs de l'Etat par le ministère de la Culture. En contrepartie, l'Eglise catholique achète le terrain et les bâtiments pour 11 millions de francs. Bénéfice: 72 millions de francs pour les curés.

  • le Préfet du Maine et Loire fait respecter la loi (info La Raison et Ouest France, merci à Hervé Le Maréchal)

      C'est par une décision unanime (gauche et droite confondues) que le Conseil Général du Maine et Loire a décidé, le 14 décembre 2000, l'attribution d'une subvention de 6,5 millions de francs en faveur de collèges privés du département avec pour alibi la sécurité des établissements. En se basant sur la loi Falloux qui ne permet pas un financement supérieur au seuil de 10% du montant des travaux, le préfet du Maine et Loire, Jean-Michel Birard, a demandé au Conseil Général de revoir son projet. Nullement convaincu d'obéir à la loi, celui-ci a renouvelé, le 7 mars 2001, sa décision de financer les cinq collèges catholiques avec la même unanimité. Le préfet continue de contester ce cadeau fait aux cléricaux, en même temps qu'une dizaine d'associations laïques. La décision appartient maintenant au Tribunal administratif. Mais le président du Conseil Général a déclaré dans une provocation supplémentaire que si la loi française lui donnait tort, il n'hésiterait pas à en appeler à la Cour européenne des droits de l'homme.

  • Une visite à la basilique du Sacré Cœur à Paris
  • La Commune de Paris et la laïcité
  • Le Panthéon, un bâtiment républicain? Pas si simple... L'édifice était en fait destiné à être une basilique et la croix toujours visible à son sommet en atteste.
  • Participation du gouvernement français à des cérémonies religieuses (septembre 2001)
  • La laïcité selon Lionel Jospin (La Croix 20 novembre 2001)

      Le Premier ministre français Lionel Jospin a accordé un entretien au journal catholique La Croix, publié le 20 novembre 2001. Extrait: "Après 1988, ministre de l'éducation nationale, j'ai veillé, quand nous avons fait la réforme des rythmes scolaires, et à la demande de mes interlocuteurs catholiques, à ce que cela n'affecte pas le catéchisme". Deux poids, deux mesures? La question est en fait bien plus grave: la présence de cours de catéchisme, car il s'agit bien de cours où on inculque une manière de penser aux élèves, est inadmissible dans les établissements publics.

  • Jacques Chirac, un chanoine président de la République

  • Le Premier ministre Jean Pierre Raffarin maintient l'institutionnalisation du dialogue avec l'Eglise catholique (Zenith, 8 juillet 2002)

      Une rencontre a eu lieu début juillet 2002 entre le Premier ministre Jean Pierre Raffarin et les principaux intermédiaires français de la secte qui a réussi. Mgr Ricard, président de la conférence des évêques de France, le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, et le père Stanislas Lalanne, secrétaire général de l'épiscopat, ont eu un entretien d'une heure avec Jean Pierre Raffarin au cours duquel celui-ci a déclaré vouloir poursuivre les discussions avec l'Eglise, engagées le 12 février 2002 par Lionel Jospin, afin d'envisager des travaux communs. La gauche, initiatrice du projet, et la droite, son applicatrice, font donc front commun contre la laïcité, ce dont le Vatican n'a pas manqué de se réjouir.

     

    Europe

  • non au statut d'Etat du Vatican à l'ONU

      Des députés néerlandais ont réclamé en novembre 2000 que le Vatican n'ait plus le statut d'Etat à l'ONU qui lui confère une place privilégiée à l'Eglise catholique (Yahoo Actualités 18 novembre 2000). Celle-ci est la seule religion représentée en tant qu'Etat. Cette situation inacceptable est un frein majeur pour les droits des femmes, la lutte contre le Sida, et la séparation du politique et du religieux. Cette action s'inscrit dans la continuité d'une  internationale diffusée par le Mouvement Europe et Laïcité.

  • l'origine chrétienne du drapeau de la Communauté Européenne
  • Le despotisme de l'Eglise espagnole à l'encontre des professeurs de religion.

