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Les Templiers

Les possessions

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Les Commanderies du Sud de la France :


Prenez le temps de visiter quelques liens, ils vous en apprendront un peu plus.


Voir liste des lieux touristiques de Provence : Provence

Aix en Provence :

Située à un important carrefour routier, la puissante commanderie d'Aix fut créée en 1143. Il n'en reste rien. Sur son emplacement furent érigés le couvent des Clarisses (rue Sainte Catherine) et le couvent des Ursulines (maison darrêt, derrière le palais de justice). Arrêtés en 1307, tous les Templiers de Provence furent torturés, puis brûlés, en 1308 à Aix, sur ordre de Charles II, roi de Naples, de Sicile, et comte de Provence. Il partagea les biens des Templiers avec le pape. Charles II mourut subitement peu de temps après.


Arles :

Il ne reste rien de l'ancienne commanderie du Temple. La mention d'Arles est simplement faite pour indiquer que, ce que l'on appelle actuellement la maison du Temple, na rien à voir avec les Templiers. La commanderie était située sur la route de Tarascon où s'élèvent actuellement des bâtiments modernes.

Fondée entre 1138 et 1143, la commanderie d'Arles joua un rôle non négligeable. Ballie générale pour la Provence, elle commandait le passage sur le Rhône et rassemblait les pèlerins en partance pour la Terre sainte.
Arles présente un ensemble urbain exceptionnel où plane la trace des Chevaliers : porte de la Cavalerie, commanderie de Malte (musée Réattu), commanderie de Sainte-Luce.
La maison que l'on présente comme celle des Templiers n'est pas la commanderie. Celle-ci, aujourd'hui disparue, était située sur la route de Tarascon. Sur la même commune se trouvaient la commanderie de Saliers (restes).

Plus au nord, sur la commune de Saint-Étienne-du-Grès, la commanderie de Laurade, créée en 1196, sur une donation de Hugues Ricard, présente de beaux restes. Le domaine a été remanié mais la chapelle Saint-Thomas-des-Templiers, est du plus pur style romano-provençal, montre trois travées et les trois portes traditionnelles des églises templières.
À quelques kilomètres, on trouve deux autres commanderies : Lansac et Tarascon. Elles avaient des biens à Vallabrègues. À Barbentane, on peut voir une Maison des Chevaliers (Templiers ?).

Les Arènes

Les Arènes

Je n'ai rien trouvé sur Arles, Saliers, Laurade, et autres. 


Avignon :

La première donation faite aux Templiers en Avignon date de 1130, avec l'acquisition de l'église Saint Jean-le-Baptiste. Il faudra attendre 1174 pour que la commanderie soit réellement établie. Elle était située non loin de léglise Saint-Agricol. Transformée aujourd'hui en entrepôt, la salle qui est conservée semble être l'ancienne salle des chevaliers. Il reste une seule travée voûtée en ogive primitive, où lon sent la recherche de la croisée.

Les Templiers ne pouvaient pas être absents de la "Cité des Papes". N'ont-ils pas toujours été considérés comme les défenseurs du souverain pontife, par opposition aux Hospitaliers, hommes du Roi ?
En 1130, ils acquirent l'église Saint-Jean-le-Baptiste. La commanderie d'Avignon ne fut établie qu'en 1174. Elle se trouvait près de l'actuelle église Saint-Agricol. Il en reste la salle des Chevaliers (très défigurée), et une chapelle, dite des Templiers. Lors du procès des Templiers, le commandeur d'Avignon, Jean de Monréal, présenta une défense de l'Ordre, sur la base des privilèges accordés par le Saint-Siège. Notons que la Provence fournit deux grands maîtres aux Templiers. Eudes de Saint-Amand, élu en 1171, fut fait prisonnier par Saladin, à la bataille de Montgiscard (1179), et refusa de payer sa rançon. Un Templier ne peut offrir comme rançon que sa ceinture et son couteau d'armes, déclara-t-il. Il mourut en captivité le 9 octobre 1180. Gilbert Érail, élu en 1194, mourut en 1200 ou 1201.
Notons que Clément V, élu pape en 1305, transféra le siège de la papauté de Rome à Avignon, en 1309, sous la pression de Philippe le Bel. Complice du roi dans la destruction des Templiers, il prononça la dissolution de l'Ordre au concile de Vienne, en 1312.

