JOB

Le livre de Job, dont la datation est incertaine, est l’œuvre d’un auteur anonyme, d’origine juive, constituée à partir de traditions orales ou écrites. Job, que le prophète Ezéchiel associe à Noé et à Danel, un sage de l’Antiquité atteint lui aussi par le malheur (Ez 14.14,20), a dû vivre en des temps reculés. Sa patrie se situe à l’est du *Jourdain, au pays d’Outs (Jb 1.1), région, selon certains, limitrophe du territoire d’Edom et de l’Arabie.

Job, homme « intègre et droit » (1.1), se voit soudainement accablé par l’épreuve : il perd ses biens et ses enfants, lui-même est frappé d’une maladie qui le fait cruellement souffrir (ch.1-3). Pourquoi Dieu permet-il la souffrance de cet homme juste ?

Pour les trois amis de Job, sa souffrance ne peut être que le châtiment divin d’un péché grave. Comment l’expliquer autrement sans condamner Dieu ? Et ils en viennent à accuser Job de manière éhontée (22.4-11) que contredit toute la vie de leur ami (29.12-25). Mais plus ils l’accusent, plus Job clame son innocence. Lorsque, de guerre lasse, ils se taisent, Elihou intervient (ch.33 à 37). Comme ses prédécesseurs, il accuse Job d’avoir gravement péché pour être ainsi éprouvé (33.27 ; 34.37). Mais pour lui, la souffrance est avant tout un moyen d’éducation : c’est par elle que Dieu corrige les hommes pour qu’ils changent de vie (33.19-33).

Job sait que tout bien vient de Dieu (2.10) et qu’aucun homme n’est juste ou pur devant lui (9.2 ; 14.4,16-17). Mais il ne comprend plus sa façon d’agir : pourquoi Dieu, qui soutenait autrefois son innocence, est-il devenu son ennemi (10.2) ? Job défend alors sa conduite devant Dieu (13.3 ; 16.17) au point d’opposer Dieu à Dieu. D’un côté, il l’accuse de le tourmenter « sans cause » (9.17) et d’un autre, il exprime sa foi en ce Dieu qu’il aime : « Quand même il me tuerait, j’espérerais en lui » (13.15). Il en vient ainsi à affirmer sa foi en un mystérieux « témoin au ciel », un « arbitre » entre Dieu et lui (16.19,21), un « Défenseur » qui viendra à son secours dans la mort même : Dieu prendra alors son parti (19.25-27).

Dans le prologue du livre, l’auteur lève un peu le voile sur la raison de la souffrance de Job : ses douleurs ont la valeur d’un témoignage d’amour désintéressé pour Dieu. Job aime Dieu non pour ce qu’il lui donne, contrairement à ce que prétend Satan (1.9-11), mais pour ce qu’il est (2.10). C’est à cause de sa conduite irréprochable, et non malgré elle, qu’il a connu l’adversité. Lorsque Dieu se révèle à Job « du sein de la tempête », il lui donne raison contre ses amis qui l’ont accusé à tort (42.7), mais il lui reproche de s’être trompé de « satan » — d’« adversaire » — d’avoir voulu condamner Dieu pour garantir son innocence (40.8). Job ne reçoit pas de réponse ultime au pourquoi de sa souffrance, mais face à ce Dieu tout-puissant et pourtant si proche, il s’humilie, reconnaît son erreur et se tourne vers son Libérateur.

Job

INTRODUCTION

Chapitre 1

Job, un homme intègre et droit

Il y avait, au pays d’Outs[a], un homme appelé Job. C’était un homme intègre et droit, un homme qui révérait Dieu et qui évitait de faire le mal. 2 Il avait sept fils et trois filles. 3 De plus, ses troupeaux comptaient : sept mille moutons et chèvres, trois mille chameaux, cinq cents paires de bœufs, et cinq cents ânesses. Il possédait aussi des serviteurs en très grand nombre. Cet homme était le personnage le plus important des régions de l’est du *Jourdain. 4 Or, chacun de ses fils recevait à tour de rôle ses frères pour un festin. Ils invitaient leurs trois sœurs à manger et à boire avec eux. 5 Quand ces jours de festin étaient achevés, Job faisait venir ses enfants, afin d’accomplir pour eux les rites de purification. Il se levait de grand matin et offrait un *holocauste[b] pour chacun d’eux. Car il se disait :

—Peut-être mes fils ont-ils commis quelque faute et dit du mal de Dieu dans leur cœur.

Job agissait toujours ainsi.

Job perd tout

6 Or, un jour, les *anges de Dieu[c] se rendirent au conseil de l’Eternel. *Satan (l’Accusateur[d]) vint aussi parmi eux. 7 L’Eternel dit à Satan :

—D’où viens-tu donc ?

Celui-ci lui répondit :

—Je viens de parcourir la terre et de la sillonner.

8 Alors l’Eternel demanda à Satan :

—As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’y a personne comme lui sur la terre : c’est un homme intègre et droit, un homme qui révère Dieu et qui évite de mal faire.

9 Satan lui répondit :

—Est-ce vraiment pour rien que Job révère Dieu ? 10 N’as-tu pas élevé comme un rempart de protection autour de lui, autour de sa maison, et autour de tous ses biens ? Tu as fait réussir ses entreprises : ses troupeaux se sont multipliés dans le pays ! 11 Mais porte donc la main sur ses biens et sur les siens, et l’on verra s’il ne te maudit pas en face.

12 Alors l’Eternel dit à Satan :

—Tous ses biens sont en ton pouvoir, ainsi que les siens, mais ne porte pas la main sur sa personne !

Alors Satan se retira de la présence de l’Eternel.

13 Or, un jour, les fils et les filles de Job s’étaient mis à manger et à boire du vin ensemble chez leur frère aîné. 14 C’est alors qu’un messager vint trouver Job et lui annonça :

—Les bœufs étaient en train de labourer, et les ânesses paissaient à leurs côtés, 15 quand les Sabéens[e] se sont jetés sur eux, et s’en sont emparés. Ils ont massacré tes serviteurs. Je suis le seul qui ait pu leur échapper et je viens t’annoncer la nouvelle.

16 Il n’avait pas fini de parler qu’un autre messager arriva et annonça :

—La foudre est tombée du ciel, et elle a foudroyé tes brebis et tes serviteurs. Elle a tout consumé. Je suis le seul qui ait pu y échapper et je viens t’annoncer la nouvelle.

17 Il parlait encore, lorsqu’un autre messager arriva et annonça :

—Trois bandes de Chaldéens[f] se sont jetées sur les chameaux, et s’en sont emparés. Ils ont massacré tes serviteurs. Je suis le seul qui ait pu leur échapper et je viens t’annoncer la nouvelle.

18 Il parlait encore, lorsqu’un autre messager arriva et annonça :

—Tes fils et tes filles étaient en train de manger et de boire du vin ensemble chez leur frère aîné, 19 lorsqu’un vent très violent s’est levé du côté du désert. Il s’est rué contre les quatre coins de la maison qui s’est effondrée sur tes enfants. Ils sont tous morts. Je suis le seul qui ait pu m’échapper et je viens t’annoncer la nouvelle.

20 Alors Job se leva, il déchira son manteau, se rasa la tête[g], puis se jeta par terre pour se prosterner. 21 Et il dit :

—Je suis sorti nu du ventre de ma mère, et j’y retournerai nu. L’Eternel a donné, l’Eternel a repris : que l’Eternel soit loué !

22 Au milieu de tous ces malheurs, Job ne commit pas de péché et n’attribua rien d’inconvenant à Dieu[h].

Chapitre 2

Les souffrances de Job

Un autre jour, où les *anges de Dieu[i] se rendirent au conseil de l’Eternel, *Satan (l’Accusateur) vint aussi parmi eux au conseil de l’Eternel.

2 L’Eternel lui demanda :

—D’où viens-tu donc ?

Celui-ci lui répondit :

—Je viens de parcourir la terre et de la sillonner.

3 Alors l’Eternel reprit :

—As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n’y a personne comme lui sur la terre : c’est un homme intègre et droit, un homme qui révère Dieu et qui évite de mal faire. Il persévère toujours dans son intégrité. C’est pour rien que tu m’as incité à l’accabler.

4 Mais Satan répondit :

—Peau pour peau, tout ce qui est à lui, l’homme y renoncera en échange de sa vie. 5 Mais porte donc la main sur son corps et l’on verra s’il ne te maudit pas en face !

6 L’Eternel dit à Satan :

—Il est en ton pouvoir, mais épargne sa vie.

7 Alors Satan se retira de la présence de l’Eternel et il infligea à Job une douloureuse maladie de peau qui s’étendit de la plante des pieds jusqu’au crâne.

8 Job prit un morceau de poterie pour se gratter, et resta assis au milieu de la cendre.

9 Sa femme lui dit :

—Tu persévères toujours dans ton intégrité ! Maudis donc Dieu et meurs !

10 Mais il lui répondit :

—Tu parles comme une *insensée. Quoi ! nous recevrions de Dieu le bonheur, et nous ne recevrions pas aussi le malheur !

Au milieu de tous ces malheurs, Job ne commit pas de péché dans tout ce qu’il dit.

Les trois amis de Job

11 Or, trois amis de Job apprirent que tous ces malheurs venaient de fondre sur lui. Ils vinrent chacun de son pays. C’était Eliphaz de Témân[j], Bildad de Chouah[k], et Tsophar de Naama[l]. En effet, ils décidèrent ensemble d’aller lui témoigner leur sympathie et le consoler. 12 Lorsqu’ils l’aperçurent de loin, ils ne le reconnurent pas, et ils se mirent à pleurer à grand bruit. Ils déchirèrent leur manteau et jetèrent de la poussière en l’air, au-dessus de leur tête. 13 Puis ils restèrent là, assis par terre, à ses côtés, sept jours et sept nuits. Aucun d’eux ne lui dit un mot car ils voyaient bien combien sa souffrance était grande.

DISCOURS DE JOB ET DE SES TROIS AMIS

Chapitre 3

Job maudit le jour de sa naissance

Après cela, Job prit la parole et se mit à maudire le jour de sa naissance[m]. 2 Il parla en ces termes :

3 Que périsse le jour | où je fus enfanté

et la nuit qui a dit : | « Un garçon est conçu ! »

4 Ce jour, | qu’il se change en ténèbres,

que Dieu là-haut | ne s’en occupe plus,

oui, que nulle clarté | ne rayonne sur lui !

5 Que d’épaisses ténèbres | et l’ombre de la mort | le réclament pour elles[n] !

Que des nuées pèsent sur lui,

que des éclipses de soleil[o] | le chargent d’épouvante !

6 Oh ! que l’obscurité | saisisse cette nuit,

qu’elle n’ait pas sa place | au milieu des jours de l’année

et qu’elle n’entre point | dans le compte des mois !

7 Que cette nuit-là soit stérile

et que nul cri de joie | n’y résonne jamais.

8 Oui, que cette nuit-là | soit exécrée par ceux | qui maudissent les jours

et savent réveiller | le grand monstre marin[p] !

9 Que les ténèbres masquent | ses astres du matin !

Oui, qu’elle attende en vain | la lumière du jour

et qu’elle ne voie pas | l’aurore s’éveiller,

10 pour n’avoir pas fermé | le ventre maternel

et n’avoir pas caché | le malheur à mes yeux !

11 Pourquoi ne suis-je donc pas mort | dans le sein de ma mère ?

Pourquoi n’ai-je expiré | en sortant de ses flancs ?

12 Pourquoi ai-je trouvé | deux genoux accueillants

et une mère | pour me donner le sein ?

13 Car maintenant | je serais couché, et tranquille,

je dormirais

14 en compagnie des rois | et des grands de la terre

qui s’étaient fait bâtir | de vastes monuments | dont il ne reste que des ruines,

15 avec les chefs des princes, | ceux qui détenaient l’or

et entassaient l’argent | dans leurs demeures.

16 Je n’existerais pas | tel l’avorton | enfoui sous terre,

tel un enfant | qui n’a pas vu le jour.

17 Là, ceux qui sont *méchants | cessent de tourmenter,

et ceux qui sont à bout | peuvent se reposer.

18 Les prisonniers, de même, | se trouvent là paisibles

car ils n’entendent plus | la voix de leur geôlier,

19 petits et grands sont là,

et de son maître | l’esclave est affranchi.

20 Pourquoi, oui, pourquoi donc | donne-t-il la lumière | au pauvre malheureux ?

Pourquoi donner la vie | aux hommes accablés ?

21 Ils attendent la mort | et elle ne vient pas,

alors qu’ils la recherchent | plus que tous les trésors,

22 ils seraient pleins de joie | et ils jubileraient

s’ils trouvaient le tombeau.

23 Pourquoi donner la vie | à l’homme qui ne voit | aucune route à suivre

parce que Dieu lui-même | le cerne de tous les côtés ?

24 Car mes gémissements | ont remplacé mon pain

et mes cris de douleur | déferlent comme l’eau.

25 Tout ce que je redoute, | c’est cela qui m’arrive,

les maux que je craignais | ont tous fondu sur moi.

26 Je n’ai ni paix ni trêve, | ni repos ni relâche.

Je suis sans cesse en proie | à de nouveaux tourments.

PREMIER DISCOURS D’ELIPHAZ

Chapitre 4

Personne n’est innocent

Alors Eliphaz de Témân prit la parole et dit :

2 Peut-on risquer un mot ? | Tu es si abattu[q] !

Mais qui peut garder le silence ?

3 Tu as instruit beaucoup de gens

et tu as fortifié | ceux qui baissaient les bras.

4 Tes propos relevaient | celui qui trébuchait,

et tu raffermissais | ceux dont les genoux fléchissaient.

5 Maintenant qu’il s’agit de toi, | tu es découragé !

Maintenant que cela te touche, | te voilà tout désemparé !

6 Ta foi en Dieu n’est-elle pas | la source de ton assurance ?

Et ton intégrité | n’est-elle pas ton espérance ?

7 Cherche dans ta mémoire : | quel est donc l’innocent | qui jamais a péri ?

Où sont les hommes droits | qui ont été détruits ?

8 D’après ce que j’ai vu, | les artisans d’iniquité

et ceux qui sèment le malheur | en moissonnent les fruits :

9 sous le souffle de Dieu, | les voilà qui périssent,

dans son courroux, il les consume.

10 Le lion a beau rugir | et le fauve gronder,

Dieu leur brise les crocs.

11 Le lion périt faute de proie,

et les lionceaux sont dispersés.

12 Un oracle furtif | s’est glissé jusqu’à moi,

et mon oreille en a saisi | le murmure léger :

13 pendant les visions de la nuit, | au milieu d’un flot de pensées,

à l’heure où un profond sommeil | s’empare des humains,

14 un frisson d’épouvante | a parcouru mon corps,

tous mes os en tremblèrent.

15 Un esprit effleura ma face,

hérissant les poils sur ma peau.

16 Il se tenait debout. | Je ne pus reconnaître | à quoi il ressemblait,

mais cette apparition | resta devant mes yeux.

J’entendis une voix | qui murmurait tout doucement :

17 « Un humain serait-il | plus juste que son Créateur ?

Un homme peut-il être | plus pur que Dieu ?

18 Si, en ses propres serviteurs | Dieu ne peut se fier,

et si même en ses *anges | il trouve des défauts,

19 à plus forte raison | il ne peut se fier | aux pauvres créatures | habitant dans des corps d’argile,

qui ne sont que poussière[r]

et qu’on peut écraser | comme des vermisseaux.

20 Entre le matin et le soir, | ils sont réduits en poudre.

Sans qu’on y prenne garde, | les voilà qui périssent.

21 Les cordes qui tenaient leur tente | sont soudain arrachées,

et c’est ainsi qu’ils meurent | sans avoir acquis la sagesse. »

Chapitre 5

Dieu rend le bonheur à qui s’adresse à lui

Maintenant donc, appelle, | pour voir si quelqu’un te répond.

A quel saint ange[s] t’adresseras-tu ?

2 Car c’est l’emportement | qui tue un *insensé,

c’est la colère | qui fait périr le sot.

3 Sans doute, j’ai vu l’insensé | étendre ses racines,

mais j’ai soudain maudit | son lieu d’habitation[t] :

4 « Que ses fils soient privés | de tout soutien,

écrasés en justice[u], | sans personne pour les sauver.

5 Ce qu’il a moissonné, | qu’un affamé le mange

et vienne l’enlever | jusque dans les épines ;

oui, que des gens avides | engouffrent sa fortune ! »

6 Le malheur, en effet, | ne sort pas de la terre

et la misère | ne germe pas du sol,

7 car l’homme naît pour la souffrance

comme les étincelles | s’élèvent pour voler.

8 Pour moi, j’aurais recours à Dieu.

Oui, c’est à Dieu | que je présenterais ma cause.

9 Il fait de grandes choses | qu’on ne saurait comprendre

et des prodiges innombrables.

10 C’est lui qui fait tomber la pluie | sur la surface de la terre

et qui répand les eaux | à travers les campagnes.

11 Ceux qui sont abaissés, | bien haut il les élève,

ceux qui sont affligés | trouvent la délivrance.

12 Il déjoue les intrigues | des plus rusés

et leur main ne peut achever | ce qu’elle a commencé.

13 Il attrape les sages | au piège de leur propre ruse[v],

et les projets des plus perfides | il les prend de vitesse.

14 En plein jour, ils rencontrent | de profondes ténèbres,

à midi, ils tâtonnent | comme à la nuit tombée.

15 Il arrache le pauvre | de l’épée de leur bouche,

il sauve l’indigent | de la main du puissant.

16 Ainsi le miséreux | a de quoi espérer,

et la perversité | a la bouche fermée.

17 Ah ! certes, bienheureux | celui que Dieu corrige,

qui n’a pas de mépris | pour les leçons du Tout-Puissant[w].

18 Car Dieu inflige la blessure, | mais il la panse aussi

et même s’il meurtrit, | sa main guérit ensuite.

19 Six fois, dans la détresse, | il te délivrera.

Dans sept calamités, | le mal t’épargnera.

20 Au temps de la famine, | il te gardera de la mort

au milieu du combat, | il te préservera du glaive.

21 Tu seras à l’abri | du fouet de la langue

et tu ne craindras pas | le désastre à venir.

22 Tu pourras te moquer | de la dévastation | comme de la disette,

et tu n’auras pas peur | des animaux sauvages.

23 Un pacte te liera | aux pierres de la terre,

et quant aux animaux sauvages, | ils seront en paix avec toi.

24 Tu verras le bonheur | régner dans ta demeure.

Quand tu visiteras | tes troupeaux au bercail[x], | rien n’y fera défaut.

25 Tu pourras constater | combien ta descendance | sera nombreuse

et ta progéniture | poussera comme l’herbe.

26 Tu entreras dans le sépulcre | dans la mûre vieillesse[y]

comme un tas de gerbes qu’on dresse | à la saison voulue.

27 Oui, nous l’avons examiné : | cela est bien ainsi.

Ecoute donc ces choses, | et fais-en ton profit.

REPONSE DE JOB A ELIPHAZ

Chapitre 6

Job se sent trahi par ses amis

Job répondit alors :

2 Ah ! si mon affliction | pouvait être pesée

et s’il était possible | de mettre toute ma misère | sur les plateaux d’une balance,

3 assurément mon malheur | est plus pesant | que le sable des mers,

c’est pourquoi mes paroles | dépassent la mesure.

4 Car les flèches du Tout-Puissant | sont plantées dans mon être

et mon esprit boit leur poison[z],

oui, je suis assailli | par les terreurs que Dieu m’envoie.

5 Un âne se met-il à braire | pendant qu’il broute l’herbe tendre ?

Un bœuf se met-il à mugir | quand il est devant son fourrage ?

6 Un repas fade et insipide | se mange-t-il sans sel ?

Peut-on trouver de la saveur | dans le blanc d’un œuf cru ?

7 Ce qu’autrefois je refusais | est devenu ma nourriture.

C’est là mon pain, | même s’il me répugne[aa].

8 Ah ! qui fera | aboutir ma requête !

Que Dieu m’accorde | ce que j’espère !

9 Que Dieu consente | à m’écraser !

Qu’il laisse aller sa main | et me détruise.

10 J’aurai du moins un réconfort,

et je tressaillirai de joie | au sein de tourments implacables,

car je n’aurai trahi | aucun des ordres du Dieu saint.

11 Pourquoi espérerais-je | quand je n’ai plus de force ?

A quoi bon vivre encore | vu la fin qui m’attend ?

12 Du roc ai-je la résistance ?

Mon corps est-il de bronze ?

13 Et puiserai-je encore en moi | des ressources pour m’en sortir ?

Toute aide m’est ôtée.

