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LES IMPLANTATIONS DU TEMPLE
"A peine sept ou huit ans s'étaient écoulés depuis la confirmation de l'Ordre, qu'on le vit s'étendre prodigieusement... Les donations qu'on leur fit n'étaient pas de terrains incultes ou à défricher, comme ceux que recevaient les disciples de Saint Norbert et de Saint Bernard, c'étaient des châteaux, des fiefs, des forts, des bourgades avec leurs appartenaces"
Mansuet

Sceau et armes de l'Ordre du
Temple
Néanmoins, le Temple va défricher landes et
gastines, drainer biefs et marais, revaloriser terres et domaines à partir
de connaissances et de techniques nouvelles. Car l'implantation des
maisons, subordonnée aux donations, avait pour but de créer des unités de
production. Celles-ci étaient capables de faire vivre les Frères qui les
gouvernaient mais surtout, fournissaient un surplus financier destiné à
alimenter et soutenir l'action en Terre Sainte.
L'élevage tenait
une place importante et les Templiers étaient soucieux d'acquérir des
pâturages. Ainsi, il ressort deux phénomènes :
- la constitution progressive autour du centre même de la préceptorie d'un espace pastoral de vaste rayon, à la mesure d'un important élevage extensif,
- l'acquisition d'une aire de transhumance à court rayon pour l'estivage ou l'hivernage.
La Commanderie d'Arville, fut fondée dans le deuxième quart du XIIe siècle.
L'Ordre du Temple s'établit d'une part dans toute la chrétienté et d'autre part sur les fronts de combats avec les Musulmans et Maures. Certains auteurs annoncent un chiffre exagéré de 9000 commanderies en Occident. En fait, sur le territoire de l'actuelle France, environ 600 véritables commanderies ont vu le jour.
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1. - LA PROVINCE
L'organisation administrative s'établit sous forme de Provinces. Les divisions territoriales ignoraient les frontières des États, surtout en France. La Règle nous signale quelques-unes de ces provinces, mais, au cours du XIIIe siècle, certaines centralisations durent éclater. C'est ainsi que l'on compte dix-sept provinces : quatre en Orient, quatre pour la Péninsule Ibérique, quatre en Europe, et cinq en France.
L'ORIENT
- Jérusalem, dite aussi royaume de
Jérusalem.
- Comté de Tripoli.
- Principauté d'Antioche.
-
L'Arménie.
LA PÉNINSULE IBÉRIQUE
- Portugal, Tomar.
- L'Aragon,
Belchite-Barcelonne.
- Royaume de Castille, Zamora.
- Royaume de
Valence, Valence.
L'EUROPE
- L'Angleterre n'avait qu'une province,
Londres.
- L'Italie,
1) Pouilles/Sicile.
2) Rome, qui possédait une maison centrale
3) La Province de Toscane/Lombardie, avec les maisons de Florence et de Bologne.
- L'Allemagne avec deux provinces et une sous-province.
1) Mayence,
2) Magdebourg/Halberstadt,
3) Trèves.
- La Hongrie.
LA FRANCE
- Paris.
- Bourgogne,
Voulaines-les-Templiers.
- Poitou-Aquitaine, Poitiers.
- Auvergne,
Angoulême.
- Provence-Languedoc, Saint-Gilles du
Gard/Montpellier.
La Province se trouvait sous l'autorité du Magister, Maître (l'expression "Grand Maître" n'est jamais utilisée dans la Règle, ni dans les "Retraits". On ne commence à trouver ce terme qu'à partir du XIVe siècle) ou Preceptor, Grand Précepteur, ou encore Grand Prieur. La province n'était pas indépendante. Le système collégial de l'Ordre du Temple était le seul principe de gouvernement. Chaque précepteur gérait sa maison, mais il devait en rendre compte. Sa juridiction se partageait entre :
1) les maisons de rapport : préceptories, granges situées en Europe et en France,
2) les maisons de combat : châteaux, forteresse pour l'Orient et la Péninsule Ibérique..
2. - LA BAILLIE
Chaque Province était découpée en Baillies (baillia), soit selon la géographie régionale, soit en fonction de l'opportunité militaire ou routière. La Baillie porte le nom de la préceptorie principale, car elle regroupe des préceptories ou maisons à vocation rurale ou urbaine. L'appellation de commanderie ne viendra pour les établissements du Temple que lors de leur rattachement à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalen en 1312.
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LA PRÉCEPTORIE RURALE
La Préceptorie (preceptorum domorum milicie Templi) ou
Maison (domus Templi) était un centre
habité, par une petite communauté, qui réunissait les trois fonctions
essentielles de : maison conventuelle, poste fortifié, domaine
d'exploitation agraire.
