Aperçus sur la Légende d’Hiram

et l’apparition du grade de Maître.

Introduction : La légende d’Hiram – Apparition du grade de maître

Liste des annexes

Document n°1 : La Maçonnerie Disséquée - Le Degré du Maître

Document n°2 : Les Trois Coups Distincts

Document n°3 : Commentaire sur le rituel du Marquis de Gages 

Document 3bis : Texte du Rituel du Marquis de Gages

Document n°4 : Commentaire sur le Rituel de la Mère Loge Ecossaise de l’Orient d’Avignon, daté de 1774

Document 4bis : Troisième Grade de la franche maçonnerie ou Grade de Maître suivant le Rit Ecossais

Document n°5 : Rituel de réception au grade de M\, d’après le cérémonial de la 8ème Province, 1787, à l’O\ de St Petersbourg

Document 5bis : Texte du rituel de réception au grade de M\ - O\ de St Pétersbourg

Document n°6 : Commentaire sur « Le Régulateur du Maçon »

Document 6bis : Texte « Le Régulateur du Maçon »

Document n°7 : Commentaire sur le Rituel manuscrit de la Mère Loge Ecossaise de Marseille – 1812

Document n°8 : Texte du Rituel de la Mère Loge Ecossaise de Marseille Grade de Maître

Document n°9 : Commentaire sur le Guide des Maçons EcossaisLa partie du maître

Document 9bis : Texte du Guide des Maçons Ecossais – Maître

Document n°10 : Commentaire sur le rituel de la R\L\ La Tolérance N° 784 à l’Or de Londres – 1848

Document 10bis : Texte du Rituel de la R\ Loge  La Tolérance n°784 à l’Or de Londres


Introduction

La légende d’Hiram – Apparition du grade de maître

Il est être bien téméraire que d’aborder un tel sujet lors que l’on prend en compte l’opinion de Le Forestier (L’occultisme et la Franc-Maçonnerie Ecossaise pp.154-155, PARIS 1928) : « Les auteurs du Rite du troisième degré, restés inconnus ont fait appel à toutes les ressources de leur imagination et, d’une érudition aussi vaste qu’incohérente.

Ils ont produit un monstre énigmatique dont les recherches les plus consciencieuses n’ont pu découvrir la vraie origine».

Mais, comme le souligne Pierre Chevalier (Histoire de la Franc-Maçonnerie française Tome III, biblio p.4) «Le Forestier n’était pas maçon et, malgré la grande qualité de ses ouvrages il n’était pas à l’aise dans la Maçonnerie symbolique».

Il n’en demeure pas moins que Le Forestier, historien réputé et consciencieux, avoue l’échec de ses recherches malgré la somme importante d’informations dont il pouvait faire état.

Pour nous, qui ne disposons que de ressources bibliographiques et des archives du Suprême Conseil de France, il nous sera difficile d’apporter une réponse précise aux deux questions que nous nous posons, à savoir :

A quelle date est apparu le grade de Maître et à quel moment y fut incorporé la légende d’Hiram sur les origines de laquelle nous ne pouvons faire que des hypothèses ?

Dans les anciens temps où la Loge était uniquement opérative il n’existait qu’un seul degré, celui de compagnon (Fellow-Craft), puis par la suite, au fur et à mesure que les Loges «acceptèrent» des maçons n’appartenant pas à la corporation des bâtisseurs apparaît le grade «d’apprenti enregistré».

Apprentis et Compagnons travaillent en Loge sous la direction d’un Maître mais ce terme désigne uniquement une fonction réservée à un ancien surveillant.

Cependant certaines Loges qui avaient la charge de travaux d’une grande importance pouvaient être dirigées par un Maître susnommé, lequel avait la possibilité de s’adjoindre d’anciens présidents de Loges, des « past-masters », qui venaient en aide au Maître de la Loge en jouant le rôle de « surveillants ». Ainsi une lecture rapide de certains procès-verbaux anciens pouvait laisser croire qu’il y avait plusieurs Maîtres dans une Loge. C’est ce que laisse entendre Jean Palou (La Franc-Maçonnerie, Payot. Paris 1966, p. 117) qui précise en outre que la Grande Loge de Londres le 24 Juin 1721 (donc quatre ans après sa création), dans l’Article XIII de ses Règlements généraux, légitime un système de deux grades : Apprenti et Compagnon. Il n’est donc pas encore question à cette date d’un troisième degré.

Dans les Constitutions d’Anderson de 1723 à la page 62 du texte anglais traduit par Mrg Jouin (1930) on peut lire :

« C’est à cette réunion seulement que, à moins d’une dispense, les apprentis doivent être élevés au grade de Compagnon et de Maître ».

Mais le grade de Maître apparaît encore plus clairement en 1725 dans les archives de la première Grande Loge (R.F. Gould, Histoire abrégée de la Franc-Maçonnerie, 1910, p. 307).

« Le 27 novembre 1725, dans une réunion de Grande Loge comprenant les anciens Grands Officiers et ceux en exercice de 40 Loges, il fût présenté une motion en vue d’abolir une partie de l’article 13, relative à l’initiation de maîtres, qui ne se faisait qu’à la Cour trimestrielle et d’admettre que chaque Loge, avec le consentement des surveillants et des frères possédant le grade de Maître, put créer des maîtres à volonté. Accordé neno contra ».

Une autre notation des 3 degrés maçonniques se retrouve, toujours en 1725, dans une société de Maçons amateurs de musique, la « Philo musicae et Architecturae Sociétas Appolini », laquelle a laissé de nombreux procés-verbaux qui vont de Février 1725 à Mars 1727 et d’où il ressort que trois degrés distincts d’initiation furent conférés aux membres de cette Association. Mais, en ce qui concerne le grade de Maître il n’est fait aucune allusion à une mise en scène symbolique faisant ressusciter Hiram en la personne du nouveau Maître.

En 1726, dans la Loge d’York, indépendante de la Grande Loge d’Angleterre le F... Francis DRAKE dans un discours mentionne bien les trois degrés.

En fait la Grande Loge de Londres sera très longue avant de reconnaître le grade de Maître et ses procès-verbaux prouvent qu’elle n’a pris aucune part dans leur création.

Elle sera bien obligée d’en accepter l’existence après la publication en 1730 du document Prichard sur lequel nous allons revenir. Mais il faudra attendre 1738 lors de la deuxième édition du Livre des Constitutions pour qu’elle en fasse état officiellement sans toutefois y accorder beaucoup d’attention.

Un fait est certain, c’est qu’entre 1723 et 1738 le grade de Maître n’entre que très lentement dans le rituel des Loges. La plupart d’entre elles continuent à travailler aux deux premiers degrès et ce n’est qu’à partir de 1730 que des Loges de plus en plus nombreuses accueillent le nouveau grade.

Ce qui, jusqu’alors avait freiné un peu cette progression c’est l’importance des droits à payer pour accéder à ce degré. Mais la publication en 1730 du document Prichard qui découvre la légende d’Hiram est, pour tous les maçons, une véritable révélation de la haute valeur symbolique de ce texte.

Celui-ci deviendra dès lors, la véritable épine dorsale de la Franc-Maçonnerie universelle.

Pour répondre à la première question que nous nous posions : à quelle date est apparu le grade de Maître ? Nous ne pouvons donner aucune date précise mais il ressort de cette étude qu’il a vu le jour entre 1723 et 1730. Fait important à signaler, la Grande Loge de Londres n’est pour rien dans sa création. La Maîtrise est donc une réflexion à l’intérieur des Loges au sein desquelles va naître le récit symbolique de la mort et de la résurrection d’Hiram. De toute évidence il fallait créer une légende pour soutenir ce grade et elle verra le jour dans les années qui précédent 1730.

Elle figure en bonne place dans la publication le 20 octobre 1730 de « Masonry dissected » (La Maçonnerie disséquée) de Samuel Prichard. Ce fut un grand succès de librairie qui nécessita très rapidement deux autres éditions. Nous en trouvons la traduction et les commentaires de Gilles Pasquier dans Villard de Honnecourt n° 8.

Ce qui est troublant c’est que Samuel Prichard se présente lui-même comme un ancien Maçon, adversaire si résolu de la Maçonnerie qu’il qualifie sa publication de pamphlet destiné à « empêcher tant de gens crédules d’être attirés dans une société aussi pernicieuse ».

Il n’en demeure pas moins que le rituel qu’il nous propose pour les deux premiers degrés est parfaitement cohérent et que nous y trouvons des formules encore employées de nos jours.

Gilles Pasquier fait remarquer à juste raison qu’il y a de nombreuses erreurs dans les signes, les attouchements et les mots ; il ne distingue pas nettement les colonnes J et B. Au 3ème degré, dans la légende d’Hiram il n’indique pas à quelles portes se tiennent les trois agresseurs et il n’attribue pas à chacun d’eux l’instrument avec lequel il va frapper le Maître… Salomon envoie 15 Frères à la recherche d’Hiram alors que tous les Rituels du 3ème degré n’en comptent que 7 ou 9. Le nombre de 15 sera réservé au 10ème degré mais pour la recherche des assassins. Mais Prichard, déserteur de la Maçonnerie, a-t-il subtilisé un Rituel ou l’a-t-il reconstitué de mémoire ce qui est l’hypothèse la plus probable et qui explique ces quelques erreurs.

Quoiqu’il en soit, la légende d’Hiram apparaît pour la première fois dans son authenticité symbolique, laquelle ne sera jamais altérée même par les modifications de détail que l’on retrouve depuis lors dans les différents rituels.

On ne peut formuler que des hypothèses mais il est vraisemblable que cette légende est le fruit d’un travail collectif. Comme le signale Le Forestier, il fallait tout d’abord faire preuve d’imagination en adaptant à la Maçonnerie des mythes remontant aux profondeurs de l’histoire.

Tous les archéologues en effet s’accordent pour reconnaître dans les sociétés primitives la notion d’un meurtre fondamental comme, pour la fondation de Rome, celui de Remus par Romulus. Mieux encore, dans la plupart des mythes religieux la mort est suivie de résurrection et Rebold dans l’Histoire générale de la F.M. Paris, 1851, p. 56, écrit fort justement : « Il faut bien peu posséder l’histoire ancienne pour ne pas voir dans Hiram, le Maître des Maçons, l’Osiris des Egyptiens, le Mithra des Perses, le Bacchus des Grecs, l’Atydes Phrygiens dont ces peuples célébraient la passion, la mort et la résurrection comme les Chrétiens célèbrent aujourd’hui celle de Jésus-Christ ».

Tout processus initiatique commençant par la mort du vieil homme il ne restait plus qu’à trouver le héros mythique qui l’incarnerait.

C’est là que nos auteurs vont faire appel à ce que Le Forestier appelle « une érudition aussi vaste qu’incohérente … »  On pensera d’abord à un certain Aymon dont le nom figure dans les Old Charges, à qui on attribue comme père, Hiram, roi de Tyr et qui fut, dit la légende, le plus grand des Maîtres… Mais on ne connaît rien de sa destinée. Par contre le nom d’Aymon évoque, pour nos érudits, la chanson de gestes des quatre fils Aymon. L’aîné Renaud de Montauban, poursuivi par Charlemagne dont il avait tué un des neveux, Bertolai, se réfugie en Allemagne et s’embauche sur le chantier de la cathédrale de Cologne où il se conduit comme un compagnon hors pair. Ses camarades, craignant qu’il ne gâte le métier, se concertent pour l’assommer à coups de marteau, puis, ayant mis le cadavre dans un sac, ils le jettent dans le Rhin. Cependant leur crime ne restera pas impuni car, dit la légende, les poissons du Rhin rassemblés par miracle soulèvent le corps qui suit le fil de l’eau, éclairé par 3 cierges. Les assassins confondus n’ont plus qu’à faire pénitence.

Nos érudits d’outre-Manche retrouvent Renaud de Montauban dans les écrits de Rabelais, aussi bien dans le prologue du Tiers Livre où il nous dit qu’il servira les « massons » et mettra à bouillir pour les « massons » (Paul Naudon pense que c’est là terme alchimique). que dans le prologue du Livre V où il est question de l’édification du Temple de Salomon, pour revenir encore à Renaud de Montauban ce qui l’incite à nouveau à faire « bouillir pour les Massons ».

Nous avons bien avec Renaud de Montauban un meurtre symbolique mais l’événement se passe sur un chantier en Allemagne et nous sommes loin de celui du Temple de Salomon qui nous sert de référence depuis les temps les plus anciens. La Bible allait fournir à nos chercheurs l’homme idéal, au passé irréprochable, à qui elle attribue les qualités de savoir, d‘intelligence et de sagesse, toutes vertus dont est paré Salomon lui-même. Il sera donc naturel d’en faire l’ami et le confident du Grand Roi.

Cet homme c’est le Tyrien Hiram.

Que nous dit la Bible à son sujet ?

Le nom d’Hiram y apparaît à plusieurs reprises et sous différents personnages. Il y a tout d’abord Hiram ou Houram ou Khiram, roi de Tyr, contemporain de Salomon dont l’existence historique est indéniable. Salomon s’adresse à lui pour qu’il lui apporte son concours dans la construction du Temple en ces termes (II chroniques II.2) : « Comme tu as agi à l’égard de David, mon père, à qui tu as envoyé des cèdres pour qu’il pût se bâtir un palais comme résidence, fais de même pour moi ».

A quoi Hiram de Tyr répond :

« Et maintenant je t’envoie un homme sage, possédant l’intelligence, Hiram-Abi ». Abi signifie mon père et l’on a pu croire à tort que ce pouvait être le père du roi de Tyr ; erreur que nous retrouverons dans certains rituels. Il paraît s’agir en fait d’un suffixe que l’on traduit habituellement par Maître Hiram. Le roi de Tyr précise qu’il est le fils d’une femme d’entre les filles de Dan et d’un père Tyrien ; qu’il est habile à travailler l’or et l’argent, l’airain et le fer… à faire toute espèce de sculpture et à exécuter tous les objets d’art qui lui sont demandés.

Dans le Premier Livre des Rois (VII 13-14) on lit d’autre part : « Le Roi Salomon fit venir Hiram de Tyr. Il était le fils d’une veuve de la Tribu de Nephtali et d’un père Tyrien qui travaillait l’airain. Il était rempli de Sagesse, d’Intelligence et de Savoir pour faire toutes sortes d’ouvrages d’airain ».

Bien que ces deux textes diffèrent sur l’origine maternelle d’Hiram, il s’agit bien du même individu dont le père est Tyrien et qui est expert dans l’art de travailler l’airain. Il faut souligner qu’il est dit dans chacun de ces textes qu’il était rempli de sagesse.

Nous voyons aussi qu’il est le fils d’une veuve. Puisque depuis notre exaltation à la maîtrise, Hiram est en nous, nous sommes devenus « Les enfants de la Veuve ».

Dans ce même Livre des Rois (I Rois XVII 21) il est aussi fait état du fils de la veuve de Serephtha, ressuscité par Elie le Tisbite qui s’écrie au moment de la résurrection de l’enfant « Adonaï Elohaï », Seigneur mon Dieu, exclamation qui termine le signe de Maître au Rite Ecossais Ancien Accepté.

En résumé nous avons dans la Bible :

1.       Hiram, roi de Tyr qui apparaît aussi dans d’autres légendes maçonniques.

2.       Hiram-Abi (Hiram mon Maître) ou Adon Hiram (Seigneur Hiram). Le préfixe et le suffixe montrent le respect qu’ inspire, déjà dans la Bible, notre architecte.

3.       Adoniram, fils d’Avda qui est chef des Corvées et que nous retrouverons au quatrième degré comme successeur d’Hiram. Il ne faut pas le confondre avec le précédent car son nom s’écrit sans le H et sans césure.

Ce que les anglais ont qualifié de Maçonnerie adonhiramite correspond à Hiram Abi.

Ces trois Hiram interviennent donc à divers titres et à différents moments dans nos rituels.

Signalons enfin que la Bible parle d’un quatrième Hiram, qui n’a rien à voir avec notre Ordre et qui est cité comme l’un des chefs de tribu d’Edom.

La Bible énumère longuement les ouvrages d’Hiram : les deux colonnes de cuivre qu’il nomme Jakin et Booz, la mer d’airain, le grand bassin. Mais elle le cantonne à son rôle, très important mais limité, de fondeur d’airain. Il n’est nullement fait mention de ses qualités d’architecte et encore moins de sa fin tragique. Le Livre des Rois précise même : l»Et Hiram termina tous les travaux qu’il avait entrepris pour le roi Salomon, pour le Temple du Tétragramme sacré».

Voilà ce que l’on peut dire sur la réalité historique de notre personnage.

C’est à partir de là que notre légende s’amorce ; elle aura pour thème la lutte du bien contre le mal et c’est Salomon lui-même qui le demande à l’Eternel ainsi qu’en fait état notre Rituel du 4ème degré :

 « Accorde à ton serviteur un cœur intelligent pour juger ton peuple, pour discerner le Bien du Mal » (I Rois IIIe).

Le cadre sera le chantier du Temple de Salomon, à Jérusalem et puisque la Bible ne nous parle pas d’un architecte responsable de la direction des travaux c’est Hiram dont les qualités, comme nous l’avons souligné, sont si proches de celles de Salomon, qui en tiendra le rôle, en liaison étroite avec son souverain.

En homme intelligent et organisé, il divise les ouvriers en trois classes : apprentis, compagnons et maîtres. Chacun recevait son salaire en un lieu précis en échange d’un mot de reconnaissance.

Cette organisation hiérarchique, entraînant une différence de salaires ne pouvait que susciter des jalousies et nous voyons apparaître les trois mauvais compagnons symbolisant la face obscure de la nature humaine

En tant que Maîtres Maçons nous en connaissons parfaitement la suite et si les Rituels depuis le XVIIIème siècle en ont modifié certains détails la trame du récit reste inchangée et surtout sa conclusion où le récipiendaire est relevé du cercueil par les cinq points du compagnonnage qui deviendront les cinq points de la maîtrise.

Il est reçu Maître parce qu’Hiram revit en lui.

Le Bien a triomphé du Mal, un homme nouveau est né :  l’Initié.

Ce scénario de base a donné lieu à de multiples interprétations : alchimistes, hermétistes, kabbalistiques, astronomiques, rosicruciennes, historiques   (Jésus, Jacques de Molay, Charles Ier d’Angleterre) etc.

Il n’est pas sûr que les auteurs de la légende aient eu conscience des développements multiples qu’elle pouvait susciter mais, par une intuition de génie, ils en ont fait une œuvre de valeur universelle ce dont les Francs-maçons d’aujourd’hui, comme ceux d’hier, ont parfaitement conscience.

Voici donc une hypothèse qui a le mérite d’être simple sur les origines de la légende du grade de maître..

Bien qu’elle provienne d’un écrivain aussi distingué que Daniel Ligou, on peut éliminer celle qu’il propose, avec peu de conviction il faut le dire, d’une origine orientale rapportée par des conteurs arabes et dont Gérard de Nerval nous en fait le récit dans son «Voyage en Orient» publié en 1851.

Gérard de Nerval n’était pas maçon mais nous connaissons ses attaches avec le mouvement romantique (il avait même, à 20 ans, traduit le Faust de Goethe) ; l’importance qui y tenait alors la maçonnerie peut expliquer qu’il ait eu connaissance de notre légende qu’il reproduit d’une manière saisissante mais qui n’est qu’un prétexte pour broder fort habilement et poétiquement sur la rivalité amoureuse qui oppose Hiram à Salomon à propos de Balkis, la Reine de Saba.

Nous saisissons maintenant l’importance de la création du grade de Maître dans l’histoire de la Franc-maçonnerie spéculative. Dans le cérémonial du 3ème degré nous sommes loin du symbolisme propre au « métier » qui est la base des degrés d’apprenti et de compagnon et le Tableau de Maître nous le met parfaitement en évidence.

Avec la maîtrise nous abordons directement à la Tradition salomonienne qui va nous conduire du 4ème au 14ème degré.

Les révélations de Prichard eurent un grand retentissement mais, si elles déclenchèrent la colère de la Grande Loge de Londres, elles favorisèrent, par l’attrait de la légende ainsi divulguée, la diffusion du grade de Maître et cela à partir de 1730.

Un événement très important survint en Angleterre en 1751 : c’est la création d’une nouvelle Grande Loge qui se qualifiera « d’Antients » et qui attribuera à celle de 1717 le terme, volontairement péjoratif de « Modern ».

Le reproche majeur que lui faisaient les créateurs, Irlandais pour la plupart, était la déchristianisation des Rituels.

Cet événement passa pratiquement inaperçu en France où l’on continuait à travailler dans le même sens que la Grande Loge anglaise de 1717 avec laquelle les Loges françaises entretenaient des relations régulières.

Il nous faudra attendre 1760 et la publication à Londres, par un auteur anonyme mais se disant Allemand, d’un nouveau pamphlet intitulé « The Three Distincts Knocks », « Les Trois Coups Distincts » pour que nous soit révélé la teneur des Rituels pratiqués par cette Grande Loge des Antients.

L’aventure de cet auteur anonyme est curieuse et mérite d’être contée : Allemand, né près de Berlin, il fait la connaissance d’une famille anglaise « qui possédait beaucoup de livres ». Ceci lui permet d’apprendre l’anglais et de découvrir « La Maçonnerie disséquée » de Prichard. Il y porte un vif intérêt, l’apprend par cœur et, lors d’une visite à Paris, il rencontre un Maçon, lequel, après l’avoir interrogé le reconnaît comme frère et le présente à sa Loge.

Appelé en Angleterre pour son travail il obtient facilement un certificat des maçons français, ce qui lui permet d’être cordialement reçu dans les Loges anglaises et en particulier dans celles des «Antients». Il y puisera la documentation pour son pamphlet « Les Trois Coups Distincts » qui nous montre les nouvelles tendances de la maçonnerie anglaise qui, exportées en France vont donner naissance au Rite Ecossais, alors que la Grande Loge de 1717, andersonienne, restera le modèle de ce que l’on appellera beaucoup plus tard le « Rite Français ».

Des deux écrits, qualifiés de pamphlets et destinés à déconsidérer la maçonnerie, l’un « Masonry Dissected » est écrit par un Maçon renégat, l’autre « The Three Distincts Knocks » par un profane au demeurant habile provocateur. Loin de porter atteinte à l’Ordre ils éveilleront, grâce à la haute valeur symbolique des Rituels ainsi dévoilés, un courant favorable à la Franc-maçonnerie.

 Nous devons maintenant nous pencher plus attentivement sur ces deux textes. Ils diffèrent profondément dans l’exposé de la légende et, si le contenu initiatique reste le même, le récit de Prichard est plutôt squelettique. Nous le reproduisons « in extenso », dans sa première partie.

D - Qu’est-ce qui était perdu et qui est maintenant retrouvé ?

R - Le mot de Maître Maçon.

D - Comment fut-il perdu ?

R - Par trois grands coups ou par la mort de notre Maître Hiram.

D - Comment mourut-il ?

R - C’était le maître Maçon sur le chantier du Temple de Salomon, et à midi plein, alors que les ouvriers étaient allés se rafraîchir, il vint inspecter les travaux comme c’était son habitude. Après qu’il soit entré dans le Temple, trois agresseurs, que l’on suppose être trois compagnons du métier, se postèrent aux trois portes. Et quand Hiram voulut sortir, le premier lui demanda le mot de Maître. Il répondit qu’il ne l’avait pas reçu de cette manière, mais que le temps et un peu de patience l’apporteraient à ce compagnon. Celui-ci mécontent de cette réponse, donna à Hiram un coup qui le fit chanceler. Il se dirigea vers une autre porte où il fut accueilli de la même manière et fit la même réponse. Il reçut alors un coup plus violent. Au troisième coup il trouva la mort.

D - Avec quoi ses agresseurs l’avaient-ils frappé ?

R - Un maillet, un niveau et une masse».

Aux circonstances de la mort d’Hiram ainsi schématisées les rituels ultérieurs vont apporter de nombreuses précisions, même si dans les divers récits on notera des différences assez sensibles.

Dans le texte ci-dessus, comme nous l’avons déjà signalé, les trois portes du Temple ne sont pas désignées. Elles jouent pourtant un rôle important avec la place qu’y occupe chacun des trois agresseurs, empêchant la fuite symbolique du Grand Maître Architecte.

Les motivations des assassins ne nous sont révélées qu’au moment où le premier demande à Hiram le mot de Maître.

On ignore enfin avec lequel des instruments cités chacun d’eux a perpétré son crime et quelle est la partie du corps qui a été visée.

La suite des événements telle qu’elle nous est présentée dans la traduction de Gilles Pasquier appelle aussi quelques commentaires.

Le cadavre est sorti par la porte de l’ouest et caché sous un buisson jusqu’à minuit. A minuit plein il est enterré de «façon décente» au sommet d’une colline, nous retrouverons à peu près la même chose dans « Les Trois Coups Distincts » mais, dans la suite, les deux récits diffèrent de façon importante. Dans le récit de Prichard, Salomon désigne 15 Frères fidèles pour partir à la recherche de la dépouille d’Hiram. Ce chiffre, nous l’avons dit ne se retrouve dans aucun des rituels du 3ème degré où il n’est fait état que de 7 ou 9 maîtres. (Il faudra attendre le 10éme.degré « Illustre Elu des Quinze » pour que ce chiffre réapparaisse. C’est aussi le nombre de jours qu’il fallut pour retrouver le corps d’Hiram). Ces quinze se séparent en deux groupes seulement - alors que nous en retrouverons généralement trois ou quatre - l’un partant à droite, l’autre à gauche (?). Tout en restant à portée de voix, ils décidèrent que s’ils ne trouvaient pas le mot « sur lui ou près de lui », cette même expression est employée par Salomon dans les « Trois Coups Distincts ». le premier mot qu’ils prononceraient serait le nouveau mot de Maître. Alors, un des Frères étant plus fatigué que les autres s’assit pour se reposer et « prit en main une brindille qui s’arracha aisément ». Il n’est pas encore question d’une branche d’acacia et l’on ne nous dit pas si cette brindille a été placée là pour reconnaître l’emplacement de la sépulture. Mais elle permit de constater que « la terre a été fraîchement remuée »… et c’est ainsi que le corps d’Hiram fut découvert. Cet épisode sera repris dans la majorité des récits ultérieurs. Par contre le Rituel insiste sur le fait qu’Hiram avait été enterré « très décemment » dans une belle tombe dont les dimensions sont données, six pieds de longueur, de largeur et de profondeur. Quant à la couverture, fait unique à notre connaissance, elle était faite de mousse verte et de gazon ce qui fait dire à nos 15 compagnons : « Merci Mon Dieu, notre Maître a une maison au toit couvert de mousse ». Après avoir soigneusement recouvert la dépouille ils placèrent un pied de Cassia (sans doute d’Acacia) à la tête de la tombe et partirent informer le roi Salomon de leur découverte. Ainsi nous voyons apparaître l’Acacia que nous retrouverons très régulièrement par la suite.

Salomon ordonna alors qu’on exhume le cadavre et qu’on l’enterre décemment (sans plus) en présence des 15 compagnons du métier munis de gants blancs et de tabliers et le rituel ajoute «cet usage continua chez les maçons jusqu’à nos jours».

A la question : Comment Hiram fut-il relevé ?

La réponse est : « Comme le sont tous les autres Maçons lorsqu’ils reçoivent le mot de Maître », c’est-à-dire par les cinq points du Compagnonnage. Nous apprenons ainsi que les cinq points de la maîtrise existaient déjà au grade de Compagnon mais nous voyons qu’ils s’adaptent parfaitement à l’exhumation du cadavre d’Hiram

Force nous est maintenant de constater une lacune dans la façon et les circonstances dont le mot substitué est adopté. Une simple note nous parle seulement de « l’arrachement » de la peau de l’index… puis de la griffe et du 1er signe de Maître…

Le mot nous est enfin communiqué sous l’abréviation M.B. que nous connaissons bien et l’on nous dit qu’il signifie « Le constructeur est tombé ». Cette interprétation nous éloigne de la traduction habituelle de MAK BENAK par « Le corps est corrompu » ou « La chair quitte les os » adoptée par un grand nombre de rituels, ce qui paraît logique lorsque l’on exhume un cadavre vieux de 15 jours.

Dans le Rituel actuellement en vigueur à la G.L.D.F. le premier mot prononcé lors de la découverte du cadavre est « C’est l’Architecte » traduit par Mohabon. D’après notre Frère Michaël Segall, hébraiste distingué, MAK BENAK n’existe dans aucune langue et dériverait comme MOHABON du mot MAHABOUNEN qui signifie Architecte. Ainsi la formule « Le constructeur, c’est-à-dire l’Architecte, est tombé » semble indiquer que les « érudits » inventeurs de la légende connaissaient l’Hébreu. Par la suite on a préféré donner plus de pittoresque macabre à l’origine du mot de Maître… et c’est cette interprétation qui prévaudra .

On nous dit ensuite qu’Hiram fut inhumé dans le Saint des Saints ce qui est une hérésie pour la Loi mosaique mais c’était une habitude pour les chrétiens qui continuent à ensevelir leurs évêques dans les églises, l’autel lui-même étant un tombeau puisqu’il doit obligatoirement contenir les reliques d’un Saint.

Enfin à la question « Quel est le nom de Maître Maçon » la réponse est « Cassia est mon nom et je viens d’une Loge juste et parfaite »… que nous transformerons ultérieurement en « L’Acacia m’est connu »

Curieusement il n’est pas prêté de serment au grade de Maître, celui prêté par l’Apprenti restera valable pour les deux autres grades.

Au cours des trente ans qui séparent La « Maçonnerie disséquée » des « Trois Coups Distincts » aucune publication notable n’est venue apporter des renseignements intéressants sur les travaux en Loge. Il est vrai que les très nombreuses éditions de « Masonry dissected » occupaient largement le terrain.

Il n’en demeure pas moins que, pendant ce temps, les auteurs de « The Three Distincts Knocks » faisaient appel à « toutes les ressources de leur imagination aidée d’une vaste érudition » pour produire un Rituel du 1er au 3ème degré d’un développement plus important et surtout d’un contenu initiatique plus affirmé sur le plan chrétien. Cela devient évident dès la prière d’Apprenti et au moment du serment, prêté sur la Bible et « En présence du Dieu Tout Puissant et de cette Respectable Loge dédiée à St Jean ».

Fait important à signaler, dès le grade d’Apprenti référence est faite à la construction du Temple de Salomon qui a nécessité la présence de trois grands maçons. On ne nous en donne pas les noms qui nous seront révélés seulement au 3ème degré.

Le texte qui a servi de base à notre travail est la photocopie de l’Edition originale publiée à Dublin chez Thomas Wilkinson en 1760. Sa lecture est à la portée d’un angliciste très moyen surtout s’il est Maçon. Ne nous suffit-il pas en effet de connaître la première lettre pour que la suite nous soit dévoilée?

La difficulté viendrait plutôt de la typographie d’assez mauvaise qualité qui de plus, comme c’est la coutume au XVIIIème siècle n’a qu’un caractère pour les s et les f. En fait l’on s’y adapte assez vite.

Le Titre vaut la peine d’être reproduit, en voici la traduction et la présentation :

                                             Les Trois Coups Distincts

                                                 ou la Porte de la plus

                                     Ancienne FRANC-MAÇONNERIE

                                            s’ouvrant à tous les homme

                               ni nus, ni vêtus, ni pieds nus, ni chaussés etc.

Voir en annexe la traduction de la partie du Maître due au Frère Ghunsiam JHUBOO du Camp de l’Ile Maurice.

Nous ne nous attarderons pas au grade d’Apprenti dont le nom est BOAZ alors que JAKIN est réservé au Compagnon. C’est une précision qui ne nous était pas donnée dans la « Maçonnerie disséquée » et qui servira de base au Rite Ecossais. 

Nous relevons aussi la présence de diacres attachés aux différents plateaux et chargés de transmettre les ordres du Vénérable au 1er Surveillant et de celui-ci au 2ème Surveillant.

A la fin du Rituel du 2ème degré le compagnon reçoit son salaire dans la Chambre du Milieu après avoir franchi le porche et cela en donnant le mot de passe au Surveillant. Il doit ensuite indiquer le nom des deux colonnes qui encadrent le porche (Boaz et Jakin) et à la question qui lui est posée de savoir qui a fondu ces colonnes il doit répondre : « Hiram, le fils de la Veuve ».

Le Compagnon du métier, le Fellow craft est dès lors en état d’être reçu Maître mais auparavant, comme après chaque initiation, il doit procéder à des libations rituelles. A chaque santé il doit faire décrire à son verre le signe du grade avant de le reposer.

Les premières paroles du grade de Maître nous confirment la tendance très chrétienne du rituel des Antients. A la question « Pourquoi vous déplacez-vous de l’Ouest à l’Est », il est répondu : « Parce que la Lumière de l’Evangile a brillé en premier lieu à l’Est ».

La cérémonie se déroule ensuite comme si le récipiendaire était déjà possesseur de la Maîtrise puisqu’il est reçu dans une loge de Maître.

On lui demande alors quelles sont les épreuves qu’il a dû subir pour y parvenir : Au cours de sa préparation, dit-il, il a été déchaussé, le thorax et les bras dénudés, privé de ses métaux, puis laissé à la porte de la Loge, dans laquelle il n’a pu pénétrer qu’après avoir frappé trois coups distincts. Nous voyons au passage que la batterie est la même pour les trois grades. Il explique ensuite qu’il a servi loyalement comme Apprenti entré (enter’Apprentice) puis quelque temps comme Compagnon du métier (Fellow-craft) et qu’il désire se perfectionner en Maçonnerie en devenant Maître.

Le mot de passe lui est alors demandé, il le connaît, c’est Tubalcain, en toutes lettres dans le texte. Il se fait ensuite reconnaître par le Maître de la Loge qui l’adresse au 1er Surveillant duquel il reçoit les instructions.

Mis au signe d’Apprenti il en fait les deux premiers pas, les deux pas suivants sont effectués au signe de Compagnon, enfin les trois pas de Maître sont faits « au-dessus d’un carré long ». Pour poser ensuite les deux genoux nus en terre, le torse redressé, la main droite étendue sur la Sainte Bible, les deux pointes d’un compas dirigées des deux côtés de la poitrine.

C’est dans cette position qu’il va prêter son serment de Maître Maçon, de son propre gré et, comme nous en avons fait état au 1er degré « En présence du Dieu Tout Puissant et de cette Respectable Loge dédiée à Saint Jean ».

Le premier paragraphe de ce long serment concerne les restrictions relatives à la révélation des secrets de la maîtrise ; elles sont presque mot à mot celles que nous employons encore aujourd’hui. L’obligation de répondre à tout signe ou demande émanant d’une loge de Maître est assez curieuse et cela dans un périmètre égal à son « Cable-tow ». Une explication de ce mot pratiquement intraduisible nous est donnée dans une note faisant suite au serment de compagnon. Elle nous apprend qu’il s’agit d’une distance de trois miles, ce qui laisserait entendre qu’au-delà les obligations sont abrogées (?)

Sont ensuite énumérés dans le détail ses devoirs envers ses Frères et leur famille.

Tous ces serments doivent être prêtés avec une ferme et constante résolution, sans hésitation ni réserve sous une peine qui ne serait pas moindre que d’avoir le corps partagé en deux, une partie dirigée vers le sud, l’autre vers le nord ; les entrailles, réduites en cendres et dispersées aux quatre vents, dans le sud de telle sorte que le souvenir d’un tel misérable soit effacé à jamais de la mémoire des hommes et particulièrement des Maçons.

Il termine ainsi : « Que Dieu me soit en aide et me garde fidèle à mes obligations de Maître Maçon ». Il baise alors le volume de la Loi Sacrée.

Cela fait, on le place au 1er signe de Maître, puis après avoir été testé par les attouchements d’apprenti et de compagnon on lui dit : « Redressez-vous, Frère Jakin, vous voilà Maître ».Il apprend qu’il représente désormais l’un des hommes les plus importants sur la terre, notre Grand Maître Hiram qui a été tué au moment où les travaux du Temple se terminaient. En effet 15 (Le chiffre 15 n’est ici que très provisoire puisqu’il va se résoudre bientôt en 3 + 12) compagnons se rendant compte qu’ils ne seraient pas en possession du mot de Maître avant la fin des travaux, qu’ils ne pourraient en conséquence en faire état sur d’autres chantiers pour en percevoir le salaire, décidèrent de l’extorquer à Hiram, par la force si nécessaire.

Douze d’entre eux se récusèrent mais les trois restants Jubela, Jubelo, Jubelum persévérèrent dans leur sinistre projet. Ils savaient que, tous les jours, à midi plein, à l’heure où les ouvriers allaient se reposer, Hiram se rendait dans le Saint des Saints (Sanctum Sanctorum dans le texte) pour adresser sa prière au « Vrai Dieu vivant ».

Les trois misérables se postèrent aux trois portes du Temple, c’est-à-dire à l’Ouest, au Sud et à l’Est. Il n’y avait pas de porte au Nord « parce que à partir de là, le soleil ne peut délivrer ses rayons ».

Après sa prière Hiram pénètre dans le Temple par la porte Est ce qui dans ces circonstances est normal puisqu’il sort du Saint des Saints. C’est Jubela qui lui demande le mot de Maître. Nous connaissons sa première réponse disant qu’il ne l’a pas reçu de cette manière… etc. mais il ajoute qu’en plus il n’est pas en son pouvoir de le délivrer seul, que cela nécessite la présence simultanée de Salomon, roi d’Israël, d’Hiram, roi de Tyr et de lui-même Hiram-Abi.

Peu satisfait de cette réponse Jubela lui assène un coup de sa règle à 24 divisions, au travers de la gorge. Hiram pense pouvoir se sauver par la porte du Sud mais il y rencontre Jubelo qui, devant le même refus, lui donne un coup d’équerre au niveau du cœur. Hiram pense pouvoir se sauver alors par la porte de l’Ouest ou Jubelum lui ôte la vie par un puissant coup de maillet.

Le cadavre est transporté par la porte de l’Ouest et caché sous un tas de décombres jusqu’à minuit plein où il sera enterré sur le flanc d’une colline, dans une tombe creusée à la main ayant six pieds dans ses trois dimensions (ce sont les mêmes qui figurent dans le document Prichard).

Au terme de ce récit il est confirmé au récipiendaire qu’il représente bien Hiram, notre Grand Maître, le meilleur parmi les hommes, maintenant touché à mort.

Il reçoit alors les coups symboliques de la part des deux surveillants et du Maître de la Loge puis il est étendu sur le sol pour représenter la dépouille de notre Maître Hiram.

A ce moment du récit notre auteur anonyme ouvre une parenthèse en rappelant ce qui se passe à cet instant dans les Loges françaises.

J’en donne la traduction in extenso :

            « Les Français représentent sa mort d’une façon très solennelle : quand vous entrez dans la loge pour être reçu comme Maître, un frère est étendu au sol à la place où vous-même serez allongé par la suite ; sa face est barbouillée de sang et ils vous disent : Frère ne soyez pas effrayé, l’un de nos frères est mort car il ne voulut pas livrer le mot et la « Grippe » de Maître (terme anglais qui signifie saisir, agripper et que nous avons traduit par griffe) à trois compagnons qui n’avaient aucun droit à cette communication ; et c’est notre devoir à tous d’agir ainsi, en mourant plutôt que de livrer une quelconque partie de la Maçonnerie à ceux qui n’y ont pas droit.

            Lorsque vous vous agenouillez pour prêter le serment, l’homme qui fait le mort est allongé derrière vous et pendant que vous lisez le serment et l’histoire de sa mort, il se relève à votre insu ; ensuite, vous êtes étendu au sol à sa place comme expliqué précédemment selon la méthode anglaise : là est la différence entre Français et Anglais quant à la réception du maître Maçon ».

Nous voyons ainsi que dans les Loges françaises, entre 1730 et 1760, on ne se contente plus de suivre aveuglément le rituel Prichard dans sa sécheresse mais que l’on commence à organiser une mise en scène mettant mieux en valeur le côté dramatique de la légende et dépassant, bien avant son apparition, le simple récit des Trois Coups Distincts. En revenant à celui-ci, l’impétrant, toujours couché sur le dos est mis au courant des conditions de la découverte du corps d’Hiram, de sa résurrection et de l’arrestation des 3 coupables.

En voici le résumé :

            Salomon inquiet de la disparition d’Hiram et craignant qu’il ne fut mort ouvre une enquête. Les 12 compagnons qui n’ont pas voulu suivre les 3 meurtriers se font connaître et se présentent à Salomon revêtus de leur tablier blanc et de gants blancs en gage de leur innocence.

            Salomon les envoie alors à la recherche des coupables et les divise en 4 groupes chacun d’eux prenant la direction d’un point cardinal.

            Un des groupes se dirige vers la mer de « Joppa » et, dans ce groupe, un compagnon s’assoit, pour se reposer, au pied d’une falaise. De cette place il entend de terribles lamentations parvenant d’une grotte à l’intérieur de la falaise.

            L’une des voix dit : « Que ma gorge soit tranchée, que ma langue soit arrachée à sa racine et que je sois enterré dans le sable de la mer, à une encablure du rivage où la marée passe et repasse deux fois en 24 heures plutôt que d’être complice du meurtre de notre Maître Hiram ». Nous retrouvons ici les pénalités citées au serment d’apprenti. Notons que celle qui concerne l’effacement biquotidien par le flux et le reflux de la mémoire du coupable ; ne manque pas de poésie.

            Une seconde voix dit : « Que mon cœur soit arraché du côté gauche de ma poitrine et donné en pâture aux vautours pour avoir participé à la mort d’un si bon Maître ». C’est la pénalité du serment de Compagnon.

            Enfin une troisième voix, celle de Jabulum, dit : « Je suis encore plus coupable que vous deux car c’est moi qui l’ai achevé» et il évoque les pénalités que nous avons citées après les prestations du serment de Maître : «Que mon corps soit coupé en deux etc .».

            Ce Frère entendant ces terribles lamentations héla les deux autres ; tous trois pénètrent dans la grotte, s’emparent des coupables et les conduisent à Salomon. Celui-ci décide que puisqu’ils ont décidé de mourir, qu’on leur applique la sentence qu’ils ont eux-mêmes souhaitée… et ainsi fut fait.

            Justice étant rendue Salomon envoie les 12 compagnons à la recherche du corps d’Hiram en vue de sa sépulture dans le Saint des Saints (idem dans le rituel Prichard).

En même temps Salomon insiste sur le fait que s’ils ne trouvent pas le mot de Maître «sur lui et autour de lui» (Formule reprise du document Prichard, Salomon fait ici allusion à un détail dont nous aurons plus tard connaissance, à savoir qu’Hiram portait sur lui un triangle d’or au revers duquel était gravé le Nom ineffable. Nous apprendrons qu’il avait dû s’en débarrasser car, dans le cas contraire, les mauvais Compagnons en auraient eu facilement connaissance.), il est perdu, car il ne pouvait être délivré qu’en présence de trois personnes, or l’une d’elle étant morte le mot était définitivement perdu.

            Il conviendra désormais d’employer le premier mot qui sera prononcé et d’utiliser le geste qui sera fait au moment de la récupération du cadavre.

Celui-ci une fois mis à jour, et devant son état de décomposition avancée, les compagnons lèvent les bras au ciel en disant : «Ah Seigneur Mon Dieu». Ce sera le grand signe de Maître.

            Hiram est alors relevé par les cinq points du compagnonnage. Auparavant les essais par la griffe d’apprenti ou de compagnon se révélent inopérants car «la peau se détache». C’est par le grippe de Maître suivi des quatre autres points du compagnon qu’Hiram sera redressé.

            Ayant constaté qu’au cours de ces tentatives la chair quittait les os le mot retenu sera MOHABONE (en entier dans le texte)

            .Vient ensuite l’explication symbolique des cinq points de la maîtrise que nous laisserons de côté, par contre le questionnaire qui suit est plein d’intérêt. Il concerne certaines conditions de la réception du candidat :

D - Pourquoi avez-vous été privé de métaux ?

R - Parce que, au cours de la construction du Temple de Salomon il ne fut utilisé ni hache ni marteau et que l’on entendit jamais le son d’un outil métallique au cours de la construction de ce magnifique édifice (I Rois VI).*

__________

*Ce n’est pas l’interprétation que nous donnons actuellement sur la nécessité de laisser les métaux à la porte du Temple. La Bible souligne que c’est parce que les pierres qui arrivaient sur le chantier étaient «polies d’une manière si parfaite» qu’elles se posaient naturellement les unes sur les autres sans rectification préalable. Par contre, lorsque Hiram Abi installa le mobilier du Temple «fait d’airain poli» quelques résonances métalliques durent se faire entendre . . .

A la question : «Pourquoi étiez-vous déchaussé ?», la réponse fait allusion à l’épisode du Buisson ardent où  Moïse est invité à quitter ses chaussures car le sol qu’il foule est «Terre Sainte».

A la demande «Que représente les 3 piliers, Sagesse, Force et Beauté» on doit répondre qu’ils correspondent aux trois Grands Maîtres : Salomon, Hiram Roi de Tyr, et Hiram Abi, tous trois concernés dans la construction du Temple. Nous avons vu qu’il était déjà fait allusion à ces trois Grands Maçons au grade d’apprenti sans que leur nom soit alors révélé !

La lecture de ces deux rituels nous conduit à faire quelques remarques. Sur aucun il n’est parlé de la décoration du Temple pour la réception des candidats. L’explication nous paraît simple : Les Frères se réunissaient dans des tavernes, le tapis de Loge était dessiné avec de la craie à même le sol et il était recommandé de toujours se munir d’une éponge et d’un seau d’eau pour l’effacer après la cérémonie.

En France où les réunions se tenaient dans des locaux, préservés en principe de toute indiscrétion, il était facile d’installer, au centre du carré long, le simulacre d’un cercueil ce qui permettait au récipiendaire de vivre intensément comme acteur la mort et la résurrection d’Hiram. D’où l’étonnement de l’auteur anonyme des «Trois Coups Distincts» car en Angleterre, faute de cette mise en scène, on devait se contenter d’un Rituel par questions et réponses.

Autre remarque : Le fait de regrouper les trois Grands Maçons (Salomon, Hiram de Tyr et Hiram Abi) employés à la construction du Temple et de les rendre solidaires d’un même secret dépasse largement le 3ème degré symbolique. Nous les retrouverons tous trois au 13ème degré où leur réunion était indispensable pour conférer le grade de Royal-Arche. Hiram Abi ayant été assassiné, Salomon et le roi de Tyr n’avaient plus la possibilité à eux seuls de ‘accorder aux Grands Maîtres Architectes (12ème degré) qui désiraient le recevoir.

En troisième lieu la découverte des assassins d’Hiram dans une grotte, tout près de la mer de JOPPA*,  nous reporte au 9ème degré «Maître élu des neufs» où l’un des meurtriers (il s’appelle en l’occurence Abiram) est réfugié «Dans une caverne située près de JOPPE, au bord de la mer, à proximité d’un buisson ardent».

__________

* Il s’agit sans doute du port de Jaffa mais celui-ci se situe à quelques journées de marche de Jérusalem

Nous voyons mal ce que ce buisson ardent vient faire près de Joppé mais si dans les Trois coups distincts il évoque l’injonction de l’Eternel à Moïse d’ôter ses chaussures, une allusion indirecte y sera faite dans un des signes du 14ème degré interprété comme une protection d’un feu éblouissant.

De toute évidence les «Trois Coups Distincts» ont fortement inspiré les rédacteurs des légendes de nos degrés salomoniens. Par la suite lorsque ceux-ci seront régulièrement pratiqués nous verrons disparaître des rituels du 3ème degré ces quelques détails qui ont attiré notre attention.

Par contre nous y verrons refleurir l’Acacia curieusement oublié dans ce rituel des «Antients» alors qu’il figurait déjà chez Prichard.

        

 

Document N°1

La Maçonnerie Disséquée

Le Degré du Maître

Q. Etes-vous un Maître-Maçon ?

R. - Je le suis; essayez-moi ; éprouvez-moi ;  désapprouvez-moi si vous pouvez.

Q. - Où avez-vous passé Maître ?

R. - Dans une Loge Parfaite de Maîtres.

Q. - Qu’est-ce qui fait une Loge Parfaite de Maîtres ?

R. - Trois.

Q. - Comment êtes-vous arrivé à être passé Maître ?

R. - Avec l’Aide de Dieu, I’Equerre et mon propre Labeur.

Q. - Comment avez-vous passé Maître ?

R. - De l’Equerre au Compas.

Ex. - Je présume que vous avez été un Nouvel  (Entered) Apprenti.

R. - J’ai vu Jachin et Boaz;J’ai été fait en élite un Maître-Maçon avec le Diamant, la Pierre de taille et l’Equerre.

Ex. - Si vous deveniez un Maître-Macon vous deviez comprendre correc tement la Règle de Trois.

Et M. B .* vous fera libre . Et ce que vous cherchez en Maçonnerie vous sera montré dans cette Loge.

R. - Je comprends la Bonne Maçonnerie; les Clefs de toutes les Loges sont toutes sous mon contrôle.

__________

* Machbenah

Ex. - Vous êtes un Ma çon héroïque. D’où venez-vous ?

R. - De l’Orient.

Ex. - Où allez-vous ?

R. - A l’Occident.

Ex. - Qu’allez-vous faire là-bas ?

R. - Pour chercher ce qui a été perdu et qui est maintenant retrouvé .

Ex. - Qu’est-ce qui a été perdu et est maintenant retrouvé ?

R. - Le Mot (la Parole) du Maître-Maçon.

Ex. - Comment fut-il perdu ?

R. - Par Trois Grands Coups ou la Mort de notre Maître Hiram.

Ex. - Comment est-il arrivé à mourir ?

R. - Dans la Construction du Temple de Salomon, il était Maître-Maçon et à midi plein, quand les Hommes étaient partis pour se ravitailler, comme ce fut sa coutume, il vint passer en revue les Travaux, et comme il fut entré dans le Temple, il y avait trois bandits, supposés être trois compagnons, (qui s’étaient) installés aux trois portes d’entrée du Temple, et comme il sortait, un (d’eux) lui demanda le Mot du Maître, et il répondit qu’il ne l’avait pas reçu de cette façon, mais que le temps et un peu de patience l’apporteront à lui (le Mot). Lui, non satisfait de cette réponse, lui donna un coup, qui le fait chanceler. Il (le Maître) alla vers l’autre Porte où étant accosté de la même façon et faisant la même réponse, il reçut un coup plus fort, et à la troisième (ce fut) son coup de grâce.

Ex. - Avec quoi les Bandits l’avaient-ils tué ?

R. - Un Maillet, un Outil et un Massier.

( dle» Le mot «Beatle " n’est positivement pas correct; Il se peut que ce soit «Buckle», une boucle, ou «Needle», une aiguille qui, à la rigueur, peut signifier un fil à plomb).

Ex. - Comment s’en disposèrent-ils ?

R. - (lls) l’emmenèrent au dehors par la Porte Occidentale du Temple et le cachèrent sous des détritus jusqu’à 12 plein de nouveau.

Ex. - Quelle heure était cela ?

R. - Minuit plein la nuit pendant que les Hommes étaient au repos.

Ex. - Comment s’en disposèrent-ils par la suite 

R. - La colline où ils firent une tombe décente et l’enterrèrent.

Ex. - Quand a-t-on remarqué son absence ?

R. - Le même jour.

Ex. - Quand fût-il retrouvé ?

R. - Quinze jours après.

Ex. - Qui le retrouvèrent ?

R. - Quinze Frères affectueux, par Ordre du Roi Salomon, sortirent par la Porte Occidentale du Temple et se séparèrent à droite et à gauche (mais)

 à la portée de la voix de chacun d’entre eux. Et ils s’étaient convenus que s’ils ne pouvaient trouver le Mot en lui ou autour de lui, le premier mot serait le Mot du Maître. Un des Frères étant plus fatigué que les autres, il s’assit pour se reposer en s’agrippant à un arbuste qui se détacha sans difficulté, et apercevant la terre qui avait été remuée, il appela ses Frères. Et en continuant leur recherche, ils le trouvèrent décemment enterré dans une belle fosse de 6 pieds à l’Est, 6 à l’Ouest et 6 pieds à la perpendiculaire,

 et il avait été couvert de la mousse et de la paille vertes, ce qui les surprit.

 Là-dessus ils répondirent «Muscus Domus Dei Gratia», qui, selon la Maçonnerie, est «Merci à Dieu, notre Maître a eu une demeure de mousse».Ainsi ils le recouvrirent de près et comme ornement additionnel,

 ils placèrent une brindille de cassier à la tête de sa fosse et s’en allèrent informer le Roi Salomon .

Ex. - Que dit le Roi Salomon à tout cela ?

R. - Il ordonna qu’il soit retiré et enterré décemment, et que 15 compagnons avec des gants et des tabliers blancs soient présents à ses funérailles (ce qui jusqu’à ce jour doit être exécuté parmi les Maçons).

Ex. - Comment Hiram fut-il levé ?

R. - Comme tous les autres Maçons quand ils reçoivent le Mot de Maître.

Ex. - Comment est-ce cela ?

R. - Par les cinq points de la Maçonnerie (Cinq points parfaits de la Maîtrise).

Ex. - Que sont-ils ?

R. - Main contre Main, Pied contre Pied, Joue contre Joue, Genou contre Genou et la Main dans le Dos.

N.B. . Quand Hiram fut levé, ils le prirent par les indexes et la peau se détacha ce qu’on appelle le Glissement (I’action d’ouvrant la main droite et plaçant le médius au poignet attrapant l’index et le quatrième (doigt) aux cotés du poignet s’appelle la Griffe et le Signe (se fait) en plaçant le pouce de la main droite à la poitrine gauche, les doigts étendus.

Ex. - Comment appelle-t-on un Maître-Maçon ?

R. - Mon nom est Casse (Cassier) et je viens d’une Loge Juste et Parfaite.

Ex. - Où Hiram était-il enterré ?

R. - Dans le Saint des Saints.

x. - Comment l’a-t-on apporté à l’intérieur ?

R. - A la porte Occidentale du Temple.

Ex. - Que sont les bijoux du Maître ?

R. - La porte, la lucarne (ou le dortoir) et le pavé carré.

Ex. - Expliquez-les.

R. - La porte c’est l’entrée dans le Saint des Saints, la lucarne (c’est) les fenêtres ou les lumières de l’intérieur, le pavé carré (c’est) le parquet de terre.

Ex. - Donnez-moi le Mot du Maître.