14 L’homme désespéré | a droit à de la compassion | de la part d’un ami,

oui, même s’il cessait[bb] | de révérer le Tout-Puissant.

15 Mes amis m’ont trahi | comme un torrent,

comme un de ces cours d’eau | dont le lit est à sec.

16 Lorsque la glace fond | et que les neiges | s’engloutissent en eux,

ils charrient des eaux troubles.

17 Mais à la saison sèche, | leurs cours tarissent.

Quand viennent les chaleurs, | ils s’éteignent sur place.

18 Pour eux, les caravanes | dévient de leur chemin,

elles vont s’enfoncer | loin dans les solitudes, | et elles y périssent.

19 Les caravanes de Téma[cc] | les cherchent du regard,

les convois de Saba[dd] | comptent sur eux.

20 Mais ils sont pleins de honte | d’avoir mis leur espoir en eux :

arrivés jusqu’à eux | ils étaient tout penauds.

21 C’est là ce que vous êtes | pour moi en ce moment :

en voyant mon malheur, | vous êtes pris de peur !

22 Et pourquoi donc ? | Vous ai-je dit : | « Donnez-moi de vos biens

et, de votre fortune, | payez une rançon,

23 pour me faire échapper | aux mains de l’adversaire

et pour me délivrer | du pouvoir des tyrans » ?

24 Faites-le-moi savoir | et moi je me tairai.

En quoi ai-je failli ? | Faites-le-moi comprendre !

25 Ah ! Combien seraient efficaces | des discours équitables !

Mais à quoi servent vos critiques ?

26 Avez-vous l’intention | de blâmer de simples paroles,

des mots jetés au vent | par un désespéré[ee] ?

27 Sur un orphelin même, | vous iriez vous ruer

et feriez bon marché | de votre ami intime.

28 Mais, veuillez cependant | me regarder en face :

vous mentirais-je effrontément ?

29 Revenez en arrière, | ne soyez pas perfides.

Oui, revenez encore, | car c’est mon innocence | qui est en cause.

30 Y a-t-il dans ma bouche | de la perversité ?

Mon palais ne sait-il | plus discerner le mal ?

Chapitre 7

Pourquoi la souffrance ?

Le sort de l’homme sur la terre | est celui d’un soldat

et ses jours sont semblables | à ceux d’un mercenaire.

2 Il est comme un esclave | qui soupire après l’ombre[ff]

et comme un ouvrier | qui attend son salaire.

3 J’ai reçu en partage | des mois de déception,

j’ai trouvé dans mon lot | des nuits de peine amère.

4 Dès que je suis couché, je dis : | « Quand vais-je me lever ? »

Sitôt levé, je pense : | « Quand donc viendra le soir[gg] ? »

Et, jusqu’au crépuscule, | je suis agité de douleurs.

5 Mon corps est couvert de vermine | et de croûtes terreuses,

ma peau s’est crevassée, | partout, mes plaies suppurent.

6 Mes jours se sont enfuis | plus rapides que la navette | d’un tisserand habile.

Ils tirent à leur fin | sans qu’il y ait d’espoir.

7 Rappelle-toi, ô Dieu, | que ma vie n’est qu’un souffle

et que jamais mes yeux | ne reverront plus le bonheur.

8 Oui, l’œil qui me regarde | ne pourra plus me voir,

tes yeux me chercheront | et j’aurai disparu.

9 Tout comme une nuée | qui se dissipe et passe,

l’homme va dans la tombe[hh] | pour n’en plus remonter.

10 Il ne reviendra plus | dans sa maison

et sa demeure même | ne le reconnaît plus.

11 C’est pourquoi je ne veux | plus réfréner ma langue,

je parlerai | dans ma détresse,

je me lamenterai | car mon cœur est amer.

12 Suis-je donc une mer | ou un monstre marin

pour que tu établisses | contre moi, une garde[ii] ?

13 Si je me dis : | « Mon lit m’apaisera,

ma couche m’aidera | à porter ma douleur »,

14 alors tu m’épouvantes | par d’affreux cauchemars

et tu me terrifies | par des visions nocturnes.

15 J’aimerais mieux être étranglé,

la mort vaudrait bien mieux | que vivre dans ces os.

16 Je suis plein de dégoût ! | Je ne durerai pas toujours.

Laisse-moi donc tranquille : | ma vie est si fragile.

17 Qu’est-ce que l’homme, | pour que tu fasses | un si grand cas de lui,

et pour que tu lui prêtes | une telle attention,

18 pour que tu l’examines | matin après matin,

et pour qu’à chaque instant | tu viennes l’éprouver ?

19 Quand détourneras-tu | enfin tes yeux de moi ?

Ne lâcheras-tu pas | un instant ton étreinte, | ne fût-ce que le temps | d’avaler ma salive ?

20 Et puis même si j’ai péché, | que t’ai-je fait, à toi, | censeur des hommes ?

Pourquoi donc m’as-tu pris pour cible ?

Suis-je devenu une charge[jj] ?

21 Pourquoi ne veux-tu pas | pardonner mon offense

et ne passes-tu pas | sur mon iniquité ?

Bientôt j’irai dormir | au sein de la poussière

et tu me chercheras, | mais je ne serai plus.

PREMIER DISCOURS DE BILDAD

Chapitre 8

Dieu est juste

Bildad de Chouah répondit :

2 Combien de temps encore | tiendras-tu ces discours ?

Oui, jusqu’à quand | tes propos seront-ils | un vent impétueux ?

3 Dieu fléchit-il le droit,

ou bien le Tout-Puissant | fausse-t-il la justice ?

4 Si tes fils ont péché,

il a dû les livrer | aux conséquences de leurs fautes.

5 Mais si tu as recours à Dieu,

si tu demandes grâce | auprès du Tout-Puissant,

6 si tu es pur et droit,

il ne tardera pas | à s’occuper de toi,

et il rétablira | pleinement ta justice[kk].

7 Ta condition passée | semblera peu de chose,

tant sera florissante | ta condition nouvelle.

8 En effet, interroge donc | les générations précédentes

et médite avec soin | la sagesse des pères,

9 car nous sommes d’hier | et nous ne savons rien

puisque nos jours sur terre | s’effacent comme une ombre.

10 Les anciens t’instruiront | et ils te parleront ;

ils puiseront dans leur sagesse | les sentences suivantes :

11 Le papyrus croît-il | en dehors du marais ?

Le jonc peut-il pousser sans eau[ll] ?

12 Alors qu’il est en fleurs | sans qu’on l’ait arraché,

avant les autres herbes, | déjà, il se dessèche.

13 Telle est la destinée | de ceux qui oublient Dieu,

et l’espoir du *méchant | sera anéanti.

14 L’objet de sa confiance | sera brisé comme un fil[mm],

il place son espoir | dans une toile d’araignée.

15 Il prend appui sur sa maison | mais elle ne résiste pas,

il se cramponne à elle | mais elle ne tient pas debout.

16 Sous le soleil, | il est plein de vigueur,

et ses rameaux s’étendent, | couvrant tout son jardin,

17 il entrelace ses racines | à un monceau de pierres

et elles se fraient un chemin | jusqu’au cœur des rochers.

18 Mais il s’est arraché | du lieu qu’il occupait ;

et celui-ci prétend : | « Je ne t’ai jamais vu. »

19 Voilà quelle est la joie | qu’il trouve sur sa voie.

Et d’autres, à leur tour, | germeront de la terre.

20 Voici, Dieu ne rejette | jamais l’homme innocent,

et jamais il ne prête | main forte aux malfaisants.

21 Il remplira encore | ta bouche d’allégresse,

et mettra sur tes lèvres | des cris de joie.

22 Tous ceux qui te haïssent | seront couverts de honte.

Les tentes des méchants | disparaîtront.

REPONSE DE JOB A BILDAD

Chapitre 9

Dieu est le plus fort

Alors Job répondit :

2 Oui, certes, je le sais, | il en est bien ainsi :

comment un homme | serait-il juste devant Dieu[nn] ?

3 Qui donc s’aviserait | de plaider contre lui ?

Même une fois sur mille, | il ne pourra répondre[oo].

4 Dieu est riche en sagesse, | et puissante est sa force.

Qui pourrait le braver | et s’en sortir indemne ?

5 Lui qui déplace les montagnes | sans qu’elles ne s’en doutent

et les renverse en sa colère,

6 il fait trembler la terre | jusqu’en ses fondations :

ses colonnes chancellent.

7 Il ordonne au soleil | de ne pas se lever[pp],

et met sous scellés les étoiles.

8 Lui seul déploie le ciel

et marche sur la mer, | sur ses plus hautes vagues.

9 Il a fait la Grande Ourse, | Orion et les Pléïades[qq],

et les constellations australes.

10 Il accomplit des œuvres | grandioses, insondables,

et des prodiges innombrables[rr].

11 S’il passait près de moi, | je ne le verrais pas,

puis il s’éloignerait, | je ne m’en apercevrais pas.

12 Qui peut lui retirer | la proie qu’il prend de force ?

Qui osera lui dire : | « Que fais-tu là ? »

13 Dieu ne retient pas sa colère.

Et devant lui s’effondrent | tous les appuis de l’orgueilleux[ss].

14 Combien moins oserais-je | lui donner la réplique,

et quels mots choisirais-je | pour plaider avec lui ?

15 Même si je suis juste, | je ne peux rien répondre.

Je ne puis qu’implorer | la pitié de mon juge.

16 Si même, à mon appel, | il daignait me répondre,

je ne pourrais quand même | pas croire qu’il m’écoute,

17 car il m’a fait passer | sous un vent de tempête,

il a multiplié | mes blessures sans cause.

18 Il ne me permet pas | de reprendre mon souffle,

tant il me rassasie de fiel.

19 Recourir à la force ? | Mais il est le plus fort.

Ou faire appel au droit ? | Qui donc l’assignera[tt] ?

20 Si j’étais juste, | c’est ma bouche elle-même | qui me condamnerait.

Si j’étais innocent, | ma bouche me donnerait tort.

21 Suis-je vraiment intègre ? | Je ne saurais le dire :

je méprise ma vie.

22 Que m’importe, après tout ! | C’est pourquoi j’ose dire :

« Dieu détruit aussi bien | l’innocent que l’impie. »

23 Quand survient un fléau | qui tue soudainement,

Dieu se rit des épreuves | qui atteignent les justes.

24 Quand il livre un pays | au pouvoir des *méchants,

il en aveugle tous les juges.

Et si ce n’est pas lui, | alors, qui est-ce donc ?

25 Mes jours ont fui plus vite | qu’un agile coureur,

ils se sont écoulés, | mais sans voir le bonheur,

26 ils ont glissé, rapides | comme un esquif de jonc[uu],

comme le vol d’un aigle | qui fonce sur sa proie.

27 Si même je me dis : | « Oublie donc ta souffrance,

va, change de visage | et mets-toi à sourire ! »,

28 je redoute tous mes tourments

car je sais bien | que tu ne me traiteras pas | en innocent.

29 Je serai tenu pour coupable !

Alors, pourquoi devrais-je | me donner tant de peine en vain ?

30 J’aurais beau me laver | avec de l’eau de neige,

oui, j’aurais beau me nettoyer | les mains avec de la potasse[vv],

31 toi tu me plongerais | dans un bourbier fangeux

pour que mes habits mêmes | me prennent en horreur.

32 Car il n’est pas | un homme comme moi, | pour que je lui réplique

ou pour que nous allions | ensemble au tribunal.

33 Il n’y a pas[ww] d’arbitre | pouvant s’interposer

et trancher entre nous.

34 Que Dieu écarte son bâton

et que les terreurs qu’il me donne | ne m’épouvantent plus !

35 Alors je parlerai | sans avoir peur de lui.

Mais ce n’est pas le cas, | je suis tout seul avec moi-même !

Chapitre 10

Dieu, pourquoi t’en prends-tu à moi ?

Je suis dégoûté de la vie,

je ne retiendrai plus mes plaintes,

je veux exprimer l’amertume | qui remplit tout mon être.

2 Et je veux dire à Dieu : | Ne me traite pas en coupable,

fais-moi savoir pourquoi | tu me prends à partie.

3 Prends-tu plaisir à m’accabler, | à mépriser ta créature,

ce que tes mains ont fait ?

Est-ce bien de favoriser | les desseins des *méchants ?

4 As-tu des yeux de chair,

et ne vois-tu | qu’à la façon des hommes ?

5 Ta vie serait-elle aussi courte | que celle des humains,

et tes années passeraient-elles | comme celles d’un homme,

6 pour que tu recherches ma faute

et pour que tu enquêtes | sur mon iniquité[xx] ?

7 Pourtant tu le sais bien, | je ne suis pas coupable.

Et il n’y a personne | pour me délivrer de ta main !

8 C’est toi qui m’as créé, | tes mains m’ont façonné

ensemble, tout entier, | et tu me détruirais !

9 Oh, souviens-toi, je t’en supplie, | que tu m’as façonné | comme avec de l’argile.

Voudrais-tu à présent | me faire retourner | dans la poussière ?

10 Tu m’as coulé comme du lait,

puis fait cailler en fromage.

11 Ensuite tu m’as revêtu | de peau, de chair,

tu m’as tissé d’os et de nerfs.

12 C’est toi qui m’as donné la vie, | tu m’as accordé ta faveur[yy],

et tes soins vigilants | ont préservé mon souffle.

13 Mais voilà donc | ce que tu cachais dans ton cœur

et je sais maintenant | ce que tu méditais :

14 tu voulais m’observer, | me surprendre à pécher

avec la volonté | de ne pas pardonner ma faute,

15 et si je suis coupable, | malheur à moi !

Si je suis innocent, | je ne puis cependant | marcher la tête haute,

moi qui suis rassasié | de honte et de misère.

16 Car si je me redresse, | tu me pourchasses comme un lion,

et tu t’acharnes contre moi | avec ta force terrifiante.

17 Tu renouvelles constamment | tes assauts contre moi,

ta fureur envers moi s’accroît,

tes troupes se succèdent | pour m’assaillir.

18 Pourquoi donc m’as-tu fait sortir | du ventre maternel ?

J’aurais péri alors | et aucun œil ne m’aurait vu.

19 Je serais comme ceux | qui n’ont jamais été,

j’aurais été porté | du sein maternel au tombeau.

20 Il me reste si peu de jours.

Laisse-moi donc : | que je respire,

21 avant de partir sans retour | au pays des ténèbres

et de l’obscurité profonde,

22 terre où l’aurore | est une nuit opaque,

où règne l’ombre de la mort, | où il n’y a que confusion,

où la clarté du jour | est comme la nuit noire.

PREMIER DISCOURS DE TSOPHAR

Chapitre 11

La sagesse de Dieu nous dépasse

Puis Tsophar de Naama prit la parole et dit :

2 Ne répondra-t-on pas | à ce flot de paroles ?

Suffit-il de parler | pour que l’on ait raison ?

3 A cause de tes vains discours, | tous devront-ils se taire ?

Railleras-tu | sans qu’on t’en fasse honte ?

4 Or, tu as osé dire : | « Ce que je dis est vrai,

je suis pur devant toi. »

5 Ah ! S’il plaisait à Dieu | de te parler lui-même,

s’il desserrait les lèvres !

6 Il te révélerait | de la sagesse les secrets

car elle est bien trop haute | pour notre intelligence ;

tu comprendrais alors | que Dieu laisse passer | une part de tes fautes.

7 Prétends-tu pénétrer | les profondeurs de Dieu,

saisir la perfection | du Tout-Puissant ?

8 Elle est plus haute que le ciel. | Que feras-tu ?

Et plus profonde que l’abîme[zz]. | Qu’en sauras-tu ?

9 Elle est plus longue que la terre,

plus large que la mer.

10 Si, au passage, | il emprisonne le coupable

et s’il le convoque en justice, | qui peut s’y opposer ?

11 Car il connaît bien les trompeurs,

il discerne une faute | sans effort d’attention.

12 Celui qui a la tête vide | pourra devenir sage

quand un ânon sauvage | naîtra domestiqué[aaa].

13 Toi, si tu affermis ton cœur

et si tu tends les bras vers Dieu,

14 si tu abandonnes les fautes | dont tes mains sont coupables,

si tu ne permets pas | à la perversité | d’habiter sous ta tente,

15 alors tu lèveras la tête | sans avoir honte[bbb],

tu tiendras ferme | et tu ne craindras rien.

16 Tu oublieras ta peine,

son souvenir sera | comme une eau écoulée.

17 Ta vie sera plus claire | que le soleil en plein midi,

l’obscurité | luira comme une aurore.

18 Tu reprendras confiance | car l’espoir renaîtra.

Et tu regarderas | autour de toi, | tu vivras tout à fait tranquille,

19 et tu te coucheras | sans que nul ne te trouble.

Beaucoup de gens viendront | implorer ta faveur.

20 Mais les yeux des *méchants | finiront par s’éteindre.

Leur refuge fera défaut,

leur seul espoir | sera de rendre l’âme.

REPONSE DE JOB A TSOPHAR

Chapitre 12

Dieu fait ce qu’il veut

Job répondit alors :

2 En vérité, à vous tout seuls, | vous êtes tout le genre humain ;

avec vous mourra la sagesse.

3 Néanmoins, comme vous, | j’ai de l’intelligence,

je ne vous cède en rien.

Du reste, qui ignore | ce que vous avez dit ?

4 Je suis pour mes amis | un objet de risée,

moi qui invoque Dieu | afin qu’il me réponde,

un juste, un homme intègre, | voilà l’objet des railleries !

5 Au malheur, le mépris ! | C’est l’avis des heureux.

Voilà ce qui attend | ceux dont le pied chancelle.

6 Mais les brigands jouissent | de la paix sous leurs tentes,

ceux qui provoquent Dieu | sont en sécurité,

eux qui ne reconnaissent | d’autre dieu que leur force[ccc].

7 Mais interroge donc | les animaux sauvages, | ils t’instruiront,

et les oiseaux du ciel, | ils te renseigneront.

8 Ou bien parle à la terre, | et elle t’instruira,

les poissons de la mer | pourront t’en informer.

9 Oui, parmi tous ceux-ci, | lequel ignorerait

que c’est Dieu[ddd] qui a fait cela ?

10 Il tient en son pouvoir | la vie de tous les êtres,

le souffle qui anime | le corps de tout humain.

11 L’oreille juge bien | les mots que l’on entend,

et le palais discerne | le goût des aliments.

12 La sagesse appartient | aux personnes âgées,

et une longue vie | donne l’intelligence.

13 Auprès de Dieu se trouvent | la sagesse et la force.

C’est à lui qu’appartiennent | conseil, intelligence.

14 Voici : ce qu’il détruit, | nul ne le rebâtit.

Et s’il enferme un homme, | personne n’ouvrira.

15 Il arrête les eaux, | et c’est la sécheresse.

Et dès qu’il les déchaîne | la terre est dévastée.

16 Auprès de lui résident | la force et la prudence.

Il tient en son pouvoir | celui qui se fourvoie | et celui qui s’égare.

17 Il emmène en exil | les conseillers d’Etat,

et livre à la folie | les dirigeants du peuple.

18 Il desserre l’emprise | des rois sur leurs sujets

et ceint leurs reins d’un pagne[eee].

19 Il emmène en exil les prêtres.

De leur trône, il renverse | les pouvoirs établis.

20 Il ôte la parole | aux orateurs habiles

et ravit le discernement | aux personnes âgées.

21 Il couvre de mépris les nobles,

il fait aussi tomber | les armes des tyrans.

22 Il met à découvert | les profonds secrets des ténèbres,

et il expose au jour | les ombres les plus noires.

23 Il grandit les nations, | et il les fait périr,

il étend leur empire, | puis les emmène au loin.

24 Il ôte la raison | aux chefs des nations de la terre

et il les fait errer | dans des déserts sans piste,

25 de sorte qu’ils tâtonnent | en pleine obscurité, | sans trouver de lumière.

Oui, Dieu les fait errer | ainsi que des ivrognes.

Chapitre 13

Job accuse ses amis de fausseté et clame son innocence

Oui, certes, tout cela, | mes propres yeux l’ont vu,

oui, je l’ai entendu | de mes propres oreilles, | et je l’ai bien compris.

2 Tout ce que vous savez, | je le sais, moi aussi,

je ne vous cède en rien.

3 Mais c’est au Tout-Puissant | que je veux m’adresser,

c’est devant Dieu lui-même | que je veux défendre ma cause.

4 Quant à vous, mes amis, | vous forgez des mensonges,

vous êtes tous | des médecins incompétents.

5 Ah ! si vous gardiez le silence !

Alors vous seriez sages.

