Possessions en Normandie

blason de la Normandie
MANCHE
Valcanville
Au nord du département, entre Cherbourg et Barfleur, Valcanville est la seule commanderie templière de la Manche que l'on puisse citer de source sûre.
Commanderie de Valcanville Domaine privé
La
tradition affirme qu'elle a été créée en 1125. Il en subsiste des
murailles, une cheminée, des meurtrières, des logis datant, pour la
plupart, de la période hospitalière.
L'église, moderne, n'a conservé que son clocher du 15e siècle.
Croix
de Malte à Valcanville
Commanderie générale de la Manche, Valcanville, qui avait rang de prévôté, s'appuyait sur un réseau de neuf autres prévôtés qui étaient, peut-être, elles aussi, des commanderies. Dans le voisinage immédiat de Valcanville:
Théville, Canteloup et Réville.
A Réville, la tradition affirme qu'une autre commanderie aurait été créée en 1125. Au lieudit Froide Rue , un manoir porte le nom de La Commanderie .
Près de Valcanville, Barfleur comptait parmi les principaux ports templiers ouverts sur l'Angleterre.
Dans la banlieue de Cherbourg, se trouvait la prévôté d'Équeurdreville.
Les Templiers avaient une maison à Cherbourg même (rue Trinité) et des biens à Hainneville, Nacqueville et Vauville.
Yvetot
La prévôté d'Yvetot, au sud de Valognes, avait des possessions à Valognes, Bricquebosc, Tamerville, Huberville, Hémevez et surtout une importante maison à Sortosville.
Le commandeur de Valcanville tenait l'église Notre-Dame, à Sortosville, bâtie par les Templiers elle conserve quelques parties romanes et gothiques .
Certains historiens pensent que Bricquebec fut une commanderie, fondée avant 1270.
La tradition affirme que les Templiers possédaient un sanctuaire à Quettetot à la Motte et à la Chapelle. Une chose est sûre, ils avaient des possessions aux Perques, aux Pieux, et à Tréauville.
La prévôté de Fierville gérait des biens à Saint-Maurice -en-Cotentin, Saint-Jean-de-la-Rivière et Besneville.
Carentan
Au nord de Carentan, la prévôté de Sainte-Marie-du-Mont avait des dépendances nombreuses et importantes :
Brucheville,
Boutteville, Hiesville, Saint-Martin-de-Varreville, Beuzeville, Sainte-Mère-Église.
Gourbesville manoir de la Cour, attribué aux Templiers .
Amfreville manoir de la Momerie .
Et
surtout Picauville dont la belle église du 13e siècle fut bâtie par les
Templiers.
Picauville fut peut-être une commanderie.
Dans la banlieue de Carentan, la prévôté de Saint-Hilaire avait des possessions à Brévands, Catz, Saint-Pellerin et Saint-Côme-du-Mont.
La prévôté de Bohon avait des extensions à Auvers, Rougeville, Tribehou, Marchessieux et Aubigny commune de Saint-Martin-d'Aubigny qui fut une commanderie.
Vesly
fut commanderie-prévôté avec des possessions à Coutances plusieurs
maisons données par l'évêque , à Lithaire au lieu-dit Fontenay
ou La Templerie .
La Haye-du-Puits, Laulne, Cambernon une maison , Ancteville, Le
Mesnilbus au lieu-dit La Commanderie .
A Pont-Brocard reste l'église.
Saint-Lô
Nombreuses possessions à Saint-Lô :
Maisons,
maladrerie, commerces, ainsi qu'à Saint-Gilles et Rampan (fief).
À Saint-Georges-Montcocq, se trouve un lieu-dit La Templerie
et à Subligny un lieudit Le Temple .
Les Templiers avaient encore des possessions à Rouffigny,
Saint-Maur-des-Bois et Boisyvon.
CALVADOS
Courval
Commanderie
de Courval
Sur la commune de Vassy, la commanderie de Courval, fondée en 1150, ou 1192, a conservé l'ensemble de ses bâtiments, rebaptisé l'Hôpital .