R. - Il est chuchoté à l’oreille et supporté par les cinq points de la Maçonnerie sus-indiqués, dit «Machbenah» qui signifie «Le Constructeur est frappé».

N.B.: Si n’importe lesquels des Maçons Travailleurs sont à l’œuvre et que vous voulez distinguer entre des Maçons Acceptés et le reste prenez un morceau de pierre et demandez-lui de quoi il sent il répond immédiatement ni le laiton le fer ni l’acier mais d’un Maçon; Alors en lui demandant quel âge il a il répond au-delà de sept ce qui signifie qu’il est passé Maître.

PRICHARD fait suivre ce texte du commentaire personnel ci-après

L’Apologie personnelle de l’Auteur contre la partie préjudiciable de l’Humanité

De toutes les impositions qui ont apparu parmi l’Humanité, nul n’est plus ridicule que le mystère de la Maçonnerie, qui a fait rire le monde, et a été la cause de plusieurs constructions. Et ces prétentions de secret, sans valeur, ont été (quoique pas entièrement) révélées, et le Grand Article, notamment l’Obligation, a plusieurs fois été imprimé dans les journaux publics, mais est entièrement authentique dans le «Daily Journal» du samedi 22 Août 1730 qui concorde dans sa véracité avec celui dévoilé dans ce pamphlet. Et, en conséquence, quand l’Obligation du secret est abrogée, le secret sus-mentionné devient sans effet et doit être tout à fait éteint. Car quelques Maçons opératifs (mais selon la manière polie de s’exprimer, Maçons Acceptés) rendirent une visite de la première Loge mais la plus

anciennement constituée (selon le livre de Loge à Londres) à une Loge célèbre dans cette cité et ne furent pas admis. Parce que leur ancienne Loge était transférée à une autre Maison, qui, quoique contradictoire à ce grand mystère, a besoin d’une autre Constitution, à un prix non inférieur à deux guinées; Avec une hospitalité excellente, sous la dénomination d’être mise aux services charitables, qui, s’ils sont bien mis en œuvre, donneront de grands éloges à une entreprise aussi valeureuse. Mais on s’en doute beaucoup et il est très raisonnable de penser qu’il sera dépensé vers la formation d’un autre système de Maçonnerie. Le vieux édifice étant en si grand état de ruine que, à moins d’être réparé par quelque mystère occulte, il sera bientôt annihilé.

            J’étais persuadé de publier ce puissant secret pour le bien public, à la requête de plusieurs Maçons et il donnera, j’espère, entière satisfaction. Et aura son effet escompté en empêchant tant de personnes crédules d’être entraînées dans une Société aussi pernicieuse.

fin du document N° 1

Document N°2

Les Trois Coups Distincts

LA PARTIE DU MAITRE

Maître - Où avez-vous été, Frère?

R. - J’ai été à l’Occident.

M. - Et où allez-vous ?

R. - A l’Orient.

M. - Pourquoi quittez-vous l’Occident pour aller à l’Orient ?

R. - Parce que la lumière de l’Evangile fut répandue en premier à l’Orient.

M. - Qu’allez-vous faire à 1’0rient ?

R. - Chercher une Loge des Maîtres.

M. - Alors je présume que vous êtes un Maître-Maçon Frère  ?

R. - Je suis ainsi considéré parmi des Maîtres.

M. - Où avez-vous été reçu Maître ?

R. - Dans une Loge des Maîtres.

M. - Comment étiez-vous préparé pour devenir un Maître ?

R. - Mes chaussures me furent enlevées des pieds, avec mes deux bras et ma poitrine nus, dépourvu de tout métal. J’étais conduit à la porte de la Loge.*

__________

*  N. B. Dans la partie du Compagnon la poitrine droite est à nu et la chaussure droite enlevée et dans la partie de l’Apprenti le bras gauche et la poitrine gauche sont à nu avec la chaussure gauche enlevée et la partie du Maître comme ci-dessus décrite dans la (présente) Instruction.

(nouvel) Apprenti et quelque temps comme Compagnon, maintenant demande afin de devenir plus parfait en Maçonnerie, à être fait Maître.

M. - Comment avez-vous été admis ?

R. - Par Trois Coups distincts.

M. - Que vous a-t-on alors dit à l ‘intérieur ?

R. - Qui va (vient) là ?

M. - Votre réponse,  Frère ?

R. - Quelqu’un qui a avec justice et loyauté servi son temps comme un

M. - Comment espérez-vous l’atteindre ?

R. - Avec le bénéfice d’un mot de passe.

M. - Voulez-vous me donner ce mot de passe ?

R. - Je veux.

M. - Donnez-le moi alors.

R. - TUBALCAIN.

M. - Que vous a-t-on dit alors ?

R. - Entrez (Passez) TUBALCAIN.

M. - Comment .s’est-on disposé de vous ?

R. - Je fus conduit une fois autour de la Loge.

M. - Où avez-vous rencontré votre premier obstacle ?

R. - Au dos du Maître.

M. - Que vous a-t-il demandé ?

R. - Le même qu’à la Porte.

M. - Comment s’est-on disposé de vous ?

R. - Il m’ordonna de retourner au Premier Surveillant à l’Occident afin de recevoir les instructions.

M. - Quelles furent les instructions que vous avez reçues du Premier Surveillant ?

R. - II m’enseigna, comme je me tenais à l’Occident, à faire montre au Maître à l’Orient, ma surveillance due ou le signe de l’Apprenti et de faire un pas sur le premier pas du carré Oblong d’angle droit, mon autre pied formant une équerre.

Deuxièmement, je fus enseigné à faire deux pas sur le même carré Oblong, lui montrant (faisant) le signe du Compagnon .

Troisièmement, je fus enseigné à faire trois pas sur le même carré Oblong avec mes deux genoux à nu fléchis, mon corps tout droit, ma main droite sur la Sainte Bible les deux pointes du compas étendues à mon sein droit et gauche où je pris cette Obligation solennelle ou Serment du

Maître Maçon.

M. - Pouvez-vous répéter I’Obligation dont vous parlez ?

R. - Je ferai de mon mieux, Vénérable, avec votre assistance.

M. - Tenez-vous debout et commencez Frère.

R. - Moi, W—————— V———————,

De mes propres et libres volonté et consentement, et en présence de Dieu Tout Puissant, et de cette Loge très vénérable, dédiée à St Jean, je jure, par ces présentes, et là-dessus très solennellement et sincèrement, que je vais toujours louer, cacher, et ne révèlerai jamais, cette partie d’un Maître Maçon à un Compagnon, pas plus que celle d’un Compagnon à un (nouvel) Apprenti, ou n’importe laquelle d’entre elles au reste du monde. Sauf que ce soit à une vraie et loyale Loge des Maîtres, à lui, ou à eux que je reconnaîtrai comme tels, après (un) jugement juste et (un) examen requis.

Je jure par ailleurs, que je répondrai à tous les signes et convocations, (qui seront) envoyées à moi d’une Loge des Maîtres en-deçà de la longueur de mon câble de remorque.

Je garderai aussi, comme les miens tous les secrets de mes Frères qui me sont délivrés comme tels, sauf le meurtre et la trahison, et cela à mon propre gré. Je ne ferai pas du tort à un Frère ou le verrai subir un tort, mais (je) le mettrai en garde à temps de tous les dangers qui s’approchent, autant que ma connaissance me le dicte(ra).

Je vais aussi servir un Frère autant que mon pouvoir me !e permet, sans être préjudiciable à moi-même ou à ma famille.

Et je promets, en outre, que je n’aurai aucune conversation charnelle avec la femme d’un Frère, sa sœur ou sa fille, et que je ne dévoilerai jamais ce qui est fait en Loge, mais que je m’inclinerai à toutes les lois que ce soit.

Tout cela je jure, avec une résolution ferme et stable, d’exécuter (cela) sans aucune hésitation que ce soit de ma part, sous peine pas moins que d’avoir mon corps sectionné en deux, une partie apportée au midi et l’autre au septentrion; Mes entrailles brûlées jusqu’aux cendres dans le midi, et les cendres répandues au devant des quatre vents, pour qu’un scélérat vil comme Moi ne soit plus jamais souvenu parmi aucune qualité (Classe, Race) d’Hommes (surtout les Maçons), ainsi que Dieu soit mon aide, et me garde inébranlable en ceci, mon Obligation de Maçon.

(Il embrasse le livre).

M. - Que vous a-t-on montré après que vous eûtes reçu cette Obligation ?

R. - Un des signes du Maître.

N.B. . C’est en traçant avec votre main droite latéralement à travers votre ventre, qui est la pénalité de votre Obligation de Maître. Il vous prend alors par la poigne (l’attouchement) de l’Apprenti et dit, qu’est-ce que c’est? Vous dîtes l’attouchement d’un (nouvel) Apprenti.

M. - En a-t-il un Nom ?

R. - Il en a.

M. - Voulez -vous me le donner ?

R. - BOAZ.

M. - Voulez vous être partie de ou au-delà de ?

R. - Au-delà de.

M . - Au-delà de quoi Frère ?

R. - D’un (nouvel) Apprenti à un Compagnon.

N.B. . Alors il met son pouce entre la première et la seconde jointure qui est l’attouchement de passe et vous dites SHIBOLETH.

M. - Que vous a-t-on fait alors?

R. - Il me prit par l’attouchement d’un Compagnon et demanda ce que c’était.

M. - Votre réponse, Frère  ?

R. - L’attouchement du Compagnon.

M. - En a-t-il un Nom ?

R. - Il en a.

M. - Voulez vous me le donner ?

R. - JACHIN.

M. - Que vous a-t-on dit alors, Frère  ?

R. - Il me dit que je représentai alors un des plus grands Hommes dans le monde, notre grand Maître Hiram, qui a été tué juste comme le premier Temple allait être achevé, comme vous allez l’entendre.

Il y avait quinze Compagnons, voyant le Temple presque achevé, et ils n’avaient pas reçu le mot du Maître, puisque leur temps n’était pas arrivé, par conséquent ils se concertèrent pour l’arracher du Maître Hiram à la première occasions pour qu’ils pussent se passer comme des Maîtres dans d’autres pays et avoir les salaires du Maître, mais douze de ces Compagnons se rétractèrent et les trois autres étaient résolus à continuer; Ils s’appelaient Jubela, Jubelo et Jubelum. Ces trois Compagnons sachant que c’était toujours dans les habitudes du Maître à midi plein, quand les hommes étaient partis pour le rafraîchissement, d’aller dans le Saint des Saints afin de prier le vrai Dieu vivant: Ces trois bandits se placèrent aux trois portes d’entrée du Temple, notamment la porte de l’Occident, celle du Midi et celle de l’Orient.

Il n’y avait pas de porte d’entrée au Septentrion, parce que

le soleil ne darde point de rayons de là; Ainsi ils attendirent pendant qu’il faisait sa prière au Seigneur, pour avoir le Mot et l’attouchement comme il sortait, ou sa Vie; Mais quelques Maçons disent comme il entrait. Ainsi Hiram vint à la porte de l’Orient et Jubela lui demanda le Mot de Maître. Il lui dit qu’il ne l’avait pas reçu de cette manière, mais qu’il devait attendre et le temps et un peu de patience le lui apporteraient, car seul ce n’était pas dans son pouvoir de le lui donner, sauf trois ensemble, notamment Salomon, Roi d’Israël, Hiram, Roi de Tyr et Hiram Abiff. Non satisfait de cette réponse, il le frappe à travers la gorge avec une règle de vingt-quatre pouces. Il s’enfuit de là à la porte du Midi, où il crût pouvoir s’évader; Mais il fut accosté de la même manière par Jubelo, à qui il donna la même réponse qu’au premier; mais non satisfait, il lui donna un coup avec une équerre sur la poitrine gauche, qui le fit chanceler. Mais ayant rattrapé (regagné) sa

force, il s’enfuit à la porte de l’Occident où il crût être parvenu à s’échapper. Mais il fut accosté de la même façon comme aux deux autres portes, par Jubelum, à qui il fit la même réponse comme auparavant, mais lui non satisfait avec cela, lui infligea un coup plus fort qu’aucun des deux premiers, avec un marteau ordinaire, ou un maillet (Setting-maul), sur la tête, qui établit sa mort. Après cela ils l’emportèrent en dehors par la porte de l’Occident et le cachèrent dans un tas de détritus jusqu’à minuit plein, quand ils trouvèrent moyen de l’enterrer sur le versant d’une colline, dans une belle tombe, six pieds à l’est et à l’ouest et six pieds en vertical.

N.B.: Quelques Maçons disent qu’ils ne fut pas emporté en dehors par la porte de l’Occident, mais qu’il était enterré à la place où il fut tué.

                Ils avancent que les trois bandits enlevèrent une pierre dans le Temple et (y)  firent un trou et l’y mirent et le recouvrirent avec la pierre et emportèrent les détritus en dehors dans leurs tabliers; Mais lequel (des faits) je ne peux dire ni ne puis-je arriver à la vérité exacte: car certains Maçons disent qu’il avait été emporté en dehors et d’autres disent non; par conséquent je laisse celà à eux pour qu’ils déterminent.

M. - Après que vous fûtes ainsi frappé à terre que vous a-t-on dit ?

R. - Il dit que je représentai un des plus grands Hommes dans le monde, notre Grand Maître Hiram, gisant mort.

N.B. . Le deuxième Surveillant vous frappe avec une règle à vingt-quatre pouces à travers votre gorge; Le premier Surveillant vous frappe avec une équerre sur votre poitrine gauche et le Maître vous frappe sur la tête et vous tue: Ainsi vous êtes étendu sur le plancher sur le dos censément mort même que vous n’ayez pas eu du mal mais seulement pour représenter la mort de votre Maître Hiram.

Les Français ont une façon très solennelle de représenter sa mort; Car quand vous venez à la Loge pour être fait un Maître, il y a un Frère étendu à la place où vous allez être étendu, avec son visage tout tacheté de sang. Et on vous dit: «Frère, n’ayez pas peur, car un de nos Frères a été tué, parce qu’il ne voulait pas livrer le Mot et l’Attouchement du Maître aux trois Compagnons qui n’y avaient pas droit ; Et il est de notre devoir à nous tous d’en faire  ainsi; Mourir avant de livrer quelque partie de la Maçonnerie à ceux qui n’y ont pas droit».

Quand vous vous agenouillez pour recevoir l’Obligation, I’homme censément mort gise derrière vous; Et pendant que vous êtes à lire l’Obligation et l’histoire de sa mort, il se lève à votre insu, et on vous allonge à sa place comme indiqué ci-devant, selon la méthode Anglaise. Et voilà toute la différence entre les Français et les Anglais dans la formation (réception) des Maçons.

M. - Que vous a-t-on dit alors ?

R. - Comme je m’allongeais sur le dos, il me fit tout le récit, comment Hiram fut trouvé et de son réveil (rising) et de son traitement (taking) des trois bandits qui l’ont assassiné.

Notre Maître Hiram se portant manquant, comme il ne venait pas surveiller les Travaux comme d’habitude, ainsi le Roi Salomon fit beaucoup d’enquête sur lui, et ne put entendre rien de lui; en conséquence il supposa qu’il était mort. Les douze Compagnons qui avaient rétracté, en entendant le même rapport, leur conscience les aiguillonnant, s’en allèrent et firent part au Roi Salomon de leurs tabliers et gants blancs, comme des insignes de leur innocence; Et le Roi Salomon les envoya à la recherche des trois bandits qui s’étaient évadés. Ils se divisèrent en quatre groupes, trois au septentrion, trois au midi, trois à l’orient et trois à l’occident. Un de ces groupes voyagea en descendant jusqu’à la mer de Joppa; Un d’eux s’est assis pour se reposer à côté d’un rocher, et lui d’entendre une lamentation terrifiante dans une fissure de la roche. «Ah ! Que j’avais eu ma gorge coupée  en travers et ma langue arrachée par la racine, et cela enterré dans les sables de la mer à la laisse de basse mer, la longueur d’un câble du rivage, où la marée baisse et monte en 24 heures, plutôt que d’avoir été concerné dans la mort de notre Maître Hiram». Dit l’autre: «Ah ! Que j’avais eu mon cœur arraché de sous ma poitrine gauche nue et donné aux vautours de l’air, comme une proie plutôt que d’avoir été concerné dans la mort d’un si bon Maître». «Mais Ah !, dit Jabulum, je l’ai frappé plus fort que vous deux car je l’ai tué: Ah ! Que J avais mon corps sectionné en deux, une partie emportée vers le midi et l’autre vers le septentrion; mes entrailles brûlées jusqu’aux cendres dans le midi et les cendres éparpillées au devant des quatre vents de la Terre, plutôt que d’avoir été concerné dans la mort de notre Maître Hiram».

            Ce Frère en entendant cette lamentation douloureuse, appela les deux autres, et ils pénétrèrent dans la fissure de la roche, les attrapèrent et les attachèrent et les emmenèrent devant le Roi Salomon. Et ils confessèrent ce qui s’était passé et ce qu’ils avaient fait, et ne voulurent pas rester en vie. Donc Salomon ordonna que leurs propres sentences soient infligées sur eux ; Dit-il : «Ils ont signé leur propre mort et qu’il soit sur eux comme ils ont dit».

            Jubela était emmené au dehors, sa gorge tranchée,..etc.

            Le cœur de Jubelo était arraché de sous sa poitrine gauche nue, etc.

            Le corps de Jubelum était coupé en deux et une partie, etc.

            Après cela le Roi Salomon envoya ces 12 Compagnons pour soulever leur Maître Hiram, afin qu’il soit enterré dans le Saint des Saints.

Et Salomon leur dit que s’ils ne pouvaient pas trouver un Mot-clé en lui ou autour de lui, il (le mot) était perdu ; Car il n’y avait que trois dans le monde qui le savaient et il ne peut jamais être livré (donné, prononcé) sans que nous trois soyons ensemble, mais maintenant qu’Un est mort, il est donc perdu.

Mais pour l’avenir, les premiers Signe et Mot qui en l’occurrence seront prononcés à son réveil seront (toujours) les siens dorénavant. Ainsi ils allèrent le lever et quand ils ont débarrassé les détritus, ils virent leur Maître étendu mort, dans une condition meurtrie, car lui ayant déjà resté (gît) 15 jours, ils levèrent leurs deux mains au-dessus de leurs têtes dans une grande surprise, et dirent, Ah Seigneur, mon Dieu  ! (qui est le grand signe du Maître Maçon).

M. - Comment fut-il levé, Frère, quand ils l’avaient ainsi trouvé étendu mort ?

R. - Par les cinq points de la Maçonnerie (Cinq Points Parfaits de la Maîtrise).

M. - Que sont les cinq points de la Maçonnerie ?

R. - Il fut tenu par l’attouchement de l’Apprenti maçon (entered Apprentice) mais la peau est supposée de se détacher; Il fut alors tenu par l’attouchement du Compagnon et cela aussi détacha la peau (causa la

peau à se détacher): Alors il fut tenu par une poigne plus ferme, c’est-à-dire les ongles de leurs quatre doigts de la main droite enfoncés dans le poignet de sa main droite (qui est la Griffe du Maître) et tirant avec toute votre force, avec votre pied droit contre son pied droit et son genou droit contre votre genou droit, et sa poitrine droite contre votre poitrine droite, et votre main gauche supportant son dos et (vous) chuchotez à son oreille et dîtes MAHABONE; C’est-à-dire, presque pourri jusqu’à l’os, ce qui est le Mot  du Maître.

M. - Frère il parait que vous ne pouvez être soulevé que par les cinq points de la Maçonnerie: Veuillez nous les expliquer

R.         1ère - La main dans la main c’est que je vais toujours étendre ma main pour servir un Frère autant que cela réside en mon pouvoir

            2.ème-  Le pied contre le pied c’est que je ne craindrai jamais d’aller (de faire) un pied hors de ma route pour servir un Frère.

            3ème - Genou contre genou c’est que, quand je m’agenouille pour les prières, je ne dois jamais oublier de prier pour un Frère aussi bien que pour moi-même.

            4ème - Poitrine contre poitrine, c’est pour montrer que je garderai

les secrets de mon Frère comme les miens.

            5ème - La main gauche supportant le dos, c’est que j’aurai toujours l’envie (la volonté) de supporter un Frère autant que mon pouvoir me le permet.

LES RAISONS DU MAITRE

M. - Pourquoi êtes-vous dépourvu de tout métal ?

R. - Parce que, à la construction du Temple de Salomon, il n’y avait ni hache, ni marteau, ni le son d’aucun outil en métal entendu dans la construction de cet édifice merveilleux.

M. - Pourquoi cela Frère ?

R. - Parce qu’il ne doit pas être pollué.

M. - Comment est-ce possible Frère qu’une tel construction aussi grande puisse être faite sans le son de quelque outil en métal ?

R. - Il (Tout) était préparé dans la Forêt de Liban, et descendu sur les chariots convenables et arrangé avec des maillets en bois faits (pour cela) avec ce but.

M. - Pourquoi vos deux chaussures furent-elles enlevées de vos pieds ?

R. - Parce que le lieu sur lequel je me tenais quand je fus fait Maçon, était la Terre Sacrée; Car le Seigneur dit à Moïse, ôte tes chaussures, car ce lieu sur lequel tu te tiens est la Terre Sacrée.

M. - Qu’est-ce qui supporte votre Loge ?

R. - Trois Grands Piliers.

M. - Comment s’appellent-ils ?

R. - Sagesse, Force et Beauté.

M. - Qui représentent-ils ?

R. - Trois Grands Maîtres: Salomon, Roi d’Israël; Hiram, Roi de Tyr et Hiram Abiff qui était le fils de la Veuve et qui a été tué.

M. - Ces trois Grands Maîtres étaient-ils tous concernés dans la construction du Temple de Salomon ?

R. - (Oui) ils étaient.

M. - Quelles étaient leurs fonctions ?

R. - Salomon pour trouver des provisions et de l’argent pour payer les mercenaires; Hiram, roi de Tyr, pour trouver les matériaux pour le travail; Hiram Abiff pour accomplir l’œuvre.

            (Ainsi se termine la partie du Maître, qui est suffisante pour toutes les Loges ; Mais quelques-unes vont ajouter sur les parties précitées, et s’égarer des règlements de la Maçonnerie).

Fin du document n° 2

 

Document N°3

Rituel du Marquis de Gages

Commentaire

Le troisième document dont nous disposons pour notre étude est le:

«Rituel du Marquis de Gages» de 1763 * voir note Naudon (Bibliothèque Nationale, FM4 79)

Copié par son Premier Surveillant Pérignon de Progent

Troisième degré du Régime Ecossais pratiqué à l’Orient de Mons.

La lecture de ce document est encore plus astreignante que le texte anglais des «Trois Coups Distincts». Bien qu’écrit en français, son orthographe et sa ponctuation sont tellement aberrants que c’est seulement par une lecture à haute voix que l’on arrive à en percer le sens. Même si, à la fin du XVIIIe siècle, les règles orthographiques n’étaient pas aussi strictes que de nos jours, on peut se demander s’il n’y a pas dans cette forme un peu trop originale un essai maladroit de cryptographie.

La Loge étant assemblée à l’ordinaire, le Très Respectable Maître demande le silence afin d’ouvrir la Loge de Maître.

C’est le Frère Terrible, gardien du Temple, qui est chargé de s’assurer si la Loge est bien couverte.

Vérification faite, on assiste à un échange de demandes et de réponses entre le Respectable Maître et les deux surveillants en alternance, d’où il ressort que l’entrée d’un compagnon dans la Loge se fait à reculons, qu’on lui arrache son tablier car il est indigne de le porter. Quant à la tristesse et aux larmes dont il est le témoin, elles sont dues, lui dit-on, au Respectable Maître Hiram assassiné à cause de la jalousie et de l’avarice de trois scélérats de compagnons.

L’heure d’ouverture de la Loge est midi plein. Pour s’assurer qu’il n’y a que des maîtres sur les deux colonnes, chacun des surveillants est prié de faire passer sur sa colonne les mots, signes et attouchements du grade.

Le Rituel précise que le Mot est MAC BENAC qui signifie «La chair quitte les os» ou «La chair est corrompue». Le mot de passe est Giblim qui signifie «Il peut». L’attouchement se donne par les cinq points de perfection de la maîtrise. Il est alors précisé qu’il s’agit du mot substitué de crainte que les mauvais compagnons n’aient découvert l’ancien mot de Maître. Quant au signe, c’est celui d’effroi à la vue du corps d’Hiram assassiné. Il diffère de celui que nous connaissons au R E A A  car seul le bras gauche se lève en signe d’horreur, la tête est inclinée comme si elle se détournait de cette vision d’horreur et il n’y a pas d’exclamation.

Lorsque le Respectable Maître a reçu les mots, signes et attouchements de la part des deux surveillants, ayant ainsi l’assurance qu’il n’y a que des Maîtres maçons sur les colonnes, il annonce que la Loge de Maître est ouverte et il fait tirer une batterie de neuf coups par trois fois trois.

Les Frères sont alors priés de s’asseoir pour assister à la réception d’un Compagnon: «qui a satisfait aux trois scrutins nécessaires et a fait preuve de zèle et de bonnes mœurs»

Ces constatations sont ponctuées par la batterie en répétant neuf fois le mot «Vivat».

Le Frère Terrible est alors mandé à la recherche du Compagnon pour qu’il soit préparé selon les règles. Il se rend pour cela auprès de celui-ci en l’informant qu’il est la cause d’une grande consternation dans le Temple pour avoir divulgué nos mystères. Malgré l’étonnement et les dénégations du Compagnon, il est conduit à la porte du Temple où il frappe «en Maître». Il s’ensuit un échange de propos entre le 2ème Surveillant et le F Terrible d’où il ressort que l’impétrant se nomme Schibolet, qu’il a 5 ans passés, qu’il a travaillé du lundi au samedi, que ses maîtres sont contents de lui et qu’il a été payé à la colonne BOAZ (à noter l’inversion des colonnes par rapport au R E A A).

Toutes ces demandes et réponses se font en cascade du Respectable Maître au 2ème Surveillant et vice-versa, ce qui allonge de façon assez considérable le rituel.

La porte brusquement ouverte, le Compagnon est introduit brutalement et à reculons dans la Loge où le 2ème Surveillant lui arrache son tablier en lui disant qu’il n’est pas digne de le porter; on lui enjoint de ne pas se retourner car il y va de sa vie.

Dans cette attitude, il est placé à l’Occident entre les deux Surveillants. Pendant ce temps, le plus jeune des Maîtres de la Loge est placé dans le cercueil, au signe de Compagnon, le visage couvert d’un linge taché de sang.

Devant l’étonnement du Respectable Maître de voir le Compagnon ainsi introduit avec les conséquences qui risquent d’en découler, le 1er Surveillant s’en porte garant.

Le Respectable Maître lui signifie alors toutes les accusations dont il fait l’objet et ordonne qu’on lui fasse effectuer le 1er voyage, toujours à reculons et la pointe de l’épée du 1er Surveillant sur le cœur.

Ce 1er voyage n’ayant pas permis au Compagnon de retrouver la mémoire d’un éventuel forfait, il lui est prescrit d’en effectuer un second dans les mêmes conditions. Ses dénégations irritent le Respectable Maître qui ordonne un dernier voyage au terme duquel on lui fait lire les 4 écriteaux placés aux 4 coins de la Loge sur lesquels sont inscrits ces mots «Memento moris»: Pensez à la mort... Et, pour lui montrer ce qui l’attend, on le fait tourner vers le cercueil en même temps que les Frères dirigent vers lui leur épée.

Après un moment de silence, le Respectable Maître lui dit que c’est le châtiment mérité par l’un de nos malheureux Frères qui, à son instar, n’a pas voulu reconnaître son forfait, qu’il est tenu, en ce qui le concerne et en vue d’une éventuelle miséricorde, de tout avouer.

Devant de nouvelles dénégations et l’affirmation qu’il n’a rien sur la conscience, le Respectable Maître  lui intime l’ordre de s’approcher du Trône de la Vérité et de la Justice et cela par la marche du Maître.

Le 1er Surveillant lui fait exécuter le premier pas de l’Occident au Midi par-dessus le cadavre et lui applique un coup de rouleau de papier sur l’épaule gauche. A son deuxième pas, vers le Septentrion,

 il reçoit un autre coup sur l’épaule droite. Au troisième pas qui l’amène devant l’Orient, il reçoit un coup sur la tête et il tombe à genoux, la main sur la Bible.

Il prête alors son obligation, renouvelant ses serments d’apprenti et de compagnon, il s’engage en plus à ne jamais répéter les secrets des maîtres aux apprentis, compagnons, ainsi qu’aux profanes. Ainsi soit-il. (La formule «Dieu me soit en aide et son Saint Evangile» a été barrée).

On le fait se relever et le Respectable Maître lui fait part, dans un très long discours, des circonstances dans lesquelles Hiram a été assassiné. On remonte très loin en commençant par les intentions du Roi David de faire construire un Temple à la Divinité. Mais, plutôt que d’aller combattre lui-même ses ennemis, les Amonites, il délègue ses pouvoirs à Joab, son Général. Pendant ce temps, «David restait tranquille à Jérusalem dans l’oisiveté et, comme l’oisiveté est la mère de tous les vices...», ce qui devait arriver arriva et c’est le triste épisode, pour la grandeur royale, de sa liaison avec Bethsabée. Ce qui l’amène à se rendre indirectement coupable d’assassinat en faisant tuer au combat Urie, l’époux de celle-ci. Ce retour aux sources tient une grande page du rituel et n’a d’intérêt que par le fait qu’il est à l’origine de la venue au monde de Salomon. Sur les conseils du prophète Nathan, c’est à ce dernier fils que reviendra l’honneur de bâtir le Temple, son père n’en étant plus digne désormais. C’est à ce moment que nous voyons apparaître Hiram, «excellent ouvrier et fameux architecte», que son homonyme Hiram, roi de Tyr, délèguera auprès du roi Salomon.

Hiram, après avoir tenu conseil avec Salomon, divise les ouvriers en 3 classes: apprentis, compagnons et maîtres ; mais comme rien ne les distinguait au moment de la paye du samedi soir, il fut la dupe de certains ouvriers malhonnêtes.

Pour remédier à ces abus, il fit construire à l’entrée du Temple les deux grandes colonnes: celle de gauche dédiée aux apprentis portait la lettre I (J) et c’est là moyennant les mots, signes et attouchements qu’ils y percevaient leur salaire. La colonne de droite portant la lettre B devait permettre, avec des précautions analogues, de verser leur juste salaire aux compagnons. Quant aux maîtres, toujours grâce aux signes de reconnaissance, c’est dans la Chambre du Milieu qu’ils étaient rétribués.

Les trois scélérats entrent alors en scène; ils ne sont que trois et l’on ne nous donne pas leur nom, mais ils sont décidés à obtenir le Mot de Maître par la force si nécessaire. Dans ce récit, I’heure du crime se situe à minuit car c’est à ce moment qu’Hiram pénétrait dans le Temple pour faire sa prière à Dieu et vérifier le travail des ouvriers.

Les conspirateurs se laissèrent enfermer en se cachant sous les escaliers du Temple où l’on entassait les vieux outils brisés.

Peu avant minuit, I’un d’eux se place à la porte de l’ouest armé d’une règle, un autre au midi avec un maillet et le troisième à l’orient tenant un levier.

A minuit, Hiram entre par la porte d’ouest. Interpellé par le premier de ces misérables en vue d’obtenir le mot de maître, il lui fait la réponse qui deviendra traditionnelle: «Je ne l’ai point reçu de cette manière, etc.». Il n’est pas question dans ce rituel de la nécessité de réunir trois personnages pour le communiquer. Le coup de règle porte alors, directement, sur l’épaule gauche.

A la porte du midi, même scénario qui se termine par un coup de maillet, toujours appliqué directement, sur l’épaule droite. Gardant l’espoir, avec l’aide de Dieu, de se sauver par la porte d’orient, il y trouve la mort d’un coup de levier sur la tête.

C’est le moment du récit où le vécu de la cérémonie par le récipiendaire prend toute son importance dramatique. En effet, en même temps que le Respectable Maître lui assène un coup sur la tête, les 2 surveillants le renversent sur le cercueil. Le discours se poursuit appelant à l’aide les mânes d’Hiram pour connaître la vérité sur la culpabilité ou l’innocence du récipiendaire. A cet instant précis, le jeune maître déjà couché dans le cercueil saisit le récipiendaire par le milieu du corps et lui dit: «Pourquoi viens-tu troubler mes cendres», puis s’adressant au Respectable Maître il lui révèle que le compagnon qu’il tient n’a pas trahi les secrets des maîtres, mais que néanmoins sa vie n’a pas été sans tache et qu’il devra en rendre compte lorsqu’il comparaîtra devant le Trône de la Vérité. Le récipiendaire est alors libéré de l’étreinte d’Hiram et l’exposé va se poursuivre.

Sur le plan pratique, on voit mal comment réaliser cette scène grand-guignolesque et ce qu’il advient du pseudo-cadavre d’Hiram, écrasé par le récipiendaire. Ce dernier en tous cas est mis au courant de la suite des événements: immédiatement après le meurtre, le cadavre est caché sous des décombres où il restera jusqu’à la nuit suivante. Transporté alors sur le mont Sinaï (inutile d’insister sur l’invraisemblance de cette localisation), ils ne purent en atteindre le sommet avant le lever du jour et l’enterrèrent rapidement au pied de la montagne dans une fosse dont les dimensions nous sont, une fois encore, données mais qui diffèrent de celles des précédents rituels (7 pieds de long, 3 de large et 6 de profondeur).

C’est à ce moment que réapparaît l’Acacia dont une branche, détachée d’un des nombreux buissons environnants, servira à reconnaître l’emplacement du tombeau provisoire avant qu’une sépulture, plus à l’abri des investigations humaines, puisse être réalisée. Malheureusement pour eux, dans leur hâte à recouvrir le cadavre, ils laissent choir dans la tombe une équerre à la tête et un compas aux pieds.

Salomon ne s’aperçut de la disparition de son architecte qu’au bout de trois jours. Craignant qu’il n’ait été assassiné, il convoqua tous les maîtres. Ceux-ci, après s’être lavé les mains pour prouver leur innocence, se portèrent à l’unanimité candidats pour aller à la recherche de leur camarade disparu. Salomon estimant que neuf suffiraient, il les fit tirer au sort*. Les neuf élus décidèrent alors de se répartir en trois groupes. Chacun, à partir de l’une des 3 portes du Temple, mènerait ses investigations en fouillant le terrain sur un périmètre de neuf lieues à la ronde de Jérusalem et que le 9èmc jour ils se donneraient rendez-vous sur la montagne du Sinaï**,  surnommée la montagne des acacias, à cause de la grande quantité de ces arbres sur le terrain.

__________

** Cet épisode sera repris au 9ème degré «Maître Elu des Neuf». Inutile de souligner encore que le Sinaï est à plus de 9 lieues de Jérusalem.

Ils voyagèrent 3 fois 3 jours sans rien découvrir. S’étant retrouvés le 9ème jour sur le Sinaï, désolés de l’échec de leurs recherches, ils étaient prêts à rebrousser chemin et abandonner leurs investigations lorsque le neuvième Maître, plus zélé, décide de poursuivre sa mission. Prenant quelque repos, il s’appuie sur une branche d’acacia qui lui reste dans la main... et nous retrouvons l’expression: «Ici la terre a été fraîchement remuée, etc.».

Alors, tous ensemble, décidés à fouiller l’emplacement, découvrent, à la profondeur de 5 pieds, une équerre à la tête d’un cadavre et un compas à ses pieds. . .

Le récit est ensuite classique : accord pour changer I’ancien mot et les signes de maître par les paroles et les gestes qui seront les leurs au moment de l’exhumation.

Le détail nous en est donné: le signe d’effroi, tout d’abord, se fait le bras gauche relevé en équerre, la main droite sur le cœur, la tête détournée. Il n’y a pas d’exclamation.

Le cadavre est relevé par les 5 points de perfection après une double tentative de le tirer par l’index en disant Jakin, puis Boaz. Une fois le cadavre relevé, le mot sera Macbenac dont nous avons déjà donné la signification.

Salomon, ayant reconnu le cadavre et constaté que, d’après les outils retrouvés, le meurtre devait être imputé à des compagnons, ordonna qu’une enquête soit faite auprès de divers ateliers pour retrouver le ou les coupables. Pendant ce temps, nos 3 scélérats, s’étant rendu compte que le cadavre avait été découvert et qu’ils s’étaient en quelque sorte désignés eux-mêmes comme coupables pour avoir oublié auprès du cadavre des outils marqués à leur nom, prirent la fuite.

Salomon promit alors de grandes récompenses à ceux qui pourraient les lui livrer, mais auparavant il fit édifier un tombeau «des plus superbes» dans le sanctuaire. Une fois Hiram dans le cercueil, il fit graver sur une plaque d’or, posée dessus, I’ancien mot de Maître qui était «Jéhovah».

Un deuil est ordonné dans tout le royaume.

C’est à ce moment du récit que se place la consécration du récipiendaire enfin reconnu innocent. le Respectable Maître Ie constitue Maître en le frappant avec son épée 3 fois 3 coups sur la tête, s’il est Rose-Croix*.

__________

* Nous savons que le degré de R+C était pratiqué à cette époque, puisque nous détenons le rituel du même Marquis de Gages, pour ce grade, dans le même cahier toujours transcrit par son Premier Surveillant Pérignon de Progent.

S’il ne l’est pas, il frappe 3 coups sur chaque épaule et 3 sur la tête. On lui remet des gants dont la blancheur dénote la candeur des maîtres, puis on le décore d’un tablier et d’un cordon soulignés de bleu.

Après lui avoir indiqué quels étaient les anciens mots et attouchements des maîtres, on lui révèle ceux qui leur ont été substitués. Nous les avons déjà évoqués.

La cérémonie se termine alors pour le récipiendaire qui va se faire reconnaître par tous les maîtres, en commençant par les deux surveillants et en donnant les mots, signes et attouchements.

A ce rituel d’initiation d’une exceptionnelle longueur, il tient dans le document en notre possession15 pages dactylographiées sur grand format et petit interligne, fait suite le: «Catéchisme du Maître libre». Celui-ci ne comporte que 12 pages, mais nous y trouvons un développement, plutôt inusité, des réponses aux questions rituelles; chacune d’elles fait l’objet d’un long discours.

Ainsi à la question: «Etes-vous Maître ?», la réponse est :

 «L’acacia m’est connu», mais reprenant la légende on explique pourquoi et dans quelles circonstances cette branche d’acacia fut découverte.

Beaucoup plus longue encore est la réponse à la question:

«Si vous aviez besoin d’un maître, où le trouveriez vous ?». Entre l’équerre et le compas bien sûr, mais cela nous vaut 4 pages d’explications pour nous remettre en mémoire comment «notre maître Hiram fut trouvé assassiné et enterré entre ces deux outils».

Si la plupart des demandes et réponses figurent toujours dans les Rituels actuels, certaines d’entre-elles ont été délibérément abandonnées. Elles méritent cependant d’être citées, pour leur pittoresque d’une part, pour éclairer la mentalité des Maçons du XVIIIème siècle d’autre part.

  Par exemple:

D - Quel privilège a le fils d’un maçon en loge ?

R - D’être reçu avant tout autre, même devant une tête couronnée.

D - N’y a-t-il point de profane qui ait ce droit sur le fils d’un maçon et sur tous les autres ?

R - Oui, un profane qui s’appellerait Jean. Parce que la vénération que les maçons ont pour ce Saint fait que toutes les loges lui sont dédiées.

Autre exemple curieux :

D - De quel Atelier étaient les 3 scélérats ?

R - De l’Atelier de Moabites.

L’auteur de ce rituel a-t-il voulu évoquer ainsi les nombreux conflits qui opposèrent le pays de Moab à Israël ?

Par contre, un hommage est rendu à ces 3 misérables «qui venaient de Phénicie, pays où se trouvaient les plus habiles ouvriers».

Le signe de détresse se termine par l’exclamation Gabaon. L’explication qui nous est donnée est que Josué, au cours d’une bataille près de la ville de Gabaon, comme le soir tombait, arrêta le soleil pour avoir le temps de parfaire sa victoire...

            Enfin, détail amusant :   

D - Quelle peine endurerait un profane qui oserait se glisser dans vos Loges ?   

R - Il serait mis sous une gouttière ou pompe et on le mouillerait de la tête aux pieds, puis on le chasserait.

On ne nous dit pas si ce catéchisme devait être appris par cœur, ce qui est une épreuve difficilement acceptable, ou si l’on en remettait un exemplaire au nouveau maître pour qu’il puisse approfondir le degré qu’il venait d’acquérir. C’est le souci qui a poussé la Commission des Rituels du S.C.D.F. de donner aux nouveaux initiés des aides mémoire aussi près que possible des rituels afin qu’ils puissent, à loisir, s’en imprégner.

Il nous paraît inutile d’insister sur l’importance de ce rituel par le développement qu’il donne à la légende d’Hiram. Nous sommes bien loin du document Prichard dont la trame pourtant a servi de base à une imagination certainement débordante. Mais la filiation avec la Grande Loge d’Angleterre de 1717, dite des Modernes, nous paraît logique.

A son tour, le Rituel du marquis de Gages inspirera sans doute ceux du Rite Moderne Français et du Rite Ecossais Rectifié, ne serait-ce que dans l’inversion des colonnes J et B.

La date de 1763 est controversée, comme en témoigne une lettre de Paul Nandon à Claude Gagne dont on trouvera le texte ci-après. Ce texte est publié avec l’aimable autorisation de son auteur.

Cannes, le 15 mai 1985 

Mon Cher Claude,

Un grand merci pour ta lettre du 8 Mai et pour les documents que tu as la complaisance de me communiquer.

La photocopie de la 1ère page du manuscrit vient confirmer ce que je subodorais, tant j’étais surpris d’un rituel de Rose-Croix - surtout complet - daté de 1763. Je regrette en effet de ne pas être sur ce point d’accord avec toi et je te prie d’excuser ma contestation. Les chiffres, à l’ancienne, sont il est vrai peu lisibles. En fait, je ne peux lire 1763, mais 1767 (le 3ème chiffre, en plus petit caractère, est le même que le 2ème)

Le reste du texte confirma sans hésitation cette lecture. Le livre est dédié au marquis de Gages, chambellan de leurs Majestés..., grand maître de la Loge La Parfaite Harmonie, de Mons. Or, en 1763, le marquis Dumont (ou du Mont) de Gages n‘était pas alors membre de cette loge et n‘était peut-être même pas encore initié.

En 1763, le Vénérable de La Parfaite Harmonie de Mons était le comte de Pailly. Cette année là, le marquis de Gages se marie et va s‘établir en Franche-Comté. C‘est là-bas, à Dôle peut-être, qu‘il connaît le Comte de Clermont et qu‘il est initié à la F.M. Il est de retour à Mons en 1765, devient membre de la Parfaite Harmonie, puis vénérable en 1765/1766 et de 1767 à 1770, année où il devient Grand Maître Provincial des Pays-Bas autrichiens.

Autre fait probant: c‘est en 1767 seulement qu‘il est nommé Chambellan de leurs Majestés impériales...

Je cite ces renseignements d’après les ouvrages classiques sur la Maçonnerie belge: A. Cordier, P. Duchaine et B. Van der Schelden, et surtout en dernier lieu l’étude magistrale - donnant beaucoup de précisions sur la vie et l’activité maçonnique du marquis de Gages - d’Andries Van den Abeele: «La Parfaite Egalité» à l’orient de Bruges (Bulletin du Crédit Communal de Belgique, N° 151, janvier 1985).

            Ce même auteur a déjà fait une remarquable étude faisant ressortir les analogies de symbolisme entre le rituel de Rose-Croix (publié dans mon livre) et celui à l’époque de la Confrérie du Saint-Sang de Bruges.

            Dernière petite remarque: la datation au 1er Mars 1767 du recueil en cause des rituels vient s’insérer logiquement dans les recherches que Pérignon de Progent et le marquis de Gages faisaient auprès du comte de Clermont, qui leur révèle le 6 Janvier 1767 le grade de Rose-Croix (cf mon livre sur les Hauts-Grades, p. 97)....

 

Document N°3bis

Rituel du Marquis de Gages

(l’orthographe est d’origine)

Le Maître Maçon 3ème grade - Ouverture de cette loge

La loge de maîtres assemblée à lordinaire. Le maître à lorient les surveillants à loccident et les autres maîtres de droite et de gauche c’est a dire au midi et au nord. Le maître frappe un coup de malliet que les surv repette. Cella pour faire observer le sillance puis lemaitre fait les questions suivantes :

D - Venerable frère ler surv ditte au venerable frere 2ème surv que je demande le sillance pour faire louverteure de laloge de maitre.    

R - Le 1er surv. . dit venerable frere 2me surv .advertisses les venerables maitres quy compose cette respectable loge que letres respectable demande le sillance pour faire louverteure de laloge demaitre.

Le 2me surv dit tres venerables maitres quy composés cette respectable loge le tres respéctable maitre vous fait advertir quil demande le sillance pour ouvrir laloge de maitre.

Alors le grand maitre dit venerable 1er surv quel doit etre le soin dun maitre en loge    

R - Très respéctable cest devoir sy laloge est bien couverte et sy nous sommes bien couverts.

Alors lemaitre dit venerable frere 2me.surv faitte donc voir sy nous sommes en seureté.

Le 2me surv dit frere terible voyés sy nous sommes en seureté et a labry de.s profanes.

Leterible vien se maitre ausignie demaitre entre les deus surv et le grand maitre luy dit alles monfrere alors il fait laronde du temple referme bien les portes et revien entre les 2 surv disent au segond nous sommes en seureté. Le segond le dit au ler et le premier le dit au maitre et le maitre fait les demandes quy suive ..

D - Venerable t‘rere ler surv. . commant ete vous entré cn loge de maitre.    

R - Tres respéctable le dos tourné alaloge.

D - Venerable frere 2me surv quaton exigé de vous lors devotre premiere entré en loge demaitre.    

R - Tres respéctable maparolle dhonneur denepoint me retourner.

D - Venerable ler surv que vous atonfait lors devotre premiere entrée dans cegrade et que vousàton dit.    

R - Tres respectable lon ma araché montablier medisent que jetès indignie de leporter.

D - Venerable frere 2me surv qu’avevous veu lors de cette premiere entrée.    

R - Tres respéctable larmes etristesse.

D - Venerables frere ler surv pour quoy ces larmes et ces tristesse.    

R - Tres respéctable en comomeration de lamort de notre respéctable maitre hiram assasiné.

D - Venerable frere 2me surv qu’esqui aucasionna lamort d’un ausy bon maitre.    

R - Tres respéctable lajalousie et lavarice de trois scellerats des compagnions.

D - Venerable frere ler surv aquelle heure souvre laloge demaitre.    

R - Tres respéctable a midy plaint.

D - Venerable frere 2me surv quelle heure etil.    

R - Tres respéctable midy plaint.

            Alors le tres respéctable dit puisque la loge de maitre souvre a midy plaint et quil est midy venerable frere ler surv faitte moy passer par votre collonne les mots signies passe et atouchement et leurs significations et ditte au venerable 2me surv quil me fasse passer lamaime chose par sa collonne afin de nous assurer que nous sommes tous maitres et quil ne se trouve pas demiserable compagnon parmy nous pour capter notre parolle.

Le ler surv dit venerable frere 2me surv comme il et midy plaint et que cest a cette heure que souvre laloge demaitre letres respéctable demande que vous luy fassiés passer par votre collonne les mots signies parolles passe et atouchement avéc leurs signification. Je vais enfaire autant par lamienne. Ils le font passer en semble.    

Le mot est mac benac quy signifie lachair quitte les os ou la cher est corompeu lapasse giblim quy signifie il peut (sic) latouchement se donne par les 5 points de perféction de lamaitrise quy sont piez contre piez genoux contre genoux poitrine contrepoitrine. La main droitte enserre aupoigniet la gauche enserre a lepaulle gauche de celluy que vous ataqués joue contre joue et vous donnés le mot et lapasse la signification est la façon que les neuf maitres relevere le respéctablehiram de la fosse lorsquil leure trouvé aprais son assasin et les parolles quils dire pour changer lencien mot craintes quil nefeut revellé aux misérables compagnion le signie est le signie defroix que fire les maitres lorsquils reconneure notre mettre hiram assasiné il sefait en recullent dupiez droit legauche ne bouge pas onporte lamain droitte en eqierre seur le coeur iposent lepouce les catres doits serres sans etre apuijé neulle part et de lagauche vous faitte deus ekerre donc unne avéc lebras et lautre avéc la main lepouce ouvert et les autre catres doits serres. La signification est lesignie fait trois ekerre quy denote que les maitres font ce signie comme chef de lekittée. Lors que letout est parveneu jeuste au tres respéctable il dit venerable frere premier surv les mots signies passe atouchements metant parveneus jeuste il nous reste alouer le seignieur de cequil ne setrouve point de miserable compagnion ni aucun profane parmy nous pour capter notre parolle et epiér nos mistaires et comme nous sommes icy tous ignocents de lamort denotre maitre nous pouvons travaliier en seureté. Cest pour quoy jevous prie dadvertir le venerable frere 2me surv quil advertisse les venerables mettre quy compose cette respéctable loge que laloge de maitre est ouverte par ces signies et les precotions ordinaires il fait le signie avec toute laloge. Le ler surv Ie repette au deusieme quy le repette a tous les freres toujour en fesent le signie puis lemaitre et tous les freres tendent lamain seur laloge et frape neuf coups par trois fois trois pour aplodir et lemaitre frape trois fois trois coups de son

malliet que les surv repette. Alors laloge et ouverte. Pour serasoir le maitre frape un coup de malliet et tout lorient sasoit avéc luy il en frape un deusieme les surv sasise il enfrape un troisieme les freres dunord et dumidy sasise alors il dit:

Venerable frere ler surv niatil rien denouveaux et pour quoy nous sommes nous assemblés.

Le surv repont tres respéctable cet pour lareception dun compagnion quy aprais les trois escrutin passés desire ardament de parvenir augrade de maitre alors le grandmaitre dit, les trois escrutin luy ontil eté favorable et les freres nontil rienadire seur lezelle les bonnes moeurs et la conduitte du frere compagnion quy desire detre receu maitre. Les surv et tous les freres tendent lamain en avant cequisignifie quils sont contants du candidat et quils aplodise alors lemaitre frape avéc tous les freres trois fois trois dans les mains et ils dise neuf fois vivat. Alors lemaitre dit venerable frere ler surv ditte au venerable frere 2me surv quil envoye le frere terible apreter lecandidat et lors quil sera pret quil nous lamaine selon les reigles eusité.

Le ler le dit au deusieme et le deusieme le dit auterible quy sort et va trouver lerecipiandaire en luy disent mon frere je ne sais ceque vous avais fait mais vous cosés laconsternation dans notre temple et jay peur quil ne vous arrive quel que facheux accident. On vous acuse dindiscretionseur nos mistaires. Si cella est je vous conseillie de vous retirer et de ne point poursuivre a moins que vous ne voullusiés confesser votre faute atous nos frere avéc un vray repenty prometant de ne plus iretomber.