6 Ecoutez, je vous prie, | ma récrimination

et soyez attentifs | à la plaidoirie de mes lèvres.

7 Dieu aurait-il besoin | de vos propos injustes,

et est-ce pour le soutenir | que vous dites des faussetés ?

8 Allez-vous vous montrer | partiaux en sa faveur ?

Prétendez-vous plaider | pour défendre sa cause ?

9 Et sera-ce à votre avantage | s’il sonde vos pensées ?

Comptez-vous le tromper | comme l’on trompe un homme ?

10 Il ne manquera pas | de vous le reprocher,

si vous aviez pour lui | des parti-pris secrets.

11 Sa majesté n’a-t-elle | rien pour vous effrayer ?

N’êtes-vous pas saisis | par la peur qu’il inspire ?

12 Car vos paroles | ne sont que maximes de cendre

et vos réponses[fff] | des ouvrages d’argile.

13 Taisez-vous donc | et laissez-moi parler.

Advienne que pourra !

14 Ainsi je veux risquer ma vie,

je vais la mettre en jeu[ggg].

15 Quand même il me tuerait, | j’espérerais en lui[hhh].

Mais, devant lui, | je veux défendre ma conduite.

16 Cela même sera | salutaire pour moi.

Car aucun hypocrite | ne trouve accès à lui.

17 Ecoutez mes paroles

et prêtez attention | à mes explications !

18 Car, voici, je suis prêt | à défendre ma cause.

Je sais que je suis dans mon droit.

19 Est-il quelqu’un qui veuille | contester avec moi ?

Alors je me tairai, | et rendrai mon dernier soupir.

20 Mais cesse donc, de grâce, | de faire ces deux choses

et je ne me cacherai plus | de devant toi :

21 retire donc ta main | de dessus moi,

et ne me poursuis plus | pour m’emplir d’épouvante,

22 puis parle-moi, | et je te répondrai,

ou bien je parlerai | et tu me répondras.

23 Combien ai-je commis | de péchés et de fautes ?

Fais-moi connaître | mes péchés et mes transgressions.

24 Pourquoi détournes-tu | ton visage de moi ?

Pourquoi me considères-tu | comme ton ennemi[iii] ?

25 Veux-tu faire trembler | une feuille agitée,

et veux-tu pourchasser | un brin de paille sèche,

26 pour m’avoir destiné | des peines si amères,

et me faire payer | mes fautes de jeunesse,

27 pour avoir enserré | mes deux pieds dans les fers,

pour surveiller de près | tous mes déplacements,

et pour scruter toi-même | les traces de mes pas ?

28 Et l’homme tombe en pourriture

ainsi qu’un vêtement | que dévore la teigne.

Chapitre 14

Job demande à Dieu d’abréger ses souffrances

L’homme né de la femme,

ses jours sont limités | et pleins de troubles !

2 Il est comme une fleur | qui germe et puis se fane.

Il fuit comme une ombre furtive, | et il ne dure pas.

3 Et c’est cet homme | que tu épies,

et, devant toi, | tu me traînes[jjj] en justice.

4 Peut-on tirer le pur | de ce qui est impur ?

Il n’en est pas un seul.

5 Puisque tu as fixé | le nombre de ses jours, | et que toi, tu connais | le nombre de ses ans,

puisque tu as fixé | le terme de sa vie | qu’il ne franchira pas,

6 détourne tes regards de lui, | accorde-lui quelque répit

pour qu’il puisse jouir | de son repos du soir[kkk] | comme le salarié.

7 Car un arbre, du moins, | conserve une espérance :

même s’il est coupé, | il peut renaître encore,

il ne cesse d’avoir | de nouveaux rejetons.

8 Sa racine peut bien | vieillir dans le terrain

et sa souche périr, | enfouie dans la poussière,

9 dès qu’il flaire de l’eau, | voici qu’il reverdit

et produit des rameaux | comme une jeune plante.

10 Mais lorsque l’homme meurt, | il reste inanimé.

Quand l’être humain expire, | où donc est-il alors ?

11 L’eau disparaît des mers,

les rivières tarissent | et restent desséchées,

12 et l’homme, quand il meurt, | ne se relève plus ;

jusqu’à ce que le ciel s’éclipse | il ne se réveillera pas,

il ne sortira pas | de son dernier sommeil.

13 Si seulement, ô Dieu, | tu voulais me tenir caché | dans le séjour des morts,

m’y abriter | jusqu’au jour où, enfin, | ta colère sera passée !

Si seulement tu me fixais | un terme après lequel | tu penserais à moi !

14 Mais l’homme une fois mort, | va-t-il revivre ?

Alors, tous les jours de service | que je dois accomplir

j’attendrais que le temps | de ma relève arrive.

15 Toi, tu m’appellerais | et je te répondrais,

et tu soupirerais | après ta créature.

16 Alors que maintenant | tu comptes tous mes pas !

Tu ne resterais plus | à l’affût de mes fautes.

17 Ainsi mon crime | serait scellé[lll] dans un sachet,

tu couvrirais mes fautes | d’une couche de plâtre.

18 La montagne s’écroule | et se disloque,

le rocher se détache | du lieu qu’il occupait.

19 Les eaux rongent les pierres

et leur ruissellement | entraîne le terreau.

De même, tu anéantis | l’espoir de l’homme.

20 Tu le terrasses sans retour, | et il s’en va.

Oui, tu le défigures[mmm], | puis tu le congédies.

21 Que ses enfants soient honorés, | lui, il n’en saura rien.

Ou qu’ils soient abaissés, | lui, il l’ignorera.

22 Il ne peut que souffrir | du mal qui l’atteint en son corps

et s’affliger | du malheur qu’il ressent.

DEUXIEME DISCOURS D’ELIPHAZ

Chapitre 15

Les méchants sont punis

Eliphaz de Témân prit la parole et dit :

2 Est-il digne d’un sage | de répliquer par un savoir | qui n’est rien que du vent,

de se remplir le ventre | d’un sirocco aride[nnn] ?

3 Va-t-il argumenter | à coups de mots futiles,

avec de longs discours | qui ne servent à rien ?

4 Toi, tu réduis à rien | le respect dû à Dieu,

tu décourages | toute réflexion devant Dieu.

5 C’est ton iniquité | qui inspire ta bouche,

et tu as adopté | la langue des rusés.

6 C’est donc ta propre bouche | qui te condamnera, | ce ne sera pas moi.

Ce sont tes propres lèvres | qui déposeront contre toi.

7 Es-tu le premier homme | qui soit né ici-bas ?

Aurais-tu vu le jour | bien avant les collines ?

8 Aurais-tu entendu | ce qui s’est dit | dans le conseil de Dieu ?

Aurais-tu confisqué | pour toi seul la sagesse ?

9 En fait, que sais-tu donc | que nous ne sachions pas ?

Qu’as-tu bien pu comprendre | qui nous ait échappé ?

10 Il y a aussi parmi nous | des anciens, des vieillards

plus âgés que ton père !

11 Tiens-tu pour peu de chose | le réconfort que Dieu t’apporte

et les paroles modérées | qui te sont adressées ?

12 Où t’emporte ton cœur ?

A quoi font allusion | ces clignements des yeux ?

13 Comment peux-tu oser | t’irriter contre Dieu,

et laisser échapper | tous ces propos ?

14 Comment un être humain | pourrait-il être pur ?

Et comment l’être | né d’une femme | pourrait-il être juste ?

15 Or, même à ses saints *anges[ooo] | Dieu ne fait pas confiance,

le ciel n’est pas pur à ses yeux.

16 Combien moins l’être détestable, | cet homme corrompu

qui commet l’injustice | comme il boirait de l’eau !

17 Je vais t’instruire : écoute-moi !

Je vais te dire | ce que j’ai découvert,

18 l’enseignement des sages | qu’ils tenaient de leurs pères

qu’ils ont transmis sans rien cacher.

19 — A eux seuls, le pays | avait été donné,

au temps où l’étranger | n’était pas passé parmi eux.

20 Tous les jours de sa vie, | le *méchant se tourmente,

les années réservées | au tyran sont comptées.

21 Un bruit plein d’épouvante | résonne à ses oreilles

et même en temps de paix | un destructeur fondra sur lui.

22 Il ne peut espérer | revenir des ténèbres,

et le glaive le guette.

23 Il erre çà et là : | où donc trouver du pain ?

Il sait que des jours sombres | se préparent pour lui.

24 Le tourment et l’angoisse | le jetteront dans l’épouvante

et ils s’empareront de lui | comme un roi préparé | à marcher au combat,

25 parce que, contre Dieu | il a levé le poing,

et qu’il s’est élevé | contre le Tout-Puissant.

26 Il a foncé sur lui | tête baissée

en s’abritant derrière | un épais bouclier.

27 Son visage est bouffi de graisse,

ses flancs lourds d’embonpoint.

28 Il a pour domicile | des villes dévastées,

dans des maisons inhabitées,

tombant en ruines.

29 Il ne pourra pas s’enrichir, | sa fortune ne tiendra pas,

et sa prospérité | ne s’étalera plus partout.

30 Il ne pourra | échapper aux ténèbres.

La flamme rendra secs | tous ses rameaux[ppp],

et il sera chassé | par le souffle de Dieu[qqq].

31 C’est dans la fausseté | qu’il a mis sa confiance.

Mais il se trompe, | car il récoltera | la fausseté.

32 Avant que son jour vienne | cela s’accomplira,

et, jamais, sa ramure | ne reverdira plus.

33 Il est comme une vigne | qui laisserait tomber | ses raisins encore verts,

ou comme un olivier | perdant ses fleurs.

34 Car la famille | du *méchant | ne produira jamais de fruit ;

les maisons qui abritent | la corruption | seront la proie des flammes.

35 Car qui conçoit le mal | enfante le malheur

et ce qui mûrit dans son sein | le trompera lui-même.

REPONSE DE JOB A ELIPHAZ

Chapitre 16

Job, blessé par les propos de ses amis

Alors Job répondit :

2 J’ai entendu beaucoup | de discours de ce genre,

vous êtes tous | de bien piètres consolateurs !

3 Quand donc cesserez-vous | de parler pour du vent ?

Qu’est-ce qui vous incite | à répliquer encore[rrr] ?

4 Si vous étiez vous-mêmes | à la place où je suis,

je pourrais parler comme vous,

tenir contre vous des discours,

et, à votre sujet, | hocher la tête[sss].

5 Je vous fortifierais | avec de belles phrases,

je vous soulagerais | en remuant mes lèvres.

6 Cependant, si je parle, | pour autant ma souffrance | n’en est pas soulagée,

et si je m’en abstiens, | va-t-elle me quitter ?

7 Oui, à l’heure présente, | Dieu m’a poussé à bout,

oui, tu as ravagé[ttt] | toute ma maisonnée.

8 Oui, tu m’as terrassé ! | En guise de témoin,

voilà ma maigreur qui m’accuse, | elle dépose contre moi[uuu].

9 Dans sa colère, | Dieu me déchire | et il s’attaque à moi,

il grince des dents[vvv] contre moi.

Mon adversaire | me transperce de ses regards.

10 Ils ouvrent contre moi | leur bouche toute grande.

Leurs outrages me giflent,

ils se liguent tous contre moi.

11 Dieu m’a livré | au pouvoir des injustes,

il m’a jeté en proie | à des *méchants.

12 Je vivais en repos, | et il m’a secoué,

il m’a pris par la nuque, | et il m’a écrasé.

Il m’a pris comme cible,

13 ses flèches m’environnent,

il transperce mes reins, | sans aucune pitié

ma bile coule à terre.

14 Il m’inflige blessure | après blessure.

Il s’est rué sur moi | comme un guerrier.

15 J’ai cousu sur ma peau | une toile de sac,

et j’ai traîné ma dignité | dans la poussière.

16 Mon visage est rougi | à force de pleurer,

et l’obscurité la plus noire | s’étend sur mes paupières.

17 Et pourtant, la violence | n’a pas souillé mes mains

et ma prière | est sans hypocrisie.

18 Ne couvre pas mon sang, ô terre,

et que mon cri | ne soit pas étouffé.

19 Dès à présent : | j’ai un témoin au ciel,

oui j’ai dans les lieux élevés, | quelqu’un qui témoigne pour moi.

20 Mes amis se moquent de moi :

les yeux baignés de larmes, | je me tourne vers Dieu.

21 Qu’il[www] arbitre entre l’homme et Dieu,

et entre l’homme et son ami[xxx].

22 Ma vie touche à sa fin

et je m’en vais par le chemin | d’où l’on ne revient pas.

Chapitre 17

Les propos des amis de Job ne sont pas justes

Ah ! Mon souffle s’épuise,

mes jours s’éteignent :

le sépulcre m’attend.

2 Je suis entouré de moqueurs.

Par leurs tracasseries, | ils tiennent mes yeux en éveil.

3 Porte-toi donc toi-même | garant auprès de toi

car, en dehors de toi, | qui me cautionnerait ?

4 Car tu as fermé leur esprit | à la raison ;

c’est pourquoi tu ne peux | les laisser l’emporter.

5 « Celui qui livre ses amis | pour qu’on les pille,

condamne ses enfants | à la misère[yyy]. »

6 Oui, Dieu a fait de moi | celui dont tous se moquent[zzz] ;

on me crache au visage.

7 A force de chagrin, | mes yeux se sont ternis,

mon corps n’est plus qu’une ombre.

8 Les hommes droits sont indignés | par la façon dont on me traite,

et l’innocent s’élève | contre ce que fait le méchant.

9 Le juste[aaaa], malgré tout, | persiste dans sa voie ;

l’homme aux mains pures | redouble d’énergie.

10 Quant à vous, retournez | et rentrez tous chez vous :

je ne trouverai pas | de sage parmi vous !

11 Mes jours sont écoulés, | mes projets sont anéantis,

les désirs de mon cœur | ont avorté.

12 Ils disent que la nuit | va faire place au jour,

que la lumière est proche, | alors que les ténèbres règnent.

13 Mais que puis-je espérer ? | C’est le séjour des morts | que j’attends pour demeure,

dans la région des ombres, | je dresserai ma couche.

14 J’ai crié au sépulcre : | « C’est toi qui es mon père ! »

J’ai dit à la vermine : | « Vous, ma mère et mes sœurs ! »

15 Où donc est mon espoir ?

Mon espérance, qui l’aperçoit ?

16 Elle va descendre | derrière les barreaux | dans le séjour des morts

quand nous irons ensemble | dormir dans la poussière.

DEUXIEME DISCOURS DE BILDAD

Chapitre 18

La lumière des méchants s’éteindra

Bildad de Chouah répondit :

2 Quand donc ferez-vous[bbbb] taire | tout ce flot de paroles ?

Réfléchissez | et puis nous parlerons.

3 Pourquoi passerions-nous | pour n’être que des bêtes ?

A vos yeux sommes-nous stupides ?

4 O toi qui te meurtris | par ton emportement,

est-ce à cause de toi | que la terre devrait | rester abandonnée ?

Faut-il que les rochers | se déplacent pour toi ?

5 Oui, la lumière du *méchant | sûrement va s’éteindre,

et sa flamme de feu | cessera de briller.

6 La lumière elle-même | s’éteindra dans sa tente,

la lampe de sa vie | s’obscurcira.

7 Son allure si ferme | devient embarrassée,

et ses propres desseins | le feront trébucher.

8 Car ses pieds seront pris | dans des filets tendus,

et c’est parmi les mailles | d’un piège qu’il avance.

9 Oui, un lacet le prendra au talon,

un collet se refermera sur lui ;

10 la corde pour le prendre | est cachée dans la terre,

un piège l’attend sur sa route.

11 De toutes parts, | la terreur le poursuit,

s’attachant à ses pas.

12 Sa vigueur s’affaiblit, | consumée par la faim,

et la calamité | se tient à ses côtés.

13 Elle dévorera | des morceaux de sa peau.

Et un fléau mortel | rongera tous ses membres.

14 Il sera arraché | du milieu de sa tente | où il est en sécurité,

et forcé de marcher | vers le roi des terreurs[cccc].

15 Qu’on s’installe en sa tente : | elle n’est plus à lui.

Du soufre est répandu | sur son habitation[dddd].

16 En bas, ses racines dessèchent,

en haut, sa ramure se fane.

17 Son souvenir | disparaît sur la terre,

son nom n’est plus cité | au-dehors, dans les rues.

18 Il sera repoussé | de la lumière, | chassé dans les ténèbres.

Il sera expulsé | hors du monde habité.

19 Il n’aura ni enfant | ni aucun descendant | au milieu de son peuple,

et point de survivant | dans son habitation[eeee].

20 Et ceux de l’Occident | seront saisis d’effroi | devant sa destinée,

et tous ceux de l’Orient | seront remplis d’horreur.

21 Voilà ce qui attend | les maisons de l’injuste,

et tel est le destin | de qui ignore Dieu.

REPONSE DE JOB A BILDAD

Chapitre 19

Dieu s’acharne-t-il contre moi ?

Et Job répondit :

2 Jusques à quand | me tourmenterez-vous ?

Oui, jusqu’à quand | allez-vous m’accabler | de vos discours ?

3 Voilà déjà dix fois | que vous me flétrissez !

N’avez-vous donc pas honte | de m’outrager ainsi ?

4 Même s’il était vrai | que j’aie fait fausse route,

après tout, c’est moi seul | que mon erreur concerne.

5 Quant à vous, si vraiment | vous voulez vous montrer | bien supérieurs à moi,

si vous me reprochez | mon humiliation,

6 sachez bien que c’est Dieu | qui a violé mon droit

et qui, autour de moi, | a tendu ses filets.

7 Si je crie à la violence | dont je suis la victime, | personne ne répond,

si j’appelle au secours, | il n’est pas fait justice.

8 Il a bloqué ma route, | et je ne puis passer.

Il a enveloppé | mes sentiers de ténèbres.

9 Il m’a ravi ma dignité,

et la couronne de ma tête | il l’a ôtée.

10 Il m’a détruit de tous côtés | et je vais disparaître.

Il a déraciné | mon espoir comme un arbre.

11 Contre moi, il déchaîne | le feu de sa colère,

et il me considère | comme son adversaire.

12 Ses bataillons, ensemble, | se sont tous mis en route,

et jusqu’à moi | ils se sont frayé leur chemin,

ils ont dressé leur camp | autour de ma demeure[ffff].

13 Il a fait s’éloigner | de moi ma parenté

et ceux qui me connaissent | se détournent de moi.

14 Mes proches m’ont abandonné,

mes connaissances | m’ont oublié.

15 Les gens de ma maison | et mes propres servantes

font comme si j’étais | un étranger.

Je ne suis plus pour eux | qu’un inconnu.

16 J’appelle mon esclave, | et il ne répond pas,

même si je l’implore.

17 Mon haleine répugne | à ma femme elle-même,

et les fils de ma mère | me prennent en dégoût.

18 Les petits enfants même | me montrent leur dédain[gggg] :

quand je veux me lever, | ils jasent sur mon compte.

19 Ils ont horreur de moi, | tous mes amis.

Ceux que j’aimais le plus | se tournent contre moi.

20 Ma peau colle à mes os | de même que ma chair

et je n’ai survécu | qu’avec la peau des dents[hhhh].

21 Ayez pitié de moi, | ayez pitié de moi, | vous, du moins, mes amis !

Car, la main de Dieu m’a frappé.

22 Pourquoi vous acharner | sur moi, tout comme Dieu ?

N’en avez-vous donc pas assez | de me persécuter ?

23 Oh ! si quelqu’un voulait | consigner mes paroles !

Si quelqu’un voulait bien | les graver dans un livre !

24 Que d’une pointe en fer | ou d’un stylet de plomb[iiii],

elles soient incisées | pour toujours dans le roc !

25 Mais je sais, moi[jjjj], | que mon Défenseur est vivant :

il se lèvera sur la terre | pour prononcer le jugement[kkkk].

26 Après que cette peau | aura été détruite,

moi, dans mon corps[llll], | je contemplerai Dieu.

27 Oui, moi, je le verrai | prendre alors mon parti[mmmm],

et, de mes propres yeux, | je le contemplerai. | Et il ne sera plus | un étranger pour moi[nnnn].

Ah ! mon cœur se consume | d’attente au fond de moi.

28 Vous qui vous demandez : | « Comment allons-nous le poursuivre ? »

et qui trouvez en moi | la racine du mal,

29 craignez pour vous l’épée,

car votre acharnement | est passible du glaive.

Ainsi vous apprendrez | qu’il y a bien un jugement.

DEUXIEME DISCOURS DE TSOPHAR

Chapitre 20

Le triomphe des méchants ne dure pas

Tsophar de Naama répliqua :

2 A présent, mes pensées | me pressent de répondre,

et mon agitation | ne peut se contenir.

