Mahomet

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Mahomet ou Mohammed ou encore Muhammad (محمد en arabe) est né à La Mecque en 570 « l'année de l'Éléphant », et mort à Médine en 632. Il est chef religieux, politique et militaire arabe, fondateur et prophète de l'islam.

Les noms de Mahomet 

Calligraphie arabe de ???? sur une assiette

Calligraphie arabe de محمد sur une assiette

Le nom complet de Mahomet est Abu-l-Qâsim Mouhammed Ibn `Abd Allâh Ibn `Abd Al-Mouttalib Ibn Hâshim (أبو القاسم محمد ابن عبد الله ابن المطلب ابن هاشم) . Le nom proprement dit y est précédé par la kunyah marquant la paternité (père de Al-Qâsim) et suivi par le nasab c'est-à-dire la généalogie (fils de `Abd Allâh, le fils de `Abd Al-Muttalib, le fils de Hâshim). De nombreux autres noms lui ont été attribués, soit de son vivant, soit par la tradition islamique. On en compte 201, dont Al-Mustafâ et Al-Mukhtâr qui signifient « l'élu », Al-Amine qui signifie « le loyal », Ahmad et Mahmoud qui sont dérivés de la même racine que Mohammed.

La version arabe Mouhammed s'écrit avec 4 consonnes mîm, hâ' , mîm et dâl, qui signifie en arabe « Celui qui est digne de louanges ». Le terme français Mahomet est une déformation du turc Mehmet. Mouhammed devient Muhammet ou Mehmet en Turquie, Mohand en langue berbère, et Mamadou dans certains pays d'Afrique noire par déformation de la forme déclinée au nominatif Mouhammadou.

La variante francisée Mahomet est proche des versions des langues romanes apparentées : Mahoma en espagnol, Maomé en portugais, Maometto en italien. Elle est cependant rejetée par une partie des musulmans francophones. Un débat récent qui a fait l'objet d'une pétition expédiée à l'Académie française estimait : « Mohammed signifie en arabe, “ le Béni”. Et ce sens est parfaitement apparent dans le terme lui-même alors que Mahomet provient de l'expression Mâ houmid qui en est la négation. »

Dans le Coran et les hadiths, Mahomet est habituellement appelé le messager de Dieu (rasoul) (الرَّسُول, ar-rasūl, « le messager », « l'envoyé »), plus de 200 fois dans le Coran. Il est également désigné par l'expression prophète (nabi) (النَّبِيّ, an-nabīy, « le prophète »). Ces deux appellations renvoient à une distinction faite en islam entre deux catégories de personnes investies d'une mission apostolique ; les messagers de Dieu, appelés aussi envoyés de Dieu, sont d'après la terminologie islamique les personnages ayant reçu la révélation de lois abrogeant les lois des messagers qui les auront précédés, avec l'ordre de le transmettre aux hommes, tandis que les prophètes reçoivent une révélation par les mêmes voies ainsi que l'ordre de transmettre un message aux hommes mais ce message ne leur est pas propre, il est celui du messager qui les aura précédé. Selon cette classification, tout messager est un prophète mais ce n'est pas tout prophète qui est messager. Les uns comme les autres reçoivent la révélation mais seuls les messagers reçoivent un livre ou une loi nouvelle. Selon la tradition musulmane il y aurait 124 000 prophètes et 313 messagers, le premier d'entre eux étant Adam, le premier des humains, et le dernier, Mahomet, l'un comme l'autre étant des prophètes messagers.

 

Annonce de la venue du prophète 

Le Coran affirme que la venue de Mahomet comme prophète de l'islam pour toute l'humanité est annoncée dans la Torah et dans les Évangiles.

