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Le Manuscrit Dumfries N°4
Introduction
Le manuscrit proposé ici a été découvert en 1891 dans les
archives de la loge Dumfries Kilwinning n°
53, elle-même héritière de la « Vieille Loge » (ON Lodge) de la ville de
Dumfries, en Écosse, capitale du comté du même nom, qui jouxte l'Angleterre. Apparemment, il n'en était jamais sorti depuis l'époque de sa confection, que des
spécialistes du British Museum ont datée des tout débuts du XVIII° siècle,
probablement aux environs de 1710.
Il se présente un peu comme un bloc-notes de sténographe : quatorze pages d'environ 11 cm sur 20,5 cm cousues
ensemble par le haut et écrites recto
verso. Blocs-notes, il l'était probablement car, selon toute vraisemblance, vu son contenu et aussi son état, il a
servi - et beaucoup servi - d'aide-mémoire
aux maîtres de loge dans les cérémonies rituelles; il présente en
effet des signes considérables d'usure. Il n'est pas inutile de noter que le manuscrit portant le numéro précédent,
le Dumfries n° 3, qui est une
version des Old Charges datant de la fin du XVII siècle, donc de peu d'années auparavant, prohibe formellement une
telle pratique ! Si l'on a contrevenu
à cette interdiction, c'est très probablement par nécessité, pour sauver de l'oubli une tradition que, à cause
peut-être du déclin de la pratique,
la transmission orale ne suffisait plus à maintenir intacte : ce qui
expliquerait un certain désordre, comme si l'on avait noté les souvenirs à mesure qu'ils revenaient.
C'est en effet un manuscrit très
composite. Il comprend pour l'essentiel :
1) une version des Old Charges;
2) un catéchisme maçonnique par demandes et réponses (qui lui a valu sa
publication dans le recueil de Knoop, Jones et Hamer), lui-même divisé en deux sections sans lien
entre elles : en fait, il y a deux catéchismes distincts;
3) intercalées entre les deux, des « questions sur le Temple »,
qui sont d'un genre tout différent c'est une sorte de commentaire mystique à propos du Temple de
Jérusalem. A quoi s'ajoutent
divers autres éléments sur lesquels nous allons revenir.
Une étude plus attentive et plus
fouillée du texte montre qu'en réalité il se décompose en deux grandes parties très dissemblables. La
première, qui, à elle seule, forme un tout complet et cohérent, est ce que
le manuscrit lui-même appelle des
« Constitutions », autrement dit des Old Charges. Elle comporte : une prière d'ouverture;
une « préface » ou préambule; une formule de serment; une histoire légendaire de la maçonnerie avec ses épisodes
traditionnels, huit en tout; une obligation, elle-même répartie en une obligation d'ordre général, une obligation
des maîtres et compagnons, et une
obligation des apprentis; un catéchisme par questions et réponses; et enfin une forme de « salutation des
étrangers » ou visiteurs - soit
au total sept sections. Là
s'achevait certainement le manuscrit primitif à usage rituel, ainsi
qu'une subscription le marque avec netteté.
Vient ensuite une seconde partie, sans
doute ajoutée après coup - il serait intéressant de voir si les écritures
diffèrent, ce que les éditeurs n'indiquent
pas - et constituée d'éléments
disparates : les questions sur
le Temple déjà mentionnées; une
notule sur les dimensions du Temple; le second catéchisme maçonnique, différent du premier, et parfois même
en discordance avec lui; un
blason, grossièrement esquissé; enfin, une explication des deux colonnes - puis, encore, en post-scriptum, car ajoutés à la suite du mot : Fin (Finis, en latin), « huit
vers de mirliton destinés à rappeler au
lecteur ou à l'auditeur sa condition mortelle », disent les éditeurs, ce qui est exact, mais il faut
ajouter qu'ils incluent et encadrent plusieurs symboles maçonniques, et on
peut se demander s'ils n'étaient pas à usage mnémotechnique ; mais la
question restera sans réponse, car le
mauvais état du texte interdit toute conclusion.
C'est en effet une caractéristique
malheureuse de ce texte que son état déplorable, vraisemblablement imputable à son usage en loge, comme l'indiquent l'importance et l'étendue
des lacunes dans les trois dernières pages imprimées, qui doivent correspondre (mais nous n'avons pas vu
de reproduction du manuscrit) au dernier
feuillet recto verso, lequel, étant le plus exposé, a logiquement le plus souffert. De plus, il a été
établi sans soin : le
nombre des inadvertances est particulièrement élevé. Lorsqu'il s'agit de
redoublements de syllabes ou de mots, ce n'est pas gênant; mais lorsque est omis, ce qui arrive trop souvent,
un mot, voire tout un membre de
phrase, la compréhension du sens n'en est certes pas facilitée.
A cela s'ajoute une absence totale de ponctuation. Il faut couper les
phrases selon le sens, ce qui n'est pas
aisé lorsqu'on a affaire à la transcription quasiment brute d'un langage parlé, et parlé dans un milieu
dont. en dépit des Constitutions, la grammaire et la rhétorique
n'étaient sûrement pas les sciences
préférées : on constate, chemin
faisant, quelques libertés syntaxiques passablement étonnantes.
Mentionnons aussi une orthographe elle
aussi assez libre - l'époque le
voulait - et volontiers phonétique. Notons au passage que la langue
est pratiquement exempte d'écossismes,
mis à part le système d'abréviations employé (Qn pour when, Qr pour where, etc.)
qui témoigne, nous dit-on, d'une prononciation écossaise.
Le manuscrit
Circa
1710
Exhortation.
Que le Père
tout-puissant avec la sagesse du glorieux Jésus et par la grâce du
Saint-Esprit, qui sont trois Personnes en un seul Dieu que nous implorons,
soit avec nous au commencement et nous donne la grâce de nous gouverner en
cette existence afin que nous puissions parvenir à son Royaume qui n'aura
pas de fin. Amen.
Bons frères et
compagnons, notre dessein est de vous faire connaître de quelle manière fut
crée cette excellente science de la maçonnerie, quand et comment elle
débuta, et aussi comment elle fut soutenue, favorisée et aimée par les plus
fameux et braves héros de la terre tels que rois et princes, ainsi que
toutes sortes de gens intelligents au plus haut degré ; de même que les
obligations de tous les maçons vrais et reconnus, auxquelles on leur a
enseigné de se conformer en toute loyauté et de bien prendre garde s'ils
souhaitaient être récompensés.
