Saint Augustin

le théologien de l'âme

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Romain d'Afrique, Aurelius Augustinus est né à Thagaste (Souk Ahras, en Algérie) en 354, de Patricius le païen et Monique la chrétienne. A dix-huit ans, il a un fils naturel, Adéodat ­ qui sera le premier de ses adeptes ­, fruit d'une jeunesse dissipée. Pendant ses études de rhétorique à Madaure, il se passionne pour le latin, dédaigne le grec et devient philosophe en lisant Cicéron. Séduit un temps par le manichéisme, il y cherche l'explication scientifique de la nature et de ses mystères, mais s'en éloigne, déçu, une fois revenu à Thagaste. Professeur à Rome puis à Milan, il découvre le néoplatonisme et Plotin grâce à la prédication de saint Ambroise. Un jour, dans son jardin, il entend une voix lui dire :
« Prends et lis. » En ouvrant la Bible, il tombe sur ce passage des Epîtres de saint Paul : « Comme il sied en plein jour, conduisons-nous avec dignité : point de ripailles ni d'orgies, pas de luxure ni de débauche, pas de querelles ni de jalousies. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ et ne vous souciez pas de la chair pour en satisfaire les convoitises » (Romains, 13, 13-14). Il devient alors chrétien fervent et reçoit le baptême des mains de saint Ambroise en 387.
Après l'abandon de tous ses biens, il s'entoure de disciples, et adopte une vie monastique qui lui permet de poursuivre ses études et sa quête de la vérité. En 388, il rentre en Afrique pour assister l'évêque d'Hippone (Annaba), où il est ordonné prêtre trois ans plus tard et acclamé évêque en 396. Pendant son épiscopat, il crée l'ordre qui porte son nom, administre son diocèse, juge, prêche parfois plusieurs jours de suite (trois cents sermons nous sont parvenus), lutte contre la misère. Le combat qu'il mène contre les erreurs de certains théologiens (Donat, Mani, Pélage) lui permet d'aborder les questions de la nature et de l'origine du mal, du salut, de la mission divine et de la vocation universelle de l'Eglise. A la question : « Que veux-tu connaître ? » Augustin répond : « Dieu et l'âme. » L'homme dans la création divine, la grâce, la structure de l'être de Dieu sont au centre de sa réflexion. Il meurt à Hippone en 430.
Père de l'Eglise et écrivain de talent, saint Augustin laisse les « Confessions », et une immense oeuvre apologétique dont
« la Cité de Dieu », qui élabore une théologie de l'histoire.
A.-C. M

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Nouvel Observateur - HORS-SERIE n° 40  Copyright © 1999 Le Nouvel Observateur Tous droits réservés.