Les remparts d´Avigon

Les remparts d'Avignon


Bayles :

Pierre Roger, ministre du Temple, recevait en 1143 des droits sur les terres de Puyloubier. Commanderie importante en Provence, elle passa aux Hospitaliers de Saint-Jean de Latran après la suppression de l'Ordre. On peut y voir une ferme protégée par deux tours, une grande cour dallée et, sur le mur extérieur, une croix du Temple et les armes de la famille des Baux.

Commanderie de Bayles

Commanderie de Bayles

Jumelle de Marseille, la riche commanderie de Bayle a conservé de nombreux restes. Elle fut créée en 1143 par l'abbaye Saint-Victor qui offrit à Pierre Roger, ministre du Temple, les terres de Puyloubier. Au fur et à mesure quelle s'enrichit, elle entra en conflit avec ses donateurs. Elle montre encore son église, une ferme encadrée de deux tours, une cour dallée. Le mur extérieur porte la croix du Temple. Elle avait des possessions à la Galinière, Châteauneuf-le-Rouge, Rousset, Trets (maison, dans le quartier de Bandel) et un hospice à Saint-Paul-lès-Durance, vestiges, vers Cadarache.

Voir le site consacré aux Hospitaliers et à l'église Saint Jean de Bayles.


Biot :

Située entre Cannes et Nice, Biot, donnée aux Templiers en 1209 par le comte de Provence, ne tarda pas à devenir leur commanderie générale pour le comté de Nice. Il n'en reste qu'un lieu-dit "Les Cavaliers" et une borne portant la croix du Temple, trouvée au Terme Blanc, et que l'on peut voir au musée d'histoire locale.
Pour son trafic vers Nice et Marseille, Biot utilisait le port d'Antibes. Biot avait des dépendances à Valbonne, Tourettes-sur-Loup, Coursegoules, Bézaudun-les-Alpes, Toudon, Tourette-du-Château, Le Broc, La Gaude, Saint-Paul et Villeneuve-Loubet.

Coursegoules   LEglise de Tourettes

Coursegoules - LEglise de Tourettes


Bompas :

La propriété des frères pontifes d'Avignon échut aux Templiers dès le début du XIIIe siècle. Après la suppression de l'Ordre, les Hospitaliers acquirent les biens qui passèrent peu de temps après aux Chartreux. De l'époque templière il reste encore la belle chapelle romane, sans aucune décoration. Elle est surtout caractérisée par l'autel surélevé qui marque la séparation de la nef et du chœur en hémicycle avec sa voûte en cul-de-four.

Clocher de Bompas

Clocher de Bompas

Bompas fut une commanderie templière, après avoir appartenu à la congrégation des Frères pontifes (ceux qui édifièrent le pont dAvignon).


Bras :

Au nord de Brignoles, on peut encore découvrir deux commanderies. Bras a conservé sa chapelle romane, dédiée à saint Pierre.

Bras   Bras

Portes de la chapelle de Bras


Cavaillon :

La commanderie de Cavaillon servait d'hospice pour les pèlerins. Elle se trouvait à l'emplacement du musée, route de Carpentras. Elle avait une maison à Saint-Saturnin-dApt. En 1313, Clément V s'empara du Temple de Cavaillon. Le château de la Roquette, qui montre ses ruines, 4 km au sud-est du bourg de Cheval-Blanc, passe pour avoir appartenu aux Templiers.