Les
obligations que nous vous énumérons maintenant, ainsi que toutes les autres
obligations et secrets se rapportant aux Francs-Maçons et à tous ceux,
désireux de connaître, qui ont été reçus dans leur association, de même que
les délibérations de cette loge, chambre ou salle de réunion.
Vous ne
devrez, contre aucun don, présent ou récompense, faveur ou affection,
directement ou indirectement, ni pour aucune autre raison, les divulguer ni
les dévoiler, que ce soit à père ou mère, s?ur ou frère ou enfants ou
étranger ou toute autre personne.
Les
sept sciences libérales.
Il y a sept
sciences libérales.
La première
est la théologie, qui enseigne les vertus logiques.
La seconde est
la grammaire, jointe à la rhétorique, qui enseigne l'éloquence et comment
parler en termes subtils.
La troisième
est la philosophie, qui est l'amour de la sagesse, par laquelle les deux
termes d'une contradiction sont conciliés, les choses courbes sont rendues
droites, les noires deviennent blanches, grâce à une règle des contraires,
etc.
La quatrième
est la musique, qui enseigne le chant, la harpe et l'orgue ainsi que toutes
autres sortes de musique vocale et instrumentale ; il faut savoir que cette
science n'a ni milieu, ni fin.
La cinquième
est la logique, qui découvre la vérité et l'erreur et est un guide pour les
juges et les hommes de loi.
La sixième est
la géométrie, qui enseigne à mesurer dans les cieux ainsi que toutes les
dimensions de la terre et tout ce qui y est contenu.
La septième et
dernière des sciences est l'astronomie, avec l'astrologie, qui enseigne à
connaître le cours du soleil, de la lune et des étoiles qui ornent les
cieux.
Les sept
sciences proviennent toutes de la géométrie. Cette excellente science gère
les autres ; c'est-à-dire qu'il n'est personne, dans aucun métier, qui ne
travaille au moyen de mesure et ne dépende entièrement de la géométrie, car
elle sert à peser et à mesurer toutes sortes de choses sur terre :
spécialement pour les laboureurs et cultivateurs, le sol, graines et
semences, vignes et fleurs, plantes et autres.
Les
Fils de Lamech et les deux colonnes.
Avant le
déluge de Noé, il y avait un homme appelé Lamech, qui avait deux femmes.
L'une, Ada mit au monde deux fils, Jabel et Jubal, et de l'autre femme, il
eut un fils appelé Tubalcaïn et une fille appelée Naama. Ces enfants
inventèrent toutes les sciences et les métiers.
Jabel était
l'aîné et il inventa la géométrie ; il possédait des troupeaux de moutons
et ils eurent aux champs des agneaux, pour qui il fabriqua des abris de
pierre et de bois, ainsi que vous pouvez le trouver dans le 4ème chapitre
de la Genèse. Son frère Jubal inventa l'art de la musique vocale et
instrumentale. Le troisième frère inventa le travail de la forge, tel que cuivre,
acier et fer, et leur sœur inventa l'art du tissage.
Ces enfants
surent que Dieu voulait tirer vengeance du monde à cause de ses péchés,
soit par le feu, soit par l'eau. Désirant porter profit à la postérité, ils
gravèrent ces sciences qu'ils avaient inventées sur des colonnes de pierre
de façon qu'elles puissent être retrouvées après le déluge : l'une était en
marbre, qui ne peut brûler, l'autre était en briques, qui résiste l'eau.
(En réalité, c'est le contraire).
Hermorian
- Nemrod.
Après le
déluge, le grand Hermorian fils de Cush et Cush était le fils de Cham,
second fils de Noé fut appelé « le père de la sagesse », car il trouva ces
colonnes après le déluge avec les sciences inscrites dessus : il les
enseigna, lors de la construction de la Tour de Babylone, où il fut appelé
Nemrod ou « puissant chasseur devant l'Éternel ».
Nemrod
pratiqua la maçonnerie à la demande du roi de Ninive son cousin. Il créa
des maçons et les recommanda au seigneur du pays pour construire toutes
sortes de constructions alors en vogue, et il leur enseigna des signes et
des attouchements pour qu'ils puissent se reconnaître.
Les
premières obligations.
- Qu'ils
s'aiment les uns les autres et qu'ils servent le Seigneur du ciel d'un cœur
vrai et sincère pour éviter sa vengeance future ;
- Qu'ils
soient honnêtes et droits et loyaux envers le seigneur leur patron, de
façon que ledit Nemrod soit honoré de les lui avoir adressés ;
- Qu'il n'y
ait ni manœuvres, menées, division, dissimulation ni mésintelligence parmi
eux, sans quoi Dieu les rendrait muets comme précédemment lorsqu'il
confondit leur langage à cause de leur présomption.
Les
obligations dictées par Euclide
Abraham, avec
Sarah, sa femme, vint en Égypte et y enseigna les sept sciences aux
Égyptiens. Il eut en Égypte, un élève excellent, du nom d'Euclide. Ce jeune
homme développa son talent au point qu'il surpassa tous les artistes, et il
fit honneur à Abraham. C'était un grand expert et il prédisait les
événements futurs.
En ce temps
là, les seigneurs et les grands de ce pays eurent beaucoup d'enfants, de
leurs femmes de leurs concubines, car l'Égypte était alors propice pour
procréer et il n'y avait pas suffisamment de quoi vivre pour ces enfants.
C'est pourquoi
les grands du pays se préoccupèrent de la manière de subvenir aux besoins
des enfants. Le roi du pays convoqua une assemblée pour délibérer sur la
façon dont on pourrait les approvisionner, mais ils ne trouvèrent pas
d'autre solution que de faire proclamer par tout le pays que si quelqu'un
pouvait faire savoir quelles dispositions prendre au sujet de leurs jeunes
gens, il serait bien récompensé pour sa peine et son dérangement. Après
cette proclamation, survint l'excellent docteur Euclide qui dit au roi et à
ses seigneurs : « Donnez-moi vos enfants afin que je les gouverne et les
enseigne comme il convient à des gentilshommes et faites-moi une dotation
suffisante afin que je les puisse régir et enseigner conformément à leur
qualité et leur donner l'instruction que la science requiert ». Le roi
l'accorda et il scella cet accord par une charte.
Euclide,
l'excellent clerc, prit les enfants des seigneurs et leur enseigna la
science de la géométrie, à oeuvrer à toutes sortes d'excellents ouvrages de
pierre, temples, églises, cloîtres, cités, châteaux, pyramides, tours et
tous autres bâtiments. Il les organisa et leur enseigna à se reconnaître
avec certitude.