Le recipiandaire ajent repondeu quil ne sait ce que lon luy veut dire il luy fait autrer son chapaux et maitre ses gants puis il luy atache son tablier avéc un seimple noeux. En cest etat il le conduit a laporte de laloge ouil frape en maitre. Le 2me surv ajent entendeu fraper dit venerable frere 1er surv on frape a laporte du temple en maitre. Le ler surv Iedit augran maitre en disent tres respéctable maitre on frape a laporte du temple en maitre. Alors le grand maitre dit venerable frere 1er surv faitte voir quy frape alaporte de notre temple en maitre est sy cest lefrere terible quy veuillie introduire le recipiandaire ditte au venerable frere 2me surv quil luy demande son nom son age son travail sil a eté payé et sy ses maitre son contant de luy. Le ler le dit au 2me quy va alaporte du temple ouil frape en maitre. Leterible repont. Le 2me repette et dit que demandé vous en ouvrent alors leterible dit cest un compagnon maçon quy desire ardament de parvenir au sublime grade de maitre alors le 2me surv dit donnés moy son nom son seurnom son age son travail sil a eté payé ouil a eté paye et sy ses maitres sont contant de luy. Le terible repont il senome Skibolette il a 5 ans passé il atravallié du lundy au samedy au soir il est contant ajent eté payé a la collonne Booz et ses maitres sont contant de son travail. Le 2me surv ferment brusquement laporte et revient faire ceraport au ler survqui le rent aumaitre et le grand maitre dit que lon lintroduise selon les reigles eusitees. Le ler surv dit venerable frere 2me surv allés recevoir ce compagnon et quil soit introduit selons les reigle eusitees. Le deusieme surv va alaporte du temple ou il frape en maitre. Le terible repont. Le 2me repette et ouvre en disent ou est ce malheureux temerere compagnion quil me soit livre. Le terible le luy pousse desseus le dos toumé a la loge et le 2me surv Ie sesisent luy arache le tablier de compagnon en luy disent quittés ce tablier de maçon vous nette point dignie de le porter et nous scavons ce que nous avons a faire de vous me donnés vous votre parolle d’honneur de ne vous point retourner le recipiandaire ajent repondeu que ouy il luy dit prenesi garde il iva devotre vie alors il le maine alocident entre luy et le ler surv. . pendent cette ceremonie le plus jeune des maitre semet dans le coercoeuil au signie de compagnon levisage couvert dun linge teint de sang et le corps dun drap blanc alors le deusieme surv frape enmaitre seur le malliet du ler, le ler seur le sien et le maitre seur lautel et le 2me dit venerable ler surv Ie recipiandaire est introduit. Le ler dit tres respectable maitre le recipiandaire est introduit. Le tres respectable dit commant mes freres vous osés introduire un miserable compagnon dans notre temple encore teint du sang de notre respéctable maitre quy feut asasinne par ses malheureux cellerats compagnon etne crenié vous pas que cherchent à de voiller les crimes de celluy cy nous nesoyon obligé deverser son sang comme nous venons detre en nous voyents contraint par la mauvais foix de celluy que nous venons dimmoler et voullés vous que cejour soit lejour de lamort de deux malheureux que nous avions creus dignie detre lié anos sacrés engagements et que nous nomions deja du doux tire defrere quy de vous merepondra de luy et voudra sexposer afaire le troisieme. Le lcr surv. . repont moy tres respéctable et les epreuves quil faut quil subisse auparavant deparvenir au baux grade demaitre nous rendrons le respéctable hiram propice quy nous faira connoitre ses intantions et nous fera lire aufond de son coeur alors le tres respéctable dit vous risqués baucoup monfrere et votre zelle pour notre ordre vous aveugle mais jenepuis vous refeuser alors il dit aurecipiandaire dunne voix grosse, malheureux compagnon vous ete acusé icy par des freres dignie de foix davoir eté indiscrets et davoir tourné nos mistaires en derision et que vous en avais revellés le peu de ce que lon vous avoit confiez. Repondés sincerement et osés sy vous le pouvais nier ce dont lon vous acuse. Le recipiandaire ajent repondeu quil ne sait ce que lon luy impute le grand maitre dit venerable frere ler surv. . faitte commancer les premier voyage a cefrere obstiné. Le lcr surv Iuy dit souvenés vous de la parolle que vous mavais donnée de nepoint vous retourner alors il luy mait la pointe de son épée seur lecoeur et luy fait faire trois tours de loge le dos tourné en commancent par lemidy a lorient. Les trois tours finis il frape seur le malliet du segond surv et le segond seur le sien le maitre seur lautel. Le ler dit tres respéctable maitre le le1er voyage de ce compagnon est finy alors legrand maitre dit aurecipiandaire mon frere nous vous avons donné letemp de la refléction pour vous remettre lamemoire osériés vous persisté dans lendurcissement et nous assurer que vous ete ignocent dece donc lon vous acuse prenés bien garde aceque vous allés repondre et nous repondés sincerement. Lerecipiandaire ajent toujour repondeu quil nesesouvien derien et quil najamais eu lapancée de devoiller les secrets denotre art royal legrand maitre dit pour navoir rien anous reprocher frere ler surv ts faitte continuer les segond voyage a cefrere endurcy. Le ler surv. Iuy remet lapointe de lepée seur le coeur et luy fait faire encore trois tour dans lamaime forme que les precedents. Les trois tour finis il frape seur lemalliet du 2me le deusieme seur le sien le maitre seur lautel et le ler surv. . dit tres respéctable maitre le deusieme voyage de cefrere sont finis. Le tres respéctable dit aurecipiandaire monfrere votre entetement anous cacher la vérité poura vous devenir feuneste et cecera avéc peine que nous nous verons obligé devous sacrifier aux manés denotre respéctable maitre hiram que vous avais offancé et que vous offancés encore davantage par votre obstination puisque un aveu sincere et un vray repenty pouroit lapeser et meriter notre indulgeance vyés sy vous voullés persister ànous nier ce dont lon vous acuse. Le recipiandaire ajent repondeu que samemoire ne luyfournit aucun tindice davoir ete coupable le grand maitre dit venerable frere ler surv faitte pour suivre le dernier voyage a ce malheureux frere alors le ler surv ts luy fait faire encore trois tours de loge dans lamaime position que les precedant et luy fait lire les catres ecritaux quy sont aucatre parties de laloge ouil se trouve echrit memento moris (sic) et lorsque lerecipiandaire les lit il repette pances à lamort. Les neuf tours finis par trois fois trois il frape seur lemalliet du 2me le deusieme seur le sien lemaitre seur lautel et le ler dit tres respéctable maitre les derniers voyage de ce compagnon sont finis le grand maitre dit mes freres que chacun soit pret au ler signial puis il dit aurecipiandaire mon frere sy je puis encore vous nomer decenom votre optination nous aflige et cest avéc regret que nous vous voyons un endurcissement pareil au votre et comme cenest que avéc deplaisir que nous trempons les mains dans le sang denos freres je vais vous mettre un exemple de vent les jeux venerable frere ler surv faitte voir ace frere Ihorreur de lapareil que nous preparons aux mauvais freres quy sont asés laches pour reveller nos mistaire alors le ler survIe fait tourner seur laloge ou il voit un sorcoeuil couvert des linges teint de sang et tous les freres lepée tendeu la pointe vers le cercoeuil et on lesse lerecipiandaire un moment en cest etat puis il dit vous voyés devent vous un denos malheureux frere quy par son opiniatreté vient de meriter le chatiment aux quels il sesoumit lors quil feut ignitié dans notre respéctable ordre, que cet (sic) vous servent demodél car il seroit trop tar sy vous restés un moment depleus pour avouer cedonc lon vous acuse et vous allés paroitre dans lendroit ou les fautes les plus cachés que vous aurait comises nous vont aitre devoilles voyés sy vous voullés hazarder defaire un pas deplus lerecipiandaire ajent repondeu quil ne sesent rien seur lacontiance quy puisse luy reprocher lamoindre indiscreeion lemaitre dit cen est trop et puis que son opstination continue jeusque a cepoint venerable frere ler surv ts faitte moy parvenir ce malheureux compagnion jeus que au piez du tronne de laverité et de lajeustice par lamarche de maitre, le ler surv. . Ie fait parvenir alautel le faisent passer seur le tombeaux en partant de loccident dupiez droit pour aller aumidy lors on aplique un grand coup de roullaux de carton ou papier seur lepaulle gauche durecipiandaire puis on le fait partir dupiez gauche dumidy pour aller alorient par le nord, il recoi un pareil coup seur lepaulle droitte puis il part du nord pour aller alorient il recoit un pareil coup seur latete alorient il tombe agenoux lamain seur labible et prette son obligation en ces termes je promets et mangage sous les maimes obligations que jay prettés dans laprantif et compag denejamais reveller les secrets des maitres vis avis des compagnions et aprantif et jengage maparolle dhonneur de les garder fidellement vis avis des profanes ainsy soit-il  Dieu me soit en aide et son Saint Evangile, puis il seleve pendent le serment leplus jeune des freres semait sous letombeaux quy se trouve etre faux.defaçon que le recipiandaire ne puise le sentir lors que lon le jetera dedans, alors lemaitre luy fait l’histoire en ces termes.

HISTOIRE DE LACONSTRUCTION DUTEMPLE ET DE LASASIN D HIRAM

Monfrere David sevoyent paisible posseseurs de son royome par les victoires quil avoit remportées contre ses voisins et ses enemis les amonites resolleut de faire baptir untemple a la Divinité pour quelle feut adorée dans un lieux alabry des injeures du temps et ifaire deposer pour cette fin larche sainte dans ce lieux afin di etre estable mais les amonites peuple belliceux rassamblerent encore quelque legere troupe pour inquieter David, quy méprisent cepeu detroupes ne deignia point aller les combatre luy maime. En consequances il ianvoya joab general de ses armées conneus par sabravoure alatete de quelques legeres troupes mais sufisantes pour domter ses enemis, pendent que ce brave general combatoit pour son roy David restoit tranquille et dans loisivité ajesusalem pour atendre la defaite de ses enemis, comme loisivité et lamaire de tous les vices David ne sachant que faire feut un jour vers lemidy pour se promer seur la terasse de son pallais il nil‘eut point arrivé quil vit dans les beins vis avis de luy unne fame dunne bauté ravisent quy sy beignioit et cette fame luy paroissent extremement belle et quy letoit en efait luy fit concevoir le dessin de laconnoitre pour en jouir. Acet efait sadressent asés gardes il leurs demenda quy etoit cette fame on luy repondit quelle senomoit Betsabée famme d’Urie un de ses fameux capitaines ausitot il lafit venir chez luy et comit ladultaire avéc elle donc elle en devint grosse. Cette fame sevoyent en cet etat et creigniant detre obligée auretour de son mary quy etoit a larmé et quy latrouvent en cest etat neportat ses plaintes et par la luy faire subir larét porté contre ce crime quy etoit détre lapidée. Elle enparla a David en luy representant sa crainte; David laraseura en luy disent quil aloit luy donner unne preuve de son amour en cequil aloit faire pour cest efait il depecha un courrier vers joab son general avéc ordre de tacher dangager un combat et que dans le plus fort de laction il tachat de faire perir lemary de cette fame en lexposent seul aumillieux de lenemy. Ce barbare ordre feut executé apoint nomée puisque lebrave Eury perit dans ce combat en sacrifiant sa vie pour les intéret d’un prince quy le sacrifioit à sa brutalle passion. Lanouvelle nan feut pas sitot veneu a David quil epousa Betzabée ces deus crimes ajent irrité Dieu contre luy, il luy envoya son prophete nathan pour luy representer lenormité de son crime et luy predire lamort de tous ses enfant excepté celle de salomont, David reconneut safaute et enfit penitance pour apeser la collere deson dieu mais sapersevent que le chatiment suivoit laprediction que leprophette luy avoit faitte, et que Dieu pour ses crimes ne luy permetroit pas dexecuter le saint projet quil avoit medité et voyent la ruine de ses enfants ainsyque lasienne commancer a sexecuter se voyent vers safin il fit venir son fils salomont et luy fesent part de cequil avoit promis adieu il luy ceda sa couronne perdent lavie de doulleur peu de moment aprais, Salomont sevoyent heritier du tronne de son perre neut rien de plus pressé que de faire executer le saint projet quil avoit conceu en dedient un temple alamajesté divine pour cest efait ajent apris quil ~ avoit dans tir un excellent ouvrier et fameux architecte quy senomcit hiram il depecha un courier avéc unne lettre a son allié leroy detir que lon nomoit ausy hiram dans laquele il le prioit de luy envoyer son fameux architecte en luy fesent part decequy lobligoit dan avoir besoin de cet habille homme, leroy de thir pour satisfaire aux intantion de son amy et aliés le roy Salomont, luy envoya son architecte et amy hiram et luy fit tallier une prodigieuse cantité de cedres du libent, quy etant praite amettre en oeuvres feure embarqués seur lejourdin et vinre sarreter ajerusalem pour laconstruction de cet edifice, hiram etant arrivé a jerusalem leroy salomont lereceut avéc honneur est amitié, puis ils tinre conseil ensemble pour lecommancement de ce saint edifice. Hiram fit dabord trois claces donc unne daprantif unne de compagnions et unne demaitres et leurs recommandant de faire chacun en particullier leurs devoir ils les advertit quils seroit tous payés chaque samedy ausoir ils les payoit efectivement mais vers lafin dumois setant aperseu quil etoit dupée dans lepayement puis que il setrouvoit court dargent il simmagina quil faloit que les aprantif ou les compagnions le deupasse en recevent lapaye demaitre, pour remedier acet abeus il fit construire alantrée du temple deus grandes collonnes de herin de dix huit piez de hauteur posées seur des piez des taux de huit piez de hauteur et de corées des chapiteaux de 5 piez de hauteur a celle de lentrée du temple agauche il fit mettre les lettres I et f. Cette collonne feut dediée pour les aprantif quy moyenent un mot un signie un atouchement et unne passe ivenoit deposer leurs outils et recevoir le sallaire de leurs travaux alacollonne de ladroite il fit pauser les lettres BB.. Elle servoit aux compagnon quy ausy moyenent unne parolle signie passe et atouchement ivenoit demaime recevoir le sallaire de leurs travaux. Les maitres etoit payé dans lachambre interne quy venoit ifraper en ce grade et donnent un mot signie passe et atouchement ils recevoit ausy le sallaire de maitre.

Trois sellerats de compagnon quy avoit acoutumé de seglisser parmy les maitres pour en recevoir le sallaire se voyent par cest arangement frusté de cette paye, resolleure de se la reprucurer a quel prix que ce feut et voyent bien quils ne pouroit lavoir quant tachant davoir laparolle lapasse et latouchement du maitre ils tinre conseil ensemble de lafaçon quils sy prendroit pour lacapter ils netrouvere point dautre moyen que celluy de selafaire donner de gray ou deforce anotre respéctable maitre hiram mais lexecution etoit dificille parceque notre maitre nalloit jamais seul et etoit pres que toujour dans le cabinet de salomon pour consulter avéc ce sage roy seur les desins duplant dutemple, mais comme le demont davarice les possedoit ils epiére tant quils saperseure que notre maitre aloit tous les soirs vers laminuit dans le temple pour faire sapriere aDieu et voir sy les maitre fesoit bien executer les plants quil leurs donnoit ils resollure donc de se cacher dans le temple pour isurprendre notre maitre. La dificulté en etoit grande puisque tous les maitres au nombre de 5793 dabord aprais les travaux finis fesoit unne exate recherche pour voir auparavent de fermer le temple sy personne ne sy cachoit pour en voller quelque chose, mais ils saperseure que desous les escaliers du temple il iavoit un depot ou on metoit les vieux outils brisées et comme ils vire que cet endroit pouroit servir a les receller et les cacher sans etre aperseu ils resollure donc de sy cacher pour surprendre notre respéctable hiram lorsquil iviendroit. En consequance vers lafin des travaux ils brisere leurs outils et fesent semblant de les aporter audepot ils sicachere en metant devent eux un tas doutils brisées tous les aprantif et compagnion etant sorty et les maitres ajent fait la revue dans le temple ils nepeure voir ces trois malheureux. En consequance ils fermere bien exatement les portes et feure se reposer. Ces trois cellerats ajent vu leurs reuse réussir sortire du malheureux endroit quy avoit sibien servy a les receller ils tinre donc conseil ensemble et dire quil faloit pour ne point manquer notre maitre quils se placasé un à chaque porte bien armé afin dobliger notre respéctable maitre aleur donner degray ou de force cequy devoit leurs procurer lapaye de maitre ils feure donc seplacer un alaporte de loccident armé dunne reigle lautre alaporte du midy arme dun malliet et lautre alaporte dorient armé dun levier, notre respéctable hiram alent selon sacoutume faire sapriere a son dieu et prendre expéction des travaux vers laminuit vint ouvrir laporte doccident et layent refermée seur luy il aperceut lepremier de ces miserables quy levent sareigle luy dit le mot demaitre sapasse et ses signies ou lavie notre maitre sans semouvoir luy dit mon amy jene lay point receu ny donné decette façon travallie par ton zelle ton asuidité et tes travaux merite quil tesoit confié. Cemiserable netant point contant de cette reponce luy detacha un coup de sareigle seur lepaulle gauche. Notre maitre feut pour sesauver par laporte du midy mais il itrouva ledeusieme de ces malheureux quy levent le malliet seur luy luy dit arrete il nous faut les parolles les signies et les atouchement demaitre ou tuperiras, notre maitre luy dit malheureux necrois point de mintimider rien aumonde nest capable de me faire enfeindre un secret que jay promis de garder travaillie par ton courage taforce et taconstance merite quil te soit confié mais cemiserable encollere de lareponce denotre maitre luy sangla un grand coup de son malliet seur lepaulle droitte quy etourdit notre maitre mais comme il avoit confiance endieu et voyent que cetoit un complot il recullit ses forces et feut pour se sauver par laporte dorient ou il trouva le 3me de ces cellerats quy levent son levier seur luy luy dit necrois point de nous echaper il nous fautles mots signies passe et atouchement de maitre ou tavie notre respéctable maitre sans semouvoir luy dit miserable cellerats ne crois point que lamort que tu presente ames jeux soit capable demefaire reveller un ausy important secret et surtout mi etant angagé par serment non travallie et sois repentant de laction indignie que vous cometés que ton zelle tes travaux et ton asuidité merite que cefameux secret tesoit revellé joublieres que vous majes offancé et serais lepremier a vous lefaire acordér mais ce malheureux que ledemon davarice possedoit se voyent par lafermeté de notre maitre frusté depouvoir en scavoir les secrets pour en recevoir lapaye luy decharga un sirude coup seur lataite quil le renversa mort, en cet endroit on donne un coup seur lataite du recipiandaire et les deus surv ts. Ierenversent seur le cercoeuil en le couvrent dudrap, alors lemaitre continue jete conjure aux manes durespéctable hiram de paroitre anosjeux pour nous faire lire aufond de soncoeur scavoir sil napoint trempé ses mains dans le sang de linocent et sil napoint tourné nos mistaires enderision paroit cher ombre sy respectable anos jeux et anos coeurs et nepermet point que tes enfent setrompe dans le choix de leurs freres, celluy quy est dans le cercoeuil sesit le recipiandaire par lemillieu ducorps et dit pour quoy vientu troubler mes cendres et neconoitu point lafosseté des homes aprant cher mettre que le compagnon que jetiens jeusque asteur napoint trahy notre divin secret mais savie napoint eté des plus exates cest avous autres alecoriger lorsquil paroitra alorient deventoy au piez dutronne delaverité et de lajeustice jete fairois lire aufond de son coeur et toy nouveaux maçon prend garde lorsque tu seras encest endroit pour renouveller ton obligation de nepoint en inposer car jetobligerés avant le jour de men rendre comte adieu arevoir aminuit ou plus alors il le lache et lemaitre continue Ihistoire par ces parolles céstrois scellerats ajent hauté lavie anotre maitre par cedernier coup de levier quil luy donnere comme lejour commancoit apointiller et crainte detre decouvert ils le mire sous les decombres du temple puis fermere les portes et sanfeure. Tous les ouvriers etant reveneu autravail ils ivinre comme les autre pour examiner sy lon nedecouvriroit rien de leurs crime et voyent que lafin des travaux à prochoit ils secachere encore aumaime endroit et lorsquils jugere que tout lemonde reposoit ils autere notre maitre dedessous les decombres lesortire hors du temple ferment encore bien les portes ils le transportere seur lemont sidnay ajent en vie de leportais dans lendroit leplus inassesible de la montagnie afin que leurs crime restat ensevelly mais comme lejour aprochoit de paroitre ils fire vitte unne fosse de sept piez de longoeur de trois piez de largeur et de six de profondeur et lemire vitte dedans le recrouvent de terre et pour reconnoitre lendroit il prire unne branche dacasias donc cette montagnie etoit couverte et la plantere seur lafosse afin de pouvoir letransporter plus loing aplus grand loisir et comme ils etoit efarouché de leurs crime en couvrent notre maitre ils lessere tomber unne ekerre et un compas dans laditte fosse donc lekerre alataite etlecompas aupiez et seretirere sans iprendre garde pour revenir vitte à leurs travaux, le troisieme jour de lassasin le respéctable salomont nevoyent point paroitre lerespéctable hiram selon sacoutume pour luy faire part des nouveaux plants quil traçoit creignit quil ne luy feut arrivé quelque chose et pour ne point faire dubruit il fit apeller tous les maitres pour scavoir cequil pouvoit etre deveneu mais tous les maitres etant rendeu alachambre interne et salomont leurs ajent fait lademande sils navoit point veu le respéctable maitre hiram ils repondire que depuis trois jours il navoit pareu dans aucun atellier alors salomont dit quil faloit que lon leut asasiné les maitres pour faire voir quils navoit point trempé leurs mains dans son sang se lavere les mains et dire quils etoit ignocents salomont alors dit quil faloit faire unne exate recherche partout alasourdinne et tacher descavoir cequil pouvoit etre ~eveneu mais comme tous les maitres pour montrer leurs zelle voulloit er faire cette recherche Salomont dit quil nanfaloit que neuf et pour epoint faire dejalloux il les fit tirrer à lescreutin neuf des plus zellés tombere les autres Salomont leurs ordonna de retourner aleurs atellier our ne point faire soupsonner que lon sefeut aperceu de lapsence lumaitre hiram. Les neuf quy etoit tombé pour aller alarecherche tinre onseil ensemble et dire quil falloit foullier les environs de jerusalem neuf lieu alaronde et que le neuvieme jour ils se retouveroit tous nsemble seur lamontagnie de sidnay seur nomé la montagnie dacaias acause de lagrande cantité d’arbres quil i avoit quy portoit cenom our mettre leurs dessin alexecution trois partire parlaporte doccident•ois par laporte dumidy est trois par celle de lorient et ils voyagere ois fois trois jours sans rien decouvrir. Le neuvieme jour setant tous ~trouvé seur laditte montagnie et setant fait raport de linutille cherche quils avoit faitte huit dire que lassé de courir inutillement ils ..en retournést ajerusalem faire leurs raport asalomont mais leneuvieme plus zellées que les autres leurs dit quil ne sen retourneroit point quil neut foullie toute cette montagnie mais fatigué luy maime il voulleut serepauser pour cest efait sapuyent à unne branche dacasias pour sasoir parterre laditte branche luy resta dans lamain et par cemoyen il vit laterre freche et nouvellement remué il simmagina que cella devoit renfermer quelque mistaire il sereleva prontement et coureut rapeller les camarade leurs fesent part de cequil venoit de luy arriver en leurs nontrant lendroit pour lors ils dire tous ensemble quil falloit foullier t creuser laterre en cest endroit et dabord ils lefire ils ne leure pas ~reusées cinc piez quils trouvere unne ekerre a la taite dun cadavre uils aperceure et un compas aupiez. Le dit cadavre etoit au signie de ~ompagnon la main gauche lelong de lamaime cuisse il etoit couver lun linge teint de sang ils jugere dabord quil faloit que ce feut emaitre hiram que quelque malheureux compagon eusse assasiné our avoir les secrets des maitres et ils resolleure dès lors que aucas ue le malheur voulleut que cefeusse luy ils changeroit tous les secrets _u maitre et que pour cefaire les sig quils feroit dans les mouvementquils sedonneroit pour le lever est les parolles quils diroit demaime que lafaçon donc ils le prendroit pour le sortir de lafosse serviroit dors ànavent aux maitres ils achevere donc de tirrer laterre et levent le linge quy luy couvroit lataite ils recullaire defroy reconnoissent le respéctable hiram. En tournant la téte et portant lamaindroitte seur lecoeur le pouce posé desseus lamain enlair les catre doits serres forment lekerre et de lagauche lalevent en lair ils formere deus ekerre puis pour le relever de lafosse un le prit par lindex et dit jakin lapaux luy resta dans lamain un autre leprit par lindex (sic) et dit Booz lapaux luy resta demaime un troisieme le prit par les cincq point de perfection piez contre piez genoux contre genouil poitrinne contre poitrinne joue contre joue lamain gauche egripe sous lepaulle gauche et la main droitte en gripe ason poigniet il lereleva delafosse disent mac Benac. Les autres tournent latete dire giblim puis ils atandire le soir pour letransporter ajerusalem a lasourdinne afin que rien ne transpirat. Le soir etant veneu ils lenvelopere et le transportere à Salomont dans le cabinet luy montrant les deus outils quils avoit trouvé ce quy fit que lonjuga que cetoit les compagnons quy avoit fait cemeurtre en consequance salomont ordonna daller lelandemain visiter tous les atelliers mais les trois cellerats quy avoit comis cest assasin et quy voulloit transporter le cadavre denotre maitre plus avant dans lamontagnie setant aperseu dune rumeur dans les maitre se doutere que lon setoit aperseu de l’absence durespéctable hiram enconsequance ils veilliet jour est nuit pour decouvrir sy lon ne les trouveroit point dans lelieux ou ils lavoit enterré et sy lon nefesoit pas des recherches et ajent comté les maitres voyent quil enmanquoit ils etoit a tout moment aux ccoutes pour voir leurs retour ils les vire donc revenir un soir portant un cadavre dans lecabinet de salomont ils sedoutere dabord que cetoit notre maitre et que lon avoit decouvert lelieux ouils lavoit caché comme ils setoit aperseu que ils avoit enterre par megard deus de leurs outils ils jugere quils seroit decouverts par cette indice puis que les outils etoit marqué selon les atelliers defaçon que dabord ils prire lafuite, les maitres faisent lavisite de latellier de mohabits trouvere donc que trois compagnions manquoit dans cet atellier et quils setoit sauvé ils vinre dabord faire ceraport asalomont quy promit des grandes recompances aceux quy pouroit luy livrer ces trois malheureux et dabord il fit t‘aire un tombaux deplus superbes dans le sanctuaire et reprenent notre maitre par les maimes cincq points de pert‘éction il lefit inhumer et maitre dans le coeuil (sic) fesent mettre une plaque dor desseus ou il fit graver lancien mot de maitre quy etoit jehova et puis il fit tendre sachambre de doeuil et voulleut que lon leportat dans tout son royome alors ilconstitue lerecipiandaire en luy disent puisque mon frere vous nete point dunombre de ces malheureux et que votre zelle et votre constance vous fait meriter le sublime grade de maitre jevous constitue en cegrade il frape 3 fois 3 coups luy metant lepée sur latete sil est rose croix et sil ne lest pas il frape trois seur chaqueepaulle et trois seur latete puis il luy donne les gant en luy disent jevous donne ces gants quy par leurs blancheur denote lacandeur des maitres et que vous nete dunombre de ceux quy ont trampé les mains dans le sang de lignocent et je vous decore de cetablier que les prince et les rois sesont fait honneur detre decoré et je vous decore de cerubant bleus quy denote le zelle de tous les bons maçons est la candeurs de leurs ouvrage, nous avons dans cegrade monfrere comme dans les autres des signies mots passe et atouchement lemot qui feut changé par lamort que ces malheureux compagnons donnere a notre maitre hiram ettoit jehova lapasse 3593 nombre de maitres quy avoit ladirection des travaux le signie sefaisoit en portant lamain droitte aufrond en equerre latouchement se donnoit dabord prenent lindex et disent jakin puis le medieus disent Booz puis laderniere jointure dumedieus disent jehova mais lacrainte q’ure les maitres que notre respectable hiram dans les souffrances neust eté obligé de les reveller autrois malheureux quy lassasinere les fit changer comme je vous lay dit aux premieres parolles quils diroit et aupremier mouvement quils feroit et alafaçon quils siprandroit pour le retirer delafosse. En consequance lemot est mac Benac quy signifie lachair quitte les os ou lachair est corompeu, la passe giblim quy veut dire il peut le signie est le signie defroy que fire les maitres lors quils vire notre maitre assasine latouchement sefait par lafaçon donc ils siprire pour tirrer notre maitre et le relever de lafosse quy est piez contre piez genouil contre genouil ventre contre ventre joue contre joue lamain en gripe au poigniet et lagauche en gripe sous lepaulle droitte de celluy que v_us vous rendiés dignie daquerir dautres lumieres allés moncher frere vous faire reconnaitre atous les maitres en commancent par le ler et le 2me surv.ts et leurs donnents les mots signies parolles et atouchement.

CATÉCHISME DU MAITRE LIBRE

D - Ete vous maitre.    

R - Examiné moy àprouvemoy ou desaprouvés moy sy vous le pouvais lacasias mest conneu.

D - Pourquoy ditte vous que lacasias vous est conneu est commant vous feutil conneu.

R - Il mest conneu parceque cefeut par unne branche decest arbre que les maitres decouvrire ou les malheureux compagnon avoit caché le corps denotre

maitre aprais quils leure assasiné.    

D - Les compagnons connoissoit donc lacasias.    

R - Non mais ajent envie demaitre unne remarque alandroit ou ils deposere notremaitre ils prire unne branche de cest arbre sans le connoitre.

D - Quelle necessité avoitils dereconnoitre cest endroit.    

R - Pour revenir aplus grand loisir et letirrer de cest endroit pour letransporter plus loing afin que leurs crime restat ensevelli dans loubly et que lon nenpuisse avoir aucunne nouvelle pour en eviter lapeunition.

D - Quel est le soin dun maitre enloge.    

R. . Cest devoir sy laloge est couverte et sy nous sommes en seureté et alabry des profanes.

D - Quel age avevous comme maitre.    

R - Sept ans passé.

D - Pour quoy un maitre repontil sept ans passe.    

R - Par cequil falloit etre depuis sept ans dans lordre pour pouvoir parvenir alamaitrise.

D - Expliqués moy cella.    

R - Il falloit trois ans daprantisage deus ans de compagnionage et deus annés sous maitre pour aranger les atellier et diriger les compagnions auparavant detre reconneusmaitre.

D - Combien depersonnes fautil pour completer unne loge.    

R - Il enfaut sept.

D - Quy sont ces sept.    

R - Legrand maitre les deus surv deux compagnions et deux aprantif.

D - Nepeuton tenir de loge sans ces sept personnés.    

R - Sy mais il faut detoute necessité le grand maitre et ses surv de sorte que trois forme que cincq compose et que sept rende laloge parfaitte.

D - Aquelle heure souvre votre loge.    

R - Amidy plaint.

D - Aquelle heure set‘ermetelle.    

R - Aminuit.

D - Commant voyage les maitre.    

R. . De lorient a loccident aumidy et au septantrion.

D - Pourquoy.    

R - Pour aller rependre lalumiere dans toutes les parties de laterre.

D - Pour quoy les trois malheureux compagnions resollure tils lamort de notre respéctable hiram.

R - Par avarice et mauvaise foix acausé quils avoit labitude de capter lapaye de maitre et que par un arengement que notre maitre mit sapersevent quil etoit dupé ils sevire frusté de cette paye.

D - Commant notre maitre saperseutil quil etoit dupé dans lapaye quil faisoit tous les samedis au soir.    

R - Notre maitre sachant lenombre des maitre et des compagnions ainsy que des aprantif quil avoit apayer avoit de coutume de maitre leurs sallaire dun mois dans la caisse de lachambre interne ou il les fesoit venir tous pour recevoir leurs paye mais aubout de quelque temps il se trouva court dargent il juga dabord quil faloit que les compagnions ou les aprantif luy captasse lapaye de maitre et pour eviter dors à navant detre leurs duppe il fit construire deus grandes collonnes quil fit maitre alantrée dutemple endedans achaque collonne il donna un mot un signie un atouchement et unne passe. Lunne etoit pour laprantif et lautre pour les compagnions et les maitres feure toujour payé alachambre interne.

D - Quel privillege à lefils dun maçon en loge.    

R - Detre receu avant tout autre maime devant unne tete couronné.

D - Niatil point de profanne quy aje cedroit seur le fils dun maçon et seur tous les autres.    

R - Sy un profanne quy sapelleroit jean a cedroit.

D - Pour quoy.    

R - Parceque laveneration que les maçons ont pour ce saint fait que toutes les loges luy sont dedié.

D - Pourquoy dedieton toutes les loges à Saint jean.    

R - Parceque cefeut le premier maçon quy nous decouvrit lalumière et quy precha lacharite legalité et lamitié vers ses freres.

D - Sy vous avies besoin dun maitre ou le trouveries vous.    

R - Entre lekerre est le compas.

D - Pourquoy repondes vous ainsy.    

R - Parce que un maitre maçons doit toujour etre equitable et compasser ses actions afin dene donner que dés bons exemple.

D - Niatil point dautre raison quy vous oblige à repondre entre lekerre et le compas.    

R - Sy cest pour nous faire resouvenir que notre maitre hiram feut trouvé assasiné et enterré entre ces deus outils.

D - Commant saperseuton sitot que notre maitre avoit eté assasiné.    

R - Par son absence auprais de Sallomont.

D - Expliqués moy cella.  

R - Notre maitre hiram netant pas venneu contre sa coutume dans le cabinet du roy salomont depuis trois jour pour luy montrer les plants de la direction dutemple ceroy en feut inquiet ver lesoir du troisieme jour il fit apeller tous les maitres pour scavoir deux des nouvelles de son architecte mais les maitres najent peu luy endonner il crenit quil ne luy feut arrivé quel4ue acident et dit aux maitres daller dans tous les atelliers pour avoir de ses nouvelles et de luy venir faire le raport tout de suitte sans cependent faire du bruit.

D - Les maitres ajent veneufaire leraport auroy que lon navoit point veu hiram depuis trois jours que resolleut ceroy.    

R - Il dit quil falloit que hiram eust eté assasinné et les maitres pour montrer leurs inocence selavere dabord les mains.    

D  - Que fit don salomont pour en avoir des nouvelles positives.    

R - Il dit quil falloit enfaire une exate recherche partout aux environs dejerusalem et comme tous les maitres pour temoignier leurs zelle voulloit etre dunombre de ceux qui la devoit faire salomont leur dit quil ne pouvoit tous sapsenter des travaux sans donner des soupson et pour ne point faire dejaloux il les fit tirrer à lescreutin en disent quil nenfalloit que neuf et que ceux quy ne seroit point dunombre retorneroit aux travaux sans faire semblant derien et espionneroit les differents mouvements quy pouroit sefaire parmy les ouvrier.

D - Lescreutin tirré que lire les maitres et quelàrangement prire tils pour faire cette recherche.    

R - Ceux quy ne feure point elleu par lescreutin revinre lelandemain aux travaux comme sy derien netoit mais les neuf depleus zellés aquy lesort avoit donné lechoix pour l‘aire laditte recherche tinre conseil ensemble et convinre quil falloit foullier les environs dejerusalem aneuf lieux alaronde pendant neuf jours et que le neuvieme ils seretrouveroit tous en semble seur le mont sidnay surnomé lamontagnie dacasias pour sefaire part de leurs recherche.

D - Commant partiretils.    

R - Trois par laporte dorient trois parlaporte doccident et trois par laporte dumidy et ils foulliere tous les environs de jerusalem pendant neuf jours et le neuvieme ils setrouvere seur laditte montagnie ou setant fait rapor de leurs inutille recherche ils resterre dans un morne sillance et dans lafliction detre obligé deretourner ajerusalem sans avolr peu

falre aucunne decouverte.

D - Quelle feut leurs resollution.    

R - Huit acablé de lassitude resolleure de san retourner ajerusalem pour donner part de leurs inutille recherche auroy salomont mais leneuvieme plus zellés dit quil ne san retourneroit pas quil neut foullié toute cette montagnie mais fatigue luy maime il voulleut sereposer et pour cest efait il sapuya à unne branche dacasias pour sasoir laditte branche luy resta dans lamain et il aperseut laterre mouvente dans cest endroit et frechement remué.

D - Que fitil alors.    

R - Sedoutant que cella rent‘ermoit quelque mistaire il apella ses huit camarades quy revinre et leurs ajent fait part de cequil venoit de luy arriver leur montrant lendroit ils jugere apropaux de t‘oullier laterre en cest endroit et ils semire tous a louvrage ajent creusé cinc piez deprofondeur ils aperseure un cadavre est ledegarnisent de laterre qui pouvoit lecouvrir encorre ils vire quil etoit ausignie de compagnon un linge remply de sang luy couvrent laface et trouve dans la ditte fosse unne ekerre et un compas.

D - Que fire tils pour lors.    

R - Ils levere lelinge quy luy couvroit levisage mais ils ne leure point levé quils reconneure le respectable hiram assasiné.

D - Que firetils et que dire tils dans lemoment.    

R - Reconnoissent notre maitre ils recullaire defroy puis saprochent de lalosse et voyent les deus outils ils dire que il falloit que cefeut des malheureux compagnon quy leusse assasiné pour avoir les secrets des maitres et crainte que par les doulleurs ils ne les eusse arraché anotre maitre hiram ils tinre conseil ensemble afin de les changer.

D - Commant les changeretils et commant siprire til pour faire un changcment decette importance quy devoit etre communiqué auroy salomont et atous les maitres.    

R - Ils resolleure donc que le premier mouvent (sic) quils avoit dejaI‘ait reconnoissent notrc maitre assasiné seroit le signie et comme ils avoit t‘ait unmouvement defroy ce feut lesignie defroy, alors ils dire quc lat‘acont donc ils siprendroit pour letirré de la fosse seroit latouchement et que laparolle quils diroit en le relevent seroit lemot sacré et h~repollse lapasse.

D - Commant sipriretils pour lerelever etquediretils.    

R - Ils leprire par les cinc points de perféction piez contre piez genoux contre genoux poitrinne contre poitrinne joue contre joue lamain enserre aupoigniet et lagauche enserre sous lepaulle droitte.

D - Quc dire tils.    

R - Un leprenent parlindex de lamain droitte dit jakin ledoit luy glissa, un autre leprit par lemedieus cst dit Booz ce deusieme doit luy glissa ausy mais le troisieme le prenent par les cinc points de perféction endisent mac benac le releva dela fosse un catrieme tornent latete

D - Que signifie ces deus mot.    

R - Mac benac signifie lachair quitte les os et giblim signifie il peut.

D - Que fire les maitres aprais avoir retirré hiram de lafosse.

R - Ils atandire labreune puis envelopent hiram dans leurs mantaux ils le porterre dans la chambre de salomont.

D - Que fit ce sage roy voyant hiram assasiné.    

R - Il le decouvrit pour voir ou etoit lecoup mortél et lajent examiné il porta lamain droitte en ekerre alatete en disent les malheureux ils luy ont ecrasé lacervelle puis il fit tendre lachambre de noir et ifesent faire un superbe mosollé il fit mettre unne plaque dor deseus en ifesent graver lemot jehova disent quil falloit decouvrir ceux quy avoit fait cemeurtre et que les deus outils devoit les faire desceller.

D - Que fire les maitres pour decouvrir ceux quy avoit comis cest assasin.    

R - Ils fire ensecret lavisite des atellier pour voir en quels atellier manquoit ces deus outils, mais comme ces trois cellerats murtrier setoit aperseus quil leur manquoit unne ekerre et un compas ils se douterre quils les avoit perdeu dans lafosse de notre maitre et comme ils etoit aux ecoutte et en faction pour voir si lon nedeteroit rien du vestige de leurs assasin vers le soir ils saperseure que les maitres transportoit un cadavre secrettement envelopé dans la chambre de salomont et comme ils venoit ducotté de lamontagne ils sedoutere que ce devoit etre notre respéctable hiram en consequance pour eviter lapeunition de leurs crime ils sesauvere.

D - De quel atellier etoit cestrois cellerats.    

R - De latelliers de mohabits.

D - De quelpais etetil.    

R - De phenicie peis ou setrouvoit les plus habille ouvriers.

D - Pourquoy ces trois cellerats assineretil notre maitre.    

R - Par avarice acause quils avoit acoutumé de capter lapaye de maitre et que par larangement que hiram avoit mis lors quil saperseut quil etoit dupé ils ne peure plus luy capter cette paye.

D - Commant siprire til pour executer cemalheureux projet dassasiner hiram.    

R - Sapersevent que par larangement dhiram ils ne pouvoit plus capter lapaye demaitre puis que il avoit fait construire les deux collonnes pourpayer les aprantif et les compagnions moyenent les mots signies passe et atouchement deces deus grades et que les maitres enavoit detous different et etoit payé alachambre interne ils resolleure ensemble de seprocurer les secrets demaitre à quel prix que cefeut.

 D - Commant ipeure til parvenir.    

R - Comme ils falloit quil puisse atraper notre maitre seul et alecart ils epioit lemoment depuis longtems et saperceure que notre maitre avoit acoutumé daller tous les soirs vers laminuit dans letemple faire sapriere a sondieu et voir si les maitres faisoit executer les plants quil leurs prescrivoit ils resollure donc de le surprendre dans letemple lorsquil iviendroit selon sa coutume mais ils trouvere ladificulté bien grande acause que les maitre tous les soirs aprais les travaux avoit acoutumé defaire lavisite partout letemple pour prendre garde que personne ne sicachats pour ivoller et puis lavisite faitte ils raportoit les clef anotre respéctable hiram.

D - Commant donc peuretil parvenir alesurprendre dans cest endroit.    

R - Ajent bien examiné tous les endroit dutemple ils saperceure que sous les escaliers il iavoit unne chambre quy servoit de depot pour receller les outils cassé et brisés. Cette decouverte leurs fit prendre ledessin de secacher dans cet endroit derriere untas doutils et vers le soir ils fire cequils avoit medité ils cassere leurs outils et les portant alafin des travaux dans le depot ils sicachere et par la echapere alaviligeance (sic) des inspéctions des maitres quy selon lacoutume alafin dela journée ajent mis les houvriers dehors et ajent fait leurs reveu feure raporter les clef anotre maitre hiram.

D - Que fire ces trois cellerats sevoyent enfermé dans letemple.    

R - Ils sortire du malheureux endroit quy avoit servy a les receller et pour nepoint manquer leurs coups ils dire quil falloit pour que hiram ne leurs echapapas se placer un achaque porte bien armé et que lorsquil seroit veneu dans letemple il ne falloit point le secret demaitre ils feure donc seplacer un alaporte dorient un alaporte doccident un aumidy et un aunord (sic) atandent hiram pour commettre leurs detestable dessin.

D - Commant sarmeretils et avecquoy.    

R - Celluy de laporte dorient avéc un levier celluy du midy dun malliet et celluy doccident dunne reigle atendent en cette posturre larrivé d’hiram.

D -  Parquelle porte notre maitre vintil.    

R - Vers leminuit il vint autemple selon sacoutume pour faire sapriere a Dieu et examiner les travaux il entra par laporte doccident il neleut pas sitot refermée seur luy quil aperseut le premier de ces malheureux quy levoit sa reigle seur luy et quy luy demanda le mot et les secrets du maitre.

D - Que repondit notre maitre a ce malheureux.    

R - Il luy dit mon amy jene lay point receu ainsy travallie par tonzelle et taconstance merite quil tesoit confié.

D - Que fit cemalheureux après unne reponce ausy douce.    

R - Il luy detacha ungrand coup de sareigle seur lepaulle gauche.

D - Que fit le respéctable hiram sevoyent traite de lasorte.    

R - Il feut pour sesauver par laporte dumidy mais il itrouva le deusieme de cés miserables quy levent son malliet seur luy luy demanda le mot est les secrets du maitre ou lavie.

D - Que repondit notre maitre hiram a ce deusieme cellerat.    

R - Il luy dit malheureux jene lay point receu demaime et que pretendevous faire rien aumonde nest capable de me faire reveller ces secrets mais travalliés et par votre constance tachez de meriter quil vous soit confié .

D - Que fit ce miserable aprais unne reponce sy fraternele.    

R - Pique de ne pouvoir avoir cequil demandoit et que notre maitre feut aussi ferme il luy detacha un grand coup de malliet seur lepaulle droitte quy etourdit hiram.

D - Que devint notre maitre dans cest etat de perplexité.    

R - Il ramassa toutes ses forces et metant saconfiance endieu il feut pour sesauver par laporte dorient mais il itrouva le troisieme de ces assasins quy levent le levier seur luy luy dit ne crois point denous echaper il nous faut le mot demaitre et ses secrets ou ta vie.

D - Que repondit notre maitre acemalheureux assasin.    

R - Voyent que cetoit un complot il luy dit ne pence pas malheureux que lamort que je vois inevitable ames jeux soit capable de mefaire reveller un secret que jay promis solonellement et par serment de ne jamais reveller que aceux quy lauront merité non si tu le pence tute trompe mais travallie par ton zelle taforce et taconstance merite quil me soit ordonné de teconfier cest important secret et je serais le premier a ledemander pour toy oubliant maime que vous mayés offancé.

D - San doute cemalheureux touché de labonté de notre maitre sejeta asespiez et serepentit.

R - Non lemiserable que le demon davarice possedoit sevoyent par lafermeté denotre maitre freusté depouvoir capter les secret demaitre pour en avoir lapaye luy detacha un sirude coup de levier seur la tete quil le jeta mort parterre.

D - Que fire ces trois cellerats voyent notre maitre mort aleurs piez.    

R - Comme lejour commancoit apointiller crainte detre decouverts ils le cachere sous les decombres du temple pour aplus grand loisir letransporter plus loing et puis ils sortire dutemple lereferment bien.

D - Que devinrentils alors.

R - Ils se remellere alouverteure des travaux avéc les autres ouvriers et revinre travallier autemple avéc eux pour epionner sy rien ne transpireroit deleurs crime afin detre aporté de sevader au moindre soupson.

D - Que fire tils en suitte.     

R - Vers le soir voyent que rien netranspiroit ils serecachere dans lemaime endroit quy avoit sibien servy a segonder leurs mauvais dessin et vers leminuit ils reprire lecorps denotre maitre hiram et sortire dutemple avéc le transportant seur le mont sidnay seurnomé la montagnie dacasias ouils creusere denouveaux unne fosse et ils mire notre maitre dedans acose que le jour commançoit a pointiller et que pour nepoint donner de soupson il faloit quil serende aux travaux seproposent cependent de le transporter aplus grand loisir dans un endroit inhabité de lamontagnie pour que leurs crime demerat impeuny.

D - Pour quoy donc nerevinre tils pas pour transporter notre maitre plus loing et reprendre les deus outils quils avoit oublié et quy parconsequant pouvoit deceller que cetoit eux quy avoit comis ce crime.

R - Comme ils etoit aux ecoutes pour voir sy rien netranspiroit et setant aperseu dunne reumeur et grande tristesse parmy les maitres ils crenire de sapsenter crainte de donner du soupson mais comme le neuvieme jour aprais larumeur ils avoit envie daller achever leur dessin seu le comte de notre maitre ils vire les neuf maitre raporter un corps mort il sedoutere que cetoit celluy d’hiram et comme on ne pouvoit avoir trouvé le corps sans les deux outils quils setoit aperseu avoir lessé dans lafosse ils sesauvere sedoutant que ces deus outils les decelleroit.

D - Quel etoit ces deus outils.    

R - Unne ekerre et un compas.

D - Commant etetils dans lafosse.    

R -  Lekerre alataite et lecompas aupiez.

D - Quel etoit lancien mot demaitre et que sinifiétil.    

R - Jehova il signifie grand architecte.

D - Quel etoit lancienne passe et que signifietelle.    

R - 3593 elle signifiét lenombre des maitres quy etoit pour veillier aux ouvriers et quy recevoit lapaye demaitre.

D - Quel etoit lancien signie et pour quoy lefeseton ainsy.    

R - Lancien signie sefait encore dans nos loges il sefait lors que lon parle au grand maitre enportant lamain en ekerre aufrond comme pour se cacher laveue il se fesoit ainsy acause que leclat de sagesse quy environoit salomont empechoit que lon puisse regarder ce roy fixement etacause de lumitité (sic) que lon luy portoit nous leconservons encore acose que cesage roy fit cemouvement lors quil vit hiram assasiné endisent les sellerats luy ont écrasé la cervelle.

D - Quel etoit lancien atouchement et comment se fesetil.   

R - Lors que les maitres avoit lesamedy arange tout les afaires dutemple il venoit alachambre inteme ou hiram les recevoit et leurs demandoit mots signies atouchement passe et signification les maitres pour recevoir leurs sallaire prenoit hiram par lapremiere jointure du doit medieus disent jakin puis par la segonde disent booz puis par la troisieme disent jehova nous somme 3593 maitres quy recevons cesallaire.

D - Aprais lamort d’hiram quelle signification donnaton a ces catres chifres.    

R - Que trois forme que S compose que neuf feure depeuté pour aller alarecherche du corp denotre maitre et que trois lassasinere.

D - Commant frape un maitre pour entrer enloge.    

R. . Trois fois trois coups.

D - Que signifie ces trois fois trois coups.    

R - Quil iavoit trois portes autemple que trois cellerat asasinere notre maitre posté aces trois portes et que cefeut par trois coups quil feut assasiné.

D - Pour quoy lemaitre dans samarche levetil un piez.

R. . Pour ne point fouller lesang de lignocent rependeu dans le temple.

D - Que represente les trois pas quil fait par la double ekerre levent lepiez.    

R - Lepasage du tombeaux et lafaçon que les trois cellerats etoit placé lorsquil lasasinere pour luy capter lemot de maitre.   

D - Pour quoy pour fermer laloge repondevous quil est minuit plaint.    

R - Parceque cefeut apassé minuit que notre maitre receut le dernier coup quy le renversa mort.

D - Pourquoy pour louvrir reponton midy plaint.    

R - Parceque cetoit a cette heure que les compagnons quitoit les travaux pour aler mastiquer et se reposer pour prendre des nouvelles forces.

D - Commant nometon un maçon.    

R - Ga ba hon.

D - Est son fils ?    

R - Luffeton.

D - Pour quoy les maçons quant ils setrouve endangers porte-tils lamain seur latete entrelassé et renversés les doits en haut en disent gabahon.    

R - Cest que dutemps des gueres que josué faisoit il donna unne batallie pres de laville degabahon et comme le soir commancoit avenir et que cella auroit peu luy ravir lavictoire il arreta le solleil aprais unne priere quil fit adieu disent solleil arretetoy seur gabahon et soudin il sareta cequy luy fit remporter unne victoire deplus complette et nous disons cemot pour demender dusecour a Dieu et anos freres.

D - Pourquoy vous servevous ausy du mot denfant de laveve.    

R. . Cest que aprais lamort d’hiram les maçons se vouère a saveve respectant lamaimoire de cegrand homme.

D - Quelle peine endureroit un profane quy oseroit se glisser dans vos loges.    

R - Il seroit mis sous unne goutiere ou pompe et lon lemoullieroit de latete aupiez puis on lechasseroit.

D - Avevous le secret des maçons et ou letenevous.    

R - Ouy jeletiens dans unne boite d’hivoire donc la clef et de corail.

D - Ou alle vous comme maitre.    

R - Deloccident alorient et partoutes les parties de laterre.

D - Pourquoy.    

R - Pour reprendre lalumiere.

D - Ou avevous eté receu maitre.    

R - Seur le tombeaux d’hiram.

D - Ou avevous eté constitué et par combien decoups.    

R - Alorient par trois fois trois coups.

D - Que signifie ces trois fois trois coups.    

R - . Les neuf maitres depeuté a larecherche par trois diferentes portes et les neuf jours quils voyagere.

D - Quel est le mot demaitre.

R - Mac benac.

D - Quel est la passe.    

R. . Giblim.

D - Que doit scavoir tout bon maçon.

R - Hobeir travallier et setaire.

D - Avéc quoy travallient les maitre.

R - Avéc la cray laterinne et le charbon.

D - Quelle allegorie donné vous a cetravail.    

R - Avéc zelle force et constance.

D - Quelle verteu doit posseder un maçon.    

R - Scavoir sevincre etre discret et charitable vers ses freres indigents par malheur et non par debauche.

D - Quavevous trouvé dans les differents voyage que vous avais fait.    

R - Des maçons.

D - Aquoy socupetils.    

R - Aconstruire des cachots pour les vices et a eleverdes temples a laverteu .

D - Comment ete vous entré en loge demaitre.    

R - Ledos tourné à laloge.

D - Quaton exigé de vous.    

R - Maparolle d’honneur denepoint meretourné.

D - Que vous aton fait et dit en entrant pour etre receu maitre.    

R - On ma araché montablier decompagnon me disent que jeté indigme de leporter.

D - Quavevous veu en entrant en loge demaitre.    

R - Larmes et tristesse.

D - Pour quoy ces larmes et tristesse.

R - Elles etoit aucasionné par lamort d’hiram assasiné par trois cellerats de compagnion.

D - Dequel peis etoit hiram.    

R - Delatribeu demeptalie.

D - Quel etoit lepere et lamaire d’hiram.    

R - Hiram etoit fils dun thirien dont lenom est inconneu est dunne maire juive de latribeut de  Nephtalie Levy.

D - Dequel peis etoit la fame d’hiram.    

R - De latribeu de Dan aupiez dumont Sinay.

Pour les visiteurs

D - Douvenevous.    

R. . De laloge St Jean.

D. . Quavevous rencontré dans vos voyages.    

R. . Des maçons.

D. . Que l‘esetils.    

R. . Ils construisoit des cachots pour les vice et elevoit des temple alaverteu .

D. . Que doit savoir tout bon maçon.   

R. . Obeir travallier et setaire.

D. . Quaporté vous.    

R. . Bonaceouil aux freres.

D - Naporté vous rien depleus.    

R - Levenerable demaloge vous sallue parlenombre avous conneu.

D - Commant nometon votrc loge et dequel orient etc vous.    

R - Elle senome +++ et je suis delorien +++ il dit le nom de sa loge et lenom delorient douil est.

fin de Lametrise

 

Document N° 4 (R.T. N° 61)

Rituel de la Mère Loge Ecossaise

de l’Orient d’Avignon,

----

Troisième grade de la franche maçonnerie

ou Grade de Maître suivant le Rit Ecossais (*)

daté de 1774

___________________________________________

 (*)R. D.  Ms. 3089 G. Bibliothèque du Musée Calvet à Avignon.

Voici le troisième grade de ce document. On y relève deux changements d’écriture. Une première main a transcrit les quatre premières pages ainsi que les deux dernières, une deuxième main, les pages 5 à 8. 

Comme celui du marquis de Gages, ce rituel se veut du Rite Ecossais. Il est beaucoup plus court et ne compte que 5 folios recto-verso dans le document original. Il présente un effort de cryptographie plus poussé par l’utilisation d’alphabets maçonniques pour certains mots clés, d’anagrammes pour les noms propres, enfin les chiffres symboliques sont précédés du 1. Ainsi pour 13, il faut lire 3.

La cérémonie d’initiation est très écourtée, par contre le catéchisme est assez développé et reprend avec bonheur les principaux symboles du grade de Maître.

Comme chez le marquis de Gages, la Loge est présidée par le Respectable Maître et le tuileur s’appelle Frère Terrible.   

Les Frères qui sont postés aux 3 portes - orient, occident, midi - sont armés d’un rouleau de papier.   

Le candidat est soumis à une heure de méditation dans une chambre qui doit représenter «tous les attributs de la mort».

Le Maître des Cérémonies introduit le récipiendaire à reculons; le Frère Terrible s’en empare et le Respectable Maître «fera toutes les questions qu’il jugera convenables, tant sur le désir qui le porte à se faire recevoir Maître que sur les grades précédents et sur l’interprétation qu’il donne à la tristesse des maîtres».

Ces questions ponctuent les voyages que doit effectuer le candidat sous la conduite du F -  Terrible. Ils sont au nombre de 17 (c’est-à-dire 7), ils se feront par 3 tours au premier voyage, 2 tours au second et «le reste des tours» au troisième. Il n’en reste effectivement que 2, mais seuls les initiés ont pu interpréter le chiffre 17. Pendant qu’ils s’effectuent, toujours à reculons, avec la pointe de l’épée sur le cœur, le conseil des Maîtres s’assemble autour du simulacre du tombeau.

Les voyages terminés, le Respectable Maître Iui dira que la Loge a de nombreuses raisons de se défier d’un compagnon.

On lui arrache alors son tablier et on le fait se retourner vers le simulacre. Après quelques instants de silence, le Respectable Maître ordonne qu’on lui amène le candidat en le faisant traverser le tombeau par les 3 pas de maître, à chacun desquels il reçoit un coup de rouleau.

Au 3ème pas, arrivé devant le Respectable Maître, celui-ci «lui racontera l’histoire d’Hiram et de son assassinat»... mais le rituel ne nous en dit mot.

Au 3ème coup de rouleau, le récipiendaire est étendu sur le tombeau; il remplace, sans que nous sachions qu’il y fut, le dernier maître reçu qui l’occupait auparavant. Le candidat est couvert d’un drap noir et le R M»continuera l’histoire d’Hiram, enverra à la découverte et relèvera le récipiendaire après avoir trouvé la branche d’acacia».

On lui fait prêter serment, puis on lui explique comment exécuter la marche, mais en ce qui concerne les attouchements et les mots le rituel ne nous les révèle pas, même en caractère cryptographique.