Cavaillon St Saturnin St Saturnin

L'église de Cavaillon - Eglise de St Saturnin - St Saturnin fortifications


Châteauneuf-de-Gadagne et Mazan :

A lest d'Avignon, on découvre deux commanderies de Châteauneuf-de-Gadagne et Mazan, dont il ne reste quune fresque, près de l'église. Deux chapelles templières subsistent encore : Notre-Dame-des-Neiges, près de Blauvac et Les Trois Pilons dans la jolie cité médiévale de Pernes-les-Fontaines.

Chateauneuf-de-Gadagne Blauvac

Chateauneuf-de-Gadagne - Eglise de Blauvac


Fos :

Fos était jumelée avec Arles. Entre Marseille et Fos, les Templiers utilisaient également le port de Martigues. Martigues est également la patrie de Gérard Tenque, fondateur de L'Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Les Templiers construisirent léglise de Gignac-la-Nerthe. Ils avaient une maison à Aubagne et des biens à Marignane et Berre-l'Étang. On découvrira aussi la maison des Templiers de Lançon-Provence (hôtel de Foresta), et celle de Saint-Cannat (13e siècle).

Fos

Fos les remparts de la ville


Fréjus :

Les deux commanderies de Fréjus et Saint-Raphaël. Dès le 12e siècle, le port templier de Saint-Raphaël devint une importante commanderie. Elle a conservé sa belle église du 12e siècle église Saint-Raphaël, dite des Templiers, à nef voûtée et abside en cul-de-four. Devant l'église, subsistent des restes de remparts du 13e siècle. Une autre commanderie existait à Saint-Aygulf.

Frégus

Clocher de Fréjus

Frégus

L'église de Fréjus


Hyeres :

Hyères était un port templier d'où les pèlerins pouvaient gagner la Terre sainte. Les marchandises que les Templiers exportaient vers l'Orient étaient regroupées dans les ports de Hyères, Fos et Biot puis, par cabotage, transportées jusqu'à Marseille, Toulon et Nice. Hyères a conservé sa commanderie du 12e siècle, percée de baies à colonnettes.

Hyères              Hyères         Hyères

Tour St Blaise                        Les Remparts                    Façade Île de Hyères


Laurade :

La maison du Temple de Laurade, dont il reste encore actuellement la chapelle dédiée à saint Thomas, fut créée sur les donations de Hugues Ricard en 1196. Cette chapelle du plus pur style romano-provençal se divise en trois travées et un chœur en hémicycle voûté en cul-de-four. Les doubleaux carrés retombent sur de simples piliers. La porte ouest ne présente rien de bien particulier, pas plus que les deux autres portes.


Limaye :

C'est grâce aux documents retrouvés que l'on a pu situer l'emplacement exact de cette commanderie perdue dans les contreforts des Alpes. Fondée à la fin du XIIe siècle, elle dut être importante si l'on en juge par l'inventaire des biens de 1295. De très belles ruines, conservant de nombreux graffitis heureusement vierges, sont encore visibles. Dans l'ancien bâtiment conventuel on remarque des portes en plein cintre dune rare simplicité. De la chapelle il ne reste rien.


Lorgue :

Il ne reste rien de la commanderie de Lorgues, fondée vers 1156, et qui régnait sur un des principaux carrefours de la voie aurélienne. Lorgues avait pour dépendance la commanderie de la Bastide-de-Trols, fondée au 13e siècle à Astros-le-Vieux, sur la commune de Vidauban (quelques restes). Vidauban montre la petite chapelle Saint-Michel-sous-Terre (au Saut Saint Michel), qui appartenait aux Templiers en 1252. Lorgues avait également le domaine de la Plaine, à Cabasse, et l'église de Saint-Antonin-du-Var (Notre-Dame de l'Assomption, du 12e siècle).

Lorgue

Lorgue


Marseille :

Les croisades firent la richesse de Marseille qui resta le premier port d'embarquement pour la Terre sainte; aussi les commanderies templières et hospitalières étaient-elles florissantes. Les chevaliers se firent marins. Bon an, mal an, les nefs du Temple et de l'Hôpital transportaient six mille pèlerins, sans compter les chevaux, sur des bateaux aux noms évocateurs : La Rose du Temple ou Le Faucon du Temple. En rivalité avec les armateurs, les Templiers abandonnèrent Marseille au profit de Montpellier, de 1216 à 1234. Avant de s'embarquer, de nombreux pèlerins faisaient des dons à la commanderie de Marseille, tel Pierre de Cadenet en 1185.

