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Médecins et savants
au grand coeur:
François Rabelais
né près de Chinon, vers 1484
mort à Paris le 9 novembre 1553
Michel Servet
né en Navarre vers 1510
mort à Genève le 27 octobre 1553
Ambroise Paré
né près de Laval en 1510
mort à Paris en 1590
Théophraste Renaudot
né à Loudun en 1586
mort à Paris le 25/09/11653
Joseph-Ignace Guillotin
né à Saintes le 28 mai 1738
mort à Paris le 26 mars 1814
Edward Jenner
né à Berkeley en 1749
mort à Berkeley le 27 octobre 1823
Louis Pasteur
né à Dôle en 1822
mort à Villeneuve-L'Etang en 1895
Arthur Conan Doyle
né à Edimbourg le 22 mai 1859
mort le 7 juillet 1930
Alexandre Yersin
né près de Lausanne en 1863
mort au Vietnam en 1943
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Le 20 juin 1894,
Alexandre Yersin, un jeune médecin formé à l'institut Pasteur, isole à Hong-Kong le
bacille de la peste.
Le jeune homme est né dans une famille puritaine de la région de Lausanne. Il
s'intéresse très jeune à la flore et à la faune, avant de se déterminer à étudier
la médecine, d'abord à Marbourg, puis à Paris.
Engagé comme préparateur par Roux, il prépare à l'Institut
Pasteur une thèse sur la tuberculose, tout en contribuant à l'isolement de la toxine
diphtérique.
Faisant preuve d'une indépendance d'esprit singulière pour l'époque, il n'hésite pas
à suivre le cours de bactériologie de Koch à l'Institut d'hygiène de Berlin.
A partir de 1890, il profite d'un séjour en Indochine pour explorer les hauts plateaux de
Cochinchine et d'Annam. En 1894, une épidémie de peste ravage la Chine méridionale.
Alexandre
Yersin se rend à Hong-Kong où, pourvu de moyens dérisoires,
il réussit à isoler en trois semaines le bacille de la peste
(Yersinia pestis) et à identifier le rat comme vecteur de l'épidémie.
Revenu à Paris l'année suivante, il met au point avec Calmette et Roux un vaccin et un
sérum contre la peste. De retour à Canton, il démontre l'efficacité de ces remèdes
sur un séminariste promis à la mort.
Yersin porte dès lors ses efforts sur le développement des Instituts Pasteur fondés à
Hanoi, Saigon, Nha Trang et Dalat (sérums, vaccins, travaux d'hygiène).
Il encourage en parallèle l'introduction dans le pays de l'arbre à caoutchouc et de
l'arbre à quinine. Il élève des chevaux pour la fabrication du sérum et implante des
races de vaches laitières.
Il promeut l'extraction industrielle de la quinine et choisit Dalat pour y établir des
sanatoria. Yersin devient le premier doyen de la faculté de médecine de Hanoï en 1902,
mais il renonce bientôt aux honneurs pour défendre les intérêts du peuple annamite
fort méprisé et exploité, épousant une indigène et vivant au sein de la population
dans le village de Soui Dau, près du port de Nha Trang (Annam).
Selon les termes d'une lettre écrite vers 1890, «demander de l'argent pour soigner
un malade, c'est un peu lui dire la bourse ou la vie!»
Alexandre Yersin est mort en 1943, pendant l'occupation japonaise. C'est à peu près la
seule figure de l'époque coloniale qui n'a cessé d'être vénéré au Viet-Nam, où
toutes les villes ont un lycée à son nom.
Paradoxalement, la Suisse et la France (dont il avait adopté la nationalité) l'ont en
revanche bien délaissé...
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