3 J’entends des remontrances | qui me sont une injure.

Mais ma raison | m’inspire la réplique.

4 Ne le sais-tu donc pas : | depuis toujours,

depuis que l’homme | a été placé sur la terre,

5 le triomphe des gens *méchants | est de courte durée,

la joie de l’infidèle | ne dure qu’un instant.

6 Et quand bien même | il s’élèverait jusqu’au ciel,

quand de la tête | il toucherait les nues,

7 il périra à tout jamais | telle une ordure.

Ceux qui le connaissaient | diront : « Où donc est-il ? »

8 Comme un songe, il s’évanouit, | on ne le trouve plus.

Comme un rêve nocturne, | il se dissipe.

9 L’œil qui le contemplait | ne pourra plus le voir,

l’endroit qu’il habitait | ne l’apercevra plus.

10 Ses fils imploreront | ceux qu’il a appauvris[oooo]

et, de ses propres mains, | il restituera sa fortune.

11 Ses os étaient remplis | d’une ardeur juvénile —

qui se couchera avec lui | dans la poussière.

12 Si la méchanceté | est si douce à sa bouche,

et s’il l’abrite sous sa langue,

13 s’il la savoure | sans jamais la lâcher,

s’il la retient encore | sous son palais,

14 cet aliment se corrompra | en ses entrailles

et deviendra en lui | comme un venin d’aspic.

15 Il a beau engloutir | une immense fortune, | il devra la vomir :

Dieu la lui fera rendre.

16 Il a sucé | un venin de serpent,

il sera mis à mort | par la langue de la vipère.

17 Non, il ne verra plus | couler à flots

des fleuves, des torrents | de miel et de laitage ;

18 il devra rendre | le fruit de son labeur, | et il n’en profitera pas.

Tout ce qu’il s’est acquis | par ses affaires, | il n’en jouira pas.

19 Puisqu’il a écrasé, | abandonné les pauvres,

et pillé des maisons | qu’il n’avait pas bâties,

20 puisque son appétit | s’est montré insatiable,

il ne sauvera pas | ce qu’il a de plus cher.

21 Personne n’échappait | à sa voracité,

c’est pourquoi son bonheur | ne subsistera pas.

22 Au sein de l’abondance, | la détresse le frappera.

Tous les coups du malheur | viendront fondre sur lui.

23 Quand il sera en train | de se remplir le ventre,

Dieu enverra sur lui | l’ardeur de sa colère,

elle pleuvra sur lui, | ce sera son repas.

24 S’il échappe aux armes de fer,

un arc de bronze | viendra le transpercer[pppp] ;

25 s’il arrache la flèche | et la sort de son corps,

s’il retire la pointe | qui a percé son foie,

les terreurs l’atteindront.

26 L’obscurité totale | l’attend dans le secret,

un feu que nul n’attise | dévorera ses biens,

et consumera tout | ce qui reste dans sa demeure.

27 Le ciel dévoilera sa faute

et, contre lui, la terre | se dressera.

28 Au jour de la Colère,

tous les biens qu’il a amassés | dans sa maison | seront balayés, emportés.

29 Tel est le sort que Dieu destine | à ceux qui font le mal, | voilà ce qu’il récoltera.

C’est ce que Dieu | a résolu pour lui[qqqq].

REPONSE DE JOB A TSOPHAR

Chapitre 21

Pourquoi les méchants prospèrent-ils ?

Job répondit :

2 Ecoutez, je vous prie, | écoutez ce que je vous dis,

accordez-moi du moins | cette consolation.

3 Supportez que je parle

et, quand j’aurai parlé, | vous pourrez vous moquer.

4 Est-ce contre des hommes | que se porte ma plainte ?

Comment ne pas perdre patience !

5 Retournez-vous vers moi, | vous serez stupéfaits

au point de perdre la parole.

6 Moi-même quand j’y songe, | j’en suis épouvanté,

et un frisson d’horreur | s’empare de mon corps.

7 Pourquoi les gens qui font le mal | demeurent-ils en vie ?

Pourquoi vieillissent-ils, | en reprenant des forces ?

8 Leur descendance s’affermit | à leurs côtés,

et leurs petits-enfants | prospèrent sous leurs yeux.

9 Leurs maisons sont paisibles, | à l’abri de la crainte,

et le bâton de Dieu | ne vient pas les frapper.

10 Leurs taureaux sont toujours | vigoureux et féconds,

leurs vaches mettent bas | sans jamais avorter.

11 Ils laissent courir leurs enfants | comme un troupeau d’agneaux,

et leurs fils vont s’ébattre.

12 Au rythme des cymbales | et de la lyre, ils chantent,

ils se réjouissent | en jouant de la flûte.

13 Ainsi leurs jours s’écoulent | dans le bonheur

et c’est en un instant | qu’ils rejoignent la tombe.

14 Or, ils disaient à Dieu : | « Retire-toi de nous,

nous n’avons nulle envie | de connaître la vie | que tu voudrais que nous menions.

15 Qu’est donc le Tout-Puissant | pour que nous le servions[rrrr] ?

Qu’y a-t-il à gagner | à lui adresser des prières ? »

16 Le bonheur de ces gens | n’est-il pas dans leurs mains ?

Mais loin de moi | l’idée de suivre leurs conseils[ssss] !

17 Voit-on souvent s’éteindre | la lampe des *méchants[tttt],

ou bien la ruine | fondre sur eux ?

Dieu leur assigne-t-il | leur part de sa colère ?

18 Quand sont-ils pourchassés | comme une paille au vent

ou comme un brin de chaume | qu’emporte la tempête ?

19 Dieu réserverait-il | aux enfants du méchant | la peine qu’il mérite ?

Ne devrait-il pas au contraire | l’infliger au méchant lui-même | pour qu’il en tire la leçon ?

20 Que, de ses propres yeux, | il assiste à sa ruine

et qu’il soit abreuvé | de la fureur divine.

21 Que lui importe donc | le sort de sa maison | quand il ne sera plus,

quand le fil de ses mois | aura été tranché ?

22 Pourrait-on enseigner | quelque savoir à Dieu,

à ce Dieu qui gouverne | tous les êtres célestes ?

23 Un tel meurt plein de force, | dans la sérénité,

et en toute quiétude.

24 Ses flancs sont pleins de graisse

et ses os pleins de moelle.

25 Tel autre va s’éteindre | l’amertume dans l’âme,

sans avoir goûté au bonheur.

26 Et tous deux, ils se couchent | dans la poussière

et ils sont recouverts | par la vermine.

27 Oui, vos pensées, je les connais,

les réflexions | que vous vous faites | à mon sujet.

28 Vous me demanderez : | « Où donc est maintenant | la maison du tyran ?

Qu’est devenue la tente | qu’habitaient les méchants ? »

29 Mais interrogez donc | les passants du chemin,

et ne contestez pas | les preuves qu’ils apportent.

30 Oui, le jour du désastre | épargne le méchant,

au jour de la colère, | il est mis à l’abri.

31 Qui osera lui reprocher | en face sa conduite ?

Et qui lui paiera de retour | tout le mal qu’il a fait ?

32 Il est porté en pompe | au lieu de sépulture,

on veille sur sa tombe.

33 Les mottes du vallon | qui recouvrent son corps | lui sont légères.

Tout un cortège | a marché à sa suite,

des gens sans nombre | l’ont précédé.

34 Comment donc m’offrez-vous | des consolations vaines ?

Car, vraiment ce qui reste | de toutes vos réponses, | ce n’est que fausseté.

TROISIEME DISCOURS D’ELIPHAZ

Chapitre 22

Eliphaz accuse Job de divers crimes

Eliphaz de Témân prit la parole et dit :

2 Dieu aurait-il besoin | des services d’un homme ?

Le sage ne sert qu’à lui-même !

3 Importe-t-il au Tout-Puissant | que tu sois juste ou non ?

Quel intérêt a-t-il | à te voir vivre | d’une façon intègre ?

4 Crois-tu qu’il te fait des reproches,

qu’il te traîne en justice, | pour ton amour pour lui ?

5 Ne t’es-tu pas rendu coupable | de nombreux torts ?

Oui, tes péchés sont innombrables.

6 Tu prenais sans raison | des gages de tes frères,

et, de leurs vêtements, | tu dépouillais les gens | jusqu’à les laisser nus[uuuu].

7 Tu ne donnais pas d’eau | à l’assoiffé

et, à qui avait faim, | tu refusais le pain.

8 Tu livrais le pays | à l’homme violent

et tu y installais | qui te favorisait.

9 Tu renvoyais les veuves | sans rien leur accorder

et tu brisais la force | des orphelins.

10 Voilà pourquoi des pièges | sont tendus tout autour de toi,

voilà pourquoi soudain | des frayeurs t’épouvantent.

11 Ne vois-tu donc pas ces ténèbres,

toute cette eau qui te submerge ?

12 Dieu n’habite-t-il pas | tout là-haut dans le ciel ?

Vois la voûte étoilée, | comme elle est élevée !

13 Mais toi, tu dis : | « Dieu, que peut-il savoir ?

Peut-il exercer la justice | à travers les nuées ?

14 Les nuages le cachent | et il ne peut pas voir,

tandis qu’il se promène | sur le pourtour du ciel. »

15 Tiens-tu donc à rester | sur cet ancien sentier,

suivi depuis toujours | par ceux qui font le mal ?

16 Qui, prématurément, | sont retranchés

et dont les fondements | sont comme un fleuve qui s’écoule ?

17 Eux qui disaient à Dieu : | « Eloigne-toi de nous ! »

et : « Que pourrait nous faire | le Tout-Puissant[vvvv] ? »

18 Et, pourtant, il comblait | leurs maisons de bien-être.

Mais loin de moi | l’idée de suivre leurs conseils[wwww].

19 Car les justes verront leur ruine | et ils se réjouiront,

ceux qui sont innocents | les railleront, disant :

20 « Voilà nos adversaires : | ils sont anéantis

et ce qui restait d’eux | le feu l’a dévoré. »

21 Accorde-toi donc avec Dieu, | fais la paix avec lui.

Ainsi tu connaîtras | de nouveau le bonheur.

22 Accepte l’instruction | émanant de sa bouche,

prends à cœur ses paroles.

23 Si tu reviens | au Tout-Puissant | tu seras rétabli,

tu feras disparaître | le crime de ta tente.

24 Si tu jettes l’or pur | dans la poussière

et l’or d’Ophir[xxxx] | aux cailloux du torrent,

25 alors le Tout-Puissant | sera pour toi de l’or,

et des monceaux d’argent,

26 car alors tu feras | tes délices du Tout-Puissant,

tu lèveras | le visage vers Dieu.

27 Oui, tu l’imploreras, | et il t’exaucera,

et tu t’acquitteras | des *vœux que tu as faits[yyyy].

28 Aux décisions que tu prendras | répondra le succès,

et, sur tous tes chemins, | brillera la lumière.

29 Et si quelqu’un est abattu, | tu le relèveras,

car Dieu vient au secours | de qui baisse les yeux.

30 Il délivrera même | celui qui est coupable.

C’est grâce à tes mains pures | que cet homme sera sauvé.

REPONSE DE JOB A ELIPHAZ

Chapitre 23

Job ne trouve plus Dieu

Job répondit :

2 Oui, maintenant encore, | ma plainte est faite de révolte[zzzz] :

je fais tous mes efforts | pour étouffer mon cri[aaaaa].

3 Si je pouvais savoir | où je trouverais Dieu,

je me rendrais alors | jusqu’à sa résidence,

4 je pourrais, devant lui, | plaider ma juste cause,

et j’aurais bien des arguments | à présenter.

5 Je saurais sa réponse,

je comprendrais enfin | ce qu’il cherche à me dire.

6 Emploierait-il sa grande force | pour plaider contre moi ?

Bien au contraire ! | Mais lui du moins, | il me prêterait attention.

7 Il reconnaîtrait bien | que c’est un homme droit | qui s’explique avec lui.

Alors j’échapperais | pour toujours à mon juge.

8 Mais, si je vais à l’est, | il n’y est pas,

si je vais à l’ouest, | je ne l’aperçois pas.

9 Si je le cherche au nord, | je ne peux pas l’atteindre.

Se cache-t-il au sud ? | Jamais je ne le vois.

10 Cependant, il sait bien | quelle voie j’ai suivie.

Qu’il me passe au creuset, | j’en sortirai | pur comme l’or.

11 Car j’ai toujours suivi | la trace de ses pas.

J’ai marché sur la voie | qu’il a prescrite.

12 Je n’ai pas refusé | d’obéir à ses ordres.

J’ai fait plier ma volonté | pour obéir à ses paroles.

13 Mais lui, lorsqu’il décide, | qui le fera changer[bbbbb] ?

Et tout ce qu’il désire | il l’exécute.

14 Oui, il accomplira | le décret qu’il a pris | à mon sujet,

comme tant d’autres | qu’il a mis en réserve.

15 C’est pourquoi devant lui | je suis plein d’épouvante

et, plus j’y réfléchis, | plus je suis effrayé.

16 Dieu m’a découragé :

le Tout-Puissant | m’a rempli d’épouvante.

17 Car ce ne sont pas les ténèbres | qui me réduisent au silence

ni cette obscurité | qui a tout recouvert[ccccc].

Chapitre 24

Pourquoi Dieu ne juge-t-il pas les méchants ?

Pourquoi le Tout-Puissant | n’a-t-il pas réservé des temps | pour exercer son jugement ?

Et pourquoi ceux qui le connaissent | ne voient-ils pas les jours | de son intervention ?

2 On déplace les bornes[ddddd],

on vole des troupeaux | et on les mène paître,

3 on s’empare de l’âne | appartenant à l’orphelin,

c’est le bœuf de la veuve | que l’on retient en gage.

4 On empêche les pauvres | de se déplacer librement[eeeee].

Et les malheureux du pays | n’ont plus qu’à se cacher.

5 Tels des ânes sauvages | vivant dans le désert,

les malheureux s’en vont | dès l’aube à leur travail, | cherchant leur nourriture.

La steppe doit fournir | du pain pour leurs enfants,

6 ils doivent moissonner | le fourrage des champs

et faire la vendange | des vignes du *méchant.

7 Ils se couchent tout nus, | faute de vêtement,

sans rien pour se couvrir, | même quand il fait froid.

8 L’averse des montagnes | les laisse tout transis

et, n’ayant pas d’abris, | ils doivent se serrer | tout contre le rocher.

9 On arrache de force | l’orphelin au sein de sa mère,

on exige des gages | des malheureux[fffff].

10 On les fait marcher nus, | privés de vêtements,

et on leur fait porter des gerbes | tout en les laissant affamés.

11 Ils pressent les olives | dans les enclos d’autrui,

et foulent les vendanges | tout en mourant de soif.

12 On entend dans la ville | les gens[ggggg] se lamenter

et les blessés se plaignent.

Mais Dieu ne prend pas garde | à ces atrocités !

13 Or, contre la lumière | les méchants se révoltent,

ils ignorent ses voies

et quittent ses sentiers.

14 Au point du jour, | le meurtrier se lève,

afin d’assassiner | le pauvre et l’indigent

et, quand la nuit arrive, | il devient un voleur.

15 Les yeux de l’adultère | guettent le crépuscule :

« Nul œil ne me verra », | se dit-il,

et il couvre | son visage d’un voile.

16 Quand il fait sombre | on force les maisons[hhhhh],

mais, de jour, on s’enferme,

refusant la lumière.

17 La journée de ces gens | commence avec la nuit :

ils sont complices | des frayeurs des ténèbres[iiiii].

18 Mais selon vous[jjjjj], | le méchant serait emporté | comme un objet léger | sur la face de l’eau !

Il n’aurait sur la terre | qu’un domaine maudit,

il ne prendrait pas | le chemin de ses vignes...

19 Comme un sol altéré | absorbe l’eau des neiges | dans la chaleur du jour,

le pécheur serait englouti | par le séjour des morts...

20 Le sein qui le porta | ne se souviendrait plus de lui

tandis que la vermine | en ferait ses délices,

et il tomberait dans l’oubli.

Le péché, comme un arbre, | serait déraciné.

21 Ces gens ont exploité | la femme sans enfant,

et n’ont pas été bons | envers la veuve...

22 Non ! Dieu, par sa puissance, | prolonge les jours des tyrans[kkkkk].

Ils n’imaginaient pas | rester en vie, | et les voilà debout[lllll].

23 Dieu leur accorde | d’être en sécurité,

et de gagner de l’assurance | sur le chemin qu’ils suivent.

24 Eux, en un rien de temps, | ils se sont élevés, | puis ils ont disparu.

Ils sont tombés | et, comme tous les hommes, | les voilà moissonnés,

ils ont été coupés | comme des épis mûrs.

25 Qui me démentira | en prétendant | qu’il n’en est pas ainsi ?

Qui réduira à rien | le discours que je tiens ?

TROISIEME DISCOURS DE BILDAD

Chapitre 25

L’homme pourrait-il être pur ?

Et Bildad de Chouah prit la parole et dit :

2 Dieu détient un pouvoir | souverain, effrayant.

Il fait régner la paix | dans les lieux élevés.

3 Peut-on compter ses troupes[mmmmm],

et sur qui sa lumière | ne se lève-t-elle pas ?

4 Comment un homme | aurait-il raison contre Dieu ?

Et comment l’être | né d’une femme | pourrait-il être pur ?

5 Si, devant lui, la lune même | perd son éclat,

si les étoiles | ne sont pas sans tache à ses yeux,

6 que dire alors de l’homme | qui n’est qu’un vermisseau,

de l’être humain | qui n’est qu’un ver ?

REPONSE DE JOB A BILDAD

Chapitre 26

On ne connaît ni ne comprend l’œuvre de Dieu

Alors Job répondit :

2 Ah, comme tu sais bien | aider l’homme sans force,

et secourir le bras | qui n’a plus de vigueur !

3 Quel bon conseil tu donnes | à celui qui se trouve | dépourvu de sagesse,

et comme tu répands | la science à profusion !

4 Mais à qui donc, dis-moi, | s’adressent tes discours ?

De quelle inspiration | émanent tes paroles ?

5 Tous ceux qui sont morts tremblent

bien au-dessous des mers | avec les êtres qui les peuplent,

6 car le séjour des morts | est à nu devant Dieu,

et l’abîme sans fond[nnnnn] | n’a rien pour se couvrir.

7 Il étend sur le vide | la région de l’Arctique

et il suspend la terre | au-dessus du néant.

8 Il enserre les eaux | dans ses nuées épaisses,

mais jamais, sous leur poids, | les nuages n’éclatent.

9 Il a couvert d’un voile | la face de son trône

en étendant sur lui | son épaisse nuée.

10 Il a tracé un cercle | sur la face des eaux,

au lieu où la lumière | rencontre les ténèbres.

11 Les colonnes du ciel frémissent,

épouvantées, | à sa menace.

12 Par sa puissance, | il agite la mer ;

par son intelligence, | il en brise le monstre[ooooo].

13 Sous l’effet de son souffle, | le ciel devient serein.

Quant au serpent fuyard[ppppp], | sa main l’a transpercé.

14 Cependant, ce n’est là | qu’une infime partie | de ce qu’il accomplit,

dont nous ne percevons | qu’un murmure léger.

Qui pourra donc comprendre | les éclats de tonnerre | de sa puissance ?

NOUVEAU DISCOURS DE JOB

Chapitre 27

Job maintient qu’il est innocent

Job prononça un nouveau discours :

2 Par le Dieu vivant[qqqqq] qui refuse | de me rendre justice

et par le Tout-Puissant | qui m’a aigri le cœur,

3 tant qu’un reste de vie | subsistera en moi,

et tant que le souffle de Dieu | sera dans mes narines,

4 je jure que mes lèvres | ne diront rien de faux

et que, jamais, ma langue | ne dira de mensonge.

5 Loin de moi la pensée | de vous donner raison !

Jusqu’à mon dernier souffle, | non, je ne renoncerai pas | à affirmer mon innocence.

6 Je maintiens fermement | que ma conduite est juste, | je ne faiblirai pas

car ma conscience | ne me reproche pas | ce qu’a été ma vie.

7 Oh ! que ce soit mon ennemi | qui soit considéré | comme étant le coupable,

et que mon adversaire | ait le sort des *méchants.

8 Que peut espérer le méchant

quand il est retranché,

quand Dieu lui prend la vie ?

9 Dieu entend-il son cri

quand la détresse fond sur lui ?

10 Trouve-t-il du plaisir | auprès du Tout-Puissant ?

Lui adressera-t-il | sa prière en tout temps ?