Marseille

Marseille


Moissac Bellevue :

Lorsque Guillaume de Moissac entra dans l'Ordre du Temple, avant de devenir commandeur de Saint-Maurice (1222-1223), il fit don de ses biens aux frères du Temple. Les Templiers construisirent alors une maison dépendante de Saint-Maurice, avec une chapelle qui reste un rare spécimen dune architecture particulière. Elle possède deux nefs d'égale longueur et deux absides voûtées en cul-de-four. La chapelle est construite dans l'ensemble du corps de bâtiment sans qu'aucune séparation ne soit effective.

Moissac

Clocher de Moissac


Montfort sur Argens :

Un petit château donné aux Templiers en 1207 par Alphonse d'Aragon, comte de Provence, est à l'origine des plus grandes extravagances. Une de plus au palmarès templier moderne ! Le château actuel na strictement rien à voir avec celui des Templiers. Celui que nous connaissons aujourd'hui a remplacé l'ancien château des Templiers détruit à la fin du XIVe siècle. Rasé et reconstruit par les Hospitaliers il ne subsiste qu'une partie des sous-sols. On raconte que chaque année, dans la nuit du 15 août, aux douze coups de minuit (sic !) les Templiers reviennent faire leur petit tour dans le château, et on ajoute même que certaines personnes leur ont fait brin de causette !

Entrée de l´ancien château des Templiers Ancien

Entrée de l'ancien château des Templiers


Montmeyan :

Il s'agit là d'un château acquis par les Templiers de la commanderie de Saint-Maurice dans le Var. Le château, dont il ne reste pratiquement rien, était seigneurie intégrale de l'Ordre. Les Templiers agrandirent une partie de l'église d'où ils tiraient des revenus.

Montmeyan contrôlait la circulation dans les gorges du Verdon, donnée à Saint-Maurice, en 1164, par son seigneur, Hugues (qui se fit lui-même templier). L'Ordre possédait le château et l'église qu'il agrandit. A Saint-Julien, les Templiers s'étaient aussi implantés, avec probablement une maison. Ils édifièrent le château. L'église romane du très joli village perché montre des restes de la chapelle templière. Les Templiers avaient des biens à Rougon, La Bastide-Sainte-Maxime et Grand Laon, Roquebrussanne. Les Hospitaliers possédaient la puissante commanderie de Comps-sur-Artuby, patrie de deux grands maîtres : Arnaud (1163) et Bertrand (1244). La belle église romane est néanmoins dite des Templiers .

Montmeyan    Roquebrussanne

Vestiges de Montmeyan   -   Eglise de Roquebrussanne


Nice :

Fondée avant 1193, la commanderie de Nice devint le plus important port templier après Marseille. Il n'en reste rien. Pour le cabotage commercial, les Templiers étaient implantés dans plusieurs ports en direction de l'Italie : Villefranche, Beaulieu, Monaco et Menton. Nice avait pour dépendances : Cabris, Gourdon, Châteauneuf, Opio, Plascassier et Plan-de-Grasse. Selon une légende, les Templiers de Nice auraient été prévenus de leur arrestation et auraient dissimulé un trésor.


Orange :

Orange fut fondée en 1138, toujours par essaimage de Richerenches, grâce à la donation du château des Arènes. Le magnifique théâtre antique de la ville constitue donc un reste templier". La cathédrale, du 12e siècle, porte d'ailleurs le nom "oriental de Notre-Dame-de-Nazareth. Les essaimages de Richerenches vers le sud se poursuivirent, la même année, avec Saint-Gilles et Arles. Les Templiers possédaient une maison à Fontbonne, sur la commune de Vacqueyras, dont la tour de garde porte des signes templiers. Au nord d'Orange, la commanderie de Lapalud montre encore ses assises (maison du général Jullien).