Il confirma
les coutumes de Nemrod :
Qu'ils
s'aiment les uns les autres ;
Qu'ils gardent
la loi de Dieu écrite en leurs cœurs ;
Qu'ils gardent
les secrets de la loge et les secrets les uns des autres ;
Qu'ils
s'appellent l'un l'autre « compagnon » et qu'ils s'abstiennent de toutes
autres appellations ;
Qu'ils se
comportent comme des hommes de l'art et non comme des rustres incultes ;
Qu'ils
choisissent l'un des plus sages d'entre eux pour être le maître des autres
et superviser l'ouvrage ;
Qu'ils ne
trahissent pas, par amour ou envie de richesses, la confiance qu'on leur a
accordée et qu'ils ne désignent personne qui manque d'intelligence comme
maître d'œuvre du seigneur, afin que le métier ne puisse être cause de
scandale ;
Qu'ils
appellent le gouverneur de l'œuvre « maître » durant le temps qu'ils
travaillent avec lui.
Et Euclide
écrivit pour eux un livre des Constitutions et leur fit jurer par le plus
grand serment usité en ce temps-là qu'ils observeraient fidèlement toutes
les prescriptions contenues dans les Constitutions de la Maçonnerie.
Il leur fit
donner une paye suffisante pour qu'ils puissent vivre en hommes d'art et de
science.
Il décida
aussi qu'ils s'assembleraient et se réuniraient pour tenir conseil sur les
matières touchant au métier et à l'art de la géométrie, qu'ils ne devaient
pas fréquenter celui qui n'est pas dûment qualifié et régulièrement créé
dans une vraie loge ; et qu'ils se tiendraient à bonne distance de tout
désordre, sans quoi Dieu mettrait parmi eux une seconde confusion qui se
révélerait pire que la première.
Après quoi,
l'excellent clerc Euclide inventa maintes choses et accomplit des exploits
merveilleux, car il n'y avait rien de trop dur pour lui dans le contenu des
sept sciences libérales ; grâce à quoi il fit du peuple d'Égypte le plus
sage de la terre.
Les
obligations dictées par David.
Ultérieurement,
les enfants d'Israël arrivèrent dans la Terre Promise, qui est maintenant
appelée le pays de Jérusalem, où le roi David commença le Temple de
Jérusalem qui, chez eux, est appelé le Temple de Diane. David aimait les
maçons et les choya en leur donnant de bons gages.
Il leur donna
comme obligation:
Qu'ils
respectent fidèlement les dix Commandements qui avaient été écrits du doigt
de Dieu sur la pierre - ou Tables de marbre - et remis à Moïse sur le saint
mont Sinaï, dans une solennité céleste composée de myriades d'anges avec
des chars de feu les escortant en cortège, (ce qui prouve que la sculpture
sur pierre est d'institution divine) ainsi que maintes autres choses qu'il
leur donna telles qu'il les avait reçues en Égypte du très fameux Euclide ;
et encore d'autres obligations que vous entendrez plus tard.
Salomon
et Hiram.
Après la mort
de David, Salomon, son fils, réalisa le Temple que son père avait commencé.
Divers maçons de plusieurs pays se rassemblèrent, il y en eut quatre-vingt
mille, parmi lesquels trois cents qui étaient qualifiés et furent désignés
comme surveillants de l'ouvrage. Il y avait à Tyr un roi nommé Hiram qui
aimait beaucoup Salomon ; il lui donna du bois pour son ouvrage et lui
envoya également un artiste du nom d'Hiram en qui était l'esprit de sagesse
; sa mère était de la tribu de Nephtali et son père un homme de Tyr. Le
monde n'avait pas produit son égal jusqu'à ce jour.
C'était un
maître maçon d'un savoir et d'une générosité extrême. Il fut maître maçon
de tous les bâtiments et bâtisseurs du Temple et de tous les ouvrages
taillés et sculptés dans le Temple et alentour, ainsi qu'il est écrit au
premier livre des Rois en ses 6e et 7e chapitres.
Salomon
confirma à la fois les obligations et les coutumes que David son père avait
données aux maçons ; et l'excellent métier de la Maçonnerie fut confirmé
dans le pays de Jérusalem, de la Palestine et en maints autres royaumes.
Les gens du
métier se répandirent au loin et apprirent davantage l'art ; certains
furent qualifiés pour enseigner les autres et instruire les ignorants, en
sorte que le Métier de développa dans le monde, particulièrement à
Jérusalem et en Égypte.
Minus
Greenatus et Charles Martel.
Vers cette
époque, le maçon instruit Minus Greenatus , alias Green, qui avait aidé à
bâtir le Temple de Salomon, vint dans le royaume de France, et il enseigna
l'art de la maçonnerie aux adeptes de l'art en ce pays.
Charles
Martel, prince royal en France, aima Minus Greenatus au-delà de toute
expression, à cause de ses connaissances dans l'art de la maçonnerie. Il
adopta les coutumes des maçons puis retourna dans son propre royaume car il
semblerait qu'il ne fût pas français et il emmena chez lui beaucoup de
braves maçons, et il leur alloua de bons gages. Il les organisa comme
Greenatus lui avait enseigné, leur confirma une charte et leur ordonna de
s'assembler fréquemment afin de maintenir le bon ordre au sein de leurs
groupes. C'est ainsi que le Métier vint en France.
Saint
Alban.
L'Angleterre
durant toute cette période se trouva dépourvue de maçons, jusqu'au temps de
saint Alban. En ce temps-là, le roi d'Angleterre était un païen ; et il
bâtit la ville qu'on appela par la suite Saint-Albans. Du temps d'Alban, il
y avait un excellent homme qui était intendant en chef du roi et qui était
gouverneur du royaume. Il employa les maçons à bâtir les murailles de
Saint-Albans. Il établit maçons ses principaux compagnons et il augmenta
leur paye d'un tiers et il leur accorda trois heures chaque jour pour se
reposer afin qu'ainsi leur emploi ne leur paraisse pas pénible et qu'ils
vivent, non comme des esclaves, mais comme des gentilshommes d'art et de
science.
Et il
prescrivit aussi qu'un certain jour, chaque année au mois de juin, une
assemblée et une fête maintiendrait l'unité parmi eux, et que ce jour-là,
celui de la saint Jean, ils hisseraient leur étendard royal avec les noms
et titres de tous les rois et princes qui avaient été reçus dans leur
association, de même que les armes des maçons avec les armes du Temple de
Jérusalem et de tous les monuments fameux du monde.