Le
logis du commandeur fut rebâti au 15e siècle, mais la chapelle
Notre-Dame-du-Temple a gardé la simplicité des pauvres chevaliers
du Christ . Les possessions de Courval s'étendaient à l'ouest avec
les : Templeries de Viessoix et de Courson, et des possessions
à Rully, Bernières, Chênedollé, Beaumesnil, et jusqu'à Rouffigny
(dans la Manche).
Le commandeur de Courval, Étienne de Châteauneuf, et deux autres
chevaliers, furent emprisonnés à Caen.
Courval ou Corval est un hameau de la commune de Vassy, dans le canton de Vire, dont le nom signifie la vallée courbe (XIIème siècle). Cette ancienne commanderie du Temple, rebaptisée par les Hospitaliers, s'appelle aujourd'hui l'Hôpital. L'hôpital de Courval (membre de Courval), situé dans la paroisse de Vassy, à 15 kilomètres de Vire, formait un membre de la commanderie de Baugy.
Le manoir du temple de Courval parait avoir été fondé en même temps que les autres préceptorats par Philippe de Vassy, Guillaume de Vicques et quelques autres ; mais les chartes de leurs donations sont disparues. Leur participation à cette fondation se trouve dans un accord fait au mois de juin 1226, en présence de Guillaume Acarin, doyen du St-Sépulchre de Caen, entre l'abbé et les religieux d'Aunay, d'une part ; et Guillaume d'Aquila, précepteur des maisons du Temple, en Normandie, ainsi que ses frères de la milice du Temple de Courval, d'autre part ; au sujet d'une contestation pour la dîme de Vassy et de celle du fief d'Aligny, donnée à ces derniers par Philippe de Vassy.
Le logis seigneurial, ou résidait le commandeur, était une vaste demeure à un étage, d'une grande simplicité, mais dont les fenêtres étaient élégamment sculptées. Il fut reconstruit au XVéme siècle, après que la maison du Temple primitive eut été incendiée et détruite en 1346, lors de la guerre de Cent Ans.
Sa chapelle de construction romane, à plein cintre et à contre-forts droits, offre seule quelque intérêt, sa façade de pierre sombre, percée de quatre hautes fenêtres et d'une petite porte en plein cintre, est étayée par cinq puissants contreforts ; le clocher a malheureusement disparu. Elle était couverte en essences de bois. L'intérieur du monument conserve une belle arcade, et quelques fragments de sculptures et de fresques.
Les domaines de ce membre se composaient de sept à huit petits fiefs, situés à Vassy et aux environs, diverses redevances dans les paroisses du Tourneur et de St-Pierre-Tarentaine, ainsi que de plusieurs tennemens dont l'un nommé La Templerie, situé dans la paroisse du Chêne-Dollé, (actuellement commune de Chênedollé) indique suffisamment son origine. La position d'un autre situé dans la paroisse de la Villette, près de la Hogue du Mont-Pelé, pourrait faire soupçonner qu'il s'y trouverait peut être un tumulus du même genre que celui de la hogue de Fontenay le Marmion.
Le prieur de Courval jouissait en outre d'un tiers de la dîme de Vassy ainsi que des cens et rentes de l'hôpital. Tous les revenus de ce membre n'étaient cependant affermés que 750 livres par an.
Baugy
Entre Planquery et Balleroy, le lieu-dit La Commanderie marque l'emplacement de la commanderie de Baugy, fondée en 1148 par le seigneur de Molay, Roger Bacon.
Le
13 octobre 1307, jour de l'arrestation des Templiers, Jean de Verretot,
bailli de Caen, dressa un inventaire complet des richesses de Baugy.
Avec 25 serviteurs, 180 moutons, une centaine de porcs et une vingtaine de
chevaux, c'était une commanderie riche et puissante.
Son
commandeur, Albin Langlois, fut emprisonné à Caen. Les bâtiments que
l'on peut voir aujourd'hui ont été, pour la plupart, rebâtis par les
Hospitaliers, au 15e siècle.