Peyrassol :

Ce n'est qu'en 1256 qu'apparaît le nom de la commanderie avec un commandeur titulaire. On ignore tout avant cette date. Après la disparition du Temple, les Hospitaliers réunirent Peyrassol à la commanderie d'Hyères. Comme la plupart des commanderies de Provence, celle de Peyrassol conserve encore des choses intéressantes. Et tout d'abord, le vin. Depuis l'acte de 1256 dans lequel il est indiqué que cette année-là les vignes avaient produit vingt-huit mille litres, le vin est roi. Les restes architecturaux aussi sont importants. La chapelle, malheureusement transformée en appartements pour les ouvriers agricoles, est du type romano-provençal classique. Deux travées et un chœur en hémicycle forment l'ensemble. Petite, trapue, elle cadre bien avec les pins-parasol qui l'entourent, et la couleur de sa pierre s'harmonise avec le sol aride et rocailleux sur lequel pousse la vigne. Les anciens celliers possèdent encore les crochets et les départs des anciennes voûtes. Les murs extérieurs ont subi les aménagements nécessaires aux exploitations. Le château date en partie des Hospitaliers. La marque de la fin du XIXe siècle y est toutefois inscrite. Quelques blasons rappellent le souvenir des chevaliers de Saint-Jean.


Richerenches :

Première commanderie de Provence, elle fut le siège de la baillie de Provence jusqu'à la fondation de la commanderie dArles-sur-Rhône. Richerenches devint alors commanderie majeure et avait sous sa juridiction toutes les commanderies du nord de la Provence. Fondée en 1136 sur les donations des seigneurs de Bourbouton, elle eut comme commandeur Arnaud de Bedos. Toute la seigneurie devint propriété des Templiers. Les bâtiments furent construits dès 1138 et formèrent bientôt le village que les Templiers fortifièrent. L'enceinte de la ville est quadrangulaire et le plan de la ville montre bien l'importance du lieu. Quatre tours d'angles défensives renforcent l'aspect de fortification l'église servait à la fois aux Templiers et aux paroissiens. Située au milieu du mur est, elle na rien de particulier sinon son style purement provençal. Une nef étroite, voûtée en plein cintre, communiquait avec les bâtiments de la commanderie. Correctement orientée, elle se termine par un chevet en hémicycle voûté en cul-de-four, ressemblant ainsi étrangement aux églises de campagne de toute la Provence. Les ouvertures sont rares, ce qui conservait une certaine fraîcheur durant les étés longs et chauds. Construite en appareil moyen et régulier, elle possède une corniche à modillons reliés par des demi-cercles. Les Hospitaliers n'y firent pas trop de restaurations dont ils étaient friands et spécialistes, comme on le constate dans d'autres commanderies de Provence.

Richerenches

Porte d'entrée du village

Richerenches ou "Les Templiers du Pape" :

Au nord d'Avignon, au cœur de la Drôme, un petit morceau de terre enclavé dépend, encore aujourd'hui, administrativement, du département du Vaucluse.
Cette aberration géographique est, en fait, un témoignage historique : le reste de l'enclave des Papes, un ensemble de biens templiers que Clément V, Jean XXII et ses successeurs récupérèrent après la destruction de l'Ordre. Au milieu de ce petit carré de terre, Richerenches constituait la commanderie générale de Provence.
Fondée en 1136, par une donation partielle des seigneurs de Bourbouton, elle fut le siège de la baillie de Provence, jusqu'à la création de la commanderie d'Arles. Elle resta, par la suite, une commanderie majeure, tenant sous sa juridiction la totalité des commanderies de la Provence du Nord. Son premier commandeur, Arnaud de Bedos, entreprit, dès 1138, l'édification des bâtiments qui forment, aujourd'hui, le bourg de Richerenches. Par une bulle du 15 juillet 1313, Clément V sentendit avec Robert de Sicile pour récupérer les biens du Temple dans le Comtat Venaissin dont Richerenches et les églises qui en dépendaient directement : Bourbouton, Cairanne (qui conserve son église romane et son donjon des Templiers, Sainte-Cécile-les-Vignes (restes de fortifications 14e siècle). À l'intérieur de l'enclave actuelle, on trouve encore la maison templière de Visan.