Un nom céleste de Mahomet est Ahmad qui peut se traduire en grec par περικλυτος (periklytos : loué, renommé, célèbre). Dans l'évangile selon Jean XIV:16, XV:26 et XVI:7, Jésus annonce l'arrivée du παρακλητος (parakletos : avocat, défenseur, réconfort). Dans les Églises chrétiennes, on considère que ce paraclet est l'Esprit Saint, et qu'il est venu à la Pentecôte de l'an 30 sur les disciples de Jésus.

Une polémique entre chrétiens et musulmans est née de cette situation.

La tradition islamique affirme que Mahomet est le dernier (au sens du sceau) des prophètes, qu'il scelle ainsi le cycle de la prophétie, en confirmant et en totalisant les messages véhiculés précédemment par la lignée des prophètes.

 

Biographie 

Naissance et enfance 

Iconographie de la naissance du prophete de l'islam par Siyer-i Nebi, Istanbul, 1594

Ionographie de la naissance du prophete de l'islam par Siyer-i Nebi, Istanbul, 1594

Mahomet naît à la fin du VIe siècle, vers 570, à la Mecque, cité caravanière vivant du commerce de marchandises transitant de l'Inde vers l'Occident via Aden puis la Syrie, en traversant le désert de la péninsule arabique.

L'année de naissance du Mahomet est appelée traditionnellement Année de l’éléphant en référence aux événements qui s'y sont déroulés. Le général chrétien éthiopien et vice-roi du Yémen, Abraha, avait attaqué en vain La Mecque avec une troupe d’éléphants pour démolir le sanctuaire vénéré par les Arabes (la Ka`ba). Le Coran rapporte ce récit (Sourate Al-Fil), et il est dit que l'attaque fut repoussée par la riposte miraculeuse d'oiseaux jetant des pierres brûlantes. La tradition musulmane dit que des témoins oculaires de cette attaque étaient encore en vie lors de la révélation de cette sourate.

Mahomet appartient à la tribu de Quraysh (ou Koreish), une très ancienne tribu arabe. Il descend de Ghâlib, fils de Fihr, surnommé Quraych, guerrier puissant et redouté. Son père `Abd Allâh Ibn `Abd Al-Muttalib est fils de `Abd Al-Muttalib, fils de Hâshim, prince des Qurayshites, gouverneur de La Mecque et intendant de la Ka`ba.

La famille de Mahomet est Hachimite par référence à son arrière grand-père Hâshim Ibn `Abd Manâf. Les Koreishites se réclament de descendance d'Ismaël, fils d'Abraham et ont la garde de la Ka'ba, sanctuaire reconstruit par Abraham et son fils Ismaël, selon la tradition musulmane, et désigné par le père des trois monothéismes comme un lieu de pèlerinage.

Mahomet est issu du mariage de `Abd Allâh Ibn `Abd Al-Muttalib et Amina (Amina ou Aamina bint Wahb) fille de Wahb, chef du clan médinois des Banû Zahrah. Elle accouche de Mahomet à La Mecque dans la maison de son oncle paternel Abû Tâlib du clan des Banû Hâshim, le lundi 12 du mois de Rabî`al-awwal. Son accoucheuse est Ash-Shifâ', la mère de `Abd Ar-Rahmân Ibn `Awf.

La mort de son père `Abd Allâh survient avant la naissance de Mahomet à Yathrib, qui depuis a pris le nom de Médine. Le septième jour après sa naissance, son grand père `Abd Al-Muttalib donne un nom à son petit-fils : Mahomet, ce qui signifie « Le Loué ». Umm Ayman Barakah Bint Tâlib, une esclave abyssinienne de son père, s'occupe de lui.

Conformément à la coutume des familles nobles de Quraysh, sa mère Amina le confie à une nourrice, d'abord à Thuwaybah, la servante de son oncle Abû Lahab, puis à Halîmah Bint Al-Hârith As-Sa`diyyah (de la tribu des Saadites), qui emporte le nourrisson dans le désert où son mari vit avec la tribu des Saadites (Banû Sa'd) à l'écart du reste de la population. La vie dans le désert, au milieu des bédouins réputés pour la pureté de leur langue, était sensé prodiguer aux enfants santé et force d'expression.

