23 décembre 1865

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Les deux soeurs à la terrasse (détail), par Pierre-Auguste Renoir (France 1841-1919)
Ce jour-là...

Naissance de l'Union latine

Du franc à l'euro:

Brève histoire de la monnaie

05/12/1360: naissance du franc

18/01/1800: création de la Banque de France

23/12/1865: naissance de l'Union latine

Jean Monnet, initiateur de l'Union européenne

25/03/1957: traité de Rome

01/01/2002: l'euro pour 304 millions d'Européens

L'Europe en attente de symboles
 

Le 23 décembre 1865, la Belgique, la France, l’Italie et la Suisse signent une convention monétaire à l’initiative de l’empereur des Français, Napoléon III. C’est la naissance de l’Union latine.

Le principe en est simple : les monnaies de référence de chaque pays de l’Union ont le même poids d'or fin tout en gardant leur nom (franc français, franc suisse, lire,...) et leur symbole national.

Ces monnaies et leurs subdivisions principales peuvent de la sorte circuler indifféremment dans tous les pays de la convention: il devient possible de payer à Bruxelles ou Paris ses achats avec des lires ou des francs suisses!

La convention exclut de son champ les pièces dites «de billon», dont la valeur faciale est inférieure à 20 centimes, ainsi que le papier-monnaie dont la circulation est encore confidentielle.

Un avatar de la Révolution

Le précurseur de l’Union latine fut Napoléon 1er, qui avait imposé dans les pays soumis à la France une référence monétaire commune: le Napoléon, une pièce de 5,801 grammes d’or fin, d’une valeur de 20 francs.

Dans une lettre à son frère Louis, roi de Hollande (et père du futur Napoléon III), en 1806, il écrit ainsi: «Mon frère, si vous faites frapper de la monnaie, je désire que vous adoptiez les mêmes divisions de valeur que dans les monnaies de France et que vos pièces portent, d'un côté, votre effigie et, de l'autre, les armes de votre royaume. De cette manière, il y aura dans toute l'Europe uniformité de la monnaie, ce qui sera d'un grand avantage pour le commerce».

Après Waterloo et l’effondrement de l’Empire napoléonien, la référence au Napoléon fut provisoirement abandonnée. Mais la Belgique, en prenant son indépendance, en 1830, y revint d’elle-même dans le souci d’asseoir sa monnaie sur une base solide.

L’Italie fit de même en procédant à son unification. Enfin, la Suisse, en 1851, introduisit à son tour le franc avec une pièce de 20 francs suisses ayant les mêmes caractéristiques que ses consœurs (5,801 grammes d’or fin).

La convention de 1865 entérine ces évolutions. Elle laisse à ses signataires le droit de se retirer de l'Union à leur guise. Dans les faits, de nombreux pays la rejoignent, à commencer par la Grèce, le 8 octobre 1868.

26 pays au total adhèrent à l'Union latine, de l'Argentine à la Finlande (mais à l'exception notable de l'Angleterre et de l'Allemagne)! Les États-Unis eux-mêmes eux-mêmes envisagent de la rejoindre.

La convention admet, à côté de pièces en or, des monnaies divisionnaires en argent. Mais ce bimétallisme est mis à rude épreuve suite à l’enchérissement de l’argent par rapport à l’or, avec l’arrivée en Europe de grandes quantités d’or, suite aux découvertes de Californie, de Sibérie ou encore d’Australie et d’Afrique du Sud.

L’Union latine va néanmoins fonctionner de manière très satisfaisante pendant plusieurs décennies, illustrant le très haut niveau d’intégration atteint par l’Europe à la fin du XIXe siècle...

C'est l'une des périodes où les Européens ont au plus haut point le sentiment d'appartenir à une communauté de civilisation, unie par des valeurs et des croyances identiques. Ce sentiment se retrouve au XIIIe siècle (le temps des cathédrales), au début de la Renaissance et... de nos jours.

La Grande Guerre (1914-1918) va mettre à mal cette solidarité. L’Union latine s’éteindra pour de bon le 1er janvier 1927.

 

Mise à jour le 22 février 2003