25 novembre 1174

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Le Christ bénissant, par Duccio di Buoninsegna (Italie 1255-1318), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Saladin unifie les pays arabes

 Grandes heures des Croisades:

19 août 1071: les Turcs vainqueurs à Malazgerd

27 novembre 1095: Urbain II et la première Croisade

15 juillet 1099: les croisés prennent Jérusalem

25 novembre 1174: entrée de Saladin à Damas

03 juillet 1187: victoire de Saladin à Hattîn

12 avril 1204: les Croisés prennent Byzance

10 février 1258: les Mongols détruisent Bagdad

25 juillet 1261: Michel VIII entre à Byzance
 

Saladin, sultan d'Egypte et de Syrie (1137-1193),  d'après une miniature arabeLe 25 novembre 1174, Saladin entre à Damas, capitale de la Syrie.

Déjà maître de l'Égypte, le sultan, alors âgé de 37 ans, réunit ainsi sous son autorité les deux principales régions de l'ancien empire arabe.

Saladin (en arabe, Salah al-Din) est le fils d'un officier kurde originaire de Takrit, une ville du Kurdistan où naquit aussi... Saddam Hussein.

Il entre au service de Nour el-Dîn. Ce Turc, atâbeg (ou seigneur) de Mossoul, avait commis l'exploit d'expulser les croisés francs de Syrie.

De Nour el-Dîn à Saladin


Ses succès avaient provoqué la deuxième croisade, prêchée en 1147 à Vézelay par saint Bernard.

Nour el-Dîn tourne ses ambitions vers Le Caire, où agonise la dynastie des califes fatimides, de confession shi'ite (une hérésie minoritaire dans le monde musulman).

Le vizir égyptien Chîwer, ayant été supplanté par un rival, Dirghîm, pour contrer l'émir de Damas, implore le soutien de Nour el-Dîn.

Celui-ci envoie en Égypte un détachement rapide conduit par un solide guerrier, Chîrkouh, l'oncle du jeune Saladin.

Le détachement parvient au Caire avant le roi de Jérusalem, Amaury 1er, ait eu le temps de mobiliser ses troupes et de lui barrer la route.

Dirghîm est battu et meurt dans sa fuite tandis que Chîrkouh s'installe solidement sur les bords du Nil. Cela ne fait pas l'affaire du vizir Chîwer qui, de dépit, fait appel aux chrétiens de Palestine!

Le roi Amaury 1er ne se fait pas prier. Il assiège l'envoyé de Nour el-Dîn dans la forteresse de Bilbeïs et s'apprête à soumettre l'Égypte quand il apprend que Nour el-Dîn assiège de son côté les principales places-fortes de Palestine.

Il faut lever le siège. En novembre 1164, aux termes d'un accord, Amaury 1er et Chîrkouh s'en reviennent, l'un en Palestine, l'autre en Syrie.

Mais l'oncle de Saladin reste tenté par l'Égypte et Nour el-Dîn lui confie en 1167 une puissante armée pour en prendre définitivement possession.

Il doit combattre la coalition franco-égyptienne du vizir Chîwer et du roi Amaury 1er. Tandis que les coalisés restent maîtres du Caire, Chîrkouh se réfugie à Alexandrie, dans le delta du Nil.

Épuisés par le siège de la ville, Chîrkouh et son jeune neveu Saladin acceptent les propositions de paix de Chîwer et conviennent à nouveau de se retirer d'Égypte ainsi que les Francs du roi Amaury.

Les ennemis se réconcilient en des termes chevaleresques.

Le roi de Jérusalem place l'Égypte sous sa protection et peut savourer son triomphe.

Malheureusement, il n'a pas la sagesse d'en rester là et l'année suivante, tente de s'emparer pour de bon de l'Égypte en attaquant son allié, le vizi Chîwer!

Chîwer, contraint et forcé, appelle à nouveau Chîrkouh et Saladin àla rescousse. Mais la confiance n'est plus. Le 18 janvier 1169, tandis qu'il chevauche à côté de Saladin, celui-ci, brusquement, le désarçonne, le met aux arrêts et quelques heures après, le fait décapiter.

Chîrkouh lui succède comme vizir et àsa mort, deux mois plus tard, le 23 mars 1169, c'est Saladin qui le remplace. Son heure est désormais arrivée.

Le triomphe de Saladin


Très vite, Saladin impose son autorité en Égypte et refuse d'en référer à Nour el-Dîn qui le conjure de rentrer.

En désespoir de cause, le vieil atâbeg exige de son général qu'il ordonne de lancer l'appel à la prière dans les mosquées du Caire au nom du calife sunnite de Bagdad et non du fatimide d'Égypte, de confession shi'ite.

Saladin, qui craint une révolte populaire, s'y résout après de longues tergiversations, et comme le calife du Caire se meurt, il en profite pour abolir le califat fatimide et rétablir l'unité religieuse des musulmans sunnites autour du califat de Bagdad.

Le nouveau sultan d'Égypte envoie l'un de ses frères s'emparer du Yémen, à la pointe de la péninsule arabe, pour s'y replier dans l'éventualité d'un retournement du destin.

Mais celui-ci lui restera favorable. Nour el-Dîn s'apprête à marcher contre son ancien lieutenant mais il tombe malade et meurt à Damas le 15 mai 1174, ne laissant qu'un enfant pour successeur.

Là-dessus, le 11 juillet de la même année, le roi Amaury 1er meurt du typhus à Jérusalem. À ce vigoureux souverain, qui aurait pu contrarier les projets de l'ambitieux Saladin, succède un enfant de 13 ans, Baudouin IV, courageux jusqu'à l'héroïsme mais atteint d'une terrible maladie qui l'emportera à 24 ans: la lèpre!

Saladin peut ainsi conquérir la Syrie et soumettre les principautés turques de Mésopotamie (l'Irak actuel).

Ses domaines encerclent désormais les États francs de Palestine fondés par les croisés 75 ans auparavant.

L'heure de la revanche va sonner pour les musulmans.

Les croisés subissent une tragique défaite à Hattîn, face à Saladin. Ils appellent à la rescousse une nouvelle Croisade (la troisième).

Conduite par Richard Cœur de Lion, celle-ci arrivera trop tard pour empêcher le siège de Jérusalem et la chute de la Ville Sainte.

C'en sera fini de la domination des croisés en Terre Sainte.

 

Mise à jour le 22 février 2003