Richerenches

Porte d'entrée du village de Richerenches

Richerenches, qui a gardé son aspect original de bourg-forteresse, identifiable, dans son ensemble, à la commanderie, présente un grand intérêt architectural. C'est une des commanderies les mieux conservées de France. La ville est entourée d'un rempart portant quatre tours d'angles. La commanderie a gardé ses bâtiments, dont le logis (12e siècle) du commandeur et des chevaliers, ainsi que son puits. L'église de style provençal, à nef étroite, s'achève par une abside en cul-de-four.

Richerenches        Richerenches          Richerenches

Richerenches front EST  -    La maison des Templiers  -    Eglise façade Romane


Rigaud :

Au débouché des gorges du Cians, en bordure du Parc national du Mercantour, la commanderie de Rigaud tenait la Haute-Provence. En 1307, les sergents du roi trouvèrent la forteresse vide. Parmi les vingt-cinq dépendances on notera les fiefs de La Croix-sur-Roudoule et Daluis, ainsi que Puget-Théniers, Guillaumes, Saint-Étienne-de-Tinée, Saint-Sauveur-sur-Tinée et Villarssur-Var.

Rigaud

L'église de Rigaud


Roaix :

Située, à présent, au nord du département du Vaucluse, mais autrefois partie intégrante de l'enclave, Roaix était la commanderie la plus importante après Richerenches, sa jumelle. Fondée en 1137, par essaimage de Richerenches vers le sud, elle fut à l'origine de la création du bourg. Elle a conservé ses bâtiments, remaniés au 17e siècle, et sa chapelle à l'abside ornée de sculptures.
Roaix est une des bases dune association templière moderne: lOrdre Rénové du Temple. La richesse des Templiers dans le Comtat Venaissin les conduisit à créer un ensemble de commanderies, entourant Vaison-la-Romaine qui, toutes, passèrent sous le contrôle du Saint-Siège. Ce sont Saint-Romain-de-Malegarde, récupérée par Jean XXII, Buisson, idem, qui conserve son église Notre-Dame, dorigine templière, Villedieu, idem, il en reste une croix, au lieu-dit La Baude, Saint-Germain, il reste une ferme, sur la commune de Faucon et Séguret, ruines au lieu-dit Cimetière Saint-Jean. Le fief de Lagarde-Paréol dépendait de Richerenches.

Villedieu Buissson Faucon Séguret

L'église de Villedieu     -      L'église de Buissson          -      Passage à Faucon      -        Le Village de Séguret


Ruou :

La plus ancienne charte connue concernant cette commanderie date de 1157. Jusqu'à la fin du XIIe siècle c'est le silence. Mais nous devons comprendre que le développement de la commanderie ne cessa de se faire. En 1195, il y avait un commandeur et quatorze frères. En 1193 une maison avait été achetée à Lorgues pour la somme de trois mille sous. La maison du Ruou fut aussi importante que celle de Richerenches. Le commandeur était membre de droit de la chambre capitulaire de Saint-Gilles, et suivant un acte du chapitre de cette dernière, daté de 1260, il est fait état dune maison de formation. Après la disparition des frères du Temple, le Ruou passa dans les biens hospitaliers de Puimoison. Nous avons d'ailleurs la mention de trois anciens Templiers qui signent "ancien du Temple".

