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Quelques clés pour comprendre le
drame de l'Irak actuel:
De la Mésopotamie
à l'Irak
14
septembre 786: Haroun
al-Rachid devient calife
10 février 1258 : les Mongols
détruisent Bagdad
1er juin 1941: les Britanniques entrent
à Bagdad
31
juillet 1968: le Baas
au pouvoir
22 septembre 1980: Saddam
Hussein attaque l'Iran
17 janvier 1991: opération
"Tempête du
désert"

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Le 31 juillet 1968, un coup d'État du général Ahmed
Hassan al-Bakr met fin à une décennie d'agitation politique en
Irak.
Pendant les dix années qui ont suivi le renversement de
la monarchie hachémite par le général Kassem, l'Irak est allé de
coup d'État en coup d'État.
Cette anarchie a été entretenue
par les rébellions autonomistes des Kurdes, au nord, et des
shi'ites, au sud, ainsi que les convoitises occidentales et
soviétiques sur les immenses ressources pétrolières du pays.
Le général Hassan al-Bakr installe à la tête du pays le
parti Baas, socialiste, moderniste et laïc.
Un parti moderniste
Le parti Baas (d'un mot arabe qui
signifie renaissance) a été fondé en 1942 à Damas par
le chrétien Michel Aflak et le musulman sunnite Salahedine
Bitar.
Il affiche un programme anticolonialiste,
socialiste, laïc et panarabe, se proposant rien moins que de
réunir tous les pays arabes en une vaste fédération moderne.
Sa devise est «Unité, socialisme, liberté».
Le
Baas séduit la bourgeoisie urbaine d'Irak et de Syrie,
s'installant au pouvoir dans ces deux pays. Mais très vite le
sentiment panarabe s'effiloche sous la pression des
réalités.
Dangereuse
dérive
Dès le début des
années 1970, à Bagdad, le général Hassan al-Bakr transforme le
Baas en un parti unique, avec une organisation calquée sur
les partis communistes.
Il s'appuie sur le savoir-faire d'un
jeune cousin, Saddam Hussein. Il est originaire comme lui de la
région de Takrit (ou Tikrit), la ville de Saladin, située
au Kurdistan, à 250 km au nord de Bagdad.
Saddam Hussein, né
le 28 avril 1937, dépourvu de formation supérieure, est un
agitateur-né qui a dès 1959 participé à une tentative de coup d'État
contre le général Kassem. Blessé à la jambe, il réussit par miracle
à s'enfuir à l'étranger et récidive en 1964 contre le général Aref.
Il est cette fois arrêté mais trouve moyen de s'évader.
Au
pouvoir, il réorganise tambour battant les services de sécurité.
Homme à poigne cruel et sans état d'âme, il n'hésite pas à menacer,
torturer et massacrer les opposants du régime ainsi que leurs femmes
et leurs enfants.
En 1969, quatorze prétendus conspirateurs
sionistes sont pendus sur une grande place de Bagdad et leurs corps
flottent plusieurs jours sous les yeux des passants.
Il
utilise aussi sa position pour éliminer sans ménagement ses rivaux
potentiels jusqu'à apparaître très vite comme le numéro deux du
régime.
Mais à ces aspects morbides, hélas communs à
beaucoup de pays pauvres et dictatoriaux, s'en surajoutent d'autres,
plus constructifs.
Le général Hassan al-Bakr et le
vice-président Saddam Hussein nationalisent les ressources
pétrolières en 1972. Leur exemple est presque aussitôt imité par les
émirats arabes du Golfe persique et l'Arabie séoudite.
Par
ailleurs, les dirigeants du Baas modernisent hardiment le pays et
lancent la première campagne d'alphabétisation massive dans le monde
arabe.
La France participe activement à cet effort. Le
Premier ministre français Jacques Chirac reçoit en grandes pompes
Saddam Hussein à Paris et lui-même se rend à Bagdad à l'invitation
de son «ami».
Le 16 juillet 1979, al-Bakr, malade,
se retire et Saddam Hussein s'arroge la totalité du pouvoir. Il
devient officiellement président de la République.
Deux jours
plus tard, il réunit dans une salle de conférences tous les membres
importants du Conseil de la Révolution et du parti, soit plusieurs
centaines de personnes.
Dans une mise en scène
spectaculaire, il déplore avec tristesse un prétendu complot inspiré
par les communistes ou les Syriens. Le secrétaire général du Conseil
de la Révolution, qui a été torturé, monte alors sur la scène,
reconnaît la réalité du complot et dénonce lentement, un à un, les
prétendus traîtres.
Ces derniers, soixante au total, sont au
fur et à mesure extraits de la salle par les gardes pour être
exécutés! Les Irakiens savent désormais qu'il n'est plus question
pour eux de désobéir à leur nouveau maître.
Passionné par
l'Histoire arabe, il est porté par le désir exacerbé de s'inscrire
dans la longue lignée de chefs mythiques engendrée par l'Irak, de
Nabuchodonosor à Saladin.
Bientôt, la révolution islamiste
dans l'Iran voisin suscite l'émotion chez les Occidentaux comme chez
les Soviétiques.
En 1980, personne ne proteste quand Saddam
Hussein porte la guerre chez son
turbulent voisin.
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