retour index "fêtes religieuses"                        index glossaire général                                    retour glossaire de l'islam

FÊTES & RITES MUSULMANS

Les célébrations qui rythment la vie musulmane se répartissent suivant plusieurs cycles, journalier, hebdomadaire, annuel. Il existe aussi des célébrations exceptionnelles, comme celles qui ont été prévues pour l’an 1400 de l’hégire (1980 de notre calendrier), qui soulignent l’entrée dans un nouveau siècle. La plupart des fêtes sont déterminées par la loi religieuse, d’autres relèvent de dévotions privées, régionales ou locales.

On notera que la plupart des fêtes musulmanes suivent le calendrier lunaire et peuvent donc tomber à tous les moments de l’année. Seuls quelques rares mouleds sont célébrés à des dates fixes de l’année agricole, par exemple, le Sayyid Badawi à Tantah en Égypte, en octobre.

adhan – l’appel à la prière

Le 1er moharram premier mois de l’année

mouled en-nabi - fête de la naissance du Prophète

Le 27 rajab septième mois

Le 15 sha‘ban - huitième mois

Le ramadan 9ème mois de l’année, mois du Coran et de l’enseignement religieux.

Hajj - Le grand pèlerinage à La Mekke

aïd el-kebir - fête des Sacrifices, le 10 du mois de dhul-hijja (douzième mois).

Mouleds –  fêtes des saints

ashoura- - 10 du mois de moharram commémore la passion de Hosayn, le petit-fils du Prophète

Leïlet EL-QADR - La nuit de la Révélation

adhan

La principale manifestation publique de la foi musulmane est l’appel à la prière ou adhan. Cinq fois par jour, du haut des minarets (ou par des haut-parleurs), la voix du muezzin retentit, proclamant à quatre reprises, puis à deux: «Dieu seul est grand» (Allahu akbar), récitant deux fois entre-temps la formule de la shahada (attestation que Dieu est unique et que Mohammad est son envoyé) et invitant de façon pressante à la prière.

La loi musulmane ne prévoit aucun jour de repos hebdomadaire, mais elle demande à tous les hommes de se libérer chaque vendredi pour assister à la prière publique de midi à la mosquée. Précédée par une récitation rituelle du Coran et un sermon, cette prière est l’occasion d’un rassemblement général des hommes, mettant en relief la fraternité, l’égalité en face de Dieu, sans prêtres ni sacrements. L’obéissance à Dieu et la reconnaissance de sa grandeur sont exprimées autant par la parole (nombreux Allahu akbar) que par les gestes (prosternations répétées). C’est l’acte du serviteur qui se présente devant son seigneur, qu’il aime servir; c’est aussi vis-à-vis des autres un acte de solidarité. La dimension politique y apparaît par le biais de la mention, jadis du calife régnant, aujourd’hui du souverain officiel.

Des réunions plus particulières rassemblent aussi chaque semaine des membres des confréries (sans aucun caractère obligatoire), dans des mosquées ou des lieux de prière: la récitation du Coran y est suivie par la lente psalmodie, avec de longs silences, d’un poème religieux. Le rituel varie selon les groupes. Dans beaucoup d’entre eux, pendant la psalmodie, les confrères, debout sur deux ou plusieurs rangs, balancent le haut du corps en scandant leur mouvement par une invocation, la même, indéfiniment répétée, par exemple Al-lah (Dieu), hayy (vivant), howwa (lui). Mentionnons enfin les prières spéciales prévues par la loi, ou les chants du Coran lors d’un décès, d’une calamité publique, etc.

Les fêtes officielles du cycle annuel sont, chez les sunnites, les suivantes

Le 1er moharram (premier mois de l’année). On y célèbre le souvenir de l’hégire, cet exode qui, en 622, conduisit Mohammad et ses compagnons de La Mekke à Médine, marquant une rupture dans l’histoire de la première communauté et le commencement de son orientation politique. Chômée à cause du début de l’année de l’hégire, cette fête ne comporte pas de prières rituelles obligatoires : elle est célébrée par des veillées particulières dans les mosquées. On dessine ici ou là, à cette occasion, la colombe qui fit son nid et l’araignée qui tissa sa toile à l’entrée de la caverne dans laquelle le Prophète fugitif s’était caché, l’un et l’autre ayant dérouté ainsi les poursuivants

