22 novembre 1890

Les premiers pas du Général

Ce jour-là...

Les grandes étapes de la carrière du général de Gaulle:

Les premiers pas du Général

L'Appel du 18 juin 1940

Première guerre d'Indochine

Vrai-faux coup d'État à Alger

La Sorbonne se révolte


 

Charles de Gaulle naît à Lille le 22 novembre 1890 dans une famille de la bourgeoisie flamande. Son père est professeur de littérature dans un collège religieux et affiche volontiers des opinions monarchistes.

A noter que le futur général n'est pas d'ascendance noble. La particule qui précède son nom est sans doute d'origine flamande. Elle équivaut à un article défini et devrait s'écrire avec une majuscule (comme dans le nom afrikaner De Klerk ou dans le nom français Le Tellier). L'usage a cependant consacré l'écriture en minuscule.

Jeunesse studieuse

Sorti de Saint-Cyr en 1912, le jeune officier entre dans le régiment du colonel Philippe Pétain, avec lequel il se lie d'amitié.

Blessé en 1916, de Gaulle est fait prisonnier et doit attendre l'armistice pour être libéré en dépit de plusieurs tentatives d'évasion.

Après l'École de Guerre, il poursuit une brillante carrière sous la protection du prestigieux Philippe Pétain, désormais maréchal (mais contrairement à certaines rumeurs, il ne lui a jamais demandé d'être le parrain de son fils, le futur amiral Philippe de Gaulle).

Passionné d'écriture et de stratégie militaire, Charles de Gaulle écrit de nombreux ouvrages remarqués, où il affiche ses convictions nationalistes et un tantinet monarchistes, ainsi que sa foi dans la vocation coloniale de la France.

Dans «Vers l'Armée de métier» (Berger-Levrault, 1934), il préconise, à la suite de quelques autres pionniers français, anglais et allemands de rassembler les engins motorisés dans des divisions blindées au lieu de les disperser dans les différents corps de l'infanterie.

Dans le même ouvrage, qui paraît un an après l'accès d'Hitler au pouvoir, il annonce imprudemment la fin de l'Histoire: «Quel profit réel et durable procureraient à présent des annexions démesurées, quand on n'a plus, pour fixer les allogènes aux empires, ni droit divin, vassalité, servage, ni diètes à corrompre, clercs à effrayer, noblesse à séduire, mais seulement la violence? Après d'intenses bouillonnements, le monde s'est cristallisé (...)» (page 80).

Un peu plus loin, l'officier affiche sa vision de l'empire colonial: «Les mille liens tissés entre la Métropole et ses possessions d'outre-mer ne cessent de se multiplier (...). Certes, s'il nous est donné de poursuivre notre oeuvre jusqu'à ce point du progrès où la sagesse vient aux élites et le loyalisme aux foules, on verra des populations, actuellement mal résignées, accepter franchement l'union. Mais, jusque-là, restons les maîtres, sous peine que tout soit perdu (...)» (page 91). 

Ces lignes témoignent d'une opinion très conservatrice sur la question coloniale, même au regard de l'époque. Elles sont publiées en effet quelques mois avant que les Britanniques n'accordent à leur principale colonie, les Indes, une très large autonomie annonciatrice de leur indépendance.

Sa dernière publication, «La France et son armée» (1938), lui vaut une brouille profonde avec son mentor, le maréchal Pétain, qui devait signer l'ouvrage. De Gaulle, refusant de jouer le nègre du maréchal, préfère le publier sous son seul nom. Cette brouille ne sera pas sans conséquence sur la suite des événements.

L'Appel

En 1940, pendant les jours cruciaux de mai et juin qui voient l'invasion de la France par les troupes de Hitler, les destins de Charles de Gaulle et Philippe Pétain vont se séparer à jamais.

 De Gaulle à la radio de Londres

Tandis que le vieux maréchal, de nature défaitiste, envisage très tôt l'armistice et la paix avec le vainqueur, le jeune de Gaulle, désormais général, ne voit d'autre avenir que dans la résistance à tout prix, avec la perspective d'une victoire dans le cadre d'une mondialisation du conflit. L'Histoire consacrera la justesse de ce choix.

Après un retour triomphal à Paris le 26 août 1944, le général de Gaulle met toute son énergie dans le redressement du pays, obtenant en particulier la collaboration des communistes et faisant fi de la désertion de leur chef, Maurice Thorez, lors de l'attaque allemande, et de leurs compromissions avec l'occupant en 1940.

 < Churchill et de Gaulle >De Gaulle restaure la position internationale du pays. Il réprime dans le sang une manifestation d'autonomistes algériens à Sétif et tente de reconquérir l'Indochine devenue indépendante.

En matière économique, le général tourne le dos au libéralisme et affiche des idéaux que n'auraient pas renié les gouvernants précédents.

C'est ainsi que, dans un discours prononcé à Lille le 1er octobre 1944, il proclame: «Nous voulons la mise en commun de tout ce que nous possédons sur cette terre et, pour y réussir, il n'y a pas d'autres moyens que ce que l'on appelle l'économie dirigée. Nous voulons que ce soit l'Etat qui conduise, au profit de tous, l'effort économique de la nation tout entière et fasse en sorte que devienne meilleure la vie de chaque Français et de chaque Française (...). Il faut que la collectivité, c'est-à-dire l'Etat, prenne la direction des grandes sources de la richesse commune et qu'il contrôle certaines des autres activités, sans bien entendu exclure les grands leviers que sont, dans l'activité des hommes, l'initiative et le juste profit».

Ce discours et les premiers actes du gouvernement provisoire séduisent les communistes ainsi que la bourgeoisie intellectuelle, pleine de méfiance à l'égard du capitalisme anglo-saxon et de sympathie pour le dirigisme à la manière des dictatures continentales.

Déconvenues

Bientôt désavoué par les électeurs et la classe politique, le Général est évincé du pouvoir en janvier 1946. Son gouvernement provisoire est remplacé par une IVe République, conduite par des dirigeants modérés, essentiellement MRP (chrétiens-démocrates), socialistes et radicaux.

Bien que dépourvus de charisme, ces hommes supervisent la modernisation à marches forcées du pays. Ils conduisent la décolonisation du Maroc et de la Tunisie et liquident la première guerre d'Indochine. Ils mettent en oeuvre la construction de l'union européenne avec le traité de Rome. 

de Gaulle presidentEn mai 1958, le général de Gaulle revient à la tête du pays à la faveur d'une confuse manoeuvre de ses partisans, en mai 1958, à Alger, alliés aux militants de l'Algérie française.

Il quitte définitivement la scène publique peu après les émeutes de Mai 68 et s'éteint dans sa demeure de Colombey-les-deux-Églises le 9 novembre 1970.

Mise à jour le 24 mai 2003