Il n'est pas inutile de rappeler que nous n'avons pas l'intention
d'écrire un traité historique, il existe déjà d'excellents ouvrages sur le
sujet. Il ne s'agit pas davantage d'une étude s'inspirant d'un quelconque
mouvement spiritualiste ; nous voulons tout simplement répondre à la
demande, plusieurs fois réitérée, de quelques amis désireux de mieux
comprendre, dans un langage simple et dépouillé, ce que fut le catharisme.
Par conséquent, nous ne dirons presque rien qui ne soit déjà connu de tous
ceux qui se sont déjà penchés sur cette vaste question, si ce n'est notre
point de vue parfois en désaccord avec l'historiographie du sujet
généralement admise par les spécialistes.
Dans le premier volet de cette introduction, il a été rapidement brossé
l'implantation géographique du catharisme depuis le Proche Orient jusqu'en
Europe, ainsi que les raisons qui ont poussé l'Eglise apostolique et
romaine à lancer une croisade meurtrière (1) contre une
civilisation, la plus brillante de son temps peut-être, celle de
l'Occitanie. Les principales sources écrites, connus à ce jour, permettant
l'étude historique du catharisme ont été brièvement rappelées, comme
d'ailleurs l'éclectisme de divers systèmes religieux auxquels le
néomanichéisme n'a pas échappé. Cet emprunt, dont on retrouve aisément les
traces, ouvre l'accès à une vaste bibliographie.
Quelques ouvrages de vulgarisation ont été conseillés.
Valeur des sources historiques
Quelle valeur accorder aux sommes, traités et sources judiciaires anti-cathares
? N'enseigne-t-on pas à l'université de Montpellier : «... Sans les
registres de l'Inquisition, l'on ne saurait à peu près rien aujourd'hui de
Montségur ... rien de ce que furent l'implantation réelle, et la
signification religieuse du christianisme des Bons Hommes. Ce sont les
registres d'Inquisition qui , paradoxalement, nous ont conservé le visage
humain du christianisme des Bons Hommes» (2).
Et, concernant les auteurs des ouvrages de controverse anti-cathares, un autre
historien contemporain, précise : «Il serait puéril de croire qu'ils
déformaient à plaisir le religion qu'ils combattaient ; leurs auteurs
mettent eux-mêmes leurs lecteurs en garde contre les calomnies faciles et
les accusations ridicules dirigées parfois contre les cathares. Seuls les
intéressent les points sérieux de doctrine, qu'ils discutent avec âpreté,
mais avec, dans l'ensemble, une grande honnêteté intellectuelle ; c'est en
particulier le cas du «Liber contra Manichéos», de
l'ancien vaudois converti, Durand de Huesca, de la «Summa
quadripartita», écrite à Montpellier par Alain de Lille, ou de la
«Summa adversus catharos», de Moneta de Crémone, pour ne citer que les plus
importants, sans oublier bien sûr la «Summa», de l'Italien
Rainier Sacconi qui se fit dominicain et inquisiteur après avoir été
dix-sept ans Parfait cathare, et qui
savait mieux que tout autre ce qu'était le catharisme» (3).
