13 septembre 1515

Voir le jour précédentavant aprèsVoir le jour suivant
Portrait de jeune homme, par Raphaël (Italie 1483-1520), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

François 1er bat les Suisses à Marignan

   
Principales péripéties des guerres d'Italie:
  
  14 mai 1509: Venise battue à Agnadel
  
  13 septembre 1515: François 1er bat les Suisses à Marignan
  
  24 février 1525: François 1er prisonnier à Pavie
  
  14 janvier 1527: traité de Madrid
   

Le 13 septembre 1515, le jeune roi François 1er écrase les Suisses dans la plaine du Pô, à Marignan... comme ne l'ignore aucun écolier ou ancien écolier de France.

François 1er (vers 1515), par Jean Clouet, Chantilly, Musée Condé © Giraudon François 1er (19 ans) est devenu roi de France à la mort de son cousin Lous XII, le 1er janvier 1515.
Il est né à Cognac le 12 septembre 1494, de Louise de Savoie et Charles d'Angoulême. Il a épousé le 8 mai 1514 la fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, Claude de France.

Grand (plus de deux mètres) et bien qu'affligé d'un visage ingrat, le nouveau roi, élégant, «porte beau». Cultivé et brave mais peu intelligent, il engagera le pays dans de folles aventures militaires et s'alliera sans profit au sultan.

François 1er, dès son avènement, veut reprendre la conquête de l'Italie entamée par ses prédécesseurs Charles VIII et Louis XII, à commencer par le duché de Milan, qu'il revendique comme étant l'héritage de son arrière-grand-mère Valentine Visconti.

À défaut d'un projet politique cohérent, François 1er a autour de lui la noblesse française, jeune et fougueuse, avide de combats et de gloire, avec des chefs aussi prestigieux que le connétable de Bourbon, La Trémoille, La Palice (qui donnera naissance, bien malgré lui, aux lapalissades) et bien sûr le chevalier Bayard.

Vingt mille Suisses, alliés des Milanais, barrent aux Français l'accès de l'Italie. Ils tiennent les principaux cols alpins, à Suse et Pignerol. Ces milices paysannes sont la terreur des armées féodales. Elles ont coutume d'attaquer en masses compactes au son lugubre des trompes de berger (pire qu'Assurancetourix;-).

Mais François 1er et son armée remontent la vallée de la Durance et déboulent hardiment dans la plaîne du Pô en empruntant le difficile col de l'Argentière.

Une délégation suisse entame des négociations avec les Français et signe un projet de traité le 8 septembre. Mais elle est prise de vitesse par ses propres soldats.

Conduits par le cardinal de Sion, Matthaüs Schiner, les Suisses de la garnison de Milan se précipitent au-devant des Français.

La rencontre a lieu à Marignan, entre Milan et Pavie. D'un côté les redoutables fantassins suisses, de l'autre la cavalerie et l'artillerie du roi François 1er.


La bataille de Marignan, détail (peinture attribuée au maître de la Ratière)

Dans un premier temps, les Suisses tentent de s'emparer de l'artillerie française.

Voyant cela, François 1er n'hésite pas à les charger à la tête de 200 hommes. Épuisés, les combattants luttent jusqu'à la nuit tombée et s'endorment sur place.

L'arrivée des alliés vénitiens le lendemain transforme la bataille en un succès total. 14.000 Suisses restent sur le carreau.

A la fin de la bataille, le jeune roi se fait sacrer chevalier par le glorieux seigneur Pierre Terrail de Bayard. Le rituel est désuet mais séduit ces jeunes gens qui cultivent le souvenir romanesque de leurs aïeux des temps féodaux.

La victoire de Marignan aura sur le moment un grand retentissement en Italie. Le 29 novembre 1516, François 1er concluera une «paix perpétuelle» avec les Suisses. Ces derniers se mettront même au service des rois de France jusqu'à la Révolution française.

La France occupera aussi le duché de Milan et imposera l'année suivante un Concordat au pape Léon X. François 1er se portera même candidat au titre d'empereur allemand (il sera évincé par le futur Charles Quint)!

Dix ans plus tard, la situation sera complètement renversée. Après une défaite à Pavie, les Français devront définitivement renoncer à l'Italie. Repliés sur leur pays, les jeunes nobles ne tarderont pas à se déchirer dans les guerres de religion.

 

Mise à jour le 24 février 2003