Le
Mayflower et le Thanksgiving Day
Le 26 novembre 1620, le Mayflower
aborde en un lieu baptisé Plymouth, près de Cape Cod, sur la
côte sauvage du Massachusetts.
Ce voilier amène d'Angleterre 102 colons. Parmi eux, 35 protestants anglais très pieux,
chassés de leur pays par les persécutions du roi Jacques 1er.
Europe inhospitalière
Ces protestants se nomment «Pilgrim Fathers» ou Pères Pèlerins. Ils ont
d'abord tenté leur chance aux Pays-Bas, à Leyde. Mais l'état de l'Europe les a déçus.
En Angleterre, les troubles religieux laissent entrevoir la chute
de la monarchie et la dictature de Cromwell. L'Allemagne souffre de la guerre de Trente Ans. En France, la régence troublée de Marie de Médicis fait suite à l'assassinat
d'Henri IV...
Le petit groupe d'Anglais a donc décidé de créer une «Nouvelle Jérusalem»
en Amérique. C'est le moment où la Virginia Company organise le peuplement de
la nouvelle colonie anglaise de Virginie (du nom de la reine Elizabeth
1ère).
Une destination imprévue
Les Pères Pèlerins ont embarqué en septembre 1620 à Plymouth sur le Mayflower
(ou Fleur de Mai), un voilier de 180 tonnes.
Après une traversée agitée, le navire est arrivé en vue de Cape Cod, sur la côte
vierge du futur Massachusetts, le 21 novembre (11 novembre selon le calendrier julien encore en vigueur en Angleterre).
Les passagers comprennent alors qu'ils ont fait fausse route. Ils doivent se
résigner à débarquer sur une terre inhospitalière, encore inconnue des Européens.
En prévision de l'avenir, les «Pilgrim Fathers» et leurs compagnons de
destinée signent le jour même, sur leur navire, un pacte de bonne entente.
Ce pacte connu comme le «Mayflower Compact» édicte les
principes qui doivent régir le futur établissement. Il met sur pied une démocratie
locale efficace et respectueuse des croyances de chacun.
Sitôt débarquée, la communauté conclut un traité de paix avec les Indiens. Les
incidents de voisinage n'en sont pas moins nombreux.
La première année, la famine et la maladie ont raison de nombreux colons. Les
survivants doivent leur survie aux dindes sauvages et au maïs fourni par les Indiens.
C'est ainsi que leur chef, William Bradford, organise une journée d'action de grâce en
novembre 1621. C'est le premier «Thanksgiving Day».
Thanksgiving Day
Ce «Thanksgiving Day» se renouvellera chaque année en Nouvelle Angleterre
avant que le président Abraham Lincoln ne l'érige en
fête nationale en 1863.
De nos jours encore, chaque 4e jeudi de novembre, les familles des États-Unis savourent de
la dinde aux airelles avec des patates douces et de la tarte au potiron au dessert.
Au Canada, cette commémoration porte le nom de «Fête de l'Action de Grâces»
et elle est célébrée le deuxième lundi d'octobre... avec un menu identique à celui
des Étatsuniens.
La démocratie locale et l'esprit de tolérance des Pères Pèlerins sont devenus le trait
caractéristique des institutions nord-américaines. C'est pourquoi le souvenir du Mayflower
reste encore si vif aux États-Unis et au Canada.
Plusieurs navires relèveront ce nom mythique. Dans les années 1840, l'un d'eux amènera
d'Irlande à Boston de nombreux émigrants - catholiques ceux-là -, chassés par la
famine.
Le pacte (Mayflower Compact)
Voici le court texte que signèrent les passagers du Mayflower
le 21 novembre 1620 (11 novembre selon le calendrier julien)
IN THE name of God, Amen.
We whose names are underwritten, the loyal subjects of our dread sovereign Lord, King
James, by the grace of God, of Great Britain, France and Ireland king, defender of the
faith, etc., having undertaken, for the glory of God, and advancement of the Christian
faith, and honor of our king and country, a voyage to plant the first colony in the
Northern parts of Virginia, do by these presents solemnly and mutually in the presence of
God, and one of another, covenant and combine ourselves together into a civil body
politic, for our better ordering and preservation and furtherance of the ends aforesaid;
and by virtue hereof to enact, constitute, and frame such just and equal laws, ordinances,
acts, constitutions, and offices, from time to time, as shall be thought most meet and
convenient for the general good of the colony, unto which we promise all due submission
and obedience.
In witness whereof we have hereunder subscribed our names at Cape-Cod the 11 of November,
in the year of the reign of our sovereign lord, King James, of England, France, and
Ireland the eighteenth, and of Scotland the fifty-fourth. Anno Domine 1620. |
Au nom de Dieu, Amen.
Nous soussignés loyaux sujets de notre puissant Souverain, le Roi Jacques(1), par le
grâce de Dieu, Roi de Grande-Bretagne, de France et d'Irlande, défenseur de la foi, etc,
ayant entrepris, pour la gloire de Dieu, et l'extension de la Foi Chrétienne, et
l'honneur de notre roi et de notre pays, un voyage pour établir la première colonie dans
la partie septentrionale de la Virginie, décidons par la présente, solennellement et de
concert devant Dieu, et en présence les uns des autres, de nous engager et de nous
constituer par nous-même et ensemble en un corps politique civil, en vue d'une meilleure
organisation et protection et dans le but de servir lesdites fins; et en vertu de cela de
promulguer, constituer et développer de justes et équitables lois, ordonnances, actes,
constitutions, et mandements, qui pourront être conçus comme très séants et
convenables pour le bien général de la colonie, sous réserve de quoi nous y promettons
tous soumission et obéissance.
En témoignage de quoi nous avons ci-dessous inscrit nos noms, à Cape-Cod en ce 11
Novembre, sous le règne de notre Seigneur et Souverain, Jacques, Roi d'Angleterre, de
France et d'Irlande en sa dix-huitième année, et d'Ecosse en sa cinquante-quatrième
année, Anno Domini 1620. |
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Mise
à jour le 24 février 2003
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