En résumé, si le scénario est calqué sur celui du marquis de Gages, le texte n’est qu’un schéma soigneusement dissimulé dans sa rédaction et que les officiers de la Loge, par les connaissances qu’ils possèdent, devront interpréter avant de le mettre en œuvre.

Le Catéchisme ou Instruction du 3ème grade reprend la plupart des questions classiques. Les dimensions de la tombe provisoire sur la montagne sont de 7 coudées de longueur, 3 de largeur et 5 de profondeur. A noter que chez  le marquis de Gages la profondeur est de 6; mais comme le corps sera découvert en creusant à 5 coudées de profondeur, nous demeurons dans la logique.

Vient ensuite l’explication symbolique des 5 points de la maîtrise. Comme nous l’avons fait pour «Les Trois Coups Distincts» et pour ne pas surcharger notre texte, nous ne nous y attarderons pas; d’autant plus que les explications données sont très différentes.

Ce qui nous permet de constater la liberté du Maçon dans l’interprétation des symboles. Curieusement, il n’en est pas fait état dans le très long texte du marquis de Gages.

Le corps d’Hiram est enseveli, non pas sur le mont Sinaï, mais sur le mont Hébron. Cette localisation à 30 km au sud de Jérusalem reste dans des limites raisonnables puisque c’est au bout de 7 jours, dit notre rituel, que les 9 maîtres mandés par Salomon s’y rencontreront et découvriront la tombe grâce à la branche d’Acacia.

Ce chiffre de 9 maîtres apparaît sans explication préalable; de plus ils ne mirent que 7 jours pour se retrouver au lieu des 9 jours dans le précédent rituel. Peu importe d’ailleurs puisque tous ces chiffres sont hautement symboliques.

Enfin nous retrouvons l’expression: «La terre fraîchement remuée» qui nous poursuivra de rituel en rituel jusqu’à nos Jours.

Le mot substitué ne nous est pas donné, nous apprenons seulement par décryptage qu’il signifie: «La chair se détache des os».

La définition du mot de passe, qui ne nous est pas donné non plus, nous laisse perplexe: «C’est le nom d’une ville qui fournit un plus grand nombre d’ouvriers à Salomon et où les maîtres se réunissaient le 17ème jour pour règler les ouvrages».

Le signe de détresse est par contre décrit. L’exclamation qui est ici, non pas «Gabaon», mais « A moi les enfants de la veuve ! » nous est donnée en clair.

Pourquoi les enfants de la veuve ?

Parce que Hiram avait épousé une femme de la tribu de Nephtalie (Y a-t-il confusion ou assimilation entre la mère et l’épouse ?) et, comme nous considérons Hiram en tant que père, nous sommes bien les E. D. L. V.

Nous retrouvons ici encore les prérogatives du fils d’un maçon (Louveton) d’être reçu en Loge avant tout autre. . .   

Toutes les autres demandes et réponses sont d’un symbolisme classique.

Comme nous l’avons souligné, il y a de nombreuses analogies entre ce document et leRituel du marquis de Gages. S’en est-il inspiré, puisqu’il est plus tardif, ou ont ils une origine commune ? Nous ne pouvons le dire.

Le fait est que, par rapport au marquis de Gages, il est très pauvre. Il ne signale pas l’existence des deux colonnes non plus que le rôle des surveillants et des outils dont ils disposent.

Certains événements sont plutôt suggérés que décrits.

L’on sent une volonté de garder le secret pour éviter une de ces nombreuses divulgations qui, depuis le document Prichard en 1730, ont fait la fortune des éditeurs.

Les officiers de la Loge devaient être assez instruits pour réaliser une mise en scène convenable au moment de l’initiation et pour faire, par la suite, l’éducation des jeunes maîtres grâce au catéchisme, trop long comme nous I’avons noté précédemment, pour être appris par cœur.

On remarque d’autre part une volonté très nette d’occultation qui se manifeste de plusieurs manières: utilisation d’alphabets maçonniques pour certains mots-clés, modification de nombres, inversion des lettres d’un mot. Ainsi «M a r i h n o d a» pour Adonhiram (folio 3r), unique exemple de ce procédé. Par contre, les chiffres arabes qui indiquent le nombre des lumières, des voyages, des coups, etc. sont toujours précédés d’un 1. Nous l’avons transcrit mais il faut évidemment comprendre 3 pour 13,  9 pour 19,  7 pour 17, etc. Il s’agit vraisemblablement d’un système de cryptographie.

Dans ce manuscrit, un certain nombre de mots sont écrits en caractères maçonniques. Nous les avons reproduits tels quels, mais nous avons indiqué leurs transcriptions entre parenthèses. Ces caractères maçonniques sont empruntés à deux alphabets différents, I’un généralement employé dans les trois premiers grades, I’autre que l’on retrouve dans le rituel de Maître Parfait.

Ces deux alphabets sont construits avec les mêmes signes géométriques mais selon des orientations différentes. La plupart des mots sont écrits dans l’alphabet des trois premiers grades. Trois mots seulement de ce rituel sont écrits dans le second alphabet. Ce sont: cadavre, drap noir (seul mot écrit simultanément dans les deux alphabets) et acacia.

Document reproduit d'après la revue

Renaissance Traditionnelle

N° 58 d'avril 1984, page 127.

 

Document N°4bis

Troisième Grade

de la franche maçonnerie

ou Grade de Maître suivant le Rit Ecossais

_________________________

La   l  est tendue en noir, elle est éclairée de 19 bougies jaunes, placées comme les 13 grands flambeaux dans la  l  du premier Grade.

Aucun frere ne peut entrer en  l  s’il n’est vétu de noir et décoré de ses grands tabliers, cordon, bijoux et épée. Lorsqu’il y a réception il doit avoit son chapeau abattu et sur sa tête.

Celui qui préside la l   s’appelle respectable et les surveillants Vénérables; le thuilleur ne s’appelle que frère terrible.

La L de M  s’assemblera toutes les fois qu’il s’agira de délibérer sur des objets particuliers à ce grade, comme quand il s’agit de proposer, de scrutiner ou recevoir au grade de Maître, ou toutes les fois qu’il s’agira d’examiner les sujets propres à élire aux dignités.

Les jours de réception on remet un roulleau de papier à trois freres qu’on place un à la porte de l’Orient, un à celle de l’Occident et l’autre au midi. Les fonctions de ces trois freres sont connues de tout maitre maçon.

Le Candidat est convoqué à se trouver en loge sans être instruit que c’est pour le recevoir; mais arrivé dans la salle extérieure un maitre de cérémonie lui apprendra que la loge de maitre l’a admis à être promu à ce grade, et s’il consent à être reçu il le fera décorer de tous ses habits maçonniques, le conduira dans une chambre qui ne sera éclairée que par une seule lampe et qui doit représenter tous les attributs de la mort, afin de rappeler au candidat ce moment de la destruction de son être.

_______________________    

*Manuscrit 3089G. du musée Calvet d'Avignon, reproduit d'après la revue Renaissance Traditionelle N° 58 d'avril 1984, page 127.

Après que le candidat aura passé une heure dans les réflexions, un maitre de cérémonie ira le chercher, le conduira à la porte du temple, ou il frappera en maitre, et ou il sera annoncé et introduit comme dans les grades précédents, avec cette seule différence qu’il sera introduit à reculons, c’est-à-dire en présentant le derrière à l’orient et la face tournée à l’occident. 

Le Respectable après avoir ordonné au frere terrible de s’emparer du candidat, fera toutes les questions qu’il jugera convenables tant sur le desir qui le porte à se faire recevoir Maitre, sur les grades précédents que sur les idées que doivent lui faire naitre l’appareil de la  TRISTESSE (tristesse) de chaque frere.

Par intervalle des questions que le Rble. fera au candidat, il ordonnera au f. terrible de le faire voyager, pendant lequel tems le Conseil des Maitres s’assemblera autour du simulacre du  TOMBEAU(tombeau) qui se trouve au milieu de la loge pour deliberer sur tout ce qu’on entend du candidat.

Les voyages sont au nombre de 17. Ils le teront en trois fois, c’est-à-dire qu’à la première fois on fera trois tours, la seconde fois deux tours et à la troisième on fera le reste des tours. Les voyages se feront de l’occident à l’orient par le midy et de l’orient à l’occident par le Nord, de reculons, c’est-à-dire que le Récipiendaire doit toujours avoir le dos tourné au milieu de la  l  , le frere terrible qui le conduira lui tiendra la pointe de l’Epée sur le cœur pendant tout le tems des voyages.

Les voyages finis le Rble. après avoir annoncé au Candidat combien on a de raisons de se défier d’un compagnon lui fera ARRACHER (arracher) le tablier et ordonnera qu’on le l‘asse tourner pour lui faire observer le   CADAVRE (cadavre) qui se trouve au milieu de la l  Après quelques instants de silence et de contemplation, le R. ordonnera qu’on lui amene le candidat, ce qu’on fera en fesant traverser à ce dernier le TOMBEAU (tombeau) par trois pas de maitre à chacun desquels il reçoit le coup de rouleau des maitres qui en sont chargés.

Le Candidat parvenu auprès du Rble. celui-ci lui racontera l’histoire de HIRAM (Hiram) et de son ASSASSINAT (assassinat) et à l’instant ou il donnera le 3me  COUP (coup) au récipiendaire, les deux venerables le renverseront pour lui faire prendre la place du dernier maitre reçu sur le simulacre du  TOMBEAU  (tombeau) qu’il a traversé.

Aussitot le candidat sera couvert d’un DRAP (drap)  NOIR  (noir) et le très Respectable continuera l’histoire de   HIRAN (Hiram) enverra à la découverte et relevera le récipiendaire après avoir trouvé la branche d’ ACACCIA (acaccia)

Le très Réspéctable fera pretter serment au candidat de garder envers les apprentifs et les compagnons comme envers les profanes les nouveaux secrets qu’on vient de lui confier et lui expliquera ensuite la marche et les signes, les attouchements et paroles, et après l’avoir fait frapper en maitre, il le fera placer et le proclamera en la forme ordinalre.

MARCHE

La marche se fait en traversant le simulacre du TOMBEAU (tombeau) d’abord de l’occident au midi, du midy au nord et du nord à l’orient, de maniere que les deux pointes des pieds se réunissent aux deux pointes du compas.

On doit observer après avoir porté la premiere jambe que l’autre qui suit doit rester pliée en l’air de maniere que le pied soit derriere le genouil de la jambe dont le pied porte à terre et que cette jambe ainsi pliée forme une double Equerre.

________________

BATTERIE

 a a  a   a  a a  a

___________________________

Catechisme ou instruction du 3.me Grade

D.  etes vous Maitre ?

R. approuvez moi, desaprouvez moi si vous le pouvez l’ (accacia) m’est connu.

D. Ou avez vous été reçu Maitre ?

R. Dans la grande chambre du milieu.

D. Comment êtes vous parvenu à la maitrise ?

R. en passant de l’Equerre au Compas.

D. qu’avez vous vu dans la chambre du milieu ?

R. J’ai reconnu que la douleur y regnait et n’y ai entendu que pleurs et gemissements.

D. De quel coté etiez vous tourné ?

R. du coté de l’occident.

D. Comment avez vous voyagé ?

R. De l’occident à l’orient par le midi et de l’orient à l’occident par le septentrion .

D. Combien avez vous fait de voyages ?

R. 17 par 3 fois, par deux &C.r  = etc) (ici changement d’écriture)

D. Pourquoi avez-vous voyagé ?

R. Pour répandre la lumière.    

D. comment avez-vous été reçu ?

R. par 13 grands coups.

D. pourquoi avez-vous été reçu par 13 grands coups ?

R. pour faire allusion aux 13 comp. .(1) que les 13 malheureux comp.. porteront au Respectable ..   - pour lui arracher la parole de maître.

_______________________   

(1) Faute de graphie pour «coup»

D. Que devintes-vous au 13m coup ?

R. je fus renversé en arrière à l’exemple de m a r i h n o d a  qui fut renversé au 13.m [= à l’exemple de adonhiram qui. . . ] .

D. Sur quoi futes-vous renversé ?

R. Sur le simulacre du tombeau de .....

D. quelle est la longueur de ce tombeau ?

R. 17 coudées.

D. quelle est sa profondeur ?

R. 15 coudées.

D. quelle est sa largeur ?

R. 13 coudées.

D. pourquoi vous-a t-on fait voyager ?

R. pour chercher ce qui avait été perdu.

D. quest-ce qui a été perdu ?

R. Ia parole de M -

D. comment la parole fut-elle perdue ‘?

R. par la mort de notre R -  M -

D. comment la parole fut-elle retrouvée ?

R. par la branche d’accacia qui était plantée sur la fosse de notre M -

D. à quoi connaitraije que vous êtes M -

R. à mes signes et à mes 15 points parfaits de ma réception.

D. quels sont les 15 points parfaits de la maîtrise ?

R. Ies 1ers, pied contre pied; le 2e genoux contre genoux; le 3e, poitrine contre poitrine; le 4e, I’accolade & la griffe; le 5e, le baiser de paix & les autres sont connus de tous les M

D. donnez-moi l’explication de ces 15 points.

R. Ie premier que nous devons tous marcher d’un pas égal dans le sentier de la vertu; le 2e que nous devons fléchir devant le Grand A -  et plier nos volontés à celles de nos Maîtres; 3e, que nos coeurs doivent être unis & n’en faire qu’un; 4e que nous devons nous soutenir mutuellement; 5e, que l’amitié des maçons doit être constante et inaltérable. Les autres vous sont connus T R

D. combien avez-vous de signes ?

R. 13. Celui d’épouvante & d’effroy, celui d’appel ou de secours, et celui de repos. Les autres vous sont connus.

D. que firent du corps du R -  M -  Ies assassins après l’avoir tué ?

R. Ils le achèrent (2) d’abord sous les décombres et matériaux du temple.

     ____________________

(2) Faute de graphie pour "cachèrent".    

D. qu’en firent-ils ensuite ?

R. craignant qu’ils ne fussent decouverts ils le transporterent pendant la nuit sur la montagne du mont hebron [le nom «hebron» surchargé est peu lisible] ou ils l’enterrerent.

D. comment fut découvert le corps du R  M

R. après sept jours de recherches, les 0,0009 maîtres s’étant rencontrés sur le mont hebron, l’un d’eux voulut se reposer, en s’assoyant il s’appuye sur une branche d’accacia qui lui vint à la main ce qui lui fit observer que la terre avait été fraichement remuée. Les M prirent alors le parti de la fouiller, et après avoir creusée 15 coudées, ils découvrirent le corps du R M ensanglanté et dont la face regardait l‘orient.   

D. pourquoi le mot fut-il changé ?

R. parceque les Maîtres ayant craint que les assassins n’eussent découvert le mot sacré de M -  , ils convinrent que la première parole qui serait prononcée par l’un d’eux en retirant de la fosse le corps du Rble.. h     seroit substitué à l’ancienne précaution que Salomon approuva.

D. Donnez-moi cette Parole ?

R. je ne puis la donner qu’en loge. (si on est en loge on répond en la donnant à voix basse).

D. que signifie la parole de M -  ?

R.La CHAIR SE DETACHE DES OS (chair se détache des os).

D. pourquoi ?

R. Parceque les M  ayant voulu tirer de la fosse le corps du Rble . ils le prirent par l’index qui leur resta à la main de même que le doigt du milieu.

D. donnez moi votre mot de passe ?

R. (on le donne)

D. que signifie ce mot de passe ?

R. c’est le nom d’une ville qui fournit un plus grand nombre d’ouvriers à Salomon et ou les M  se rassembloient le 17e jour pour régler les ouvrages.

D. Si un maître était perdu ou le trouveriez vous ?

R. entre l’Equerre et le compas, lui étant impossible de s’en écarter.

D. Si vous vous trouviez dans un danger, que feriez-vous ?

R. je renverserais mes mains croisées sur la tête en m’ecriant à moi les enfans de la veuve !

D. pourquoi appellez-vous un maître enfant de la veuve ?

R. Parceque HIRAM (Hiram) avait épousé une femme de la tribu de Nephtalie qui resta veuve par la mort de notre Rble M , que nous regardons comme notre Père, consequemment les M  sont enfants de la veuve.

D. avez-vous travaillé ?

R. oui Très Rble du lundi matin jusques au samedi soir.

D. Sur quoi travaillez vous ?

R. sur la planche tracée.

D. quels sont vos outils ?

R. le charbon & la craye.

D. la Règle de 3 vous est-elle connue ?

R. je l’entends parfaitement et la clef de toutes les loges est à ma disposition.

D. ou se tiennent les M en loge ?

R. au midi.   

D. Pourquoi ?

R. Parcequ’ils sont parvenus au midi de leurs travaux.

D. pourquoi vous êtes vous fait recevoir Maître ?

R. Pour connaître la lettre G  que j’ai appercue dans toute sa splendeur au milieu de l’Etoile flamboyante.

D. que signifie la lettre G ?

R. c’est la lettre initiale du mot anglais GOD (GOD) qui veut dire DIEU (Dieu).

Ici changement d’écriture

D. ou gardér vous le secret de la Maçonncrie ?

R. dans le Cœur.

D. ou en est la clef ?

R. Dans une boite d’ivoire bordée de corail.

D. Comment .s’appelle le fils d’un maçon ?

R. Louveton.

D. quelles sont les prérogatives ‘?

R. D’être recu de préférence à tout prohane, même à une tête couronnée

D. quel bois employat-on à la charpente du temple ?

R. Des cedres du Liban.

D. ou les debarquat-on ?

R. au Port de Jappé.

D. qui les envoya a Salomon ?

R. Le Roi de Tyr.

D. Comment Salomon lui en temoignat-il .sa reconnoissance ?

R. comme la famine était dans le Royaume de Tyr, Salomon lui envoya 37 mille mesures de froment autant de vin et autant d’huile.

D. Combien y a-t-il de signes principaux dans la maçonnerie ?

R. 4. Le Gutural, Le Manuel, Le Pectoral et le Pedestre. Le Gutural qui nous rappelle le premier engagement que nous avons contracté et que rien ne doit nous y faire manquer, Le Manuel nous annonce que nous devons tendre une main secourable à tous les hommes et particulièrement à nos freres, Le Pectoral que nous devons cacher leurs détauts dans nos cœurs et le Pedestre que nous devons être toujours prets à voler à leur secours.

D. avez vous été payé de vos ouvrages ?

R. Je suis content.

D. ou avez vous recu votre salaire ?

R. Dans la chambre du milieu.

D. Comment y êtes vous parvenu ?

R. Par un escalier fait enforme de vis que j’ai monté par 3. 5. et 7.

D. que représente cet escalier ?

R. L’age que j’ai en qualité de Maitre, Les 17 coups qu’il frappe pour s’annoncer et la regularité d’une Loge juste et parfaite.

D. quel age avez vous ?

R. .. SEP  (sep) ans

D. A quelle heure se ferment les travaux ?

R. à minuit.

 

Document n°5

Rituel de réception au grade de Maître

D’après le cérémonial de la huitième Province,

approuvé l’an 5787, à l’Orient de St Petersbourg.

(Manuscrit de la Bibliothèque Lénine - Moscou)

Déchiffré et traduit du russe par Claire FOURNIER

Commentaire

Treize ans séparent ce document du précédent, mais entre-temps un événement important dans l’histoire du Rite Ecossais est survenu. Au couvent de Wilhemsbad en août 1782, on assiste à la naissance du Rite Ecossais Rectifié sous l’impulsion du Frère J.B. Willermoz, originaire de Lyon. Cette rectification survenait aux dépens de la Stricte Observance allemande du baron de Hund. Le Régime Rectifié instituait des directions provinciales et la 8ème province englobait à l’époque la Russie.

Le Rite avait une vocation chevaleresque et faisait référence à l’Ordre du Temple.

Les Frères s’appelaient entre-eux: Bien-Aimés Frères.   

Le Président de la Loge de Maître porte le titre de Grand Maître, les officiers celui de Respectable.

La Loge est ouverte au grade d’Apprenti, puis de Compagnon et enfin de Maître par les 9 coups rituels.

Le G M invite le R F Orateur à se rendre auprès du F compagnon qui se trouve dans la «Chambre de Retraite» (le Cabinet de réflexion), à l’examiner sur ses connaissances des deux premiers grades. Il doit aussi lui demander quelle conception il a de notre Ordre, s’il pense que «le bonheur et la lumière régnent parmi nous», enfin s’il désire avec empressement acquérir de nouvelles connaissances dans l’Ordre.Pendant l’absence du F Orateur, on lira les règles maçonniques ou quelques autres instructions.  

L’Orateur à son retour fait son rapport comme il lui a été prescrit, puis le G M le prie de se rendre à nouveau auprès du candidat avec la mission suivante: «Exhortez-le à penser à l’Eternité et à la Mort, hâtez-vous de lui représenter le vrai sens de la vie humaine et demandez-lui après cela s’il a toujours agi en sorte que la mort ne lui semble pas effrayante».

Cette phrase revêt une importance capitale dans la suite du rituel qui dépasse largement celui du marquis de Gages avec son écriteau «Memento moris»(sic), aux quatre coins de la Loge.

Tout le rituel d’initiation, fort différent dans son déroulement de ceux que nous venons d’étudier, sera un approfondissement permanent de l’idée de la mort. Ramenant pour cela à des propositions purement symboliques, le côté «fait-divers» de la légende d’Hiram, réduisant au minimum le côté théâtral de la mise en scène, il doit permettre une réflexion philosophique soutenue sur la destinée de l’homme.

Contrairement à ce que nous avons vu jusqu’à présent, le compagnon n’est pas considéré comme suspect mais comme «cherchant».

Avant de le faire entrer dans la Loge, on s’assure de son nom, de son prénom, de son grade, de son origine et de sa confession.

Le G. . M donne alors l’entrée du Temple au F introducteur ainsi qu’au compagnon; il n’est pas dit qu’il doit entrer à reculons. Après quelques questions sur son passé, le compagnon est prié, sous la direction du 2ème surveillant, de voyager «en maître» et, chaque fois que le candidat passe devant le plateau du G M. ., celui-ci lui dit: «Pensez à la mort».

Après le 3ème voyage, le G.. M Ie dispense des six autres.

Les 2 surveillants conduisent alors le compagnon à l’autel en lui faisant franchir le cercueil par les 3 pas de maître.

Arrivé près de l’autel, il reçoit 3 coups de la part du G M et, avant de prêter son serment, à genoux, la main droite sur «les Saintes Ecritures», le compas appuyé sur la poitrine, le G. M s’adresse à lui en ces termes, évoquant une fois de plus la mort:

«Bien-Aimé Frère ! Je désire vous enseigner ce qui est indispensable pour que vous savouriez le fruit provenant de votre bonne conscience: si celle-ci est pure et tranquille, vous vous en délecterez immanquablement. Nous vous révèlerons la nature de votre devoir et je désire très sincèrement que vous l’accomplissiez.

Cependant, préparez-vous à souffrir, car les épreuves qui se trouvent derrière votre dos et auxquelles vous allez être soumis sont si pénibles que je doute que vous puissiez échapper à la mort. C’est pourquoi, bien aimé Frère, préparez-vous dans votre âme à tout, pour que celle-ci ne puisse survenir».

L’engagement est de forme classique. La réponse est: «Je le promets et le jure au nom du GADLU, sur mon honneur de Franc-Maçon et sur ma parole».

Le G M I’invite alors à baiser les Saintes Ecritures et à se relever.

Après quoi, le G M Ie reçoit: «Chevalier Maître de la Franc-Maçonnerie», référence comme je l’indiquai au caractère chevaleresque du Rite.

Les surveillants renversent alors le nouvel accepté sur le cercueil et le recouvrent d’un linge ensanglanté. Les Frères forment la chaîne d’union autour du cercueil et font circuler le mot de Maître. Lorsqu’il revient au G M, celui-ci annonce: «Le mot de Maître est retrouvé». Après la batterie de 9 coups, les frères reprennent séance et le G M. . s’adresse à eux et particulièrement au nouveau maître en ces termes qu’il nous plaît de reproduire compte tenu de l’objet du présent travail: «On va maintenant vous édifier sur le récit de la vie de notre respectable et très aimé père Adonhiram (Adonhiram à la place d’Hiram se retrouve régulièrement, comme nous l’avons dit, dans les écrits maçonniques anglais). Ecoutez-le avec attention car il nous est parvenu, transmis de père en fils depuis les temps les plus anciens, et la plus grande partie se trouve dans le Talmud et le Judaïsme».

Suit alors le récit de la vie d’Adonhiram. On retrouve.au départ, la répartition des ouvriers en 3 classes; les apprentis se réunissaient à la colonne J, les compagnons à la colonne B pour toucher leur salaire en échange des mots, signes et attouchements. (Nous avons déjà signalé l’inversion des colonnes au R.E.R.).

Le G Mpoursuit: «L’ancien mot de maître, donné par Adonhiram, nous est inconnu; à la mort de ce grand homme, ce mot fut remplacé, mais nous connaissons les circonstances de cet événement déplorable»: 3 compagnons indignes enviaient le salaire des maîtres, conscients pourtant qu’il leur était impossible de l’acquérir en bonne justice compte tenu de l’insuffisance de leurs connaissances, une cupidité démesurée que la voix de la conscience ne pouvait apaiser les détourna du droit chemin, si clair cependant à leurs yeux». Nous soulignons l’intérêt de cette phrase dans le contexte moralisateur de ce rituel que nous retrouverons à plusieurs reprises.

C’est à la tombée du jour, lorsque Adonhiram viendra inspecter les travaux, que le crime sera perpétré par les 3 scélérats postés aux 3 portes du Temple: «Son zèle infatigable le conduisit ce soir là encore dans le Temple»... mais il n’est pas dit s’il y venait aussi pour prier Dieu.

Les coups sont donnés successivement, à la porte de l’ouest, du sud, puis de l’est, avec un bâton, mais l’on ne dit pas quelle partie du corps a été touchée.

Les assassins enterrèrent le corps «non loin du Temple», ce qui nous paraît plus logique, et le marquèrent par une branche verte d’acacia.

Salomon mit, cette fois-ci, 9 jours avant de s’apercevoir de la disparition de son architecte. Il envoie alors 9 maîtres à sa recherche lesquels se divisent en 3 groupes de 3.

C’est la découverte du tombeau provisoire grâce à la branche d’acacia, d’une terre fraîchement remuée, mais aussi d’un autre signe, très symbolique et qui ne nous avait pas été signalé jusqu’ici: «I’éclat d’une lumière particulière à cet endroit».

Après la découverte du cadavre, un des maîtres saisit le pouce d’Adonhiram et dit... M. (On pense qu’il s’agit d’une erreur de copiste pour J, Jakin). Un autre maître le prit par l’index et dit B... (Boaz) sans plus de résultat. Le G M soulève alors le nouvel accepté «de la manière habituelle», mais elle ne nous est pas décrite et il n’est fait aucune allusion aux 5 points de la maîtrise.

En même temps qu’on le relève, on prononce le mot hébreu M B qui signifie «la chair quitte les os».

C’est le mot que Salomon confirmera comme étant le nouveau mot de maître et «depuis ce temps là il est resté inchangé».

Grande fut la douleur de Salomon qui se vêtit de noir et fit prendre le deuil à tous ses ouvriers.

Il fit à Adonhiram de grandioses funérailles. Sur son cercueil, fut posé un triangle d’argent (et non d’or) sur lequel était gravé l’ancien mot de maître qui est en langue hébraïque le nom du Grand Architecte.

On érigea ensuite, à son intention, un immense mausolée.

Ainsi se termine le récit du meurtre d’Adonhiram duquel le G M déduit les conclusions suivantes dont il faut souligner à nouveau le caractère moralisateur: «Le moment de l’élévation d’un respectable frère au grade de maître nous conduit à une véritable connaissance de l’homme, c’est-à-dire de soi-même. Il nous enseigne un glorieux mépris de la mort quand cela est nécessaire à la patrie, à l’humanité et à la fraternité. Cette histoire nous enseigne également une vertu essentielle qui est la modestie. Chaque vrai Franc-Maçon doit subir la mort plutôt que de dévoiler les secrets de l’Ordre. Enfin, à travers ce grade, nous nous préparons aux hauts grades*.

__________

*Lcs hauts grades du R.E.R. furent institués dès le convent de Wilhemsbad en 1782. Ils comprenaient un 4ème degré (Maître Ecossais de St André) rattaché aux 3 premiers degrés symboliques. Au-dessus, 2 grades chevaleresques. Ecuyer Novice et Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (C.B.C.S.) constituaient l’Ordre intérieur.

La cérémonie se poursuit par:

1°) La remise du tablier.

2°) La remise d’une «clé d’Ivoire» suspendue à l’écharpe bleue et destinée à permettre l’entrée de toutes les Loges d’apprentis, de compagnons et de maîtres.

3°) La remise d’une truelle d’or destinée par son usage «au façonnement spirituel de son cœur et de soi-même».

4°) La remise de gants d’homme dont le symbolisme est évident.

5°) La remise aussi de gants de femme «destinés à celle que vous estimez le plus». Ce geste qui relève de l’amour courtois souligne la vocation chevaleresque du Rite.

La parole est ensuite donnée à l’Orateur.

Après quoi, le nouveau Maître va recevoir, de la part des RR. . FF surveillants, les signes, mots et attouchements du grade, sur lesquels notre rituel demeure muet.

Le G M avant de faire tirer une batterie en l’honneur du nouveau maître lui fait ses dernières recommandations tout à fait dans l’esprit du Rite: «Suivez la voie qui vous est proposée, n’oubliez pas les règles qu’on vous a expliquées dans la chambre de retraite et je peux vous assurer que vous connaîtrez vous-même la nature de votre devoir; vous savourerez le fruit provenant de la conscience pure d’un homme au jugement sain, ce dont nous ne doutons pas, et, en signe de tout ceci, nous vous félicitons par le nombre sacré»... la batterie.

Enfin une dernière recommandation avant d’entendre les instructions qui vont lui être données (et qui ne figurent pas dans notre rituel): «Portez-y toute votre attention et accoutumez votre raison à saisir non seulement les mots mais le sens véritable de nos travaux, et alors vous connaîtrez leur prix, car d’après les paroles des Saintes Ecritures, la lettre tue mais l’esprit vivifie» (St Paul, Corinth. II. 3-6*.

__________

* Notre 4ème degré, sous une forme différente, reprendra ces recommandations: «Vous ne prendrez pas les mots pour des idées... etc.».

Le G M procède alors à la fermeture des travaux en Loge de Maître, puis en loge de Compagnon.

Avant de les clore au grade d’apprenti, on fait la chaîne au cours de laquelle est dite une prière très chrétienne qui se termine ainsi: «Seigneur du monde entier, Grand Architecte à triple hypostase, Demeure avec nous dans les siècles des siècles. Amen». Tous les Frères répètent: Ainsi-soit-il.

Ce rituel qui veut se différencier de ceux en vigueur à la même époque est intéressant par le fait qu’il est l’aboutissement de ce mouvement né en Allemagne avec la Stricte Observance du baron de Hund et dont Le Forestier, dans son ouvrage sur la Franc-Maçonnerie templière et occultiste au XVIIIème siècle, nous a donné une excellente analyse.

Le Rite Ecossais Rectifié se veut, dès le 1er degré, spiritualiste avant tout, tirant de sa référence chevaleresque la nécessaire lutte pour le Bien.

 

Document n°5bis

Rituel de réception au grade de Maître,

d’après le cérémonial de la huitième Province,

approuvé l’an  5787,

à l’Orient de St Petersbourg.

(Manuscrit de la Bibliothèque Lénine - Moscou)

Déchiffré et traduit du russe par Claire FOURNIER

La VIIlème Province, d’où émane le rituel que nous publions ci-dessous, réunissait, avant et après le Convent de Wilhelmsbad (1782), les diverses contrées de la Haute Allemagne – (Germania Superior) et aussi, nous le voyons, la Russie.

Ce rituel, dont nous n’avons malheureusement pas les deux premiers grades, reflète un certain nombre d’influences qui aboutissent toutefois à une synthèse marquée de traits russes bien discernables.

On reconnaît un certain nombre d’éléments qui remontent aux Rituels imprimés aussitôt après le Convent de Wilhelmsbad: le «Pensez à la mort»; la dispense des neuf voyages; la façon dont le compagnon est frappé de trois coups à la tête, avec trois phrases très proches, par le Grand Maître; les demandes et les réponses de la clôture. Mais si ces rappels indiquent la connaissance certaine de ces textes, I’usage qui en a été fait reste fort discret.

Il existe aussi, probablement, une influence suédoise dont la plus notable est l’usage du nom d’Adonhiram au lieu de celui d’Hiram.

Ces remarques correspondent bien à ce que l’on sait de la brève existence de la Stricte Observance en Russie à la fin du XVIIIème siècle. C’est un Allemand, Schwarz, qui fut à son origine. Schwarz, spiritualiste convaincu, avait noué avec Willermoz des liens d’amitié nés de conceptions communes.

Par ailleurs, le système de Zinnendorf ( 1777) (d’inspiration suédoise) et celui du Chapitre llluminé de Stockholm (1779) s’étaient solidement implantés à Saint Petersbourg.

Ces renseignements sont tirés des quelques lignes que René Le Forestier consacre à la maçonnerie en Russie dans la «Franc-maçonnerie templière et occultiste» (pp. 723-725). Cependant le texte que nous publions permet de nuancer son affirmation que «plusieurs Loges russes adoptèrent les trois grades symboliques communiqués par Willermoz».

Cela est peut-être vrai. Mais on peut aussi en douter. En effet, I’indication «Approuvé l’an 5787 à l’Orient de St Petersbourg» fait songer à un rituel officiel russc. D’autre part, si l’on relève les quelques parentés citées avec le texte imprimé de 1782, rien ne transparaît de la forte originalité des rituels lyonnais postérieurs.

Enfin l’emploi de «starets» pour désigner Hiram et l’invocation au «Grand Architecte à triple Hypostase» montrent une maçonnerie déjà bien enracinée dans le terroir russe et c’est selon nous ce qui fait l’intérêt principal de ce document.

Beaucoup plus qu’à l’influence de Schwarz, premier Chancelier de la VIIIème Province, et à travers lui, à celle de Willermoz, on est tenté de penser à celle de son célèbre successeur Novikoff, représentant remarquable de l’intelligentsia russe de la fin du XVIIIème siècle.

RÉCEPTION AU GRADE DE MAITRE

            Après l’ouverture de la par le grand maître au grade d’apprenti puis au grade de compagnon et enfin au grade de maître, 9 coups sont donnés; le signe de maître est effectué trois fois puis on allume les 9 chandelles.

G. M. . Bien aimés frères, la       est ouverte, prenez séance.

G. . M. . Respectable frère orateur allez, en vertu de votre office dans la chambre de retraite (l) auprès du frère compagnon N:N: Examinez-le sur ses connaissances relatives aux deux premiers grades qu’il possède. Demandez-lui quelle conception de notre Ordre il a reçue en fréquentant nos augustes travaux, s’il pense que le bonheur et la lumière règnent parmi nous, s’il s’efforcera d’acquérir de nouvelles connaissances sur l’ordre, et s’il le désire avec empressement. De plus demandez-lui s’il a toujours rempli nos 7 devoirs (2).

Le frère orateur se retire: pendant son absence on lit l’instruction (3); lorsque le frère revient il fait son rapport comme il lui a été prescrit; après quoi:

            G.. M. . Rendez-vous, bien aimé-frère, une seconde fois auprès du compagnon N. N. et exhortez-le à penser à l’éternité et à la mort, hâtez-vous de lui représenter le vrai sens de la vie humaine et demandez-lui après cela s’il a toujours agi en sorte que la mort ne lui semble pas effrayante. Après l’avoir éprouvé en tout et connaissant ses pensées: déclarez-lui que pour récompenser son zèle, sa ferveur et son obéissance, nous avons l’intention de le recevoir au 3ème grade, et l’ayant exhorté à continuer inlassablement à s’exercer à la vertu, conduisez-le aux portes du temple.

            A son arrivée: 

G. . M. . Frère 1er surveillant ! Faites voir qui trouble notre paix ? On annonce : Un compagnon qui cherche à être maître. 

__________

( 1 ) La traduction exacte étant chambre de repentir, nous avons préféré au terme habituel cabinet de réflexion, celui de chambre de retraite qui vient du Régime Ecossais Rectifié.

( 2 ) Le mot «doljnost» signifie charge, fonction, office avec les devoirs qu’ils impliquent, la racine «dolg» signifiant devoir. C’est le même mot qui est employé ici et quelques lignes plus haut que nous avons traduit par omce («en vertu de notre office»); mais ici c’est plusieurs fois par la suite nous traduirons par devoir, car office laisserait supposer que les postes d’officiers étaient tenus par des compagnons ? Mais de quels «devoirs» s’agit-il ?                      

( 3 ) Le Rituel français pour le Régime de la Maçonnerie Rectifiée, rédigé en Convent Général de l’Ordre, en août 5782, à Wilhelmsbad, indique:»Le V.M. charge le Fr. Préparateur d’aller remplir ses fonctions auprès du Candidat et pendant son absence il fait lire les Règles Maçonniques, ou quelques autres instructions» ( 1er grade, p. 8).Au second grade, la mention est la même, à un mot près: «...quelques autres instructions convenables» (2ème grade, p2).Au troisième grade enfin, on lit:»Le V. . M fait lire les Règles Maçonniques, et les statuts particuliers pour la  des maîtres, ou quelqu’autre Instruction» (3ème grade, p.2).Parallèlement, voici ce que disent les Rituels de Lyon de 1785-1786:»Pendant que le Frère Introducteur remplit ses fonctions auprès du candidat, le Vénérable Maître fera lire, pour l’instruction des Frères, les articles du rituel qui concernent les devoirs et fonctions du Frère Proposant, la préparation et l’introduction du Candidat, et les règles qui doivent être observées en Loge par les frères en général pendant la cérémonie de la réception, afin qu’étant mieux connues elles soient aussi plus régulièrement suivies. Si le temps le permet, il fera lire aussi le règlement annexe au rituel, qui concerne la police de la Loge de travail, et celle des banquets, ou telles autres choses que les circonstances rendraient plus nécessaires» ( 1er, grade).»...le Vénérable Maître fait faire les lectures d’instruction qui sont indiquées dans le rituel du premier grade» (2ème et 3ème grade).Voir aussi infra note (13).

________________________

G. . M. . Quel est son prénom, son patronyme, son nom (4), quel âge a-t-il, où est-il né, quel grade possède-t-il, de quelle origine est-il et de quelle confession?

G. . M. . Respectables frères ! Consentez-vous à ce que ce compagnon soit introduit dans notre           ?   

Signe d’acquiescement.

G. . M. . Faites entrer le frère introducteur avec le compagnon cherchant !

On fait entrer, la tête couverte (5).

G. . M. . A-t-il accompli son temps ? Est-ce que les maîtres sont contents de son travail ? et qui répond de lui.

Frère 2ème  - Il a accompli son temps, les maîtres sont contents de lui et j’en réponds sur ma tête.

G.M. Respectables frères, consentez-vous à ce que ce compagnon soit reçu maître ?

Signe d’acquiescement.

G. . M. . Respectable frère 2ème surveillant ! Ordonnez à ce compagnon de voyager en maître.

Chaque fois que le voyageant passe devant le plateau du maître, ce denier lui dit : Pense à la mort.

Lorsque les 3 voyages sont terminés :

G. . M. . Dispensez-le des six voyages restants.

A ce moment les surveillants font tourner le compagnon, le visage face au maître et les frères qui se tiennent près du cercueil reculent légèrement. Le compagnon exécute le signe de compagnon, et le grand maître lui répond par le signe de maître. Ensuite:

G. . M. .: Respectables frères surveillants conduisez le compagnon à l’autel par les pas habituels par-dessus le cercueil.

Le compagnon franchit le cercueil et reçoit 3 coups quand il s’approche de l’autel. Alors: 

G. . M. . Bien aimé frère ! Je désire vous enseigner ce qui est indispensable à votre connaissance pour que vous savouriez le fruit provenant de votre bonne conscience: si celle-ci est pure et tranquille vous vous en délecterez immanquablement. Nous vous révèlerons la nature de votre devoir(6) et je désire très sincèrement que vous l’accomplissiez. Cependant, préparez-vous à souffrir, car les épreuves qui se trouvent derrière votre dos et auxquelles vous allez être soumis sont si pénibles que je doute que vous puissiez échapper à la mort. C’est pourquoi, bien aimé frère, préparez-vous dans votre âme à tout, pour que celle-ci ne puisse survenir; mettez vous à genoux, posez votre main droite sur les saintes écritures et appuyez ce compas sur votre poitrine. Promettez-vous, bien aimé frère, de garder inviolés des compagnons, des apprentis et des non-initiés les mystères qui vont vous être dévoilés, sous peine des châtiments énoncés dans le serment de l’apprenti, et de leur cacher tout ce qui va vous arriver.

_________________

 (4) Le mot «prosvanie» que nous traduisons par nom est le décalque du mot anglais      «sumame» et non pas le mot habituellement employé pour désigner le nom de famille. «Prosvanie» signifie en général surnom. Les personnes en Russie sont nommées par le prénom, le patronyme qui indique le nom du père et le nom de famille. Exemple: Piotr Ivanovitch Belov = Piotr fils d’lvan Belov

(5) Ambiguïté à laquelle peuvent répondrent trois hypothèses :

                a) rappel que les maîtres au 3ème grade sont couverts,

                b) le compagnon porterait un chapeau,

                c) on lui mettrait un voile sur la tête pour obscurcir sa vue, mais il n’est plus question d’un tel voile par la suite dans le rituel.

(6) Voir Supra note (2).

 Il répond : Je le promets

            Jurez-vous au nom du Grand Architecte de l’univers (7), de ne jamais dévoiler le moindre rituel ou événement maçonniques quels qu’ils soient et à personne. Et promettez-vous d’apportez aide à tous les maîtres contre les compagnons rebelles.

___________________

 

 (7) Mot à mot : Suprême Bâtisseur.    

_______________

            Réponse: je le promets et le jure, au nom du Grand Architecte de l’Univers, sur mon honneur de franc-maçon et sur ma parole.

G. . M. . Baisez les saintes écritures et levez-vous.

            Après quoi le grand maître quitte sa place et s’étant approché du compagnon, il le frappe à la tête trois fois.

1er   En vertu du pouvoir qui m’a été confié - o - (coup)

   Selon le consentement de tous les frères maîtres réunis - o (coup)

    Je te reçois chevalier maître de la Franc-Maçonnerie - o    (coup)

            A ce coup, les surveillants renversent le nouvel accepté dans le cercueil et le recouvrent d’un linge ensanglanté.

            Le maître frappe sur son épée - o - . A ce coup, les frères s’approchent rapidement et bruyamment du cercueil, ils pointent leurs épées vers le nouvel accepté et font entendre un bruit - o - (coup). A ce coup ils forment une chaîne en se tenant par les bras, le grand maître fait circuler des deux côtés le mot de maître et lorsque celui-ci arrive aux surveillants, ceux-ci le renvoient.

G. . M. . Le mot de maître est retrouvé !

Batterie: 3 fois 9 . - o - . (coup)

A ce coup les frères reprennent séance.

G. . M. . On va maintenant vous édifier par le récit de notre respectable et très aimé père Adonhiram. Ecoutez-le avec attention, car il nous est parvenu, transmis de père en fils depuis les temps les plus anciens et la plus grande partie se trouve dans le talmud et le judaïsme.

    LE RECIT DE LA VIE D’ADONHIRAM

                Lorsque Salomon eut l’intention d’élever un temple au Très Haut, il réunit de toutes les parties du monde pour cette grande œuvre les artistes et les maîtres les plus habiles, parmi ceux-ci se trouvait un maître du nom d’Adonhiram, qui surpassait tous les autres, tant par la connaissance fondamentale de notre art royal que par sa modestie, la fermeté de son esprit et les autres qualités propres aux francs-maçons. En raison de ces qualités et mérites insignes, Salomon lui confia la direction et le commandement de tout l’ouvrage.

            Le grand nombre d’ouvriers, qu’il était presque impossible de dénombrer, exigeait un ordre strict dans la répartition du travail, et la raison avait voulu que chacun fût récompensé selon ses connaissances et ses vertus. Pour atteindre ce but, Adonhiram divisa les ouvriers en différentes Classes. Il prescrivit à chaque classe un lieu spécial pour se réunir et travailler, et il leur donna des signes, attouchement et mot particuliers, que chaque ouvrier devait donner pour recevoir son salaire. Les apprentis comme vous le savez, se réunissaient à la colonne J, les compagnons à la colonne B, et les maîtres se distinguaient par d’éminentes connaissances. Cependant Adonhiram ne les avait en rien distingués de la seconde classe en distribuant la paye si ce n’est par un Mot et un lieu de réunion particuliers, lieu qui se trouvait à l’intérieur du temple. L’ancien mot de maître donné par Adonhiram nous est inconnu; à la mort de grand homme ce mot fut remplacé, mais nous connaissons les circonstances de cet événement déplorable.

            Trois compagnons indignes regardaient d’un œil envieux le salaire de maître. Ils remarquèrent qu’il était impossible de l’acquérir en bonne justice car leur conscience leur prouvait que l’insuffisance des qualités nécessaires les privait de ce droit. Une cupidité démesurée que la voix de la conscience ne pouvait apaiser les détourna du droit chemin si clair cependant à leurs yeux. Cette soif insatiable du gain qui les possédait exigeait d’être satisfaite, et l’envie leur vint pour cela d’employer le moyen le plus rapide et le plus exécrable pour extorquer par la violence le mot de maître. Ils se mirent d’accord pour contraindre la droiture d’Adonhiram à leur donner le mot de maître dont ils se sentaient indignes. Mais comme ils savaient que cette entreprise brutale ne resterait pas impunie et qu’Adonhiram à cause de sa droiture et de sa vertu ne céderait pas à leur exigence ils se décidèrent à le tuer s’ils n’obtenaient pas de lui le mot de maître.

            Afin d’exécuter leur projet criminel ils se rendirent le soir dans le temple et se répartirent à chacune des trois portes du temple. L’un se mit à la porte de l’est, un autre à celle de l’ouest et le troisième à celle du sud; car ils savaient qu’à la tombée du jour, Adonhiram venait inspecter les travaux. Son zèle infatigable le conduisit ce soir-là encore dans le temple. Il entra par la porte de l’ouest où le premier scélérat vint à sa rencontre exigeant de lui avec des menaces le mot de maître. Le respectable maître s’étonna de son insolence, mais il ne perdit pas courage, et il répondit avec sa douceur habituelle que le mot de maître ne s’acquérait pas par des procédés aussi violents. Furieux, le scélérat à ce moment-là frappa le respectable Ancien (8) à la tête avec son bâton (9), coup qui le fit tomber à genoux et l’affaiblit; cependant il eut encore assez de force pour courir vers la porte du sud afin d’y chercher son salut.

__________   

 

(8) Le mot employé ici est «starets» de la racine «star» qui signifie vieillard. Ce mot a pris le sens de sage et il s’applique à certains moines ou ermites d’une expérience spirituelle reconnue qui conseillent et dirigent les novices ou les pèlerins venus les consulter.    

 

(9) Le mot employé «palitsa» peut aussi signifier can    

_________________

            A la porte du sud vint à sa rencontre le second scélérat qui lui fit la même exigence, et comme Adonhiram lui répondit pareillement, alors il le frappa aussi à la tête avec son bâton; mais le coup ne le tua pas, I’Ancien essaya de sauver ce qui lui restait de vie en se dirigeant par des pas chancelants vers la porte de l’est. Mais lorsqu’il aperçut face à lui le troisième assassin armé, alors il sut qu’il ne pourrait échapper à la mort. A cet instant terrible il montra toute sa force d’âme qui ne faiblissait pas même devant sa propre mort. Il prit la résolution d’un maître courageux, mourir plutôt que de dévoiler son secret. Il se dirigea tout droit vers l’assassin qui levait déjà son bâton sur lui et il dit avec une fermeté capable d’attendrir tout cœur: «Tue-moi, je n’ai rien pour me défendre, mais sache que tu ne m’arracheras pas les secrets». Le parjure garda le cœur endurci. La vertu et la grandeur de ce respectable maître ne le touchèrent pas; il lui asséna un coup mortel, et ce coup fut si violent qu’il renversa à terre Adonhiram et le tua.

            Après le meurtre ses camarades enterrèrent son corps sur une colline, non loin du temple, ils marquèrent cet emplacement par une branche verte d’acacia; Salomon qui n’avait pas vu son maître bien aimé depuis neuf jours s’en inquiéta profondément, et il ordonna à neuf maîtres de le rechercher partout, et de s’enquérir de son sort. Pour exécuter cet ordre, ils se séparèrent en trois groupes et décidèrent de le rechercher aux alentours du temple. Trois de ces maîtres s’arrêtèrent harassés, sur la colline même où le corps d’Adonhiram avait été enterré; I’un d’entre eux ayant aperçu l’acacia le saisit de la main pour l’arracher, mais comme il était sans racines, il lui resta sans aucun effort dans la main. Cette branche, plantée depuis peu, ses feuilles fanées, la terre qui avait été remuée, et de plus l’éclat d’une lumière particulière à cet endroit, éveillèrent leur attention et ils conçurent des soupçons dont ils voulurent faire part aux six autres maîtres, et après les avoir

.appelés ils commencèrent en unissant leurs efforts à creuser la terre, et ayant aperçu un compas et un triangle, instruments habituels d’un maître, ils redoublèrent de zèle et d’application; enfin, après avoir travaillé un certain temps, ils trouvèrent un cadavre enveloppé dans un linge. Comme ils avaient reconnu le corps de leur maître et avaient vu qu’il avait été tué par des compagnons désireux par faiblesse humaine d’extorquer le mot de maître, ils décidèrent de remplacer ce mot et d’adopter à sa place celui qui serait prononcé devant tous lors de l’exhumation.

L’un des maîtres saisit par le pouce Adonhiram assassiné et dit : M (10)

__________

 

( 10) On attend «J . . . », mais le manuscrit porte bien «M. . . ». Erreur de copiste ?

__________

Le 2ème surveillant fait le geste - mais le doigt lui glissa de la main pour la même raison.

Un troisième maître prit alors le mort ainsi :

            Le grand maître soulève le nouvel accepté de la manière habituelle puis:avec l’aide des frères il le lève de la tombe en prononçant le mot hébreu M. . B. . ce qui signifie, la chair quitte les os; ils firent connaître ce mot à Salomon qui le confirma comme mot de maître et depuis ce temps-là il est resté inchangé. Salomon apprit avec une grande douleur le malheureux sort de son maître bien aimé et il voulut montrer combien après sa mort Adonhiram      Le 1er surveillant fait le geste - mais comme le corps pourrissait déjà, il ne put résister à cet attouchement, et la peau resta dans les mains du maître. Un autre le prit par l’index et dit: B...

lui était cher et précieux; c’est pourquoi il s’habilla lui-même de noir et il ordonna à tous les ouvriers de prendre le deuil; enfin il fit à Adonhiram de grandioses funérailles.

            Son corps fut porté en grande pompe et avec tous les honneurs à l’intérieur du temple, et il fut mis en terre avec une grande solennité. On déposa sur son cercueil un triangle d’argent, sur lequel fut représenté l’ancien mot de maître Je... qui indique en langue hébraïque le nom du Grand Architecte (11); on érigea en outre un immense mausolée; tous les vrais francs-maçons regardent avec une vénération qui ne s’est pas départie depuis tant de milliers d’années, le monument très digne et très noble de cet homme qui fut grand par ses qualités

__________

 

( 11 ) Voir Supra note (7)   

___________

            Le récit du meurtre de notre grand maître est maintenant achevé. C’est le moment de l’élévation d’un respectable frère au grade de maître, il nous conduit à une véritable connaissance de l’homme c’est-à-dire de nous-mêmes. Il nous enseigne un glorieux mépris de la mort quand cela est nécessaire à la patrie, à l’humanité et à la fraternité. Cette histoire nous enseigne également une vertu essentielle qui est la modestie. Chaque vrai franc-maçon doit subir la mort que de dévoiler les secrets de l’Ordre. Enfin, à travers ce grade, nous nous préparons aux hauts grades et à l’interprétation des hiéroglyphes et allégories sacrés nous révélant le commencement et la fin de nos travaux sacrés. Je t’ai fait connaître le mot de maître en te relevant, c’est M. .B. . Tu recevras le mot de passe, I’écharpe, le signe et l’attouchement des frères surveillants.

Le grand maître reprend sa place et après s’être assis dit:    

G. . M. . Respectable frère maître des cérémonies ! conduisez le maître nouvellement reçu à l’autel afin qu’il reçoive l’habit et les décors appartenant à ce grade.

Puis le grand maître dit en lui remettant le tablier :

G. . M. . Bien aimé respectable frère ! En vertu du grade que je possédais, je vous ai fait maître et vous porterez cet insigne en récompense des services que vous avez rendus à l’ordre jusqu’à présent. Poursuivre toujours cette voie qui vous a fait parvenir jusqu’ici et que votre don vous encourage à continuer ces actions dignes de louanges, par lesquelles vous avez acquis ce grade parmi nous.

En lui donnant une clé :

Voici une clé d’ivoire, suspendue à l’écharpe bleue dont je vous revêts, afin que vous la portiez dans notre assemblée, cette clé vous ouvre l’entrée de toutes les loges d’apprentis, de compagnons et de maîtres. Portez-là en signe du grade que vous avez reçu de nous.

En lui donnant une truelle :

Cette truelle d’or que je vous remets exprime par la pureté et le grand prix de ce métal que ton travail (12) doit être meilleur et plus noble que tes travaux antérieurs, elle est suspendue à l’écharpe bleue pour la décorer; portez-là et souvenez-vous de son usage, c’est-à-dire le façonnement (13) spirituel de son cœur et de soi-même.

En lui donnant des gants d’homme :

Ne souillez jamais ces gants du sang de vos supérieurs innocents, n’obscurcissez pas votre conscience et rendez-la aussi pure que le sont ces gants blancs.

En lui remettant des gants de femme :

Remettez ces gants à celle que vous estimez le plus et gardez-vous de cette bassesse qui est de séduire quelque femme que ce soit par des promesses mensongères, et encore moins à celle à qui vous confierez ces gants. Portez une paire de ces gants blancs en loge pour vous souvenir de votre vœu.

G. . M. . Respectable frère maître des cérémonies ! décorez le maître nouvellement reçu et placez-le entre les respectables frères maîtres des cérémonies (14)

Ceci étant accompli.

