18 décembre 1865

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Les deux soeurs à la terrasse (détail), par Pierre-Auguste Renoir (France 1841-1919)
Ce jour-là...

Abolition de l'esclavage aux États-Unis

Photographie du président Abraham Lincoln

Les États-Unis d'Abraham Lincoln

2 mars 1820: compromis du Missouri

20 décembre 1860: sécession de la Caroline du Sud

8 février 1861: début de la guerre de Sécession

9 avril 1865: fin de la guerre de Sécession

14 avril 1865: assassinat d'Abraham Lincoln

18 décembre 1865: adoption du 13e amendement
 

Le treizième amendement à la Constitution des États-Unis prend effet le 18 décembre 1865.

«Ni esclavage, ni aucune forme de servitude involontaire ne pourront exister aux États-Unis, ni en aucun lieu soumis à leur juridiction», énonce-t-il.

La Guerre de Sécession (ou Civil War) est à peine terminée que le Congrès tranche sur ce qui en fut la cause directe: l'esclavage dans les plantations de coton du Sud. 

Le 1er janvier 1863, en pleine guerre, le président Abraham Lincoln avait proclamé l'émancipation des esclaves dans les États insurgés.

Mais il n'avait pu inscrire l'abolition de l'esclavage dans la Constitution faute d'une majorité suffisante au Congrès.

Le président est assassiné en avril 1865, quelques jours après la fin de la guerre.

Le vice-président Andrew Johnson lui succède et promulgue une amnistie le 29 mai dont les termes sont moins généreux que ceux envisagés par Lincoln.

Enfin, le parti républicain au pouvoir arrive à réunir les deux tiers des représentants autour du 13e amendement et très vite, la plupart des États sudistes retrouvent leur place au sein de l’Union.

Quelques mois après l'adoption du 13e amendement , un 14e garantit aux Noirs le droit de vote et l'égalité avec les Blancs devant la loi.

Cependant, ces principes vont longtemps rester lettre morte.

«Reconstruction Period»

Lors de l’élection présidentielle de 1868, Johnson, jugé incompétent et dépourvu de charisme, cède la place à un prétorien, l’ancien général Ulysses Simpson Grant.

Sous sa présidence, le Sud est littéralement envahi par des profiteurs sans scrupules, les «carpetbaggers», sans autre fortune qu'une valise (d'où leur surnom: porteurs de valises). On les surnomme aussi scalawags (propres à rien).

Ces «Yankees» dressent les Noirs contre les Blancs. Ils exploitent la naïveté des anciens esclaves et font élire des hommes de paille noirs à leur dévotion.

Tirant parti de l’occupation militaire, ils s’installent aux commandes des États du Sud, rachetant les propriétés dévaluées et volant l’argent public.

On voit par réaction fleurir des sociétés secrètes animées par d'anciens combattants confédérés. La plus tristement célèbre est le Ku Klux Klan, à laquelle on attribue le lynchage et la mort de 4.000 Noirs entre 1866 et 1914.

Le Ku Klux Klan a été fondé en décembre 1865 par des soldats confédérés. Bien qu'interdit en 1869, il réunit jusqu'à un demi million de sympathisants.

Ces derniers brutalisent ou tuent les anciens esclaves pour les empêcher de faire usage de leurs droits civiques. Ils utilisent aussi toutes les ressources de la loi pour établir un régime de ségrégation raciale.

Il faudra près d'un siècle et plusieurs autres amendements à la Constitution avant que les droits civiques des descendants d'esclaves soient partout reconnus.

Nostalgie


A partir des années 1870, l’ancienne classe des planteurs dépossédés se font à nouveau plébisciter par la multitude des petits blancs sur un programme populiste qui ne cessera d’imprégner la tradition sudiste jusqu’à nos jours.

En 1936, le roman de Margaret Mitchell, Gone with the Wind (Autant en emporte le vent), met en scène avec beaucoup de sensibilité la détresse d’une société disparue.

Il vaut le Prix Pulitzer à son auteur, un triomphe au cinéma et d’innombrables imitations (comme La bicyclette bleue de Régine Deforges).

Sans cette conflagration majeure, les États-Unis se seraient sans doute constitués en une fédération sensiblement plus lâche que celle que nous connaissons.

La réticence des Américains à s’engager dans les conflits du XXe siècle doit beaucoup au souvenir des pertes immenses subies au cours de la guerre de Sécession, ou Guerre civile («Civil War»).

L’élection du président républicain George W. Bush Junior en 2000, malgré un scrutin douteux en Floride, consacre après 140 ans l’épuisement du crédit démocrate dans le Sud.

Dans cette région qui a gardé le souvenir de la guerre de Sécession, jusqu'à cette date, le parti républicain était tenu pour responsable des déconvenues confédérées et objet de rancœur pour bien des nostalgiques.
 

Mise à jour le 22 février 2003