Ce noble homme
les obtint toutes ces franchises du roi, et il leur fit accorder une charte
pour les maintenir à jamais inchangées. De plus, ils reçurent comme devise,
en lettres d'or posées sur champ de gueules avec sable et argent : Aucun
chemin n'est inaccessible à la vertu.
Athelstan
et Hadrien.
Par la suite,
de grandes guerres survinrent en Angleterre et la règle de bonne conduite
fut délaissée jusqu'au règne d'Athelstan, qui fut un bon roi d'Angleterre,
pacifia le pays, et bâtit nombre d'excellents et somptueux bâtiments, tels
qu'abbayes, églises, cloîtres, couvents, châteaux, tours, forteresses,
remparts, ainsi que d'autres monuments. Il se comportait fraternellement
avec tous les maçons qualifiés.
Il avait un
fils dont le nom était Hadrien (Edwin ?). Et cet Hadrien, aimait, quant à
lui, les maçons au point de ne pouvoir manger et boire qu'en leur
compagnie. Son esprit noble et généreux était rempli d'art et de pratique.
Il préférait se réunir avec les maçons plutôt qu'avec les courtisans de la
cour de son père et éprouvait plus de plaisir à s'entretenir avec les
maçons. Il apprit leur art et il entra dans leur ordre. Il donna à
l'ensemble des maîtres de la fraternité des équerres d'or et des compas d'argent
à pointes d'or, de fils à plomb d'or pur, de truelles d'argent, et de même
pour tous les autres instruments. Il leur fit en outre accorder par son
père une charte et des pouvoirs pour tenir chaque année une assemblée où
chaque maçon était obligé de rendre compte de sa capacité et de sa
pratique. À ces réunions, il leur imposa de nouvelles méthodes de secret et
il leur enseigna les bonnes coutumes conformément aux règles établies par
Euclide, Hiram et autres notables fameux. Lorsqu'un délit était commis dans
le Métier, il infligeait un juste châtiment au coupable. Il se consacra à
l'anéantissement du vice et encouragea publiquement la vertu.
L'assemblée
d'York.
Plus tard, il
vint à York, et il y créa des maçons, leur donna leur obligation et leur enseigna
les coutumes de la maçonnerie. Il écrivit un livre des Constitutions et il
commanda que la règle soit maintenue éternellement. Il prit des ordonnances
suivant lesquelles le métier serait réglé de règne en règne comme il fut
alors spécifié et ordonné par les plus érudits de cette assemblée.
De plus, il
proclama que tous les maçons qui avaient des passeports ou attestations de
leurs voyages, capacité et pratique devraient les présenter pour prouver
leur art et leur comportement antérieurs. Il en fut apporté, certains en
hébreu, d'autres en grec, latin, chaldéen, syriaque, français, allemand
slave et anglais, ainsi que plusieurs autres langues, et la teneur en était
identique. Hadrien leur remémora la confusion survenue à la construction de
la Tour de Nemrod, et que s'ils désiraient être favorisés par Dieu et bénis
dans leurs actions, ils ne devraient plus être tentés ou attirés par les
idoles, mais honorer et adorer sincèrement le Grand Architecte du ciel et
de la terre, unique protecteur de l'homme et des bêtes, qui régit et
gouverne le soleil, la lune et les étoiles, fontaine et source de tout
bien, qui l'édifia à partir du néant, en posa les fondements sur les eaux
profondes, et ordonna à la mer d'aller jusque-là et pas plus loin. Il leur
ordonna d'incarner sa Toute Puissance dans leur intelligence afin qu'ils
aient d'autant plus horreur de l'offenser. Il leur mit en mémoire encore
d'autres maximes divines
Il ordonna
qu'un un livre raconte la façon dont le Métier fut inventé et qu'il soit lu
chaque fois qu'on ferait un maçon de sorte que, si par la suite il
s'égarait, il n'aurait vraiment aucune excuse pour échapper à son châtiment
; et qu'on lui donne son obligation conformément à ce livre. À partir de ce
temps-là, les maçons maintinrent ces formes et ces dispositions, pour
autant que les hommes purent en être maîtres.
De plus, en
des assemblées particulières, il y eut des obligations diverses ajoutées au
fur et à mesure, sur le conseil des maîtres et compagnons, concernant leur
comportement sur tous les points particuliers de la maçonnerie
LES
OBLIGATIONS
Exhortation
Que tout homme
qui est maçon ou qui entre dans l'association pour élargir ses
connaissances et est poussé par le désir d'apprendre prête attention à
l'obligation suivante. S'il est coupable d'un des actes immoraux qui
suivent, qu'il voie à se repentir et à s'amender en hâte, car il trouvera
que c'est dur de tomber entre les mains de notre Dieu courroucé ; et tout
spécialement s'il est assermenté, qu'il prenne garde à tenir le serment et
la promesse qu'il a faite devant le Dieu Tout Puissant. Ne croyez pas
qu'une restriction mentale ou équivoque puisse vous servir car chaque mot
que vous avez prononcé pendant votre réception est un serment, et Dieu vous
jugera d'après la pureté de votre cœur et la netteté de vos mains. Vous
jouez avec un outil au tranchant effilé, prenez garde d'être privé de votre
salut pour quelque fausse satisfaction.
Obligations
générales.
1. Vous
servirez le vrai Dieu et vous observerez ses préceptes en général et
particulièrement les Dix Commandements remis à Moïse sur le mont Sinaï
ainsi que vous les trouverez exposés en entier à l'entrée du temple ;
2. Vous serez
fidèle et constant envers la Sainte Église catholique et vous fuirez toute
hérésie, schisme ou erreur dont vous aurez connaissance ;
3. Vous serez
loyal à la loge et garderez tous les secrets s'y rapportant ;
4. Vous serez
loyal au Roi légitime du royaume, vous prierez pour son salut dans toutes
les occasions où vous prierez pour vous-même, et vous ne prendrez part à
aucun plan de trahison contre sa personne et son gouvernement ;
5. Vous vous
aimerez et serez loyaux les uns envers les autres et vous ferez à vos
proches ou compagnons comme vous voudriez qu'ils vous fassent ;
6. Vous aurez
des rapports loyaux et confiants avec tous les maîtres et compagnons que
vous saurez avoir été régulièrement reçus dans l'ordre ; vous garderez
leurs secrets, vous vous opposerez de toutes vos forces à ce qu'on leur
fasse tort, vous soutiendrez leur honneur et leur crédit ;
7. Vous
veillerez que tous les maçons disposent d'une véritable loge, chambre ou
salle pour causer et juger des choses touchant à l'honnêteté et à la
conduite morale, où ils pourront raviver les souvenirs des disparus
éminents ;
8. Vous serez
loyal et honnête envers le seigneur ou patron et ferez son ouvrage
fidèlement. Faites tout votre possible pour assurer son profit et avantage,
ne le fraudez en nul point, quel qu'il soit, afin qu'il n'ait aucun motif
de réclamation et que vous en récoltiez de l'honneur.
