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Le 20 juillet 1944, Hitler
échappe à la bombe qui devait le tuer tandis qu'il examinait des cartes avec ses
généraux au Grand Quartier Général de Rastenburg, en Prusse orientale.
Malgré douze ans de dictature et de terreur, le Führer n'a jamais pu rallier à
sa cause la noblesse militaire prussienne, attachée à ses traditions et à son honneur,
ni les démocrates sincères, portés par la foi chrétienne. Il a du aussi combattre les
défections et les manigances de ses plus proches collaborateurs, comme Rudolph Hess ou
Hermann Goering. Les uns et les autres ont sans trêve comploté contre le dictateur, non
sans parfois payer très cher leur audace.
L'attentat du 20 juillet 1944, baptisé «Opération Walkyrie», est le plus
spectaculaire de tous ceux qui ont visé Hitler.
Les conjurés veulent tuer Hitler pour renverser le régime et établir à sa place une
dictature conservatrice en rétablissant éventuellement la monarchie. Ils espérent faire
la paix avec les Anglo-Américains tout en continuant la guerre contre l'Union
soviétique.
Parmi les conjurés figurent beaucoup de hauts gradés comme le comte Claus von
Stauffenberg, chef d’état-major des armées de l’intérieur. Il a combattu en
Afrique aux côtés du maréchal Rommel et a été gravement blessé avant de revenir
servir en Allemagne.
Le moment venu, Stauffenberg dépose en personne une valise piégée près de Hitler, sous
la table autour de laquelle se déroule la conférence. Puis, il quitte la pièce sous le
prétexte de donner un coup de fil et se rend immédiatement à Berlin dans l'intention
d'appeler l'armée au soulèvement.
La valise dérangeant un des militaires, celui-ci la déplace derrière un panneau.
Lorsque se produit l'explosion, vers midi, Hitler, protégé par la table, n'est que
légèrement blessé.
Le fait qu'à cause de la chaleur de l'été, cette conférence militaire se tenait dans
un chalet en bois et non dans un bunker en béton, a aussi contribué à affaiblir le
souffle de l'explosion qui s'est propagé vers l'extérieur.
Ignorant du sort de Hitler, les conjurés hésitent à se saisir du pouvoir. Stauffenberg
est exécuté le soir même de l'attentat et remplacé à son poste par Himmler.
L’amiral Wilhelm Canaris sera envoyé au camp de concentration de Flössenburg où il
sera pendu.
Le 14 octobre, le maréchal Erwin Rommel, convaincu de s’être associé aux
conjurés, sera sommé de se suicider. Eu égard à sa grande popularité, Hitler lui
accordera des funérailles nationales.
Au total, pas moins de deux cents familles appartenant à la noblesse militaire prussienne
sont exterminées et emportent dans la tombe le souvenir de leur ancienne grandeur.
Rescapé de l'attentat, Hitler mènera l'Allemagne jusqu'au bout de sa folie. |
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