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«De toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur, et la vie
qui est sauve»
Ces mots délicats sont extraits de la lettre du roi François 1er à sa mère, Louise de
Savoie, après qu'il eût été battu et fait prisonnier par le connétable de Bourbon à Pavie, au sud de Milan, le 24 février 1525.

«Souvent
femme varie; bien fol qui s'y fie»
Cet aphorisme aurait été gravé sur une vitre du château de Chambord par le roi
François 1er, sans doute à la suite d'une déception sentimentale. Il est conforme
à l'esprit de ce roi de la Renaissance, qui avait le goût de plaire et s'entourait de
poètes galants.
| Jacques de La Palice |
(1470-1525) |
«Un quart d'heure avant sa mort, il était encore en
vie»
La bataille de Pavie fut fatale au maréchal Jacques de
Chabannes, seigneur de La Palice. Le soir de la bataille, ses soldats chantèrent à son
propos un couplet naïf signifiant qu'il s'était battu avec la dernière énergie. De là
vient le mot «lapalissade», qu'inventa Edmond de Goncourt, au XIXe siècle,
pour désigner une vérité évidente.
Héros des guerres d'Italie, ayant combattu à Ravenne, Marignan, La Bicoque,
Fontarabie,... La Palice fut l'un des plus grands hommes de guerre de son temps avant de
devenir un nom commun.
| Nicolas Machiavel |
(1469-1527) |
«Divide ut imperes!» (Diviser pour régner!)
Formule latine de Nicolas Machiavel.
Né sous le règne de Laurent le Magnifique, Niccolo
Machiavelli voit les Français de Charles VIII entrer à Florence et Savonarole étriller la cité avant de monter sur le bûcher
(1494-98).
Nommé secrétaire de chancellerie, il participe à des missions diplomatiques délicates
auprès des puissances du moment, en particulier de César Borgia, fils du pape Alexandre
VI, puis du nouveau pape Jules II. Il convaincra Louis XII de France de ne pas secourir
Ferrare assiégée par le pape en 1510.
En 1512, les Médicis ayant repris le contrôle de Florence le mettent à l'écart.
Retiré à San Casciano, il compose de nombreux ouvrages (L'art de la guerre, Histoires
florentines, la Mandragore,...).
Le plus connu de ses livres, Il Principe (Le Prince, 1513), est un court essai
dédié à Laurent de Médicis, duc d'Urbino, dans lequel l'auteur expose l'art et la
manière de gouverner en jouant habilement des sentiments populaires. Il donne en exemple
César Borgia, fils naturel du pape Alexandre VI, qui gouverna dans les années
précédentes les Etats pontificaux en faisant preuve d'une absence totale de scrupules.
On a présenté Machiavel comme un cynique dépourvu d'idéal et tiré de son nom un
adjectif commun: machiavélique, alors que cet homme politique était seulement
soucieux du bien public mais sans illusion sur les vertus des hommes (G V-D).
| Bartolomeo de Las Casas |
(1474-1566) |
«Les lois et les règles naturelles et les droits des
hommes sont communs à toutes les nations, chrétiennes et gentilles, et quels que soient
leur secte, loi, état, couleur et condition, sans aucun différence» (traduction
française)
Cette citation mérite tout notre intérêt. Pour la première fois, un homme - un prélat
espagnol de la Renaissance - pose le principe de l'universalité des droits de l'homme.
Bartolomeo de Las Casas, né à Séville, a participé à la découverte
des Amériques aux côtés de Christophe Colomb avant
d'entrer dans l'ordre religieux des dominicains. Il est ordonné
prêtre à Saint-Domingue puis devient plus tard évêque du Chiapas,
au Mexique. Il s'indigne alors du sort fait à ses habitants, les
«Indiens».
C'est ainsi qu'il rédige une Très brève relation sur la destruction
des Indes qu'il lit à l'empereur Charles Quint, à Burgos, en
1540, en vue de le convaincre de mettre un terme aux exactions des
colons. C'est de ce texte que provient la citation ci-dessus.
À la demande de Charles-Quint, Las Casas participe d'août
1550 à avril 1551, à Valladolid, au couvent dominicain de San Gregorio,
à une controverse sur le point de savoir si les Indiens du Nouveau
Monde possèdent une âme. Face à lui, qui se pose en disciple de
Saint Paul, Juan Ginès de Sepulveda
revendique l'héritage d'Aristote et des païens de l'Antiquité pour
nier l'universalité du principe d'humanité.
L'empereur tente mais en vain de sévir contre les abus en Amérique.
Protégés par l'éloignement, les colons d'Outre-Atlantique ont beau
jeu d'ignorer les injonctions impériales. Tout juste savent-ils
saisir au vol une suggestion malheureuse de Las Casas. Celui-ci,
considérant que les Indiens des plateaux n'étaient pas aptes au
travail dans les plantations, proposa de bonne foi de recourir à
des travailleurs... africains. Ce fut l'origine de la traite
atlantique.
| Sir Thomas More |
(1478-1535) |

«Ayez l'obligeance de me donner la main pour monter, car pour descendre, je me
débrouillerai bien tout seul» (traduction française)
Prière de Sir Thomas More au bourreau
chargé de le décapiter sur l'échafaud le 6 juillet 1535.
Homme de conviction et brillant humaniste, More a gagné l'immortalité
avec son ouvrage majeur, L'Utopie, où il décrit un Etat
de «nulle part» (c'est le sens du néologisme utopie)
où règnent la tolérance et la paix civile.
| Ambroise Paré |
(1509-1590) |
«Je le soignai, Dieu le guérit!»
Formule passée à la postérité pour traduire l'élégance et la modestie d'un
chirurgien de renommée universelle, Ambroise Paré. Elle a pu
être prononcée vers 1550.
Ambroise Paré étudie la chirurgie
selon les canons de l'époque, soit auprès d'un maître chirurgien-barbier.
Il approfondit ensuite ses connaissances à l'Hôtel-Dieu de Paris
et se fait engager dans l'armée d'Italie. Malgré sa foi réformée,
il sera chirurgien de Henri II, François II et Charles IX, mis à
l'abri lors de la St Barthélémy, puis conseiller d'Henri III. Il
publie de nombreux ouvrages en français, dont la Méthode de
traicter les playes faictes par hacquebutes et aultres bastons à
feu, et préconise le premier la ligature des artères avant
de pratiquer l'amputation. Certaines de ses prothèses ont été utilisées
jusqu'à l'époque contemporaine (G V-D).
| Guillaume le Taciturne |
(1533-1584) |
«Il n'est point besoin d'espérer pour entreprendre ni de
réussir pour persévérer» (traduction française)
Cet aphorisme appartient à Guillaume d'Orange-Nassau, dit le Taciturne, héros de l'indépendance des Provinces-Unies, aujourd'hui les Pays-Bas.
Il fut assassiné par un tueur (un fanatique catholique) à la solde du roi d'Espagne
Philippe II de Habsbourg.
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