9. Vous
appellerez « maçons » vos compagnons et frères et vous ne leur donnerez pas
des noms irrévérencieux qui pourraient provoquer des disputes, divisions et
emportements et causer du scandale ;
10. Qu'aucun
maître ou compagnon, par vilenie ou impiété, n'induise en adultère ou
fornication la femme, la fille ou la servante d'un autre compagnon ;
11. Soyez très
attentif à payer fidèlement et honnêtement votre part de nourriture,
boisson, lavage et logement, quand vous êtes en pension ;
12. Prenez
bien garde, là où vous logez, qu'aucune débauche ne soit commise, le Métier
pourrait être diffamé ;
13. Observez
attentivement et fidèlement le jour du Seigneur en vous abstenant de toute
?uvre et tâche mauvaise, appliquez-vous à consacrer ce jour à servir et
chercher le vrai Dieu, à empêcher les facultés de votre âme de vagabonder
après les vanités de ce monde, à prier Dieu de sanctifier votre volonté,
votre intelligence et votre mémoire ainsi que votre raison et vos
sentiments ;
14. Soulagez
les pauvres selon votre talent et vos moyens, ne laissez pas votre prudence
supplanter votre charité, dans l'idée que tel ou tel est indigne ou n'est
pas dans le besoin, mais ne négligez aucune occasion, car c'est pour
l'amour de Dieu et par obéissance à ses commandements que vous donnerez ;
15. Visitez
les malades, réconfortez-les, priez pour eux et ne les laissez pas dans une
détresse qu'il est en votre pouvoir de secourir ; si Dieu les rappelle,
participez et assistez à leurs obsèques ;
16. Soyez
affable et bon envers tous mais plus spécialement envers les veuves et les
orphelins, prenez résolument leur parti, défendez leurs intérêts, soulagez
leur indigence ; même si c'est du pain jeté en eau incertaine, car par la
bénédiction particulière du ciel, il vous sera rendu avec un intérêt
septuple et vous assurera une place dans l'autre monde.
17. Ne buvez
pas jusqu'à l'ivresse en aucune occasion, car c'est une offense à Dieu et,
en outre, vous seriez capable de révéler les secrets de la loge et ainsi de
vous parjurer ;
18.
Abstenez-vous de tous divertissements scandaleux et profanes, des jeux de
hasard et de, tous autres jeux ruineux ;
19. Bannissez
tout langage lascif ainsi que tout langage, postures et gestes obscènes,
car tout cela ne fait que plaire au diable et nourrir la luxure.
Telles sont
les obligations générales auxquelles tout maçon, maître ou compagnon, doit
se conformer. Il est souhaitable qu'ils les conservent avec soin dans leur cœur,
leur volonté et leurs sentiments ; ainsi ils seront honorés par les
générations futures. Dieu bénira leur postérité, leur donnera un beau
talent, et il répartira les descendants en des lieux agréables.
Obligations
des Maîtres et Compagnons.
1. Aucun
compagnon ne se chargera de l'ouvrage d'un seigneur ou d'un autre patron,
s'il n'est capable et habile pour le parachever, de façon que le Métier
n'éprouve aucun discrédit et que le seigneur ou patron ne soit pas dupé
mais loyalement servi pour son argent.
Si un maçon
s'est chargé d'un ouvrage ou se trouve être le maître d'une ?uvre, il n'en
sera pas évincé s'il est capable de l'achever ;
2. Aucun
maître ou compagnon ne prendra un apprenti en vue de son admission pour
moins que sept ans ; l'apprenti devra être valide des membres et avoir un
bon souffle ;
3. Aucun
maître ou compagnon ne recevra de l'argent avant l'embauche sans le
consentement de la loge ;
4. Aucun
maître ou compagnon ne se permettra de créer un maçon sans la présence d'au
moins cinq ou six de ses compagnons dûment assermentés ;
5. Aucun
maître ou compagnon ne mettra à la tâche qui était à la journée ;
6. Aucun
maître ne donnera de paye à son compagnon pour plus que ce qu'il mérite, de
sorte que le patron ne soit pas abusé par des ouvriers ignorants ;
7. Aucun
compagnon n'en diffamera un autre derrière son dos, sans quoi il pourrait
perdre sa bonne réputation ou ses biens terrestres ;
8. Aucun
compagnon, dans une loge ou dehors, ne répondra à son compagnon d'une façon
irrespectueuse ;
9. Aucun n'ira
en ville la nuit, là où existe une loge de compagnons, sans qu'il ait avec
lui un compagnon pour prouver qu'il est honnête homme ou qu'on le prend
pour tel ;
10. Tout
maître et compagnon se rendront à l'assemblée à la première convocation, si
c'est dans la limite de 5 miles de chez lui, et il y demeurera aux frais de
ses compagnons ou de son maître ;
11. Tout
maître (et compagnon) priera pour son supérieur et le vénérera ;
12. Tout
maître ou compagnon qui aura commis un délit se soumettra à l'arrêt des
maîtres et compagnons, en fonction du rapport remis à son sujet ; et s'il
ne peut être décidé autrement, l'affaire devra venir devant l'assemblée ;
13. Aucun
maître maçon ne fabriquera de gabarit équerre ou règle pour un poseur ou un
cowan (maçon non reçu) ;
14. Aucun
maître, dans une loge ou dehors, ne confiera à un poseur un gabarit a
pierre ou autre, à moins que ce ne soit pour sa propre formation ;
15. Tous les
maçons recevront les maçons étrangers dans leurs groupes à travers le pays
là où ils voudront se rendre, et ils les mettront à l'ouvrage selon les
règles, c'est-à-dire, s'il y a un élément sculpté à mettre en place, qu'ils
les engagent au moins deux semaines et leur donnent un salaire ; et s'il
n'y en a pas qu'ils reçoivent nourriture et boisson pour leur permettre de
tenir jusqu'à la loge suivante ;
16. Aucun de
ceux qui sont dans l'ordre n'écoutera quelqu'un qui ne prononce pas les
mots et ne fait ses pas correctement, mais s'il prouve qu'il est lui-même
un homme de métier, alors vous êtes obligé de l'embrasser et de lui faire
les politesses requises ;
17. Tous les
maçons seront honnêtes dans leur ouvrage, qu'ils soient à la tâche ou à la
journée, et ils le mèneront loyalement à son terme, de façon à agir
correctement ;
18. Aucune
loge ou assemblée régulière de maçons ne donnera le secret royal à
quelqu'un, avant de s'être assuré avec grande circonspection, qu'il connaît
ses questions par c?ur, puis ses symboles, et ensuite, la loge décidera.
