26 novembre 1620

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Portrait de jeune homme, par Raphaël (Italie 1483-1520), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Le Mayflower et le Thanksgiving Day

Le 26 novembre 1620, le Mayflower aborde en un lieu baptisé Plymouth, près de Cape Cod, sur la côte sauvage du Massachusetts.

Ce voilier amène d'Angleterre 102 colons. Parmi eux, 35 protestants anglais très pieux, chassés de leur pays par les persécutions du roi Jacques 1er.

Europe inhospitalière


Ces protestants se nomment «Pilgrim Fathers» ou Pères Pèlerins. Ils ont d'abord tenté leur chance aux Pays-Bas, à Leyde. Mais l'état de l'Europe les a déçus.

En Angleterre, les troubles religieux laissent entrevoir la chute de la monarchie et la dictature de Cromwell. L'Allemagne souffre de la guerre de Trente Ans. En France, la régence troublée de Marie de Médicis fait suite à l'assassinat d'Henri IV...

Le petit groupe d'Anglais a donc décidé de créer une «Nouvelle Jérusalem» en Amérique. C'est le moment où la Virginia Company organise le peuplement de la nouvelle colonie anglaise de Virginie (du nom de la reine Elizabeth 1ère).

Une destination imprévue


Les Pères Pèlerins ont embarqué en septembre 1620 à Plymouth sur le Mayflower (ou Fleur de Mai), un voilier de 180 tonnes.

Après une traversée agitée, le navire est arrivé en vue de Cape Cod, sur la côte vierge du futur Massachusetts, le 21 novembre (11 novembre selon le calendrier julien encore en vigueur en Angleterre).

Les passagers comprennent alors qu'ils ont fait fausse route. Ils doivent se résigner à débarquer sur une terre inhospitalière, encore inconnue des Européens.

En prévision de l'avenir, les «Pilgrim Fathers» et leurs compagnons de destinée signent le jour même, sur leur navire, un pacte de bonne entente.

Ce pacte connu comme le «Mayflower Compact» édicte les principes qui doivent régir le futur établissement. Il met sur pied une démocratie locale efficace et respectueuse des croyances de chacun.

Sitôt débarquée, la communauté conclut un traité de paix avec les Indiens. Les incidents de voisinage n'en sont pas moins nombreux.

La première année, la famine et la maladie ont raison de nombreux colons. Les survivants doivent leur survie aux dindes sauvages et au maïs fourni par les Indiens.

C'est ainsi que leur chef, William Bradford, organise une journée d'action de grâce en novembre 1621. C'est le premier «Thanksgiving Day».

Thanksgiving Day


Ce «Thanksgiving Day» se renouvellera chaque année en Nouvelle Angleterre avant que le président Abraham Lincoln ne l'érige en fête nationale en 1863.

De nos jours encore, chaque 4e jeudi de novembre, les familles des États-Unis savourent de la dinde aux airelles avec des patates douces et de la tarte au potiron au dessert.

Au Canada, cette commémoration porte le nom de «Fête de l'Action de Grâces» et elle est célébrée le deuxième lundi d'octobre... avec un menu identique à celui des Étatsuniens.

La démocratie locale et l'esprit de tolérance des Pères Pèlerins sont devenus le trait caractéristique des institutions nord-américaines. C'est pourquoi le souvenir du Mayflower reste encore si vif aux États-Unis et au Canada.

Plusieurs navires relèveront ce nom mythique. Dans les années 1840, l'un d'eux amènera d'Irlande à Boston de nombreux émigrants - catholiques ceux-là -, chassés par la famine.

Le pacte (Mayflower Compact)

Voici le court texte que signèrent les passagers du Mayflower le 21 novembre 1620 (11 novembre selon le calendrier julien)
 

 
IN THE name of God, Amen.

We whose names are underwritten, the loyal subjects of our dread sovereign Lord, King James, by the grace of God, of Great Britain, France and Ireland king, defender of the faith, etc., having undertaken, for the glory of God, and advancement of the Christian faith, and honor of our king and country, a voyage to plant the first colony in the Northern parts of Virginia, do by these presents solemnly and mutually in the presence of God, and one of another, covenant and combine ourselves together into a civil body politic, for our better ordering and preservation and furtherance of the ends aforesaid; and by virtue hereof to enact, constitute, and frame such just and equal laws, ordinances, acts, constitutions, and offices, from time to time, as shall be thought most meet and convenient for the general good of the colony, unto which we promise all due submission and obedience.

In witness whereof we have hereunder subscribed our names at Cape-Cod the 11 of November, in the year of the reign of our sovereign lord, King James, of England, France, and Ireland the eighteenth, and of Scotland the fifty-fourth. Anno Domine 1620.
 
Au nom de Dieu, Amen.

Nous soussignés loyaux sujets de notre puissant Souverain, le Roi Jacques(1), par le grâce de Dieu, Roi de Grande-Bretagne, de France et d'Irlande, défenseur de la foi, etc, ayant entrepris, pour la gloire de Dieu, et l'extension de la Foi Chrétienne, et l'honneur de notre roi et de notre pays, un voyage pour établir la première colonie dans la partie septentrionale de la Virginie, décidons par la présente, solennellement et de concert devant Dieu, et en présence les uns des autres, de nous engager et de nous constituer par nous-même et ensemble en un corps politique civil, en vue d'une meilleure organisation et protection et dans le but de servir lesdites fins; et en vertu de cela de promulguer, constituer et développer de justes et équitables lois, ordonnances, actes, constitutions, et mandements, qui pourront être conçus comme très séants et convenables pour le bien général de la colonie, sous réserve de quoi nous y promettons tous soumission et obéissance.

En témoignage de quoi nous avons ci-dessous inscrit nos noms, à Cape-Cod en ce 11 Novembre, sous le règne de notre Seigneur et Souverain, Jacques, Roi d'Angleterre, de France et d'Irlande en sa dix-huitième année, et d'Ecosse en sa cinquante-quatrième année, Anno Domini 1620.
 

Mise à jour le 24 février 2003