De l'époque templière subsistent des fondations et, surtout, la belle
chapelle du 13e siècle, dont le tympan s'orne d'un agneau crucifère.
Baugy
avait une maison à Semilly commune de La Barre-de-Semilly , près
de Saint-Lô, dans la Manche, donnée en 1150 ;
A Lingèvres, pillée par les sergents du roi, en 1307 ; et une maison à
Cahagnes, au lieu-dit Le Temple .
Les Templiers de Baugy bâtirent la belle église de Saon
en 1148. Le commandeur en était le patron.
Eglise
de Saon
Les Templiers de Baugy avaient aussi deux maisons à Bayeux : à Saint-Loup-Hors et l'autre dans Bayeux rue de Saint-Malo .
Blason
de Bayeux
C'était
une commanderie très importante, avec rang de prévôté.
Au 18e siècle, on y fit d'importantes découvertes archéologiques.
Les Templiers eurent une autre maison à Bayeux, rue des Chanoines.
Sur la côte, les Templiers étaient établis dans trois ports : Langrune-sur-Mer qui montre son manoir ou maison des Templiers , du 15e siècle, Lion-sur-Mer, fief où se trouvaient des fourches patibulaires, et Bénerville-sur-Mer tombe templière .
Voismer
C'est
le chapitre provincial célébré à Paris en 1262 qui statua que la
juridiction de cette partie de la Normandie passerait de Voismer à
Bretteville-le-Rabet.
Cela n'empêcha pas Voismer de conserver l'importance qu'elle acquit dès
1175, grâce aux libéralités des seigneurs de Gouvix. Une chapelle dédiée
à Notre-Dame existait encore entièrement au début du XVIe siècle.
Des aménagements de peu d'importance n'enlevèrent rien du cachet
primitif. On est frappé par sa simplicité ; les sculptures n'existent
pas. Les tours que l'on voit encore sont templières dans leur base. Elles
furent transformées pour les besoins du temps au milieu du XVIIe siècle
par le chevalier Marcourt de la Haie.
Sur
une donation des sires de Gouvix, les Templiers possédaient des terres,
des bois, le moulin de Laize et une forêt à Potigny.
Son commandeur, Gautier de Bullex, ayant rétracté ses aveux faits à
Caen, fut brûlé.
Il subsiste aujourd'hui la ferme dite La Commanderie , et la
chapelle Notre-Dame-du-Temple, du 12e siècle, éclairée par trois fenêtres.
Bretteville-le-Rabet
doit son nom à Rabel, fils de Guillaume de Tancarville, qui fonda la
commanderie grâce à des dons de Richard d'Harcourt, en 1150. Elle prit
le pas sur celle de Voismer à partir de 1262.
En 1307, le commandeur, Mathieu Renaud et deux frères furent emprisonnés
à Caen. La commanderie est devenue le château de l'Hospital. Il a
conservé une salle des Templiers du 13e siècle.
A Louvagny quelques restes de la petite commanderie, qui dépendait des Fréneaux (Orne) et, à Falaise, une maison près de la porte Ogise.
Les Templiers possédaient le château de la Houblonnière largement remanié au 15e siècle qui montre de très beaux restes, et l'église (13e -15e siècles).
Château
de la Houblonnière
A Courtonne-la-Meurdrac, un lieu-dit La Croix-Rouge signale, peut-être, une limite de possession templière.
Bonneboscq montre un manoir de la commanderie qui évoque, peut-être là encore, une trace templière.
Caen joua un rôle important dans l'histoire du Temple. Les Templiers y possédaient deux maisons une rue Basse dépendant de Bretteville et rue de Bernières, ainsi qu'une ferme au hameau de La Folie , le domaine a conservé le nom de Champ du Temple .
Les fiefs de Renemesnil et de Moult étaient à l'Ordre.
Le 13 octobre 1307, les Templiers de Normandie furent emprisonnés au Châtelet de Caen il était situé derrière le chevet de l'église Saint-Pierre . Les Templiers arrêtés à Courval avouèrent le reniement au Christ de la Croix, et le baiser obscène.