Les
obligations de l'Apprenti.
1. Il sera
fidèle à Dieu, à la Sainte Église catholique, au roi et au maître qu'il
servira ;
2. Il ne
volera ni ne dérobera les biens de son maître ou de sa maîtresse et il ne
s'absentera de leur service ni ne sortira de chez eux de jour ni de nuit
sans permission ;
3. Il ne
commettra pas d'adultère ni de fornication dans ou hors la maison de son
maître, avec la fille ou la servante de son maître ou autrement ;
4. Il gardera
le secret sur toutes choses dites dans ou hors la loge, chambre ou salle
par un compagnon, un maître ou un frère ;
5. Il ne se
livrera pas à une contestation empreinte d'insubordination ;
6. Il
divulguera tout secret à cause de quoi un conflit pourrait survenir parmi
les maçons, compagnons ou apprentis, mais il comportera avec déférence
envers tous les francs maçons afin de gagner des frères à son maître ;
7. Il n'aura
pas coutume de jouer aux cartes ou aux dés ou à tout autre jeu ou jeux
interdits ;
8. Il ne
dérobera ni ne volera aucun bien à personne ni ne s'y associera durant son
apprentissage, mais s'y opposera de toutes ses forces et en informera son
maître ou quelque autre maçon en toute hâte.
Questions
et réponses.
1 Qui
êtes-vous ?
Je suis un
homme.
2. Comment le
saurai-je ?
Par tous les
signes véritables reçus dans la première partie de ma réception, que je
tairai et cacherai.
3. N'êtes-vous
rien de plus ?
Oui, un homme,
engendré d'un homme et né d'une femme, et pourtant j'ai pour frères de
puissants rois et de grands princes ;
4. Dans quelle
loge avez-vous été reçu ?
Dans une véritable
loge de saint Jean
5. Où une loge
doit-elle être tenue ?
Au sommet
d'une montagne ou au milieu d'un marécage, où l'on n'entend ni le chant
d'un coq ni l'aboiement d'un chien
6. Quelle
hauteur a votre loge ?
Des pouces et
des empans sans nombre.
7. Qu'est-ce à
dire, sans nombre ?
Des cieux
matériels au firmament étoilé.
8. Combien y
a-t-il de colonnes dans votre loge ?
Trois.
9. Lesquelles
?
L'équerre, le
compas et la Bible.
10. Où repose
la clef de votre loge ?
Dans une boîte
d'os recouverte d'un poil hérissé.
11. Donnez les
caractéristiques de votre boîte.
Ma tête est la
boîte, mes dents sont les os, mes cheveux sont le poil, ma langue est la
clef.
12. Comment
avez-vous été introduit ?
D'une façon
humiliante, avec une corde autour du cou.
13. Dans
quelle posture étiez-vous lors de votre réception ?
Ni assis, ni
debout, ni courant, ni marchant, mais sur mon genou gauche.
14. Pourquoi
une corde autour du cou ?
Pour me pendre
si je trahissais la confiance.
15. Pourquoi
sur le genou gauche ?
Parce que je
devais être dans une posture des plus humbles pour recevoir le secret
royal.
16. À quelle
obligation êtes-vous soumis ?
Un grand
serment.
17. Quel
châtiment est infligé à ceux qui révèlent le secret ?
Ils auront le
c?ur arraché tout vif, la tête coupée et le corps enseveli entre les
marques des marées de mer et en nul lieu où sont ensevelis les chrétiens.
18. Combien y
a-t-il de lumières dans votre loge ?
Deux.
19. Lesquelles
?
Le soleil se
levant à l'est qui met tous les hommes à l'ouvrage, et se couchant à
l'ouest et ainsi renvoyant tous les hommes au repos.
20. De quelle
façon est disposée votre loge ?
D'est en
ouest, parce que toutes les églises et temples sacrés sont ainsi disposés,
et particulièrement le Temple de Jérusalem.
21. Hiram
n'aurait-il pu poser les fondations du Temple du sud au nord plutôt que de
l'est à l'ouest ?
Non, il ne le
pouvait pas.
22 Donnez une
raison à cela.
David
prescrivit que les fondations du Temple fussent posées sur un emplacement,
comme vous pouvez le lire dans la Sainte Bible, où elle est dénommée l'aire
d'Ornân le Jébuséen .
De même, vous
pouvez lire dans les Saintes Écritures que l'Arche du Seigneur, en laquelle
était renfermée l'Alliance entre Dieu et les hommes ainsi que les deux
Tables de marbre avec les Dix Commandements écrits du doigt de Dieu, fut
retenue par malchance un temps considérable sur l'aire d'Ornân, ce qui
obligea à poser les fondations d'est en ouest conformément à la position
des deux Tables.
23. Qu'est-ce
que la maçonnerie ?
Une œuvre
réalisée à l'équerre.
24. Qu'est-ce
qu'un maçon ?
Un ouvrier de
la pierre.
25.
Reconnaîtriez-vous votre maître si vous le voyiez ?
Oui.
26. De quelle
façon le reconnaîtriez-vous ?
A son habit.
27. Quelle est
la couleur de son habit ?
Jaune et bleu,
ce qui signifie le compas, qui est de cuivre et les pointes de fer.
28. Quel
mortier les maçons usèrent-ils à la construction du Temple ?
Exactement le
même mortier qu'à la construction de la Tour de Nemrod, c'est-à-dire de la
boue qui était une sorte de terre qu'ils affinaient et pulvérisaient à
l'intérieur du mur une fois les pierres posées ; c'était un ciment naturel
ou bitume .