11 Je vous enseignerai | quelle est l’action de Dieu ;

je ne cacherai pas | ce que désire | le Tout-Puissant.

12 Vous tous, vous le savez fort bien !

Alors pourquoi vous perdre | dans des raisonnements absurdes ?

13 Voici la part que Dieu | a réservée pour le méchant[rrrrr],

et le lot qu’un tyran | reçoit du Tout-Puissant :

14 si ses fils sont nombreux, | le glaive les attend,

et ses petits-enfants | souffriront de la faim.

15 La peste engloutira | tous ceux qui survivront,

leurs veuves elles-mêmes | ne les pleureront pas[sssss].

16 S’il amasse l’argent | comme de la poussière,

et, comme de la boue, | entasse des habits,

17 qu’il les entasse donc : | le juste s’en revêtira,

les innocents auront | son argent en partage.

18 La maison qu’il bâtit | vaut celle d’une teigne,

c’est comme la cabane | que se fait un guetteur.

19 Il se couche avec ses richesses, | c’est la dernière fois[ttttt].

Lorsqu’il ouvre les yeux, | il ne retrouve rien.

20 Les terreurs le submergent | comme une inondation

au milieu de la nuit, | un tourbillon l’enlève.

21 Le vent d’orient l’emporte | et le fait disparaître,

il l’arrache à son lieu.

22 On lance contre lui | des flèches sans pitié.

Lui s’efforce de fuir | cette main menaçante.

23 On applaudit sa ruine.

Du lieu qu’il habitait,

on siffle contre lui.

Chapitre 28

Qui peut avoir la sagesse ?

Il existe des lieux | d’où l’on extrait l’argent,

il y a des endroits | où l’on affine l’or.

2 On sait comment extraire | le fer de la poussière,

fondre le minerai | pour en tirer le cuivre.

3 On fait reculer les frontières | des ténèbres sous terre,

on explore les mines,

on va chercher les pierres noires | dans d’opaques ténèbres.

4 Dans les galeries que l’on perce,

à l’endroit où le pied | a perdu tout appui,

les mineurs se balancent, | suspendus dans le vide, | loin des autres humains[uuuuu].

5 La terre qui nous donne | le pain qui nous nourrit

se voit bouleversée | jusqu’en ses profondeurs, | tout comme par un feu[vvvvv].

6 C’est dans ses roches | qu’on trouve les saphirs

et la poussière d’or.

7 L’oiseau de proie ignore | quel en est le sentier,

et l’œil de l’épervier | ne l’a pas repéré.

8 Les plus fiers animaux | ne l’ont jamais foulé,

le lion n’y passe pas.

9 On s’attaque au granit,

on remue les montagnes | jusqu’en leurs fondements.

10 Au milieu des rochers, | l’homme ouvre des tranchées :

rien de précieux | n’échappe à son regard.

11 Il arrête le cours des eaux[wwwww]

et amène au grand jour | les richesses cachées.

12 Mais, quant à la sagesse, | où peut-on la trouver ?

Où donc l’intelligence | a-t-elle sa demeure ?

13 L’homme ne connaît pas | quelle en est la valeur,

et elle est introuvable | au pays des vivants.

14 L’abîme affirme : | « Elle n’est pas ici. »

Et l’océan déclare : | « Elle n’est point chez moi. »

15 On ne peut l’acquérir | avec de l’or massif,

on ne peut l’acheter | en pesant de l’argent[xxxxx].

16 Elle ne se compare pas | avec de l’or d’Ophir

ou le précieux onyx, | ni avec du saphir.

17 Ni l’or, ni le cristal | n’ont autant de valeur,

on ne l’échange pas | contre un vase d’or fin.

18 Le corail et l’albâtre | ne sont rien auprès d’elle.

La sagesse vaut plus | que des perles précieuses.

19 La topaze éthiopienne | n’égale pas son prix,

et l’or le plus fin même | n’atteint pas sa valeur.

20 Mais alors, la sagesse, | d’où provient-elle ?

Et où l’intelligence | a-t-elle sa demeure ?

21 Elle se cache aux yeux | de tout être vivant,

elle se dissimule | à l’œil vif des oiseaux.

22 L’abîme et la mort disent :

« Nous avons seulement | entendu parler d’elle. »

23 Car c’est Dieu seul qui sait | le chemin qu’elle emprunte.

Oui, il en connaît la demeure.

24 Car son regard parcourt | le monde entier,

et tout ce qui se passe | sous le ciel, il le voit.

25 C’est lui qui a fixé | la pesanteur du vent,

et donné leur mesure | à tous les océans.

26 Lorsqu’il a établi | une loi pour la pluie,

et tracé un chemin | aux éclairs, au tonnerre,

27 c’est alors qu’il l’a vue | et en a fait l’éloge.

Il a posé | les fondements de la sagesse[yyyyy] | et l’a sondée.

28 Puis il a dit à l’homme :

« Révérer le Seigneur, | voilà la vraie sagesse !

Se détourner du mal, | voilà l’intelligence[zzzzz] ! »

DERNIER DISCOURS DE JOB

Chapitre 29

Job évoque sa condition passée

Job prononça un autre discours :

2 Qui me fera revivre | les saisons d’autrefois,

comme en ces jours passés | où Dieu veillait sur moi,

3 où il faisait briller | sa lampe sur ma tête

et qu’avec sa lumière | j’affrontais les ténèbres ?

4 Ah ! si j’étais encore | aux jours de ma vigueur,

quand ma demeure jouissait | de l’amitié de Dieu,

5 et quand le Tout-Puissant | était encore à mes côtés,

quand tout autour de moi | s’ébattaient mes enfants,

6 quand je baignais mes pieds | dans la crème du lait

et quand le roc versait | pour moi des torrents d’huile[aaaaaa].

7 Lorsque je me rendais | aux portes de la ville,

quand je dressais mon siège | sur la place publique[bbbbbb],

8 les jeunes me voyaient | et ils se retiraient,

les vieillards se levaient | et ils restaient debout[cccccc],

9 les notables arrêtaient | leurs propos

et se mettaient | une main sur la bouche.

10 Les grands baissaient la voix

et ils tenaient leur langue | collée à leur palais.

11 Celui qui m’écoutait | me déclarait heureux,

celui qui me voyait | parlait de moi en bien.

12 Car je sauvais le pauvre | qui appelait à l’aide

ainsi que l’orphelin | privé de tout secours.

13 Ceux qui allaient mourir | me bénissaient,

et je mettais la joie | dans le cœur de la veuve.

14 J’endossais la justice : | c’était mon vêtement.

Ma robe et mon turban, | c’était ma probité.

15 J’étais l’œil de l’aveugle

et les pieds du boiteux,

16 et j’étais comme un père | pour ceux qui étaient pauvres.

J’examinais à fond | le cas des inconnus[dddddd].

17 Je brisais les mâchoires | de l’homme violent

et je lui arrachais | la proie d’entre les dents.

18 Je me disais alors : | « Je mourrai dans mon nid,

j’aurai des jours nombreux | comme les grains de sable[eeeeee].

19 La source de l’eau vive | baignera mes racines,

la rosée passera | la nuit sur ma ramure.

20 Ma gloire auprès de moi | se renouvellera

et, dans ma main, | mon arc rajeunira. »

21 Alors on m’écoutait[ffffff] | attendant mon avis

et l’on faisait silence | pour avoir mon conseil.

22 Lorsque j’avais parlé, | on ne discutait pas.

Ma parole, sur eux, | se répandait avec douceur.

23 Et ils comptaient sur moi | comme on attend la pluie.

Ils ouvraient grand la bouche, | comme pour recueillir | les ondées du printemps.

24 Quand je leur souriais | ils n’osaient pas y croire,

on ne pouvait éteindre | l’éclat de mon visage[gggggg].

25 C’est moi qui choisissais | la voie qu’ils devaient suivre. | Je siégeais à leur tête,

je trônais comme un roi | au milieu de ses troupes,

comme un consolateur | pour les gens affligés.

Chapitre 30

Job évoque sa condition présente

Mais hélas, aujourd’hui | me voilà la risée | de gamins dont les pères

étaient si méprisables

que je n’aurais daigné | les mettre avec mes chiens | pour garder mon troupeau.

2 D’ailleurs, qu’aurais-je fait | des efforts de leurs bras ?

Leur vigueur s’en allait :

3 épuisés par la faim | et par les privations,

ils rôdaient dans la steppe

lugubre et isolée.

4 Ils arrachaient l’herbe salée[hhhhhh] | au milieu des buissons,

ils prenaient les racines | du genêt comme pain.

5 Ils ont été chassés | du milieu de leur peuple[iiiiii],

on criait après eux | comme après des voleurs.

6 Ils hantaient les cavernes | au flanc des précipices,

ils logeaient dans des grottes | ou des trous de la terre.

7 Au milieu des épines | retentissaient leurs cris,

ils se couchaient | à l’abri des broussailles.

8 Ces êtres *insensés | et innommables

ont été refoulés | hors du pays.

9 Me voici devenu | l’objet de leurs chansons,

celui dont tous se moquent.

10 Ils ont horreur de moi, | et s’éloignent de moi,

ou bien, sans hésiter, | me crachent au visage.

11 Car il a détendu | la corde de mon arc, | et il m’a humilié.

Aussi n’ont-ils plus envers moi | la moindre retenue.

12 Ils sont nombreux, | à ma droite, ils se lèvent[jjjjjj] | et me font lâcher pied,

ils se fraient un accès | jusqu’à moi pour me perdre.

13 Ils coupent ma retraite, | travaillant à ma ruine,

sans avoir besoin d’aide.

14 Ils arrivent sur moi | par une large brèche,

et ils se précipitent | au milieu des décombres.

15 La terreur m’envahit,

ma dignité s’évanouit ; | comme en un coup de vent,

mon bonheur a passé, | chassé comme un nuage.

16 Et maintenant, ma vie s’échappe[kkkkkk].

Car des jours d’affliction | ont fondu sur mon être.

17 La nuit perce mes os, | je suis écartelé,

et le mal qui me ronge | ne prend pas de repos.

18 Avec toute sa force, | il s’agrippe à mon vêtement[llllll],

comme un col, il m’enserre.

19 Dieu m’a précipité | au milieu de la fange,

et je ne vaux pas mieux | que poussière et que cendre.

20 De mes cris je t’implore, | et tu ne réponds pas.

Je me tiens devant toi | et tu ne fais rien d’autre | que de me regarder.

21 Que tu es devenu | cruel à mon égard !

De ta main vigoureuse, | tu t’acharnes sur moi !

22 Tu m’as fait enlever | sur les chevaux du vent,

et tu me fais tanguer | au sein de l’ouragan.

23 Je ne le sais que trop : | tu me mènes à la mort,

au lieu de rendez-vous | de tout être vivant.

24 Mais celui qui périt | n’étend-il pas la main ?

Celui qui est dans le malheur | ne crie-t-il pas ?

25 Je pleurais autrefois | avec ceux dont la vie est dure,

et je compatissais | à la peine du pauvre.

26 J’espérais le bonheur, | et le malheur est arrivé,

j’attendais la lumière | et les ténèbres sont venues.

27 Tout mon être intérieur | bouillonne sans relâche.

Des jours d’humiliation | sont venus m’affronter.

28 Je m’avance, l’air sombre, | et sans voir le soleil.

Au milieu de la foule | je me dresse et je hurle.

29 C’est comme si j’étais | un frère du chacal

ou un compagnon de l’autruche[mmmmmm].

30 Ma peau noircit sur moi,

mes os sont consumés | par le feu de la fièvre.

31 Ma lyre ne sert plus | que pour des airs funèbres,

ma flûte n’accompagne | que le chant des pleureurs.

Chapitre 31

Job évoque sa conduite

Pourtant, j’avais conclu | un pacte avec mes yeux :

ils ne devaient jamais porter | un regard chargé de désir | sur une jeune fille.

2 Car quelle part | Dieu pourrait-il | me réserver d’en haut ?

Quel serait l’héritage | que me destinerait | du haut des cieux | le Tout-Puissant ?

3 En effet, le malheur | n’est-il pas réservé | à ceux qui sont injustes

et la tribulation | à ceux qui font le mal ?

4 Et ne voit-il pas | comment je me comporte ?

Ne tient-il pas le compte | de tous mes faits et gestes ?

5 Ai-je vécu | dans le mensonge ?

Mon pied s’est-il hâté | pour commettre la fraude ?

6 Que Dieu me pèse | sur la balance juste,

et il constatera | mon innocence.

7 Si mes pas ont dévié | du droit chemin,

si mon cœur a suivi | les désirs de mes yeux[nnnnnn],

et si quelque souillure | m’a rendu les mains sales,

8 alors, ce que je sème, | qu’un autre le consomme,

et que l’on déracine | ce que j’avais planté.

9 Si je me suis laissé séduire | par une femme,

ou si j’ai fait le guet | devant la porte | de mon voisin,

10 qu’alors ma femme tourne | la meule pour un autre[oooooo],

et qu’elle soit livrée | aux désirs d’autres hommes !

11 Car c’est une infamie,

un crime qui relève | du tribunal des juges,

12 c’est un feu qui dévore | jusque dans l’abîme infernal

et qui me priverait | de tout mon revenu.

13 Si je n’ai pas fait droit | à ma servante | ou à mon serviteur

quand, avec moi, | ils avaient un litige,

14 je ne saurai que faire | quand Dieu se lèvera | pour me juger,

je ne saurai que lui répondre | quand il demandera des comptes.

15 Celui qui m’a tissé | dans le sein de ma mère, | ne les a-t-il pas faits, | eux, tout autant que moi ?

Oui, c’est le même Dieu | qui nous a tous formés | dans le sein maternel.

16 Me suis-je donc soustrait | aux requêtes des pauvres,

ou bien ai-je déçu | le regard plein d’espoir des veuves ?

17 Ai-je mangé mon pain | tout seul,

sans partager | avec un orphelin ?

18 Non, depuis ma jeunesse, | j’ai été pour lui comme un père | auprès duquel il a grandi.

Dès le sein de ma mère, | j’ai servi de guide à la veuve.

19 Ai-je vu l’indigent | privé de vêtement,

et le nécessiteux | manquant de couverture,

20 sans leur donner | une occasion de me bénir

pour avoir pu se réchauffer | sous la toison de mes brebis ?

21 Si j’ai brandi le poing | contre un homme innocent,

me sachant soutenu | au tribunal,

22 alors que mon épaule | s’arrache de mon corps

et que mon avant-bras | se rompe au coude !

23 En fait, j’ai toujours redouté | le châtiment de Dieu :

je ne peux rien | devant sa majesté.

24 Ai-je placé | ma confiance dans l’or ?

Ai-je dit à l’or fin : | « Tu es mon assurance » ?

25 Ai-je tiré ma joie | de ma grande fortune

et de ce que mes mains | avaient beaucoup gagné ?

26 Quand j’ai contemplé le soleil | dans toute sa splendeur

ou quand j’ai vu la lune | avancer dans le ciel | majestueusement,

27 mon cœur s’est-il laissé séduire | secrètement,

leur ai-je envoyé des baisers[pppppp] ?

28 En agissant ainsi, | j’aurais commis un crime | passible de justice,

car j’aurais été traître | envers le Dieu du ciel.

29 Ai-je trouvé plaisir | à voir mon ennemi | plongé dans l’infortune ?

Ai-je sauté de joie | lorsque le malheur l’atteignait[qqqqqq] ?

30 Moi qui n’aurais jamais | autorisé ma langue | à commettre une faute

en demandant sa mort | par des imprécations...

31 Voyez ce que déclarent | ceux que j’ai abrités :

« Qui n’a-t-il pas nourri | de viande à satiété ? »

32 Jamais un étranger | n’a dû coucher dehors,

j’ouvrais toujours ma porte | au voyageur.

33 Ai-je caché | mes péchés comme Adam[rrrrrr],

afin d’enfouir | mes fautes en moi-même ?

34 Parce que j’avais peur | de l’opinion des foules,

ou bien par crainte | du mépris des familles,

suis-je resté muet, | n’osant franchir ma porte ?

35 Ah ! si j’avais quelqu’un | qui veuille m’écouter !

Voilà mon dernier mot[ssssss].

Que le Dieu tout-puissant | me donne sa réponse.

Quant à l’acte d’accusation | rédigé par mon adversaire,

36 je le mettrais sur mon épaule[tttttt],

je m’en ceindrais le front | comme d’un diadème.

37 Et je lui rendrais compte | de chacun de mes actes,

j’avancerais vers lui | aussi digne qu’un prince.

38 Si mes terres m’ont accusé,

si j’ai fait pleurer leurs sillons,

39 si j’ai joui de leurs produits | sans les avoir payés,

et si j’ai opprimé | ceux qui s’en occupaient,

40 alors qu’au lieu de blé, | il y pousse des ronces,

et des orties | à la place de l’orge.

C’est ici que finissent les paroles de Job.

DISCOURS D’ELIHOU

Chapitre 32

L’intervention d’Elihou

Comme Job persistait à se considérer innocent, ces trois hommes cessèrent de lui répondre. 2 Alors Elihou, fils de Barakeel, de Bouz[uuuuuu], et du groupe familial de Ram, fut pris d’une grande indignation. Il se mit en colère contre Job parce que celui-ci se disait juste aux yeux de Dieu[vvvvvv]. 3 Il était aussi en colère contre ses trois amis parce qu’ils n’avaient pas trouvé comment lui répondre, et qu’ils avaient ainsi condamné Dieu[wwwwww]. 4 Elihou avait attendu avant de s’adresser à Job, parce que les trois amis étaient plus âgés que lui. 5 Mais lorsque Elihou s’aperçut qu’ils n’avaient plus rien à lui répondre, il se mit en colère. 6 Elihou, fils de Barakeel, de Bouz, prit donc la parole et dit :

Elihou revendique le droit à la parole

Moi, je suis jeune ; | vous, vous êtes âgés.

C’est pourquoi j’ai eu peur,

oui, j’ai craint de vous exposer | ce que je sais.

7 Je me disais :

« Ceux qui ont un âge avancé | sauront parler,

l’expérience de l’âge | fera connaître la sagesse. »

8 Mais, en réalité, | en l’homme, c’est l’Esprit,

l’inspiration du Tout-Puissant | qui lui donne l’intelligence.

9 Un grand nombre d’années | ne rend pas forcément plus sage

et ce ne sont pas les vieillards | qui comprennent ce qui est juste.

10 C’est pourquoi je te prie : | écoute-moi aussi

et j’exposerai mon savoir.

11 Jusqu’ici, j’attendais, | j’écoutais vos discours

et vos raisonnements

pour vous laisser | critiquer ses propos.

12 Avec toute mon attention | j’ai suivi vos paroles,

mais aucun de vous trois | n’a pu convaincre Job,

aucun de vous | n’a réfuté ses dires.

13 Surtout ne dites pas : | « Nous, nous savons ce qu’il en est :

Dieu seul, et non pas l’homme, | peut triompher de lui. »

14 Pourtant ce n’est pas contre moi | que Job a dirigé | tous ses propos.

Je ne lui répondrai donc pas | avec des mots comme les vôtres.

15 Les voilà[xxxxxx] tout déconcertés, | ils n’ont plus rien à dire.

Les mots leur font défaut.

16 J’attendrais vainement : | ils ne parleront plus,

ils se sont arrêtés | de donner la réplique.

17 Je veux donc, moi aussi, | répondre pour ma part,

exposer mon savoir,

18 car j’ai beaucoup d’idées, | en moi,

et mon esprit | me presse de parler.

19 Voici : dans mon être intérieur, | c’est comme un vin nouveau | qui serait sous pression,

comme des outres neuves | sur le point d’éclater.

20 Ainsi je parlerai | pour respirer à l’aise,

j’ouvrirai donc la bouche | et je répliquerai.

21 Je veux être impartial

et ne flatter personne.

22 D’ailleurs, je ne sais pas | l’art de la flatterie,

et celui qui m’a fait | m’enlèverait bien vite.

Chapitre 33

Dieu se sert de la souffrance pour parler aux hommes

Maintenant, Job, écoute | ce que j’ai à te dire,

et prête bien l’oreille | à toutes mes paroles ;

2 voici, j’ouvre la bouche,

et ma langue s’exprime.

3 Mes mots proviennent | d’un cœur sincère,

ma bouche exposera la science | en toute vérité.

4 Oui, c’est l’Esprit de Dieu | qui m’a formé,

c’est le souffle du Tout-Puissant | qui me fait vivre.

5 Si tu peux, réponds-moi,

prends position | et fais-moi face.

