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Les Templiers

Les possessions

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Possessions en Île de France

Paris :

Paris

Ville de Paris

Les Templiers installèrent la maison mère de leur Ordre, entre 1140 et 1150, dans leur commanderie parisienne de la Villeneuve.

C'est à partir de 1205, après la perte de Jérusalem, que l'enclos du Temple devint une puissante citadelle fortifiée, s'étendant sur l'actuel quartier du Marais.

Au zénith de leur puissance, les Templiers régnaient sur plus de la moitié de la capitale.


L'enclos du Temple au XIII ième siècle

L'Enclos du Temple au XIIIè siècle


En 1306, une émeute éclata à Paris et le roi Philippe le Bel dut chercher refuge au Temple. Cela ne l'empêcha pas de faire arrêter tous les Templiers l'année suivante.

L'enclos était délimité par les actuelles rues du Temple, de Bretagne, de Picardie et Béranger.

L'entrée se trouvait face à la rue Fontaines-du-Temple. Quelques noms se souviennent encore des Templiers : rue Vieille-du-Temple, rue des Blancs-Manteaux, rue des Francs-Bourgeois.

Les bâtiments furent tous détruits au cours du 19e siècle. Seule subsiste la partie inférieure d'une tour d'angle, entre le n° 32 de la rue de Picardie et le n° 73 de la rue Charlot.

Près du Faubourg-Saint-Antoine, les Templiers possédaient le riche domaine de Reuilly, dépendant de la commanderie de Clichy.

Le lundi 18 mars 1314, Jacques de Molay, grand maître de l'ordre du Temple, et Geoffroy de Charney, précepteur de Normandie, furent brûlés vifs sur l'île aux Juifs (aujourd'hui unie à l'île de la Cité par la construction du pont Neuf).

C'est là qu'aurait été prononcée la malédiction des Templiers :

 Pape Clément, chevalier Guillaume de Nogaret, roi Philippe, je vous cite à comparaître en tribunal de Dieu. Vous serez tous maudits jusqu'à la treizième génération .

À cette date Nogaret était déjà mort, Clément V mourut le 20 avril 1314 et Philippe le Bel le 29 décembre de cette même année.

Le Temple avait également servi de prison aux Templiers eux-mêmes ; trente-six y moururent sous la torture.

En 1310, cinquante-quatre Templiers avaient été brûlés vifs sur un immense bûcher, puis quatre autres la même année.


Paris au XIII ième siècle

Paris au XIIIe siècle


Seine Saint Denis :

Saint Denis

Basilique de Saint Denis au XIIIe siècle

Deux puissantes commanderies occupaient ce département :
Saint-Denis et surtout Clichy-sous-Bois, chef-lieu de commanderie fondé en 1257.

Dépendant directement de la maison mère parisienne, Clichy tenait les fiefs de Gagny, Noisy-le-Grand et Stains. Stains fut peut-être la commanderie jumelle de Saint-Denis.


Val d'Oise :

Cernay :

Fondée en 1269, la commanderie de Cernay sur la commune d'Ermont avait rang de chef-lieu dépendant directement du Grand Temple de Paris.

Argenteuil

Ville d'Argenteuil

Argenteuil, un lieu-dit  La Commanderie  évoque peut-être la sœur jumelle de Cernay.

Omerville :


Aux confins du Vexin français, la commanderie d'Omerville, fondée en 1181, sur les domaines de Louvières et de Gerville, a conservé, à Louvières, ses bâtiments et, surtout, au centre du village d'Omerville, une belle croix monolithique.

Cernay avait une maison à Rubelles sur la commune de Saint-Prix.

Saint-Prix doit son nom aux reliques d'un saint auvergnat, offertes à un prieuré local par Jean de La Tour, trésorier du Temple.

Cernay tenait une autre maison à Sarcelles.

La maison de Montmorency rue de l'Étang, donnée aux Templiers en 1260, dépendait de Clichy, tout comme celle de Gonesse, rue des Forges, donnée en 1234.

De Cernay à Omerville, on remarquera un lieu dit  La Croix-Rouge  (croix 18e siècle sur socle 13e) à Longuesse, et la croix templière de bornage a été refaite à la Renaissance, devant la belle église (12e-16e siècles), de Vétheuil.

C'est au château de Maubuisson sur la commune de Saint-Ouen-l'Aumône, séjour favori de Philippe le Bel, que le Conseil royal (où siégeait Guillaume de Nogaret, promu garde des Sceaux) décida, en septembre 1307, de l'arrestation de tous les Templiers de France.

Puiseux-en-France :


Maison dépendante de Choisy-le-Roi, elle fut non seulement nécessaire à cette dernière commanderie mais aussi à la maison de Paris.