Une telle affirmation, bien qu'apparemment logique, est un jugement de
valeur dont l'auteur n'a su se garder, Nous ne contestons nullement
l'intérêt des sources judiciaires en général et de la littérature de
controverse en particulier ; ces manuscrits, dont le but était évidemment
de combattre le catharisme, sont, sous certaines restrictions, de précieux
et irremplaçables témoignages pour la recherche historique. Des travaux
remarquables ont été publiés sur la base de tels documents, matériaux par
excellence de l'historien. Cependant, au risque de nous répéter, force est
de constater que les archives conservées contiennent, pour l'essentiel, une
littérature anti-cathare qu'il convient de traiter avec prudence car elle
se substitue aux sources directes, c'est-à-dire aux manuscrits rédigés par
les cathares eux-mêmes et presque tous détruits par l'Inquisition ou
éliminés par les «hérétiques» qui, pour écarter les soupçons et les preuves
éventuelles, supprimaient toutes traces écrites. A cette pénurie de pièces
s'ajoutent, dans les documents qui nous sont parvenus, les interpolations,
les ajouts ... Que valent, en effet, les faux témoignages, les mensonges (4), les dépositions arrachées par la menace ou la torture
souvent pour assouvir la cupidité, tous éléments qui altèrent et déforment
les sources historiques ? Les chercheurs qui ne prennent pas les textes au
pied de la lettre sont confrontés à une méthodologie qui doit être exempte
de tout préjugé, en évitant de mettre le passé à leur service personnel ou
à celui d'une cause, Sans critique sérieuse et désintéressée des sommes et
traités ou des actes judiciaires rédigés par les clercs et les notaires, on
ne peut éviter l'inconvénient majeur de leur partialité. Des exemples
peuvent être cités concernant la fragilité de certains procès verbaux, des
altérations dans les textes et des interprétations abusives, en voici
trois.
Jean Guiraud, dans son «Histoire de l'Inquisition au Moyen Âge»,
rapporte que deux suspects d'hérésie sont interrogés mais l'un des deux, à
la lecture de son témoignage, déclare n'avoir absolument lien compris à sa
déposition alois que son compagnon affirme que c'était tout à fait la règle
des cathares !
Afin d'entacher le catharisme de fanatisme et de le plonger ainsi plus
profondément dans l'hérésie, le jésuite Gretser n'a pas hésité à interpoler
une édition de la Somme, de R. Sacconi, précisant que l'endura, chez les
cathares, était un suicide paf abstinence alimentaire ; cette fraude
trompera d'ailleurs un gland nombre d'historiens.
Que dire de la fameuse lettre de Raymond V
de Toulouse, écrite en 1177, pour informel le chapitre de Cîteaux de
l'extension de l'hérésie cathare et son impuissance à l'enrayer ? C'est ni
plus ni moins un faux ! Si tous les comtes de Toulouse, de Raymond V à Raymond VII, sont lestés catholiques, ils
se sont aussi généralement montrés bienveillants envers tous leurs sujets,
qu'ils soient catholiques, cathares, vaudois, juifs ou musulmans. Un tel
document était sans doute destiné à marquer l'inconsistance de la foi
catholique et à jeter le discrédit sui la politique de Raymond VI et de Raymond VIl, par rapport
à Raymond V, bon serviteur de la papauté et adversaire des Bons Hommes.
Ainsi, ce faux document légalisait implicitement l'action de l'Église pouf
éliminer ces infâmes et malfaisants «hérétiques» : les cathares.
Les exemples de ce genre pourraient se poursuivie, ils démontrent qu'il est
difficile d'affirmer avec exactitude coi le discours historique reste
inévitablement subjectif. L'interprétation des événements qui nous
intéressent est d'autant plus difficile qu'ils remontent à près de huit
siècles et restent soumis, comme l'histoire en général, à la partialité
d'interprétation de celui qui l'écrit. D'autre part, la rareté des sources
historiques purement cathares aggrave le problème car en définitive
l'histoire «officielle» de cette religion repose, pouf l'essentiel, sur les
ouvrages de controverse et les documents judiciaires ; comment peut-on
alors construire, sans s'écarter de la vérité, le «vrai visage du
catharisme» sur la base de textes écrits par ceux-là mêmes qui
l'ont combattu ?
A cela s'ajoute les dépositions déformantes de témoins laïcs ignorant
presque tout de la religion des Bons Hommes ; ou encore des minutes de
procès à une époque tardive, où le catharisme persécuté était devenu
décadent. En effet, on relève dans les textes des déviations doctrinales,
sérieuses conséquences de la pénurie et de la formation trop lapide des
derniers ministres cathares.