6 Car voici, devant Dieu | je suis semblable à toi,

j’ai été, comme toi, | façonné dans l’argile.

7 Ainsi tu ne trembleras pas | de frayeur devant moi

et je ne t’écraserai pas.

8 Tu as dit devant moi,

et j’ai bien entendu | le son de tes paroles :

9 « Je suis pur, sans péché,

je suis net et exempt de faute[yyyyyy].

10 Cependant, Dieu invente | contre moi des prétextes,

et il me considère | comme son ennemi[zzzzzz] :

11 il a mis mes pieds dans des fers

et il surveille tous mes pas. »

12 En cela, tu n’as pas raison, | laisse-moi te le dire,

car Dieu est bien plus grand que l’homme.

13 Pourquoi lui fais-tu un procès ?

Il n’a de compte à rendre | pour aucun de ses actes[aaaaaaa].

14 Et pourtant, Dieu nous parle, | tantôt d’une manière

et puis tantôt d’une autre. | Mais l’on n’y prend pas garde.

15 Il parle par des songes | et des visions nocturnes,

quand un profond sommeil | accable les humains

endormis sur leur couche.

16 Alors il se révèle | à l’oreille des hommes,

scellant les instructions | dont il les avertit,

17 afin d’écarter l’homme | de ses agissements,

de le préserver de l’orgueil.

18 Ainsi, il gardera sa vie | hors de la tombe

et la préservera | des coups du javelot.

19 Ou encore, il corrige | l’homme par la souffrance | qui le tient sur sa couche,

lorsque ses os | s’agitent sans arrêt.

20 Le voilà dégoûté | de toute nourriture,

il n’a plus d’appétit | pour les mets les plus fins.

21 A vue d’œil, son corps dépérit

et ses os qu’on ne voyait pas | sont maintenant saillants.

22 De la fosse, il s’approche

et sa vie est livrée | aux anges de la mort.

23 Mais s’il se trouve auprès de lui | un ange interprète de Dieu[bbbbbbb],

un parmi les milliers,

pour lui faire savoir | quel est le droit chemin,

24 qui ait pitié de lui | et qui demande à Dieu :

« Délivre-le du gouffre, | qu’il n’y descende pas,

j’ai trouvé sa rançon »,

25 alors sa chair retrouve | sa fraîcheur juvénile,

et il revient aux jours | de sa jeunesse.

26 Il peut invoquer Dieu, | qui lui rend sa faveur,

il se présente à lui | avec des cris de joie.

Car Dieu le reconnaît | à nouveau comme juste.

27 Il se met à chanter | et, devant tout le monde,

il dit : « J’avais péché | et enfreint la justice,

et je n’ai pas subi | ce que je méritais.

28 Car Dieu a délivré | mon être de la fosse

et il a maintenu | ma vie dans la lumière. »

29 Vois, Dieu fait tout cela

deux fois, trois fois pour l’homme,

30 pour le détourner de la tombe

et pour l’illuminer | de la lumière des vivants.

31 Sois donc attentif, Job, | écoute-moi !

Tais-toi, que je puisse parler.

32 Toutefois, si tu as | quelque chose à répondre, | dis-le, réplique-moi,

car je serais heureux | de te donner raison.

33 Si tu n’as rien à dire, | alors écoute-moi,

tais-toi, | et je t’apprendrai la sagesse.

Chapitre 34

Dieu est toujours juste

Elihou poursuivit son discours :

2 O vous qui êtes sages, | écoutez mes paroles,

et vous, gens de science, | prêtez votre attention !

3 Car l’oreille discerne | la valeur des paroles,

comme le palais juge | du goût des aliments.

4 Examinons ensemble, | pour nous, ce qui est juste.

Et cherchons entre nous | ce qui est bien.

5 Voici ce qu’a prétendu Job : | « Je suis dans mon bon droit[ccccccc],

mais Dieu me refuse justice[ddddddd].

6 Alors que je suis juste | je passe pour menteur[eeeeeee].

Je suis percé de flèches | sans avoir commis de péché[fffffff]. »

7 Quel homme est comme Job,

pour boire l’insolence | comme on boirait de l’eau ?

8 Il fait cause commune | avec les malfaiteurs

et marche en compagnie | de ceux qui sont *méchants.

9 N’a-t-il pas dit lui-même : | « L’homme ne gagne rien

à vouloir plaire à Dieu[ggggggg] » ?

10 Aussi, écoutez-moi, | vous qui êtes sensés :

il est inconcevable | que Dieu fasse le mal,

et que le Tout-Puissant | pratique l’injustice,

11 car il rend à chaque homme | selon ce qu’il a fait,

et il traite chacun | selon son attitude.

12 Oh, non en vérité, | Dieu n’agit jamais mal,

jamais le Tout-Puissant | ne fausse la justice.

13 Qui donc l’a établi | gouverneur de la terre

ou qui lui a remis | le soin du monde entier ?

14 Oui, s’il portait sur lui | toute son attention,

s’il ramenait à lui | son Esprit et son souffle,

15 toutes les créatures | expireraient ensemble ;

l’homme retournerait | aussi à la poussière.

16 Si tu as du bon sens, | écoute donc ceci,

et sois bien attentif | à mes paroles.

17 Un ennemi du droit | pourrait-il gouverner ?

Oses-tu condamner | le Juste, le Puissant ?

18 Celui qui dit aux rois : | « Tu n’es qu’un scélérat »,

et qui traite les grands | de criminels,

19 ne favorise pas les princes,

et ne fait pas passer | le riche avant le pauvre.

Ils sont, en effet, tous les deux | l’ouvrage de ses mains.

20 En un instant, ils meurent :

au milieu de la nuit, | un peuple se révolte, | alors ils disparaissent ;

on dépose un tyran | sans qu’une main se lève,

21 car Dieu observe | la conduite de l’homme,

et il a les regards | sur tous ses faits et gestes.

22 Car il n’y a pour lui | aucune obscurité,

pas d’épaisses ténèbres | où pourraient se cacher | les artisans du mal.

23 Oui, Dieu n’a pas besoin | d’épier longtemps un homme

pour le faire assigner | devant lui en justice.

24 Sans une longue enquête, | il brise les tyrans

et met d’autres gens à leur place.

25 Car il connaît leurs œuvres.

Aussi, en pleine nuit[hhhhhhh], | soudain, il les renverse, | et on les foule aux pieds.

26 Comme des criminels,

il les frappe en public.

27 Ils lui tournaient le dos

et ignoraient | toutes ses directives.

28 Car ils ont fait monter vers lui | le cri des pauvres

et il a entendu | les cris des opprimés.

29 S’il garde le silence[iiiiiii], | qui le condamnera ?

Et s’il cache sa face, | qui pourra le voir malgré tout ?

Oui, il en est ainsi | pour les nations et pour les hommes,

30 pour empêcher que règne | un souverain injuste

et qu’on tende des pièges au peuple.

31 Qu’un homme dise à Dieu :

« J’ai eu mon châtiment, | je ne me rendrai plus coupable.

32 Ce que je n’ai pas vu, | toi, fais-le-moi connaître.

Si j’ai commis des fautes, | je ne le ferai plus » ?

33 Dieu devrait-il | consulter ton avis | pour juger un tel homme ?

Qu’en dis-tu, toi, | qui critiques ses voies ? | Puisque c’est toi | qui prétends statuer | et non pas moi,

dis donc ce que tu sais[jjjjjjj] !

34 Les hommes de bon sens | aussi bien que les sages | qui m’auront entendu

conviendront avec moi :

35 Job parle sans savoir

et ses paroles | manquent d’intelligence.

36 Que son épreuve | aille jusqu’à son terme

puisqu’il répond | à la manière des injustes.

37 Car, en plus de sa faute, | voilà qu’il se révolte,

il sème le doute parmi nous

et puis il multiplie | ses propos contre Dieu.

Chapitre 35

Job tient des propos insensés

Elihou poursuivit en disant :

2 Penses-tu être dans ton droit | quand tu affirmes :

« Oui, je suis juste aux yeux de Dieu[kkkkkkk] ! » ?

3 Et tu ajoutes : | « A quoi me sert-il donc | d’éviter le péché ? »

et : « Quel profit | Dieu peut-il en tirer ? »

4 Moi, je te répondrai

ainsi qu’à tes amis.

5 Vois le ciel et regarde,

contemple les nuages : | combien ils te dominent !

6 Or, si tu agis mal, | en quoi nuis-tu à Dieu ?

Multiplie tes révoltes, | quel tort lui causes-tu ?

7 Et si tu agis bien, | que lui apportes-tu ?

Que reçoit-il de toi ?

8 Car ta méchanceté | n’atteint que tes semblables,

de même ta justice | n’est utile qu’aux hommes.

9 Le poids de l’oppression | fait crier les victimes,

sous le poing des puissants | on appelle au secours.

10 Mais nul ne songe à dire : | « Où est Dieu qui m’a fait ?

Lui qui, en pleine nuit, | donne des chants joyeux,

11 lui qui nous instruit mieux | que les bêtes des champs

et qui nous rend plus sages | que les oiseaux du ciel ? »

12 Alors on crie, | mais Dieu ne répond pas,

à cause de l’orgueil | de ceux qui font le mal.

13 Oui, c’est en vain qu’ils crient | car Dieu n’exauce pas[lllllll] :

le Tout-Puissant | n’y fait pas attention.

14 Combien moins t’exaucera-t-il, | toi qui prétends | que tu ne le vois pas,

que tu lui as soumis ta cause | et qu’il tarde à agir[mmmmmmm].

15 Parce que sa colère | n’intervient pas encore

et qu’il ne semble guère | faire attention à la révolte[nnnnnnn],

16 Job a la bouche pleine | de paroles en l’air

et multiplie les discours insensés.

Chapitre 36

Dieu éduque l’homme par la souffrance

Elihou continua en ces termes :

2 Accepte encore un peu | que je t’enseigne,

car il y a encore | beaucoup à dire | pour la cause de Dieu.

3 De loin, je tirerai ma science, | oui, de très loin,

et je rendrai justice | à celui qui m’a fait.

4 Car vraiment, mes discours | ne sont pas des mensonges.

Et je m’adresse à toi | avec un savoir sûr.

5 Vois combien Dieu est grand ! | Il n’a de dédain pour personne,

oui, il est grand, | ses décisions sont fermes.

6 Il ne permettra pas | que vive le *méchant,

il fait justice aux pauvres,

7 il ne détourne pas | ses yeux des hommes justes,

mais il les fait asseoir | sur le trône des rois.

Il les y établit | pour siéger à jamais, | et il les fait grandir.

8 S’ils sont liés de chaînes

ou pris dans les liens du malheur,

9 c’est qu’il leur dénonce leurs actes,

les fautes que dans leur orgueil | ils ont commises.

10 Il ouvre leurs oreilles | aux avertissements

et il leur dit : | « Détournez-vous du mal. »

11 S’ils écoutent, et se soumettent,

ils finissent leurs jours | dans le bonheur,

et leurs années s’achèvent | dans les délices.

12 Mais s’ils n’écoutent pas, | ils auront à subir | les coups du javelot

et ils expireront, | faute d’avoir reçu | la connaissance.

13 Quant à ceux qui rejettent Dieu | ils gardent leur colère[ooooooo],

ils ne crient pas à l’aide | quand Dieu les lie de chaînes.

14 Aussi, leur vie s’éteint | en pleine fleur de l’âge,

ils la terminent | parmi les débauchés.

15 Mais Dieu délivre l’affligé | par son affliction même,

et c’est par la souffrance | qu’il le dispose à l’écouter.

16 Toi aussi, il t’arrachera | à la détresse

pour t’établir au large | sans rien pour te gêner,

et pour charger ta table | d’aliments savoureux.

17 Mais maintenant tu es atteint | par le châtiment des méchants,

la justice et le jugement | se sont saisis de toi[ppppppp].

18 Que la colère | ne t’incite donc pas | à te moquer de Dieu,

et ne t’égare pas | parce que la rançon | est bien trop grande.

19 Tes cris suffiraient-ils

ou même tes plus grands efforts, | pour te tirer de peine ?

20 Ne soupire donc pas | après la nuit

qui balaiera les peuples !

21 Fais attention ! | Ne te tourne pas vers le mal !

Car la souffrance t’y dispose.

22 Vois, Dieu est souverain | par sa puissance.

Quel maître enseigne comme lui ?

23 Qui lui a imposé | le chemin qu’il doit suivre ?

Qui lui a jamais dit : | « Ce que tu fais est mal » ?

24 Mais souviens-toi plutôt | de célébrer son œuvre

que chantent les humains.

25 Tout le monde la voit,

tout être humain | la regarde de loin.

26 Vois combien Dieu est grand, | sa grandeur nous échappe.

Nul ne peut calculer | le nombre de ses ans.

27 Oui, c’est lui qui attire | les gouttelettes d’eau,

il les distille en pluie, | il en fait de la brume | qui tombera en pluie.

28 Les nuées la répandent

et elles la déversent | en trombes sur les hommes.

29 Qui prétendrait comprendre | l’expansion des nuages

et les coups de tonnerre | dont retentit sa tente ?

30 Vois, tout autour, | scintiller ses éclairs ;

c’est lui encore qui recouvre | les profondeurs des mers.

31 Par tous ces éléments, | Dieu régit les nations,

et il pourvoit les hommes | de nourriture en abondance.

32 Et ses deux mains | recèlent des éclairs

auxquels il assigne une cible.

33 Le bruit de son tonnerre | annonce sa venue,

et même les troupeaux | pressentent son approche.

Chapitre 37

La grandeur de l’œuvre de Dieu

A ce spectacle, | mon cœur s’emballe,

on dirait qu’il voudrait | bondir hors de sa place.

2 Ecoutez, écoutez | le fracas de la voix de Dieu,

et tous ces grondements | qui sortent de sa bouche

3 et vont rouler | dans toute l’étendue du ciel.

Et ses éclairs atteignent | les confins de la terre.

4 Puis une voix rugit : | il fait tonner | sa voix majestueuse,

il ne retient plus ses éclairs | lorsqu’on entend sa voix.

5 Oui, sa voix tonne | de façon extraordinaire,

il fait de grandes choses | dépassant notre entendement.

6 Car il dit à la neige | de tomber sur la terre,

et il commande aux pluies, | même aux pluies torrentielles.

7 Il paralyse ainsi | l’activité humaine,

afin que tous les hommes sachent | que c’est bien là son œuvre.

8 Les animaux eux-mêmes | se terrent dans leurs gîtes

et ils s’abritent | au fond de leurs repaires.

9 Des profondeurs australes | surgit un ouragan,

et des vents d’aquilon | amènent la froidure.

10 Sous le souffle de Dieu, | l’eau se transforme en glace,

les étendues liquides | se figent en un bloc.

11 Puis le beau temps revient, | entraînant les nuages,

dispersant les nuées | chargées de ses éclairs.

12 Sa main les fait tourbillonner, | tournoyer selon ses desseins,

afin qu’ils exécutent | tout ce qu’il leur commande

sur la face du monde.

13 S’agit-il de frapper | la terre du bâton

ou de lui témoigner | de la bonté ? | Ce sont eux qu’il délègue.

14 Ecoute cela, Job,

arrête-toi, et réfléchis | aux merveilles de Dieu.

15 Sais-tu comment | Dieu contrôle ces choses,

comment il fait jaillir | l’éclair de ses nuages ?

16 Sais-tu comment les nues | conservent l’équilibre ?

Ce sont là les merveilles | de celui dont la science | atteint la perfection.

17 Toi dont les habits sont trop chauds,

lorsque languit la terre | sous le vent du midi,

18 peux-tu aider Dieu à étendre | la voûte des nuées

et la rendre solide | pareille à un miroir | coulé dans le métal[qqqqqqq] ?

19 Pourrais-tu nous faire savoir | ce que nous lui dirons ?

Nous n’avons rien à lui apprendre : | tout est obscur pour nous.

20 Quand je prends la parole, | doit-on l’en avertir ?

Faut-il qu’on le mette au courant | pour qu’il soit informé ?

21 Soudain disparaît la lumière, | cachée par les nuages,

mais, dès qu’un vent se lève, | ceux-ci sont balayés.

22 Du septentrion vient | une lueur dorée,

autour de Dieu rayonne | un éclat redoutable.

23 Il est le Tout-Puissant, | nous ne pouvons l’atteindre.

Il est grand en puissance

et par son équité,

car il n’opprime pas | celui qui est pleinement juste[rrrrrrr].

24 Voilà pourquoi les hommes | doivent le révérer,

mais lui ne tient pas compte | de ceux qui se croient sages.

PREMIER DISCOURS DE DIEU

Chapitre 38

Dieu évoque son œuvre de création et sa providence

Alors, du sein de la tempête, l’Eternel répondit à Job :

2 Qui donc obscurcit mes desseins

par des discours sans connaissance ?

3 Mets ta ceinture, comme un brave :

je vais te questionner | et tu m’enseigneras[sssssss].

4 Où étais-tu quand je posai | les fondations du monde[ttttttt] ?

Déclare-le, | puisque ta science est si profonde !

5 Qui en a fixé les mesures, | le sais-tu donc ?

Qui a tendu sur lui | le cordeau d’arpenteur ?

6 Dans quoi les socles | de ses colonnes | s’enfoncent-ils ?

Qui en posa | la pierre principale, | la pierre d’angle,

7 quand les étoiles du matin[uuuuuuu] | éclataient, unanimes, | dans des chants d’allégresse,

et que tous les *anges de Dieu[vvvvvvv] | poussaient des cris de joie ?

8 Qui a enfermé l’océan | par une porte à deux battants

quand il a jailli, bondissant | du sein maternel de la terre,

9 lorsque je fis, de la nuée, | son vêtement,

et de l’obscurité ses langes,

10 quand je lui imposai ma loi | pour briser son élan,

quand je plaçai verrous et portes

11 en lui disant : | « C’est jusqu’ici que tu iras, | et pas plus loin,

ici s’arrêteront | tes flots impétueux » ?

12 As-tu, un seul jour de ta vie, | commandé au matin

et assigné sa place à l’aube

13 pour qu’elle se saisisse | des extrémités de la terre

et qu’elle en secoue les *méchants[wwwwwww] ?

14 Alors, la terre est transformée | comme l’argile sous l’empreinte[xxxxxxx],

et toutes choses sont parées | comme d’un vêtement.

15 Mais les méchants | se voient privés de leur lumière

et le bras levé est brisé.

16 Es-tu parvenu jusqu’aux sources | qui font jaillir les mers ?

Ou t’es-tu promené | dans les profondeurs de l’abîme ?

17 Les portes de la mort | ont-elles paru devant toi ?

As-tu vu les accès | du royaume des ombres ?

18 As-tu embrassé du regard | l’étendue de la terre ?

Dis-le, si tu sais tout cela.

19 De quel côté est le chemin | vers le séjour de la lumière,

et les ténèbres, | où donc ont-elles leur demeure,

20 pour que tu puisses les saisir | là où elles se séparent[yyyyyyy]

et bien comprendre les sentiers | de leur habitation ?

21 Tu dois connaître tout cela, | puisque tu étais déjà né,

et que tes jours sont si nombreux !

22 As-tu visité les greniers | qui recèlent la neige,

et les dépôts de grêle, | les as-tu vus ?

23 Je les tiens en réserve | pour les temps de détresse,

les jours de lutte et de combat[zzzzzzz].

24 Par quelle voie | se répand la lumière ?

Par où le vent d’orient | envahit-il la terre ?

25 Qui ouvre le passage | pour les torrents de pluie ?

Qui a frayé la voie | aux éclairs de l’orage,

26 faisant tomber la pluie | sur une terre inhabitée,

sur un désert inoccupé,

27 pour arroser les solitudes | et les régions arides,

pour faire germer l’herbe | et pousser la verdure ?

28 La pluie a-t-elle un père ?

Et qui donc a fait naître | les gouttes de rosée ?

29 De quel sein sort la glace,

qui a donné naissance | au blanc frimas des cieux ?

30 Qui donc durcit les eaux | et les transforme en pierre ?

Qui fait que la surface | des flots se fige ?

31 Peux-tu nouer | les cordes des Pléïades

ou desserrer | les cordages d’Orion[aaaaaaaa] ?

32 Fais-tu paraître | les constellations en leur temps ?

Conduis-tu la Grande Ourse | et ses étoiles secondaires ?

33 Sais-tu par quelles lois | le ciel est gouverné ?

Est-ce toi qui donnes à la terre | l’ordre qui la régit ?

34 Te suffit-il | d’ordonner aux nuages

pour que des trombes d’eau | se déversent sur toi ?

35 Les éclairs partent-ils | à ton commandement

te disant : « Nous voici » ?