Un jour, alors que Mahomet et l'un de ses frères de lait avaient la garde de quelques bêtes à proximité des habitations, Halîmah et son mari Abû Kabshah sont alertés par leur fils de lait que Mahomet a été pris à partie par deux hommes de blanc vêtus, qu'ils l'ont couché sur le sol et lui ont ouvert le torse. Accourant sur les lieux, Halîmah et son mari trouvent leur enfant debout tout pâle. Le jeune Mahomet leur explique que deux hommes vêtus de blanc étaient venus et l'avaient couché par terre, et qu'ils lui avaient ouvert le torse et en avaient extrait quelque chose. Selon la tradition musulmane, les deux hommes vêtus de blancs seraient deux anges, envoyés pour purifier le coeur de l'enfant, destiné à être prophète, et pour apposer le sceau de la prophétie entre ses épaules.

Craignant pour la santé de l'enfant, Halimah s'empresse de rendre l'enfant à sa mère Amina qui meurt trois ans plus tard. Mahomet n'a alors que six ans. Son grand-père paternel `Abd Al-Muttalib le prend alors dans sa maison. Deux ans après, sur son lit de mort, `Abd Al-Muttalib charge Abû Tâlib, l'aîné de ses enfants, frère utérin de `Abd Allâh, de prendre soin de Mahomet. Son oncle Abû Tâlib - le père d'Ali - l'élève comme ses propres enfants.

Jusqu'à l'âge de 40 ans il y a peu de détail écrit sur sa vie, elle est reconstituée d'après la tradition orale, mise par écrit 140 ans après sa mort, grâce à de nombreux témoignages de ceux qui avaient connu ses premiers compagnons. Il aurait été berger puis caravanier avant d'entrer au service de Khadija, une riche veuve qui organisait des caravanes marchandes. Malgré leur différence d'âge (Khadija avait 40 ans et Mahomet environ 25), ils se marient et auront deux (ou trois, selon les sources) fils qui moururent en bas âge, Al-Qâsim et Tayeb, et quatre filles, Zaynab, Ruqayyah, Umm Kulthûm et Fatima la future épouse d'Ali.

 

Jeunesse 

Alors que Mahomet a douze ans, Abu Talib décide de tenter sa chance dans le commerce caravanier avec la Syrie. Son neveu insiste pour l'accompagner. Arrivés à Bostra, ils s'arrêtent à un monastère où ils se font remarquer par un moine nommé Bahira. D'après Ibn Ishaq, le célèbre chroniqueur, le moine reconnaît en l'enfant le futur prophète grâce à différents signes consignés par la tradition ecclésiastique, dont le sceau de la prophétie qu'il portait dans son dos. Il recommande alors fortement à Abu Talib de rebrousser chemin et de garder son neveu des yeux des chrétiens et des juifs d'orient. L'oncle obtempéra et renonçe par la suite à ces voyages.

À la Mecque, Mahomet se distinguera des gens de son âge. Il est fort, judicieux dans ses propos, énergique dans ses expressions, fidèle à ses amis et plus encore à ses promesses. Il évite avec un soin extrême tout ce qui peut faire soupçonner en lui quelque goût pour le vice.

Les Qurayshites ayant déclaré la guerre (connue sous le nom d'El Fijar, vers 590) aux Tribus de Kénan (Canaan) et de Hawazan, ils marchèrent contre elles commandés par Abu Talib. Mahomet, âgé de vingt ans se distinguera par son intrépidité. Les deux Tribus sont battues et dispersées.