Appelé aussi Puisieux-les-Louvres ou Puisieux-en-Parisis. Tout d'abord simple grange destinée à entreposer les dîmes, Puisieux est cité dans un acte du mois de mai 1233.
Ce n'est que sous les Hospitaliers qu'elle fera partie de la mense prieurale de Paris.

Louvres

Eglise de Louvres XIIIe siècle


La grange existe encore, en bon état, avec une charpente de grande valeur malgré quelques restaurations faites au cours des siècles. Cette grange est de même facture que celles que l'on retrouve dans la région parisienne. D'après l'acte de 1233, il semblerait que cette bâtisse ait déjà été construite lorsque les Templiers en prirent possession. Comme toutes les granges de l'Ordre, celle-ci était dirigée par le maître grangier assisté de quelques donnés à l'Ordre. Puisieux ne fut jamais commanderie en titre.

Six autres commanderies se sont développées à l'ouest de Puiseux :

Soissy (commune d'Écouen),

Jouy-le-Comte (commune de Parmain),

Messelan (commune de Frouville) dont il reste la ferme.

Les trois commanderies de Beaumont-sur-Oise, du Mesnil-Saint-Denis sur la commune de Bernes et de Baillon, aujourd'hui c'est un château, entre Asnières-sur-Oise et Luzarches.

Dans un rayon de trois kilomètres, entourent la remarquable abbaye cistercienne de Royaumont, fondée par Saint Louis.


Essonne :

 
Chalou :

Le sud de l'Essonne était dominé par deux très puissantes commanderies.

Chalou sur la commune de Chalou-Moulineux fut fondée en 1185 par la reine Adèle de Champagne, épouse de Louis VII (d'où son nom de Chalou-la-Reine).

Tous les privilèges furent confirmés par son fils, Philippe Auguste, puis par le pape Clément III.

L'ensemble des constructions actuelles date des Hospitaliers. La chapelle, reconstruite au XVIIe siècle, n'a pas les mêmes dimensions que celle des Templiers.
Les Templiers l'avaient dédiée à sainte Appoline, tandis que les Hospitaliers lui donnèrent comme titulaire Notre-Dame de la Présentation au Temple.
C'est l'église actuelle du village, construite beaucoup plus près de la maison du commandeur que ne l'était la chapelle de Templiers.

Elle avait une dépendance au Temple-de-la-Boutière. De sa commanderie, Chalou a conservé la porte d'entrée, une  ferme de la commanderie  et un sarcophage.

L'église Sainte-Apolline fut modifiée par les Hospitaliers. Ses possessions s'étendaient en outre sur les départements de la Seine-et-Marne (Temple du Perray), du Loiret (Ramoulu), de l'Eure-et-Loir (Mignières), des Yvelines (La Roche-Liphard).

Chalou avait une maison à Étampes, bien qu'Étampes fût également une commanderie indépendante, avec rang de baillie.

De la commanderie d'Étampes, il ne reste rien, le site ayant été pillé par les chercheurs de trésors. Il subsiste toutefois une chapelle templière au vallon de Volnay. Au nord d'Étampes se trouvaient deux commanderies Huison-Longueville (restes du château) et Chauffoun Chauffour montre encore des restes de sa commanderie, avec son souterrain et ses huit bornes frappées de la croix de Malte et son église Saint-Jean-Baptiste (13e siècle).

Auvernaux :


À l'ouest de Melun, la commanderie d'Auvernaux a conservé sa chapelle, toujours éclairée par trois fenêtres ogivales. De l'ancienne chapelle il ne reste que la nef éclairée par trois fenêtres ogivales.
La porte d'entrée ouest conserve une architecture romane, ainsi que la porte sud.
Les colonnes soutenant l'archivolte ont beaucoup souffert du temps, ainsi que les chapiteaux ornés de feuilles d'eau qui ont gardé malgré tout leur caractère primitif.
Au XVe siècle les Hospitaliers y installèrent un prêtre séculier qui entreprit des restaurations ;
celles-ci aboutirent à l'adjonction des nefs latérales.

Corbeil :


La commanderie Saint-Jean, à Corbeil, se trouvait à l'emplacement de l'actuel hôpital. Seule subsiste la chapelle de Saint-Jean-en-Île, consacrée en 1185.

Le château fort de Corbeil, aujourd'hui disparu, servit de prison aux Templiers.
Au nord, la commanderie de Corbeil possédait le fief de Tigery.

À l'ouest d'Auvernaux, sur la commune d'Itteville, se trouvait la commanderie de Saussay, fondée en 1159, qui montre encore les ruines de sa chapelle Saint-Blaise (vers Ballancourt).

Au sud, celle de Dannemois a conservé son logis et sa chapelle, l'actuelle église Saint-Mammès, où l'on peut voir deux tombes templières.

Balisy :


Au sud de Longjumeau, Balisy fut une très puissante commanderie, avec rang de chef-lieu  droit de haute et basse justice, ferme, terres, droit de pêche et four banal .