Ruou

Commanderie de Ruou


Les guerres du XIVe siècle en Provence ont marqué la commanderie. Les ravages des Grandes Compagnies détruisirent une bonne partie des bâtiments d'habitation vers 1360. En 1411, lors de la visite priorale, il est fait mention de la destruction des bâtiments et de leur abandon complet. Personne n'habitait les lieux. Le siège de la commanderie fut transféré à Montfort-sur-Argens et non à Lorgues, et vers 1460 tous les biens furent unis à la commanderie de Saint-Jean de Marseille. L'importance acquise sous les Templiers n'existait plus.
Des bâtiments conventuels, il ne reste rien de sensible. Le bâtiment parallèle à la chapelle conserve deux colonnes-supports, un puits et les caves. La chapelle de type provençal a perdu sa voûte en berceau. Divisée en deux travées, avec un chœur en hémicycle et voûté en cul-de-four, elle garde néanmoins son caractère sobre et frustre. Deux ouvertures au sud éclairent l'ensemble de la nef. Chaque travée est séparée par de forts doubleaux. On y retrouve là aussi les trois portes traditionnelles. Sur la voûte en hémicycle quatre fresques sont encore visibles représentant deux évêques, à gauche et à droite de l'entrée du chœur, le couronnement de la Vierge et la Trinité. Ces fresques datent elles aussi de l'époque templière à en juger par le costume des évêques. A l'extérieur, sur la façade nord, des corbeaux laissent entrevoir les supports dune galerie. La façade ouest est éclairée par un oculus qui filtre le dernier rayon du soleil le 24 juin. Quelques fouilles permirent de découvrir deux corps d'anciens Templiers.


Saint Martin Vésubie :

Le joli bourg médiéval de Saint-Martin-Vésubie fut une importante place templière. Elle a conservé sa chapelle de la Madone-de-Fenestro, fondée au 13e siècle par les Chevaliers aux blancs manteaux, sur l'emplacement d'un temple de Jupiter. Un pèlerinage s'y développa. En 1307, l'arrestation des Templiers de Fenestre fut perçue comme une malédiction, et fit l'objet de plusieurs légendes.


Saint Maurice :

La commanderie de Saint-Maurice marque la fin de la première période des grandes donations. Au mois d'octobre 1164 Guillaume de Vion, commandeur de Saint-Maurice recevait Hugues de Montmeyan en qualité de frère du Temple. Les possessions s'accrurent aussi bien au XIIe siècle qu'au XIIIe. Après la suppression du Temple, la commanderie fut annexée à la commanderie hospitalière de Comps-sur-Artuby, mais resta sous le gouvernement d'un administrateur qui laissa les possessions entre les mains de divers baillis. La chapelle, composée de deux travées, est fermée à lest par un cul-de-four. Voûtée en plein cintre, elle ne dénote pas dans l'ensemble architectural de Provence. En partie défigurée par les travaux d'aménagement pour des appartements, elles conserve son aspect si l'on fait fi des ouvertures pratiquées pour les besoins de la cause. Sur la façade, un cul-de-lampe montre le départ dune voûte ce qui permet d'affirmer qu'un bâtiment avait été ajouté. L'ensemble des bâtiments conventuels formait avec la chapelle, au sud, un quadrilatère régulier. Les bâtiments de ferme ont conservé la bergerie, long boudin voûté en plein cintre et coupé en son milieu par un fort pilier carré servant d'appui aux bâtiments supérieurs.

Saint Maurice

Saint Maurice Eglise st Jean Baptiste


Saint Paul Trois Châteaux :


Sospel :

Près de la frontière italienne, la commanderie de Sospel montre encore son château de la Commande et la chapelle du prieuré Saint-Gervais, fondé par les Templiers en 1180.

SOSPEL Le vieux pont de ce joli village a été bâti au XIe siècle, bien que sa tour centrale soit du XXe , la tour d'origine ayant été détruite pendant la Seconde Guerre mondiale. La fontaine du XVe siècle et les maisons à arcades sur la place de la cathédrale sont ravissantes. L'église Saint-Michel possède un clocher roman et abrite un retable attribué à François Bréa.


Villedieu :

Villedieu était situé dans l'enclave, il en reste une croix, au lieu-dit "La Baude".

Villedieu

Villedieu


Sources texte :
Laurent Daillez et Jean-Luc Aubardier - Michel Binet