3 septembre 1928

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Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Alexander Fleming découvre la pénicilline

D'après un texte des laboratoires Merck (MSD)

 Médecins et savants
au grand cœur:

François Rabelais
né près de Chinon, vers 1484
mort à Paris le 9 novembre 1553


Michel Servet
né en Navarre vers 1510
mort à Genève le 27 octobre 1553


Ambroise Paré
né près de Laval en 1510
mort à Paris en 1590


Théophraste Renaudot
né à Loudun en 1586
mort à Paris le 25/09/11653


Joseph-Ignace Guillotin
né à Saintes le 28 mai 1738
mort à Paris le 26 mars 1814


Edward Jenner
né à Berkeley (Angleterre) en 1749
mort à Berkeley le 27 octobre 1823


Louis Pasteur
né à Dôle en 1822
mort à Villeneuve-L'Etang en 1895


Arthur Conan Doyle
né à Edimbourg (Ecosse) le 22 mai 1859
mort le 7 juillet 1930


Alexandre Yersin
né près de Lausanne en 1863
mort
au Vietnam en 1943

Sir Alexander Fleming
né à Ayrshire (Ecosse) en 1881, mort en 1955


James Watson et Francis Crick
respectivement nés en 1928 à Chicago (EU) et à Nothampton (Angleterre) en 1916
 

Le 3 septembre 1928, le docteur Alexander Fleming, 47 ans, de retour de vacances, retrouve son laboratoire de Saint-Mary's Hospital, à Londres.

Il a la surprise de voir les boîtes de Pietri où il faisait pousser des staphylocoques envahies par des colonies cotonneuses d'un blanc verdâtre. Ses boîtes ont été contaminées par les souches d'un champignon microcospique, le penicillium notatum, qu'utilise son voisin de paillasse.

Avant de jeter ces boîtes, Fleming y jette un coup d'oeil et s'aperçoit qu'autour des colonies, le staphylocoque ne pousse pas. Il émet l'hypothèse qu'une substance sécrétée par le champignon en est responsable. Il l'appelle aussitôt... «pénicilline»!

L'année suivante, Fleming publie le compte-rendu de sa découverte sans en mesurer toute la portée et pendant une dizaine d'années, la pénicilline ne va servir qu'à isoler en laboratoire la bactérie B. influenzae, qui seule résiste à son action.

Un miracle

Dr Randolph T Major, Sir Alexander Fleming (debout) et dr Selman A WalksmanEn 1936, Howard Walter Florey, 48 ans, professeur de pathologie à Oxford, engage un biochimiste allemand de 30 ans qui a fui le nazisme, Ernest Boris Chain.

Ce dernier saisit l'intérêt de la pénicilline pour la santé humaine.

Avec Florey et deux bactériologistes, Edward P. Abraham et Norman Heatley, il entreprend de purifier la pénicilline en vue de l'utiliser au mieux de ses possibilités.

En mars 1940, l'équipe réussit à en produire... 100 milligrammes!

Le 25 mai 1940, Florey injecte une dose mortelle de streptocoques à huit souris. Il en traite deux avec une injection de pénicilline et deux autres avec plusieurs injections répétées de pénicilline. Au bout de dix heures, ces dernières survivent ainsi que l'une de celles qui ont reçu une seule dose.

A 3h 45 du matin, le jeune savant note fébrilement en marge de son cahier de laboratoire:«It looks like a miracle!» (Ca a l'air d'un miracle!).

En toute hâte, l'équipe publie ses résultats dans la revue Lancet le 24 août 1940... et comme l'on peut s'y attendre, leur article tombe à plat; l'Angleterre est bombardée par l'aviation allemande et menace d'être envahie d'un moment à l'autre. Autant dire que le public a d'autres sujets de préoccupations que les vertus de la pénicilline.

Qu'à cela ne tienne, les chercheurs guérissent un adolescent de 15 ans présentant une suppuration du col de fémur, mais leurs progrès se heurtent à la difficulté de produire la pénicilline en quantité suffisante... et du fait de la guerre, ils ne peuvent guère compter sur l'appui des pouvoirs publics et des industriels.

Le hasard fait bien les choses

Florey, tenace, s'embarque pour les Etats-Unis et entre en relation avec une usine chimique de Peoria, dans l'Illinois, spécialisée dans l'épuration biologique des eaux usées grâce à des bactéries spécialisées.

Un jour, une femme apporte au laboratoire de l'usine un melon recouvert d'une moisissure à l'aspect inhabituel. Les chercheurs ont garde de jeter le melon. Ils analysent la moisissure, du nom de penicillium chrysogenum et découvrent qu'elle a la faculté de produire 200 fois plus de pénicilline que la penicillium notatum!

Il est dès lors possible de produire la pénicilline à l'échelle industrielle. Les laboratoires américains Merck, Pfizer et Squibb se lancent les premiers dans l'aventure.

Très vite, la pénicilline est mise à profit pour guérir les malades victimes de maladies microbiennes et d'infections.

Premier d'une nouvelle famille de médicaments qualifiées d'antibiotiques, elle participe au sauvetage de nombreux blessés sur le front. Elle ouvre aussi la voie à la guérison de nombreuses maladies comme la tuberculose.

On estime que les antibiotiques, découverts par inadvertance par Alexander Fleming, ont permis de prolonger d'une dizaine d'années l'espérance de vie des hommes.

Le savant a été annobli et, en 1945, a reçu le prix Nobel de physiologie-médecine avec Chain et Florey.

 



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