Le mouled en-nabi (mawlid al-nabi; mouloud dans les dialectes maghrébins), fête de la naissance du Prophète. Cette fête, extrêmement populaire (elle est marquée par des réjouissances publiques, avec vente de douceurs pour les enfants, notamment, en Égypte, de poupées en sucre engoncées dans des robes de papier coloré), se célèbre durant les dix ou quinze soirs précédant l’anniversaire proprement dit, qui tombe le 12 rabi‘ Ier (troisième mois de l’année). Elle comporte veillées de prière, chants du Coran, réunions et cortèges de confréries avec leurs drapeaux, louanges du Prophète par des spécialistes (maddahun), célébrations et discours dans les écoles, etc. À la manière dont les médias se font l’écho de ces cérémonies qui se terminent par un jour de congé, on mesure la place capitale que tient la dévotion au Prophète dans le cœur des musulmans

27 rajab

Deux autres fêtes, plus particulières, ne donnent lieu qu’à des veillées commémoratives dans les mosquées, sans congés : le 27 rajab (septième mois), où l’on évoque le voyage nocturne au cours duquel, suivant la tradition, l’ange Gabriel mena Mohammad, sur une monture ailée, de La Mekke à Jérusalem, puis de là au septième ciel (ce passage du Prophète par Jérusalem est une des raisons de l’attachement des musulmans à cette ville).

Le 15 sha‘ban (huitième mois), qui rappelle le changement de direction de la prière intervenu quelques mois après l’hégire, véritable renversement politique de la communauté (désormais, l’on priera tourné vers la Kaaba de La Mekke , et non plus vers Jérusalem, comme au temps où Mohammad espérait encore le ralliement des juifs).

ramadan

Les deux plus grandes célébrations, qui constituent les deux observances essentielles de l’islam (les quatrième et cinquième piliers), sont le ramadan et le pèlerinage de La Mekke. Elles sont l’occasion de trois ou quatre jours de congé.

Le ramadan (neuvième mois de l’année) est le mois du Coran et de l’enseignement religieux, des tarawih, ou prières spéciales à la mosquée, le soir; le mois du jeûne envisagé comme maîtrise de soi et des passions, comme acceptation de la faim en union avec les pauvres; le mois des relations sociales et des repas chez des parents et des amis le soir. Vers la fin du mois, on offre la zaka ou aumône de ramadan pour que tous puissent être heureux à l’occasion de cette fête. Le premier jour du dixième mois, c’est la fin ou rupture du jeûne (‘id al-fita; au Maghreb: ‘aïd es-sghir, «petite fête «). Tous mettent de nouveaux habits et se réjouissent. Rassemblés en quasi-totalité et tournés vers le lever du soleil (à la mosquée ou sur des esplanades en plein air), les hommes répètent des centaines de fois, en chœurs puissants, Allahu akbar, proclament l’unicité de Dieu et prient pour «monseigneur Mohammad, les compagnons de monseigneur Mohammad, les épouses de monseigneur Mohammad». La réunion se termine par la prière de la fête après le lever du soleil. Dans beaucoup de pays, les fidèles vont visiter au cimetière les tombes de leur famille. Les prédicateurs insistent sur le pardon mutuel des torts et la réconciliation.

L'aïd el-Kebir (signifiant littéralement la grande fête) est l'une des fêtes musulmanes les plus importantes. Également appelée Id al-Adha, elle marque chaque année la fin du pèlerinage à La Mecque et à lieu le 10 du mois de Dhou al Hidjia, dernier mois du calendrier musulman.

Cette fête commémore la soumission d'Abraham à Allah, lorsque le patriarche était prêt à sacrifier son fils Ismaël sur son ordre.

Chaque famille, dans la mesure de ses moyens immole un mouton en l'égorgeant couché sur le flanc gauche et la tête tournée vers La Mecque.

Dans une partie de l'Afrique musulmane, dont le Mali, le Sénégal, le Niger et le Burkina Faso, l'aïd el-Kebir est nommé la tabaski.

L'Aïd-El-Kebir, la fête du mouton !