29. Quelle
échelle eurent-ils lors de la construction ?
L'échelle de
Jacob, entre ciel et terre.
30. Combien
d'échelons y avait-il dans l'échelle de Jacob ?
Trois.
31. Lesquels ?
Le Père, le
Fils et le Saint-Esprit.
32. Combien y
a-t-il de fleurs dans le bouquet du maçon ?
Trois et
douze.
33. Comment
les appelez-vous ?
La Trinité et
les douze Apôtres.
34. Qui était
maître maçon à la construction du Temple ?
Hiram de Tyr.
35. Qui posa
la première pierre à la fondation du Temple ?
Hiram.
36. À quel
emplacement posa-t-il la première pierre ?
À l'angle
sud-est du Temple.
37. Que dit-il
lorsqu'il la posa ?
Dieu nous aide
!
38. Quelle fut
la plus grande merveille vue ou entendue dans le Temple ?
Dieu fut homme
et un homme fut Dieu, Marie fut mère et pourtant vierge.
39. A quoi la
nuit est-elle bonne ?
La nuit est
meilleure pour entendre que pour voir.
40. A quoi le
jour est-il bon ?
Le jour est
meilleur pour voir que pour entendre.
41. Que fit le
deuxième homme lorsque le premier homme mourut ?
Il acheva
l'ouvrage que le premier homme avait projeté, comme le roi David qui avait
projeté de construire le Temple mais en fut empêché par la mort, ce fut
Salomon qui l'acheva.
42. Que
signifie la mer d'airain qu'Hiram façonna et qu'il soutint par douze bœufs,
trois regardant au nord, trois au sud, trois à l'ouest et trois à l'est ?
A cette
époque, elle était assignée aux prêtres pour s'y baigner et laver ; mais
maintenant nous trouvons qu'elle était symbole du sang du Christ, sang
destiné à purifier les péchés et à laver les élus, et les douze b?ufs un
symbole des douze Apôtres qui luttèrent contre tout paganisme et athéisme
et scellèrent avec leur sang la cause du Christ.
43. Que
signifiait la porte d'or du Temple, par laquelle on entrait dans le Saint
des Saints ?
C'était un
autre type du Christ, qui est la porte, la voie, la vérité et la vie, par
qui et en qui tous les élus entrent au ciel.
Salutations
des étrangers.
Les Vénérables
Maîtres de notre Loge m'adressent à vous et vous saluent cordialement, en
souhaitant que ma visite vous remémore votre bienveillance envers eux.
Et nous,
maîtres et compagnons de cette Loge, vous souhaitons une cordiale
bienvenue, vous priant instamment d'user librement de ce que vous voyez, de
nous dire vos désirs et de réclamer notre assistance qui sera à votre
disposition en tous moments et occasions, et tous, nous continuerons à vous
honorer, vous aimer et vous servir.
Quand vous
entrez dans une pièce, vous devez dire « La maison est-elle propre ? ». Si
l'on répond : « Il dégoutte » ou « elle est mal couverte », à cette réponse
vous devez rester silencieux. C'est la question la plus essentielle
concernant la maçonnerie.
Sic
subscribuntur (Ainsi sont rédigées les Constitutions).
Questions
concernant le Temple.
1. Quel est le
mystère du Temple ?
Le Fils de
Dieu et en partie l'Église, le Fils souffrit et son corps fût détruit et
ressuscitât le troisième jour, et il édifia pour nous l'Église chrétienne,
qui est la véritable église spirituelle.
2. Quel est le
mystère du marbre blanc ?
Le Christ est
le marbre blanc sans tache, la pierre que les bâtisseurs ont rejetée, mais
choisie par Dieu pour construire le Temple.
3. Quel est le
mystère du bois de cèdre ?
Le bois de
cèdre, de cyprès et d'olivier n'est pas sujet à la putréfaction et ne peut
pas être dévoré des vers ; ainsi la nature humaine du Christ ne fut pas
atteinte par la putréfaction et la corruption.
4. Quel est le
mystère de l'or et les pierres précieuses ? .
L'or et les
pierres précieuses représentent la divinité du Christ en qui elle réside
pleinement, car il en est la source.
5. Quel est le
mystère des chérubins ?
Premièrement,
ils signifient la gloire céleste et la vie éternelle à venir ; représentés
à l'image de l'homme, ils représentent l'assemblée des anges bénis et des
saints qui chantent Te Deum laudamus.
Deuxièmement,
les deux chérubins sur le propitiatoire dans le Saint des Saints signifient
l'Ancien et le Nouveau Testament contenant la doctrine du Christ et, de
même que leurs ailes se touchent, de même l'Ancien et le Nouveau Testament
forment un tout, la fin de l'un commençant l'autre, l'un contenant le
premier monde et l'autre la fin du deuxième monde ; tous deux étant en
relation avec le Christ, à qui les ministres de Dieu furent consacrés.
6 Quel est le
mystère de la porte d'or du Temple ?
Le Christ est
la porte de la vie, par qui nous devons entrer dans la félicité éternelle ;
les deux battants signifient la double connaissance nécessaire avant d'y
entrer, c'est-à-dire de sa personne et de sa fonction.
7. Quel est le
mystère du voile ?
Le Fils de
Dieu, Notre Seigneur Jésus-Christ, suspendu sur l'autel de la Croix, est le
vrai voile qui est placé entre Dieu et nous, rachetant par ses plaies et
son sang la multitude de nos offenses, afin que nous soyons rendus
acceptables à Dieu.
8. Quel est le
mystère de l'Arche d'Alliance ?
Elle
représente le Christ notre Sauveur et les cœurs des fidèles. Car, dans la
poitrine du Christ, était la doctrine de la Loi et de l'Évangile, il en
sera de même pour les fidèles.
Le Christ fut
la vraie manne qui descendit pour donner la vie au monde. Les tables de la
Loi nous incitent à l'amour et à l'obéissance.
La verge
d'Aaron couverte de fleurs symbolise la douceur de l'Évangile et la gloire de
notre grand prêtre Jésus-Christ, personnifié par Aaron.
9. Quel est le
mystère de l'autel ?
L'autel aux
quatre cornes d'or, en bois d'acacia, recouvert et couronné d'or,
représente l'unité de l'humanité et de la divinité de notre Sauveur, car ce
qui était naturellement incorruptible était embelli par l'or ; de même,
l'humanité incorruptible du Christ, ornée de la divinité céleste unie à la
nature divine, est montée aux cieux et siège à la droite de Dieu son Père,
couronnée de majesté et de joie éternelle.