Les frères arrêtés à Bretteville et Voismer n'avouèrent qu'après avoir été torturés.
ORNE
Les Fréneaux
De
tous les départements de Normandie, l'Orne montre la plus faible
implantation templière.
Sur la commune d'Aunon-sur-Orne, les Fréneaux, la principale commanderie,
créée peu avant 1206, avait des possessions à la Fauvelière, Orgeval,
au Marc David et à l'Ormeau.
Sur la commune de Ferrières-la-Verrerie, se trouvait la commanderie de Louvigny.
Près d'Argenton, Villedieu-lès-Bailleul était une petite commanderie rurale.
Près de Flers, Chanu, érigée au début du 13e siècle, est la seule à avoir gardé des traces de son passé. Les bâtiments de la commanderie datent en fait du 16e siècle, mais la chapelle Notre-Dame-du-Temple, du 13e siècle, montre des chapiteaux sculptés.
EURE
Renneville
Sur
la commune de Sainte-Colombe-la-Commanderie, Saint-Étienne-de-Renneville
était la commanderie phare de Normandie.
Elle fut créée entre 1134 et 1147, grâce aux libéralités des
seigneurs d'Harcourt.
Le chevalier Richard d'Harcourt fut inhumé dans la chapelle de Renneville.
Son gisant a été retrouvé, à Saint-Aubin-d'Écrosville.
Lors du procès, le frère Philippe Agate, commandeur de Sainte-Vaubourg et ancien frère servant de Renneville, défendit l'Ordre en décrivant les privations que s'imposaient les frères de cette très riche commanderie qui comprenait vingt-deux commanderies riches et importantes pour secourir les pauvres.
Au
sud de Sainte-Colombe, dont les frères tenaient la cure et une maison au
hameau de la commanderie, Renneville a conservé des bâtiments du 17e siècle
et la très belle grange dîmière des Templiers, du 13e siècle, longue
de 37 m, large de 15 m, frappée des armes d'un chevalier hospitalier.
Le normand Richard de Bures fut grand maître de l'Ordre, de 1244 au 9 mai
1247.
La commanderie jumelle de Renneville, Brettemare sur la commune de
Sacquenville, gérait 76 ha de terres. Créée avant 1221, elle a conservé
sa vaste ferme et sa chapelle remaniée par les Hospitaliers.
Le commandeur de Renneville tenait également la cure de la belle église
Notre-Dame de Sacquenville et la maison de Rublemont.
Dans la zone d'influence de Renneville, se trouvaient deux autres commanderies de moindre importance :
Fontaine-Heudebourg avec droit de haute justice et La Bourgerie sur la commune de Bois-Normand-près-Lyre.
Les
possessions de Renneville étaient fort nombreuses : la maison de
Dieu-la-Croisse, sur la commune du Tilleul-Lambert dont l'église du
village, donnée aux Templiers par Robert d'Harcourt, montre des vestiges
du 13e siècle ;
Le manoir de la Gouberge sur la commune d'Ormes ;
La maison du Pommeret sur la commune de Romilly-la-Puthenaye; et celle de
la Gastine.
Le bois d'Osmonville sur la commune de Tremblay ; une maison au Neubourg, avec deux boutiques, droit de justice et avec le fief d'Épreville ;
Eglise de Neubourg XIIIe siècle
Grange
de Neubourg
une maison et l'église de Tourville ; les fiefs de Tournedos et Courbépine.
Des terres à Sémerville sur la commune de Graveron ; une maison et sa chapelle, à Feuguerolles ;
Maison de Feuguerolles
Le fief de Caillouet sur la commune du Mesnil-Jourdain, une maison à Louviers.
Sacquenville-Brettemare, Renneville possédait une maison avec chapelle à Beaulieu sur la commune de Claville, une maison et un moulin à Bailly sur la commune de Glisolles, le fief d'Angerville et, à Évreux, une maison, achetée en 1263, et des droits commerciaux.
