10 septembre 1419

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Le Christ bénissant, par Duccio di Buoninsegna (Italie 1255-1318), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

L'assassinat de Jean sans Peur

Les grandes étapes de la guerre de Cent Ans:

7 octobre 1337: début des hostilités

26 août 1346: bataille de Crécy

3 août 1347: capitulation de Calais

19 septembre 1356: bataille de Poitiers

22 février 1358: la révolution manquée d'Étienne Marcel

21 mai 1358: les paysans se révoltent contre la noblesse

16 mai 1364: Du Guesclin bat le Mauvais à Cocherel

3 janvier 1383: la révolte fiscale des Maillotins

23 novembre 1407: meurtre de Louis d'Orléans à Paris

25 octobre 1415: bataille d'Azincourt

10 septembre 1419: meurtre de Jean sans Peur à Montereau

21 mai 1420: traité de Troyes

25 février 1429: Jeanne d'Arc rencontre le Dauphin à Chinon

8 mai 1429: prise d'Orléans par Jeanne d'Arc

30 mai 1431: Jeanne d'Arc brûlée vive à Rouen

17 juillet 1453: bataille de Castillon et fin de la guerre de Cent Ans
 

C'est la guerre de Cent Ans.

Le puissant duc de Bourgogne, Jean sans Peur, et l'héritier du trône de France, le dauphin Charles, voudraient l'un et l'autre se défaire des Anglais qui dominent le pays depuis leur victoire à Azincourt et ont déjà réoccupé le duché de Normandie.

Le duc Jean sans Peur (48 ans) a gagné son surnom à la bataille de Nicopolis. Il est le chef du parti bourguignon. Le dauphin Charles, seulement âgé de 16 ans, celui du parti armagnac.

Après de sanglantes querelles, Armagnacs et Bourguignons semblent disposer à mettre fin à leur rivalité qui ruine la France et ne sert que les intérêts du roi d'Angleterre, Henri V.

Le 19 juillet, un Te Deum est célébré à Paris leur prochaine réconciliation.

Les deux ennemis conviennent de sceller celle-ci sur le pont qui traverse l'Yonne à Montereau, le 10 septembre 1419.

Mais la volonté de réconciliation n'est que de façade. Les compagnons du dauphin gardent rancune au duc pour l'assassinat de Louis d'Orléans, douze ans auparavant. Il semblerait que le dauphin lui-même ait projeté la mort du duc de Bourgogne avec ses proches conseillers, Tanneguy du Châtel et Jean Louvet.

Imprudent ou téméraire, Jean sans Peur se rend sans protection armée au rendez-vous du pont de Montereau. L'endroit rend toute fuite impossible.

L'atmosphère est tendue. Le duc s'agenouille avec respect devant le Dauphin, qui feint l'indifférence. Se relevant, Jean cherche un appui en posant la main sur le pommeau de son épée.

Comme dans la fable du Loup et de l'Agneau, «Mettez-vous la main à votre épée en présence de Monseigneur le Dauphin?» questionne l'un des compagnons de celui-ci, messire Robert de Loire.

Tanneguy du Châtel n'attendait que ce prétexte pour porter un coup de hache au visage du duc. C'est alors la curée. Le dauphin reste impassible.

L'assassinat horrifie le pays et ravive la querelle des Armagnacs et des Bourguignons, au grand dam des Français loyalistes.

Il convainc la reine Isabeau de Bavière et son mari, Charles VI le Fou, de déshériter leur fils et de négocier avec les Anglais l'infamant traité de Troyes.

Le dauphin devra patienter dix ans avant qu'une bergère de Domrémy lui apporte le pardon de Dieu pour son crime et le restaure dans ses droits à la couronne de France.

 

Mise à jour le 23 février 2003