Respectable frère orateur ! Faites connaître au respectable maître nouvellement reçu les circonstances de sa réception ainsi que les secrets du tableau de la loge (15)

______________________

 

( 12) N.D.T.: remarquer le mélange du tutoiement et du vouvoiement.

 

(13) Le mot «obdelyvanie» est un terme de bijouterie, d’orfèvrerie qui signifie façonner, ouvrer, embellir quelque chose en la  travaillant.

 

(14) Il semble être plutôt entre les deux surveillants.   

 

 (15) Le mot russe ~i~nilie t.lpi~ (illisible sur le texte numérique)

_________________________

L’orateur s’acquitte de ce qui lui est prescrit;

Après quoi:   

G. . M. . Respectables frères surveillants ! Montrez au maître nouvellement reçu les signes, dites le mot, et enseignez I’attouchement de ce grade, ensuite ordonnez-lui de s’approcher.

Ceci étant accompli, et lorsqu’il s’est approché, ce dernier répète avec lui le signe, I’attouchement, et le mot; après quoi :

G. . M. . Respectable frère vous avez entendu l’explication que vous a donnée le frère orateur; réfléchissez-y. Suivez la voie qui vous est proposée, n’oubliez pas les règles qu’on vous a expliquées dans la chambre de retraite et je peux vous assurer que vous connaîtrez vous-même la nature de votre devoir; vous .savourerez le fruit provenant de la conscience pure d’un homme au jugement sain, ce dont nous ne doutons pas, et en signe de tout ceci, nous vous félicitons par le nombre sacré !

A moi respectables frères : - batterie -

Maintenant respectables frères vous allez entendre l’instruction (16) de ce grade, et vous respectable frère maître nouvellement reçu, portez-y toute votre attention et accoutumez votre raison à saisir non .seulement les mots mais le sens véritable de nos travaux; et alors vous connaîtrez leur prix, car d’après les paroles des saintes écritures, la lettre tue, mais l’esprit vivifie (l7)

G. . M. . Respectables frères surveillants, un frère a-t-il une proposition à faire pour la prospérité de ce grade ?   

__________________________

 

(16) Ici «kaltekhisis» = catéchisme : ce serait l’instruction par demandes et réponses. A la première page de cette traduction (voir supra) nous avons aussi traduit par «Instruction», mais le mot était «pooutchenie» qui veut dire enseignement. Voir Supra note (3).

 

(17) Saint Paul, Corinthiens  II 3-6.

G. . M. . Respectables frères surveillants annoncez que j’ai l’intention de transformer cette       de maître, en [loge] de compagnon.

__________________________

Après l’annonce, 9 coups, le signe de maître, puis:    

G. . M. . Annoncez que la       de maître est fermée, et que la [loge de] compagnon est ouverte, un frère a-t-il une proposition à faire dans l’intérêt de cette             ?

Après l’annonce:    

G. . M. . Annoncez que j’ai l’intention de transformer cette      de compagnon en [loge] d’apprenti.

Après l’annonce, 5 coups; le signe de compagnon;    

Les chandelles sont éteintes sauf 3

Ensuite:   

G. . M. .: Annoncez que la     de compagnon est fermée,      mais celle d’apprenti continue, et demandez si un frère a une proposition à faire dans l’intérêt de cette       ?

Après l’annonce:    

G. . M. . Frère 1er Surveillant ! quels principes très importants convient-il à un franc-maçon de respecter ?    

Réponse : le calme, la discrétion, la prudence et la charité !

G. . M. . Les frères ont-ils respecté ces principes aujourd’hui ?    

Réponse: Nous avons été calmes car nous avons travaillé; nous avons été discrets car aucun non-initié n’a pu s’approcher de nous; nous avons été prudents car nous avons fermé l’entrée de notre temple.

G. . M. . Il nous reste encore un devoir qui est la charité; c’est pourquoi frères élémosynaires faites la

Ceci étant fait:    

G. . M. . Frères 1er Surveillant ! les frères ont-ils rempli leurs devoirs ?   

Rép. . Ils les ont remplis, très respectable, et les ouvriers sont prêts à recevoir leur salaire.

G. . M. . Quelle heure est-il ?   

Rép : Minuit, très respectable.

G. . M. . Où se tient le grand maître ?   

Rép : A l’orient.

G. . M. . Pourquoi ?   

Rép : Pour renforcer la  ( )

G. . M. . Quelle est la place des frères surveillants ?

Rép : A l’occident.

G. . M. . Pourquoi ?   

Rép : De même que le soleil termine sa carrière à l’occident, de même les frères surveillants doivent se trouver à l’occident pour fermer la  ( )   , donner leur salaire aux ouvriers, et les renvoyer contents.

G. . M Puisqu’il en est ainsi annoncez aux frères que j’ai l’intention de fermer cette    ( )   selon toutes les règles de l’ordre.   

Après l’annonce 3 coups sont donnés o.o. - o., le signe effectué 3 fois et les chandelles éteintes.

G. . M. . Quelle heure est-il maintenant ?   

Rep: Minuit plein, très respectable.

G. . M. . Respectables frères approchez-vous de  l’autel et formez la chaîne.   

On fait la chaîne et on lit la prière.

LA PRIERE

Que soit glorifié Celui qui dirige nos travaux ! Qu’Il soutienne nos forces afin que nous accomplissions le dessein pour lequel Il nous a réunis ici; Qu’Il maintienne solide notre chaîne afin que l’esprit de révolte ne puisse la détruire Seigneur du monde entier ! Grand Architecte à triple hypostase !

Demeure avec nous dans les siècles des siècles, 

Amen ! !   

Tous les frères répètent : Ainsi soit-il !

G. . M. . Respectables frères ! aidez-moi à fermer la    ( )      

Quel est le signe de la ( ) ?

Le signe 3 fois 3 coups .o.o. - o.

 

Document N°6

Le Régulateur du Maçon

Commentaire

Nous disposons du texte de 1801 publié par le G O. de France. C’est la codification du Rite Français pratiqué par le G. O.

A première lecture de ce texte, nous voyons qu’il se rattache à un courant plus voisin de la Grande Loge d’Angleterre de 1717, dite des «Modernes», que de celle des «Antients» dont les «Trois Coups Distincts» nous ont donné un large aperçu.

Deux formations, pourtant fort différentes, seront issues de cette première G L anglaise: le Rite Français d’une part qui en retiendra le côté «laïque»; le Rite Ecossais Rectifié (R E R) d’autre part qui y empruntera ses détails rituéliques tout en privilégiant le caractère chevaleresque et chrétien de la Stricte Observance.

On trouve dans ces deux Rites la même disposition des colonnes, inversées par rapport au R E A A : Jakin pour les apprentis, Boaz pour les compagnons

·         Le premier pas d’apprenti se fait « à partir du pied droit ».

·         Le compagnon se présente à la loge de Maîtres normalement vêtu et non « ni nu ni vêtu ».  

·         Il aura été préparé par des discours «sérieux et moraux».

·         L’imminence de la mort lui est rappelée après chaque voyage dont le dispositif de mise en scène est très voisin.   

·         Le signe d’horreur commun est aussi très différent de celui du R. . E. . A. . A. .; il se fait en portant la main droite à la hauteur du front, la tête un peu effacée du côté droit et faisant un mouvement du corps en arrière. Il n’y a pas d’exclamation.

·         La sépulture provisoire d’Hiram est signalée par une «étrange lumière» ou une «vapeur» qui en émane.   

·         Le Maître a nom GABAON, le mot sacré est MAC BENAC et non Mohabon

Si nous reprenons maintenant notre texte avec plus d’attention, nous voyons qu’il comporte deux préalables avant l’ouverture des travaux pour la réception au grade de Maître. Le premier a trait à la convocation laquelle doit faire mention de l’obligation de se vêtir en noir pour la cérémonie. Le deuxième consiste, une fois la Loge réunie, a ouvrir les travaux successivement au grade d’apprenti puis de compagnon. Après quoi, les deux surveillants sont priés par le «Très Respectable Maître» (T R) de vérifier

par les mots, signes et attouchements que les «Vénérables maîtres» présents sur les colonnes sont bien maîtres maçons.

La nécessité de cette vérification est précisée dans le rituel: «Formalité qu’il est bon d’observer, tant pour éviter des abus que pour entretenir tous les Frères dans la connaissance des mots, que quelques-uns pourraient oublier». L’expérience que nous pouvons avoir des travaux en Chambre du Milieu nous montre que cette formalité n’est pas inutile.

Vient alors l’ouverture des travaux au 3ème degré. Les Frères sont debout, glaive en main gauche, pointe en bas. La main droite au signe de maître, qui est celui que l’on retrouve en permanence dans tous les rituels connus.

Les échanges de paroles entre le T R et ses deux surveillants sont classiques et l’ouverture des Travaux est soulignée par une batterie de 9 coups: la batterie d’apprenti répétée 3 fois.

Tous les FF présents, les yeux fixés sur le T R, font le signe et répètent la batterie.

Aucun des Frères interrogés ne s’opposant à l’initiation à la maîtrise du compagnon proposé, le F préparateur est invité à aller chercher le candidat. Celui-ci est, depuis un certain temps, dans la « Chambre des Réflexions» où le F qui en est chargé l’aura préparé par des discours «sensés, sérieux et moraux relatifs à l’importance du grade».

Avant d’introduire le récipiendaire, on réalisera une obscurité relative dans la Loge. Les Frères, vêtus de noir, chapeau en tête et rabattu, se placent sur deux lignes au milieu de la loge, suivant la longueur du tableau de manière que les voyages se fassent derrière eux.

Le récipiendaire arrivé à la porte du Temple frappe en compagnon (et non en Maître). Il doit être habillé, précise le rituel, et avoir son tablier attaché de telle sorte que l’on puisse le lui enlever sans résistance.

Le T R prévenu par le 1er surveillant demande: «Quel est le compagnon assez osé pour venir troubler nos travaux ?».

Suit alors l’échange classique pour connaître l’identité de l’aspirant: «Il a cinq ans passés, il a travaillé à l’extérieur du Temple sur la pierre polie et a préparé les outils».

Une fois que le TR s’est assuré «qu’il n’a rien à se reprocher sur les serments qu’il a précédemment contractés», il est introduit dans le Temple à reculons et vient se placer entre les 2 surveillants.  

Bien qu’il soit traité sans trop de ménagements et accablé de discours et de questions, il n’est pas considéré d’emblée comme coupable.

Lorsque le T R donne l’ordre de faire effectuer au récipiendaire «le premier des neuf voyages mystérieux», le F Expert qui doit le conduire lui place la pointe de son glaive sur le cœur et lui demande de le saisir, de sa main droite, au tiers de la lame.

Pendant ce temps, 9 maîtres se sont assemblés autour de la représentation où le dernier maître reçu a dû se coucher. Au cours du voyage du compagnon, le dos toujours tourné à la représentation, ils forment la chaîne d’union et le T R fait passer, à voix basse, I’ancien mot de maître: J....   Tout cela doit se faire dans le plus grand silence «de manière à inspirer au récipiendaire quelque inquiétude sur la conduite qu’il a tenue et sur les légèretés qu’il a pu se permettre».

Ainsi mis en condition, le récipiendaire ne sera pas étonné si, après son ler voyage, on lui dit qu’il est soupçonné d’une faute grave et on lui arrache son tablier qu’il n’est pas digne de porter.

Après qu’il ait nié les soupçons qui pèsent sur lui, le T R I’invite à faire un second voyage non sans l’avoir prévenu que «la vie de l’homme ici bas n’est qu’un passage».

Le voyage terminé, refusant toujours de reconnaître les accusations dont il est l’objet, on le fait se retourner afin «qu’il voie à quels excès peut nous porter l’oubli de nos devoirs».   

Les 9 maîtres, debout autour du cercueil, se mettent à l’ordre et dirigent leur glaive vers la représentation tout en regardant le récipiendaire. L’attitude de celui-ci ne le désignant pas comme coupable, il va effectuer son 3ème voyage, mais auparavant le T R lui dit d’un ton imposant: «Chaque instant nous mène à notre fin dernière; le vrai Maçon ne la craint, ni ne la désire».

A la fin du 3éme voyage, après que les 9 maîtres aient regagné leurs places, le T R Iui demande s’il a eu connaissance du complot ourdi par des compagnons scélérats.

Le récipiendaire se porte alors garant, sur sa parole d’honneur et sa foi de maçon, de ses dénégations.

Une fois retrouvée la confiance de ses Frères malgré les soupçons légitimes dont il a fait l’objet «à la suite de la mort de notre respectable Maître», il confirme son intention de parvenir au grade de maître.

Suit alors un long discours moral de la part du T R sous-tendu par cette phrase clé: «Que la vertu soit le motif et l’objet de vos préceptes».

Toutes dispositions sont alors prises pour lui faire gravir les marches qui vont le conduire à la Chambre du Milieu. Deux Frères munis de rouleaux de papier sont désignés.

Le F Expert lui fait alors gravir les 3 premières marches d’apprenti, «en partant du pied droit»; il donne le signe d’apprenti, puis il monte 2 autres degrés. Sur ce second palier, il se met au signe de compagnon et monte les 2 dernières marches pour se trouver devant le pavé mosaïque et assez près de la tête du Frère qui, couché par terre, reste invisible car il est recouvert d’un voile noir.

Avant d’aborder le récit de la légende, le T R s’exprime, une fois encore, sur l’importance des choses et des êtres. «Tout périt», dit-il, et il enchaîne par la réflexion suivante qui mérite d’être reproduite car elle est à la base du travail maçonnique:

 «Le temple que Salomon s’était plu à élever au roi des rois, éprouva ce sort funeste. La mort inattendue du chef de cette magnifique entreprise peut nous retracer, par anticipation, la ruine de ce temple fameux que l’histoire nous représente sans cesse détruit et sans cesse renaissant de ses propres ruines».

Lorsqu’Hiram entre en scène, il est dit de lui que «son génie, son intelligence, son goût, la supériorité de ses talents en fait d’architecture, sa vaste connaissance de l’essence des métaux lui avaient acquis un tel degré de considération et de respect de la part du roi de Tyr qu’il l’appelait son père (Nous avons déjà signalé que le suffixe Abi qui signifie «mon père» pouvait, dans la bouche du roi de Tyr, son homonyme, prêter à confusion. Fort justement, il est interprété ici comme un signe de respect. Telle était d’ailleurs l’hypothèse que nous avions formulée), parce qu’il se nommait Hiram comme lui, quoiqu’il fût fils d’un Tyrien et d’une femme de la tribu de Nephtalie.

La division des ouvriers en 3 classes, avec leurs signes distinctifs, est bien entendu signalée. Leur nombre nous est donné, il s’élève à 183.300. En dehors des 30.000 hommes destinés à couper les cèdres du Liban, il y avait 70.000 apprentis, 80.000 compagnons et 3.300 maîtres.

Les apprentis recevaient leur salaire à la colonne J, les compagnons à la colonne B, enfin les maîtres à la chambre du milieu.

La précision suivante nous est donnée sur la position des colonnes: «Les monuments historiques qui nous sont parvenus (sic) nous apprennent que la colonne J fut placée au nord et celle de B au midi, (La Bible nous dit seulement que la colonne J était à droite et la B à gauche. L’inversion des colonnes dépend de la place de l’observateur, s’il est à l’extérieur ou à l’intérieur du Temple aux lévites. Souvenons-nous que lors de son accession au 4ème degré le Maître Secret est admis au rang de Lévite., était au midi; et celle destinée aux maîtres et par la suite aux pontifes était à l’orient».).

On retrouve bien entendu les 3 portes, mais leur dévolution est ici originale et vaut la peine d’être citée: «On entrait dans le temple par trois portes, celle destinée aux apprentis et par la suite au temple, était à l’occident; celle destinée aux compagnons et après l’achèvement du temple, aux lévites était au midi; et celle destinée aux maîtres et par la suite aux pontifes était à l’Orient».

La suite du récit est classique: c’est le soir après les travaux qu’Hiram pénètre dans le Temple, «par une porte secrète».

Les armes des 3 mauvais compagnons nous sont données dans l’ordre de leur utilisation: la règle, le levier et le maillet.

Le premier coup est donné à la porte d’Occident et dévie sur l’épaule droite. A ce moment du récit, le F Expert fait effectuer au candidat le 1er pas de maître en diagonale, de l’occident au midi où il reçoit un coup de rouleau sur l’épaule droite.

Le récit se poursuit pendant que le candidat fait le second pas, après lequel, arrivé au nord, il reçoit un 2ème coup de rouleau sur la nuque.

Au 3ème pas, le T R lui donne un coup de maillet sur le front et 2 Frères le couchent sur le simulacre, discrètement libéré au préalable par le maître qui s’y tenait couché; on le recouvre d’un drap noir.

Le récit se poursuit, comme nous venons de le voir pour le meurtre d’Hiram, au cours d’une mise en scène qui appelle tout d’abord 2 maîtres, sous la conduite du 2ème surveillant, à faire des recherches par le nord en sondant le terrain de la pointe de leur glaive. Leur recherche ayant été vaine, le ler surveillant accompagné de deux autres Frères sonde le terrain par le midi: même échec. Le T R désigne alors 2 autres Frères pour se joindre à lui et aux 2 groupes précédents.

C’est donc un total de 9 maîtres qui poursuit ses recherches, jusqu’au moment où le 2ème surveillant s’adressant au T R lui dit : «Je vois une vapeur s’élever d’un petit espace de terrain, approchons». C’est le 1er surveillant qui dit ensuite: «La terre me paraît très fraîchement remuée en cet endroit»... et c’est le T. . R. . qui découvre la branche d’acacia.

C’est le moment de la concertation pour changer le mot de maître. Le T R soulève, avec son épée, le voile qui recouvre le récipiendaire et tous les Frères font le signe d’horreur.

Le 2ème surveillant prend l’index du cadavre et dit Jakin, il fait ensuite le signe d’horreur.

·         Le ler surveillant fait une manœuvre identique, avec le médius, il dit Boaz et fait aussi le même signe.  

·         Les surveillants n’ayant pas réussi à relever le cadavre et ayant constaté que «la chair quitte les os», c’est avec l’aide du T R que le récipiendaire sera remis debout par les cinq points de la maîtrise en même temps que l’on prononce le mot M B N

Le récipiendaire est conduit au pied de l’autel pour y prêter ses obligations, un genou en terre. Celles-ci sont simples et classiques.

Après quoi, le T R, lui posant son glaive sur la tête et frappant dessus selon la batterie du grade, le reçoit Maître Maçon.

Les mots, signes et attouchements lui sont communiqués. On lui remet le tablier du grade, ainsi que l’épée et le chapeau, et il va se faire reconnaître par les 2 surveillants. Cela fait, il prend place à la tête d’une colonne pour écouter la suite du discours du grade.

C’est le moment où les trois scélérats transportent le corps à l’extérieur pour l’enterrer provisoirement et planter une branche d’acacia sur sa tombe.

C’est «très rapidement» cette fois-ci que les maîtres s’aperçurent de l’absence d’Hiram.

Salomon averti envoya 9 maîtres à sa recherche par 3 groupes de 3. On explique alors au nouveau maître que c’est le cérémonial qu’il a vécu quelques instants auparavant alors qu’il était allongé sur le cercueil.

Salomon, instruit de la mort de son ami, «déchira ses vêtements et jura qu’il tirerait une vengeance éclatante d’un forfait aussi noir».

On fait à Hiram de magnifiques funérailles et sur le cercueil nous retrouvons un triangle d’or sur lequel est gravé l’ancien mot de Maître «qui était un des noms hébreux du G A D L U».

Il n’est nullement question de la punition des coupables. La suite du discours peut nous éclairer sur ce point. Son intérêt est grand car il laisse entendre au nouveau maître qu’il existe des degrés supérieurs qui lui permettront d’effacer les contradictions qu’il a pu relever dans le vécu des 3 premiers grades. «Vous verrez par la suite, à force d’études et de recherches, ces contradictions apparentes s’évanouir. La réunion de toutes les connaissances vous présentera un ensemble lié, suivi, satisfaisant et destiné à conduire aux objets les plus élevés. C’est assez que l’Ordre vous ait indiqué la route que vous avez à tenir».

Et plus loin, après que le T R lui ait expliqué la valeur symbolique des épreuves qu’il vient de subir, sa conclusion est la suivante: «Enfin, elles (ces épreuves) sont encore les emblèmes allégoriques d’une infinité de connaissances qu’une étude profonde peut seule vous procurer, et que je ne puis ni ne dois vous communiquer en ce moment».

On ne peut être plus explicite sur l’existence de Hauts Grades et cette révélation ne peut avoir d’autre but que d’inviter le nouveau maître à y accéder.

Le Rite Français comprenait, en effet, un système de Hauts Grades en 4 degrés, culminant avec le chevalier R + C. Ce système avait été codifié, toujours en 1801, avec la parution du «Régulateur du Chevalier Maçon».

    Codifiés en 1786, les rituels n'ont été imprimés qu’en 1801 par Prosper Moutier (C. G.)

La clôture des travaux de même que l’instruction qui suit n’appelle pas, de notre part, de remarque intéressante.

 

Document n°6-bis

 (mise en page conservée)

1801 - Rite Français, publié par le G. .O. . de F. .

Le régulateur du maçon

__________________________________

Troisième grade ou grade de Maître

___________________________________________

DES  PRÉLIMINAIRES

   Un compagnon ne pourra être admis au troisième grade qu’il n’ait fait son temps, c’est-à-dire, qu’après trois mois et demi au moins, depuis son admission au grade de compagnon.

   On entend par-là que le comp ait assisté à sept assemblées, (qu’on a .supposé se tenir de quinzaine en quinzaine) en supposant qu’il ait l’âge requis par les règlemens, qui est 25 ans accomplis.

   Tout compagnon qui, ayant accompli les conditions précédentes, désirera être admis au grade de maître, en fera la demande en particulier au F premier Surveillant.

   Au moment où ce dernier jugera que les travaux permettront de s’occuper de cette demande, il dira: «Très Vén, le F N, compagnon de cette R Loge, demande la faveur d’être admis au grade de maître».

-4-

Le Vén dit:

   «Frères premier et second Surveillans, annoncez sur vos colonnes que le F N est proposé pour être admis au grade de maître. Demandez aux Frères leurs observations».

Les Surveillans font l’annonce en la manière  accoutumée; en cet instant, si le F proposé est présent, il demande la permission de couvrir le Temple.  

   Quand les observations sont faites, de quelqu’espèce qu’elles soient, ou s’il n’y en a pas, les apprentis et les compagnons sont tenus de couvrir le Temple.

   Sortis, le Vén ouvre les travaux de maître, comme il sera dit plus bas; puis il demande de nouveau les observations: s’il y en a quelques-unes, on les discute, et la Loge, composée des seuls maîtres en délibère sur les conclusions du Frère Orateur, et par la voie duscrutin, si quelqu’un le demande. Si le scrutin est favorable, le V y fera applaudir par la batterie du grade, ainsi qu’on le dira dans un moment, et on indiquera le jour pour la réception, et le F Secrétaire en fera mention dans l’esquisse du jour.

   Après que la réception est arrêtée ou différée, on ferme les travaux de maître, et on fait rentrer les compagnons, si les travaux de ce grade restent en vigueur, sinon on les ferme pour continuer ceux d’apprenti, et l’on fait rentrer tous les Frères.

RÉCEPTION

Premier Préalable

   Tous les maîtres seront invités, en la manière accoutumée, pour le jour qui aura été arrêté dans la dernière assemblée. Les planches de convocation doivent contenir l’annonce d’une

-5-

réception au grade, et l’invitation de se vêtir en noir. On fera parvenir une planche au compagnon proposé.

Deuxième Préalable

   Au jour indiqué pour la réception, tous les maîtres seront admis. Le Vén ouvrira les travaux d’apprenti puis il fera faire la lecture de la planche des travaux de l’assemblée précédente: ensuite il ouvrira ceux de compagnon; après quoi, il engagera les FF premier et second Surveillans à parcourir l’une et l’autre colonne, pour s’assurer si tous les FF sont maîtres, en leur demandant séparément et à vois basse, les mots, signe et attouchement, formalité qu’il est bon d’observer, tant pour éviter les abus, que pour entretenir tous les FF dans la connoissance des mots, que quelqu’uns pourroient oublier.

   Lorsque les Surveillans sont de retour à leur place, ils rendent compte des FF qu’ils ont trouvé peu instruits. Si ce sont des FF de la Loge, le V Ies invite à s’instruire, et leur fait passer les mots qu’ils ont oubliés. Si ce n’est des Visiteurs, il faut absolument qu’ils couvrent les travaux.

   Quand on se sera assuré que tous les FF sont maîtres, le Vénouvrira les travaux de la manière qui va être dite.

   Dès ce moment, tous les FF ont le titre de Vénérables, et le Vénérable, celui de Respeclable.

OUVERTURE DES TRAVAUX

   Tout étant disposé comme on vient de le dire, le Très-Respectable frappe un coup de maillet et dit :

   «A l’ordre mes Frères, glaive en main».Il tire son glaive, qu’il tient de la main gauche; tous les

-6-

maîtres en font autant, le tiennent aussi de la main gauche, la pointe contre terre, et .se mettent à l’ordre.    

   L’ordre est de tenir la main étendue horizontalement, le pouce contre la poitrine, et les quatre doigts serrés les uns contre les autres. Cet ordre, est celui de repos.

Le Très-Respectable fait les sept questions suivantes.

D. V F premier Surveillant, quel est le premier devoir des Surveillants en Loge de maître ?    

R. T R C’est de s’assurer si tous les FF sont maîtres.

D. En êtes-vous assuré ?    

R. T R Nous le sommes.

D. V F premier Surveillant êtes-vous maître.    

R. T R Eprouvez-moi, I’acacia m’est connu.

D. Donnez-moi le .signe de maître.    

(Il le fait).  

D. V F second Surveillant, quel âge avez-vous ?    

R.  Sept ans et plus,

D. A quelle heure ouvre-t-on les travaux ‘?

R. A midi. TR

D .V F premier Surveillant, quelle heure est-il ‘?    

R. Il est midi.

Le T R dit :    

   Puisqu’il est midi, Vén FF premier et .second Surveillants, invitez les FF , chacun sur votre colonne, à se réunir à moi pour ouvrir les travaux au grade de maître».

   Les FF Surveillants répètent l’annonce.

   Après l’annonce, le T R frappe neuf coups de maillet, formé en la batterie d’apprenti répété trois fois; les Surveillans en font autant, après quoi, le  T R dit :    

   «A moi, mes Frères».    

-7-

   Tous les Frères ayant les yeux sur le T R , font le signe de maître, et l’applaudissement par neuf, qui est celui d’apprenti répété trois fois.    

Enfin le T R dit:    

Les travaux de maître sont ouverts».

Les Surveillants l’annoncent sur leur colonne.

   Le signe se fait debout et à l’ordre, en portant la main à la hauteur du front, la paume en dehors, la tête un peu effacée du côté droit, et faisant un mouvement de corps en arrière.   

   Le T R pose son glaive nu sur l’autel, puis il charge les Surveillants d’inviter les FF à s’asseoir.    

Ce qu’ils exécutent.

Les travaux étant ainsi ouverts, le T Rdit:    

   Mes Frères, vous avez donné votre consentement pour l’admission du F N à la maîtrise. Si quelqu’un de vous a aujourd’hui des causes légitimes pour y former opposition, c’est ici le moment de la faire. Votre silence prouvera que vous persistez dans votre consentement».

               S’il y avoit quelqu’opposition, il faudroit l’entendre, la discuter et la juger sur les conclusions du F  Orateur; et si elle étoit jugée valable, il faudroit rompre l’assemblée, et se séparer en remettant la réception.

Si le silence règne sur les colonnes, le T R dit :

   «F Maître des Cérémonies, faites avertir le F Préparateur d’amener l’Aspirant».

   Le Récipiendaire doit avoir été auparavant conduit et enfermé dans la chambre des réflexions, sur les murs de laquelle on aura placé des maximes analogues à la réception; là le F Préparateur lui aura disposé l’esprit et l’imagination,

par des discours sensés, sérieux et moraux, relatifs à l’importance du grade.

-8-

   Si quelque raison retardoit l’arrivée du Récipendiaire, le T R feroit quelques questions tirées de l’instruction.

   Le F Préparateur aura soin de faire remettre au TR le chapeau et l’épée de l’Aspirant 

Un F de chaque colonne prendra un des rouleaux, pour s’en servir comme il sera dit.   

RÉCEPTION PROPREMENT DITE

   Au moment où on annoncera ce compagnon, on éteindra les bougies. Une lampe de métal, ou d’autre matière non transparente, de forme antique, suspendue au milieu de la Loge, suffira pour éclairer jusqu’au moment de la réception. On aura soin que la lumière placée dans la lampe, n’excède pas les bords, afin que les objets intérieurs nepuissent être distingués.

   On placera de même sur l’autel, une lampe dont la lumière foible ne réfléchira que sur le T R , à peu près comme sont les lanternes sourdes. Tous les Frères seront vêtus de noir le chapeau en tête et rabattu, glaive en main, tablier fond blanc, bordé de bleu.

   Ils se placeront sur deux lignes, au milieu de la Loge, sur des banquettes placées suivant la longueur du tableau, mais à une distance suffisante pour laisser passage entre eux et le tableau, et de manière encore que les voyages se fassent derrière eux.

               Le récipiendaire, arrivé à la Porte du Temple, frappe en compagnon; il doit être habillé, c’est-à-dire, avoir son tablier de manière qu’on puisse le lui enlever sans résistance.

   Le F Couvreur annonce au second Surveillant qu’on frappe en compagnon; celui-ci le rend au premier, qui le dit à haute voix au T R

-10-

Le T R dit:    

«Quel est le compagnon assez osé pour venir troubler nos travaux ?    

F premier Surveillant, faites voir qui frappe.   

   Le premier Surveillant donne cet ordre au second, qui dit au F  Couvreur: «Mon F , voyez qui frappe».

Le F Couvreur entr’ouvre la porte et demande qui frappe.   

   Le F Préparateur répond: «C’est un compagnon qui a fini son temps, et qui demande à être reçu Maître».

   Quand cette réponse est parvenue au T R , toujours par la

voie des Surveillans, il dit:    

«Demandez-lui son nom, son surnom, son âge, et son état civil».

Cette demande parvient à l’Aspirant comme la première.

   Le F Préparateur répond.    

   Le F Couvreur ferme la porte, qu’il ne doit à chaque fois qu’entr’ouvrir, et quand la réponse est parvenue au TR, il dit:    

   «Faites-lui demander son âge maçonnique, où il a travaillé, et sur quoi il s’est exercé».

La demande parvenue au F Préparateur, il répond:    

   «L’Aspirant a cinq ans passés; il a travaillé à l’extérieur du Temple sur la pierre polie, et a préparé les outils».

Quand cette réponse est parvenue au T R , il dit:    

   «Faites-lui demander s’il est bien sincèrement disposé à remplir les devoirs d’un maître Maçon, et s’il n’a rien à se reprocher sur les sermens qu’il a précédemment contractés».

   La demande parvenue à l’Aspirant, il fait sa réponse qu’on fait passer au T R

Le T R frappe un coup de maillet, et dit:    

«Introduisez le compagnon»:

-10-

   Les portes s’ouvrent. Le Préparateur introduit l’Aspirant, le fait marcher en reculant jusqu’entre les deux Surveillans, où il le tient le dos tourné à l’O

     Les portes se referment avec bruit.

Le T R d’un ton ferme dit:    

«Emparez-vous du compagnon; ayez soin qu’il ne puisse rien voir de ce qui se passe ici, jusqu’à ce que nous soyons assurés qu’il est digne de nos mystères».

   Les Surveillants le saisissent. Le premier Surveillant lui pose la pointe de son glaive sur le cœur.

   Le T R dit :        

   «Compagnon, jurez et promettez, sous les peines auxquelles vous vous êtes soumis à votre premier engagement, de ne rien révéler de ce que vous pourrez apercevoir ici, et de n’en rien communiquer à aucun compagnon ni apprenti, dans le cas même où vous ne seriez pas admis au grade que vous paroissez désirer».

   L’Aspirant répond «Je le jure».

   «Promettez de répondre avec candeur et franchise aux questions qui vont vous être faites».    

   L’Aspirant doit répondre: «Je le promets».

   Après cette réponse, le T R dit:    

   «Compagnon, que demandez-vous ?»

               (Il répond)    

   «Est-ce bien le désir de vous instruire qui vous anime ?»

               (Il répond)

   «Avez-vous quelque connoissance du grade que vous de-

mandez ?»

               (Il répond)    

   LeT R dit:    

-11-

   «F Expert, faites faire le premier des neuf voyages mystérieux».Les surveillants reprennent leur places.

Le F  Expert placé à la droite du récipiendaire, lui porte la pointe d’un glaive sur le cœur, et lui en fait saisir la lame à peu près au tiers, de la main droite : le F Expert tient la garde du glaive de la main droite, et de la gauche il saisit fortement la gauche du récipiendaire, et lui fait faire le tour de la Loge en le poussant devant lui, sans s’arrêter à  l’Orient et commençant par le Midi. Il a soin, pendant ce voyage, de lui faire tourner le dos à l’intérieur.

   Après que le T R a ordonné le voyage, il ajoute:    

   «Vous tous maîtres, membres de mon conseil, vous connoissez le compagnon: venez me rendre compte de ce que vous en avez appris, afin que nous réglions la conduite que nous tiendrons à son égard, sur la manière dont il s’est comporté depuis qu’il a été admis parmi nous.

   «Compagnon, craignez de tourner la tête».

   Les Surveillants gardent leurs places.

   Neuf des maîtres s’assemblent autour de la représentation, où le dernier maître a dû se coucher (*); ils forment entr’eux la chaîne d’union. Le T Rf ait passer à sa droite, tout bas, I’ancien mot de maître J , qui doit lui revenir par la gauche. Ceci doit se faire dans le plus grand silence, avec un appreil imposant, de manière à inspirer au Récipiendaire quelqu’inquiétude sur la conduite qu’il a tenue, et sur les légèretés qu’il a pu se permettre.

_____________________________________________________

* Comme cette réception est un peu longue, il est bon d’avoir un matelas très

étroit, sur lequel se couchera le dernier maître, de peur qu’étant couché sur le plancher. la fraîcheur ou le froid ne l’incommode

-12-

Nota: Si la Loge est trop petite pour que le Récipiendaire puisse faire les voyages par-derrière les Frères, ceux-ci se placeront tous au centre sur deux rangées de banquettes, comme on l’a dit ; mais ce déplacement doit se faire sans bruit..

   Quand le Récipiendaire est de retour à l’Occident, le F premier Surveillant frappe un coup, et dit tout haut:    

«T R , le premier voyage est fait».

   Les neuf maîtres qui s’étoient levés pour tenir conseil avec le respectable, restent debout autour de la représentation;

le T R seul retourne à sa place, frappe un coup de maillet, et dit :    

   «Compagnon, vous êtes soupçonné d’une faute grave. F Conducteur, arrachez-lui son tablier, il n’est pas digne de le porter».

               Le F Préparateur le lui arrache.

   Le T R continue:    

   «Votre conscience ne vous fait-elle aucun reproche ? Soyez sincère, souvenez-vous de la promesse que vous avez faite il n’y a qu’un instant: répondez».

   Après la réponse du Récipiendaire, le T R lui dit:    

   «La vie de l’homme ici-bas n’est qu’un passage».    

   Puis il ajoute:    

   «Faites faire le second voyage».

   Il lui dit:    

«Compagnon, pendant ce voyage, scrutez les replis de votre âme».    

   Le R quitte sa place, et vient se joindre aux neuf maîtres, autour de la représentation.    

   Lorsque le Candidat est de retour à l’Occident, le premier Surveillant frappe un coup de maillet, et dit:    

   «Le second voyage est fait».    

   Le T R retourne à sa place, et dit:    

   «Le crime et l’innocence, le mensonge et la vérité, ont

-13-

des caractères qui ne permettent pas qu’on les confonde:

hé bien, compagnon ! Votre conscience ne vous fait-elle aucun reproche ?»    

   Il répond: non (et c’est l’ordinaire). Le R dit:    

   «F Expert (ou Conducteur), faites retourner le compagnon; qu’il voie à quel excès peut nous porter l’oubli de nos devoirs.

«Considérez quelle est la cause du deuil où nous sommes».    

   Le F Expert lui fait faire trois pas en arrière, le tourne vers la représentation; les neuf maîtres qui étoient restés debout autour, se retirent un pas en arrière, portant la main droite sur le cœur, à l’ordre de maître; de la gauche dirigent la pointe de leur glaive vers la représentation, et tournent le visage vers le Récipiendaire.

   Après un moment de silence, le T R dit:    

   «F Expert, le compagnon paroît-il ému ? Rien ne décèle-t-il le coupable?»

   Le F Expert répond: «Non, T R ».

   Le T R maître dit d’un ton imposant: «Chaque instant nous mène à notre fin dernière; le vrai Maçon ne la craint pas, ni ne la désire».

   Puis il ajoute:

«F Expert, faites faire le troisième voyage». Quand le Récipiendaire est de retour à l’Occident, le premier Surveillant frappe un coup de maillet, et dit    :

   «Le troisième voyage est fait».

   Le T R frappe un coup de maillet.    

   Les neuf maîtres qui étoient debout, reprennent leurs places.

   Si tous les maîtres ont été obligés de s’avancer vers le cen-

-14-

tre, pour raison de la petitesse du local, ils reprennent en cet instant leurs places.

   Le T R  dit :

   «Compagnon tout vous annonce ici le deuil et la tristesse: vous êtes soupçonné d’avoir participé à la perfidie de compagnons scélérats; avez-eu connoissance de leur complot détestable ?»

               Il répond: «Non».

   Le T R dit :    

   «Quel sera votre garant ?»

   «Ma parole d’honneur, et ma foi de Maçon».

   Le TR dit:    

   «Je les reçois; I’une et l’autre sont sacrées parmi nous, confirmez-les, par un signe qui ne nous laisse rien à désirer».

     Il porte la main sur le cœur, à l’ordre de compagnon.

   Le T R continue:    

   «Ne soyez pas surpris, compagnon, des précautions que nous prenons vis-à-vis de vous; depuis la mort de notre respectable maître, tous les compagnons nous sont suspects, et vous avez dû vous en apercevoir par la manière dont on vient de vous traiter; I’assurance et la naïveté de vos réponses, ont détruit nos soupçons à votre égard, et vous ont mérité notre confiance.   

   «Tachez de vous rendre digne de la faveur que vous sollicitez. L’homme vulgaire se laisse prendre à l’apparence, mais le vrai Maçon sait l’écarter, pour s’élever jusqu’à la vérité.   

   «F compagnon, persistez-vous dans le désir que vous avez témoigné, de parvenir au grade de maître ?»    

   Il répond: «Je persiste»

   LeT Rl ui dit:    

-15-

   «Mon Frère, toutes les épreuves que vous avez subies jusqu’à ce moment, les préceptes qui vous ont été donnés, n’ont eu d’autre but que de vous faire parvenir dans l’intérieur, où vous acquerrez des connoissances particulières et satisfaisantes: on ne peut y entrer qu’avec une âme pure. Nous ne pouvons pénétrer les replis de votre cœur; soyez vous-même votre juge, et craignez les remords. Les maîtres se sont plu à vous former: vous allez désormais être chargé d’enseigner les compagnons et les apprentis. Que la vertu soit le motif et l’objet de vos préceptes. Ne perdez jamais de vue  que le bon exemple produit des effets bien plus sûrs, que les leçons les plus sages.

   «Oui, mon Frère, tout ce que vous avez vu jusqu’à présent dans la Maçonnerie, tout ce que vous y verrez par la suite, est couvert du voile mystérieux de l’emblème; voile que le Maçon intelligent, zélé et laborieux, sait pénétrer. Faites bien attention à ce qui vous est arrivé, et à ce qui vous arrivera. N’oubliez pas les trois voyages mystérieux que vousavez fait: le grade en exige neuf, mais la Loge veut bien les réduire à trois.

   «F Expert, faites monter au F, les sept marches du Temple. Qu’il y entre par la porte d’Occident, et vous me le présenterez quand il en sera temps, par les trois pas mystérieux. Vous Frères de l’une et l’autre colonne, n’oubliez pas votre devoir».

   (Cet avis est pour les deux Frères qui se sont munis de deux rouleaux.)

   Le F Expert fait monter les trois premières marches, en partant du pied droit.

   Arrivé au premier palier, il donne le signe d’apprenti ; il monte deux autres degrés, et sur le second palier il donne

-16-

le signe de compagnon, il monte les deux dernières marches, et s’y arrête sur le pavé mosaïque, toujours au signe de compagnon, les deux pieds en équerre. Arrivé en cet endroit, le récipiendaire se trouve avoir les pieds assez près de la tête du F , qui comme nous l’avons dit, est couché à terre, mais il ne peut le voir, attendu qu’il est entièrement couvert d’un voile noir. Le F qui est couché doit avoir la jambe gauche étendue; la droite pliée équerre, le genou élevé, le bras gauche étendu, et le droit, à l’ordre de compagnon. 

   Quand le Récipiendaire est arrivé en cet endroit, le T R Iui dit :

   «Les deux premiers grades vous ont appris à connoitre l’usage des instrumens, et l’emploi des matériaux. Vous vous attendez sans doute à trouver dans celui-ci le développement des emblèmes sous lesquels la vérité s’est, jusqu’à présent, dérobée à vos yeux: mais tout dans l’univers est sujet à d’étranges révolutions: tout périt !

   «Le temple que Salomon s’étoit plu à élever au roi des rois, éprouva ce sort funeste. La mort inattendue du chef de cette magnifique entreprise, peut vous retracer, par anticipation, la ruine de ce temple fameux, que l’histoire nous représente sans cesse détruit, et sans cesse renaissant de ses propres ruines.

   «Salomon fils de David, célèbre par sa sagesse et par l’immensité de ses connoissances, résolut d’élever à l’Eternel un temple que son père avoit projetté, mais que les guerres qu’il eut à soutenir contre ses voisins, ne lui permeirent pas de construire; il envoya prier Hiram, roi de Tyr, de lui fournir les matériaux nécessaires à cette entreprise: Hiram accepta cette proposition avec joie, il envoya un de ces hommes, rares dont le génie, I’intelligence, le goût, la supériorité des talens

-17-

en fait d’architecture, et la vaste connoissance de l’essence des métaux, lui avoient acquis un tel degré de considération et de respect de la part du roi de Tyr, qu’il l’appeloit son père, parce qu’il se nommoit Hiram comme lui, quoiqu’il fût fils d’un Tyrien, et d’une femme de la tribu de Nephtalie.    

   «Salomon donna à Hiram, l’intendance et la conduite des travaux. Le dénombrement qui fut fait de tous les ouvriers, les porte à 183.300. L’histoire les nomme prosélytes, ce qui dans notre langue signifie étrangers admis, c’est-à-dire, initiés. Savoir: 30.000 hommes destinés à couper les cèdres sur le Liban, qui servoient par tiers pendant un mois; 70.000 apprentis, 80.000 compagnons et 3.300 maîtres. Les habitans du Mont-Cibel façonnoient les cèdres et tailloient les pierres.

   «Les ouvriers, divisés en trois classes, avoient des mots, des signes et des attouchements pour se reconnoître entr’eux, et recevoir la paye proportionnée au genre de travaux auxquels ils étoient propres.

   «Les apprentis recevoient leur salaire à la colonne de J Ies compagnons, à celle B et les maîtres, dans la chambre du milieu. Le nom de la colonne des apprentis préparation, et celle des compagnons signifie force. Les monumens historiques qui nous sont parvenus, nous aprennent que la colonne J fut placée au Nord, et celle B au Midi, près de la Porte d’Occident.

   «On entroit dans le temple par trois portes: celle destinée aux apprentis et par la suite au temple, étoit à l’occident; celle destinée aux compagnons, et après l’achèvement du temple aux lévites étoit au Midi; et celle destinée aux maîtres et par la suite aux pontifes, étoit à l’Orient.

   «Aussitôt que les portes furent posées, Salomon fit publier une ordonnance, par laquelle il était enjoint à tous les

-18-

apprentis et compagnons, de sortir du temple la veille du sabbat, et de n’y rentrer que le lendemain du sabbat au matin, à l’ouverture des portes, sous peine d’être puni de mort.

   «L’ordre qui avoit été établi parmi les ouvriers devoit nécessairement assurer la tranquilité; la dernière ordonnance de Salomon avoit pour but d’empêcher qu’on éludât, sous aucun prétexte, I’observation du sabbat: tout répondoit aux vœux de Salomon, par les soins et la vigilence d’Hiram; le temple prenoit chaque jour un nouvel accroissement, lorsque tout à coup un crime affreux vint suspendre les travaux, et jetter un deuil universel. Trois compagnons mécontens de leur paye, formèrent le projet  d’obtenir celle de maître, à l’aide des signe, parole et attouchement, qu’ils espéroient se procurer à force ouverte.

   «lls avoient remarqué qu’Hiram visitoit tous les soirs les travaux, après que les ouvriers étoient retirés: ils se mirent en embuscade aux trois portes du temple: I’un s’arma d’une règle, l’autre d’un levier ou pince, et le troisième d’un fort maillet.

   «Hiram, s’étant rendu dans le temple par une porte secrette, dirigea ses pas vers la porte d’Occident; il y trouva un des compagnons, qui lui demanda les mot, signe et attouchement de maître, et le menaça de le tuer s’il ne les lui donnoit. Hiram lui dit: «Malheureux ! Que fais-tu ? Tu sais que je ne peux, ni ne dois te les donner; ce n’est pas ainsi que je les ai reçus; efforces-toi de les mériter, et tu peux être assuré de les obtenir». A l’instant le traître veut lui décharger sur la tête, un coup violent de la règle qu’il tenoit, mais le mouvement d’Hiram pour parer le coup, fit qu’il ne porta que sur l’épaule».

   Dans ce moment, le F Expert fait faire au Candidat un des trois pas mystérieux: il consiste à passer le pied droit

-19-

par-dessus la représentation, diagonalement de l’Occident où il est placé, au Midi, tenant la jambe gauche en équerre à la hauteur du gras de la jambe, et restant quelques instans sur la jambe droite. Le F Expert soutient le Candidat en cette posture en lui donnant la main.

     A l’instant où le Récipiendaire fait le premier pas, le F de la colonne du Midi qui avoit le rouleau, lui en donne un coup léger, mais sensible, sur l’épaule droite.

   Le T R continue:

   «Hiram voulut chercher son salut dans la fuite, et tenta de sortir par la mode du Midi, il y trouva un autre compagnon, qui lui fit la même demande avec la même menace; mais à l’instant où il voulut s’enfuir, le compagnon le poursuivit et lui déchargea un grand coup de levier, qui ne l’atteignit que sur la nuque du cou».

   On fait faire en ce moment au Récipiendaire le second pas mystérieux, il passe la jambe gauche par-dessus la représentation, diagonalement du Midi au Nord, et tenant la jambe droite en équerre contre le molet de la gauche.

   Pendant ce passage, un F de la colonne du Nord, donne sur la nuque du Récipiendaire, un léger coup de rouleau dont il s’étoit muni.

   On lui fait faire le troisième pas, en portant la jambe droite au bas de la représentation, où il vient joindre les deux pieds en équerre. Aussitôt, deux Frères saisissent le Récipiendaire chacun par un bras, portant l’autre main sur sa poitrine, et posant chacun un pied derrière les talons du récipiendaire: pendant ce temps-là, le F  qui étoit couché se retire sans bruit, de manière que le Récipiendaire ne puisse s’apercevoir de rien et laisse à terre le voile dont il étoit couvert.

-20-

   Le T R quitte sa place, vient près du Candidat, et continue :

   «Ce coup mal dirigé ne fit qu’étourdir notre Respectable Maître, qui cependant eut assez de force pour courir vers la porte d’Orient, où il trouva le troisième compagnon, qui lui fit encore la même demande et les mêmes menaces, et sur son refus lui porta un grand coup de maillet sur le front et l’étendit mort».

   Le T R donne sur le front du Récipiendaire, un coup de maillet, qu’il avoit tenu caché; aussitôt les deux Frères qui tenoient l’Aspirant, le poussent et le renversent, avec précaution, sur le dos.

   C’est au F E xpert ou au Maître des cérémonies à remplir cet office; mais il est à propos d’en charger deux Frères assez forts pour renverser le Récipiendaire, en soutenant le poids de son corps, de peur qu’il ne soit blessé.

   Le Récipiendaire doit être couché, comme l’étoit le F qui occupoit sa place: il a la tête un peu élevée et posée sur un coussin; il aura la jambe gauche étendue, la droite repliée en équerre; le genou élevé, le bras gauche étendu, et le droit aussi plié en équerre; la main sur le cœur, l’ordre de compagnon, et recouverte de son tablier; enfin, on étendra sur lui le voile noir, de manière qu’il ait le visage découvert.

   Chacun reprend sa place: on allume les neuf bougies, et on éteint les lampes.

   S’il avoit quelqu’autre F à admettre au grade de maître, on n’allumeroit pas les bougies, et on procéderoit à sa réception; bien entendu qu’avant tout, on aurait voté sur l’admisssion de chacun, comme on l’a dit d’un seul. Le F  qui vient d’être couché resteroit en place, comme étoit le dernier

-21-

maître avant lui, et lors du renversement du suivant, le précédent se placeroit sur une colonne.

   S’il n’y avoit qu’une réception, ou lorsqu’on est parvenu à la dernière, on fait allumer comme on l’a dit, des bougies, et le T R continue:

   «Mes Frères, le désordre s’est glissé dans nos travaux, la tristesse est peinte dans les yeux de tous les ouvriers; il ne nous est pas permis de douter que notre respectable Maître Hiram ne soit mort: mettons nous donc à la recherche de son corps, et tâchons par notre zèle et par nos soins de le découvrir.

   «F second Surveillant, prenez avec vous deux maîtres, et faites la recherche par le Nord.

Le F second Surveilant prend avec lui deux Frères, ils font le tour de la Loge en commençant par le Nord, et sondant le terrain avec la pointe de leur glaive.

   De retour à l’Occident, le second Surveillant frappe un coup, et dit : «T R , nos recherches ont été vaines».

   Le T R frappe un coup, et dit :    

   «F premier Surveillant, prenez avec vous deux Frères, et faites la recherche par le Midi».

     Le premier Surveillant désigne deux Frères, avec lesquels il fait le tour de la Loge en commençant par le Midi, sondant la terre avec la pointe de leur glaive. De retour à l’Occident le premier Surveillant frappe un coup, et dit : «T R , nos recherches ont été vaines».

Le T R frappe un coup de maillet, et dit :    

   «Frères premier et second Surveillans, invitez les Frères qui vous ont déjà accompagnés, à se joindre de nouveau à vous; je vais me faire accompagner de deux Frères, et tous de concert, nous ferons une recherche plus attentive: puis-

-22-

sions-nous être assez heureux pour faire cette importante découverte».

   Ces FF au nombre de neuf, font le tour de la Loge dans l’ordre qui suit:    

   Le second Surveillant, suivi de deux maîtres de sa colonne, part le premier par le Midi; le premier Surveillant, suivi des deux autres maîtres de sa colonne, part par le Nord.

   Ils font ainsi le tour en se croisant; quand ils sont parvenus à l’Orient, le T R se joint à eux, avec deux maîtres qu’il désigne, et tous font trois fois le tour de la Loge, en cherchant et sondant le terrain avec la pointe de leur glaive.   

   Au second tour, le Second Surveillant s’arrête et dit: «TR, je vois une vapeur s’élever d’un petit espace de terrein : approchons».

   Ils font un troisième tour, après lequel le T R s’arrête en face du tableau, à l’angle où sont représentés un monticule et une branche d’acacia.

Nota : il seroit beaucoup mieux d’avoir une branche d’acacia naturelle dans l’été, ou artificielle pour l’hiver, et de la donner à tenir au récipiendaire, au moyen d’un trou pratiqué au voile à l’endroit où est la main droite.

   Le premier Surveillant dit: «T R , la terre me paroît fraîchement remuée en cet endroit; nous pourrions bien trouver ici l’objet de nos recherches».

Le T R  feint de s’appuyer sur la branche d’acacia, et dit : «V M , cette branche n’est pas crûe en cet endroit :

ceci me paroît suspect, et je pense que nos recherche ne seront pas vaines.

   «Il se pourroit que les assassins eussent à force de tourmens arraché de notre R Ml e mot et le signe de M, n’êtes-vous pas d’avis que le premier signe, que l’un de nous fera, et le premier mot qu’il prononcera, si nous trouvons le corps

-23-

d’Hiram, soient désormais le mot et le signe de reconnoissance des maîtres».

   Tous donnent le signe d’approbation, et laissent tomber la main droite sur la cuisse.

   Le T R lève la pointe de son glaive, qu’il tient de la main gauche, alnsl que les huit autres frères, une partie du voile qui couvre le Récipiendaire; aussitôt ils font le signe d’horreur.

   Le second Surveillant s’approche, prend l’index du Reciplendaire, le laisse aller, en disant J  (le mot d’apprenti) et fait un pas en arrière en faisant le signe d’horreur.

   Le premier Surveillant s’approche ensuite, prend le second doigt ou médius du récipiendaire, le tire à lui, et le laisse glisser en disant B (le mot de compagnon) il fait un pas en arrière avec le signe d’horreur.

   Le T R s’approche du Récipiendaire, et dit en faisant le signe d’horreur, et reculant un pas:    

   «Frères Surveillans, qui a dérangé le corps de Respectable Maître ?»

   Le second Surveillant dit: «T R , j’ai cru pouvoir le relever par l’attouchement d’apprenti, mais la chair quitte les os».

   Le premier Surveillant dit: «T R,  j’ai cru pouvoir le relever par l’attouchement de compagnon, mais la chair quitte les os».

   Le T R dit:    

   «Ne savez-vous pas que vous ne pouvez rien sans moi, et que nous pouvons tout à nous trois».    

   Il s’approche du Récipiendaire, pose le pied droit contre le sien genou contre genou; de la main droite il lui embrasse le poignet, de façon que les paumes des deux mains soient

-24-

l’une contre l’autre, et lui passe le bras gauche sous l’épaule gauche, ayant par ce moyen estomac contre estomac; puis à l’aide des deux Surveillans, il le relève et lui dit à l’oreille, en lui donnant l’accolade par trois, les trois syllabes du mot  M B N    

   Tous les Frères reprennent leur places.   

