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Médecins et savants
au grand coeur:
François Rabelais
né près de Chinon, vers 1484
mort à Paris le 9 novembre 1553
Michel Servet
né en Navarre vers 1510
mort à Genève le 27 octobre 1553
Ambroise Paré
né près de Laval en 1510
mort à Paris en 1590
Théophraste Renaudot
né à Loudun en 1586
mort à Paris le 25/09/11653
Joseph-Ignace Guillotin
né à Saintes le 28 mai 1738
mort à Paris le 26 mars 1814
Edward Jenner
né à Berkeley en 1749
mort à Berkeley le 27 octobre 1823
Louis Pasteur
né à Dôle en 1822
mort à Villeneuve-L'Etang en 1895
Arthur Conan Doyle
né à Edimbourg le 22 mai 1859
mort le 7 juillet 1930
Alexandre Yersin
né près de Lausanne en 1863
mort au Vietnam en 1943
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Le 26 octobre
1553, Michel Servet est condamné au bûcher comme hérétique par le Grand Conseil de la
république de Genève. Il est brûlé le lendemain à Champel, aux portes de la
ville.
Ce médecin de génie est né à Villeneuve d'Aragon (Espagne) en 1509 ou 1511. Il
entrevoit le premier le système de la circulation sanguine (près d'un siècle avant
l'anglais Harvey).
Mais il ne s'en tient pas à des recherches scientifiques et se laisse happer par les
guerres religieuses de son temps, entre catholiques et protestants.
Dès l'âge de 20 ans, il a le front de développer des idées très personnelles sur le
dogme de la Sainte Trinité dans un petit livre publié en 1531 sous le titre «De
trinitatis erroribus» (Les erreurs de la Trinité). «L'essence divine est
indivisible... il ne peut y avoir dans la Divinité diversité de personnes»,
écrit-il notamment.
Il entame une correspondance
discrète avec le réformateur protestant Jean Calvin
et publie en 1553 «Christianismi restitutio» (Restitution chrétienne) en
réplique au livre fondamental de Calvin (L'Institution chrétienne).
Ses détracteurs l'accusent d'aller dans ce livre jusqu'à nier la divinité du Christ,
comme les arianistes du IVe siècle.
Tandis que Michel Servet sert l'évêque de Vienne (Dauphiné) en qualité de médecin, un
ami de Calvin le dénonce à l'Inquisition catholique en dévoilant la
correspondance entre les deux hommes.
Il est arrêté mais arrive à s'échapper et ne trouve rien de mieux que de se cacher
à... Genève, où Calvin impose au nom de la Réforme protestante une très sévère
discipline morale.
Il est arrêté encore une fois. Son procès donne lieu à un débat très vif. Le Grand
Conseil de Genève consulte les autres villes suisses avant de prononcer la condamnation
à mort.
Calvin se rallie aux partisans de la condamnation faute de pouvoir faire autrement.
L'époque ne se prête guère à la tolérance et à la libre discussion, tant du côté
protestant que du côté catholique.
En 1903, une stèle a été érigée à l'emplacement du bûcher avec ces mots:
«Fils respectueux et reconnaissants de Calvin, notre grand réformateur, mais
condamnant une erreur qui fut celle de son siècle et fermement attachés à la liberté
de conscience selon les vrais principes de la Réformation et de l'Evangile, nous avons
élevé ce monument expiatoire».
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