HABAQUQ

Bien que le livre d’Habaquq ne fournisse aucun renseignement sur l’identité du prophète, il est possible, grâce aux indications historiques qu’il contient — en particulier la mention des Babyloniens (1.6) — de préciser l’époque à laquelle Habaquq a exercé son ministère.

En effet, à partir de 630 avant Jésus-Christ, les Babyloniens se sont peu à peu rendus maîtres de toute la Mésopotamie, après s’être libérés de la domination assyrienne. En 626, ils fondent leur nouvel empire et en 612, alliés aux Mèdes, ils s’emparent de Ninive, la capitale de l’Assyrie. L’Egypte tente alors de venir au secours de ce qui reste de l’Assyrie. En 609, les armées égyptiennes pénètrent en Juda pour se rendre sur l’Euphrate. Josias, roi de Juda, qui veut les empêcher de traverser son territoire, trouve la mort au combat, à Meguiddo. Les troupes du pharaon livrent bataille à celles du Babylonien Nabopolassar : l’issue n’est pas décisive. Sur le chemin du retour, le pharaon repasse par Jérusalem où il dépose le nouveau roi de Juda, Yoahaz, pour le remplacer par Yehoyaqim, pro-égyptien (2 R 23.29-35). En 605 a lieu un nouvel affrontement entre les deux puissances. Nabopolassar succombe à la maladie et son fils, Nabuchodonosor, remporte à Karkémich une victoire décisive sur l’Egypte désormais très affaiblie. Les armées babyloniennes poursuivent leurs ennemis en fuite au moins jusqu’à Jérusalem. Nabuchodonosor assiège la ville et Yehoyaqim fait acte de soumission (2 R 24.1). Nabuchodonosor emporte avec lui un grand butin et emmène un premier convoi de captifs, peu nombreux, mais choisi parmi l’aristocratie judéenne (Dn 1.1). Il inaugure ainsi un règne long et prospère.

Habaquq connaît les Babyloniens et sait avec quelle violence ils agissent (1.6-11). Mais à son époque, ceux-ci ne semblent pas encore être intervenus en Juda (1.5). La prophétie daterait donc d’avant la bataille de Karkémich. Par ailleurs, Habaquq dénonce l’injustice sociale et l’oppression qui se pratiquent en Juda (1.2-4), ce qui correspond plutôt au règne de Yehoyaqim qu’à celui de Josias. On peut ainsi situer son ministère au début du règne de Yehoyaqim, entre 609 et 605. Habaquq est donc un contemporain de Jérémie.

La prophétie se compose en grande partie d’un dialogue entre le prophète et l’Eternel, qui porte sur la manière dont Dieu dirige l’histoire : comment lui qui est juste peut-il tolérer l’injustice (1.2-4) ou punir le *méchant par plus méchant que lui (1.12 à 2.1) ? Dans ses réponses, l’Eternel souligne que les méchants seront jugés (1.5-11 ; 2.5-20) et la justice établie sur terre (2.13-14). Mais ces réalités viendront en leur temps (2.3 ; 3.3 ; voir He 10.37). Ainsi, dans l’attente de la « venue » de Dieu (2.3 ; 3.3), le prophète est-il appelé à vivre par la foi, en croyant que le Seigneur accomplira ce qu’il a promis (2.3-4). L’apôtre Paul discernera dans cet appel le principe qui gouverne la relation du fidèle à Dieu (Rm 1.17 ; Ga 3.11). Habaquq, quant à lui, y répond par la prière de la foi (ch.3), nourrie des promesses de l’Eternel (3.2ss.) et de l’attente du salut de Dieu (3.16-19).

Habaquq

Chapitre 1

Proclamation dont l’Eternel a donné la révélation à Habaquq le prophète.

Plaintes et questions

Le prophète discute avec Dieu

2 Jusques à quand, ô Eternel,

appellerai-je à l’aide

sans que tu entendes mon cri ?