Chanu
Sur
la commune de Villiers-en-Désoeuvre, la commanderie de Chanu n'eut pas
l'importance de Renneville. La ferme de la Commanderie montre
des bâtiments datant, pour la plupart du 15e siècle. Seule la jolie
chapelle Notre-Dame-du-Temple, aux décors simples et à l'austérité
toute militaire, date de l'époque templière.
Chanu possédait la prévôté voisine d'Heurgeville. Chanu s'appuyait sur
deux petites commanderies. La Haie-du-Val-Saint-Denis sur la commune du
Plessis-Hébert qui montre quelques restes de sa chapelle dite de
l'Hôpital .
Le Bois Hibou, à Saint-Vincent-des-Bois, avait des biens à Vernon,
ainsi qu'à Bizy et Pacy-sur-Eure.
Château
de Vernon
À Pressagny-l'Orgueilleux, le calvaire de la Croix-Rouge rappelle la présence des frères. >
Manoir
de Pressagny
A Grandvilliers, se trouvait la commanderie de la Villedieu-sous-Grandvilliers.
Bourgoult
Commanderie de Bourgoult
Près
des Andelys, sur la commune d'Harquency, Bourgoult, fondée en 1219 par
Robert Crespin et son épouse, Agnès du Rouvray, est la principale
commanderie du Vexin normand.
A l'origine, elle dépendait de Renneville. L'ancienne commanderie que
l'on peut voir aujourd'hui a été entièrement rebâtie par les
chevaliers de Malte, au 18e siècle :
Bourgoult
bâtiments,
grange, ainsi que la chapelle Notre-Dame-du-Temple qu'ils consacrèrent à
saint Jean-Baptiste.
Bourgoult avait des possessions à Lepinoy, Vert-Buisson, Tourny, une
maison avec de vastes terres à Cahaignes depuis 1198, des terres à Dangu,
des redevances à Gisors.
Bourgoult tenait également une maison aux Andelys.
La commanderie de Campigny, avec sa maladrerie qui présente encore quelques vestiges, dépendait de Bourgoult.
A Pont-de-l'Arche avait une maison ou une commanderie dépendant de Renneville.
Mais ce n'est pas pour cette raison que la cité est passée dans l'histoire templière. C'est à Pont-de-l'Arche que se tint le concile dit de Rouen , où se déroula le procès des Templiers, où ils furent torturés, et certains d'entre eux condamnés à mort et brûlés, en 1310.
Gisors
Blason
de Gisors
Château de Gisors
Gisors
occupe une place à part dans l'histoire et la mythologie templières.
En 1158, les Templiers reçoivent en garde trois forteresses du Vexin,
représentant la dot de Marguerite de France lors de ses fiançailles avec
le prince anglais Henri le Jeune :
Gisors, Neufchâtel et Neaufles quelques restes sur la commune de
Neaufles-Saint-Martin. Ils les conserveront sept ans, puis les remettront
entre les mains du roi d'Angleterre. Après la destruction de l'Ordre, en
1307, Gisors servit de prison aux Templiers de Bourgoult.
Le
grand maître de l'Ordre, Jacques de Molay, y fut lui-même détenu, peu
de temps avant son exécution, en mars 1314. Mais ce n'est qu'en 1962 que
va éclater l'affaire Gisors. Roger Lhomoy, le guide du château, se livre
à des fouilles clandestines sous la motte qui soutient le donjon.
Selon ses dires, en mars 1946, il découvre une vaste chapelle souterraine
contenant des statues, dix-neuf sarcophages et trente coffres :
le fabuleux trésor des Templiers. Lors du procès des Templiers, Jean de
Chalon parla de trois chariots qui auraient quitté le Temple de Paris, la
veille de leur arrestation.
Lhomoy raconta son histoire à Gérard de Sède, lequel fit paraître, dès
1962, un livre aujourd'hui célèbre :
Les Templiers sont parmi nous. Le ministre André Malraux fit entreprendre
des fouilles, sans résultats officiels.