36 Qui a implanté la sagesse | au cœur de l’homme

et le discernement | en son esprit[bbbbbbbb] ?

37 Qui a la compétence | pour compter les nuages

et qui peut incliner | les amphores du ciel

38 pour agréger | en glèbe la poussière,

et pour souder | les mottes de la terre ?

39 Peux-tu chasser la proie | pour la lionne ?

Apaises-tu la faim | des lionceaux

40 quand ils sont tous tapis | au fond de leurs tanières,

quand ils sont à l’affût | dans les taillis épais ?

41 Qui donc prépare | au corbeau sa pâture

quand ses oisillons crient vers Dieu,

et sont errants, sans nourriture ?

Chapitre 39

Dieu évoque le règne animal

Connais-tu le moment | où les chamois enfantent ?

Et as-tu observé | les biches en travail ?

2 As-tu compté combien de mois | dure leur gestation ?

Et connais-tu l’époque | où elles mettent bas,

3 quand elles s’accroupissent, | déposent leurs petits

et sont délivrées des douleurs ?

4 Leurs faons se fortifient, | grandissant en plein air

et ils s’en vont loin d’elles | pour ne plus revenir.

5 Qui a laissé l’onagre | courir en liberté ?

Qui a rompu les liens | qui retenaient l’âne sauvage ?

6 Moi je lui ai donné | le désert pour demeure

et des plateaux salés[cccccccc] | pour résidence.

7 Il ne veut rien savoir | des villes populeuses,

et il n’entend pas les cris | du conducteur de l’âne.

8 Il parcourt les montagnes | pour trouver sa pâture,

cherchant à repérer | des traces de verdure.

9 Le buffle[dddddddd] voudra-t-il | se mettre à ton service ?

Passera-t-il ses nuits | dans ton étable ?

10 Lui feras-tu suivre un sillon | en l’attachant avec des cordes ?

Va-t-il traîner la herse | derrière toi dans les vallons ?

11 Mettras-tu ta confiance | dans sa force extraordinaire ?

Et lui remettras-tu | le soin de tes travaux ?

12 Compteras-tu sur lui | pour moissonner ton grain,

et pour engranger ta récolte ?

13 Les ailes de l’autruche | se déploient avec joie,

mais son aile et ses plumes | ne sont pas comparables | à celles des cigognes.

14 Car l’autruche abandonne | ses œufs dans la poussière,

et laisse au sable chaud | le soin de les couver,

15 ne pensant pas à ceux | qui marcheraient dessus,

aux animaux sauvages | qui les piétineraient.

16 Elle est sans cœur pour ses petits | comme s’ils n’étaient pas les siens,

et elle ne s’inquiète pas | d’avoir peiné en vain.

17 Pourquoi ? Parce que Dieu | l’a privée de sagesse,

et que l’intelligence | ne lui est pas donnée.

18 Mais qu’elle se redresse | et prenne son élan,

pour elle c’est un jeu | de laisser derrière elle | cheval et cavalier.

19 Serait-ce toi qui donnes | la puissance au cheval ?

Ou est-ce toi qui pares | son cou d’une crinière ?

20 Ou le fais-tu bondir | comme la sauterelle ?

Son fier hennissement | inspire la frayeur !

21 Dans le vallon, il piaffe, | tout joyeux de sa force.

Le voilà qui s’élance | en plein dans la mêlée.

22 Il se rit de la peur | et ne s’effraie de rien.

Il ne recule pas | en face de l’épée,

23 lorsqu’au-dessus de lui | cliquette le carquois,

la lance étincelante | ou bien le javelot.

24 Tout frémissant d’ardeur, | il dévore l’espace,

il ne tient plus en place | dès qu’il a entendu | le son du cor.

25 Dès qu’il entend la charge, | il hennit : « En avant »,

lorsqu’il est loin encore, | il flaire la bataille,

la voix tonitruante | des commandants de troupes | et les cris des guerriers.

26 Serait-ce grâce | à ton intelligence | que l’épervier prend son essor

et qu’il déploie ses ailes | en direction du sud[eeeeeeee] ?

27 Serait-ce à ton commandement | que l’aigle monte dans les airs

et qu’il bâtit son nid | sur les sommets ?

28 Il fait du rocher sa demeure, | et établit sa forteresse | sur une dent rocheuse.

29 De là-haut, il épie sa proie,

de loin, ses regards la découvrent.

30 Ses petits s’abreuvent de sang.

Où que soient les cadavres, | il est présent[ffffffff].

Chapitre 40

PREMIERE REPONSE DE JOB A DIEU

L’Eternel demanda alors à Job :

2 Celui qui intente un procès | au Tout-Puissant | a-t-il à critiquer ?

Celui qui conteste avec Dieu, | a-t-il quelque chose à répondre ?

3 Job répondit alors :

4 Je suis trop peu de chose, | que te répliquerais-je ?

Je mets donc la main sur la bouche.

5 J’ai parlé une fois, | je ne répondrai plus.

Et j’ai même insisté | une deuxième fois, | je n’ajouterai rien.

SECOND DISCOURS DE DIEU

Dieu évoque l’hippopotame et le crocodile

6 Alors, du sein de la tempête, | l’Eternel dit à Job :

7 Mets ta ceinture comme un brave,

je vais te poser des questions | et tu m’enseigneras.

8 Veux-tu vraiment prétendre | que je ne suis pas juste ?

Veux-tu me condamner | pour garantir ton innocence ?

9 As-tu un bras | tel que celui de Dieu ?

Ta voix peut-elle | égaler mon tonnerre ?

10 Va te parer | d’honneur et de grandeur

et revêts-toi | de splendeur et de gloire[gggggggg] !

11 Répands les flots | de ton indignation

et, d’un regard, | courbe tous les hautains !

12 Que ton regard | les fasse plier tous,

et les *méchants, | écrase-les sur place !

13 Dans la poussière, | va les enfouir ensemble !

Enferme-les | dans la nuit du tombeau !

14 Alors, moi-même | je te rendrai hommage,

car ta victoire | sera due à ta main.

15 Regarde donc : | voici l’hippopotame[hhhhhhhh]. | Je l’ai créé | tout aussi bien que toi.

Comme le bœuf, | il se nourrit de l’herbe.

16 Vois quelle force | réside dans sa croupe !

Quelle vigueur | dans ses muscles des flancs !

17 Il plie sa queue, | solide comme un cèdre.

Et les tendons | sont tressés dans ses cuisses.

18 Ses os ressemblent | à des barreaux de bronze,

son ossature | à des tasseaux de fer.

19 C’est le chef-d’œuvre | de Dieu, son créateur

qui lui impose | le respect par le glaive.

20 Des monts entiers | produisent son fourrage,

là où s’ébattent | les animaux sauvages.

21 Il dort à l’ombre | caché dans les lotus,

sous le couvert | des roseaux du marais.

22 Il est couvert | par l’ombre des lotus,

les peupliers | du torrent le protègent.

23 Si l’eau déborde, | il ne s’en émeut pas.

Si le *Jourdain | se jette dans sa gueule, | il reste calme | et en sécurité.

24 Va-t-on le prendre | à face découverte

et l’entraver | en lui perçant le mufle ?

25 Iras-tu prendre | avec ton hameçon | le crocodile[iiiiiiii] ?

Pour le tirer de l’eau | vas-tu lier | sa langue avec ta ligne ?

26 Lui mettras-tu | un jonc dans les naseaux ?

Perceras-tu | d’un crochet sa mâchoire ?

27 Te fera-t-il | de nombreuses prières ?

Te dira-t-il | doucement des tendresses ?

28 Conclura-t-il | une alliance avec toi ?

Le prendras-tu | pour serviteur à vie ?

29 Ou pour jouet | comme un petit oiseau ?

Le lieras-tu | pour amuser tes filles ?

30 Des associés | le mettront-ils en vente ?

Des commerçants | le partageront-ils ?

31 Vas-tu cribler | de dards sa carapace ?

Vas-tu barder | sa tête de harpons ?

32 Attaque-le

et tu te souviendras | de ce combat, | tu n’y reviendras plus !

Chapitre 41

Vois, devant lui, | tout espoir de le vaincre | est illusoire.

A sa vue seule, | on sera terrassé.

2 Nul n’osera | exciter sa colère.

Qui donc alors | pourrait me tenir tête ?

3 Qui m’a prêté | pour que j’aie à lui rendre ?

Tout est à moi | sous l’étendue des cieux[jjjjjjjj].

4 Je ne veux pas | me taire sur ses membres,

et je dirai | sa force incomparable, | et la beauté | de sa constitution.

5 Qui a ouvert | par devant son habit[kkkkkkkk] ?

Qui a franchi | les deux rangs de ses dents ?

6 Qui a forcé | les battants de sa gueule ?

Ses crocs aigus | font régner la terreur.

7 Majestueuses | sont ses rangées d’écailles.

Bien assemblées | comme des boucliers,

8 articulées | les unes sur les autres,

et aucun souffle | ne pourrait s’y glisser :

9 soudées ensemble, | chacune à sa voisine,

elles se tiennent | et sont inséparables.

10 Il éternue : | c’est un jet de lumière[llllllll].

Ses yeux ressemblent | aux paupières de l’aube[mmmmmmmm].

11 Des étincelles | jaillissent de sa gueule,

ce sont des gerbes | de flammes qui s’échappent.

12 De ses narines | la fumée sort en jets

comme d’un pot | ou d’un chaudron bouillant.

13 Son souffle embrase | comme un charbon ardent

et, de sa gueule, | une flamme jaillit.

14 C’est dans son cou | que sa vigueur réside,

et la terreur | danse au-devant de lui.

15 Qu’ils sont massifs, | les replis de sa peau !

Soudés sur lui, | ils sont inébranlables.

16 Son cœur est dur, | figé comme une pierre

il est durci | comme une meule à grain.

17 Quand il se dresse, | les plus vaillants ont peur.

Ils se dérobent, | saisis par l’épouvante.

18 L’épée l’atteint | sans trouver nulle prise,

la lance même, | la flèche et la cuirasse | ne servent pas | à celui qui l’approche.

19 Pour lui, le fer | est comme de la paille,

il prend le bronze | pour du bois vermoulu.

20 Les traits de l’arc | ne le font jamais fuir

et les cailloux | qu’on lance avec la fronde | ne sont pour lui | que des fétus de paille.

21 Oui, la massue | est un brin de roseau,

et il se rit | du sifflement des lances.

22 Son ventre, armé | de tessons acérés,

est une herse | qu’il traîne sur la vase.

23 Les eaux profondes, | il les fait bouillonner | comme un chaudron.

Il transforme le lac, | lorsqu’il y entre, | en un brûle-parfum.

24 Il fait briller | après lui son sillage.

Les flots paraissent | couverts de cheveux blancs.

25 Nul n’est son maître | ici-bas sur la terre.

Il fut créé | pour ne rien redouter.

26 Il voit sans peur | les puissants mastodontes.

Il est le roi | des plus fiers animaux.

SECONDE REPONSE DE JOB A DIEU

Chapitre 42

Job répondit alors à l’Eternel :

2 Je sais que tu peux tout,

et que rien ne saurait | t’empêcher d’accomplir | les projets que tu as conçus.

3 « Qui ose, disais-tu, | obscurcir mes desseins | par des discours sans connaissance ? »

Oui, j’ai parlé sans les comprendre

de choses merveilleuses | qui me dépassent | et que je ne connaissais pas[nnnnnnnn].

4 « Ecoute, disais-tu, | c’est moi qui parlerai :

je vais te questionner, | et tu m’enseigneras. »

5 Jusqu’à présent | j’avais seulement entendu | parler de toi.

Mais maintenant, | mes yeux t’ont vu.

6 Aussi je me condamne, | je regrette mon attitude

en m’humiliant | sur la poussière et sur la cendre[oooooooo].

EPILOGUE

7 Après avoir dit ces choses à Job, l’Eternel s’adressa à Eliphaz de Témân et lui dit :

—Je suis très en colère contre toi et tes deux amis, car contrairement à mon serviteur Job, vous n’avez pas parlé de moi avec droiture.

8 Procurez-vous donc maintenant sept taureaux et sept béliers[pppppppp], et allez trouver mon serviteur Job. Vous offrirez ces animaux pour vous en *holocauste. Et mon serviteur Job priera pour vous. C’est par égard pour lui que je ne vous traiterai pas selon votre folie. Car, contrairement à mon serviteur Job, vous n’avez pas parlé de moi avec droiture.

9 Eliphaz de Témân, Bildad de Chouah et Tsophar de Naama allèrent accomplir ce que l’Eternel leur avait demandé. L’Eternel eut égard à la prière de Job. 10 Puis, lorsque Job eut prié pour ses amis, l’Eternel le rétablit dans son ancienne condition. Il donna même à Job deux fois autant des biens qu’il avait possédés.

11 Tous les frères et sœurs de Job, et toutes ses connaissances vinrent lui rendre visite. Ils prirent leur repas auprès de lui dans sa maison ; ils le consolèrent et ils lui témoignèrent toute leur compassion pour les malheurs que l’Eternel lui avait envoyés. Chacun d’entre eux lui donna une pièce d’argent[qqqqqqqq] et un anneau d’or.

12 L’Eternel bénit le reste de la vie de Job plus que la première partie, si bien qu’il posséda quatorze mille ovins et six mille chameaux, mille paires de bœufs et mille ânesses. 13 Il eut aussi sept fils et trois filles. 14 Il nomma la première Yemima (Tourterelle), la deuxième eut pour nom Qetsia (Fleur-de-cannelle) et la troisième Qérèn-Happouk (Fard-à-paupières). 15 On ne pouvait trouver dans le pays entier des femmes aussi belles que les filles de Job. Leur père leur donna une part d’héritage au même titre qu’à leurs frères.

16 Après cela, Job vécut encore cent quarante ans, de sorte qu’il vit ses descendants jusqu’à la quatrième génération. 17 Puis Job mourut âgé et rassasié de jours[rrrrrrrr].



[a] 1.1 Expression désignant les pays à l’est du Jourdain (v.3) qui peut s’appliquer à Edom, au sud-est de la mer Morte (Gn 36.28 ; Lm 4.21) ou au pays des Araméens vers le nord (voir Gn 10.23 ; 22.21). Job n’était donc pas un Israélite (voir Ez 14.14-20).

[b] 1.5 Sacrifice où la victime était entièrement consumée sur l’autel ; forme habituelle du sacrifice au temps des patriarches. Avant les lois cérémonielles de Moïse, le père de famille agissait comme prêtre du clan familial (Gn 15.9-10).

[c] 1.6 Appelés ici fils de Dieu (voir notes 2.1 ; 38.7 et Ps 29.1).

[d] 1.6 Voir 1 Ch 21.1 ; Za 3.1-2 ; Ap 12.10.

[e] 1.15 Peuple nomade habitant le sud de l’Arabie (de Saba : 1 R 10.1-13 ; voir Ps 72.10,15 ; Es 60.6 ; Jr 6.20 ; Ez 27.22 ; Jl 4.8). Ils étaient marchands selon 6.19, passage où Job les associe à Téma (à quelque 500 kilomètres au sud-est de Jérusalem).

[f] 1.17 Nomades du désert venant de Mésopotamie. Ils sont devenus sédentaires au 10|spe siècle av. J.-C. et ont constitué le noyau de l’empire babylonien de Nabuchodonosor.

[g] 1.20 En signe de deuil (voir Gn 37.34).

[h] 1.22 Autre traduction : et n’adressa pas à Dieu des paroles inconvenantes.

[i] 2.1 Appelés ici fils de Dieu (voir notes 1.6 ; 38.7 et Ps 29.1).

[j] 2.11 Eliphaz : un nom édomite (Gn 36.10-11). Témân était un village d’Edom, au sud de la mer Morte (Jr 49.7 ; Ez 25.13 ; Am 1.12 ; Ab 9).

[k] 2.11 Bildad appartenait peut-être à la tribu arabe descendant d’Abraham par Qetoura (Gn 25.2 ; 36.35).

[l] 2.11 Localité inconnue, non mentionnée dans la Bible en dehors du livre de Job (11.1 ; 20.1 ; 42.9), différente de la Naama de Jos 15.41.

[m] 3.1 Voir Jr 20.14-18.

[n] 3.5 Autre traduction : que d’épaisses ténèbres et l’ombre la plus noire l’enveloppent.

[o] 3.5 éclipses de soleil : selon une légère variante d’orthographe. Objet de terreur, souvent mauvais présage. D’autres traduisent : sombres événements, ténèbres.

[p] 3.8 En 40.25 à 41.26, ce monstre marin (en hébreu : léviathan) sert à décrire le crocodile. Au Ps 74.14, il désigne l’Egypte, et en Es 27.1 l’ennemi de Dieu, la puissance maléfique qui se cache derrière le paganisme et qu’on retrouve dans les récits mythologiques du Moyen-Orient ancien. Ce monstre marin est aussi appelé Rahab en hébreu (note 9.13 ; Ps 89.11 ; Es 51.9) ou tannîn (Ps 74.13 ; Es 51.9). Job livre ainsi « sa » nuit à ceux qui possèdent les pouvoirs occultes les plus inquiétants.

[q] 4.2 Autres traductions : si l’on risque un mot, le supporteras-tu ? ou : Dieu te met à l’épreuve, et tu es abattu ?

[r] 4.19 Autre traduction : aux pauvres habitants des cabanes d’argile qui ont leurs fondations dans la poussière.

[s] 5.1 Autre traduction : saint homme.

[t] 5.3 On peut aussi comprendre les v.3-5 comme une description de la malédiction : 3 ... mais soudain la malédiction s’est abattue sur sa maison. 4 Ses fils sont privés de tout soutien...

[u] 5.4 L’hébreu a : écrasés à la porte, lieu où s’exerçait la justice.

[v] 5.13 Cité en 1 Co 3.19.

[w] 5.17 Voir Pr 3.11 ; He 12.5-6.

[x] 5.24 Autre traduction : quand tu inspecteras ton domaine.

[y] 5.26 Le sens de ce mot est incertain.

[z] 6.4 Allusion à des flèches empoisonnées, utilisées fréquemment autrefois, et à une troupe d’assaillants.

[aa] 6.7 Hébreu peu clair.

[bb] 6.14 Autre traduction : sinon il cessera.

[cc] 6.19 Tribu du nord de l’Arabie qui se livrait au commerce par caravanes (Gn 25.15 ; Es 21.14 ; Jr 25.23 ; 1 Ch 1.30).

[dd] 6.19 Voir note 1.15.

[ee] 6.26 Autre traduction : et de jeter au vent les propos d’un désespéré.

[ff] 7.2 C’est-à-dire le soir, qui apporte fraîcheur et repos après le travail du jour.

[gg] 7.4 Sitôt levé... le soir : d’après l’ancienne version grecque ; le texte hébreu traditionnel a : le soir tarde à venir.

[hh] 7.9 Autre traduction : dans le séjour des morts.

[ii] 7.12 Le monstre marin : symbole des puissances souvent hostiles à Dieu et pourtant domptées par le Seigneur (voir 3.8 et note).

[jj] 7.20 D’après quelques manuscrits du texte hébreu traditionnel, une ancienne tradition de copistes et l’ancienne version grecque. La plupart des manuscrits du texte hébreu traditionnel ont : je suis devenu une charge pour moi-même.

[kk] 8.6 Autre traduction : et à rétablir pour toi une situation juste.

[ll] 8.11 Probablement un proverbe égyptien signifiant que les plantes les plus luxuriantes, qui croissent le plus rapidement comme le papyrus et le jonc, dépérissent vite si elles n’ont plus d’eau, c’est-à-dire que les gens prospères sont dépendants des conditions de leur prospérité.

[mm] 8.14 brisé comme un fil : sens incertain.

[nn] 9.2 Autre traduction : aurait-il gain de cause dans un contentieux avec Dieu ?

[oo] 9.3 Autre traduction : Dieu ne lui répondra pas.

[pp] 9.7 Eclipse ou obscurcissement par des nuages.

[qq] 9.9 Constellations mentionnées aussi en 38.31-32, les deux dernières dans Am 5.8.

[rr] 9.10 Reprise de l’affirmation d’Eliphaz en 5.9.

[ss] 9.13 D’autres comprennent : les alliés du monstre des mers.

[tt] 9.19 D’après l’ancienne version grecque ; le texte hébreu traditionnel a : m’assignera.

[uu] 9.26 Allusion aux embarcations égyptiennes faites de tiges de papyrus ou de jonc tressées (Ex 2.3).

[vv] 9.30 Ou : de la soude ou une plante utilisée pour nettoyer.