10. Quel est
le mystère du candélabre d'or ?
Le candélabre
d'or avec ses six branches et ses sept lumières représente le Christ et les
ministres.
Le Christ, le
fondement, est le grand prêtre et la lumière du monde qui nous illumine et
nous guide vers la vie éternelle ; les prêtres et ministres de l'Église
sont les branches, que le Christ éclaire avec la saine doctrine de
l'Évangile ; aussi ne doivent-ils pas être séparés du Christ, mais, par la
lumière de la doctrine, éclairer sur nos pas, et de même que toutes les
branches étaient réunies sur le candélabre, chaque ministre et enfant de
Dieu doit-il être uni intimement au corps du Christ.
Les fleurs et
les lis désignent les grâces de son Esprit qu'il a accordées aux ministres
de la foi. Les lumières et les lampes rappellent à tous les ministres de
Dieu de le servir avec soins et avec zèle.
11. Quel est
le mystère de la table et des pains d'oblation ?
La table
cerclée d'or représente les ministres de l'Évangile, les pains signifient
le Christ, pain de vie.
12. Quel est
le mystère de la vigne d'or et des raisins de cristal ?
La vigne à
l'est du Temple, faite d'or étincelant, ressemble à notre Christ, qui s'est
comparé lui-même à une vigne et les fidèles à des sarments
Les raisins de
cristal sont la doctrine de l'Évangile et les ?uvres des fidèles, qui sont
la foi, l'amour, l'espérance, la charité, la patience, la prière et les
actions de grâce.
13. Quel est
le mystère de la mer d'airain ?
La mer
d'airain était les fonts baptismaux avec l'eau vive sortant des plaies du
Christ et les douze boeufs représentent les douze Apôtres
Hauteur et
largeur du Temple.
Il avait 100
coudées en longueur, 120 coudées en hauteur.
Le Saint des
Saints était à l'Ouest, et les pierres de marbre dans le Temple avaient 25
coudées de long, 12 coudées de large et 8 coudées de haut.
Questions
et réponses.
1. Combien y
a-t-il de lumières dans cette loge ?
Trois.
2. Lesquelles
?
Le maître, les
compagnons et le surveillant.
3. De quelle
manière sont disposées les lumières ?
Une à l'est, à
l'ouest et une au milieu.
4. A quoi sert
celle de l'est ?
Au maître,
celle de l'ouest aux compagnons de métier et celle du milieu au
surveillant.
5. Qu'y a-t-il
derrière le surveillant ?
Trois
étagères.
6. Qu'y a-t-il
sur elles ?
Il y a trois
règles.
7. Lesquelles
?
De 36 pieds,
de 34 pieds et de 32 pieds.
8. Pourquoi
faire ?
Celle de 36
pieds pour servir de niveau, celle de 34 pieds pour niveler et celle de 32
pieds pour mesurer le terrain.
9. De quelle
façon le Mot a-t-il été utilisé pour la première fois ?
On le
communiquait au roi David, alors qu'il faisait tailler des pierres dans la
montagne, afin de distinguer les ouvriers des manœuvres.
Dieu rappela
le roi David, Salomon lui succéda et on le lui donna.
10. Quelle est
la longueur de votre corde ?
Elle est aussi
longue qu'entre mon nombril et mes cheveux.
11. Pourquoi ?
Parce que tous
les secrets reposent là.
12. Par qui
restez-vous ferme sur vos croyances ?
Par celui qui
resta ferme sur le sommet du pinacle du Temple.
13. Comment
fut bâti le Temple ?
Par Salomon,
et Hiram qui fournit les outils pour cet ouvrage : c'était Hiram qui fut
ramené d'Égypte ; il était fils d'une veuve ; il fournit toutes sortes
d'outils : pioches, bêches, pelles, et toutes choses relatives au Temple.
14. Où repose
le maître ?
Dans une auge
de pierre, sous la fenêtre de l'ouest, regardant vers l'est et attendant le
lever du soleil pour mettre ses hommes à l'ouvrage.
15. Où le
noble art ou science fut-il trouvé lorsqu'il fut perdu ?
Il fut trouvé
sur deux colonnes de pierre, l'une qui ne devait pas sombrer et l'autre qui
ne devait pas brûler.
LES DEUX NOMS.
Salomon dressa
deux Noms remarquables : celui de droite, appelé Jakin, c'est-à-dire « en
lui, il y a force », montre non seulement par la matière mais aussi par le
nom de ces deux colonnes avec quelle fermeté l'élu se tient devant Dieu, à
la fois maintenant et dans le futur. À présent les enfants de Dieu ont reçu
la force intérieure, à l'avenir Dieu les établira avec son Esprit de grâce
pour qu'ils ne se séparent jamais de lui.
On m'a, au
passage, enseigné ce point : ces deux Noms semblent désigner en plus les
deux églises, des Juifs et des Gentils. Celle des Juifs par Jakin, à
droite, puisque (lacune dans le texte) Dieu voulait à la longue l'établir,
à son époque, mais qu'elle n'a pourtant pas trouvé sa stabilité, à cause de
l'obstination d'esprit avec laquelle ils devaient repousser le Christ lors
de sa venue ; celle des Gentils par Boaz, à gauche, à cause de la force qui
fut en elle lorsqu'elle adhéra au Christ.
Le Christ
inscrira sur ces colonnes de meilleurs noms que ceux de Jakin et de Boaz,
car avant tout, il y inscrira le nom de Dieu, afin qu'il soit évident pour
tous, que ces hommes sont choisis pour être le peuple particulier de Dieu,
de même que tous ceux qui sont marqués par leurs titres montrent à qui ils
appartiennent.
C'est en ce
sens qu'il fut dit : « Ils sauront que je T'ai aimé » ; c'est à cause de
quoi aussi « consacré à YHVH » fut écrit sur les grelots des chevaux ainsi
qu'il est dit par le prophète Zacharie, chapitre 14, verset 20 .
FINIS.
Vous voyez ici
une tête de mort pour vous rappeler la condition mortelle. Voyez les
grandes colonnes tombèrent mais il est possible d'établir au ciel. Que vos
actions soient selon l'équerre, justes et vraies, restez dans le centre qui
vous est désigné. Soyez prêt, car votre fin dernière arrive.
Traduction extraite du
"Dictionnaire Maçonnique" de Roger Richard. Editions Dervy.
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