Jusques à quand devrai-je | crier vers toi : | « A la violence ! »

sans que tu nous délivres ?

3 Pourquoi me fais-tu voir | de telles injustices ?

Peux-tu rester indifférent | à nos tourments ?

Je ne vois devant moi | que ravage et violence,

il y a des querelles,

et des conflits surgissent.

4 A cause de cela, | on ne respecte plus la loi,

et le droit n’est pas garanti.

Car les *méchants | empêchent les justes d’agir[a],

les jugements qui sont rendus | sont corrompus.

La réponse inattendue de Dieu

5 « Regardez, traîtres[b], | et observez !

Vous serez stupéfaits, | vous serez ébahis,

car je vais accomplir | en votre temps une œuvre :

vous ne le croiriez pas | si on vous en parlait.

6 Je vais faire venir | les Chaldéens[c],

peuple féroce | et déchaîné,

qui parcourt les étendues de la terre

pour prendre possession | des demeures d’autrui.

7 Il est terrible et redoutable,

il garantit lui-même | son droit et son pouvoir.

8 Ses chevaux sont agiles, | plus que des léopards,

et ils ont du mordant, | plus que les loups du soir.

Ses coursiers se déploient,

ils arrivent de loin,

ils volent comme l’aigle

lorsqu’il fond sur sa proie.

9 Oui, les voilà qui viennent | tous adonnés à la violence ;

le visage tendu, | ils foncent en avant.

Voilà les prisonniers, | rassemblés, innombrables | comme les grains de sable.

10 Partout, ce peuple traite | les rois avec mépris,

et il se rit des princes

et de toutes leurs forteresses ;

il élève contre elles | des terrasses de siège

et s’en empare.

11 Puis il change d’avis | et il passe plus loin[d].

Il se charge de crimes,

lui qui voue sa force à son dieu[e]. »

Pourquoi, ô Dieu ?

12 N’es-tu pas depuis l’origine, | ô Eternel ?

Tu es mon Dieu, mon Saint,

tu ne meurs pas[f].

O Eternel, | toi le rocher, | c’est pour exécuter | le jugement | que tu as suscité ce peuple,

et tu l’as rendu fort[g] | pour qu’il soit l’instrument | du châtiment.

13 Tes yeux sont bien trop purs | pour accepter de voir le mal,

tu ne peux supporter | la vue de l’affliction.

Pourquoi supportes-tu | la vue des traîtres ?

Pourquoi gardes-tu le silence | quand l’impie engloutit | un plus juste que lui ?

14 Tu traites les humains | tout comme des poissons

ou comme des bestioles | qui n’ont ni chef ni maître.

15 Car le Chaldéen les prend tous | à l’hameçon,

il les drague dans son filet

et les entasse dans sa nasse.

C’est pourquoi il se réjouit | et il exulte.

16 Alors il offre | à son filet des sacrifices[h],

il brûle de l’*encens | en l’honneur de sa nasse,

car il obtient, par eux, | une pêche abondante,

des repas plantureux.

17 Continuera-t-il donc toujours | à dégainer son glaive[i]

pour égorger d’autres nations | sans aucune pitié ?

Chapitre 2

Le juste vivra grâce à sa foi

Je me tiendrai | à mon poste de garde,

je resterai debout | sur le fort du guetteur

et je guetterai pour savoir | ce qu’en moi-même | Dieu me dira,

ce que je répondrai | à ma protestation.

2 L’Eternel répondit :

« Ecris cette révélation,

et grave-la sur les tablettes,

écris-la clairement | pour que chaque lecteur | la lise couramment.

3 Car c’est une révélation | qui porte sur un temps fixé,

qui parle de la fin[j]

et n’est pas mensongère[k].

Si même il faut attendre | que vienne l’Eternel, | attends-le patiemment,

car il vient sûrement,

il ne tardera pas.

