25 avril 1953

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Pour Vava, par Marc Chagall (1955)
Ce jour-là...

Crick et Watson révèlent la structure de l'ADN

Par Gabriel Vital-Durand

 Médecins et savants
au grand cœur:

François Rabelais
né près de Chinon, vers 1484
mort à Paris le 9 novembre 1553


Michel Servet
né en Navarre vers 1510
mort à Genève le 27 octobre 1553


Ambroise Paré
né près de Laval en 1510
mort à Paris en 1590


Théophraste Renaudot
né à Loudun en 1586
mort à Paris le 25/09/11653


Joseph-Ignace Guillotin
né à Saintes le 28 mai 1738
mort à Paris le 26 mars 1814


Edward Jenner
né à Berkeley (Angleterre) en 1749
mort à Berkeley le 27 octobre 1823


Louis Pasteur
né à Dôle en 1822
mort à Villeneuve-L'Etang en 1895


Arthur Conan Doyle
né à Edimbourg (Ecosse) le 22 mai 1859
mort le 7 juillet 1930


Alexandre Yersin
né près de Lausanne en 1863
mort
au Vietnam en 1943

Sir Alexander Fleming
né à Ayrshire (Ecosse) en 1881, mort en 1955


James Watson et Francis Crick
respectivement nés en 1928 à Chicago (EU) et à Nothampton (Angleterre) en 1916
 

Le 25 avril 1953, un article de la célèbre revue scientifique Nature décrit pour la première fois la structure de la molécule d'ADN (acide désoxyribonucléique), support du patrimoine génétique des êtres humains.

Watson et Crick devant la maquette de la double hélice de l'ADNLes auteurs de cette lettre de deux pages simplement intitulée A Structure for Deoxyribose Nucleic Acid sont le biologiste américain Jim Watson (24 ans) et le physicien britannique Francis Crick (36 ans).

Leur article marque l'aboutissement de très longues interrogations sur l'origine de la vie et le décollage du génie génétique et de la biologie moléculaire. Il explique comment la protéine ADN contenue dans les cellules de tous les êtres vivants permet la duplication de celles-ci.

«C'était simple; on pouvait exposer cette idée à n'importe qui - il n'était pas nécessaire d'être un génie pour comprendre le mode de réplication du matériel génétique», écrira plus tard James Dewey Watson, avec le souci de démystifier la recherche scientifique (1).

La transmission de la vie

La question de l'origine des êtres vivants est aussi vieille que le monde. L'aphorisme populaire: «Qu'est-ce qui est le plus ancien de l'œuf ou dela poule?» le résume à merveille.

Aristote avait postulé l'existence d'un embryon qui serait activé par la rencontre sexuelle. A sa suite, des savants européens comme Swammerdam et Malpighi en tenaient pour l'homonculus, être préliminaire en attente de devenir. Une autre école de pensée proposait la théorie de l'épigenèse, selon laquelle un ovum indifférencié était susceptible de maturation après fertilisation par la semence mâle.

La théorie de la génération spontanée, selon laquelle la vermine prenait naissance dans la viande en décomposition, avait par ailleurs de nombreux partisans dans la communauté scientifique.

William Harvey découvrit la circulation sanguine et consacra des recherches poussées à la reproduction, popularisant la formule «ex ovo omnia» pour signifier que tous les êtres vivants - y compris les plantes - descendent de leurs semblables selon un processus sexué (Londres, 1651).

De l'Histoire naturelle à la génétique

Charles Bonnet, un naturaliste genevois, découvrit en 1740 que les aphis, une sorte de puceron, étaient susceptibles de se reproduire en l'absence de mâle, par parthénogenèse.

A la même époque, Maupertuis puis Spallanzani, qui mit en évidence dès 1779 le rôle du sperme et de l'ovule, publièrent des études convaincantes pour démontrer l'absence de génération spontanée.

Pasteur établit définitivement l'absence de toute génération spontanée.

Puis, le moine Gregor Mendel, dans son couvent de Brunnen, en Moravie (1866), mit en évidence les principes d'uniformité, de disjonction et d'indépendance qui régissent la transmission des gènes. Ses découvertes furent exploitées trente ans plus tard par Correns, De Vries et Tschermak.

A leur suite, Thomas Morgan lança deux générations de zoologistes sur la piste de l'hérédité en utilisant un sujet d'expérimentation privilégié, la drosophile ou mouche du vinaigre.

Il montra que les chromosomes, des formations visibles lors de la mitose (reproduction par dédoublement de la cellule) étaient le siège de l'hérédité des cellules à noyau.

A la fin des années 1940, l'ADN (acide désoxyribonucléique) fut enfin communément considéré comme vecteur de l'hérédité. Mais la structure tri-dimensionnelle de cette molécule extrêmement lourde et fragile, et plus encore sa fonction semblaient hors de portée des ressources scientifiques du temps.

Un livre du savant Schrödinger, Qu'est-ce que la vie? (1944) excite l'imagination des jeunes chercheurs de tous bords.

Le rôle de l'ADN

Parmi eux figure Jim Watson qui, ses études terminées, entre en 1951 au laboratoire Cavendish de l'Université de Cambridge, spécialisé en cristallographie, et fait équipe avec Francis Crick.

Ensemble, ils échafaudent des hypothèses sur une structure à double hélice de l'ADN qui pourrait expliquer la migration des gènes lors de la division cellulaire.

Simultanément, Maurice Wilkins et Rosalind Franklin, chercheurs en cristallographie au King's College de Londres, s'efforcent de pénétrer la structure de l'ADN en analysant la diffraction des rayons X projetés sur la molécule. Ils identifient formellement une structure hélicoïdale mais sont incapables d'en saisir le sens.

Passant par le King's College, Watson consulte les clichés que lui présente Wilkins. Ils lui confirment l'existence d'une double hélice. Cette structure de l'ADN lui apparaît conforme aux hypothèses ébauchées par Crick et lui-même.

Il peut dès lors, avec son collègue, présenter ces hypothèsescomme des conclusions définitives sur la structure de l'ADN aux lecteurs de Nature.

Crick, Watson et Wilkins ont reçu le prix Nobel de physiologie-médecine en 1962.

(1) «It was simple; instantly you could explain this idea to anyone - you didn't have to be a high powered scientist to see how the genetic material was copied» (La double hélice, 1968) [retour]

 



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