En dépit de la littérature corrective, marquée notamment par les travaux de
Déodat Roché, publiés dès la fin de la deuxième guerre mondiale, des
philosophes comme Jean Guitton («L'Impur» - Desclée de
Brouwer - 1991) et des historiens subissent toujours, depuis le Moyen Age,
le leg défigurant de l'Inquisition en véhiculant des calomnies et des
sornettes.
L'éminent historien Daniel Rops, prisonnier de son éducation, donne, dans
son «Eglise de la cathédrale et de la croisade» (1952) son
point de vue sur les cathares et le catharisme : «Anti-chrétienne, cette
hérésie se dressait non pas pour réformer l'Eglise du Christ, mais pour
l'abattre ... Si une société de parfaits avait été réalisable, elle se fut
instantanément éteinte par le suicide
rituel (endura) et la virginité totale ...»
Ne lit-on pas également dans sa biographie de «Blanche de Castille»
(1977) : «La répression fut féroce, nul n'en doute, mais les innocentes
créatures étaient aussi dangereuses que des vipères. Il est difficile de
qualifier autrement des personnes qui allaient par les campagnes et les
cités, proposant comme suprême idéal le suicide. (...) Les parfaits, petits
hommes débiles et passionnés, au cœur sans espérance (...). Le mariage
était interdit, la procession maudite ...»
De tels jugement démontrent bien les traces déformantes, voire
caricaturales, dont sont porteuses les sources anti-cathares ; il convient
à l'historien de les traiter avec grand discernement et impartialité.
Laissons finalement la parole, chargée d'humilité, au grand médiéviste
Georges Duby : «Je ne crois pas qu'il reste beaucoup, parmi les
historiens actuels, d'hommes qui adoptent encore le point de vue du
positivisme d'il y a cinquante ou soixante ans, lorsque, dans l'essor des
sciences exactes, le sentiment s'affermissait qu'il était possible
d'atteindre une connaissance scrupuleusement vraie de ce qui s'est passé
autrefois, qu'il était possible de construire une histoire scientifique.
Vraiment, je suis persuadé de l'inévitable subjectivité du discours
historique ; du mien, en tous cas, tout à fait. Cela ne veut pas dire que
je ne fais pas tout ce que je peux pour être le plus près possible de ce
que l'on peut appeler la réalité, par rapport à cette imaginaire
construction mentale qu'est notre discours».
Les origines du catharisme
Comme précisé dans le bulletin précédent, le catharisme est le produit de
divers courants religieux et philosophiques qui l'ont précédé. Sa filiation
historique est d'une telle complexité que la plupart des chercheurs actuels
se refusent à soutenir une théorie. Parfois, au sein d'un même groupe, les
divergences sont radicales, certains affirmant que le catharisme occidental
et le bogomilisme venu de Bulgarie
constituent la même religion, d'autres le contestant avec fermeté.
Les travaux de Madame Lucienne Julien adhèrent à la thèse, généralement
admise, suivant laquelle le bogomilisme et
le catharisme se confondent. Cette religion venue des Balkans est
évidemment considérée comme «hérésie» par le plan religieux, et mouvement
social dirigé contre l'oppression féodale. Le bogomilisme est une manière
de synthèse entre deux courants qui l'ont précédé dès le Vème siècle : le
paucilianisme et le messalianisme qui s'étaient propagés aux confins de
l'Empire byzantin.
Le paulicianisme s'était formé sous
l'influence des doctrines manichéennes, elles-mêmes fortement imprégnées
par la pensée des gnostiques et leur vision
dualiste de la création. Tandis que le manichéisme
s'effaçait peu à peu de Byzance sous les sévères poursuites déclenchées
contre les adeptes, le règne de l'empereur romain Justin Ier (527-565)
permit l'apparition du paulicianisme. Manichéens et pauliciens présentent
de telles ressemblances que de nombreux chroniqueurs bizantins confondent
les deux mouvements (...)
