10 janvier 1642

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Portrait de jeune homme, par Raphaël (Italie 1483-1520), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Charles 1er est chassé de Londres

Le roi Charles 1er est chassé de Londres le 10 janvier 1642.

C'est le début d'une guerre civile qui mènera à la décapitation du roi et à la dictature de Cromwell avant de se conclure par l'avènement d'une solide monarchie parlementaire, la première du genre.

Après le règne prestigieux de la reine Elizabeth 1ère, le roi Jacques 1er Stuart avait atteint des sommets d'impopularité du fait de son intolérance à l'égard des minorités religieuses. 

 < portrait de Charles 1er, par Anton Van Dick >  A son avènement en 1625, à l'âge de 25 ans, son fils Charles 1er est apprécié pour sa réserve et ses bonnes manières.

Mais son mariage avec Henriette de France, soeur de Louis XIII, et son goût pour le pouvoir personnel le rendent à son tour impopulaire.

L'homme le plus influent du royaume est le beau Georges Villiers, 1er duc de Buckingham.

Il introduit à la Cour des moeurs dissolues et une mode exubérante, avec cheveux longs et dentelles, qui scandalisent la bourgeoisie puritaine.

Par ses intrigues, Buckingham entraîne l'Angleterre dans des conflits avec l'Espagne comme avec la France avant d'être assassiné en 1628. Alexandre Dumas s'en est fait l'écho dans «Les Trois Mousquetaires».

Dans les onze années qui suivent, Charles 1er arrive à gouverner seul, sans convoquer le Parlement.

N'ayant pas le droit de lever de nouveaux impôts sans l'accord des Communes, il utilise tous les stratagèmes possibles pour couvrir tant bien que mal les dépenses du royaume.

La situation se dégrade brutalement lorsqu'il tente d'imposer une liturgie d'inspiration anglicane aux Ecossais de confession presbytérienne. Ceux-ci se soulèvent.

Faute de disposer d'une armée permanente, le roi cherche en toute hâte des subsides pour soumettre les Ecossais. Il se voit contraint de convoquer le Parlement.

Les représentants des Communes en profitent pour contester l'autorité royale. Charles 1er réplique en dissolvant le Parlement dix-huit jours à peine après son entrée en fonction.

La dissolution de ce «Court Parlement» ne résout pas les problèmes financiers et, devant l'offensive des Ecossais, le roi est bien obligé de convoquer un nouveau Parlement. Celui-là restera en fonction jusqu'en 1660, ce qui lui vaudra l'appellation de «Long Parlement».

L'opposition parlementaire n'hésite pas à s'en prendre au principal conseiller du roi, le loyal Strafford. Celui-ci est exécuté au terme d'un procès inique, sans que son maître ait pu le sauver.

Charles 1er se résigne à faire bonne figure et renonce à son droit de dissolution.

Mais à la fin, il a la maladresse de vouloir en finir avec ses ennemis. Il se présente lui-même aux Communes et s'installe à la place du Speaker avec l'intention d'exiger l'arrestation des cinq chefs de l'opposition parlementaire.

Ceux-ci prennent les devants et se réfugient à la Cité de Londres, sous la protection de la milice bourgeoise.

Défait, le roi se retire du Parlement sous les huées. Il juge plus sage de quitter la capitale.

Le conflit qui s'ouvre va opposer les Cavaliers (royalistes aux cheveux longs) aux Têtes rondes (puritains au crâne rasé) jusqu'à la victoire finale des seconds.

Côté français, au même moment, un conflit similaire oppose le neveu de Charles Ier, le jeune Louis XIV, aux parlementaires et aux Princes de la Fronde. Grâce à l'habileté du ministre Mazarin, ce conflit-là se terminera à l'avantage de la monarchie.

 

Mise à jour le 24 février 2003