Carême (Encarta)
Période de jeûne et de pénitence observée traditionnellement par les chrétiens pour préparer Pâques. La durée du jeûne du carême, pendant lequel les chrétiens pratiquants mangent frugalement, fut établie au IVe siècle et fixée à quarante jours. Dans les Églises orientales, où le samedi et le dimanche sont considérés comme des jours de fête, la période du carême commence huit semaines avant Pâques. Dans les Églises occidentales, où seul le dimanche est un jour de fête, la période de quarante jours commence le mercredi des Cendres et dure, à l'exception des dimanches, jusqu'à la veille de Pâques. L'observation du jeûne ou d'autres formes d'abnégation pendant le carême varie dans les Églises protestantes et anglicanes, qui attachent une importance particulière à la pénitence. L'Église catholique romaine se montre depuis peu moins rigoureuse sur l'observation du jeûne. Conformément à une constitution apostolique du pape Paul VI, promulguée en 1966, le jeûne et l'abstinence pendant le carême ne sont obligatoires que le mercredi des Cendres et le vendredi saint.
CARÊME (Universalis)
Temps qui, dans toutes les Églises chrétiennes, est réservé à la préparation de Pâques, et s’étend du mercredi des Cendres à la messe du soir du jeudi saint. Le carême (en latin populaire, quaresima; en latin classique, quadragesima [dies], «le quarantième» [jour avant Pâques]) dure en principe quarante jours (comptés à l’époque où les dimanches en étaient exclus et où il se prolongeait jusqu’au samedi saint); il répond au symbolisme biblique des préparations aux Alliances entre Dieu et son peuple: pendant ce même nombre de jours se sont répandues les eaux du Déluge, ont jeûné Moïse et Élie avant que Dieu se révèle à eux, et Jésus lui-même dans le désert; pendant un nombre semblable d’années, le peuple d’Israël a erré avant son entrée dans la Terre promise.
Institué pour préparer les catéchumènes à leur baptême, qui était célébré dans la nuit pascale, le carême est un temps d’entraînement spirituel pour ceux-ci ainsi que pour toute la communauté qui les accompagne dans leur cheminement; tous les fidèles sont amenés chaque année à se renouveler dans la grâce de leur baptême. C’est le temps de la conversion du cœur et de la lutte contre le péché, qui se manifeste traditionnellement par le jeûne, lequel consiste, selon saint Léon, à «mettre de côté un peu de notre nourriture, afin que nos aumônes s’accroissent de ce dont nos tables sont privées; le jeûne assure la guérison de l’âme, quand notre abstinence restaure la faim du pauvre». Ce jeûne, qui n’est plus aujourd’hui rigoureusement codifié ni explicitement prescrit (sauf pour le mercredi des Cendres), demeure un idéal dont plusieurs redécouvrent la signification.
La pénitence s’accompagne de prières et de la méditation de la Bible, notamment par les lectures de l’Évangile que la liturgie propose traditionnellement aux messes des six dimanches successifs du carême: la tentation de Jésus au désert; la Transfiguration du Seigneur (annonce de la Résurrection, en présence de Moïse et d’Élie); l’entretien avec la Samaritaine; la guérison de l’aveugle-né; la résurrection de Lazare (cette évocation constitue, avec les deux précédentes, les catéchèses traditionnelles du baptême présenté comme le don d’une vie nouvelle par l’eau vive qui procure un regard nouveau); la Passion du Seigneur, proclamée solennellement après la procession des Rameaux, sorte de jeu sacré évoquant l’entrée du Christ à Jérusalem, quelques jours avant sa mort. La messe du soir du jeudi saint introduit au Triduum pascal, où culmine la «montée à Jérusalem» de toute l’Église avec son Seigneur.
La plupart des communautés d’Orient observent encore, pendant le carême, un jeûne rigoureux et ne célèbrent l’eucharistie que le dimanche et le samedi.
![]()
___________________________________
© 2000 Encyclopædia
Universalis France S.A. Tous droits de propriété
intellectuelle et industrielle réservés.