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Grandes heures des Croisades:
19 août 1071: les
Turcs vainqueurs à Malazgerd
27 novembre 1095: Urbain
II et la première Croisade
15 juillet 1099: les croisés prennent Jérusalem
25 novembre 1174: entrée de Saladin
à Damas
03 juillet 1187: victoire de Saladin à Hattîn
12 avril 1204: les Croisés prennent Byzance
10 février 1258: les Mongols
détruisent Bagdad
25 juillet 1261: Michel VIII entre à Byzance
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Le 25 novembre 1174, Saladin entre à Damas, capitale de la Syrie.
Déjà maître de l'Égypte, le sultan, alors âgé de 37 ans,
réunit ainsi sous son autorité les deux principales régions de l'ancien
empire arabe.
Saladin (en arabe, Salah al-Din) est
le fils d'un officier kurde originaire de Takrit, une ville du Kurdistan
où naquit aussi... Saddam Hussein.
Il entre au service de Nour el-Dîn. Ce Turc,
atâbeg (ou seigneur) de Mossoul, avait commis l'exploit d'expulser
les croisés francs de Syrie.
De Nour el-Dîn à Saladin
Ses succès avaient provoqué la deuxième croisade, prêchée en 1147
à Vézelay par saint Bernard.
Nour el-Dîn tourne ses ambitions vers Le Caire, où agonise la dynastie
des califes fatimides, de confession shi'ite
(une hérésie minoritaire dans le monde musulman).
Le vizir égyptien Chîwer, ayant été supplanté
par un rival, Dirghîm, pour contrer l'émir de Damas, implore
le soutien de Nour el-Dîn.
Celui-ci envoie en Égypte un détachement rapide conduit par un solide
guerrier, Chîrkouh, l'oncle du jeune Saladin.
Le détachement parvient au Caire avant le roi de Jérusalem,
Amaury 1er, ait eu le temps de mobiliser ses troupes et de lui barrer
la route.
Dirghîm est battu et meurt dans sa fuite tandis que Chîrkouh
s'installe solidement sur les bords du Nil. Cela ne fait pas l'affaire
du vizir Chîwer qui, de dépit, fait appel aux chrétiens
de Palestine!
Le roi Amaury 1er ne se fait pas prier. Il assiège l'envoyé
de Nour el-Dîn dans la forteresse de Bilbeïs et s'apprête
à soumettre l'Égypte quand il apprend que Nour el-Dîn
assiège de son côté les principales places-fortes
de Palestine.
Il faut lever le siège. En novembre 1164, aux termes d'un accord,
Amaury 1er et Chîrkouh s'en reviennent, l'un en Palestine, l'autre
en Syrie.
Mais l'oncle de Saladin reste tenté par l'Égypte et Nour el-Dîn
lui confie en 1167 une puissante armée pour en prendre définitivement
possession.
Il doit combattre la coalition franco-égyptienne du vizir Chîwer
et du roi Amaury 1er. Tandis que les coalisés restent maîtres
du Caire, Chîrkouh se réfugie à Alexandrie, dans
le delta du Nil.
Épuisés par le siège de la ville, Chîrkouh et
son jeune neveu Saladin acceptent les propositions de paix de Chîwer
et conviennent à nouveau de se retirer d'Égypte ainsi que les
Francs du roi Amaury.
Les ennemis se réconcilient en des termes chevaleresques.
Le roi de Jérusalem place l'Égypte sous sa protection et peut
savourer son triomphe.
Malheureusement, il n'a pas la sagesse d'en rester là et l'année
suivante, tente de s'emparer pour de bon de l'Égypte en attaquant
son allié, le vizi Chîwer!
Chîwer, contraint et forcé, appelle à nouveau
Chîrkouh et Saladin àla rescousse. Mais la confiance
n'est plus. Le 18 janvier 1169, tandis qu'il chevauche à côté
de Saladin, celui-ci, brusquement, le désarçonne, le
met aux arrêts et quelques heures après, le fait décapiter.
Chîrkouh lui succède comme vizir et àsa mort,
deux mois plus tard, le 23 mars 1169, c'est Saladin qui le remplace.
Son heure est désormais arrivée.
Le triomphe de Saladin
Très vite, Saladin impose son autorité en Égypte et refuse d'en référer
à Nour el-Dîn qui le conjure de rentrer.
En désespoir de cause, le vieil atâbeg exige de son général
qu'il ordonne de lancer l'appel à la prière dans les mosquées du Caire
au nom du calife sunnite de Bagdad et non du fatimide d'Égypte, de
confession shi'ite.
Saladin, qui craint une révolte populaire, s'y résout après de longues
tergiversations, et comme le calife du Caire se meurt, il en profite
pour abolir le califat fatimide et rétablir l'unité religieuse des
musulmans sunnites autour du califat de Bagdad.
Le nouveau sultan d'Égypte envoie l'un de ses frères s'emparer du
Yémen, à la pointe de la péninsule arabe, pour s'y replier dans l'éventualité
d'un retournement du destin.
Mais celui-ci lui restera favorable. Nour el-Dîn s'apprête
à marcher contre son ancien lieutenant mais il tombe malade et meurt
à Damas le 15 mai 1174, ne laissant qu'un enfant pour successeur.
Là-dessus, le 11 juillet de la même année, le
roi Amaury 1er meurt du typhus à Jérusalem. À
ce vigoureux souverain, qui aurait pu contrarier les projets de l'ambitieux
Saladin, succède un enfant de 13 ans, Baudouin IV, courageux
jusqu'à l'héroïsme mais atteint d'une terrible
maladie qui l'emportera à 24 ans: la lèpre!
Saladin peut ainsi conquérir la Syrie et soumettre les principautés
turques de Mésopotamie (l'Irak actuel).
Ses domaines encerclent désormais les États francs de Palestine fondés
par les croisés 75 ans auparavant.
L'heure de la revanche va sonner pour les musulmans.
Les croisés subissent une tragique défaite à Hattîn,
face à Saladin. Ils appellent à la rescousse une nouvelle Croisade
(la troisième).
Conduite par Richard Cœur de Lion, celle-ci arrivera trop tard pour
empêcher le siège de Jérusalem
et la chute de la Ville Sainte.
C'en sera fini de la domination des croisés en Terre Sainte.
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