4 Si quelqu’un flanche,

il[l] n’est pas droit de cœur[m]

mais le juste vivra | grâce à sa foi[n].

5 En effet, la richesse décevra[o]

le guerrier orgueilleux, | et il ne réussira pas,

lui qui, tel le séjour des morts, | ouvre une large bouche

et qui, comme la mort, | n’est jamais rassasié.

Car il ajoute à ses conquêtes | nation après nation,

et il rassemble tous les peuples | sous sa domination.

Les cinq malheurs

Malheur aux accapareurs

6 « Mais, un jour, tous ces peuples | lanceront contre lui | des proverbes moqueurs

et des paroles ironiques.

Et l’on dira :

“Malheur à lui | car il amasse des richesses | qui ne sont pas à lui.

Jusques à quand | cela va-t-il durer ?

Il accumule | un lourd fardeau de dettes.”

7 Tes créanciers[p] | ne surgiront-ils pas soudain ?

Ils se réveilleront | pour te faire trembler.

Ne seras-tu pas mis | au pillage par eux ?

8 Toi qui as dépouillé | des nations innombrables,

tu seras dépouillé | par les peuples qui restent.

Car tu as répandu | le sang des hommes,

tu as commis | des actes de violence

contre le pays de Juda, | sa ville et tous ses habitants[q].

Malheur aux malhonnêtes

9 « Malheur à qui amasse | un profit malhonnête | pour toute sa famille,

et cherche ainsi à établir | son nid sur les hauteurs

pour le mettre à l’abri | de tout malheur.

10 Oui, c’est le déshonneur | de ton propre royaume | que tu as préparé.

En détruisant de nombreux peuples,

tu t’es fait du tort à toi-même.

11 Car, du sein des murailles, | les pierres vont crier ;

de la charpente, | les poutres leur feront écho.

Malheur aux violents

12 « Malheur à qui bâtit la ville | en répandant le sang,

à qui fonde la cité sur le crime !

13 Quand les peuples travaillent | pour ce qui périt par le feu,

et quand les nations s’éreintent pour rien[r],

cela ne vient-il pas de l’Eternel, | du Seigneur des *armées célestes ?

14 Car la terre sera remplie

de la glorieuse connaissance | de l’Eternel

comme les eaux recouvrent | le fond des mers[s].

Malheur à celui qui enivre son prochain

15 « Malheur à toi | qui forces ton voisin à boire

et qui vides ton *outre | jusqu’à l’ivresse[t],

pour pouvoir contempler | sa nudité.

16 Toi aussi, tu seras | rassasié d’infamie | au lieu de gloire.

Toi aussi, tu boiras | et puis l’on te mettra à nu[u] | pour découvrir | ton incirconcision ;

ton tour viendra de boire | la coupe de colère[v] | que l’Eternel | te tendra de sa droite.

Le déshonneur | recouvrira ta gloire.

17 Tu seras submergé | par la violence même | que tu as exercée | contre la forêt du Liban[w].

Le massacre des animaux | retombera sur toi

pour t’écraser ;

car tu as répandu | le sang des hommes,

tu as commis | des actes de violence | contre le pays de Juda,

sa ville et tous ses habitants[x].

Malheur aux idolâtres

18 « A quoi sert une idole

sculptée par l’artisan ?

Ou une statue de métal fondu,

qui n’est qu’un guide mensonger ?

Car celui qui l’a faite | se confie en son œuvre

pour fabriquer | une idole muette :

19 oui, malheur à qui dit | à un morceau de bois : | “Réveille-toi !”,

à la pierre muette : | “Allons, sors du sommeil !”

Peuvent-ils enseigner ?

Voici, ils sont plaqués | d’or et d’argent,

mais il n’y a en eux | aucun souffle de vie.

20 L’Eternel, lui, | se tient dans son saint Temple.

Que le monde entier fasse | silence devant lui ! »

Chapitre 3

Psaume

Dieu interviendra

Prière d’Habaquq le prophète, en forme de complainte[y].

