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Le
lundi 1er juillet 1916, à 7h30, débute une gigantesque offensive franco-anglaise sur la
Somme, la plus insensée et la plus sanglante de toutes les batailles de la Grande Guerre
de 1914-1918.
Les alliés français et anglais ont décidé de cette offensive en décembre 1915 à
Chantilly en vue d'en finir avec l'enlisement dans les tranchées.
Trois mois plus tard, les Allemands attaquent à Verdun.
L'état-major français espère que l'offensive sur la Somme soulagera le front de l'Est.
Des forces considérables sont massées entre Albert et Chaulnes.
Les armées françaises des généraux Fayolle et Micheler au sud ainsi que les armées
anglaises des généraux Rawlinson, Gough et Allenby au nord font face à la IIe Armée
allemande du général von Below.
L'offensive est précédée par une intense préparation d'artillerie.
Pendant une semaine, 1,6 millions d'obus tombent sur les lignes allemandes. Quelques
minutes avant l'assaut, les sapeurs britanniques font sauter deux mines énormes sous les
lignes allemandes.
Les alliés sont persuadés d'avoir liquidé toute résistance du côté ennemi.
C'est au point que le général en chef britannique Sir Henry Rawlinson, soucieux
d'épargner à ses hommes une fatigue inutile, leur recommande de monter à l'attaque en
ordre de parade et non pas en courant!
Dans les faits, les Allemands, endurcis par deux années éprouvantes, ont résisté aux
bombardements et attendent l'assaut de pied ferme.
La plupart des soldats anglais sont quant à eux des engagés volontaires qui n'ont aucune
expérience du feu.

Dès les premières minutes, ils succombent en grand
nombre dans les barbelés qui séparent les ennemis. Effrayé par l'ampleur des pertes, le
général Rawlinson songe à un repli mais il en est empêché par son supérieur, le
général Sir Douglas Haig.
Le 1er jour de l’offensive, on compte pas moins de 60.000 pertes du côté
britannique, dont 20.000 tués. Les Allemands essuient de leur côté quelque 20.000
pertes.
En ce jour le plus meurtrier de toute la Grande Guerre, la fine fleur de la jeunesse
britannique, issue des milieux aristocratiques autant que populaires, a perdu la vie (1).
L'offensive va se poursuivre envers et contre tout jusqu'en novembre 1916. Les alliés en
obtiendront un gain dérisoire de 10 km.
Le prix en est exorbitant: 400.000 Britanniques tués et blessés ainsi que 200.000
Français et 450.000 Allemands... à comparer aux 750.000 victimes de Verdun.
Notons qu'au cours de la bataille, le 15 septembre 1916, à Flers, les Britanniques
alignent pour la première fois des chars d'assaut, une innovation militaire promise à un
grand succès dont l'idée revient à... Winston Churchill.
Filmographie
La tranchée, un film de William Boyd, produit par Jacques Perrin (Microcosmos,
Himalaya, Le peuple migrateur,...), montre avec une rare justesse de ton
les préparatifs de cette folle offensive.
Un film méconnu, l'un des plus émouvants et des plus beaux qui soient sur la Grande
Guerre. Pour tous publics.
(1) Et l'on conçoit
l'émotion des Britanniques à l'annonce par la France, en 2001, de la construction à
Chaulnes, sur les lieux de la tragédie, d'un 3e aéroport parisien (avant le 4e, le
5e,...).
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