Elle dépendait directement du Temple de Paris. C'était pourtant une création tardive, puisque achetée en 1288 par Jean de la Tour, trésorier de l'Ordre.

 Après le procès, Philippe le Bel fit déterrer et brûler les restes de Jean de la Tour pour crime d'hérésie .

De la commanderie, il ne reste qu'un pont sur le Rouillon, qui porte une croix gravée sur un bloc de pierre. La légende y dissimule le trésor des Templiers.

De l'autre côté du Rouillon, se trouve une ferme templière, creusée de souterrains.

Balisy avait également des possessions à Gravigny et au Plessis-Pommeraie, ainsi qu'à Ballainvilliers et Épinay-sur-Orge (pâturages).

Balisy contrôlait un certain nombre de commanderies :

Framont et Orangis sur la commune de Ris-Orangis, avec des biens à Ris, Savigny-sur-Orge (douteux), avec possession à Viry-Châtillon et Morangis.

Un peu plus au sud, se trouvaient la maison de Nozay et la ferme de Villarceaux, qui subsiste encore, puis le  domaine du Déluge , à Marcoussis le château a été reconstruit, la chapelle est du 13e siècle et une propriété à Montlhéry.

On atteignait ensuite la commanderie de Janvry ou celle de Chatres (aujourd'hui Arpajon), puis, au nord de Palaiseau, celle de Saclay.

Complètement à l'ouest du département, la commanderie de Troux sur la commune de Boullay-les-Troux présente quelques restes.

Au nord de Dourdan, la ferme de Rouillon, toujours visible, dépendait de Balisy.


Yvelines :

Villedieu-lès-Maurepas :

Villedieu-Lès-Maurepas

Commanderie de Villedieu-Lès-Maurepas

La commanderie fut remarquablement restaurée dans les années 1970 et c'est un ensemble prestigieux qu'il est permis de découvrir aujourd'hui :

 On pense que cette commanderie était un centre d'élevage de chevaux à destination des Templiers d'Orient .
Le bâtiment des gardes et la chapelle sont seuls d'époque templière.
La chapelle, (28 m x 8 m), érigée vers 1265, se termine par une abside semi-circulaire à sept pans. On remarquera les culots décorés, les clefs de voûtes sculptées et le dallage où sont insérées des fleurs de lys.

Villedieu-Lès-Maurepas

Chapelle de Villedieu-Lès-Maurepas

Fondée aux environs de 1195, ainsi qu'en témoigne un acte de l'abbé de Saint-Denis.
La chapelle servit de grange durant le XIXe et une partie du XXe siècle. Elle se caractérise par son style gothique versaillais du milieu du XIIIe siècle.
Elle ne forme qu'un seul vaisseau, sans collatéraux ni transept, mais bien divisé en choeur et en nef.
Construite aux environs de 1265, elle est éclairée de chaque côté par trois fenêtres ogivales ; d'anciens plans nous les montrent séparées en leur milieu par une colonne.
Le choeur, par contre, est éclairé par sept fenêtres de mêmes formes et dimensions.
Admirablement bien restaurée, cette chapelle sert aujourd'hui à des échanges culturels. On peut constater à l'intérieur les arceaux à triples nervures réunies sous des clés, fleuronnés et appuyés sur des consoles à feuillages adhérant.
A l'extérieur le portail présente une ogive sans colonne, bordée d'une garniture en pointe de diamant.
Au-dessus, la  rose  n'existe pas, mais une longue fenêtre ogivale.
Une tourelle octogonale a été ajoutée au XVe siècle.

Près de Maurepas, sur la commune d'Élancourt, la commanderie générale de Villedieu-lès-Maurepas fut fondée vers 1195, suite à un don des seigneurs de Chevreuse.

L'église d'Élancourt a récupéré les vitraux de la commanderie du Val-de-la-Haye, en Normandie.

Deux autres commanderies appuyaient Villedieu-lès-Maurepas à l'ouest, Prunay-le-Temple qui montre encore sa  ferme de la Commanderie , sa chapelle et son puits ;

Au nord, Sailly, qui avait pour dépendance le couvent fortifié de Montcient-Fontaine (importants vestiges du 12e siècle).

De Villedieu, dépendaient la maison de la Brosse sur la commune de Saint-Lambert-des-Bois, celle du Boulay sur la commune de Gambais, et la maladrerie de la Troche.

Près de Rambouillet, la maison et le fief de la Roche-Liphard dépendaient de Chalou. Les Templiers devaient être présents le long de la Seine, entre Poissy et Mantes-la-Jolie, puisqu'on trouve un lieu-dit  Le Temple , à Vaux-sur-Seine et  La Croix-Rouge  à Limay et à Vert (deux menhirs christianisés).