   Le T R retourne à la sienne.   

   Le F M des cérémonies conduit le Récipiendaire au pied de l’autel, ou, ayant un genou en terre, il prononce l’obligation suivante.    

   Tous les FF sont debout, à l’ordre, et glaive en main.

OBLIGATION

   Je jure et promets, en présence du G A de l’U , sur ma parole d’honneur et sur la foi de Maçon, devant cette R assemblée, de ne révéler en aucune manière, à aucun compagnon, apprenti ou profane, aucun des secrets de la maîtrise, qui m’ont été et vont m’être confiés, sous les peines auxquelles je me suis soumis par mes premières obligations. Je réitère en ce moment tous les engagemens que j’ai déjà contractés dans l’Ordre. Que le G A d e l’U me soit en aide.

   Après l’obligation, le T R dit:

   «A la G du G Ad e l’U , au nom du G O de France, en vertu des pouvoirs qui m’ont été confiés par cette R L , je vous reçois maître Maçon».

   Il pose son glaive sur la tête du Récipiendaire, et frappe dessus, suivant la batterie du grade.

   Le récipiendaire se relève. Le T R Iui di t:

   «Mon Frère, nous avons pour nous reconnoître dans ce grade, ainsi que dans les précédens, un mot sacré, un mot de passe, un signe et un attouchement.-    

-25-

   «Le signe se fait comme il a été dit ci-devant, il peint l’horreur dont les maîtres furent frappés au premier aspect du cadavre d’Hiram.

   «La parole sacrée, est celle que je vous ai donnée à l’oreille en vous relevant; on la donne en recevant et donnant l’accolade en trois temps, une syllabe à chaque temps: elle signifie, la chair quitte, les os.

   «Le mot de passe est Giblin, c’est le nom des habitans

du Mont Cibel, qui tiroient les pierres de la carrière et façonnoient les cèdres, pour la construction du temple.

   «Comme maître, vous vous appellerez Gabaon; l’attouchement est celui que je vous ai donné en vous relevant, avec cette différence que vous devez saisir le poignet comme on a saisi le vôtre.

   «Si un Maçon se trouve en péril, il doit porter les mains jointes sur sa tête, le  plat de la main vers le ciel. et dire :

«A moi, les E D L V

   «L’ordre du grade est d’étendre la main, les quatre doigts serrés, le pouce écarté, et posé sur le cœur.

« On ne doit prononcer la parole sacrée, et donner l’attouchement, qu’en Loge de Maître, et après s’être assuré que celui qui vous la demande est maître».

Le T R met ensuite au nouveau maître le tablier de son grade, et lui dit :

   «Vous porterez désormais la bavette abaissée. La couleur bleue dont il est bordé doit vous rappeler sans cesse qu’un Maçon doit tout attendre d’en haut, et que c’est en vain que les hommes prétendent construire, si le G A ne daigne construire lui-même».

   Il lui rend son épée en lui disant :    

   «Vous connoissez l’usage que vous devez faire de ce glaive».

-26-

   Il lui rend son chapeau en disant :    

   «Désormais vous serez couvert en Loge de maître, cet usage très ancien annonce la liberté, et la supériorité. Jusqu’ici, vous avez servi comme apprenti et compagnon: vous allez commander; mais craignez d’en abuser».

   Le T R frappe un coup, et dit :    

   «F premier Surveillant, je vous envoie le nouveau maître, afin que vous lui enseigniez à travailler en maître, et que vous le reconnoissiez en sa nouvelle qualité».

   Le Maître des cérémonies le conduit entre les Surveillans.

Le premier Surveillant lui fait frapper trois coups sur chacune des trois portes représentées sur le tableau, à l’Orient, à l’Occident et au Midi, puis il reçoit de lui les mots, signes et attouchement. Enfin, il frappe un coup après que le second Surveillant a pareillement reçu du Récipiendaire ces mots, signes et attouchement, et dit :

   «T R , le F est reconnu; il a travaillé en maître».

   Le T R ordonne au Maître des cérémonies de le faire placer en tête d’une des colonnes, après quoi il continue le discours sur le grade, et adressant la parole au F  nouvellement reçu :

   «Mon Frère, les compagnons n’eurent pas plutôt commis leur crime, qu’ils en sentirent toute l’énormité. Afin d’en dérober la trace, s’il étoit possible, ils emportèrent le corps d’Hiram à quelque distance des travaux, et l’enterrèrent dans une fosse faite à la hâte, se promettant de le venir prendre au premier moment favorable, et de le transporter bien loin et pour reconnoitre facilement l’endroit, ils y plantèrent une branche d’acacia.

   «Les maîtres s’aperçurent bientôt de l’absence d’Hiram,

-27-

ils en avertirent Salomon, qui, pour satisfaire son impatience, en ordonna la recherche.

   «Trois maîtres partirent par la porte du Nord, trois par la porte du Midi, et trois par celle d’Occident. Ils convinrent de ne pas s’écarter les uns des autres, plus loin que la portée de la voix. Au lever du Soleil, I’un deux apperçut une vapeur qui s’élevoit dans la campagne, à quelque distance; ce phénomène fixa son attention; il en fit part aux autres maîtres, et tous s’approchèrent de l’endroit d’où sortait la vapeur. Au premier aspect ils virent une petite élévation, ou tertre, et reconnurent que la terre avoit été fraîchement remuée, ce qui confirma leur soupçon; la branche d’acacia qui céda aux premiers efforts, ne leur permit plus de douter qu’elle ne servît d’indice pour reconnoître l’endroit: ils se mirent à fouiller, et bientôt ils trouvèrent le corps de notre R M

déjà corrompu, et reconnurent qu’il avoit été assassiné.

   «Il étoit à craindre que les assassins n’eussent à force de tourmens, arraché à Hiram; les signes et mots de maître :

ils convinrent donc, que le premier signe et premier mot qui leur échapperoient lors de l’exhumation, seroient par la suite, le signe et le mot de reconnoissance parmi les maîtres.

   «Ils se revêtirent de tabliers et de gants de peau blanche, pour témoigner qu’ils n’avaient point trempé leurs mains dans le sang innocent, et députèrent l’un deux à Salomon pour l’instruire de la découverte du corps d’Hiram.

   «Salomon instruit du crime affreux qui l’avoit privé d’un ami et du chef des travaux, à la perfection desquels il mettoit toute son ambition, se livra à la plus vive douleur: il déchira ses vêtemens et jura qu’il tireroit une vengeance éclatante d’un forfait aussi noir.

   «Il ordonna un deuil général parmi les ouvriers du temple.

-28-

   Il envoya exhumer le corps, avec pompe, par des maîtres; lui fit de magnifiques funérailles, et le mit dans un tombeau de trois pieds de large, sur cinq de profondeur et sept de longueur; il fit incruster dessus un triangle de l’or le plus pur, et fit graver au milieu du triangle, I’ancien mot de maître, qui étoit un des noms hébreux du G A de l’U,  et ordonna que les mot, signe et attouchement seroient changés, et qu’on y susbtitueroit ceux dont les neuf maîtres étoient convenus.

   «Il vous est aisé de croire maintenant de saisir l’analogie des épreuves par lesquelles vous venez de passer, avec le récit historique des circonstances duquel elles sont l’emblême.

   Pour peu que vous ayez réfléchi aux différentes circonstances qui vous ont été accomgné ( ?) à votre réception, aux grades auxquels vous avez été admis, peut-être aurez-vous remarqué quelques points qui paraissent se contredire, ou du moins n’avoir pas entr’eux une parfaite connexité ; suspendez encore votre jugement à cet égard. Cette diversité vient de celle des objets que les trois premiers grades vous présentent. Ils sont les points fondamentaux de toutes connoissances maçonniques. Vous verrez par la suite, à force d’études et de recherches, ces contradictions apparentes s’évanouir. La réunion de toutes les connoissances, vous présentera un ensemble, lié, suivi, satisfaisant, et destiné à conduire aux objets les plus élevés. C’est assez que l’Ordre vous ait indiqué la route que vous avez à tenir

   Vous avez été traité en compagnon suspect; cela fait allusion aux Profanes ennemis de notre Ordre, qui le calomnient et le persécutent sans le connoître, et contre lesquels nous devons employer la force pour repousser leurs traits, la douceur pour les ramener à des sentimens plus modérés, et la prudence dans le choix des moyens qui y sont propres.

-29-

   «A peine vous êtes-vous justifié, que vos Frères se sont empressés de vous donner de nouvelles marques d’amitié, en vous admettant  à la participation de leurs mystères les plus intimes; dès ce moment vous êtes parvenu dans l’intérieur.

   «Les courses et les voyages sont l’emblème de la recherche du crime, et désignent l’état errant et vagabond du criminel qui cherche en vain à échapper aux remords et au châtiment.

   «La marche mystérieuse est le symbole des efforts que fit Hiram pour se dérober aux coups des assassins.

   «Les trois coups que vous avez reçu figurent ceux qui lui ont été portés: ils doivent vous faire sentir le danger de trois passions funestes dont l’homme est souvent aveuglé, l’orgueil, l’envie et l’avarice

   «Ces mêmes épreuves sont encore l’emblême de la haute importance de nos mystères: elles doivent nous convaincre que toujours. en tous lieux, dans toutes les circonstances, nous devons être prêts à tout souffrir, comme notre R M Hiram. plutôt que de révéler nos secrets et de manquer à nos engagemens.

   «Enfin, elles sont encore des emblêmes allégoriques d’une infinité de connoissances, qu’une étude profonde peut seule vous procurer, et que je ne puis ni ne dois vous communiquer en ce moment.

   «On vous a fait parvenir au septième degré. troisième et nombre parl`ait de la maçonnerie; vous avez obtenu par-là l’âge de votre grade, gardez-vous de rectescendre et de décheoir du nombre de pert`ection dont vous êtes décoré».

   Le discours fini le T R dit:    

   «VénFF premier et second Surveillans, invitez les

-29-

 FF qui décorent l’un et l’autre colonne à reconnoître à l’avenir le F N  pour maître Maçon; qu’il soit reconnu comme tel par tous les Maçons répandus sur la surface de laterre».   

   Les Surveillans répètent.

   Le  T R  dit         

   «Applaudissons, mes Frères».

               On applaudit par la triple batterie d’apprenti.

   Le Récipiendaire remercie.    

   Le T R fait couvrir l’applaudissement.    

   Tous les Frères mettent leurs glaives dans le fourreau, et s’asseyent.    

   Le T R fait l’instruction entière du grade.

   Après l’instruction le T R .dit:    

   «VénFF premier et second Surveillans, demandez aux FF de l’une et l’autre colonne s’ils n’ont rien à proposer».

   Les Surveillans font l’annonce.

   S’il y a quelque proposition on la discute, ou si elle est trop importante on la renvoie à une autre assemblée.   

   S’il n’y en a pas, le T R frappe un coup, et dit:    

   «A l’ordre, mes Frères».    

   Tous les FF se tiennent debout, à l’ordre, tirent leur glaive qu’ils tiennent de la main droite, la pointe basse.

   Le T R  dit :      

CLOTURE.

D. Vén  F premier Surveillant, à quelle heure devons-

nous fermer nos travaux ?

     R. A minuit.

D. Quelle heure est-il ?    

R. Minuit.

-30-

   Puisqu’il est minuit et que c’est l’heure à laquelle nous terminons nos travaux, FF p remier et second Surveillans, invitez les Frères à m’aider à fermer les travaux de M , etc.»

Les Surveillans répètent l’annonce.

On ferme ensuite ceux de compagnon, et enfin ceux d’apprenti.

INSTRUCTION

D. V  F premier Surveillant, êtes-vous maître ?

R. Eprouvez-moi, I’acacia m’est connu.

D. Où avez-vous été reçu ?

R. Dans la chambre du milieu.

D. Comment y êtes-vous parvenu ?

R. Par un escalier que j’ai monté par trois, cinq et sept.

D. Qu’avez-vous vu ?    

R. Horreur, deuil et tristesse.    

D. N’avez-vous rien apperçu de plus ?    

R. Une lumière sombre éclairant le tombeau de notre RM   

D. De quelle grandeur étoit-il ?    

R. De trois pieds de largeur, de cinq de profondeur, et sept de longueur.

D. Qu’y avoit-il dessus ?    

R. Une branche d’acacia, dans la partie supérieure, un triangle d’or le plus pur, et le nom de l’Eternel gravé au centre.   

D. Que vous est-il arrivé ?    

R. J’ai été soupçonné d’un crime horrible.   

D. Qui vous a rassuré ?    

R. Mon innocence.

-31-

D. Comment avez-vous été reçu ?    

R. En passant de l’équerre au compas.    

D. Que cherchiez-vous dans cette route ?    

R. La parole de maître, qui étoit perdue.   

D. Comment fut-elle perdue ?    

R. Par trois grands coups sous lesquels j’ai succombé.   

D. Qui vous a secouru ?    

R. La main qui m’avoit frappé.   

D. Comment cela ?    

R. Je ne le dirai jamais qu’en secret à un de mes égaux, et lorsque j’y serai obligé.   

D. Qu’avez-vous appris ?    

R. Les circonstances de la mort de notre R M  Hiram, qui fut assassiné dans le Temple, par trois compagnons qui vouloient lui arracher la parole de maître, ou lui ôter la vie.    

D. Que firent les maîtres pour se reconnoître après la mort de notre R M  Hiram ?    

R. Ils convinrent que le premier mot qui seroit prononcé, et le premier signe qui seroit fait au moment de la découverte du corps d’Hiram seroient substitués aux anciens mot et signe.    

D. Quels furent les indices de la découverte du corps de notre R M     

R. Une vapeur de la terre nouvellement remuée, et une branche d’acacia.

D. Que fit-on du corps après l’avoir trouvé ?

R. Salomon le fit inhumer avec pompe.

D. Qu’étoit le maître Hiram ?

R. Il étoit Tyrien, et fils d’une veuve de la tribu de Nephtalie.

D. Quel est le nom d’un maître Maçon ‘?

R. Gahaon.

-32-

D. Comment voyagent les maîtres ?

R. De l’Occident à l’Orient, et sur toute la surface de la terre.

D. Pourquoi ?

R. Pour répandre la lumière, et rassembler ce qui est épars.

D. Sur quoi travaillent les maîtres ?

R. Sur la planche à tracer.

D. Où reçoivent-ils leur récompense ?

R. Dans la chambre du milieu.

D. Que signifient les neuf étoiles ?

R. Le nombre des maîtres envoyés à la recherche du corps d’Hiram.

D. Si un maître étoit perdu, où le trouveriez-vous ?

R. Entre l’équerre et le compas.

D. Quelles sont les véritables marques d’un maître ?

R. La parole, et les cinq points parfaits de la maîtrise.

D. Si un maître se trouve en danger de la vie, que doit-il faire ?

R. Le signe de détresse, en disant: à moi, les enfans de la veuve !

D. Comment se fait-il ?

R. (Il le fait)

D. Pourquoi dit-on les enfans de la veuve ?

R. C’est que tous les Maçons se disent enfans d’Hiram.

R. Quel est l’âge d’un maître ?

R. Sept ans et plus.

D. Pourquoi dites-vous sept ans et plus ?

R. C’est que Salomon employa sept ans et plus à la construction du Temple.

D. Que signifie le mot de passe ?

R. C’est le nom d’une montagne d’où Salomon fit tirer les pierres pour la construction du Temple.

 

Document n°7

Commentaire sur le Rituel manuscrit

de la Mère Loge Ecossaise de Marseille - 1812

Nous possédons de ce rituel une photocopie du texte original manuscrit, d’une belle écriture régulière avec les fioritures habituelles chez les scripteurs de l’époque.

C’est un rituel plus simple que celui du Régulateur du Maçon dont il reproduit assez fidèlement les grandes lignes.

La décoration du Temple est un peu modifiée car, en face du Trône, on place: «un Tombeau en forme d’obélisque avec les deux lettres M.B. qui représente le tombeau de notre maître Adonhiram» (C’est seulement au 5ème degré du R E A A qu’apparaît dans la Loge à la fois un mausolée et un obélisque, mais celui-ci est situé à l’angle N.O. du Temple).

Il y a, en plus, un cercueil au centre du Temple. Les appellations du Président et des surveillants sont les mêmes qu’au Rite Français: Très Respectable et Vénérables.

L’ouverture se fait également par la vérification de la qualité de Maître des Frères présents, par la demande du mot sacré, du signe et de l’attouchement.

Il n’est pas indiqué que la Loge doit être ouverte au préalable aux deux premiers degrés.

Les demandes et réponses classiques sont réduites au minimum.

Le F introducteur est alors chargé d’aller chercher le récipiendaire, mais il n’est pas dit que celui-ci a dû subir un temps de réflexion. Par contre, il doit se présenter avec: «un chapeau à trois cornes, une aile abattue sur les yeux, les cheveux épars et son tablier à demi attaché».

                 Pendant ce temps, le dernier maître reçu se couche sur le cercueil dans l’attitude habituelle.

Le F introducteur frappe en compagnon, ce qui entraîne l’échange connu de questions et réponses entre le T Ret le 2éme, surveillant. Une question nous paraît originale: lorsque le T R fait demander à ce compagnon «qui va passer de l’équerre au compas s’il désire enfin de voir le Tombeau».

     A la fin du questionnaire, le TR ajoute: «Ne l’épargnez pas, faites-le entrer dans ce lieu pour qu’il découvre le spectacle qui se présentera à ses yeux». Le 2ème surveillant arrache alors le tablier du récipiendaire, il lui dirige la pointe de son épée sur le cœur en lui demandant d’en saisir la lame.

Il n’est pas introduit dans le Temple à reculons et on ne lui explique pas pourquoi on lui a arraché son tablier.

Par contre, il est invité sans autre préambule à l‘aire neuf fois le tour de la Chambre du milieu; mais ces voyages seront réduits à trois.

Au 1er voyage, le T R lui demande s’il est Maçon et quel est le mot d’apprenti.

Au 2ème voyage, on lui demande le mot de compagnon. Les mots sont donnés «de la manière accoutumée».

Au 3ème voyage, il doit donner le mot de passe d’apprenti et de compagnon.

Le 1er surveillant est interrogé à son tour sur les mérites du compagnon et s’il est digne d’être reçu maître.

Sur l’affirmative, on lui fait demander s’il a vu le tombeau. La réponse est: «Non, mais il désire le voir».

Le 1er surveillant lui fait alors exécuter les trois pas de maître pour traverser le tombeau d’Hiram; puis le présente à l’autel devant lequel il met un genou à terre, pose la main droite sur la Bible et prend ses obligations.       

Cela fait, le T R lui demande d’écouter attentivement l’histoire d’Hiram... qui était fils d’un Tyrien nommé USL (?) et d’une veuve de la tribu de Nephtali.

Nous retrouvons les 30.000 ouvriers qui vont couper les cèdres, les 70.000 apprentis qui reçoivent leur salaire àla colonne J (au nord), les 80.000 compagnons à la colonne B (sud).

Quant aux maîtres, un peu plus nombreux que dans le Régulateur du Maçon, ils étaient 3.660, ils recevaient «leur appointement» et non leur paie dans la Chambre du milieu. La nuance est savoureuse et les maçons marseillais tenaient ainsi à souligner l’importance du grade.

Hiram ne faisait la revue générale de tous les ouvrages «qu’à la fin de chaque semaine». Ce jour là, les trois mauvais compagnons se tiennent aux portes habituelles et c’est classiquement à la porte d’occident qu’Hiram reçoit le premier coup porté par une règle. On ne nous dit pas quelle est la partie du corps qui le reçoit; nous apprenons seulement «qu’il l’étourdit».

A cet instant, Ic T R donne un coup de maillet sur le front du récipiendaire.

Hiram, reprenant conscience, essaie de s’échapper par la porte du midi où il subit à nouveau la même question pressante. Devant ce second refus de donner le mot de maître, le compagnon scélérat, «transporté de colère du refus qu’il essuyait, lui donna un coup de marteau sur la tête qui le blessa dangereusement».

Ici le T R donne un second coup de maillet sur la tête du récipiendaire.

A la porte d’orient qu’il eut bien du mal à atteindre, Hiram, malgré la menace de mort, refuse obstinément de révéler le mot, il est terrassé par le 3éme compagnon d’un coup de levier sur la tête.

Le T R donne alors son troisième coup sur la tête du récipiendaire «comme s’il voulait l’assommer» et les deux surveillants le couchent sur le cercueil.

On ne nous dit pas si celui-ci a été libéré par le maître qui l’occupait mais... Ie discours se poursuit :

        Les trois scélérats, «comme il faisait encore jour», cachèrent le corps sous quelques pierres avant de le transporter à la nuit sur le mont Hébron «où ils l’enterrèrent à peu de distance d’un Acacia». Même localisation que dans le Rituel de la Mère Loge Ecossaise à l’Orient d’Avignon (1774).

C’est seulement au bout de 7 jours que Salomon s’inquiète de la disparition d’Hiram. Il fait arrêter les travaux et promulgue un Edit «par lequel il déclarait qu’aucun ouvrier ne serait payé qu’Hiram n’eut été retrouvé, mort ou vif». 11 confie en même temps à 9 maîtres une enquête à l’intérieur même du Temple, laquelle aboutira à porter les soupçons sur trois compagnons dont on a constaté la disparition.

Salomon envoie alors ces 9 maîtres à la recherche du corps d’Hiram. Il prend avec eux les accords habituels sur le changement du mot de maître, du signe et de l’attouchement.

Divisés en 3 groupes de 3, ils se dispersent par les 3 portes pour effectuer leur recherche tout en restant «à portée de voix».

C’est le 9ème jour seulement qu’ils arrivent sur le mont Hébron: «I’un d’eux, harassé de fatigue, se reposa, mais sentant que la terre s’éboulait sous ses pieds, il s’aperçut que la terre avait été nouvellement remuée, ce qui le surprit d’autant plus que cet endroit et les environs étaient incultes, graveleux et stériles».

Nous soulignons volontiers cette phrase pour montrer l’imagination de l’auteur de ce rituel qui ne se contente pas de la traditionnelle «terre fraîchement remuée», mais nous décrit avec réalisme ce lieu rocailleux où l’acacia, buisson épineux, représente la seule végétation.

Une branche servira à repérer l’endroit que les 9 maîtres reviendront fouiller après en avoir averti Salomon.

A ce moment du récit, le T R invite les maîtres à entourer le cercueil. Précédés par le T R, ils en font trois fois le tour. Après quoi, le T  R arrivé à l’orient fait former la chaîne d’union autour du cercueil.

        ll y fait passer 3 paroles:       

     1°) Le Maître est mort.       

     2°) Trois compagnons l’ont tué.       

     3°) JEHOVAH (I’ancien mot de maître).

Après quoi, le T R continue son récit. Les 9 maîtres de retour sur le mont Hébron, après avoir fouillé la terre, reconnaissent le corps d’Hiram. Ils portent alors la main droite sur la poitrine, la main gauche levée en signe d’horreur. Ce n’est plus le bras droit que l’on lève en signe d’effroi, comme dans les précédents rituels, mais le bras gauche, la main droite restant au 1er signe de maître.

C’est la prise du 1er doigt en disant le mot JAKIN, puis du 2ème doigt avec le mot BOAZ. «Et le doigt leur resta dans la main».

Un 3ème maître le prit alors par le poignet et, «sentant qu’il se séparait du bras», dit: MAK BENAK.

C’est à ce moment que le T R relève, tout seul, le récipiendaire en le prenant successivement par le 1er doigt, le second et le poignet, et en lui donnant le mot. L’attouchement lui est décrit dans sa forme classique.

Le corps d’Hiram, après avoir été transporté dans le Temple, sera mis dans un tombeau sur lequel un médaillon en or de forme triangulaire portera l’inscription M .B A la différence des rituels précédents, ce n’est plus l’ancien mot des maîtres. Le rituel s’inspire ici de celui du marquis de Gages (1763). Nous ne l’avons pas retrouvé ailleurs.

Tous les maîtres assistèrent à la cérémonie en tablier et gants de peau blanche pour témoigner de leur innocence.

Le T R termine son discours en donnant Hiram en exemple au nouveau maître. Il lui communique le mot de passe qui est Giblim, comme au Rite Français, et l’invite à aller se faire reconnaître par les surveillants.

        Le nouveau maître ayant pris place, le T.. R commence l’instruction.

Celle-ci ne présente aucune particularité notable, mais permet de fixer dans la mémoire du nouveau maître les faits marquants de la légende d’Hiram. Nous y apprenons, ce qui n’avait pas été dit jusqu’alors, que les dimensions du tombeau étaient du 3, 5 et 7 coudées. Ces chiffres, nous l’avons vu, se retrouvent dans tous les rituels tant leur symbolisme est évident.

L’instruction terminée, les travaux sont fermés par quelques échanges classiques entre le T R et les Vénérables surveillants.

Nous voyons, par l’analyse succincte de ce rituel qu’il se rapproche de celui du Régulateur du Maçon de 1801.

Cela est assez étonnant quand on connaît les dissensions qui existaient depuis fort longtemps entre le G O et la Mère Loge Ecossaise de Marseille. Laquelle, dès son réveil après la Terreur, se fera appeler: Mère Loge Ecossaise de France à l’Orient de Marseille.

Il est possible qu’après le concordat du 5 décembre 1804 entre le G O et la G L Ecossaise, la Mère Loge de Marseille n’ait pas éprouvé le besoin de modifier son rituel. Elle ignorait aussi sans doute l’existence du «Guide des Maçons Ecossais» qui n’était pas encore diffusé à l’époque et que nous allons étudier maintenant.

Consciente du rôle important qu’elle pouvait jouer dans la diffusion du Rite Ecossais? cette Mère Loge de Marseille avait établi un système de sept grades :

Apprenti

Compagnon

Maître

Maître Elu des Neufs

Ecossais vrai d’Ecosse

Chevalier de l’Orient, surnommé de l’Epée

Souverain Prince Chevalier R + C.

 

Document 8

1812.

Texte du Rituel de la Mère Loge Ecossaise de Marseille

Grade de Maître

__________

Décoration de la Loge

La Loge doit être tendue en noir, le trône décoré de même, en face du trône on place un tombeau en forme d’obélisque avec les deux lettres M. B.       

Ce tombeau représente celui de notre Respectable Maître Adhonhiram. Au plafond et sur le milieu de l’appartement on figurera l’étoile flamboyante, et sur le carreau on placera un cercueil en bois couvert d’un drap noir.        

Il y aura trois chandeliers portant trois bougies chaque dont l’une fera face à l’Orient du côté du Midi tout près du trône et les deux autres devant les Surveillans.      

Dans la Chambre du milieu tous les Maîtres seront en habit noir, ils porteront un tablier blanc doublé en soie bleu et un cordon en bandoulière de la même couleur, autour duquel sera attaché une gance bleue qui soutiendra une clef en ivoire; bijoux des Maîtres.      

Le Vénérable s’appelle Très Respectable. Les Surveillans sont qualifiés de Vénérable, et les Frères du titre de Maître.

Ouverture du Travail

Le Très Respectable frappe un grand coup de maillet et dit:       

Mes Frères, aidez-moi à ouvrir les Travaux dans la Chambre du milieu, Vénérables premier et Second Surveillans avertissez les Maîtres de se mettre à lordre, vous les examinerés ensuite leur demanderés le mot sacré, le signe et l’attouchement de ce grade à chacun en particulier et dans le plus grand silence.

        A leur tour les frères tournent le visage contre le mur.Le Très Respectable descend du trône et se place sur la dernière marche. Les Vénérables 1er et 2ème Surveillans examinent tous les frères en particulier. Arrivés au T R ils lui donnent le mot sacré et vont reprendre leur place.

        Le TR remonte sur le trône, et dit:       

D. Vénérable Second Surveillant quel est votre devoir.       

R. C’est de voir si nous sommes à couvert dans la chambre du milieu       

Le second Surveillant va voir si on est à couvert et ensuite dit au Très Respectable:       

On est à couvert dans la Chambre du milieu.       

D. Premier Surveillant êtes-vous Maître ?       

R. Examinés moi et éprouvés moi, I’acacia m’est connu.       

D. Où avés-vous été reçu Mâître ?       

R. Dans la chambre du milieu.      

D. Où se tient le T. . R. . ?       

R. A l’Orient.      

D. Pourquoi ?       

R. A l’exemple du soleil qui commence sa carrière à l’Orient, de même le T R s’y tient pour ouvrir les travaux dans la chambre du milieu et mettre les Ouvriers à l’œuvre.      

D. Quel âge avez-vous en qualité de Maître ?       

R. Sept ans.       

D. Quelle heure est-il ?       

R. Midi.

Le T. . R après cette réponse dit:       

Il est tems d’ouvrir les travaux dans la Chambre du Milieu et de mettre les Ouvriers à l’œuvre. Il frappe ensuite trois fois trois coups, que les Vénérables Surveillans répètent.

Ensuite tous les frères ensemble font les applaudissemens par trois fois trois sans acclamation.      

Le T R dit aux Vénérables Surveillans:

Avertissés les Maîtres que les travaux sont ouverts dans la Chambre du Milieu, et que les ouvriers peuvent prendre leur place.      

Le T. R ordonne au F Introducteur d’aller chercher le Récipiendaire; le dernier Maître reçu est étendu dans le cercueil avec le tablier relevé sur l’estomac, et un linge teint de sang sur le visage, la main droite en équerre sur le cœur et la gauche étendue le long de la cuisse, et couvert d’un drap noir.      

Le F Introducteur ayant préparé le Récipiendaire c’est à dire, lui ayant mis un chapeau à trois cornes, une aile abattue sur les yeux, les cheveux épars, et son tablier à demi-attaché, le présente à la porte.

Réception

Le F Introducteur arrive à la porte du temple ou de la chambre du milieu, frappe en Compagnon, le T R ordonne de suite au Vénérable Second Surveillant d’aller à la porte et de voir qui frappe en Compagnon; le Second Surveillant s’étant acquitté de cette commission, vient dire au T R. que le F Introducteur présente un Compagnon qui demande à passer de l’équerre au compas.       

Le T R  ordonne de lui demander s’il a fait son tems et si ses Maîtres sont contens de lui, s’il n’a jamais varié dans ses principes, et s’il a toujours le même zèle pour la maçonnerie; enfin s’il désire de voir le tombeau. A chacune de ces questions que le Second Surveillant va lui faire, il doit en venir rendre compte au T R, quand il va faire la dernière question, si le récipiendaire répond, oui, le T R ajoute, ne l’épargne pas, faites le entrer dans ce lieu pour qu’il découvre le spectacle qui se présentera à ses yeux.       

Le Second Surveillant lui arrache son tablier, tire avec précipitation son épée lui en présente la pointe de la main gauche; le Récipiendaire lui prend la main droite et la tient sur son cœur, il est introduit de cette sorte, on lui fait faire, par ordre du T R  neuf fois le tour de la Chambre du Milieu, de l’Orient à l’Occident par le midi. On réduit ces neuf voyages à trois seulement.      

Au premier voyage, le Récipiendaire parvenu à l’Orient salue le T R qui lui dit:       

D. Etes-vous maçon ?       

R. Mes Frères et Compagnons me reconnaissent pour tel.      

D. Donnés moi le mot sacré d’Apprenti.       

R. Je ne l’ai pas reçu de même, donnés-moi la première lettre, je vous donnerai la seconde.       

(Il le donne à la manière accoutumée)      

Au second voyage le Récipiendaire parvenu devant le T R. . Ie salue, le T R lui dit:       

D. Donnés moi le mot sacré de Compagnon.       

R. Je ne l’ai pas reçu de même, donnés-moi la première lettre je vous donnerai la seconde.       

Il le donne à la manière accoutumée.       

Au troisième voyage, le récipiendaire de nouveau parvenu devant le TR Ie salue et celui-ci lui dit:       

D. Donnés moi le mot de passe d’app et celui de comp   

Il les donne.

Après chaque demande que fait le T R au récipiendaire il ordonne de continuer le voyage par le Nord. Au dernier voyage parvenu à l’Occident, le Récipiendaire reste entre les deux surveillans.      

Le TR dit au Vénérable 1er Surveillant.       

D. Vénérable F 1er Surveillant qui me présentés-vous ?       

R. Un Compagnon qui demande à passer de l’équerre au compas.      

D. A-t-il fait son tems ?       

R. Il a travaillé et les Maîtres sont contens de lui.

D. Est-il digne d’être reçu Maître ?   

R. Il le mérite pour son application et son zèle.   

D. Répondés-vous de lui ?   

R. J’en réponds.  

D. A-t-il vu le Tombeau ?   

R. Non, mais il désire le voir.   

Le TR s’il le juge a propos fait quelques questions au récipiendaire sur les grades d’app et de compagnon.  

Il faut observer que depuis le moment que le Récipiendaire est entré dans la Loge jusqu’à ce moment ci, tous les Maîtres ont l’épée à la main, la pointe baissée sur le cercueil.   

Le T R ordonne au Vénérable premier Surveillant de faire placer le Récipiendaire les pieds en équerre, et de le faire passer de l’Equerre au compas en lui faisant traverser le tombeau d’Hiram, par trois pas de maître, ensuite de le faire approcher de l’autel, où étant arrivé, il met un genou à terre. Le T R vis-à-vis duquel il se trouve tient son maillet levé, et le Récipiendaire met la main droite sur la Bible.   

Le T R lui dit:   

Promettés vous sous les mémes obligations que vous avés contracté précédemment de garder le secret des maîtres envers les apprentis et comp. . et envers les profanes ?   

Oui, TR, répond le récipiendaire.  

Promettés-vous d’être un zélé membre de notre loge et de vous intéresser à son élévation ?   

Oui, T Rrépond le Récipiendaire.  

Promettés-vous de ne jamais faire valoir le motif de nos assemblées quoiqu’elles ne fassent pas partie de nos secrets ?   

Oui, Très Respectable.

Le T R. fait relever le Récipiendaire et lui dit:    

Après ce que vous venés de promettre, vous devés sentir ce que peut mériter un parjure, qui serait assés malheureux que de violer son obligation, en révélant nos mystères aux profanes, on ne saurait lui réserver qu’un chatiment proportionné à son crime, il tomberait à mes pieds expirant sous mes coups, et comblerait ce tombeau de son propre cadavre. C’est a ces réflexions justes et sages que je vous abandonne, après que vous aurés prêté une oreille attentive au récit que je vais vous faire.

Histoire

Après la mort de David, Salomon étant monté sur le trône, et voulant travailler à l’élévation du Temple de Jérusalem, écrivit à Hyram Roi de Tyr, qui adorait, comme lui, le Roi d’lsraël, et lui envoya des ambassadeurs pour faire alliance avec lui; il lui demanda du bois propre pour la construction du temple. Hyram répondit à Salomon, et lui promit tous les bois, pierres et matériaux nécessaires. Les bois furent coupés dans la forêt du Liban et les pierres furent taillées dans la carrière de Tyr. Salomon employait à ces ouvrages trente mille ouvriers et les faisait relever tous les quatre mois par trente mille autres. La nourriture de ces ouvriers et leur entretien étaient payés par Salomon, en bois et en huile. Hiram, roi de Tyr, jaloux de concourir par tous les moyens possibles à l’élevation de cet immortel édifice, envoya à Salomon un ouvrier fameux à travailler toutes sortes de métaux et très instruit dans l’architecture il s’appelait Hiram-Abif, il était fils d’un Tyrien nommé Ur, et sa mère, qui était alors veuve, était sortie de la tribu de Nephtali. Salomon le fit son grand Architecte et lui communiqua ses projets et ses plans, le chargea de la conduite du grand édifice qu’il élevait à Dieu, et le nomma Inspecteur Général de tous les ouvriers du Temple. Hiram les divisa en trois classes, celle des Apprentis, celle des Compagnons et celle des Maîtres. Il donna à chaque classe un Signe, un attouchement et un Mot, pour pouvoir reconnaitre les ouvriers, et les payer selon leur mérite. Il nomma et désigna ensuite l’endroit où ils devaient passer en revue et recevoir leur paiement à la fin de la sixième journée. Les Apprentis qui étaient au nombre de soixante dix mille étaient payés à la Colonne J. Les Compagnons qui étaient tau nombre de quatre vingt mille étaient payés à la Colonne B. Ces deux colonnes, comme vous le savez étaient placées à l’entrée du Temple. La Colonne J au Nord et la Colonne B au Midi.

Les Maîtres au nombre de Trois mille six cent soixante recevaient leur appointement dans la Chambre du milieu.

Tels étaient les arrangements que ce grand homme avait pris pour payer les ouvriers, mais comme il n’aurait pu subvenir à tout, Salomon lui donna deux adjoints qui portaient le nom de Surveillans, le premier était proposé pour payer les compagnons et le second les apprentis.

Ils avaient aussi l’inspection des ouvriers qui étaient chargés de la police, comme aussi d’accomoder les différens qui naissaient parmi eux. Trois Compagnons mécontens des salaires qu’ils recevaient imaginèrent de demander à Hiram, le Signe, le Mot, l’Attouchement de Maître et se proposèrent de l’avoir de gré ou de force. Ce grand homme était en usage à la fin de semaine de faire une revue générale de tous les ouvrages. Les trois scélérats attendirent que les nouveaux ouvriers fussent sortit. Il furent se poster un à la porte de l’Orient, I’autre à la porte du Midi, et le troisième à la porte de l’Occident. Hiram ayant fait la ronde et voulant se retirer se présenta à la porte de l’Occident, le Compagnon qui s’y trouvait lui demanda le Signe, le mot et l’Attouchement de Maître, Hiram s’y refusa mais lui promit de le lui donner lorsqu’il aurait mérité le grade; le Compagnon persistait toujours à le lui demander, et voyant qu’il ne pourrait les obtenir, lui donna un coup de régle qui l’etourdit.

«Ici le T R donne un coup de maillet sur le front du Récipiendaire».

Hiram revenu à lui tâcha de s’échapper par la porte du Midi, il y trouva le second scélérat qui lui fit la même demande, il la refusa également, ce compagnon voyant quil ne pouvait rien obtenir par la douceur employa de fortes menaces, elle ne produisirent pas plus d’effet, transporté de colère du refus quil éssuyait, il lui donna un coup de marteau sur la tête, qui le blessa dangereusement.

«Ici le T R donne un Second coup de maillet sur la tête du Récipiendaire».

Il s’enfuit par la porte de l’Orient où il eut bien de peine d’arriver, il y trouva le troisième de ses assassins qui le menaça de le faire mourir, s’il lui refusait le Signe, le Mot et l’Attouchement de Maître. Hiram lui représenta qu’il ne pouvait pas les lui donner et que ce n’était pas de cette façon qu’il pouvait les recevoir, que son application au travail pourrait un jour lui mériter ce grade, et qu’alors il les lui donnerait volontiers. Ce misérable mécontent de cette réponse insista à vouloir lui arracher les secrets de maître par la force, mais Hiram continuant à les lui refuser avec la plus grande fermeté, ce scélérat le terrassa d’un coup de levier qu’il lui donna sur la tête.

«A ces derniers mots le T R lui donna un coup de maillet sur la tête comme s’il voulait l’assommer».

Les Surveillans qui sont derrière lui le placent dans le cercueil, le couvrant de suite d’un drap noir, et le visage d’un linge blanc où l’on a répandu quelques gouttes de sang .

Le T R ayant gardé pendant tout ce temps le silence continue:

C’est ainsi que le plus respectable des maçons aima mieux perdre la vie que de donner le Secret des Maîtres à des compagnons indignes de le recevoir.

Comme il était encore jour, les scélérats qui venaient de l’assassiner, n’osaient le sortir du Temple, ils le cachèrent sous quelques pierres, et quand la nuit fut venue ils le transportèrent sur le mont Hébron où ils l’enterrèrent à peu de distance d’un accacia. Sept jours s’étant écoulés, et Salomon ne voyant point paraître Hiram, fit cesser les travaux du Temple et ordonna des recherches pour savoir ce qu’il était devenu, mais n’en pouvant avoir des nouvelles il rendit un Edit, par lequel il déclarait qu’aucun ouvrier ne serait payé qu’Hiram n’eut été retrouvé mort ou vif. Il ordonna à neuf Maîtres de s’emparer des portes du Temple pour s’informer de tous les Maîtres, Compagnons et Apprentis s’ils auraient quelqu’indice sur l’absence d’Hiram. Ces neuf Maîtres exécutèrent ce que Salomon leur avait prescrit en faisant des questions à quelques Compagnons, ils soupçonnèrent ceux de ce grade d’avoir assassiné Hiram pour en obtenir le mot de Maître; mais ce qui les confirma davantage dans leurs soupçons ce fut, qu’ayant visité toutes les loges où les maçons demeuraient par nombre séparé, ils reconnurent que trois Compagnons avaient disparu. Salomon de concert avec les neuf Maîtres, décida que si on découvrait le corps d’Hiram, le premier mot qu’‘ils prononceraient serait celui dont on se servirait par la suite pour distinguer les maîtres des compagnons, et que le signe et attouchement seraient en même tems changés. Les neuf Maîtres après avoir fouillé très exactement dans tous les recoins du Temple se divisèrent en trois branches. Trois sortirent par la porte de l’Occident, trois par celle du Midi et trois par celle de l’Orient dans le dessein de ne pas revenir qu’ils n’eussent quelque nouvelle d’Hiram; ils eurent l’attention en faisant leur perquisition de ne s’éloigner les uns des autres que de la portée de la voix. Après avoir cherché inutilement pendant huit jours, ils arrivèrent le neuvième sur le mont Hébron, I’un d’eux harassé de fatigue se reposa, mais sentant que la terre s’éboulait sous ses pieds, il s’apperçut qu’elle avait été nouvellement remuée, ce qui le surprit d’autant plus que cet endroit et les environs étaient incultes, graveleux et stérile; il appella les autres Maîtres et s’étant assurés que quelqu’un y pouvait être enterré, sans passer plus avant, ils résolurent d’en instruire Salomon, mais pour retrouver l’endroit à leur retour, ils coupèrent une branche de l’accacia qui était à une petite distance; ils la plantèrent sur le terrain où ils se proposèrent de faire une fouille. Ayant rendu compte à Salomon de cette découverte, ce prince les engagea d’y retourner et d’y creuser dans l’endroit désigné.   

«Ici le T R quitte sa place après avoir frappé trois coups de maillet sur l’autel, et dit:   

Mes Frères, entourons le cercueil.

Tous les frères placés ils en font trois fois le tour, le T  R

 marchant le premier. Après le dernier tour le T Rs’arrête à l’Orient

et tous les Frères entourent de nouveau le cercueil, on fait la chaîne.

Le T R fait passer en silence trois paroles:   

   La lère... Le Maître est mort.

   La 2ème .. Trois compagnons l’ont tué.

   et la 3ème.. Jehovah, ancien mot de Maître.

Après quoi le T R continue l’histoire en disant:

 Les neuf Maîtres retournèrent sur le Mont Hebron, ils commencèrent à fouiller la terre, et reconnurent que c’était effectivement le corps d’Hiram qui y était caché. Ils portèrent tous la main sur la poitrine en témoignage de douleur et tenant la main gauche tendue en signe d’étonnement et d’horreur, comme si on voulait éloigner un objet vieux, ensuite l’un d’eux le prit par le premier doigt et prononça le mot Jakin le second le prit par le second doigt et prononça Boaz, le doigt lui resta à la main, un troisième le prit par le poignet et sentant qu’il se séparait du bras, prononça et dit: Makbenak, qui signifie: la chair se sépare des os.  

Ici le T  R ayant relevé le Récipiendaire après lui avoir pris le premier doigt, ensuite le second, enfin le poignet, il lui dit que c’est là le mot, le signe et l’attouchement des Maîtres, et que ce signe doit se faire en mettant pied contre pied, genoux contre genoux, poitrine contre poitrine, joue contre joue et en passant le bras gauche par dessus l’épaule

prononçant le mot MAKBENAK.

Enfin étant convenu que ce mot serait dorénavant celui des Maîtres ils achevèrent d’exhumer le corps d’Hiram, pour lui rendre les derniers devoirs. Ils le transportèrent dans le Temple de Salomon, où il lui fit dresser un tombeau sur lequel il fit poser un médaillon en or, fait en triangle,

 où était gravé M. B. Tous les Maîtres assistèrent à la cérémonie en tablier et en gants de peau blanche pour marquer qu’aucun d’eux n’avait souillé leurs mains du sang de leur chef.

    Vous venez de voir dans cette histoire que notre R M Hiram a preféré la mort, plutôt que trahir les sermens. Ils doivent être des maçons, ils doivent avoir sans cesse devant les yeux le courage héroïque de ce grand homme et imiter sa discrétion et ses vertus.

    Le T R  après avoir achevé le récit de l’histoire d’Hiram donne le mot de passe au Récipiendaire, qui est  Giblim  et lui dit d’aller donner le signe, I’attouchement, le mot sacré et le mot de passe, aux Vénérables frères premier et second Surveillans, et généralement à tous les frères.

Dès que le Récipiendaire a pris sa place, le T R aidé des Surveillans commence l’instruction.

Instruction

D. Etes vous Maître ?   

R. Examinés moi, éprouvé moi, I’accacia m’est connu.   

D. Où avés vous été reçu Maître ?   

R. Dans la chambre du milieu.  

D. Comment y etes vous parvenu ?   

R. Par un escalier dérobé, fait en forme de vis, qui se monte par trois, cinq et sept.   

D. Que signifie ce nombre ?   

R. Qu’il faut trois ans pour faire un Apprenti, cinq pour un Compagnon, et sept pour un Maître.   

D. Comment avés-vous passé à la Maîtrise ?   

R. En passant de l’équerre au compas, et traversant le tronc de notre Respectable Maître Adon-Hiram.   

D. Sans doute que vous avez été reçu apprenti et compagnon ‘?   

R. J et B me sont connus, et j’ai à ma disposition la clef de toutes les Loges.   

D. Qui s’est opposé à votre entrée dans la chambre du milieu ?   

R. Un Vénérable Surveillant.   

D. Qu’a t-il exigé de vous ?   

R. Un signe, un mot, un attouchement.   

D. Donnés moi le signe ?   

R. pour réponse on le donne /  

D. Donnés moi le mot ?   

R. Vous savés mieux que moi T  R  que je ne puis le donner qu’en Loge.

D. Nous y sommes.   

R. Donnés moi la première partie, je vous donnerai la seconde.   

D. Qu’avez-vous vu en entrant dans la chambre du milieu ?   

R. Tristesse, gémissement et lumière.   

D. Comment voyagent les Apprentis et les Compagnons ?   

R. De l’Occident à l’Orient.   

D. Pourquoi ?

R. Pour aller chercher la lumière.  

D. Comment voyagent les Maîtres ?   

R. De l’Orient à l’Occident.   

D. Pourquoi ?   

R. Pour aller répandre la lumière.

D. Si un de vos Frères était perdu où iriés-vous le trouver

R. Entre l’équerre et le compas.

D. Pourquoi ?

R. Parcequ’un bon maçon ne saurait s’écarter du Chemin de la vertu et de la probité.   

D. Combien y-a-t-il de portes à votre Loge ?   

R. Trois.  

D. Comment sont-elles placées ?   

R. Une à l’Orient, une au Midi, et l’autre à l’Occident.  

D. Comment le savés-vous ?   

R. On me la dit en m’apprenant la façon dont fut massacré notre T R Maître par trois Compagnons scélérats qui voulurent lui arracher la parole du Maître ou la vie.   

D. Comment sait-on que c’était des Compagnons qui avaient commis ce crime ?

R. Par l’appel général qu’on fit des ouvriers auquel trois Compagnons ne se trouvèrent point.

 D. La parole ayant été perdue comment a-t-on pu la retrouver ?   

R. Les Maîtres soupçonnant l’assassinat d’Hiram et craignant que la force des tourmens ne lui eut arraché la Parole de Maître convinrent entre eux que le premier mot qui serait proféré, en le retrouvant leur servirait à l’avenir pour se reconnaître, il en fut de même du signe et de l’attouchement.   

D. Combien envoya-t-on de Maîtres à la recherche d’Hiram ?   

R. Neuf désignés par les neuf lumières qui éclairent la chambre du milieu.   

D. Où trouvat-on le corps de notre Respectable Maître ?   

R. Dans un tas de décombre d’environ neuf pieds cubes sur lequel on avait planté une branche d’accacia.   

D. A quoi devait servir cette branche ?   

R. Aux Maîtres qui furent envoyés à la recherche du corps d’Hiram pour reconnaître l’endroit où ils soupçonnaient qu’il avait été enterré.   

D. Combien avés-vous vu de grandes lumières ?   

R. Trois.

D. Nommés les moi.   

R. Le Soleil, la Lune et l’Etoile flamboyante.   

D. Pourquoi trois lumières ?   

R. Parce qu’une bonne Loge ne saurait etre trop éclairée.  

D. Où avés-vous passé pour parvenir au grade de Maître ?   

R. Entre deux colonnes et un portique.   

D. Quelle était la largeur et la hauteur de ce portique ?   

R. D’une telle proportion qu’aucun profane ne pourrait passer.

D. Où avés-vous reçu d’engager en qualité de Maître ‘?   

R. A la chambre du milieu.

D. Avés-vous été payé ?   

R. Je suis content.  

D. Qu’avés-vous vu de plus dans la Chambre du milieu ?   

R. Une grande lumière plus éclatante que le soleil, au milieu de laquelle

 j’ai aperçu la lettre G.   

D. Que signifie la lettre  G ?   

R. Elle est l’initiale du mot God, qui, en anglais signifie Dieu.   

D. Que venés vous faire ici ?   

R. Chercher ce qui était perdu, et qu’avec votre secours, J’espère recouvrer.   

D. Qu’est-ce qui était perdu ?   

R. La parole de Maître.   

D. Comment fut elle perdue ?   

R. Par trois grands coups et par la mort d’Hiram.   

D. Où fut elle retrouvée ?   

R. Dans son tombeau.   

D. Quelle forme avait ce tombeau ?   

R. Trois pieds de largeur, cinq de profondeur et sept de longueur.   

D. Quelles sont enfin les marques de distinction des Maîtres ?   

R. Un signe, un attouchement, deux paroles, et les cinq points parfaits de la Maîtrise.   

D. Quel est le mot de passe de Maître ?   

R. pour réponse on le donne    

D. Comment vous nommés vous ?   

R. Accacia est mon nom.   

D. Lorsqu’un maçon est en danger, que doit-il faire pour appeller les frères à son secours ?   

R.Il doit faire le signe de secours et dire .   

D. Que signifient ces mots ?   

R. Que les maçons se regardent comme les descendans d’Hiram et se disent Enfants de la Veuve.

D. Quel age avés vous en qualité de Maître ?   

R. Sept ans.   

D. Que signifie cet âge ?   

R. Le temps que Salomon employa à construire le temple.   

D. Où se tient le T R Maître ?   

R. A l’Orient.   

D. Pourquoi ?   

R. A l’exemple du soleil qui commence et ouvre la carrière du jour du côté de l’Orient, de même le T R Maître s’y tient pour ouvrir et éclairer la Loge, et mettre les ouvriers en œuvre.   

D. Où se tiennent les Vénérables Surveillans ?    

R. A l’occident.   

D. Pourquoi ?   

R. A l’exemple du soleil qui termine la carrière du jour vers cette partie du monde de même les Vénérables Surveillans s’y tiennent pour payer et congédier les ouvriers et fermer la chambre du milieu.   

D. Sur quoi travaillent les Maîtres ?   

R. Sur la planche à tracer.   

D. A quoi sert-elle ?   

R. A tracer les plans qui doivent servir de règle aux Compagnons.

D. Quelles doivent être les qualités d’un Maître ?   

R. Sagesse, force et beauté.   

D. Comment peut-il réunir ces qualités si rares ?   

R. La sagesse dans ses mœurs, la force dans l’union avec ses frères, et la beauté dans son caractère.

    Pour fermer  Les Travaux dans la Chambre du Milieu

D. Vble. Ier Surv quel age avés-vous en qualité de Maître ?

R. Sept ans.   

D. Où se tiennent les Vénérables Surveillans ?   

R. A l’Occident.   

D. Pourquoi ?

R. A l’exemple du soleil qui termine sa carrière à l’Occident, les Surv  s’y tiennent pour aider le T R à fermer les travaux de la chambre du milieu.   

D. Quelle heure est-il ?   

R. Il est minuit.   

R. Il est donc temps de fermer les travaux dans la chambre du milieu.   

Le T  R  frappe 3 fois 3 coups.

Les V Surv  les répètent.

Tous les frères frappent ensuite ensemble 3 fois 3 coups dans leurs mains et disent trois fois..

Ensuite leT R dit aux Vbles Surv : avertissés les frères que les travaux sont fermés dans la chambre du milieu.

Et chacun se retire.

 

Document n° 9

Commentaire sur

le Guide des Maçons Ecossais

Ce document est de la plus grande importance car c’est le premier rituel imprimé des trois premiers grades du Rite Ecossais.

Sa date de parution n’est pas indiquée. Elle se situerait entre 1805 et 1811; cette dernière date est celle retenue par  Claude Gagne (Le Maillon, avril 1988) car le roi de Rome n'est pas mentionné lors deala première santé du banquet.

A une lecture rapide, on est frappé par la similitude de ce texte avec celui des Trois Coups Distincts, en particulier en ce qui concerne le récit légendaire.

Une différence importante réside dans la mise en scène, comme le faisait remarquer d’ailleurs le rédacteur des Trois Coups Distincts qui avait assisté en France à une initiation au grade de Maître.

Il ne fait aucun doute que ce Guide des Maçons Ecossais s’est fortement inspiré du rituel de la Grande Loge des Anciens et qu’il prendra une importance encore plus grande après la constitution en 1813 de la G L unie d’Angleterre qui consacrera le triomphe des Anciens.

Le Rituel proprement dit est précédé d’une «Introduction Essentielle» qui précise les conditions du décor et de la mise en scène.

Il y est fait état d’une chambre de réflexion qui doit être

lugubre.

Le F. . préparateur, «très instruit de ses devoirs vis-àvis du récipiendaire, doit lui préparer l’esprit et l’imagination par des discours sages et moraux relatifs à l’importance du grade qu’il sollicite». A un mot près, c’est la même phrase que nous avons soulignée dans le Régulateur du Maçon de 1801. Ce même préparateur doit s’emparer du chapeau et de l’épée de l’aspirant pour les faire déposer à l’orient de la Loge. La chambre de réflexion est seulement éclairée par une grosse bougie jaune; elle doit contenir des décombres et des ustensiles brisés. Enfin, si possible, «un squelette parlant» (sic) complèterait heureusement le décor.

