Résurrection

Terme religieux qui désigne la vie après la mort ; une des croyances fondamentales des chrétiens

Doctrines non chrétiennes

Bien que l' immortalité   de l'âme humaine ou la résurrection d'êtres divins fasse partie de certaines religions anciennes, la croyance dans la résurrection humaine y était pratiquement inconnue. On trouve cependant des traces de cette doctrine dans la religion égyptienne ancienne et dans le zoroastrisme

Le judaïsme ancien annonce la résurrection pour la fin des temps, avec l'avènement d'une ère nouvelle (voir notamment Daniel, XII, 1-3 et les 1er et 2e Livres des Maccabées). Larapporte également des récits de résurrections individuelles (Élie, Élisée). Au Ier siècle apr. J.-C., la résurrection était devenue une doctrine à part entière chez les Pharisiens et au sein du peuple juif, bien qu'elle fut fortement contestée par les Sadducéens. Dans l'islam, le Coran enseigne explicitement la résurrection de tous les êtres humains le jour du jugement dernier, suivant en cela la conception judéo-chrétienne.

Doctrine chrétienne

La foi chrétienne repose sur la doctrine de la résurrection du Christ : « Si le Christ n'est pas ressuscité, notre foi est vaine », écrivit saint Paul (1er épître aux Corinthiens, XV, 13-19). La résurrection du Christ lui-même se distingue de celle de tous ceux qui ont «confessé son nom» au jour du Jugement dernier. Les Évangiles contiennent les récits de la résurrection du Christ, les Épîtres de saint Paul, son développement doctrinal et celui en la foi de la résurrection de tous les baptisés. Jésus lui-même avait effectué quelques résurrections miraculeuses, notamment celle de Lazare : il s'agissait alors d'un retour au corps et à la vie d'avant la mort.

L'enseignement chrétien concernant la résurrection du Christ s'appuie sur plusieurs passages du Nouveau Testament (Évangile selon saintMatthieu, XXVIII, 1-10; Épître aux Romains, I, 4; 1er épître aux Corinthiens, XV, 1), dans lesquels on montre le tombeau de Jésus vide trois jours après sa mort, puis plusieurs apparitions du Christ à ses disciples. Ces récits visent à signifier que Jésus n'est pas un prophète comme les autres, mais qu'il est leMessie. La résurrection du Christ, qu'il aurait, nous dit l'Évangile, annoncé à ses disciples, est un accès à une autre vie et une «mise à mort de la mort». Son œuvre de rédemption de l'humanité est ainsi achevée avec son retour auprès de «son père». Tous les morts se relèveront pour être jugés, «ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie» et «ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement» (Évangile selon saint Jean, V, 29). La résurrection aura lieu le jour du Jugement dernier, annoncé par le son de trompettes.

Rien n'est dit explicitement dans la Bible quant à la nature du corps ressuscité, sinon qu'il sera rendu pareil à celui du Christ. La transfiguration du Christ a parfois servi de modèle aux théologiens — notamment orientaux — pour penser le corps du Christ ressuscité. La tradition chrétienne ancienne appelait «corps glorieux» (vivant dans la gloire de Dieu) les corps ressuscités. La possibilité d'une résurrection corporelle a été un sujet de discorde parmi les premiers chrétiens. Saint Paul se prononce clairement en sa faveur en arguant que les événements du monde naturel lui semblent à peine moins mystérieux… Les passages les plus couramment cités pour soutenir cette doctrine sont : Évangile selon saint Jean, V, 21-29; VI, 39-40; XI, 25-26; 1er épître aux Corinthiens, 15; 1er épître aux Thessaloniciens, IV, 14-16 et Apocalypse, XX, 12. La croyance en la résurrection du Christ et des corps fait partie du credo de Nicée-Constantinople.

Les gnostiques et les manichéens, qui furent condamnés pour hérésie par l'Église des premiers siècles, rejettent l'idée de la résurrection du corps, soutenant le caractère purement spirituel de l'après-vie. La doctrine catholique romaine de la résurrection fut développée par les théologiens saint Augustin d'Hippone, saint Jérôme et Tertullien, qui insistèrent sur la résurrection de la chair. D'une façon différente, le théologien chrétien du IIIe siècle, Origène, parla de corps spirituel et affirma le rétablissement (apocatastasis) de toutes choses en Dieu.

Les interprètes chrétiens du dogme de la résurrection, théologiens et exégètes, se demandent si la résurrection concerne tous les êtres vivants, ou seulement les êtres humains, ou encore les seuls chrétiens et si elle est déjà accomplie et réalisée dans le Christ, ou si elle ne surviendra qu'à la fin des temps. Ce débat a été rouvert récemment par le théologien catholique allemand Hans Urs von Balthasar.

Pour les chrétiens de confession orthodoxe ou catholique, la résurrection est à la fois rappelée et vécue dans chaque sacrifice eucharistique (messe), qui rend présent le corps ressuscité du Christ sous la figure du pain consacré, et par lui, rend le chrétien pareil à son Sauveur.

Voir aussi  Eschatologie; Jeudi saint ; Mystère de la Passion; Purgatoire; Messie; Eucharistie; Messe; Salut; Géhenne; Pâques ; Résurrection du Christ

"Résurrection", Encyclopédie® Microsoft® Encarta 98. © 1993-1997 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.