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Les Croisés
défaits par les Turcs à Nicopolis
Le 22 septembre 1396, le sultan turc vainc une armée de Croisés à
Nicopolis, sur le Danube.
Les Croisés étaient accourus de tout l'Occident
pour secourir le roi Sigismond de Hongrie et l'empereur de Byzance, Manuel Paléologue.
Ces derniers avaient été attaqués par les armées turques commandées
par le sultan Bajazet («L'Eclair»), de la dynastie
des Ottomans.
En partant à la guerre, le sultan s'était promis d'arriver jusqu'à Rome!
L'armée croisée avait longé le Danube et mis le siège devant la ville de Nicopolis
lorsqu'elle avait surprise par l'arrivée des Ottomans.
Méprisant les conseils de prudence du malheureux roi de Hongrie, les chevaliers, dans
leurs riches accoutrements et leurs lourdes armures, n'avaient eu d'autre envie que d'en
découdre au plus vite. C'était à qui s'emparerait le premier de la personne du sultan!
Habilement, le sultan laisse les chevaliers s'enfoncer au milieu de son infanterie. Au
moment propice, les deux ailes de l'armée ottomane se referment sur les imprudents.
Le roi Sigismond arrive à grand-peine à s'enfuir sur une barque. Mais beaucoup de
Croisés sont massacrés. Le sultan n'interrompt le carnage que dans la perspective d'une
rançon.
300 chevaliers, nus, sont poussés devant le sultan et doivent décliner leur identité et
leurs ressources. Ceux qui sont insolvables sont immédiatement décapités.
Le prince héritier du riche duché de Bourgogne, Jean de Nevers (25 ans), échappe à la
mort mais ses sujets devront payer une rançon exorbitante de 200.000 florins.
Le prince, lui, gagnera le surnom honorable de «sans Peur» et tirera grande
fierté de ses imprudences. Partie prenante dans la querelle des Armagnacs et des
Bourguignons, il sera plus tard assassiné par un homme du
dauphin de France.
Bajazet l'aura emporté à Nicopolis grâce à ses fidèles Janissaires (des
enfants chrétiens convertis de force à l'islam et élevés dans le métier des armes) et
à ses alliés, dont les contingents serbes, ralliés aux Turcs après leur défaite à Kosovo Polié.
Après la bataille, la plus grande partie de la Hongrie et des pays du Danube passera sous
la tutelle du Turc. Seuls, les Albanais résisteront
encore un siècle à l'offensive turque sous la conduite du prince Georges Castriota, dit Skanderberg.
Le triomphe des Ottomans sera complet avec la prise de la prestigieuse Constantinople, le 29 mai 1453.
Des Seldjoukides aux Ottomans
Les Turcs sont
des nomades apparentés aux Mongols et issus de la steppe
asiatique. Leurs avant-gardes apparaissent au Moyen-Orient
vers l'an 1000 sous le commandement de Toghrul-beg.
Celui-ci est le petit-fils d'un chef de tribu de la steppe
kirghize dénommé Seldjouk, d'où le nom de Seldjoukide
donné à sa horde.
Converti à l'islam, il prend le pouvoir à Bagdad, capitale
de l'empire arabe, en s'octroyant le titre de sultan et
en ne laissant au calife arabe que des pouvoirs religieux
et honorifiques.
Les Turcs seldjoukides s'avachissent rapidement dans le
luxe. Ils ne peuvent éviter la dislocation de l'empire
en plusieurs sultanats rivaux et la prise de Bagdad par
les Mongols en 1258.
En Anatolie, dans le sultanat de Roum (ce nom est une
déformation du mot Romains, car le sultanat s'est
constitué aux dépens de l'empire romain d'Orient), s'installe
vers 1281 une tribu tout juste arrivée de la steppe, encore
pleine de vigueur guerrière.
Son ancêtre éponyme est un Turc du nom d'Osman ou Othman, d'où le nom d'Ottoman
qui sera porté par ses membres.
C'est à ces Ottomans qu'il appartiendra de prendre pied sur le continent européen et de
conquérir Byzance.
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