La Loge est tendue de noir avec des têtes de mort et des os en blanc. Des larmes d’argent doivent être placées par 3, 5 et 7. Enfin 9 lumières par 3 fois 3 éclairent la Loge.

Tous les maîtres doivent être en noir, chapeau rabattu, gants blancs, tablier du grade et cordon bleu. «La véritable tenue est d’avoir des tuniques noires en forme de domino, chapeau à la Henri IV et une plume blanche. Le VEN doit de plus avoir des pleureuses (?) et un manteau long».

Le vénérable s’appelle Très Respectable (T R) Les surveillants: Très vénérables et les maîtres maçons tout simplement vénérables.

Une bière couverte d’un drap mortuaire est placée au centre de la Loge; elle est entourée par des panneaux de tentures de manière à limiter la chambre du milieu. Dans un coin de cette chambre, on place une branche d’acacia sur un petit tertre. Enfin on dépose une équerre à la tête de la bière et un compas à son pied.

Tous ces détails montrent la grande attention que les maçons de l’époque apportaient à la préparation de cette cérémonie d’initiation afin qu’elle soit la plus imposante possible.

L’ouverture de la Loge se fait directement au grade de mâître.

L’échange de paroles entre le T R et les surveillants est classique, il se fait par l’intermédiaire de Diacres lesquels, dit le rituel, «doivent toujours mettre beaucoup de dignité dans leur fonction».

Sur chaque colonne, les Frères présents doivent se faire reconnaître comme mâîtres par les deux surveillants.

Le T R Iui-même fait passer au lcr surveillant, par l’intermédiaire du ler Diacre, le mot de maître qui est ensuite transmis au 2ème surveillant. Celui-ci, lorsque les mots et signes lui sont parvenus, frappe un coup de maillet et dit:

 «Tout est juste et parfait, T R ... .».   Le T R. . déclare alors que la Loge est ouverte: «Au nom de Dieu et de Saint Jean d’Ecosse».

Dans les «Trois Coups Distincts», il n’est fait état que de St Jean. Le terme de St Jean d’Ecosse est lié au fait que la Loge travaille

«A la gloire du G. . A. . D L U. ., au nom et sous les auspices de la Métropole Loge d’Ecosse séante à Edimbourg», comme il est dit lors de la proclamation.

Après avoir fait les signes d’apprenti, de compagnon et de maître, y compris celui d’horreur, répétés par tous les membres, les T R FF Ier et 2ème Surv sont priés à l’invitation du T R  d’annoncer sur leurs colonnes respectives que les travaux en chambre du milieu sont ouverts.

Jusqu’à présent, nous n’avions pas trouvé dans l’ouverture des travaux une cérémonie d’une telle longueur. Le but semble atteint de préparer les Frères à vivre avec encore plus d’intensité le symbolisme de la réception au grade de maître.

Celle-ci commence par l’approbation de la candidature du compagnon à l’unanimité des Frères présents.

On fait coucher le dernier maître reçu dans le cercueil, on le recouvre des pieds à la ceinture avec un drap mortuaire, on lui relève son tablier jusqu’au-dessus des lèvres et on lui cache le visage avec un linge blanc teinté de sang.

On éteint alors les lumières, à l’exception d’une seule placée sur l’autel du T R. C’est le maître des cérémonies qui est chargé d’aller chercher le candidat. Celui-ci doit être «sans souliers, les bras et le sein gauche nus, sans métaux, une petite équerre au bras droit, une corde à la ceinture faisant trois tours, un tablier de compagnon et les cheveux épars) Dans Ies Trois Coups Distincts, le thorax est entièrement dénudé; il n’y est question ni d’une équerre, ni d’une corde à la ceinture, ni de cheveux épars. Ce dernier détail apparaît pour la première fois dans le rituel de la Mère Loge Ecossaise de Marseille

Le maître des cérémonies frappe en compagnon à la porte du Temple. La reconnaissance étant faite par le F expert, le 1er surv s’adresse au T R, lui dit qu’un compagnon qui a fait son temps se présente pour être reçu a la maîtrise.

On entrouvre alors la porte et le T R., d’une voix forte, exprime sa colère devant l’audace d’un compagnon, peut-être l’un des coupables, qui vient troubler «notre douleur». Il ordonne au F. . expert ainsi qu’au F terrible de se faire accompagner de 4 Frères armés et de s’emparer de ce compagnon, de l’examiner de la tête aux pieds, de lui arracher son tablier. Tout cela pour s’assurer qu’il n’existe sur lui aucune trace du crime affreux dont il a pu se rendre coupable.

Le Grand expert entre dans le Temple, apporte le tablier au T R en lui disant que rien n’indique que ce compagnon ait pu commettre un meurtre. Le T R s’adressant à tous les Frères fait alors son examen de conscience en écartant a priori toute accusation; il demande à l’assemblée si elle veut bien entendre le candidat pour se forger une opinion définitive. Avec l’approbation de celle-ci, on fait demander au candidat comment il espère être introduit dans la Loge. Sa réponse, «Par le mot de passe», provoque un grand étonnement et semble confirmer les soupçons que l’on portait sur lui. Il s’ensuit un interrogatoire musclé jusqu’au moment où le candidat avoue qu’il ne le connaît pas, mais que c’est son conducteur qui le donnera pour lui. C’est mot à mot la demande et la réponse qui figurent dans les Trois Coups Distincts, mais le fait que ce compagnon connaisse le mot ne surprend pas nos FF anglais. Ce mot, notons-le, est Tubalcaïn que nous avons conservé

Le mot étant donné et reconnu comme juste, on fait entrer le récipiendaire à reculons, mais toujours sous bonne garde; le F terrible tient le candidat par la corde; on le fait se retourner pour lui montrer le cercueil afin qu’il comprenne à la fois la tristesse des maîtres et les raisons de la suspicion dont il est l’objet.

Sur une nouvelle dénégation, le T R demande au Maître des cérémonies de le faire voyager. Pendant ce temps le cercueil, aura été discrètement libéré par le jeune maître qui l’occupait.

Toujours solidement escorté, il fait le tour de la Chambre du milieu, et arrive devant le T R. Celui-ci l’arrête avec son maillet posé sur le cœur, dit «Qui va-là ?». C’est le Maître des cérémonies qui répond: «C’est un compagnon qui a fait son temps et qui demande à passer dans la Chambre du milieu».

Le Maître des cérémonies donne alors le mot de passe au T R qui dit au candidat: «Passe Tubalcaïn».

A partir de cette réponse, notre rituel suit très fidèlement celui des Trois Coups Distincts.

Le candidat, ramené à l’occident, va rejoindre l’orient par les pas d’apprenti, de compagnon et enfin de maître en enjambant le cercueil.

          On lui fait mettre les deux genoux en terre, la main droite sur la Bible, les pointes d’un compas sur les deux mamelles.

Tous les FF étant debout et à l’ordre, il va prêter son obligation. Encore qu’elle reprenne la plupart des phrases des Trois Coups Distincts, elle est beaucoup plus courte. De plus, au moment où on va lui indiquer les pénalités qu’il encourt dans le cas où il serait parjure, le T R lui saisit la main droite et le fait mettre au premier signe d’ordre. Il termine en disant: «Amen», repris par tous les autres FF. Il baise trois fois la Bible et reste à genoux. Le T R Ie tuile depuis le grade d’apprenti jusqu’à celui de compagnon, puis lui dit: «Levez-vous, Frère Jakin, vous allez représenter le plus grand homme du monde maçon, notre respectable Maître Hiram, qui fut assassiné lors de la perfection du Temple, ainsi que je vais vous l’apprendre».

A ce moment, survient une différence assez sensible d’avec les «Trois Coups Distincts». Il nous est dit ici que le second surveillant est au sud, armé d’une règle de 24 pouces, le premier surveillant à l’ouest, armé d’une équerre, et le T R à l’orient, armé de son maillet, alors que dans les T.C.D. Ies trois mauvais compagnons se tiennent, dans l’ordre, aux portes Est, Sud et Ouest, chacun pourtant armé respectivement des mêmes instruments. Cette différence est logique du fait qu’au Rite Ecossais ce sont les deux surveillants et le T R qui tiennent le rôle des mauvais compagnons. Tel n’est pas le cas dans le rituel anglais; il est donc normal, comme nous l’avons souligné, que le 1er coup soit porté à la porte d’orient, laquelle donne accès au Saint des Saints où se trouve Hiram au moment où il fait sa prière.

A cette nuance près, il n’y a aucune différence dans le discours historique: c’est d’abord l’idée du complot fomenté par 15 compagnons. 12 se rétractent et il n’en reste plus que 3 qui sont toujours Jubelas, Jubelos, Jubelum.

L’heure choisie est midi plein.

A la première porte, lorsque Jubelas demande à Hiram le mot de maître, celui-ci répond par les explications habituelles, mais il ajoute qu’il ne peut le donner seul car il doit être accompagné pour cela des rois d’Israël et de Tyr. Le premier coup est porté à la gorge.

A cet instant, dans notre rituel, le récipiendaire est conduit au 2éme surveillant qui lui donne un coup de règle à travers le cou.

A la 2ème porte, Jubelos donne à Hiram un coup violent avec l’équerre dont il est armé.

C’est ce geste que fait le 1er surveillant, devant lequel le récipiendaire est conduit, en lui appliquant son équerre sur le sein.

A la 3èmc porte, c’est Jubelum, qui, avec son maillet, achève Hiram en le frappant au front.

C’est ce que va faire le T R lorsque le récipiendaire se présentera devant lui.

Il est alors renversé par deux frères sur le cercueil et recouvert d’un drap mortuaire.

Ces séquences qui accompagnent le discours historique ont pour but de faire vivre plus intensément au récipiendaire le drame vécu par Hiram lui-même.

Comme nous l’avons déjà signalé, cette mise en scène avait beaucoup intéressé le rédacteur des «Trois Coups Distincts».

Caché tout d’abord sous des décombres, le corps d’Hiram est transporté à l’extérieur, puis enterré sur une montagne.

Ayant constaté l’absence d’Hiram, Salomon ordonne des recherches qui se révèlent négatives. C’est alors que les 12 compagnons qui s’étaient rétractés l’informent de ce qui s’était passé. Salomon leur confie la mission de retrouver le corps d’Hiram et de substituer à l’ancien mot de maître celui qui serait prononcé au moment de sa découverte. La façon dont les assassins sont repérés, cachés près de Joppa, dans une grotte, est la traduction exacte du texte anglais. Nous en avons donné le contenu lors de l’étude des «Trois Coups Distincts».

Justice étant rendue, Salomon renvoie les 12 compagnons à la découverte du cadavre, mais, contrairement à ce qui se passe dans le texte anglais, ceux-ci échouent.

C’est aux 9 maîtres envoyés en dernier lieu par Salomon que reviendra l’honneur de retrouver les restes d’Hiram. Cela nous paraît plus logique puisqu’ils auront à déterminer le nouveau mot de maître, que les compagnons n’avaient pas à connaître.

A partir de ce moment, la différence entre les deux rituels est capitale; le récit ne se poursuit plus par demandes et réponses, mais le 2ème et le 1er surveillant, suivis par des maîtres de leurs colonnes respectives, font plusieurs fois le tour de la Chambre du Milieu.

C’est le 1er surveillant qui, au 4ème tour, soulève le drap, prend la branche d’acacia, la fait tenir au récipiendaire et lui fait placer la main droite sur la poitrine.

Il rend compte de sa découverte au T R Celui-ci prend alors la tête du cortège et, découvrant la branche d’acacia, il soulève le drap recouvrant le récipiendaire.

«Dans un mouvement de douleur», dit le rituel, il lève les deux mains au-dessus de la tête, puis les laisse tomber sur les cuisses en frappant des pieds et il dit trois fois, «Ah Seigneur mon Dieu !».

       Le cadavre est alors soulevé par le T R de la manière classique et cela après les tentatives infructueuses du 2ème et du 1er surveillant.

En même temps, le mot est donné à l’oreille du récipiendaire, c’est MOH que l’on traduit ici par «La chair quitte les os».

Tous les frères regagnent alors leur place, mais restent debout pendant le renouvellement du serment à la suite duquel le T R frappe «trois coups égaux» sur la tête d’un compas dont les pointes sont sur les deux mamelles du récipiendaire et dit :

«Apprenez toujours à rectifier les mouvements de votre cœur en faveur de l’humanité». Le récipiendaire est alors constitué : «Maître Maçon et membre de cette Chambre du Milieu au Rite Ecossais ancien et accepté» C’est la première fois qu’apparaît dans le rituel la dénomination complète du Rite.

La proclamation se fait à la gloire du G A D L U

 «au nom et sous les auspices de la Métropole Loge d’Ecosse, séante à Edimbourg».

Le T R communique ensuite au nouveau maître les mots, signe et attouchement du grade.

A propos de l’exclamation «Ah Seigneur mon Dieu», en dehors de l’interprétation habituelle, une seconde est assez curieuse et traduit, une fois encore, le caractère volontairement chrétien, au travers de l’Ancien Testament, du rituel: «Quand Salomon dédia le Temple au Seigneur, il leva les mains en disant : Mon Dieu ! tu es au-dessus de toutes choses, j’adore ton saint-nom».

L’instruction ne nous apporte rien de bien nouveau; elle suit d’assez près le texte anglais des «Trois Coups Distincts».

En conclusion de l’étude de ce document, il nous paraît inutile de souligner une fois encore l’importance qu’il occupe dans les origines du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

          Les mêmes mots, signes et attouchements sont restés depuis lors en vigueur; les colonnes, inversées par rapport au Rite Français, reprennent leur place et leur destination: Boaz au nord pour les apprentis et Jakin au sud pour les compagnons

    .

Deux faits cependant disparaîtront de ce rituel lorsque les degrés salomoniens du 4er au 14ème degré seront régulièrement pratiqués. Il s’agit de la punition des coupables qui est prématurée au 3ème degré et de la nécessité d’une présence tripartite pour transmettre un mot ou un grade.

 

Document 9bis

Vers 1806-1811.

Texte du

Guide des Maçons Ecossais

Maître

-67-

INTRODUCTION ESSENTIELLE

La chambre de réflexion doit être lugubre.

Il y aura sur les murailles des maximes analogues à la réception, dont les plus petites particularités doivent être imposantes.

Le Frère préparateur doit être instruit de ses devoirs vis-à-vis du récipiendaire; il doit lui préparer l’esprit et l’imagination par des discours sages et moraux, relatifs à l’importance du grade qu’il sollicite.

Le préparateur doit s’emparer du chapeau et de l’épée de l’aspirant et les faire remettre par le F maître des cérémonies au vénérable, qui prend le nom de respectable maître dans ce grade.

Le frère architecte doit avoir soin de faire trouver à l’autel de chaque surv  un rouleau de gros papier de 18 pouces de longueur sur 9 de circonférence.

Cette chambre ne doit être éclairée qu’avec une bougie jaune, et très grosse.

Un squelette parlant est de circonstance particulière, lorsqu’une loge est assez riche pour se le procurer.

Cette pièce doit encore contenir des décombres, des outils et ustensiles brisés.

La bonne contenance du frère préparateur ne contribue pas peu à rendre toute cette cérémonie plus imposante. On ne saurait trop le lui recommander.

-68-

La loge doit être tendue de noir, parsemée de têtes de morts en blanc, avec des os en sautoir, et un sablier.

          Des larmes en argent doivent être placées par 3, 5 et 7

          Neuf étoiles par trois à chaque lumière, éclairent la loge.

HABILLEMENT

Tous les maîtres doivent, autant que possible, être en noir, chapeau rabattu, avec un long crêpe; des gants blancs, le tablier du grade et le cordon bleu. La véritable tenue est d’avoir des tuniques noires en forme de domino, chapeau à la Henri IV, et une plume blanche. Le vén. . doit, de plus, avoir des pleureuses et un manteau long.

TITRES EN LOGE DE MAITRE

Le vénérable s’appelle Très-Respectable. Les surveillants, Très-Vénérables. Les maîtres maçons, Vénérables il faut de la sévérité dans cette nomenclature.

DISPOSITION DE LA CHAMBRE DU MILIEU

Il faut une bière au milieu de la loge, couverte d’un drap mortuaire parsemé de têtes de morts, d’ossements en sautoir, et de larmes. On forme autour de cette bière une séparation avec des panneaux de tenture, pour représenter la chambre du milieu. A un coin de cette chambre, du côté de l’ouest, dans son occident, on place une  branche d’acacia sur un petit tertre. A la tête de la bière, on met une équerre. Au pied de la bière, on met un compas.

-69-

Guide

des maçons écossais.

__________

Maître

__________

OUVERTURE

Le T respectable frappe un coup de maillet qui est répété par les vén frères surveillants.

T R–V  F. premier surveillant, quel est le devoir d’un premier surv avant d’ouvrir la loge de maître ?

R. C’est de s’assurer si le temple est couvert intérieurement et extérieurement.

T R–Faites-vous-en assurer, très-vén frères.  

«Le très-vén premier surv. envoie son diacre, qui, à son retour, «I’assure que le temple est bien couvert; ensuite il dit :»

Ier  S-resp, la loge est couverte.

T R – Quel est votre second devoir, T V premier surv ?

R. C’est de s’assurer si tous les membres présents sont maîtres .

T R – Vén. . frères premier et second surv, transportez-vous sur vos colonnes, et assurez-vous si tous les frères ici présents sont maîtres.

Alors le T resp se tourne, et fait face à  1’0; tous les frères

-70-

en font autant sur les colonnes, de manière que personne ne puisse voir ce qui se passe à l’occident.

Ensuite les surveillants s’approchent du dernier frère, le premier le plus près de leur autel respectif; ils le reconnaissent, et ainsi de suite jusqu’au premier, de manière que tous les frères présents soient reconnus par les mots, signes et attouchements du grade.  

Tous les frères dignitaires portant le cordon d’officier de la loge, ne sont pas tuilés.  

Cela terminé, le second surveillant en rend compte au premier, celui-ci au très respectable, en disant : 

Ier S–Très respectable, tous les frères ici présents sont maîtres.

T R – Vén frère second diacre, où est votre place en loge de maître ?   

R. Derrière ou à la droite du premier surveillant, s’il veut bien le permettre. 

D. Pourquoi, vén frère ?   

R. Pour porter les ordres du premier surv au second, et veiller à ce que les frères se tiennent décemment sur les colonnes.

D. Où est la place du premier diacre ?

R. A la droite du très-resp

D. Pourquoi, vén F. premier diacre ?

R. Pour porter les ordres du T resp au V F.  premier surv et à tous les frères de la loge, afin que les travaux soient plus promptement exécutés.

D. Où se place le vén frère second surveillant ?

R. Au sud, très-respectable.

D. Pourquoi, très-vén frère second surv?

R. Pour mieux observer le soleil à son méridien, rappeler les ouvriers du travail à la récréation, et de la récréation au travail, afin que le très-respectable maître en tire honneur et gloire.

D. Où est la place du vén frère premier surv?

R. A l’ouest, très respectable.

D. Pourquoi, vén frère premier surv ?

-71-

R. Comme le soleil se couche à l’ouest pour fermer le jour de même le premier surv s'y tient pour fermer la loge, payer les ouvriers et les renvoyer contents et satisfaits.

D. Où se tient le très respectable ?

R. A l’Est, très respectable.

«Le très respectable frappe trois coups égaux, qui sont répétés par les surveillants.

Le T R se tourne du côté du premier diacre, lui donne le mot de maître, la tête découverte, et se recouvrant après. Le premier diacre va le rendre au premier surv, qui, après l’avoir reçu, I’envoie, par le second diacre, au second surv.

Les diacres doivent toujours mettre beaucoup de dignité dans leurs fonctions.

Lorsque les mots et signes lui sont parvenus, le second surv frappe un coup de maillet, et dit :

IIe S.– Tout est juste et parfait, très respectable.

Alors le T R se découvre, et tous les frères ensuite.

T R – Vénérables maîtres, mes frères, au nom de Dieu et de Saint - Jean d’Ecosse, la loge de maître maçon est ouverte; il n’est plus permis à aucun frère de passer d’une colonne à l’autre sans en avoir obtenu la permission de son V surveillant.

== A moi, mes frères.

I1 fait les signes d’apprenti, de compagnon et de «maître, y compris celui d’horreur. Ces signes sont répétés par tous les membres.

«Après quoi, il dit :»

TR – Vén. . frères premier et second surv, annoncez sur vos colonnes respectives que les travaux de la chambre du milieu sont ouverts.   

«Toutes les formalités usitées dans les deux premiers grades sont également observées pour la lecture de la planche, pour l’entrée des visiteurs, et pour la ratification du consentement des maîtres en faveur du compagnon. 

-72-

réception.

La réception étant approuvée par le suffrage unanime des «frères, on fait coucher le dernier maître reçu dans le cercueil, les «pieds à l’est, les talons en équerre, la main droite sur le cœur, la «gauche étendue le long du corps, et un drap mortuaire (linceul) doit «être mis pour le couvrir depuis les pieds jusqu’à la ceinture vers le tablier.   

On relève son tablier jusqu’au-dessus de la lèvre inférieure, et «on lui couvre le surplus de la face avec du linge blanc teint de sang.

Tout étant disposé, on éteint toutes les lumières, et l’on n’en conserve qu’une seule dans une grande lanterne.   

Cette bougie allumée doit être de cire jaune, et placée sur l’autel

du très respectable. Le T  respectable dit :»

TR – Vénérable frère maître des cérémonies, allez préparer le candidat.

PRÉPARATION DU CANDIDAT.

Le candidat doit être sans souliers, les bras et le sein gauche nus, sans métaux. Il doit avoir une petite équerre au bras droit, une corde à la ceinture, faisant trois tours, un tablier de compagnon et les cheveux épars.   

Le maître des cérémonies frappe à la porte du temple en compagnon, tenant toujours le candidat par la main.   

Le vén frère grand expert se transporte sur le champ, pour reconnaître qui frappe, ainsi qu’il doit le faire pour tous ceux qui se présentent après l’ouverture des travaux.   

La reconnaissance faite, le premier surveillant dit :  

1 S – TR, Ie maître des cérémonies présente à la R Loge un compagnon qui a fait son temps, et qui demande l’initiation à la maîtrise. (On entrouvre la porte.)

-73-

TR – (D’une voix forte.) Pourquoi le maître des cérémonies vient-il troubler notre douleur ? Nos gémissements auraient dû l’engager à écarter toute personne suspecte, et particulièrement un compagnon. Mes frères, c’est peut-être un de ceux qui causent notre douleur ? Armons-nous ! C’est peut-être la justice divine qui livre un coupable à notre juste vengeance ! Vén. . frère grand expert, prenez avec vous le frère terrible; faites-vous accompagner de quatre frères armés. (Elevant la voix.) Allez !... emparez-vous de ce compagnon !... Visitez-le de la tête aux pieds !... Examinez sur-tout ses mains !... parcourez attentivement ses vêtements !... Otez-lui son tablier, et apportez-le moi comme le témoin de ses actions !... Enfin, assurez-vous s’il n’existe sur lui aucune trace qui pourrait déceler le crime affreux qui a été commis.

«On s’empare brusquement du candidat; on le visite, et on lui arrache son tablier.   

Le vén  grand-expert rentre dans le temple, muni du tablier du compagnon, et il laisse le candidat en-dehors, entre les quatre frères armés, et la porte entr’ouverte jusqu’à l’admission du candidat dans le temple.   

Le vén grand-expert dit en rentrant :

G E – Très-resp,  j’ai accompli vos intentions t exécuté vos ordres, mais je n’ai rien trouvé sur le compagnon qui indique qu’il ait commis un meurtre... Ses vêtements sont blancs... Ses mains sont pures, et ce tablier que je vous apporte, est sans tache.

TR–(A tous les frères) Vén frères, puisse le grand Architecte faire que je sois dans l’erreur, et que ce compagnon ne soit pas un de ceux que doit poursuivre notre vengeance ! mais pour le recevoir parmi nous, nous devons prendre les précautions et les mesures les plus sévères, et faire les plus exactes recherches; car, mes frères, si ce compagnon est innocent, il n’ignore sûrement pas le sujet de notre douleur ! Aurait-il choisi un moment aussi dangereux pour se présenter ici,

-74-

s’il était coupable ? L’artifice serait grossier, puisqu’il devrait craindre que nos soupçons se tournassent sur lui.   

Vén  frères, en l’introduisant dans cette enceinte, nous l’interrogerons, et sans doute ses réponses nous apprendrons ce que nous devons penser de lui... Etes-vous de cet avis, vén frères ? Veuillez le manifester en la manière accoutumée.  

«On lève la main».

TR – Vén. . frère expert, garde des portes, puisque cette respectable assemblée est d’avis d’introduire le compagnon, demandez-lui comment il a osé espérer d’être introduit parmi nous ?

La demande parvient à l’ordinaire, par le garde des portes, au second surv.., de celui-ci au premier, qui le rend au T R  

Le récipiendaire doit répondre: Par le mot de passe.   

Le garde des portes se retourne avec surprise, d’après I’équivoque que cette réponse présente, et dit au T. . R. .: Il répond, Par le mot de passe !

TR – (Avec étonnement.) Par le mot de passe ! Cette réponse téméraire confirme mes soupçons... Comment peut-il le connaître ?... C’est sans doute par suite de son crime. Voilà, vén  maître, une preuve de son audace et de ses forfaits !

 Vén frère premier surv. ., veuillez bien aller examiner très-scrupuleusement le candidat.

Après l’avoir examiné, il rentre, et dit :

1er S – TR son audace est extrême; sa démarche annonce un raffinement de scélératesse. Il vient, j’en suis sûr, épier ce qui se passe ici, ou  tromper notre bonne foi sous le masque de l’hypocrisie.

Alors il l’examine de plus près; il lui visite la main droite; en le repoussant, il lui dit: Ciel ! c‘est lui.   

-75-

Il le saisit au collet, et lui dit d’une voix menaçante : 

Ier S – Parle, malheureux ! Comment donneras-tu le mot

Le Candidat répond : Mon conducteur le donnera pour moi, car je ne le sais pas.   

«Le vén. . premier surveillant dit :

Ier S – Très-respectable, le compagnon avoue qu’il ne connaît pas le mot de passe; mais que son conducteur le donnera pour lui.   

TR – Faites-vous-le donner, vén. . frère premier surveillant.

«Le conducteur donne le mot de passe au premier sur, qui répond :

Ier S – Le mot de passe est juste, T R

TR – Faites entrer le candidat. (Le maître des cérém le fait entrer à reculons). Que ceux qui le gardent ne l’abandonnent pas d’un instant... Qu’ils se placent avec lui à l’occident.

Tous s’y placent.    Le frère terrible tient le candidat par la corde.

TR – Compagnon, il faut que vous soyez bien téméraire et bien indiscret de vous présenter ici dans un moment où tous vos camarades nous sont suspects, à bien juste titre. Les marques de douleur et de consternation que vous voyez sur nos visages, le deuil qui nous environne ces tristes débris renfermés dans ce cercueil, tout doit vous peindre l’image de la mort: et encore si cette mort eût été l’effet du cours de la nature nous nous plaindrions sans doute, mais nous n’aurions pas un crime à punir et un ami à venger.   

        Dites-moi, compagnon, avez-vous trempé dans cet horrible attentat ? Etes-vous du nombre des infâmes compagnons qui l’ont commis ?... Voyez leur ouvrage.

On lui montre le corps qui est dans le cercueil.

Il répond : Non.

-76-

On fait retourner le candidat du côté du T R Après qu’il est retourné, le frère qui était dans le cercueil, se lève doucement, de manière à n’être pas entendu ni vu par le récipiendaire.»

TR – Eh bien, faites voyager ce compagnon.

«Le maître des cérémonies prend le candidat par la main droite, le frère terrible le tient du derrière par la corde, et les quatre frères armés l’escortent, deux de chaque côté. De cette manière on lui fait faire le tour de la chambre du milieu; ensuite on l’amène derrière ou à côté du T. . R. . Le frère maître des cérémonies prend la main u récipiendaire, lui fait frapper l’épaule du très Resp. . Celui-ci se retourne, et portant son maillet sur le cœur du candidat, il dit :

TR – Qui va là ?

Le maître des cérémonies répond :

MC C–C’est un compagnon qui a fait son temps, et qui demande à passer dans la chambre du milieu.    

D. Comment espère-t-il y parvenir ?   

R. Par le mot de passe.   

D. Comment le donnera-t-il, s’il ne l’a pas ?   

R. Je vais le donner pour lui.(il le donne)

TR–Passe T.......

On le conduit à l’occident.

TR – Vén frère premier surveillant, faites avancer le candidat à l’autel des sermens, en marchant sur le premier degré de l’angle droit d’un carré-long, en formant une équerre sur le deuxième degré par deux pas, et sur le troisième par un seul.

On lui fait faire les pas et le signe d’apprenti, les pas de compagnon, et enfin celui de maître.

On le fait mettre à deux genoux en terre, la main droite sur la bible, les deux pointes du compas sur chaque mamelle.

-77-

Dans cette attitude, le T R descend du trône, et vient lui faire prêter son obligation.

Tous les frères se mettent debout et à l’ordre.   

Le candidat prête son obligation.

OBLIGATION

Moi, N......... , de ma libre volonté, en présence du Grand Architecte de l’Univers, et de cette respectable loge dédiée à Saint-Jean d’Ecosse, jure et promets solennellement de ne jamais révéler les secrets des maîtres qu'à celui reconnu pour tel ; d'obéir aux ordre de cette respectable loge de maîtres ; de garder les secrets de mes frères comme les miens propres, excepté dans le cas de meurtre ou de trahison; de ne leur faire tort, ni souffrir qu’il leur en soit fait; de les servir en tout ce qui sera en mon pouvoir; de ne jamais chercher à séduire leurs femmes, filles ou sœurs.   

Je promets de plus, de remplir mes précédentes obligations, sous peine (ici le T R frappe un coup de maillet, saisit la main droite du récipiendaire, et lui fait faire le signe de maître.) d’avoir le corps ouvert en deux, une partie portée au sud, et l’autre au nord ; mes entrailles brûlées, les cendres jetées au vent, afin qu’il ne reste rien de moi. Puisse le grand Architecte m’en préserver. Amen.

Tous les frères répondent : Amen.

Il baise trois fois la bible, et reste à genoux. Le T R Ie prend par la main droite, à l’att d’apprenti, et le tuile jusqu’au mot sacré de compagnon. Aussitôt qu’il l’a prononcé :

TR – Levez-vous, frère J....  Vous allez, mon frère représenter le plus grand homme du monde maçon, notre resp. . maître Hiram, qui fut assassiné lors de la perfection du temple, ainsi que je vais vous l’apprendre.

Tous les frères de la loge se réunissent autour du cercueil. Le vén frère second surv  est au sud, armé d’une règle de 24 pouces. 

-78-

Le premier surv à l’ouest, armé d’une équerre, et le très-resp. . est armé de son maillet.

    Le candidat est placé au pied du cercueil.

DISCOURS HISTORIQUE

TR – David, roi d’Israël, ayant formé le projet d’élever un temple à l’Eternel, amassa, pour cet effet, d’immenses trésors.....

Mais ce roi ayant quitté les sentiers de la vertu, et s’étant rendu indigne de la protection du grand Architecte, la gloire d’élever un temple au maître de l’Univers, fut donnée à son fils Salomon.  

Avant de commencer ce grand édifice, Salomon en fit part au de Tyr, son voisin, son ami et son allié, qui lui envoya           Hiram, architecte célèbre.   

Salomon ayant reconnu les vertus et les grands talents d’Hiram, le distingua bientôt par les postes les plus éminents, et lui       confia la direction des ouvriers et le soin de dresser les plans.  

Les travaux étant immenses, et le nombre des ouvriers nécessaires leur étant proportionné, il avait fallu les distribuer en plusieurs classes, et leur affecter un salaire proportionné à leurs talents.

Ces classes furent divisées en apprentis, en compagnons et en maîtres. 

Chacun de ces grades avait des signes et des mots pour se faire reconnaître, et recevoir le salaire de leur ouvrage et de leur peine.   

Les app s’assemblaient à la colonne B; les compagnons à la colonne J, et les maîtres dans la chambre du milieu .   

Quinze compagnons voyant le temple presque fini, et qu’ils n’avaient pu obtenir les mots de maîtres, parce que leur temps n’était pas encore expiré, convinrent de les obtenir par force du R Hiram, à la première occasion, afin de passer our maîtres dans d’autres pays, et en recevoir la paie.

-79-

Douze de ces compagnons se rétractèrent, les trois autres, nommés Jubelas, Jubelos et Jubelum, s’obstinèrent dans leur dessein.

Ces trois compagnons sachant qu’Hiram allait  tous les jours à midi faire sa prière dans le temple, pendant que les ouvriers se reposaient, furent se placer à chacune des portes.  

Jubelas, à la porte du sud.  

Jubelos, à celle de l’ouest.  

Jubelum, à celle de l’est.     

Là, attendant le moment où Hiram se présenterait pour sortir.  

Hiram dirigea d’abord ses pas vers la porte du sud, où Jubelas lui demanda le mot de maître; à quoi il répondit qu’il ne devait pas le recevoir de cette manière, qu’il fallait attendre avec patience que son temps fût fini; qu’au surplus il ne pouvait le donner seul, qu’il devait être accompagné des rois d’Israël et de Tyr, aux termes de son serment de ne le donner qu’avec eux assemblé. Jubelas, peu satisfait de cette réponse, lui donna un coup de règle de 24 pouces, au travers de la gorge.

Ici le maître des cérémonies conduit le récipiendaire au second surveillant; celui-ci saisit le candidat au collet, et lui dit trois fois à voix élevée: Donnez-moi le mot de maître. Le récipiendaire répond à chaque fois : Non.

    Alors le second surveillant lui donne un coup de règle à travers le cou, et le maître des cérémonies le conduit au premier surv. .  

Le TR continue :

TR.– Le très respectable maître Hiram s’enfuit à la porte de l’ouest, où il trouva Jubelos qui lui fit la même demande, et sur son refus, ce deuxième lui porta un coup violent avec une équerre dont il était armé.

Le premier surv. . fait de même que le second, en donnant au récipiendaire un coup d’équerre sur le sein.

-80-

Le candidat est ensuite conduit devant le très-respectable.

TR - Hiram, ébranlé du coup, rappela ses forces, et se sauva à la porte de l’est; mais il y trouva Jubelum, qui lui fit la même demande que les deux autres, et qui, sur son refus, lui assena un si terrible coup de maillet sur le front, qu’il l’étendit mort à ses pieds.

Le très-respectable donne un léger coup de maillet sur le front du récipiendaire, et le pousse.

    Deux frères apostés exprès le soutiennent, et par leur force combinée, ajoutent ce qu’il manque pour le renverser couché dans la bière; et après l’y avoir étendu, on le couvre d'un drap mortuaire.

En ce moment on allume les bougies. Le T. . R. . continue.

TR – Les trois assassins s’étant rejoints, ils se demandèrent réciproquement la parole de maître; mais voyant qu’ils n’avaient pu l’obtenir, et désespérés d’avoir commis un crime sans utilité, ils ne songèrent plus qu’à dérober la connaissance. A cet effet, ils enlevèrent le corps d’Hiram et le cachèrent sous des décombres, et dans la nuit ils le portèrent hors de Jérusalem, sur une montagne, et l’enterrèrent. Le R. . maître Hiram ne paraissant plus aux travaux comme à son ordinaire, Salomon fit faire les plus exactes recherches, mais inutilement.

   Lorsque les douze compagnons qui s’étaient rétractés soupçonnèrent la vérité, ils se réunirent, et résolurent entr’eux d’aller trouver Salomon, avec des gants blancs, comme le témoignage de leur innocence, et l’informèrent de ce qui s’était passé.   

Salomon envoya les douze compagnons à la recherche de leur maître Hiram, leur ordonna, dans les cas où ils le trouveraient, de chercher sur lui la parole de maître, et leur observant que s’ils ne pouvaient la retrouver, elle était perdue, attendu qu’il n’y avait que trois personnes qui la connussent, et qu’elle ne pouvait être donnée que par ces trois personnes

-81-

réunies, dont Hiram faisait partie. Il leur observa, en supposant qu’il fût mort, que pour l’avenir le premier signe et le premier mot qui seraient fait et prononcé en retrouvant et en exhumant le corps de ce R maître, seraient substitués aux anciens signe et mot de maître. Ces compagnons ayant la promesse de Salomon d’être récompensés par la maîtrise, s’ils parvenaient au but de leur recherche, partirent, et se divisèrent en quatre bandes.

   Trois allèrent vers le nord, trois au sud, trois à l’ouest et trois à l’est.

   Une de ces quatre bandes descendit la rivière de Joppa; un d’eux s’étant reposé à côté d’une roche, il entendit de terribles lamentations par l’ouverture du rocher. Prêtant l’oreille, il entendit une voix qui disait: Oh ! que j’eusse eu plutôt la gorge coupée, la langue arrachée jusqu’à la racine, et que j’eusse été enterré dans les sables de la mer, à la basse marée et  à une encablure de distance du rivage où la mer flue et reflue deux fois par jour, plutôt que d’avoir été complice de la mort de notre respectable maître Hiram !  

Oh ! dit un autre, que mon cœur eût été arraché de mon sein et jeté pour servir de proie aux vautours, plutôt que d’avoir    été complice de la mort d’un aussi bon maître !

    Mais Hélas ! dit Jubelum: Je l’ai frappé plus fort que vous deux puisque c’est moi qui l’ai tué ! Que j’eusse eu mon corps séparé en deux une partie au midi et l’autre au nord et mes entrailles en cendres et jetées aux           quatre vents plutôt que d’avoir été le meurtrier de notre respectable maître Hiram !

    Ce compagnon, après avoir entendu ces plaintes lamentables, appela les deux autres compagnons; ils convinrent entr’eux d’entrer dans l’ouverture du rocher, de se saisir des ouvriers, et de les transporter devant le roi Salomon; ce qu’ils exécutèrent.

          Ces meurtriers avouèrent à Salomon ce qui s’était passé et

-82-

le crime qu’ils avaient commis, et témoignèrent le désir de ne pas survivre à leur forfait.

En conséquence, Salomon ordonna que leur propre sentence fût exécutée, puisqu’ils avaient désigné eux mêmes le genre de leur mort; et ordonna qu’il fût fait ainsi :

          Jubelas eut la gorge coupée.  

          Jubelos eut le cœur arraché. 

          Jubelum eut le corps coupé en deux parties, l’une fut jetée au nord, l’autre au midi.

Salomon ayant ainsi vengé la mort du R maître Hiram-Abif renvoya les mêmes compagnons pour remplir leur première mission.   

Ces douze compagnons partirent une seconde fois, et voyagèrent           pendant cinq Jours sans rien trouver.

Alors le premier surv passe à droite avec la moitié des maîtres et le second surv. . avec l’autre moitié, et font trois tours.   

Ensuite le premier surv, s’adressant au T R, dit : Nos recherches ont été vaines.  Le T R continue :

TR – Ces compagnons ayant rendu compte à Salomon de l’inutilité de leur recherche, il ordonna à neuf maîtres de faire une seconde recherche. Ceux-ci furent sur le mont Liban, et le deuxième jour, l’un d’eux, excessivement fatigué, voulut se reposer sur un petit monticule. Là, il aperçut des branches d’arbres nouvellement coupées et plantées dans la terre. Il les arracha, et vit par-là que la terre avait été fraîchement remuée. Après avoir sondé la fouille dans ses trois dimensions, longueur, largeur et profondeur, il appela ses camarades, et leur fit part de sa découverte. Ensuite ils se mirent à ôter la terre avec beaucoup de précaution, et parvinrent à trouver ainsi le corps de notre R maître Hiram, qui avait été assassiné; mais n’osant, par respect, pousser leur recherche plus loin, ils recouvrirent la fosse; et pour reconnaître le lieu, ils coupèrent une branche d’acacia, qu’ils plantèrent

-83-

dessus, et se retirèrent vers Salomon, auquel ils firent leur rapport.   

Imitons donc nos maîtres, mes frères. Vous, vén frère premier surv, partez à la tête de votre colonne, et n’épargnez rien dans vos recherches.  

Le premier surv fait quatre tours, et au milieu du cadavre, à droite, il soulève le drap, prend la branche d’acacia, la fait tenir au récipiendaire, et lui fait placer la main droite sur la poitrine, et vient en rendre compte au T R, en disant :

Ier S. .– TR, j’ai trouvé une fosse nouvellement fouillée, où est un cadavre, que je présume être celui de notre très-resp. .maître Hiram, et j’y ai planté une branche d’acacia, pour reconnaître facilement l’endroit.

Le très respectable continue :

TR – Salomon, pénétré de la plus vive des douleurs, jugea que ce ne pouvait être effectivement que son grand architecte Hiram. Il leur ordonna d’aller faire l’exhumation du corps, et de le rapporter à Jérusalem.

Ces anciens maîtres se revêtirent de leur tablier et de gants blancs. Rendus au mont Liban, le deuxième jour, ils firent la levée du corps.  

Imitons donc encore nos anciens maîtres, et essayons ensemble, vén. . frères, d’enlever les restes de notre malheureux maître Hiram.

Le très-respectable fait deux fois le tour du cercueil en tête de tous les frères. Arrivé à la porte du sud, côté droit du candidat, il s’arrête, et retirant la branche d’acacia, il dit :

TR – Nous voilà parvenus à l’endroit qui renferme le corps de notre respectable maître. Cette branche d’acacia en est le sinistre indice. La terre me paraît remuée depuis peu. Eclaircissons nos affreux soupçons.

-84-

Le très-respectable tire par gradation le drap qui couvre le «récipiendaire. L’ayant découvert, et reconnaissant en lui notre respectable maître Hiram, il lève les deux mains au-dessus de la tête, par un mouvement de douleur, et les laisse tomber sur les cuisses en frappant des pieds, et il dit trois fois: Ah ! Seigneur mon Dieu !

Tous les frères font de même.

TR – C’est bien le corps de notre respectable maître, mes frères ; acquittons-nous du devoir douloureux que Salomon nous a imposé, en exhumant son cadavre respectable.

Le second surveillant prend le premier doigt de la main droite, et dit B.... en faisant un pas en arrière.

Le premier surveillant prend le deuxième doigt de la même main, et dit: J...., la chaire quitte les os.

TR – Vén. . maîtres, ne voyez-vous pas que vous ne pouvez rien faire sans moi. Joignez vos efforts aux miens, et nous viendrons à bout de nos desseins.   

Alors, le TR prend le poignet du récipiendaire en formant la griffe, Ies deux surveillants, chacun de leur côté, le secondent en soulevant le récipiendaire.  

Le TR met sa main gauche sur l’épaule du candidat.   

Les surv. . Ie prennent chacun par un coude et par une épaule.   

Le TR, en relevant le récipiendaire, lui dit à chaque oreille, «Moh.... (mot de maître). Il doit avoir pour cela pied contre pied, genou contre genou, ventre contre ventre, sein contre sein, la main droite bien griffée, la main gauche sur l’épaule droite, formant équerre. Le corps relevé, le mot donné, le T. . R. . remonte sur le trône.  

Le récipiendaire est en place à côté du maître des  cérémonies.

Chaque frère reprend sa place.

TR – Frère maître des cérémonies, conduisez le récipiendaire à l’autel, pour y renouveler son serment. = Debout et à l’ordre, mes frères, le nouveau maître va renouveler son serment.

-85-

Les surveillants répètent l’annonce.

Lè maître des cérém. . fait mettre le récipiendaire à genoux.

SERMENT

Je renouvelle le serment que j’ai déjà prêté, de préférer la mort plutôt que de rien divulguer des secrets des maîtres, qui viennent de m’être confiés.

Cette cérémonie du serment étant finie, le maître des cérém. . et le grand expert lui tiennent les deux pointes d’un compas sur les deux mamelles; le TR frappe trois coups sur la tête dudit compas, et dit :

TR.– Apprenez toujours à rectifier les mouvements de votre cœur en faveur de l’humanité (il le constitue).

PROCLAMATION

          A la gloire du grand A de l’Univ, au nom et sous les auspices de la métropole loge d’Ecosse, séante à Edimburg, et en vertu des pouvoirs qui m’ont été confiés par cette R loge, je vous crée, reçois et constitue maître maçon, et membre de cette chambre du milieu, au rit écossais, ancien et accepté, et je vous qualifie du doux nom de vén frère, qui doit être sacré pour vous.

Il frappe trois coups sur le glaive, qui est placé sur la tête du récipiendaire. Ensuite il lui donne les signes, mots «et attouchement de ce grade, et lui donne les instructions suivantes :

TR – (Au candidat) Mon frère, les maîtres ont pour se reconnaître entre eux des signes, des mots et des attouchements ; je vais vous les communiquer.

-86-

Le grand signe des maîtres est de lever les deux mains au-dessus de la tête, les laisser tomber sur les cuisses, en frappant en même temps des pieds, et en disant: Ah ! Seigneur; mon Dieu ! Il y a deux raisons pour ce signe.  

La première est que quand les compagnons virent leur maître mort, ils levèrent les mains de surprise, en disant: Ah ! Seigneur; mon Dieu !   

La seconde, c’est quand Salomon dédia le temple au Seigneur, il leva les mains en disant: Mon Dieu ! Tu es au dessus de toutes choses j’adore ton saint nom.

Le mot de passe est T , qu’on dit en se lâchant la main ; mais aussitôt on se donne la grippe (griffe), en se mettant aux cinq points de la maçonnerie.  

On prononce le mot sacré par syllabes à l’oreille. Ce mot est M H B 

L’attouchement se donne en la manière suivante. Lorsque vous vous êtes fait connaître comme apprenti et compagnon, vous demandez: Voulez-vous aller plus loin. Si on vous répond affirmativement, vous mettez votre main droite sur le sein gauche, le pouce élevé et la main gauche sur la tête, en formant une équerre. Alors on se prend par la grippe de maître, en disant :

D. Qu’est-ce que cela ?   

R. L’attouchement de maître.  

D. A-t-il un nom ?   

R. Oui, et quelque chose de plus, qui en dépend.   

D. Qu’est-ce que c’est, mon frère ?   

R. Les cinq points de la maçonnerie.  

D. Voulez-vous me les donner ?   

R. Tirer la main ouverte au travers du ventre, comme pour se l’ouvrir; lever les deux mains sur la tête, en disant: Ah ! Seigneur; mon Dieu !   

Ensuite, se prendre par la grippe de maître, qui se fait de la main droite réciproquement, le pied droit contre le pied droit

-87-

du frère, le genou droit contre le genou droit, le sein droit contre le sein droit, et la main gauche réciproquement derrière le dos, et l’on prononce à l’oreille M H B

Le TR embrasse trois fois le nouveau maître. et dit :

TR – Vén. . F maître des cérémonies, allez présenter ce vén. . frère aux  vén. . surveillants, pour se faire reconnaître en sa nouvelle dignité.

Le maître des cérémonies exécute l’ordre. Lorsque le récipiendaire est reconnu, le second surv. . dit :

IIème S. .– Tout est juste et parfait, T R

TR – Conduisez ce vén. . frère entre les deux colonnes. =  Debout et à l’ordre !

Très-vén. . frères premier et second surveillants, avertissez les vén frères que nous allons nous féliciter des progrès du vén F N...... , et invitez les vén frères de l’une et l’autre colonne, à le reconnaître en cette qualité, à lui prêter secours et assistance, et à applaudir à son initiation au sublime grade de maître.

Les surveillants répètent cette annonce. Le TR fait l’applaudissement ordinaire, puis chacun dit: Houzzé ! houzzé ! houzzé !

Le nouveau maître reçu répond, et le T. . R. . fait couvrir les applaudissements.

Ensuite le T R fait l’instruction ci-après, et ferme la loge.

CLOTURE

(Elle est la même qu’à l’ouverture; Voyez page 69.)*

______________

*N. d. l. r. : En réalité 59.

-88-

INSTRUCTION

D. Où avez-vous été reçu ?

R. A l’ouest.

D. Où allez-vous ?

R. A l’est.

D. Pourquoi quittez-vous l’ouest pour aller à l’est ?

R. Parce que la lumière de l’Evangile parut d’abord de ce côté.

D. Qu’alliez-vous faire à l’est ?

R. Chercher une loge de maître.

D. L’êtes-vous, maître ?

R. Les maîtres me reconnaissent pour tel.

D. Où avez-vous été reçu ?

R. Dans une loge de maître.

D. Comment avez-vous été préparé pour être reçu maître ?

R. Les pieds sans souliers, les deux bras et le sein nus, privé de tous métaux, à la réserve d’une équerre attachée au bras droit, je fus conduit à la porte de la loge.

D. Comment avez-vous été admis ?

R. Par trois coups distincts.

D. Que vous demanda-t-on ?

R. Qui est là ?

D. Qu’avez-vous répondu ?

R. Un maçon qui a fait son temps comme apprenti et comme compagnon, qui demande à être reçu maître.

D. Comment êtes-vous parvenu ?

R. Par un mot de passe.

D. Donnez-le moi.

R. (Il le donne) T........

D. Que vous dit-on, alors ?

R. Entrez, T........

D. Que fit-on de vous ?

R. On me fit faire un tour dans la loge.

-89-

D. Où avez-vous rencontré le premier obstacle ?

R. Derrière le second surveillant.

D. Que vous a-t-il demandé ?

R. Il me fit la même question qu’à la porte.

D. Que fit-il de vous ?

R. Il me fit conduire à l’ouest, au vén premier surveillant.

D. Que fit-il de vous ?

R. Il me fit conduire au très-resp maître.

D. Que fit-il de vous ?

R. Il me renvoya au vén, premier surv pour recevoir des instructions.   

D. Quelles sont les instructions que vous avez reçues ?

R. Quand je fus à l’ouest, il m’enseigna à monter à l’est en maître, en faisant le signe d’app, et à marcher sur l’angle droit d’un carré-long; à faire deux autres pas sur le deuxième degré du même carré, mes pieds formant l’équerre, et en faisant le signe de comp, enfin, le pas de maître sur le même carré-long. Arrivé à l’autel, on me fit mettre à genoux, la main droite sur la bible, les pointes du compas sur chaque sein, et dans cette attitude, je prêtai solennellement mon obligation.

D. Pouvez-vous la répéter ?

R. Oui, TR avec votre assistance.

D. Levez-vous, et commencez.

R. Moi, N,......  de ma libre volonté, etc.

D. Que vous a-t-on montré ensuite ?

R. Le signe des maîtres.

D. Donnez-le moi.

R. (Il le donne.)

D. Que fit-on de vous ensuite ?

R. Le T R me prit la main, et me donna l’attouchement.

D. Quel est cet attouchement ?

R. Celui de compagnon .

D. A-t-il un nom ?

R. Oui, très-respectable.

D. Donnez-le moi.

-90-

R. (Il le donne comme il l’a appris) B...

D. Pouvez-vous aller plus loin ?

R. Oui, passez, je vous suivrai. Il mit l’ongle de son pouce entre la première et la seconde jointure, qui est l’attouchement de passe, et je lui répondis par Sch......

D. Que vous fit-il ensuite ?

R. Il me donna l’attouchement de compagnon, en me disant: Qu’est cela ‘? (L’ongle du pouce sur la deuxième phalange.)

D. Que répondîtes-vous ?

R. L’attouchement de Compagnon

D. Donnez-le moi.

R. J ....

D. Que vous dit-on alors ?

R. Il me dit que j’allais représenter un des plus grands hommes du monde maçon, notre resp. . maître Hiram Abif, qui fut tué lors de la perfection du temple.

D. Après le narration d’usage, que fit-il de vous ‘?

R. On me conduisit aux vén frères premier et second surv. . et au maître, qui me firent les questions que Jubelas, Jubelos et Jubelum avaient faites à Hiram, en me frappant de la même manière.

D. Que fit-on de vous ensuite ‘?

R. Après avoir reçu le coup de maillet sur la tête par le très-resp, on m’étendit par terre.

D. Que vous dit-on alors ?

R. Que je représentais Hiram-Abif après sa mort.

D. Que vous dit-on ensuite ?

R. Le T resp reprit l’histoire d’Hiram-Abif.

D. Comment les envoyés de Salomon relevèrent-ils le corps d’Hiram-Abif ‘?

R. Par les cinq points de la maçonnerie.

D. Qui sont-ils ?

R. D’abord le vén second surv le prit par le doigt index, sur lequel les app font leur attouchement; mais par l’effet de la

-91-

putréfaction, la peau se détacha et lui resta à la main. Le vén. . premier surv. . Ie prit ensuite par le second doigt, sur lequel se t‘ait l’attouchement de compagnon, et la peau lui resta aussi dans la main. Le très-resp. le prit par la main, appuyant les quatre doigts sur le poignet, le pied droit contre le pied droit, le genou          droit contre le genou droit, le sein droit contre le sein droit, et la main gauche le soutenant par le dos. Dans cette position, il le releva en disant : M H B; mot qui veut dire : il est presque pourri jusqu’aux os. Ce mot devint ainsi le mot sacré de maître.   

D. Puisque vous fûtes relevé par les cinq points de la maç, expliquez-les moi ?

R. 1° Main contre main signifie que je suis toujours prêt à tendre la main à mon frère pour le secourir.

2° Pied contre pied, que je suis toujours prêt à voler à la défense et au secours de mes frères.

3° Genou contre genou, qu’en fléchissant devant l’Etre-suprême, je ne les oublierai pas dans les vœux que je lui adresserai.

4° Sein           contre sein, que les secrets qu’ils m’auront confiés y seront invariablement gardés.

5° La main gauche derrière le dos, qu’au          tant qu’il sera en moi, je soutiendrai mes frères dans tous les périls qui les menaceront.

D. Pourquoi étiez-vous privé de tous métaux ?   

R. Parce que dans la construction du temple, on n’entendit aucun bruit causé par les coups d’aucun instrument composé de métal.

D. Pourquoi ‘?

R. Pour qu’il ne fût pas souillé.

D. Comment a-t-il été possible qu’un aussi vaste édifice ait été construit sans le secours d’aucun instrument de métal ?

R. Parce que les matériaux furent préparés dans les forêts du mont Liban, apportés sur des voitures, élevés et placés avec des maillets de bois faits exprès.

D. Pourquoi étiez-vous sans souliers ?

R. Parce que le lieu où je fus reçu était une terre sainte, sur laquelle Dieu dit à Moïse: Ote tes souliers, car le lieu où tu marches est une terre sainte.