La fête de l'Aïd Al-Kebir a lieu le 7 du mois Dhou-l-Hijja, le 12ème mois lunaire, qui est également le mois du pèlerinage à la Mecque. L'Aïd-El-Kebir, ou "grande fête", commémore l'histoire bien connue du sacrifice d'Abraham. Cette histoire, que l'on trouve dans l'Ancien Testament, raconte que Dieu, pour éprouver la foi d'Abraham, lui demanda de sacrifier son jeune fils unique. Abraham, la mort dans l'âme, allait obéir et égorger son fils, lorsque Dieu arrêta sa main et, pour le remercier de sa loyauté et de son obéissance, lui demanda de sacrifier plutôt un mouton à la place. C'est donc en souvenir de ce sacrifice que les musulmans ont coutume d'égorger un mouton le jour de l'Aïd-El-Kebir.
En dehors de cette coutume, c'est également un jour de réjouissances où l'on festoie en famille.

hajj

Le grand pèlerinage à La Mekke (ou hajj) marque surtout la vie musulmane par la fête des Sacrifices, le 10 du mois de dhul-hijja (douzième mois). Ce jour-là (‘id al-adha; ou aïd el-kebir au Maghreb — « grande fête » —; tabaski en Afrique occidentale; plus justement ‘id al-qurban, « fête de l’offrande »), en union avec les sacrifices qu’offrent les pèlerins à Mina (6 à 8 km de La Mekke), des centaines de milliers d’animaux (moutons surtout) sont immolés dans tout le monde musulman et la viande est partagée en famille ou avec les pauvres. Le don que l’on fait ainsi à ces derniers remplace l’aumône de fin de ramadan. Pour le reste, la célébration se déroule de la même façon que pour la fête de la rupture du jeûne.

Ceux qui participent au pèlerinage proprement dit (leur nombre aurait largement dépassé le million depuis 1975) vivent, en ces jours-là, une célébration inoubliable. Obligatoire une fois dans la vie pour le musulman adulte qui est libre et en a les moyens, le grand pèlerinage ou hajj est le cinquième pilier de l’islam. Après avoir revêtu un habit sacré (l’ihram), le pèlerin (homme ou femme) entre dans le territoire sacré de La Mekke, interdit aux non-musulmans. L’invocation s’élève dès lors de partout : « Nous voici, ô Dieu, nous voici.. .», suivie d’une proclamation de l’unité et de la gloire de Dieu. Une première série de cérémonies, héritées des Arabes antéislamiques mais purifiées de tout paganisme, se déroulent individuellement: chacun fait sept fois le tour de la Kaaba (bâtie par Abraham, selon le Coran) et effectue sept courses entre deux buttes sacrées en souvenir de la course d’Agar, affolée à la perspective de mourir de soif, avec son fils Ismaël. Une seconde série de cérémonies, collectives, se déroulent à date fixe et comportent une station dans la plaine de Arafat, entourée de montagnes, à 25 km à l’est de La Mekke, le 9 dhul-hijja, de midi au coucher du soleil. C’est le grand « pardon » de tous les péchés, l’évocation du rassemblement du Jugement dernier, la prière pour tous, l’affirmation de la solidarité dans la même tenue et de l’égalité sans aucun sacerdoce. On commémore dans l’émotion la victoire de Mohammad qui, en reprenant La Mekke en 630, a ouvert aux musulmans la route du pèlerinage. Le 10, sur la voie du retour à La Mekke, s’accomplissent les sacrifices en souvenir (pour la plupart des musulmans mais pas absolument pour tous) du sacrifice d’Abraham. On jette des pierres sur des piliers qui symbolisent Satan, ces lapidations étant reprises les 11 et 12. De ce rassemblement colossal se dégagent le sens de l’universalité de l’islam et de sa force, le sens d’une présence spéciale de Dieu

mouleds

À ces grandes célébrations s’ajoutent les fêtes ou mouleds qui se déroulent auprès des mausolées des saints et qui rassemblent souvent des foules immenses venues, dans le dénuement, visiter le tombeau de serviteurs ou de servantes de Dieu : membres de la famille du Prophète (spécialement les imams du shi‘isme à Kerbela, Qom, Meched), docteurs de la loi (comme l’imam al-Shafi‘i au Caire), fondateurs de confréries (comme Abd al-Qader al-Jilani, à Bagdad).

ashoura

Il convient de mentionner spécialement les célébrations shi‘ites de l’ashoura (10 du mois de moharram) qui commémorent la passion de Hosayn, le petit-fils du Prophète, massacré par le parti adverse, et qui comportent des flagellations et des jeux liturgiques s’étendant souvent sur plusieurs jours et inconnus dans les autres parties de l’islam.