C'était généralement une grande ferme, pas
forcément fortifiée, mais le plus souvent entourée d'un mur ou d'une haie.
L'ensemble était édifié et aménagé en fonction du relief qui pouvait
offrir une protection naturelle contre les pillards ; il était étroitement
surveillé avec des tours aux angles. La ferme était aussi bordée de douves
et flanquée d'un étang poissonneux, elle se composait de :
- une habitation principale, résidence du commandeur,
- une salle du chapitre,
- un logis pour les frères (réfectoire et dortoir),
- une chapelle et un cimetière,
- un hôpital ou hospice pour les pèlerins,
- les logements des artisans et paysans.
MONT de SOISSONSPlan GRANDIN 1777
Le rôle de la ferme était celui d'une entreprise agricole. Elle récoltait son blé, son foin, produisait son vin, son bois, sa viande et son poisson. Elle vendait les excédents sur les marchés par l'intermédiaire des préceptories citadines.
La grange des Perrières (Calvados)" |
De la préceptorie rurale, dépendaient les membres dont elle percevait un revenu. C'était principalement la grange dîmière (grangie) exploitée par des métayers ou serfs affranchis par les Templiers, mais toujours dirigée par un frère de l'Ordre. Cette grange percevait également des droits sur les foires et l'impôt des donats. |
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4. - LA PRÉCEPTORIE URBAINE
C'était le plus souvent une place forte ou une cité templière (La
Couvertoirade, Richerenches, Sainte-Eulalie de Cernon) qui servait
d'entrepôt économique et bancaire pour la ville. Les templiers étaient
propriétaires de maisons, moulins et boutiques. La location de ces
immeubles étaient pour eux un revenu substantiel et régulier. La
préceptorie percevait aussi des droits sur les
foires.
Saint Eulalie de Cernon
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. 5. - LES CHÂTEAUX DU TEMPLE
Aux revenus des domaines et aux dons s'ajoutaient les tributs imposés aux musulmans. Mais le Temple ne disposait pas en Orient de sommes faramineuses. Pour prêter, ils devaient transférer des fonds par "portage" de monnaie sur des navires de l'Ordre, par la Méditerranée. Parfois, ils empruntaient aux autres banquiers (italiens, etc.). |
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6. - LA VILLE-NEUVE-DU-TEMPLE Á
PARIS | |
Sceau du Temple de Paris (1290)Vers 1170, l'enclos du Temple (la coultoure du Temple) était édifié hors Paris sur des terrains marécageux que Louis VII donne aux Templiers. Les bâtiments forment un quadrilatère irrégulier de 61000 m². Le mur d'enceinte crénelé de 8 à 10 mètres de haut, à contrefort et avec parapet, qui entoure la commanderie est flanqué de 12 tourelles ou échauguettes. |
Le donjon du Temple(collection G. Bernage). |
La Villeneuve du Temple était une véritable ville comprenant :
1) La Tour César,
2) L'église dédiée à Sainte-Marie,
3) La chapelle,
4) La Tour du Temple,
5) Les bâtiments conventuels.
A cela s'ajoutent de nombreux bâtiments :
maisons, échoppes, salles et jardins, vergers, vignobles, terres
cultivées. C'était un vaste domaine qui comprenait aussi : le charnier, la
geôle, les cuisines, l'abreuvoir. Au premier plan de la gravure sont : les
écuries, la prison et une porte d'entrée fortifiée avec pont-levis.

Le Temple de Paris était le centre des opérations
financières pour toute l'Europe Occidentale. Le Maître du Temple résidait
en cette forteresse qui hébergeait régulièrement les pèlerins en partance
pour Saint-Jacques de Compostelle et la Terre
Sainte.
DOCUMENTATION
- DAILLIEZ
(Laurent) : Les Templiers ces inconnus. Librairie Académique Perrin -
1972.
- OLLIVIER (Albert) : Les Templiers. Editions du Seuil,
collection "le temps qui court" - 1958.
- MELVILLE (Marion) : La
vie des Templiers. Gallimard (1978).
- PERNOUD (Régine) : Les
Templiers, chevaliers du Christ. ''Découvertes'' Gallimard.
-
HISTORIA Spécial N°385 bis : Les Templiers, coupables ou innocents ? -
1978
- L'INSOLITE : A la Rencontre des
Templiers. Spécial Ordre du Temple, Numéro 15.
- L'INSOLITE : Bibliographie de
l'Ordre du Temple. Spécial Ordre du Temple, Numéro
16.
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