-92-

D. Qu’est-ce qui soutient votre loge ?

R. Trois grands piliers.

D. Qui sont-ils ?

R. Sagesse, force et beauté.

D. Que représentent-ils ‘?

R. Trois grands maîtres: Salomon, roi d’Israël; Hiram, roi de Tyr et Hiram-Abif ; qui fut tué.

D. Les trois grands maîtres étaient-ils employés à la construction du temple ?

R. Oui, TR, Salomon en dressa le plan, d’après l’ordre de Dieu.Il fournit l’argent et les provisions pour les ouvriers; Hiram fournit les matériaux et les fit préparer dans les forêts du mont Liban, et Hiram-Abif conduisit l’exécution de ce grand œuvre.

Fin du cahier de vénérable

 

Document n°10

Commentaire sur le rituel

de la R\L\ La Tolérance N° 784

à l’Or\ de Londres – 1848

Note ajoutée par C. G. le 30 décembre 2001 : Cette Loge dont j’ai le manuscrit original, dépendait du G. O. D. F. et travaillait cependant au REAA.

Ce texte rédigé en excellent français présente un intérêt capital car il réalise une véritable synthèse des rituels que nous avons étudiés jusqu’à présent. Du fait qu’il est le plus récent, il a bénéficié de la réunion des «Antients» et des «Modernes» dans la G. . L. . unie d’Angleterre, créée en 1813, et il a de façon harmonieuse rassemblé les deux tendances.

Comme la Loge travaillait en français, les sources de son rituel se retrouvent de façon évidente aussi bien dans le Guide des Maçons Ecossais que dans le Régulateur du Maçon de 1801, auquel il fait un très large appel, reproduisant mot à mot certains passages parmi les plus importants. Ce dernier point nous paraît curieux du fait que cette loge travaillait, comme elle le déclare, au Rite Ecossais Ancien et Accepté alors qu’elle donne une grande place au Rite Français dont elle semble avoir adopté jusqu’à la disposition des colonnes J et B. .. Ce dernier point est difficile à préciser car le rituel garde un secret total sur les mots sacrés lesquels ne sont même pas évoqués par une initiale au moment, par exemple, où le deuxième puis le premier surveillant font leur vaine tentative pour relever le cadavre du Maître Cent ans après, on devait garder encore à Londres, le mauvais souvenir des révélations de S. Prichard et des «Trois Coups Distincts»..

Mais une indication nous paraît capitale, c’est la position avant le meurtre des 3 mauvais compagnons: le lcr Jubelos se tient à la porte d’occident, le 2ème  Jubelas à la porte du midi. C’est l’inverse de ce qui figure dans le Guide des Mc. . Ecos. .. C’est aussi, comme il est indiqué par ailleurs, la place respective occupée par les 2me et 1er surveillants. L’inversion est donc évidente.

 Quoi qu’il en soit, ce rituel est d’une grande beauté, d’une grande élévation morale, avec une tendance chrétienne très affirmée. Sur ce dernier point, il se pourrait qu’il se soit également inspiré du Rite Ecossais Rectifié, ne serait-ce que pour la prière qui termine la cérémonie d’initiation.

Avant d’en entreprendre une étude plus attentive, il nous faut signaler qu’à ce très long rituel devaient être annexés des renseignements, que nous n’avons pas, sur les détails de la mise en scène.

On ne nous dit pas si le candidat était vêtu ou dénudé; s’il était au préalable enfermé dans une chambre de réflexion. Le décor de la loge n’est pas décrit et, au moment où est porté le coup mortel, on ne précise pas que le corps est basculé sur le cercueil. Le rituel indique seulement: «Cérémonie «

L’ouverture de la Loge se fait directement au 3ème degré dans une forme classique.

Aucune opposition ne se manifestant dans la Loge à l’initiation du compagnon, le F. . préparateur est chargé d’amener l’aspirant.

On frappe à la porte, dit le rituel, sans indiquer de quelle manière et, lorsque les surveillants ont fait l’annonce, le T.. R. . s’étonne qu’un compagnon vienne troubler les travaux de la Loge qui sont empreints d’une douleur profonde, mais il se reprend en estimant que «c’est peut être la justice divine qui livre un coupable à notre juste vengeance» (C’est la reprise mot à mot du G. . des Maç. . Ecoss. .).

Il s’ensuit alors l’échange classique pour connaître l’identité du candidat, pour s’assurer que ce compagnon n’est pas impliqué dans un crime quelconque et s’il est disposé à remplir les devoirs d’un Maître Maçon, etc.

Les réponses à ces questions qui ne sont pas consignées dans le rituel parviennent au T R par l’intermédiaire des surveillants.

Le TR donne enfin l’entrée de la Loge en prenant les précautions nécessaires pour que le candidat ne puisse rien voir de ce qui se passe à l’intérieur. On lui demande de faire le serment de garder le secret et de ne rien révéler de ce qu’il pourrait apercevoir par la suite.

Après que le T R se soit assuré des motivations réelles qui le poussent à obtenir «le plus important des grades», il demande au F expert de lui faire exécuter: «Le premier des neufs voyages mystérieux» Reprise mot à mot du Régulateur du Maçon . Cela fait, le T. . R. . engage vivement le candidat à ne pas se retourner et invite les maîtres à venir lui rendre compte de ce qu’ils ont appris au sujet du candidat.

Comme il est dit dans le Régulateur du Maç. ., neuf maîtres se rassemblent alors autour de la représentation et forment la chaîne d’union.

Le T. . R informe le candidat qu’il est soupçonné d’une faute grave et il ordonne au F conducteur de lui arracher le tablier. Il lui demande ensuite si sa conscience ne lui fait aucun reproche. Avant de faire le second voyage, il lui rappelle que «la vie de l’homme ici bas n’est qu’un passage» Reprise mot à mot du Régulateur du Maçon. enfin assuré que le compagnon a toujours bonne conscience, il le fait se retourner, «pour voir à quels excès peut nous porter l’oubli de nos devoirs» Reprise mot à mot du Régulateur du Maçon. et pour connaître la cause du deuil où est plongée la Loge.

Rien ne décelant dans l’attitude du candidat une émotion qui le trahirait, le T. . R Iui parle encore de la mort: «Chaque instant nous mène à notre fin dernière; le vrai maçon ne la craint ni ne la désire, mais il doit toujours y être préparé».

Le F. . expert fait alors exécuter le 3ème voyage.

Le rituel se poursuit reprenant la plupart du temps le mot à mot du Régulateur du Maçon.

Nous y retrouvons; l’explication de la tristesse de l’assemblée, la levée des soupçons qui s’étaient portés sur le candidat et enfin... le long discours moral qui précède le récit historique. Celui-ci au début est entièrement calqué et parfois mot à mot sur le texte  du Régulateur.

On y relève cependant une nuance amusante: il est dit dans le Régulateur que notre maître architecte avait acquis un tel degré de considération et de respect de la part du roi de Tyr»qu’il l’appelait son père». Cette considération a dû choquer le F. . qui recopiait le rituel et il a préféré écrire «qu’il l’appelait son fils»; ce qui paraît plus logique,

 mais, comme nous l’avons déjà signalé, c’est le suffixe Abi, accolé au nom d’Hiram et qui signifie en hébreu «Mon père», qui a provoqué toutes ces confusions.

Nous retrouvons le même nombre d’ouvriers: 183.300 appelés «Prosélytes». La dévolution des portes est identique de même que la stricte observation du sabat.

Par contre, le nom des trois mauvais compagnons: Jubelas, Jubelos, Jubelum est emprunté au G. . des Maç. . Ecos. . mais leur position aux 3 portes est inversée comme nous l’avons déjà signalé.

L’heure du crime est fixée au soir comme dans le Régulateur, et non à midi, comme dans le Guide.

Le scénario de la recherche du corps d’Hiram ainsi que les mots prononcés au cours de cette la réplique du Régulateur jusqu’au moment où le cadavre est relevé par les cinq points de la maîtrise.

A ce moment là, notre rituel nous donne une très longue explication symbolique de ces cinq points. Explication omise dans le Régulateur et très sobrement évoqué dans les instructions du Guide des Maç Ecoss qui reprend celle des «Trois Coups Distincts».

Nous y relevons une phrase qui souligne, une fois encore, le caractère chrétien de notre rituel: «...nous pouvons espérer de nous réunir dans la Grande Loge Céleste, pour y jouir sans fin des récompenses promises à l’homme

Avec l’obligation que prête le récipiendaire, nous revenons au Guide des Maç Ecoss. .. Elle est prêtée en présence du G. . A D. . L. . U et de cette Loge dédiée à St Jean d’Ecosse. Elle se termine par «Amen».

Le candidat est alors reçu et constitué «Maître Maçon au Rite Ecossais Ancien et Accepté».

On lui révèle les signes, mots et attouchements, mais ils ne sont pas décrits dans le rituel. Nous apprenons seulement la dénomination de ces signes: 1°) Le signe pénal qui est l’ordre. 2°) Le signe d’horreur. 3°) Le signe de sympathie (?).

La parole sacrée n’est évoquée que par sa traduction «La chair quitte les os». Le mot de passe par son initiale T. . (Tubalcaïn). Le nom du Maître est G. . B. . N. . (Giblin ?). Le signe de détresse n’est pas décrit mais l’exclamation est donnée par les initiales classiques.

Le T. . R. . lui remet le tablier portant les attributs «de couleur céleste» et accompagne le geste d’un discours qui vise à obtenir la faveur du G. . A. . D. . L. . U. ..

On lui rend le chapeau, marque de supériorité dont il devra se couvrir en Loge de Maître.

Il va ensuite se faire reconnaître par les deux surveillants. Après quoi, le T. . R. . proclame son intégration dans la Loge.

On place le nouveau maître en tête d’une colonne et, pour son instruction, on lui donne la suite du récit historique.

Il diffère un peu à son début du Guide car Salomon, «instruit du crime affreux qui l’avait privé d’un ami» envoie directement 9 maîtres à la recherche des coupables. C’est une simplification par rapport au Guide des Maç.. Ecoss. . qui passe d’abord par l’intermédiaire des 12 compagnons. Ici ce sont les 9 maîtres et non les compagnons qui découvrent les coupables dans les mêmes conditions que celles données par le Guide.

Une des trois bandes qui suivait le «cours de la rivière Joppa» prend quelque repos auprès d’une caverne au bord de la mer nommée «la caverne de Ben Acar», fils de la stérilité Ce rajout au récit du Guide des Maç... Ecoss... est assez surprenant; nous ne les retrouvons nulle part. Est-ce l’ultime manifestation d’une érudition aussi vaste qu’incohérente» dont parlait Le Forestier ? Bien que le caverne ne figure pas dans le Guide, la suite des événements en est la copie conforme. Qu’il s’agisse de la confession et des remords des 3 mauvais compagnons, jusqu’à l’arrestation et la punition des coupables par Salomon.

A partir de là, notre rituel retrouve sa personnalité tout en restant dans la Tradition. Salomon envoya exhumer le corps d’Hiram avec pompe; il lui fit de magnifiques funérailles et le dépose dans un tombeau aux dimensions que nous connaissons de 3, 5 et 7 pieds.

Au-dessus du tombeau, un triangle, de l’or le plus pur, portait gravé l’ancien mot de maître «qui était un des noms hébreux du GADLU, on le donne sous l’abréviation de JOA .

Le T.. R.. continue son exposé en faisant l’exégèse de la cérémonie que le nouveau maître vient de subir. Il en tire de très larges conclusions morales... «Parce que la moralité qui est à la base de nos principes est adaptable à toutes les capacités, à toutes les vocations, à toutes les conditions de la vie, enfin à tous les hommes».

C’est sur cette phrase, caractérisant bien l’universalité de la F. . M. ., que se termine ce très beau discours, d’une très grande élévation de pensée et rédigé dans un style d’une rare qualité.

Il est alors indiqué au nouveau maître qu’il est arrivé au troisième grade, suprême degré de la maîtrise qui est celui de la Perfection, symbolisée par le chiffre 7 dont on nous détaille longuement les diverses interprétations.

Le T. . R. . termine enfin ce long exposé en donnant l’explication symbolique des outils des maîtres qui sont: la règle à 24 pouces, le cordeau, le crayon et le compas. Cela nous vaut encore un long développement, toujours sous-tendu par de rigides préceptes moraux

Les formalités administratives et symboliques étant accomplies, le T. . R. . invite les FF.. à remercier le G. . Arch. . des Fav. . qu’il nous a accordées en ce jour et c’est debout et à l’ordre d’écouter la très belle prière:

«Reçois, ô Père incréé de la Nature ! les actions de grâces des ouvriers de ce Temple qu’ils ont élevé à ta Gloire et daigne continuer de les protéger dans leurs Travaux, afin que, parvenus dans le chemin de la vertu, ils puissent espérer de s’élever jusqu’à Toi». AMEN.

La fermeture des travaux se fait par les mêmes demandes qu’à l’ouverture de la Loge.

Les FF. . se séparent alors sous le serment du silence.

Ce très long rituel ne comporte pas d’instruction, mais elle a été très largement donnée par les explications détaillées fournies au candidat au cours de la cérémonie.

Il n’est pas interdit de penser qu’elles peuvent figurer sur un autre manuscrit, comme c’est sans doute le cas pour la préparation du candidat et le décor de la Loge.

Comme nous l’avons indiqué dans le préambule, ce texte très long, s’appuie sur les meilleurs passages tant du “ Régulateur du Maçon ” que du “ Guide des Maçons Ecossais. Il en réalise une excellente synthèse dotée d’une très grande valeur symbolique.

Cette Loge, travaillant à Londres, en français, ne peut renier ses origines anglo-saxonnes, même si elle a été obligée de passer, pour la rédaction de son rituel, par des textes français qui ont puisé aux mêmes sources.

 

Document n°10bis

1848

Texte du Rituel de la

Resp\Loge de La Tolérance

n°784 à l’Or de Londres"

-111-

Cahier de Réception au 3e G Symbolique

_________________________________

Ouverture

Le T Resp frappe un coup qui est répété par les Surv..

T R  «Vén.. F. . Ier Surv.., quel est le devoir d’un premier Surven L C~ . . de Maît?»

Premier Surv   C’est etc.

T R  Faites vous en assurer V F

Premier Surv    Vén F second Surv faites-vous etc.

Second Surv.   VF Gdes  P, etc.

-112-

(La réponse passe du FG des P au 2e Surv qui la transmet au 1er  Surv et celui-ci au T R

T R  Quel est le second devoir des Surv. . ? Premier Surv. . C’est etc.

T  R  Vén  FF 1er et 2ème Surveillants, transportez-vous sur vos Col. respectives pour vous assurer si etc «Debout et à l’ordre, face à l’Ouest».

 (Les Surv après avoir rempli ce devoir, en rendent compte.)

 T R  «VénF second Diacre, où est votre place en L de Maît ?» (Le tout se flait ici comme à l’ouv. . des autres G.  et le T. . R. . envoie le Mot par son Diacre).

-113-

T R  Vén F Premier Surv, êtes-vous Maît ‘?

Premier Surv. . (Répond).

T R  «Donnez-moi le signe». (Le F Ier Surv le fait).

T R  «Vén.. F.. Second Surv. ., quel âge avez-vous comme Maît Maç»

(Le 2ème Surv. . répond).

T R  «A quelle heure les Maç ouvrent-ils leurs Trav. . dans la Chambre du Mil?

(Le 2ème Surv répond).

T R   «Vén F Premier Surv quelle heure est-il ?»

(Le ler Surv répond).

T R  «Puisqu’il est Midi et que c’est l’heure d’ouvrir nos trav FF 1er et 2ème Surv    etc…

(Le T R. . envoie le Mot sacré par

-114-

son Diacre et après que le F second Surv l’a reçu, il frappe un coup de Maillet et dit : «TR tout est juste et parfait».

T R   «Puisqu’il en est ainsi, Au nom de Dieu et de St Jean d’Ecosse, je déclare la L ouverte au 3ème G Il n’est plus permis à aucun F de parler ni de passer d’une Col sur l’autre sans en avoir obtenu le permission.

_________

Lecture de la Pl

__________

Introduction des Visit

__________

-115-

T R  «MM FF, vous avez donné votre consentement pour l’admission au G. . de Maître du F +++++++++, si quelqu’un de vous a aujourd’hui des causes légitimes pour y former opposition, c’est ici le moment de les faire connaître.-------------

F. . M. . des Cérém. ., faites avertir le F. . Prép. . d’amener l’aspirant.

Réception

(On frappe à la porte de la Cham du Mil et les Surveillants l’annoncent).

T R   «Quel est le Comp. . qui ose venir ainsi troubler nos Trav. . ? L’objet de notre douleur profonde n’aurait-il pas dû engager notre gardien à écarter toute personne suspecte ?

-116-

«MM FF, armez-vous de vos glaives. C’est peut être la Justice Divine qui livre un coupable à notre juste vengeance !... .....Vén F 1er Surv, faites voir qui frappe».

(Cet ordre s’exécute)

T R   «Demandez au F. Conducteur s’il est bien certain que ce n’est pas un des Comp que nous avons droit de soupçonner, et s’il répond de lui ?»

(Cet ordre s’exécute en la manière accoutumée.)

TR  Demandez lui son nom, ses prénoms, son âge, son état civil».

(Les réponses parviennent et sont transmises comme d’usage).

T R   «Faites-lui demander son âge Maçon où il a travaillé et sur quoi

-117-

 il s’est exercé».

(Ces demandes sont faites.)

T R   «Faites-lui demander s’il est bien sincèrement disposé à remplir les devoirs d’un Maît Maç et s’il croit n’avoir rien à se reprocher sur les Oblig qu’il a déjà contractées» .

(Les réponses à ces questions parviennent au T. . R. . par l’intermédiaire des Surv. .)

(Frappe répétée.)

TR   «Introduisez le Comp. .»

(Il est introduit, la pointe d’un glaive sur le cœur.)

T R   «Emparez-vous du Compagnon, ayez soin qu’il ne puisse rien voir de ce qui se passe ici, jusqu’à ce que nous soyons assurés qu’il est digne d être admis a

-118-

nos mystères. -------------Comp, jurez et promettez, sous les peines auxquelles vous vous êtes engagé précédemment de ne rien révéler de ce que vous pourrez apercevoir ici et de n’en rien communiquer à aucun Comp ou App, dans le cas même où vous ne seriez pas admis au G que vous sollicitez la faveur d’obtenir.»

(Le Comp le jure.)

T R   «Promettez de répondre avec candeur et franchise aux questions qui vont vous être faites.»

(Le Comp Le promet.)

T R «Que demandez-vous?»

Le Comp répond.)

T  R  Est-ce bien le désir de vous instruire ? et croyez vous avoir fait assez de progrès dans

-119-

 l’étude de la F Maçon pour mériter d'obtenir le plus important de ces grades ?.

(Le Comp répond.)

T R   «F Exp, faites faire le premier des neui` voyages mystérieux.»

(Cela s’exécute.)

T R   Comp, craignez de tourner la tête:----------Vous tous Vén Maît., membres de mon conseil, vous connaissez le Comp, venez m’instruire de ce que vous avez appris sur son compte, et comment il s’est comporté depuis qu’il a été admis parmi nous, afin que nous puissions régler la conduite que nous devons tenir à son égard.»

(Ici les Neuf Maît se rassemblent et forment la Ch d’un etc.).

-120-

T R  «Comp, vous êtes soupçonné d’une faute grave ! F Conduct. ., arrachez-lui son tablier, il n’est pas digne de le porter».

(Cela se fait).

T R   «Comp, votre conscience ne vous fait-elle aucun reproche ‘? Soyez sincère, souvenez-vous de la promesse que vous avez faite il n’y a qu’un instant Répondez» .

(Le Comp répond).

T R   «La vie de l’homme ici bas n’est qu’un passage: –------Faites faire le second voyage. Comp, pendant ce voyage, scrutez les replis de votre conscience». Le T R retourne à sa place et dit: «Le crime et l’innocence, le mensonge et la vérité, ont des carac-

-122-

tères qui ne permettent pas qu’on les confonde. Hé bien ! Compagnon, votre conscience ne vous fait-elle aucun reproche ?»

(Réponse)

T R   F Exp,  faitres retourner le Comp, qu’il voit à quel excès peut nous porter l’oubli de nos devoirs !»

(Le F Exp fait retourner le Comp. .).

T R  «Considérez, Comp. ., quelle est la cause du deuil où nous sommes plongés. Il est la suite d’un crime affreux commis par des Comp. .: Dieu veuille que vous n’ayez pas trempé dans cet horrible forfait.

T R  F Exp, Ie Comp. . paraît-il ému ?  Rien ne décèle-t-il le coupable ?

(Le F  Exp répond.)

T R   «Chaque instant nous mène

-122-

à notre fin dernière le vrai Maç ne la craint ni ne la désire, mais il doit toujours y être préparé».-

T R  «F Exp, `faites faire le troisième voyage.»

(Frappe répétée.

T R   «Comp, tout vous annonce ici le deuil et la tristesse: vous êtes soupçonné d’avoir participé à la conduite de Comp perfides, avez-vous connaissance de leur complot détestable ?»

(Le Comp. . répond.)

T R  Quel sera votre garant ?

(Le Comp. . dit: «M  P  d’H et M  F de M »)

T R  «Je les reçois; I’une et l’autre

-123-

sont sacrées parmi nous. Confirmez-les par un signe qui ne nous laisse rien à douter.

(Lc Comp. . fait ce signe.)

T R  «Ne soyez pas surpris M F, des précautions que nous prenons vis-à-vis de vous. Depuis la mort de notre R  Maît , tous les Comp nous sont suspects. Vous avez dû vous en apercevoir par la manière dont nous vous avons traité : l’assurance et la naïveté de vos réponses ont détruit nos soupçons à votre égard et vous ont mérité notre confiance.» Tâchez, maintenant, de vous rendre digne de la faveur que vous sollicitez». L’homme vulgaire se laisse prendre à l’apparence, mais le vrai Maç. . sait l’écarter pour s’élever jusqu’à la vérité... Vous

-124-

sentez-vous la force, M  F, de tenter cette entreprise, et persistez-vous dans le désir que vous avez témoigné de parvenir au G. de Maît ‘?»

(On attend sa réponse.)

T R  M  F, toutes les épreuves que vous avez subies jusqu’à présent, les préceptes qui vous ont été enseignés, n’ont eu d’autre but que de vous préparer à parvenir dans cette partie de l’intérieur du Temple où vous devez acquérir des connaissances plus profondes de notre art. On ne peut arriver à ce haut degré, qu’avec une âme pure. Comme nous ne pouvons pénétrer les replis de votre cœur soyez vous-même votre juge et craignez de vous exposer aux remords. Vous allez désormais, comme maître, être chargé

-125-

d’enseigner les App et les Comp Que la vertu soit votre guide ; ne perdez jamais de vue, que le bon exemple produit des effets bien plus sûrs que les maximes les plus sages. Oui, M F, tout ce que vous avez vu jusqu’à présent dans la F  Maçon, tout ce que vous y verrez par la suite, est couvert du voile Myst de l’emblème; voile que le Maç intelligent, zélé et laborieux, sait pénétrer: rappelez-vous bien de ce qui est arrivé et faites bien attention à ce qui vous arrivera. N’oubliez pas les trois Voy Myst que vous avez faits; plus tard vous en connaîtrez la signification. Le nombre des voyages devrait être de neuf, mais nous avons pensé qu’il serait suffisant de vous mettre

-126-

 à même d’en saisir le sens emblématique.»

T R   Vén F Exp, faites monter au F, les sept marches du Temple, qu’il y entre par la porte d’Occident, et vous me le présenterez quand il sera temps, par les pas

(Le F Exp exécute cet ordre.)

T  R   M F, Ies deux premiers G vous ont appris à connaître l’usage symb de quelques instruments et l’emblème des destinés à la construction du Temple moral auquel nous travaillons. Vous devez trouver dans celui-ci, le développement des autres emblèmes sous lesquels la vérité s’est, jusqu’à présent dérobée à vos yeux. Mais, M F, les secrets de la nature ne sont pas faciles à pénétrer.

-127-

Tout dans l'univers est sujet à d'étranges révolutions. c'est seulement par l'étude et la persévérance que l’on parvient à la connaissance parfaite des merveilles de ce monde; connaissances qu’il est impossible d’inculquer en un instant.

En vous admettant au degré de la Maîtrise, nous vous donnons le droit de vous livrer à leur recherche et nous serons heureux de vous en faciliter les moyens. A cet effet, et pour vous mettre sur la voie, je vais vous donner un é de l’historique du grade que vous avez sollicité, en vous instruisant des circonstances de la mort de notre Respect  Maître Hiram, dont les talents, les vertus et le dévouement nous font déplorer si vivement la perte.

-128-

Historique

_______________________________________________________

David, roi d’Israël, ayant formé le projet d’élever un temple à l’Eternel, amassa, pour cet effet, d’immenses trésors... Mais ce roi ayant quitté les sentiers de la vertu, la gloire de cette entreprise fut réservée à son fils Salomon, dont la sagesse et les vertus, I’avaient rendu «digne de la protection du G Arch de l’Un Afin de mettre son projet à exécution, Salomon réclama I’assistance du roi de Tyr son allié et le fit prier de lui  procurer des ouvriers et de lui r les matériaux nécessaires .

-129-

Le Roi Hiram accepta cette proposition avec joie et lui envoya pour chef de ses travaux, un de ces hommes rares, dont le génie, I’intelligence, le goût, la supériorité des talents dans l’art de l’architecture, et la vaste «connaissance des métaux, lui avaient acquis un tel degré de considération et de respect de la part du roi, qu’il I’appelait son fils et le traitait comme tel, ce que beaucoup croyaient, parce qu’il portait aussi le nom d’Hiram, bien qu’il fût né d’une femme de la Tribu de Nephtaly, veuve d’un Tyrien

Salomon donna à Hiram l’intendance et la conduite des travaux. Hiram choisit d’abord les ouvriers

-130-

 et les divisa par classes, selon leur habileté. Le dénombrement qui en fut fait, les porte à cent quatre vingt trois mille, trois cents. L’histoire les nomme Prosélytes, ce qui dans notre langue signifie Etrangers admis, c’est-à-dire Initiés, savoir : Trente mille hommes destinés à couper «les cèdres sur le Mont Liban; ils servaient par tiers pendant un mois: soixante-dix mille Apprentis, quatre-vingt mille Compagnons, et trois mille trois cents Maîtres. Les habitants du Mont Gibel façonnaient les cèdres et taillaient les pierres.

Les ouvriers, divisés en trois classes, avaient des Mots, des Signes

-131-

et des Attouchements pour se reconnaître entre eux, et pour recevoir la paie proportionnelle au genre de travaux auxquels ils étaient «propres, et selon leurs grades.

«Les App  recevaient leur salaire à la Col            et les «Comp  à la Col           ; les Maît  dans un lieu à part que l’on appelait la Ch  du Mil

On entrait dans le Temp  par trois portes; celle destinée aux App. . et par la suite au Peuple, était à l’occident, celle destinée aux Comp  et après l’achèvement du Temp , aux Lévites, était au midi; celle destinée aux Maîtres, et par la suite

-132-

aux Pontifes, était à l’Orient .

Aussitôt que les portes furent posées, Salomon fit publier une ordonnance par laquelle il était enjoint à tous les App  et Comp de sortir du Temp la veille du Sabat, et de n’y entrer que le jour d’après, sous peine de mort .

L’ordre qui avait été ainsi établi, devait nécessairement assurer la tranquillité parmi les ouvriers et l'accomplissement de leurs devoirs; la dernière ordonnance de Salomon ayant pour but de faire observer strictement le Sabat

Tout répondait aux vœux de Salomon.

-133-

L'Ordre  régnait.

Par les soins et la vigilance d’Hiram, le Temp  prenait chaque jour un nouvel accroissement lorsque, tout à coup, un crime affreux vint suspendre les trav et jeter une consternation générale.

Trois Comp nommés Jubélas, Jubélos et Jubélum, mécontens de leur paie et ambitieux de considération, formèrent l’odieux projet de se procurer les Signes, Paroles et Attouchement de Maît  par la violence, n’ayant pas d’autre ressource pour satisfaire leur ambition.

Ils avaient remarqué qu’Hiram

-134-

visitait tous les soirs les Trav  après que les ouvriers étaient retirés. Quand ils le surent dans le Temp, ils s’embusquèrent aux trois portes après s’être armés, savoir : Jubélas d’une Règle, Jubélos d’un Levier et Jubélum d’un fort Maillet

Hiram, après avoir inspecté les Trav, se disposait à sortir par la porte d’Occident, lorsque Jubélas se présenta à lui et lui intima l’ordre de lui donner les Mots, Signes et Attouchements du G de Maît, le menaçant de le tuer s’il n’y consentait pas. Malheureux ! lui dit Hiram, ne sais-tu pas que je ne puis souscrire à ta demande  sans

-135-

violer mes serments. Mérite par ton travail et ta conduite la faveur que tu ambitionnes et tu es certain d’y parvenir par tes efforts et ta persévérance.

Jubélas, peu satisfait de cette réponse, lui dirigea sur la tête son coup de Règle de 24 pouces, mais le mouvement que fit Hiram pour s’y soustraire, fit qu’il ne porta que sur l’épaule.

Hiram voulut chercher son salut dans la fuite et se dirigea vers la porte du Midi; il y trouva Jubélos, qui lui fit la même demande et la même menace.

Hiram voyant que toute exhortation serait inutile, «voulut s’enfuir, mais avant qu’il en eût eu le temps,

-136-

cet infâme Comp  lui déchargea un coup de Levier qui l’atteignit seulement sur la nuque du cou.

Cependant la violence de ce coup ne fit qu’étourdir notre Respectable Maît  Hiram qui eut encore assez de force pour essayer, tout chancelant, de se sauver par la porte d’Orient, où il trouva Jubélum le 3e Comp  qui lui fit encore les mêmes demandes et les mêmes menaces ; mais notre généreux Maît étant résolu de mourir plutôt que de violer les secrets qui lui avaient été confiés ne voulut point le satisfaire. Jubelum, sur son refus, lui asséna sur le front un grand coup de Maillet qui I’étendit mort

-137-

à ses pieds.  (Cérémonie____________

Le Vén retourne à sa place et continue:

Les trois Comp ne se furent pas plutôt rejoints qu’ils sentirent l’énormité de ce crime abominable et sans fruit. Afin d’en dérober les traces, ils enlevèrent le corps d’Hiram qu’ils déposèrent loin des Trav. . et l’enterrèrent dans une fosse creusée à la hâte, se promettant au premier instant favorable de l’emporter bien loin et pour reconnaître l’endroit où ils l’avaient placé, ils y plantèrent «une branche d’Acacia.

Salomon étant informé qu’Hiram ne paraissait plus aux Travaux comme à l’ordinaire, envoya de toutes

-138-

parts l’informer de lui, mais inutilement. Alors le désordre se glissa dans les Trav , la tristesse fut peinte dans les yeux des ouvriers. Salomon ne doutant plus que le Resp Maît Hiram fût mort, ordonna les plus exactes recherches.

Par respect pour ses ordres, VV FF,   mettons-nous aussi à la recherche des restes précieux de notre Respect Maît Hiram et tâchons par notre zèle et nos soins de les découvrir.

(Frappe répétée.)

T R   Vén F second Surv, prenez avec vous deux Maît et faites la recherche par le Nord.

(Le 2e Surv  de retour à sa place,

-139-

frappe et dit: etc.)

T R   Vén  F premier Surveillant, prenez avec vous deux Mâît. . et faites la recherche par le Midi.

(Le ler Surv de retour à sa place, frappe et dit: etc)

T R VV  FF Ier et 2ème Surv , invitez les FF  qui vous ont déjà accompagnés, à se joindre de nouveau à vous; je vais me faire accompagner moi-même de deux de mes VV FF  et tous, de concert, nous ferons une recherche plus attentive. Puissions-nous être assez heureux pour réussir dans cette importante découverte.»

(Recherche.)

Au second tour, le second Surv

-140

s’arrête et dit : T  R  je vois une vapeur s’élever d’un petit espace de terrain; approchons.

Ils font un troisième tour, après lequel le T R  s’arrête en face de la représentation, et le 1er Surv dit: «T R, la terre me paraît fraîchement remuée en cet endroit; nous pourrions bien trouver ici l’objet de nos recherches».

Le T R feint de s’appuyer sur la branche d’acacia et dit: «VV FF Maît, cette branche n’est pas crue en cet endroit : ceci me paraît suspect. Peut-être nos recherches ne seront-elles pas vaines.

Comme il se pourrait bien qu’à force de tourments, «les assassins eussent arraché les Mots et Signes de reconnaissance

-141-

de notre R M Hiram, avant qu’il expirât, rappelez-vous que d’après les ordres du Roi Salomon, nous devons remarquer attentivement le premier signe que l’un de nous fera et le premier mot qui pourra nous échapper à l’aspect du corps de notre R  Maît , afin que ces Signe et Mot soient substitués à la place de ceux que nous devons considérer comme perdus, puisque nous ne pouvons plus en faire usage».

(Signe d’approbation des FF )

Le T  R  lève avec la pointe de etc. et fait les signes d’Horreur et de Symp

- - -  ------------------ - - -

-142-

Le second Surv.. prend l’Index du récipiendaire et dit: etc. (signe)

Le premier Surv. . prend etc. et dit etc. (signe d'H )

T  R  MM FF, qui a dérangé le corps de notre Resp Maît ?

Second Surv  T R, j’ai voulu le relever par l’att. . de etc, mais etc.

Premier Surv T R, j’ai voulu le relever par l’att. . de etc, mais etc.

F R Ne savez-vous pas mes VV FF, que vous ne pouvez rien sans moi et que nous pouvons tout à nous trois.

(On relève le Candidat, les F retournent à leurs places et le TR dit :

M F,  la manière dont vous venez d’être relevé figure les Cinq

-143-

Points de la Maîtrise sur lesquels est fondée la Morale du grade que vous allez obtenir.

Main en Main : comme salut fraternel, est l’emblème de l’amitié, de la cordialité Maçonnique et de la confiance. Il signifie que nous devons toujours être prêts à tendre la main à un F , soit pour l’empêcher de succomber dans les périls auxquels il peut-être exposé, soit pour l’assister dans sa détresse, soit pour le protéger quand il est en notre

Toutefois, selon les règles de la saine raison et de la justice, nous devons le faire sans négliger les devoirs qui pourraient être plus sacrés encore et sans

-144-

déroger à la voie de l’honneur.

Pied contre Pied, signifie qu’un Maç ne doit jamais négliger ses pas et ses démarches, quand il s’agit de servir un F ., qu’il doit dans toutes les circonstances s’empresser de voler à lui pour s’acquitter des devoirs de la charité et de l’amitié fraternelle: car le vrai Maç. . quelque malheureux  toujours digne de la sympathie et de l’estime de ses FF, et il a droit de compter sur leur bienveillance, parce que l’infortune ne peut dégrader l’honnête homme et que la pratique des vertus est pour le sage la compensation des misères humaines auxquelles il est exposé.

-145-

Genou contre Genou, doit nous rappeler que lorsque nous nous agenouillons pour invoquer les grâces du Ciel et les faveurs du G Arch de l’Un, nos prières ne doivent pas se borner à intercéder pour nous seuls, mais que nous devons comprendre dans nos supplications la prospérité de nos FF, afin que leurs vœux soient exaucés aussi bien que les nôtres. C’est par ce moyen, qu’après avoir joui ici-bas des douceurs de la fraternité dans nos Temples, nous pouvons espérer de nous réunir encore dans la Grande Loge Céleste, pour y jouir sans fin, des récompenses promises a l’homme de bien.

-146-

Sein contre Sein, est l’emblème du rapprochement et de l’union des cœurs. Il signifie que notre cœur doit toujours être ouvert à la sympathie, qu’il doit être le dépositaire sacré des pensées et des secrets de nos FF, que nous devons garder aussi soigneusement que les nôtres, toutes fois autant que ces secrets ne seraient plus de nature à compromettre l’homme innocent, ou à nuire aux intérêts du juste

La Main réciproquement placée derrière l’un l’autre, a une signification sur laquelle j’appellerai votre plus grande attention. Cet attouchement est parmi nous le symbole de la confiance mutuelle et du dévouement. Il nous rappelle qu’il est de notre devoir de défendre l’intérêt et l’honneur de nos FF aussi bien en leur absence, qu’en leur présence; il nous rappelle

-147-

 que c’est un devoir sacré de nous protéger mutuellement contre les attentats de la jalousie, de l’envie, de la médisance, de la calomnie, qui en frappant l’honnête homme par derrière, le privent des moyens de se défendre. Apprenez par-là, que vous ne devez jamais souffrir qu’on parle mal, qu’on médise d’un F, ou qu’on calomnie en son absence. Rappelez-vous que la fausseté, la dissimulation et l’hypocrisie, sont des vices contre lesquels le Maç doit se garder avec le plus grand soin, parce qu’ils sont les vers rongeurs de toute

-148-

institution sociale et les destructeurs innés du bonheur de l’homme. Sachez donc, M  F, repousser avec courage, persévérance et fermeté, les traits empoisonnés de la malignité, de la médisance et de la calomnie, sous lesquels vous pourriez peut-être succomber un des premiers, si ce 5ème point de la Maîtrise ne faisait un devoir à chacun de nous d’être constamment armé pour les combattre.

Les Cinq Points  que je viens de vous signaler, forment les anneaux d’une chaîne indissoluble qui unit les Maç par la cordialité Fraternelle, par la Charité, par la Piété, par la Confiance et par le Dévouement. C’est en mettant ces préceptes en pratique,

-149-

 que vous vous ferez respecter comme homme et comme Maç et que vous contribuerez à ajouter à la gloire de notre noble institution.---------------

(Le T R retourne à l’autel et le F Exp place le Récipiendaire en tête de la représentation.)

T  R   Vén F M des Cérém, Veuillez amener le Récipiendaire au pied de l’autel pour y prêter son obl

( Frappe répétée. )

T  R   Debout et à l’ordre, MM FF, glaive en main.

( Le Récipiendaire, un genou à terre, la main droite sur la Bible, le Compas placé sur les deux mamelles, répète. )

-150-

Obligation

__________

«Moi, N+++, de ma libre volonté, en présence du G Arch  de l’Un et de cette Resp L    O de Maît dédiée à St Jean d’Ecosse, jure et promets solennellement de ne jamais révéler les secrets de Maît, qu’à celui ou ceux reconnus comme tels; de me conformer et de remplir scrupuleusement les devoirs de la maîtrise; de garder les secrets de MM FF comme les miens propres, excepté dans le cas de Meurtre ou

-151-

de Trahison ; de ne jamais leur faire de tort ou de souffrir qu’il leur en soit fait; de les servir dans tout ce qui dépendra de moi; de les respecter dans leur personne et dans celles «qui leur sont chères et de ne jamais chercher à séduire «leur femme, leurs filles ou leurs sœurs.

Je promets de remplir ces obligations sans réserve et je consens, dans le cas où je violerais ce serment, d’avoir mon corps coupé en deux parties, I’une

-152-

jetée au Midi et l’autre au Nord; d’avoir les entrailles brûlées, et les cendres jetées au vent, afin qu’il ne reste aucun souvenir de moi parmi les FF  que j’aurais trahi. Puisse le G Arch de l’Un  m’être en aide dans l’accomplissement de cette obligation solennelle. Amen.

Le T Resp . pose le glaive sur la tête etc… et dit: «A la gloire du G Arch. de l’Un, au Nom de tous les Maî  Maç présents et absents, et en vertu des pouvoirs qui m’ont été confiés par ce Resp At, je vous

-153-

reçois et constitue Maît Maç au Rit Ecossais Ancien et Accepté. Relevez-vous M. . F. .

T  R   (s’adressant au Récipiend. . que le F  M  des Cérém  a fait passer à sa droite) : Ainsi que dans les autres G, nous avons pour nous reconnaître dans celui-ci, des Signes, des Mots et     des Attouchemens particuliers.

Les signes sont: le Signe Pénal, le Signe d’Horreur, le Signe de Sympathie.

Signes : 1er Pénal est de l’Ordre, 2ème d'Horreur, 3ème de Sympathie

-154-

Je vous ai donné la Parole Sacrée en vous relevant. Elle signifie: "La chair quitte les os"

Le Mot de Passe est T........  ; c’était le nom d’un ouvrier habile dans la fonte des métaux

Comme Maître vous vous appellerez G b n, c’était le nom donné aux préposés à la garde du Tabernacle .  

L’Attouchement est celui que je vous ai donné en vous relevant. Quand on s’en sert comme signe de Reconnaissance, on le nomme la Grippe de Maît  elle se fait ainsi: etc.

Quand un Maç. . se trouve en péril, il fait le Signe de  Détresse de cette

-155-

manière (on le fait) en prononçant A M L E D L V

L’ordre du G est de placer la main droite ainsi: (on la place).

On ne doit donner la Parole Sacrée et l’attouchement qu’en L de Maît. . et qu’après d’être assuré que celui qui vous la demande possède ce G

Le T R (en mettant le tablier) dit :

Le premier tablier dont on vous a revêtu, était l’emblème du travail et de l’innocence; celui-ci vous indique en plus, par les attributs de Couleur Céleste qui en font I ornement, que vos pensées doivent s’élever au dessus des idées terrestres et que c’est en vain que les hommes prétendent construire moralement s’ils n’en

-156-

obtiennent la faveur du G Arch de l’Un

Le T R (en rendant le glaive) dit: «etc»,

(En rendant le chapeau, il dit: )

Désormais, M F, vous serez couvert en L de Maît  Cet usage très ancien est une marque de votre supériorité.

Vous avez jusqu’ici, servi comme App et Comp c’est a votre tour à leur commander. Rappelez-vous qu’il est de votre honneur, de vous en rendre capable par vos lumières et vos vertus».

(Frappe répétée.)

T R  F M des Cérém, allez présenter le V F aux VV FF Ier et 2ème Surv pour qu’il se fasse reconnaître en sa nouvelle dignité.

-157-

    (Après qu’il est reconnu, le T R dit: «Debout et à l’ord MM FF).

Proclamation

T R   VV FF Ier et 2ème Surveillants, invitez les FF qui décorent vos Col à reconnaître l’avenir comme Maît. . de cette R L, L T C V F N+++++ et en cette qualité, à remplir envers lui les devoirs qu’il a droit comme Maît Maç

(Les Surv. . répètent.)

T R    Veuillez vous unir à moi, MM FF--------Par le signe,-------–Par la Bat

(Le Récipiendaire répond, ou le F M des Cérém le fait pour lui)

Le T. . R. . fait couvrir.

(Frappe répétée)

-158-

T R   F Mdes Cérém., veuillez bien faire placer le nouveau Maît en tête de l’une des Col ------------------

T R  M F, je dois maintenant pour votre instruction, vous donner la continuation du récit historique de la mort d’Hiram (Il continue).

Salomon instruit du crime affreux qui l’avait privé d’un ami et du chef des Trav à l’accomplissement desquels il mettait toute sa gloire, se livra à la plus vive douleur et jura de punir d’une manière exemplaire et éclatante un forfait aussi noir.Il envoya Neuf Maîtres à la recherche des coupables. Ils se

-159-

divisèrent en trois bandes, de trois chaque et partirent par des directions opposées. Une de ces bandes, qui suivait le cours de la Rivière Joppa, s’était arrêtée pour prendre quelque repos, près d’une caverne au bord de la mer, nommée la Caverne de Ben-Acar (fils de la stérilité), un des Maît entendit à travers les fissures d’un rocher, de terribles lamentations. S’étant alors approché de l’ouverture de la caverne, il entendit une voix qui disait :

Oh ! que j’eusse eu plutôt la gorge coupée, la langue «arrachée jusqu’à la racine, et que j’eusse été enterré dans les sables de la mer, à la basse marée, et à une encablure de distance du rivage où la mer flue et reflue deux fois par jour, plutôt que d’avoir été complice de la mort de notre Respect Maît Hiram !

Oh ! dit un autre, que mon cœur eût été arraché de mon sein et jeté pour servir de proie aux vautours, plutôt «que d’avoir été complice de la mort d’un aussi bon M!

Mais, hélas ! dit le 3ème je l’ai frappé plus fort encore que vous deux, puisque c’est moi qui l’ai tué ! Que j’eusse eu mon corps séparé en deux, une partie

-161-

 au Midi, et I’autre au Nord, et mes entrailles réduites en cendres et jetées aux quatre vents, plutôt que d’avoir été son meurtrier !

Ce Maît, après avoir entendu ces plaintes lamentables, appela ses deux compagnons; ils convinrent entre eux d’entrer dans l’ouverture du rocher, de se saisir des ouvriers, et de les transporter devant le roi Salomon, ce qu’ils exécutèrent.

Ces meurtriers avouèrent au Roi Salomon ce qui «s’était passé et le crime qu’ils avaient commis, et témoignèrent le désir de ne pas survivre à leur forfait.

-162-

En conséquence, Salomon ordonna que leur propre sentence fût exécutée, puisqu’ils avaient désigné eux mêmes le genre de leur supplice.

          Jubélas eut la gorge coupée !

          Jubélos eut le cœur arraché !

          Jubélum eut le corps coupé en deux parties, I’une fut jetée au Nord, I’autre au Midi !

Salomon ayant ainsi vengé la mort du R Maît Hiram-Abif, ordonna un deuil général parmi les ouvriers du Temp Il envoya exhumer le corps avec pompe, par des Maîtres ; lui fit de magnifiques funérailles, et le mit dans un tombeau de Trois Pieds de largeur, sur Cinq de profondeur,

-163-

et Sept de longueur; il fit incruster dessus un Triangle de l’or le plus pur, et fit graver au milieu l’ancien mot de Maît, qui était un des noms Hébreux du G Arch de l’Un   J O. A, et ordonna que les Mots, Signes et Attouchemens seraient  changés, et qu’on y substituerait ceux que les Maît avaient prononcés et faits lors de la découverte du corps d’Hiram.-------------------------------------------------------------- Le T. . R. . continue)

Il vous est aisé de saisir l’analogie des épreuves par lesquelles vous venez de passer, avec le récit historique des circonstances dont elles sont l’emblême. Pour peu que vous ayez réfléchi aux

-164-

circonstances qui ont accompagné votre réception, cette analogie vous aura frappé.

Vous avez été traité en Compagnon suspect; cela fait allusion aux Profennemis de notre ordre, qui le calomnient et le persécutent sans le connaître, et contre lesquels nous devons employer la force pour repousser leurs traits, la douceur pour les ramener, et la prudence dans le choix des moyens qui y sont propres.

A peine vous êtes-vous justifié, que vos FF se sont empressés de vous donner de nouvelles marques d’amitié, en vous admettant à la participation de leurs mystères les plus intimes; dès ce moment, vous êtes parvenu dans l’intérieur. Les courses et les voyages sont

-165-

 l’emblème de la recherche du crime et des efforts que nous devons faire pour le découvrir. La fin de ces voyages prouve qu’on y arrive toujours avec de la persévérance et que le criminel n’échappe jamais aux remords ni au châtiment.

          La marche mystérieuse est le symbole des efforts que fit Hiram pour se dérober aux coups des assassins.

          Les trois coups que vous avez reçus, figurent ceux qui lui ont été portés; ils doivent vous faire sentir le danger de trois passions funestes dont l’homme est souvent aveuglé, I’Ambition, I’Envie et la Cupidité

          Ces mêmes épreuves sont l’emblème de la haute importance de nos mystères ;

-166-

elles doivent vous convaincre que toujours, en tous lieux, dans toutes les circonstances, nous devons être prêts à tout souffrir, ainsi que l’a fait notre RMHiram, plutôt que de révéler nos secrets et de manquer à nos engagements.

Enfin, elles sont encore les emblèmes allégoriques d’une infinité de connaissances, qu’une étude profonde peut seule vous procurer: car la F Maçon, M. . F. ., est une science composée de toutes les autres, mais comme l’homme ne peut les posséder toutes, et que cette institution universelle se compose des hommes de toutes les classes et de toutes les conditions, le Maç intelligent doit s’étudier à saisir au moins les principes qui se

-167-

rattachent immédiatement à sa sphère. Quelques uns jettent les rayons de la Vraie Lum, les autres viennent s’y éclairer mais dans toutes les circonstances, chacun a quelque chose à gagner, parce que la moralité qui est la base de nos principes, est adaptable à toutes les capacités, à toutes les vocations, à toutes les conditions de la vie, enfin à tous les hommes.

Vous êtes arrivé maintenant, M F,  au troisième grade, suprême degré de la Maîtrise. C’est celui de la Perfection. Tâchez de vous en rendre digne et de ne point déchoir de la haute situation où vous êtes placé. Ce n’est pas sans raison, M F, que les M ont adopté des nombres symboliques: celui

-168-

de sept qui caractérise ce grade, est celui de la perfection d’après les lois de la nature; il renferme non seulement des idées sublimes, mais les connaissances les plus profondes des phénomènes de l’univers. Le nombre sept vous fait connaître les sons naturels de la voix, sur lesquels nous avons fait la science de la musique; il nous enseigne la décomposition de la lumière en sept couleurs distinctes. C’est le nombre des sept sciences; c’est le nombre des sept planètes sur lesquelles a été fondée la science de l’astronomie. Enfin sans aller plus loin et pour terminer par l’exemple le plus frappant, n’est-ce pas en sept jours, y compris celui du repos, que le G Arch a perfectionné l’Univers ? C’est parce que ce nombre

-168-

 est celui des perfections de la nature, que nous l’avons adopté comme celui des perfections morales de l’homme, et qu’en Maçon il représente celui de la maîtrise qui est la perfection de notre art, de même que le nombre qu’il représente est aussi celui que le Maître de l’Univers a choisi pour compléter et perfectionner son ouvrage.

Je terminerai, M F en vous donnant l’explication symbolique des outils de Maît

T  R   F M des Cérém, veuillez faire approcher le Vén Fauprès de l’autel.

(Le F M  des Cérém exécute cet ordre).

-170-

T  R   (Au F. . nouvellement reçu).

Il est bon de vous faire remarquer d’abord que les trois grades représentent les trois phases de la vie; I’Enfance, I’Age viril et la Vieillesse, c’est-à-dire, la Faiblesse et l’Ignorance, la Force et la Capacité, I’Expérience et l a Sagesse.

Je me plais à croire que vous vous rappelez l’explication qui vous a été donnée des outils des deux premiers grades et que vous en avez saisi le sens.

Les outils de la  Maîtrise sont la Règle de 24 pouces, le Cordeau, le Crayon et le Compas

La Règle nous rappelle la division du jour en 24 heures et l’emploi

-171-

que nous devons faire du temps qui nous est compté. Elle nous indique que nous devons mesurer nos actions et nos devoirs et que chaque jour nous mène à notre fin dernière.

Le Cordeau est pour nous l’emblème de la rectitude et de l’équité. Il nous démontre que nous ne devons pas dévier de la ligne droite, dans notre conduite. Il nous rappelle que la ligne droite est le chemin le plus court pour arriver à toutes choses, aussi bien en Morale qu’en Physique.

Le Crayon doit nous servir à tracer le plan de notre conduite et à récapituler nos bonnes et nos mauvaises actions, afin qu’après en avoir fait le compte, nous puissions pratiquer les unes

-172-

et éviter les autres. Il doit nous rappeler que nos actions sont inscrites dans les annales de la Justice des Hommes aussi bien que dans le Livre d’après lequel nous devons être jugés un jour au Tribunal Suprême

Le Compas, cet instrument sublime et parfait à l’aide duquel nous retraçons sans peine l’image des astres et des planètes; cet instrument qui d’un seul coup établit les rapports constants entre un point donné et toutes les parties de la circonférence, nous enseigne qu’il y a un cercle dont nous ne devons pas nous écarter; que c’est au centre de ce cercle que toutes nos actions doivent aboutir.

Ce centre moral, MF, c’est la conscience de l’homme;

-173-

c’est l’image de l’unité de l’action universelle, autour duquel gravitent les Mondes et où l’homme, comme partie intégrante de l’univers, doit opérer sa révolution morale.

Evitez donc, M F, les écarts qui pourraient vous conduire en dehors de ce cercle immuable. Car, de même que les planètes, en s’écartant de leurs orbites, retomberaient dans le Chaos, de même vous tomberiez dans l’abîme si vous franchissiez le cercle dont la raison, la justice et l’honneur doivent former la circonférence dont votre cœur doit être le centre.

Je veux croire M F, que vous comprendrez désormais l’importance de l’institution Maçon; que vous en

-174-

concevrez le but; que vous concevrez aussi que toute entière Philosophique, et Morale, elle ne doit son rang, son existence et sa durée, qu’à la solidité de ses principes.

Je me persuade, M F que les idées profanes dont vous étiez imbu, se sont déjà dissipées et se dissiperont de plus en plus aux Rayons de la V Lum et que vous n’oublierez jamais les préceptes sacrés qui viennent de vous être enseignés.

Plaise au G Arch de l’Un de jeter dans votre âme les racines profondes de la Sagesse, qu’elle soit l’image morale du Tempque nous élevons a sa gloire et puissiez-vous recueillir dans

cette vie et dans l’autre, les fruits de la semence que la F Maçon répand

-175-

partout où le sol est propre à la culture des vertus sociales.

(Le candidat retourne à sa place.)

Orateur

Propositions pour le bien de l’Ordre etc.,

Sac des propositions,

Tronc des pauvres,

Lecture de l’Esquisse,

Conclusions du F Orateur

T R MM FF, remercions le G Arch des Fav qu’il nous a accordées en ce jour .---------------.Debout et à l’ordre.

Prière

Reçois, ô Père incréé de la nature ! les actions de grâce des ouvriers de ce

-176-

Temple qu’ils ont élevé à ta gloire et daigne continuer de les protéger dans leurs Trav, afin que parvenus dans le chemin de la vertu, ils puissent espérer de s’élever jusqu’à toi.

Amen.  

(Frappe répétée).

Clôture

T R  VV FF 1er et 2ème Surv, invitez etc.»

(Les Surv. . répètent l’annonce).

Demandes

(Ce sont les mêmes qu’à l’ouverture de la L)

Le T Resp envoie par son Diacre le mot sacré au1er Surv qui le fait

-177-

parvenir au F 2ème Surv par son Diacre.

Quand le F second Surveillant a annoncé que tout est juste et parfait, le T Resp ferme les Trav au 3ème Degré.

D° au 2ème G

D°au ler G

                                              Serment du silence.