LEÏLET EL-QADR - La nuit de la Révélation 

La 27e nuit du mois de Ramadhan ou la Nuit du Destin, le Prophète Mohammed (QSSSL) eut la Révélation de la mission dont il allait être chargé par Allah. Cette nuit est-il écrit dans le Saint Coran est la meilleure de toutes les nuits et donne lieu dans toute la communauté musulmane à travers le monde à un regain de ferveur et de piété et à de nombreuses réjouissances. Au, Maghreb, traditionnellement, Leïlat El Qadr est l’occasion de procéder à la circoncision des jeunes enfants dans l’atmosphère pieuse qui caractérise ce jour béni parmi les autres. Cette nuit-là également, les fidèles se rendent à la mosquée et veillent jusqu’à l’aube pour la récitation de versets du Coran et de passages du hadith. A cette occasion également, des concours de récitation du Coran sont organisés à travers de nombreux pays musulmans et les meilleurs récitants sont récompensés à l’occasion de cérémonies officielles. Leïlat El Qadr est aussi l’occasion pour le croyant de ressourcer sa foi et la source divine et de la concrétiser par des actions de charité et de solidarité et le respect de son prochain. 

La Nuit du Destin

Correspondant généralement à la veille du 27e jour du mois de Ramadhan, la "Nuit du Destin" est la nuit sacrée où le Coran est parvenu par les cieux , pour être ensuite dicté au Prophète Mohamed (QSSSL) par l’intermédiaire de l’Ange Jibril (Gabriel). "Nous l’avons fait descendre (le Coran) dans la Nuit du Destin", a dit Allah le Tout-Puissant dans Son Livre saint.
Selon de nombreux imams spécialisés en sciences islamiques (chariaâ), le Coran est descendu du "Beït El Izza" dans les cieux d’où il fut dicté à l’Envoyé d’Allah (QSSSL) par la suite. "La Nuit du Destin vaut mieux que mille mois", a dit Allah avant d’ajouter : Au cours de cette nuit, les Anges et l’esprit (Jibril) descendent avec toutes sortes de décisions, avec l’autorisation de leur Seigneur".
Attendue habituellement dans les six derniers jours du mois de Ramadhan, conformément à un "hadith" authentique du Prophète (QSSSL), la Nuit du Destin est véritablement une nuit sacrée et bénie par Allah le Tout-Puissant : "elle, (la Nuit du Destin) est paix (ou salut) jusqu’à la montée de l’aurore".
Dans ce contexte, le Prophète Mohamed (QSSSL) a précisé dans un hadith reconnu ayant trait au jeûne de Ramadhan que les dix premiers jours du mois sont rahma, les dix qui suivent expiation des fautes et les dix derniers, délivrance de l’enfer.

La nuit de la Révélation

Il reste que les tenaces croyances populaires, d’autre part, attribuent des propriétés incommensurables, voire même miraculeuse, à cette Nuit du Destin alors que le Coran constitue le dernier miracle d’Allah, comme quoi "le ciel s’ouvrirait à certains élus d’Allah dont tous les vœux se verraient ainsi exaucés par exemple. Il y a lieu de reconnaître justement que beaucoup de gens perdent de vue facilement certains principes ou plutôt les préceptes divins et les recommandations de la Sunna relatifs au jeûne du mois de Ramadhan.
A cet égard Allah n’a-t-Il pas dit que le jeûne de Ramadhan est observé par Lui le Très Haut et par conséquent, Il lui revient d’en récompenser les fidèles élus. Se pose alors la question de savoir comment atteindre cet objectif recherché par tous. Comme tout un chacun le sait, le mois de Ramadhan constitue toujours une occasion idéale pour le musulman afin de se rapprocher du mieux qu’il peut de son Créateur en accomplissant ses devoirs religieux comme il se doit, sans oublier bien entendu ses obligations vis-à-vis de ses proches, de sa communauté.
Ainsi , tout en redoublant de piété et de ferveur religieuse à travers notamment l’accomplissement des cinq prières et de celles de Taraouih, la lecture du Coran et autre acte de piété comme de passer la nuit ramadhanesque à prier et à invoquer le pardon et la clémence divines, le musulman se doit aussi de regarder autour de lui et de porter aide et soutien à tous ceux qui en ont besoin, qu’ils lui soient proches ou non.
Oui, la religion (musulmane) est une affaire d’actes concrets, de comportements positifs privilégiant les principes de fraternité, de solidarité et d’amour du prochain.
"La Nuit du Destin est meilleure que mille mois", a dit Allah. C’est vrai... Pour ceux et celles qui la méritent, bien entendu. Célébrons-là donc et formulons nos vœux.
Mourad Achour - Oumma.com

© 2000 Encyclopædia Universalis France S.A. Tous droits de propriété intellectuelle et industrielle réservés.