2 O Eternel, j’ai entendu | ce que tu viens de proclamer,

et je suis effrayé | devant ton œuvre, ô Eternel.

Dans le cours des années, | accomplis-la[z] !

Dans le cours des années, | fais-la connaître !

Dans ton indignation, | rappelle-toi d’être clément !

3 De Témân Dieu arrive,

le Saint vient des montagnes | du pays de Paran.

*Pause

Sa majesté | couvre le ciel,

et sa louange | remplit la terre.

4 Il a l’éclat de la lumière,

et, de sa main, | jaillissent deux rayons ;

c’est là qu’est le réservoir de sa force.

5 La peste meurtrière | chemine devant lui,

et la fièvre brûlante | marche à sa suite.

6 S’il vient à s’arrêter, | il fait vibrer[aa] la terre.

Quand il regarde, | il fait sursauter les nations,

les montagnes antiques | sont disloquées,

et les collines | des anciens temps s’effondrent.

Ses voies sont éternelles.

7 J’ai vu les tentes de Kouchân[bb] | réduites à néant ;

les abris de Madian | tremblaient, épouvantés.

L’Eternel sort pour délivrer son peuple

8 Est-ce contre les fleuves | que l’Eternel s’irrite,

est-ce contre les fleuves | que ton courroux s’enflamme ?

Est-ce contre la mer | que ta fureur s’exerce,

pour que tu viennes ainsi | monté sur tes chevaux,

et pour que tu bondisses | sur tes chars victorieux ?

9 Ton arc est mis à nu,

tes traits sont les serments | que tu as prononcés[cc].

Pause

Tu crevasses la terre, | livrant passage aux fleuves.

10 Les montagnes t’ont vu, | et elles tremblent.

Des trombes d’eau s’abattent,

l’abîme se met à mugir,

lançant bien haut ses vagues.

11 Le soleil et la lune | restent dans leur demeure

devant l’éclat | de tes flèches qui partent

et la clarté | des éclairs de ta lance.

12 Avec colère, tu parcours la terre,

tu foules les nations aux pieds | dans ton indignation.

13 Oui, tu t’es mis en route | pour délivrer ton peuple,

et pour sauver ton roi | qui a reçu l’onction.

Tu as décapité | la maison du *méchant,

et tu l’as démolie | de fond en comble.

Pause

14 Tu transperces la tête | de l’ennemi | avec ses propres flèches,

alors qu’il arrivait | comme un vent d’ouragan | dans le but de nous disperser.

Déjà nos ennemis | se réjouissaient,

comptant bien dévorer | l’opprimé en secret[dd].

15 Tu as lancé | tes chevaux dans la mer,

dans le bouillonnement | des eaux puissantes.

L’Eternel est ma force

16 J’ai entendu cette nouvelle :

j’en suis tout bouleversé.

Mes lèvres balbutient

et mes os se dissolvent,

je reste là, tremblant.

Puisque je dois attendre | tranquille, j’attendrai | le jour de la détresse,

où l’ennemi | qui doit nous assaillir | attaquera le peuple.

17 Car le figuier | ne bourgeonnera plus,

et il n’y aura plus | de raisins dans les vignes,

le fruit de l’olivier | trompera les espoirs,

les champs ne produiront | plus de pain à manger.

Les moutons et les chèvres | disparaîtront de leurs enclos,

les bœufs de leurs étables.

18 Mais moi, c’est à cause de l’Eternel | que je veux me réjouir,

j’exulterai de joie | à cause du Dieu qui me sauve.

19 L’Eternel, le Seigneur, | c’est lui ma force :

il rend mes pieds pareils | à ceux des biches,

il me fait cheminer | sur les lieux élevés.

Pour le chef des musiciens. A chanter avec accompagnement d’instruments à cordes.