Lhomoy était-il un mythomane ?
Le mystère reste entier. N'oublions pas que pendant la Seconde Guerre
mondiale un bombardement révéla l'existence de nombreux souterrains sous
Gisors, l'un d'eux reliant le château à la belle église Saint-Gervais
et Saint-Protais (12e-16e siècles). Ne manquez surtout pas de visiter la
forteresse, avec ses cachots, ornés de graffiti, dont quelques-uns
remontent à l'époque templière (certains ont voulu y voir un message ésotérique,
ou la clef du trésor).
SEINE-MARITIME
Caudebec
Maison des Templiers de Caudebec
Les
Templiers s'établirent tout au long de la vallée de la Seine, de son
embouchure jusqu'à Paris.
Caudebec, capitale du pays de Caux, a conservé sa très belle maison
des Templiers , du 13e siècle, percée de fenêtres ogivales et ornée
de gargouilles.
Elle abritait la commanderie de la ville. Il existe également une croix
des Templiers , à l'entrée du manoir de Rétival.
A l'embouchure de la Seine, près du Havre, les Templiers desservaient une léproserie à Gainneville.
Sandouville dépendait de Saint-Vaubourg. Ils s'établirent aussi près d'Étretat, à Teuville sur la commune de La Poterie-Cap-d'Antifer.
Sainte-Vaubourg
A
quelques kilomètres de Rouen, sur la commune de Val-de-la-Haye, la
principale commanderie de Seine-Maritime, Sainte-Vaubourg, fut créée en
1173 par le roi d'Angleterre Henri II.
C'était, avec Renneville, une des deux résidences du précepteur de
Normandie le dernier d'entre eux, Geoffroy de Charnay, accompagna
Jacques de Molay dans son martyre sur le bûcher .
De l'époque templière, il ne subsiste que les bases de la chapelle, la
belle grange, des caves, des celliers, un puits.
L'hôtel du commandeur fut reconstruit au 16e siècle. Les vitraux
templiers ont été transférés dans la chapelle voisine d'Hautot-sur-Seine
et à Villedieu-les-Maurepas, près de Paris.
Sainte-Vaubourg avait des possessions au Bos-Normand, à Sandouville, des
tuileries dans la forêt de Roumare. Au nord de la forêt, la maison du
Genetey, appelée ferme des Templiers , est remarquablement
bien conservée.
Sainte-Vaubourg avait également une maison à Rouen, qui eut rang de
commanderie jusqu'en 1173. La présence templière était très importante
à Rouen : maison et église rue Nationale N° 11 et 13, maison rue
du Vieil-Pont, une quinzaine de demeures près de la cathédrale
Notre-Dame, une autre maison avec chapelle, rue des Basnage, des biens rue
des Cordeliers ex-rue du Temple et square Solférino et,
enfin, un hôtel pour le commandeur de Sainte-Vaubourg, entre la rue
Saint-Éloi, la rue des Charrettes et la rue Herbière.
Un des conciles régionaux menant le procès des Templiers prit le nom de
concile de Rouen . Il se tint, en fait, à Pont-de-l'Arche
(Eure), et se termina par un bûcher.
Au sud de Rouen, à Saint-Étienne-de-Rouvray, se trouvait une maison templière, comprenant une chapelle et trois fiefs. Au nord de Rouen, Sainte-Vaubourg possédait plusieurs domaines à Isneauville.
Villedieu-la-Montagne
Moins présents dans le nord du département, les Templiers avaient néanmoins une commanderie, dépendant de Sommereux (Somme) : Villedieu-la-Montagne sur la commune d'Haucourt avec une maison à Hadancourt sur la commune de Criquiers, une à Repentigny sur la commune de Montroty avec chapelle de pèlerinage, une maison à Gournay, une maison avec chapelle à Rosay et peut-être un château à Neufchâtel-en-Bray.
En bordure de mer, les Templiers étaient établis au Tréport et à Saint-Valery-en-Caux avec des maisons importantes, ainsi qu'à Blosseville et Drosay.