L'autre courant de pensée qui joue un rôle important dans l'élaboration du
bogomilisme est le messalianisme, de conception gnostique (...) conjugué
avec le paulicianisme, il va donner naissance aux enseignements bogomiles
(...) Le bogomilisme se propage rapidement dans les Balkans et en Asie
Mineure dès le XIème siècle, puis se diffuse en Italie et en France où ses
adeptes sont nommés patarins ou cathares (5).
Les travaux de Déodat Roché (1877-1978) sont catégoriques, la thèse de ce
savant modeste et désintéressé, «Études manichéennes et cathares»
(6), affirme que les cathares sont les successeurs directs
des manichéens par le truchement de divers mouvements religieux notamment
le paulicianisme et le messalianisme. Cette filiation est toutefois
sévèrement contestée par des historiens et les nombreuses publications et
interviews du professeur Anne Brenon.
Celle-ci rejette en bloc les travaux de D. Roché et par conséquent la
filiation du catharisme par les bogomiles, «J'ai bien connu Déodat Roché
et Lucienne julien qui lui succéda à la tête de la Société du Souvenir et
des Études Cathares. En fait, je souhaiterais qu'il y ait accord entre nous
et complémentarité, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui ... Déodat Roché a
écrit l'histoire du catharisme sans être historien ? Et surtout il a
travaillé sur des documents qui sont dépassés. Là où ça ne passe pas
surtout c'est qu'il se soit référé à l'anthroposophie pour bâtir ses
convictions historiques.
On peut reconnaître, en effet, l'hypothèse d'un lien avec le manichéisme,
dans la mesure notamment où il y a affinité par le dualisme. Cela dit, les
cathares ne seraient-ils pas les disciples du Christ ? Pour nous, ils sont
bel et bien des "paléochrétiens" et ils illustrent une pulsion
paléochrétienne reparue au Moyen Age. En réalité, le catharisme a tout pour
être médiéval : un discours très scolastique par exemple. Dans ce contexte,
la filiation par les bogomiles est pour nous une hypothèse caduque, et il
semble que le dualisme cathare a plutôt une origine paléochrétienne» (7).
Déodat Roché a travaillé sur les sources historiques qui, à notre
connaissance, ne se sont pas foncièrement enrichies depuis sa disparition
en janvier 1978. De plus, ce savant modeste et désintéressé a toujours
soutenu et écrit que les cathares étaient de bons chrétiens voulant se
rattacher au christianisme primitif ou paléochristianisme. Dans le cadre de
ce travail d'information, il n'est pas de notre propos de répondre aux
dénigrements de A. Brenon qui, depuis des années, ne cesse de remettre en
question les travaux de D. Roché devenu, en dépit de toutes attaques, une
figure incontournable des études contemporaines du catharisme. Une critique
de l'ouvrage de Madame A. Brenon, «Les cathares», a été
publiée dans le bulletin n° 30, été 1997. Pour revenir à la question des
origines du catharisme, il est intéressant de constater que Michel
Roquebert, membre du Centre d'Etudes Cathares / René Nelli, comme A.
Brenon, soutient une thèse différente par rapport à sa collègue. En effet,
cet historien écrit : «La recherche contemporaine tient pratiquement
pour acquis que le bogomilisme bulgare du XIème siècle et le catharisme que
l'Occident connut du XIIème au XIVème siècles, constituent en fait une
religion unique» (8).
Bien que M. Roquebert n'attribue qu'un rôle relatif à l'influence du
manichéisme sur le bogomilisme, nous partageons tout à fait ce point de
vue. Voyons de plus près les éléments sérieux permettant de soutenir une
telle filiation. La thèse de J. Ivanov (9) fait ressortir
l'étroite parenté, sinon la même identité, entre le bogomilisme et le
catharisme. Les uns comme les autres ont eu entre leurs mains les mêmes
textes sacrés, par exemple, le «Livre secret» ou «Cène
secrète», la «Vision d'lsaïe» ; la même prière
essentielle : le «Notre Père», etc. Le «Rituel
cathare» est originaire d'orient. Le «Rituel» des
bogomiles bulgares est identique à celui des cathares. Leurs dogmes, leur
métaphysique, leur morale, leur conception dualiste, leurs formules
rituelles ... sont d'une telle ressemblance qu'on ne peut les dissocier.
