Cadi

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Les cadis (arabe: قاض [qāḍi], juge) sont des juges musulmans remplissant des fonctions civiles, judiciaires et religieuses. Le cadi est un juge de paix et un notaire, réglant les problèmes de vie quotidienne : mariages, divorces, répudiations, successions, héritages... En fait leur juridiction s'étend à tous les musulmans dans la zone de leur juridiction, sur tous les domaines car l'islam prétend gérer l'ensemble des pratiques et croyances humaines. Leur fonction a été créée sous la dynastie des Abbassides, pour suppléer au calife qui rendait tous les jugements jusque là.

Le mot « cadi » vient d'un verbe signifiant « juger, décider ». Il est à l'origine de l'espagnol alcalde, en français alcade.

Conformément au Droit musulman, ils se basent sur l'ijma, consensus des oulémas, pour rendre leurs jugements. Si les sentences rendues par le Cadi semblent non conformes au droit, on les défère au mufti qui prononce en dernier ressort. Les attaques de corruption et de favoritisme contre les cadis sont aussi anciennes que l'institution et sont comparables aux attaques anti-cléricales du XVIIe siècle en Europe.

En Turquie, les cadis sont des Magistrats ou juges, sans que le droit turc ne dépende explicitement du droit musulman (la Turquie est un pays laïc). Dans d'autres pays, le pouvoir religieux se mêle plus ou moins avec un pouvoir exécutif/judiciaire laïc, et dans d'autre, comme dans certaines zones du Nigeria, le pouvoir des cadis est conforme à celui donné lors de la création de l'institution.

Il est à noter que le préfet de Mayotte, légiférant sur un territoire à régime similaire au concordat, nomme un cadi.