      En septembre 2001 a éclaté en Espagne une affaire qui ternit un peu plus une institution toute puissante dont l'autoritarisme est de plus en plus contesté. Une enseignante de religion dans un lycée public a ainsi été renvoyée par l'évêché pour s'être mariée l'année précédente avec un homme divorcé. Des cours de religion sont assurés dans les établissements publics en vertu d'un accord signé en 1979, mais les enseignants (au nombre de 14000) dépendent de l'Eglise ce qui permet à cette dernière d'agir à sa guise en toute impunité. Il s'est avéré que ce licenciement abusif n'est pas chose isolée, d'autres professeurs de religion ont eu à subir l'intrusion de l'Eglise dans leur vie privée. Mais le scandale ne se limite pas à ces renvois, l'Eglise s'autorise aussi à effectuer des retenues sur le salaire des professeurs pour sa propre fortune. Cette taxe illégale pouvait atteindre 1% alors que le salaire est versé par l'état espagnol. Sources: Europa Laica et Libération.

  • L'argent au service du prosélytisme religieux:

      Le Vatican n'est pas le seul état à imposer une caractère religieux à sa monnaie. Les pièces de 2 euros des Pays Bas montrent sur la tranche la devise "God zij met ons" qui signifie "Que Dieu nous protège"!

  • Le pape s'invite au parlement italien (Le Monde 15 novembre 2002)

      Comme aucune porte n'ose lui résister, le pape Jean Paul II s'invite partout où il peut prêcher son message de reconquête catholique des états, de l'Europe, du monde entier. La Terre entière semble livrée à ce vieux despote dont l'ultime objectif aura été de l'infecter avec ce poison mortel appelé christianisme dont la nocivité est connue depuis près de deux millénaires. Il s'est donc rendu au parlement italien le 14 novembre 2002 devant des parlementaires proches de l'extase, en admiration complète devant celui qui veut faire de l'Europe une terre chrétienne: "Je nourris l'espoir que, grâce aussi à l'Italie, ne fera pas défaut aux fondations de la maison commune européenne le ciment de l'extraordinaire héritage religieux, culturel et civil qui a fait la grandeur de l'Europe." Pourtant, des voix (extrême gauche, laïques, quelques médias) se sont élevées pour protester contre cette ingérence; mais aucune n'est représentée à l'intérieur de l'hémicycle. Que peuvent ces résistants devant la servilité de tous les grands partis en quête d'un mot agréable, d'une attention, d'une prière d'un pape qui n'a jamais autant méprisé les lois civiles? Le Vatican fut le dernier salon où l'on cause à l'occasion des élections présidentielles de 2001 qui a vu tous les grands partis venir s'agenouiller devant le vieillard. Et la version italienne de la politique de "la main tendue" a été illustrée récemment quand le maire de Rome, ancien communiste, a élevé Wojtyla au rang de citoyen d'honneur de la capitale. La bête cléricale, affamée de tout ce qui ne lui appartient pas encore, poursuit sans relâche cette reconquista des temps modernes, encouragée qu'elle est par la disparition de toute contestation.

  • "Dieu" dans la future constitution européenne? (Libération 16 novembre 2002)

      Au cours de la rencontre du 31 octobre 2002 au Vatican entre JP2 et le catholique pratiquant Valéry Giscard d'Estaing, président de la Convention sur l'avenir de l'Europe, le vieux dictateur avait demandé que soit explicitement reconnue la liberté d'action des Églises et des confessions religieuses dans la future Constitution de l'Europe élargie et VGE lui avait répondu: "Oui, nous travaillons en ce sens". Le 12 novembre, le Parti Populaire Européen (qui regroupe les partis européens de droite au Parlement européen) a diffusé publiquement son programme pour une Europe chrétienne. Il insiste sur «ce que l'Europe doit à son héritage religieux» et ose aller jusqu'à souhaiter dans la constitution européenne la mention de "dieu", ce concept qui n'a pu naître que dans des cerveau malades ou avides d'un pouvoir facile sur les crédules. Le texte exact de l'article 57 est «les valeurs de l'Union incluent les valeurs de ceux qui croient en Dieu comme la source de la vérité, de la justice, du bien et de la beauté, comme celles de ceux qui ne partagent pas cette croyance mais respectent ces valeurs universelles émanant d'autres sources.» Noter qu'on retrouve dans les partisans de cette formule un ancien communiste, le président polonais Aleksander Kwasniewski, un de plus... Enfin, le porte-parole du président de la Convention a cru faire œuvre utile en précisant que «la reconnaissance du fait religieux ne doit discriminer ni les agnostiques, ni les juifs ou les musulmans»: une fois de plus les athées sont oubliés pour ne pas dire volontairement ignorés. L'existence des athées est une preuve trop dérangeante de l'absurdité de la notion de "dieu".