22 septembre 1396

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Le Christ bénissant, par Duccio di Buoninsegna (Italie 1255-1318), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Les Croisés défaits par les Turcs à Nicopolis

Le 22 septembre 1396, le sultan turc vainc une armée de Croisés à Nicopolis, sur le Danube.

La bataille de Nicopolis (manuscrit de la BN)Les Croisés étaient accourus de tout l'Occident pour secourir le roi Sigismond de Hongrie et l'empereur de Byzance, Manuel Paléologue.

Ces derniers avaient été attaqués par les armées turques commandées par le sultan Bajazet («L'Eclair»), de la dynastie des Ottomans.

En partant à la guerre, le sultan s'était promis d'arriver jusqu'à Rome!

L'armée croisée avait longé le Danube et mis le siège devant la ville de Nicopolis lorsqu'elle avait surprise par l'arrivée des Ottomans.

Méprisant les conseils de prudence du malheureux roi de Hongrie, les chevaliers, dans leurs riches accoutrements et leurs lourdes armures, n'avaient eu d'autre envie que d'en découdre au plus vite. C'était à qui s'emparerait le premier de la personne du sultan!

Habilement, le sultan laisse les chevaliers s'enfoncer au milieu de son infanterie. Au moment propice, les deux ailes de l'armée ottomane se referment sur les imprudents.

Le roi Sigismond arrive à grand-peine à s'enfuir sur une barque. Mais beaucoup de Croisés sont massacrés. Le sultan n'interrompt le carnage que dans la perspective d'une rançon.

300 chevaliers, nus, sont poussés devant le sultan et doivent décliner leur identité et leurs ressources. Ceux qui sont insolvables sont immédiatement décapités.

Le prince héritier du riche duché de Bourgogne, Jean de Nevers (25 ans), échappe à la mort mais ses sujets devront payer une rançon exorbitante de 200.000 florins.

Le prince, lui, gagnera le surnom honorable de «sans Peur» et tirera grande fierté de ses imprudences. Partie prenante dans la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, il sera plus tard assassiné par un homme du dauphin de France.

Bajazet l'aura emporté à Nicopolis grâce à ses fidèles Janissaires (des enfants chrétiens convertis de force à l'islam et élevés dans le métier des armes) et à ses alliés, dont les contingents serbes, ralliés aux Turcs après leur défaite à Kosovo Polié.

Après la bataille, la plus grande partie de la Hongrie et des pays du Danube passera sous la tutelle du Turc. Seuls, les Albanais résisteront encore un siècle à l'offensive turque sous la conduite du prince Georges Castriota, dit Skanderberg.

Le triomphe des Ottomans sera complet avec la prise de la prestigieuse Constantinople, le 29 mai 1453.
 

  Des Seldjoukides aux Ottomans

Les Turcs sont des nomades apparentés aux Mongols et issus de la steppe asiatique. Leurs avant-gardes apparaissent au Moyen-Orient vers l'an 1000 sous le commandement de Toghrul-beg.

Celui-ci est le petit-fils d'un chef de tribu de la steppe kirghize dénommé Seldjouk, d'où le nom de Seldjoukide donné à sa horde.

Converti à l'islam, il prend le pouvoir à Bagdad, capitale de l'empire arabe, en s'octroyant le titre de sultan et en ne laissant au calife arabe que des pouvoirs religieux et honorifiques.

Les Turcs seldjoukides s'avachissent rapidement dans le luxe. Ils ne peuvent éviter la dislocation de l'empire en plusieurs sultanats rivaux et la prise de Bagdad par les Mongols en 1258.

En Anatolie, dans le sultanat de Roum (ce nom est une déformation du mot Romains, car le sultanat s'est constitué aux dépens de l'empire romain d'Orient), s'installe vers 1281 une tribu tout juste arrivée de la steppe, encore pleine de vigueur guerrière.

Son ancêtre éponyme est un Turc du nom d'Osman ou Othman, d'où le nom d'Ottoman qui sera porté par ses membres. 

C'est à ces Ottomans qu'il appartiendra de prendre pied sur le continent européen et de conquérir Byzance.
 

 

Mise à jour le 23 février 2003