[a] 1.4 Autre traduction : l’emportent sur les justes.

[b] 1.5 traîtres : d’après un texte hébreu retrouvé à Qumrân et l’ancienne version grecque (voir Ac 13.41). Le texte hébreu traditionnel a : les nations.

[c] 1.6 Le nom Chaldéens désigne ici l’empire néo-babylonien qui a reconquis son indépendance de l’Assyrie en 626 av. J.-C. et qui a dominé tout le Moyen-Orient (612 à 539 av. J.-C.), en particulier durant le règne de Nabuchodonosor (605 à 562 av. J.-C.).

[d] 1.11 Verset difficile. Autres traductions : il est passé comme le vent et s’en est allé ou le vent est passé et s’en est allé.

[e] 1.11 Il se charge de crimes, lui... à son dieu. L’ancienne version grecque a : alors j’exposerai ma remontrance à mon Dieu. La fin du verset a été traduite diversement : lui qui attribue sa force à son Dieu ou lui dont la force est le dieu.

[f] 1.12 Selon une tradition de copistes juifs. Ce texte, jugé offensant pour Dieu, semble avoir été modifié en : nous ne mourrons pas, que l’on a actuellement dans le texte hébreu traditionnel.

[g] 1.12 Autre traduction : formé.

[h] 1.16 Le filet symbolise sa puissance sur les peuples comparés à des poissons.

[i] 1.17 D’après le commentaire d’Habaquq retrouvé à Qumrân. Le texte hébreu traditionnel a : à vider son filet.

[j] 2.3 Autre traduction : qui aspire à sa fin.

[k] 2.3 L’hébreu a : si même il faut l’attendre. Selon la traduction proposée, c’est l’Eternel qu’il faut attendre et qui viendra (voir 3.3 ; He 10.37). Pour d’autres, c’est l’accomplissement de la vision. Cité en He 10.37.

[l] 2.4 D’après l’ancienne version grecque. Le texte hébreu traditionnel a : celui qui est orgueilleux, qui... La différence ne tient qu’à l’inversion de deux lettres en hébreu.

[m] 2.4 L’ancienne version grecque a : je ne prends pas plaisir en lui (voir He 10.38).

[n] 2.4 D’autres comprennent : par sa fidélité. L’accent du texte tombe pourtant sur la foi (2.3 ; 3.2 ; 3.16-18). Cité en Rm 1.17 ; Ga 3.11 ; He 10.38.

[o] 2.5 D’après un texte hébreu retrouvé à Qumrân. Le texte hébreu traditionnel a : le vin est traître.

[p] 2.7 Jeu sur le double sens du terme hébreu qui peut aussi signifier : ceux qui te mordent.

[q] 2.8 Autre traduction : contre bien des pays, des villes et tous leurs habitants.

[r] 2.13 Voir Jr 51.58.

[s] 2.14 Voir Es 11.9.

[t] 2.15 et qui vides... l’ivresse. Autre traduction : en mêlant ton poison jusqu’à l’ivresse.

[u] 2.16 l’on te mettra à nu : selon le texte hébreu traditionnel. Le texte hébreu retrouvé à Qumrân, la version syriaque, la Vulgate et la version grecque d’Aquila ont : tu tituberas.

[v] 2.16 Voir Jr 25.15-29.

[w] 2.17 Voir Es 14.8. Autre traduction : contre le palais de la Forêt-du-Liban (voir 1 R 7.2,7).

[x] 2.17 Voir v.8 et note.

[y] 3.1 Terme hébreu de sens inconnu.

[z] 3.2 Voir 2.3.

[aa] 3.6 Autre traduction : il mesure.

[bb] 3.7 Probablement une peuplade nomade du désert du Sinaï.

[cc] 3.9 Autre traduction : tes traits sont ceux que tu as juré d’utiliser.

[dd] 3.14 Sens incertain. Autre traduction : dans sa cachette.