A cela, faut-il encore ajouter qu'un dignitaire bogomile, appelé Nicetas ou
Nikétas, venu de Bulgarie, préside en 1167, près de Toulouse, le concile
cathare de Saint-Félix-de-Caraman, dont le néologisme est
Saint-Félix-du-Lauragais ! Rien d'étonnant aussi qu'on ait découvert dans
les archives de Carcassonne l'«Interrogatio Iohnnis» («Cène
secrète»), apocryphe d'origine bogomile, déjà mentionné plus haut.
De plus, au XIIème siècle, l'évêque Garattus, venu de Bulgarie, fonde en
Lombardie l'Église cathare de Concorezzo, très étroitement liée aux
Bonshommes languedociens qui, le moment venu, fuyant les persécutions,
trouveront refuge chez leurs frères «italiens». Bref, les preuves
historiques sont si nombreuses et précises qu'il paraît difficile, à
l'exception de quelques historiens qui contestent presque tout sans jamais
apporter la preuve du contraire, de ne pas admettre que les deux mouvements
: celui des bogomiles et celui des Bonshommes, avec certes leur
particularisme, peuvent être confondus dans ce que nous appelons
aujourd'hui, le catharisme.
Notes :
1.
Il s'agit évidemment de la croisade
contre les Albigeois et non pas de la croisade des Albigeois comme un peut
encore parfois le lire. Dans le contexte médiéval de la croisade, le terme
générique de Albigeois désigne les hérétiques du Midi de la France :
cathares, vaudois, ... D'autres définitions nous paraissent moins sérieuses
sont proposées.
2.
Anne Brenon - «Les cathares,
vie et mort d'une Eglise chrétienne» - J. Grancher, 1996 - p.
306..
3.
Michel Roquebert - «La
religion cathare» - éditions Loubatières, 1986 - p. 4.
4.
Par cupidité, nous entendons les
condamnations inquisitoriales prononcées contre des innocents jugés
hérétique ; afin de s'approprier de leurs biens. Frappé d'anathème et
excommunié, les biens de l'hérétique sont confisqués. Les maisons sont
détruites avec interdiction de les reconstruire, y compris les maisons
voisines si celles-ci avaient reçu un cathare. Comme l'écrit René Nelli,
dans «La vie quotidienne des cathares du Languedoc au XIIIème
siècle» (Hachette, 1969, p. 166) : «Tout ce que contenait les
maisons était vendu au profit de l'Eglise, ainsi que les matériaux de la
démolition (...) On confisquait aussi les terres nobles, les seigneuries,
les biens des chevaliers (...) Une partie des confiscations servait à
nourrir les prisonniers, à construire des Murs (prisons), à rétribuer le
personnel de l'Inquisition ; une autre allait à l'évêque, à l'Eglise du
lieu ; sur les terres soumises à l'autorité du roi, le Trésor prélevait sa
part».
5.
Lucienne Julien - «Cathares et
catharisme, de l'esprit à la persécution», p. 21-28. Éditions
Dangles 1990.
6.
Déodat Ruché - «Études
manichéennes et cathares» - Édition des Cahiers d'études cathares
- Arques 1952.
7.
Interview donnée par Anne Brenon et
publiée dans les colonnes d'un périodique régional.
8.
Michel Roquebert - 0p.
cit. page 6.
9.
Jordan Ivanov - «Livres et
légendes bogomiles, (Aux sources du catharisme)» - Éditions
Maisonneuve et Larose 1976.