[ww] 9.33 Certains manuscrits hébreux, l’ancienne version grecque et la version syriaque ont compris : au moins s’il y avait.

[xx] 10.6 Autre traduction : pour que tu me poursuives en justice et que tu cherches à me faire payer ma faute.

[yy] 10.12 Autre traduction : c’est toi qui m’as accordé la grâce de la vie.

[zz] 11.8 Il s’agit du séjour des morts (voir 7.9).

[aaa] 11.12 Traduction incertaine. D’autres comprennent : celui qui a la tête vide ne peut pas plus devenir sage que l’ânon sauvage ne peut naître un homme.

[bbb] 11.15 Réplique aux paroles de Job (10.15).

[ccc] 12.6 Au lieu de eux qui ne reconnaissent... force, on pourrait traduire : ceux qui portent leur dieu dans la main ou ceux qui disposent de Dieu à leur gré.

[ddd] 12.9 Selon plusieurs manuscrits du texte hébreu. Le texte hébreu traditionnel a : l’Eternel.

[eee] 12.18 Seul vêtement laissé aux captifs. D’autres comprennent : d’une ceinture, c’est-à-dire la corde des captifs qui les prive de toute liberté de mouvement (voir Jn 21.18) lorsqu’ils sont emmenés en exil.

[fff] 13.12 Autre traduction : et vos protections.

[ggg] 13.14 D’après l’ancienne version grecque ; le texte hébreu traditionnel a : pourquoi risquerais-je ma vie, pourquoi la mettrais-je en jeu ?

[hhh] 13.15 Selon une note en marge des manuscrits hébreux qui ont, dans le texte : il me tuera, je n’espère rien. En hébreu, en lui et rien se prononcent tous deux lo et ne diffèrent que par l’orthographe.

[iii] 13.24 Le terme ennemi fait assonance en hébreu avec le nom de Job.

[jjj] 14.3 L’ancienne version grecque, la version syriaque et la Vulgate ont : faut-il que tu traînes.

[kkk] 14.6 Autre traduction : pour qu’il puisse achever son travail.

[lll] 14.17 Donc oubliée, elle ne pourrait plus être évoquée.

[mmm] 14.20 Par la maladie.

[nnn] 15.2 Vent brûlant venant du désert (27.21 ; 38.24 ; Gn 41.6 ; Jr 4.11) qui n’apporte ni rafraîchissement ni pluie fertilisante mais brûle tout sur son passage.

[ooo] 15.15 Voir 5.1 et note.

[ppp] 15.30 Le méchant est comparé à un arbre.

[qqq] 15.30 Autre traduction : et il fuira sa propre haleine.

[rrr] 16.3 Réponse à Eliphaz (voir 15.2).

[sss] 16.4 Geste de mépris et d’insulte (Ps 22.8 ; Jr 48.27 ; Mt 27.39).

[ttt] 16.7 Au milieu de son discours, Job se tourne soudain vers Dieu.

[uuu] 16.8 Comme un faux témoin accusant Job d’être coupable, puisqu’il souffre.

[vvv] 16.9 Dieu est comparé à un lion (comparer 10.16) qui l’attaque et le déchire.

[www] 16.21 il : c’est-à-dire le témoin (v.19) ou, mieux, Dieu lui-même (v.20 ; voir 17.3).

[xxx] 16.21 Autre traduction : comme il le ferait entre un homme et son ami.

[yyy] 17.5 Au lieu de : Celui qui... la misère, on pourrait traduire : on invite des amis au partage, mais on a des fils qui voient la misère.

[zzz] 17.6 Autre traduction : il m’avait établi pour dominer les peuples.

[aaaa] 17.9 Il s’agit certainement de Job.

[bbbb] 18.2 Ce vous renvoie peut-être aux hommes droits de 17.8 qui, selon Job, devraient défendre sa cause.

[cccc] 18.14 C’est-à-dire la mort.

[dddd] 18.15 Signe de malédiction : voir en Gn 19.24 ; Dt 29.22 le cas de Sodome et de Gomorrhe. Selon d’autres, il s’agirait d’un désinfectant que les nouveaux propriétaires auraient répandu sur la demeure.

[eeee] 18.19 Allusion à Job privé de ses enfants.

[ffff] 19.12 Comme une armée faisant le siège d’une ville ; les troupes envoyées par Dieu sont les nombreux maux dont Job souffre.

[gggg] 19.18 Insulte suprême en Orient où les personnes âgées jouissaient d’un grand respect (Ex 20.12).

[hhhh] 19.20 Cela pourrait désigner les gencives. D’autres y voient une expression proverbiale signifiant : j’ai tout perdu.

[iiii] 19.24 On gravait des mots dans la pierre avec une pointe en fer, puis on passait dans le creux avec un stylet de plomb pour le noircir et rendre les lettres plus lisibles. Job veut que sa défense subsiste après sa mort jusqu’à ce qu’il soit réhabilité.

[jjjj] 19.25 Le mot hébreu que traduit Défenseur est goël. Dans l’Ancien Testament, ce terme désigne le parent proche chargé de punir un crime (Nb 35.12,19), de racheter une propriété (Rt 4.4) et de prévenir l’extinction d’une famille (Rt 4.5). Plusieurs traductions ont donc été proposées, en plus de celle, classique, de Rédempteur : Vengeur, Sauveur, Défenseur. Dans Esaïe en particulier, Dieu est appelé le goël, le Libérateur, de son peuple (par exemple Es 41.14 ; 43.14 ; 44.6).

[kkkk] 19.25 L’hébreu a : et qu’il se lèvera en dernier lieu sur la poussière. Le dernier à se lever lors d’un jugement prononçait la sentence définitive. Autre traduction : et qu’il aura le dernier mot sur la poussière.

[llll] 19.26 D’autres comprennent : hors de mon corps.

[mmmm] 19.27 Littéralement : pour moi, ce que certains traduisent : moi-même.

[nnnn] 19.27 Certains traduisent : et pas un étranger ou et pas comme un étranger.

[oooo] 20.10 Autres traductions : ses fils devront indemniser les pauvres ou ses fils seront assaillis par les pauvres.

[pppp] 20.24 Arc de bois renforcé par du bronze qui envoyait les flèches avec plus de force que les autres. La même pensée se retrouve en Es 24.18 ; Am 5.19.

[qqqq] 20.29 voilà ce qu’il récoltera... pour lui : autre traduction : c’est là ce que Dieu lui fera récolter pour ses propos.

[rrrr] 21.15 Autre traduction : pour que nous lui rendions un culte.

[ssss] 21.16 Autre traduction, d’après l’ancienne version grecque : le bonheur de ces gens n’est-il pas dans leurs mains, alors qu’ils tiennent Dieu en dehors de leurs projets ?

[tttt] 21.17 C’est-à-dire mourir sans laisser de descendant (Pr 13.9). Job demande à ses amis combien de fois les « lois » qu’ils lui ont rappelées se vérifient.

[uuuu] 22.6 Voir Ex 22.25-26 ; Dt 24.6,12-13.

[vvvv] 22.17 D’après l’ancienne version grecque et la version syriaque ; le texte hébreu traditionnel a : leur faire.

[wwww] 22.18 Eliphaz reprend l’affirmation de Job (21.16). Au lieu de : mais moi, j’écarte leurs conseils, l’ancienne version grecque a : mais ils l’ont tenu en dehors de leurs projets.

[xxxx] 22.24 C’est-à-dire l’or le plus fin et le plus cher (voir 1 R 9.28 ; 10.11 ; Ps 45.10 ; Es 13.12).

[yyyy] 22.27 On accompagnait souvent ses prières de vœux.

[zzzz] 23.2 Autre traduction : ma plainte est traitée de révolte.

[aaaaa] 23.2 L’ancienne version grecque a : à mon cri, il répond par sa main pesante.

[bbbbb] 23.13 Au lieu de : Mais lui... changer?, on pourrait traduire : il est seul à décider ou il n’a qu’une idée.

[ccccc] 23.17 Ce ne sont pas les ténèbres mais, sous-entendu, Dieu (voir v.16). L’hébreu est obscur. Autre traduction : car devant les ténèbres, je ne me suis pas tu, et devant moi l’obscurité recouvre tout.

[ddddd] 24.2 Voir Dt 19.14 ; Pr 22.28.

[eeeee] 24.4 Autre traduction : on bouscule les pauvres hors du chemin.

[fffff] 24.9 Voir Ex 22.25-26 ; Dt 24.6,12-13.

[ggggg] 24.12 Certains comprennent, en changeant une voyelle de l’hébreu et conformément à la version syriaque : les mourants.

[hhhhh] 24.16 En Orient, les maisons étaient souvent faites en pisé (argile séchée mélangée à la paille) ou en briques non cuites. Elles étaient donc faciles à forcer ou à percer (Mt 6.19-20).

[iiiii] 24.17 Autre traduction : L’aube pour tous ces gens est un sombre moment, car c’est là qu’ils éprouvent les frayeurs des nuits noires.

[jjjjj] 24.18 Dans les v.18-24, Job reprend les thèses de ses amis pour les rejeter. Selon d’autres, Job reconnaîtrait ici que pour certains méchants — mais certains seulement — il arrive ce qu’affirment ses amis : oui, le méchant est emporté... D’autres encore voient dans ces versets des malédictions prononcées par Job contre les méchants : que le méchant soit emporté...

[kkkkk] 24.22 D’autres comprennent : emporte les tyrans.

[lllll] 24.22 D’autres comprennent : Dieu se dresse et ils ne sont plus sûrs de vivre ou ils s’élèvent mais ils ne sont pas sûrs de rester en vie.

[mmmmm] 25.3 C’est-à-dire les étoiles, les anges, les éléments.

[nnnnn] 26.6 En hébreu : Abaddôn, c’est-à-dire le lieu de destruction. Dans Ap 9.11, c’est le nom de l’ange de l’abîme.

[ooooo] 26.12 Voir v.13 ; 3.8 et note. Autre traduction : il en brise l’orgueil (voir 9.13 et note).

[ppppp] 26.13 Voir Es 27.1 et note.

[qqqqq] 27.2 Le plus solennel des serments (voir Gn 42.15).

[rrrrr] 27.13 Dans les v.13-23, Job veut montrer à ses amis qu’il sait aussi bien qu’eux la vérité générale, celle qu’enseigne la sagesse traditionnelle, mais, dira-t-il au chapitre suivant, la sagesse divine, qui peut la connaître ?

[sssss] 27.15 Comme il fallait enterrer immédiatement les cadavres des pestiférés, leurs veuves n’avaient pas le temps d’organiser des funérailles décentes, avec les lamentations d’usage.

[ttttt] 27.19 c’est la dernière fois : avec un léger changement de voyelles en hébreu et selon les anciennes versions grecque et syriaque. Le texte hébreu traditionnel a : il ne sera pas recueilli, c’est-à-dire, peut-être, pas enseveli.

[uuuuu] 28.4 Autrefois, les mineurs travaillaient assis sur un siège suspendu à une corde.

[vvvvv] 28.5 L’activité des mineurs est comparée aux ravages d’un incendie.

[wwwww] 28.11 Pour éviter que les cours d’eau souterrains ne minent les murs des galeries ou les inondent. Les documents anciens révèlent l’existence de mines dès l’époque de Joseph. Le fer était travaillé déjà au temps de Gn 4.22.

[xxxxx] 28.15 On pesait l’argent au moment du paiement (Gn 23.16).

[yyyyy] 28.27 Quelques manuscrits hébreux ont : il a examiné la sagesse.

[zzzzz] 28.28 Voir Ps 111.10 ; Pr 1.7 ; 9.10.

[aaaaaa] 29.6 Images classiques de la prospérité : le roc désigne le pressoir d’olives dont la base d’où s’écoulait l’huile était faite en pierre.

[bbbbbb] 29.7 Le conseil des notables siégeait sur la place publique près des portes de la ville. Ce conseil fonctionnait aussi comme tribunal. Les v.7-10 illustrent les habitudes de politesse orientale.

[cccccc] 29.8 Jusqu’à ce que Job se fût assis.

[dddddd] 29.16 Autre traduction : les cas que je ne savais pas trancher.

[eeeeee] 29.18 D’autres comprennent : comme le phœnix, oiseau légendaire qui vivait 500 ans puis brûlait avec son nid pour renaître aussitôt de ses cendres. L’ancienne version grecque a : comme le palmier.

[ffffff] 29.21 Suite des v.7-10.

[gggggg] 29.24 Autre traduction : ils ne négligeaient aucun signe favorable sur mon visage.

[hhhhhh] 30.4 Cette herbe salée est parfois identifiée à l’arroche qui pousse sur les rives de la mer Morte.

[iiiiii] 30.5 A cause des méfaits qu’ils ont commis.

[jjjjjj] 30.12 Pour accuser Job. L’accusateur se place à la droite de l’accusé au tribunal (Ps 109.6 ; Za 3.1).

[kkkkkk] 30.16 Autre traduction : je me lamente sur moi-même.

[llllll] 30.18 il s’agrippe à mon vêtement : d’après l’ancienne version grecque ; le texte hébreu traditionnel a : Dieu devient pour moi comme un vêtement.

[mmmmmm] 30.29 En faisant entendre des cris qui ressemblent à ceux de ces animaux ; même image en Mi 1.8.

[nnnnnn] 31.7 Voir Mt 5.28.

[oooooo] 31.10 Travail des esclaves (Ex 11.5 ; Es 47.2).

[pppppp] 31.27 Geste exprimant la vénération et l’adoration (1 R 19.18 ; Ps 2.12 ; Os 13.2). L’adoration des corps célestes était une forme très ancienne de l’idolâtrie, interdite par la Loi (Dt 4.19 ; 17.3 ; voir Ez 8.16-17).

[qqqqqq] 31.29 Voir Ex 23.4-5 ; Mt 5.43-47.

[rrrrrr] 31.33 Autre traduction : comme les hommes.

[ssssss] 31.35 Littéralement : mon tav, dernière lettre de l’alphabet hébreu. Cette lettre, en forme de croix, servait de signature à ceux qui ne savaient pas écrire, d’où l’autre sens suggéré par certains traducteurs : voilà ma signature, c’est-à-dire : je persiste et je signe.

[tttttt] 31.36 Parfois on portait des déclarations sur l’épaule pour en rappeler l’importance (voir Ex 28.12).

[uuuuuu] 32.2 Bouz, frère d’Outs (Jb 1.1 ; Gn 22.21) : le pays de Bouz est mentionné dans Jr 25.23 avec Téma et Dedân comme faisant partie de l’Arabie.

[vvvvvv] 32.2 D’autres comprennent : parce que celui-ci se disait plus juste que Dieu (voir 35.2).

[wwwwww] 32.3 Les copistes juifs indiquent en marge qu’ils ont corrigé le texte original pour mettre : et qu’ils avaient ainsi condamné Job. Ces copistes voulaient éviter l’idée d’une condamnation de Dieu.

[xxxxxx] 32.15 C’est-à-dire les trois amis de Job.

[yyyyyy] 33.9 Voir 10.7 ; 23.11-12 ; 27.6 ; 31.

[zzzzzz] 33.10 Voir 9.17 ; 13.24 ; 19.11.

[aaaaaaa] 33.13 Autre traduction : pourquoi lui reproches-tu de ne pas répondre aux questions qu’on lui pose ?

[bbbbbbb] 33.23 Certains discernent dans cet ange un messager humain, selon le sens premier qu’a le mot en hébreu. Il semble pourtant plus naturel d’y voir un ange chargé de transmettre à l’homme la volonté de Dieu, comme le suggère la fin du verset. D’autres traduisent : un ange intercesseur.

[ccccccc] 34.5 Voir 10.15 ; 13.18.

[ddddddd] 34.5 Voir 19.7 ; 27.2.

[eeeeeee] 34.6 Voir 10.17 ; 16.8.

[fffffff] 34.6 Voir 6.4 ; 16.13.

[ggggggg] 34.9 Voir 9.22-24 ; 21.7-34.

[hhhhhhh] 34.25 C’est-à-dire à l’improviste (voir v.20).

[iiiiiii] 34.29 Autre traduction : s’il donne le repos.

[jjjjjjj] 34.33 Traduction incertaine.

[kkkkkkk] 35.2 C’est-à-dire : ma justice vient de Dieu. D’autres comprennent : je suis plus juste que Dieu (voir 32.2).

[lllllll] 35.13 Au lieu de : Oui, c’est en vain... n’exauce pas, on pourrait traduire : non, Dieu n’écoutera pas ces paroles mensongères.

[mmmmmmm] 35.14 Autre traduction : Cependant, bien que tu prétendes que tu ne le vois pas, ta cause est devant lui, tu peux t’attendre à lui.

[nnnnnnn] 35.15 révolte : mot de sens incertain, traduit d’après des versions anciennes.

[ooooooo] 36.13 Autre traduction : ils s’exposent à la colère de Dieu.

[ppppppp] 36.17 Voir v.17-18 : hébreu peu clair et traduction incertaine. La rançon pourrait être l’humble soumission au châtiment divin. Mais ce verset a donné lieu à des interprétations divergentes.

[qqqqqqq] 37.18 Dans Dt 28.23, le ciel de bronze (nous dirions : de plomb) représente une canicule très forte.

[rrrrrrr] 37.23 Autre traduction : il est grand en puissance et par son équité : dans sa parfaite justice, il ne répond pas.

[sssssss] 38.3 Voir 42.3-4.

[ttttttt] 38.4 Dans les v.4-6, l’auteur parle de la terre comme d’un édifice.

[uuuuuuu] 38.7 Expression qui peut être prise dans son sens propre (comme dans Ps 148.3) ou dans un sens figuré (comme dans Es 14.12) comme désignant les anges dont parle la fin du verset. C’est le matin de la création qu’acclament les premières créatures.

[vvvvvvv] 38.7 Appelés ici fils de Dieu (voir notes 1.6 ; 2.1 et Ps 29.1).

[wwwwwww] 38.13 La terre est comparée au tapis que l’on secoue le matin hors de la tente pour en chasser la poussière.

[xxxxxxx] 38.14 L’argile servait de cire, on y imprimait son sceau, lui donnant du relief. La lumière a le même effet sur le paysage.

[yyyyyyy] 38.20 C’est-à-dire à la limite du jour et de la nuit.

[zzzzzzz] 38.23 Voir Jos 10.11 ; Ps 18.13-14 ; Es 28.17 ; 30.30.

[aaaaaaaa] 38.31 Voir 9.9.

[bbbbbbbb] 38.36 La traduction des deux mots cœur et esprit est incertaine. Certains pensent qu’ils désignent l’ibis et le coq, le premier oiseau annonçant la venue du printemps, le second celle de l’aurore.

[cccccccc] 39.6 Les terres salées sont opposées aux terres à fruits (Ps 107.34). L’âne sauvage se nourrit des herbes salées croissant dans les steppes d’Arabie et de Syrie.

[dddddddd] 39.9 Pas le buffle domestique utilisé dans les plaines du haut-Jourdain, mais l’urus ou l’aurochs, variété éteinte aujourd’hui, animal grand et puissant, souvent pris comme symbole de la force (Nb 23.22 : 24.8 ; Dt 33.17).

[eeeeeeee] 39.26 L’épervier migrateur s’arrête en Palestine dans son vol vers le sud au début de l’hiver.

[ffffffff] 39.30 Voir Mt 24.28 ; Lc 17.37.

[gggggggg] 40.10 Voir Ps 96.6 ; 104.1 ; 111.3.

[hhhhhhhh] 40.15 En hébreu, behémoth, la bête par excellence. La plupart des interprètes l’identifient à l’hippopotame du Nil décrit dans les v.16-24 dans un langage poétique et hyperbolique.

[iiiiiiii] 40.25 Voir note 3.8.

[jjjjjjjj] 41.3 Cité en Rm 11.35.

[kkkkkkkk] 41.5 Sa carapace est comparée à une cuirasse couvrant son corps.

[llllllll] 41.10 Par sa respiration et ses éternuements, de fines gouttelettes sont projetées en l’air ; éclairées par les rayons du soleil, elles font l’effet de jets de lumière.

[mmmmmmmm] 41.10 Dans l’écriture hiéroglyphique, l’aurore est représentée par des yeux de crocodile.

[nnnnnnnn] 42.3 Pour les v.3-4, voir Job 38.2-3.

[oooooooo] 42.6 Marques de deuil.

[pppppppp] 42.8 Voir note 1.5.

[qqqqqqqq] 42.11 En hébreu : une késita, monnaie correspondant à un certain poids d’argent, terme qui ne se retrouve que dans Gn 33.19 ; Jos 24.32.

[rrrrrrrr] 42.17 Voir 5.26 ; Gn 15.15 ; 25.8.