Dans son numéro de mars 2003, Le Monde de la
Bible présente un exceptionnel dossier sur Les religions de
la Syrie antique: dieux antiques, art funéraire, Palmyre, culte
de Mithra, naissance du christianisme, monastères,...
Dans le même
magazine, Sophie Laurant et Jean-Luc Pouthier évoquent un ossuaire
qui pourrait contenir la seule référence matérielle à Jésus. Trop
beau pour être vrai?...
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Février
2003
Le Monde de la Bible fait le point sur l'une des
plus troublantes découvertes archéologiques de ces dernières années:
un ossuaire du premier siècle de notre ère qui aurait contenu les
restes d'un certain «Jacques, fils de Joseph, frère de
Jésus».
L'ossuaire appartient à un collectionneur
israélien et remonte au premier siècle de notre ère. Ce caisson en
calcaire était destiné à recueillir les ossements d'un défunt après
la disparition des chairs.
En octobre 2002, un épigraphiste
français, André Lemaire, a découvert sur son flanc une inscription
en araméen, la langue usuelle de la Palestine à l'époque du Christ:
«Ya'akiv bar Yosef akhui diYeshua» (traduction plus
haut).
Une première question se pose: l'ossuaire est-il
d'origine? Et s'il l'est, l'inscription l'est-elle également? Un
doute sérieux s'est insinué sur ce dernier point (1). Certains savants croient
déceler des différences dans la gravure des deux membres de
l'inscription et en concluent que les mots «frère de Jésus»
seraient postérieurs aux premiers et remonteraient soit au IIe ou
IIIe siècle de notre ère, soit... à notre époque!
D'autre
part, quels indices nous permettraient de croire que l'inscription
désigne un certain Jésus de
Nazareth? Un spécialiste a évalué à une vingtaine le nombre
d'habitants de Jérusalem qui pouvaient s'appeler Jacques, avoir un
Joseph pour père et un Jésus pour frère, ces prénoms étant
relativement courants au premier siècle.
«Toutefois, la
mention d'un frère sur un ossuaire était rarissime: cette
inscription ne constitue que le second exemple connu à nos
jours,» rappellent les auteurs de l'article.
Dans ces
conditions, certains se prennent à imaginer que l'ossuaire aurait
contenu les restes de Jacques le Juste, frère du Christ et premier
chef de la communauté chrétienne de Jérusalem, qui mourut en
62!
La référence à Jésus de Nazareth pourrait alors
s'expliquer par le fait que ses disciples ne pouvaient passer sous
silence la relation de parenté qui le liait à Jacques, le
défunt.
Rappelons que les Évangiles prêtent à Jésus quatre
frères au moins: Jacques, Joset, Jude et Simon, ainsi que des sœurs.
Les exégètes s'accordent aujourd'hui là-dessus bien que la
tradition catholique ait considéré à partir de Saint Jérôme
(IVe siècle) que Marie était restée vierge et n'avait pas eu d'autre
enfant que le Christ.
Supercherie ou cadeau du ciel,
l'ossuaire de Jacques conserve son mystère et toutes les hypothèses
restent ouvertes, y compris la plus belle.
André Larané
(1)
Voir à ce propos Un
mot de trop, Jésus, faux frère?, Sciences et Avenir, décembre
2002, page 7 [retour]
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