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Dès le début du XIXe siècle,
aux États-Unis, l'opposition entre le Nord - industriel, moderniste et affairiste - et le
Sud - agraire, traditionnaliste, plus raffiné et aristocratique, plus indolent aussi -
s'est cristallisée sur la question de l'esclavage.
En 1860, un anti-esclavagiste convaincu, le républicain Abraham
Lincoln, est élu président des États-Unis avec 40% des voix, grâce à la division
du parti démocrate.
La Caroline du Sud y voit un motif de faire sécession. Elle veut maintenir l'esclavage
qui fait la prospérité de ses plantations de coton, les grandes comme les petites. Elle
veut plus encore, préserver son mode de vie, sa culture et ses traditions.
Le Parlement de Virginie vote la sécession à l'unanimité le 20 décembre 1860. Cette
initiative est rapidement imitée par dix autres États du Sud.
Le président Lincoln, qui veut avant toute chose préserver l'union, n'hésite pas à
violer ses convictions anti-esclavagistes.
Dans son discours d'investiture, il propose aux États du Sud de maintenir l'esclavage
sous certaines conditions. Il conclut pathétiquement: «C'est dans vos mains,
mes compatriotes mécontents, et non dans les miennes, qu'est la grave question de la
guerre civile. Le gouvernement ne vous attaquera pas. Vous n'aurez pas de conflit
armé si vous n'êtes pas vous-mêmes les agresseurs. Vous n'avez pas un serment inscrit
au ciel qui vous oblige à détruire le gouvernement; moi, j'en ai un, très solennel,
celui de le préserver, le protéger et le défendre» (cité par Firmin Roz, Histoire
des États-Unis, Fayard, 1930).
Mais cette ultime ouverture est rejetée par les Sudistes et la guerre de Sécession commence. |
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