Quelques temps plus tard, les fondations de la Kaaba sont gravement touchées par des pluies torrentielles. Menaçant de s'effondrer, le sanctuaire doit être démoli et reconstruit par les Qurayshites. Quand il s'agit d'y reloger la pierre noire, une météorite qui serait vénérée par les Arabes depuis le temps d'Abraham, les tribus ne s'accordent pas sur le choix de celui qui aura l'honneur de replacer la pierre sacrée. Elles conviennent qu'il reviendra au premier qui se présentera le lendemain à la porte du temple. Ce fut Mahomet. Pour ménager les susceptibilités, il enlève sa cape et y place la pierre noire, qu'il fait élever ensuite par deux arabes de chaque tribu et la prenant alors, il la place lui-même, sous le regard approbateur de tous les habitants de la Mecque, enchantés de la noblesse de cette action, pour démêler l'orgueil qui en avait été le motif.

 

Le contexte religieux et culturel en Arabie 

Les Arabes errent dans leur désert en une lente et continuelle migration qui les porte du Yémen trop dense vers la Méditerranée. Ils vivent chichement de quelques razzias. Rares sont ceux qui cultivent dans le Hedjaz. Certains commercent ou pratiquent l'usure dans les échoppes de La Mecque et au passage des caravanes qui relient l'Inde à la Syrie. La période de troubles politiques et économiques, le matérialisme des marchands à courte vue favorise la recherche de nouveaux horizons spirituels, et pourquoi pas vers le monothéisme des juifs, des chrétiens ou des mazdéens.

Quelques décennies avant la naissance de Mahomet, le mouvement des Hanifs naît en Arabie d'une frustration vis-à-vis des religions existantes et aspire à la restauration de la religion d'Abraham. Les adeptes de ce mouvement s'écartent des turpitudes (beuveries et luxure) dont les Arabes sont devenus coutumiers au fil des siècles et du culte des idoles. La venue annoncée de l'ultime prophète occupe les cercles religieux et fait l'objet de surenchères entre les différentes communautés religieuses qui espèrent le soutien victorieux de l’Envoyé du Ciel.

 

Sa mission apostolique 

Mahomet lors de l'épisode du Voyage Nocturne chevauchant le cheval Bouraq et entouré d'anges, dont l'archange Gabriel, à gauche. Notez que le visage de Mahomet (entouré d'une aura de feu) est absent dans ce tableau d'origine Perse, vraisemblament effacé ulterieurement à sa composition.

Mahomet lors de l'épisode du Voyage Nocturne chevauchant le cheval Bouraq et entouré d'anges, dont l'archange Gabriel, à gauche. Notez que le visage de Mahomet (entouré d'une aura de feu) est absent dans ce tableau d'origine Perse, vraisemblablement effacé ultérieurement à sa composition.

Dans ce contexte, Mahomet effectue de nombreuses retraites spirituelles. C'est en 610 que, pour la première fois, l'ange Gabriel (Jibril) lui serait apparu dans la grotte de Hira où il avait coutume de se recueillir et lui aurait transmis la révélation, la parole de Dieu. Mahomet, qui a alors 40 ans, commence à transmettre des versets qu'il déclare être révélés par Allah et dictés en arabe par l'ange Gabriel, cette dictée durera vingt-trois ans. Les révélations se sont accomplies ponctuellement ou régulièrement selon les péripéties de la vie du prophète et de la communauté des croyants. Ils formeront le Coran, que Mahomet prend soin d'enseigner oralement dès le début.

La tradition rapporte que, effrayé par la première visite de l'ange Gabriel, Mahomet se réfugie auprès de son épouse et lui raconte ce qui viens de lui arriver. Khadijah couvre le prophète, à sa demande, (d'où l'intitulé de la sourate : Al-Muzzammil, « l'Enveloppé ») et s'enquiert de son état auprès de son cousin, Waraqah Ibn Nawfal, qui lui annonce que son époux est le prophète attendu. Plus tard, Khadijah retournera voir son cousin, en compagnie de Mahomet. Waraqah lui confirme qu'il est un prophète de Dieu et que l'apparition de la grotte de Hira n'est autre que l'ange Gabriel. Il annonce à Mahomet des difficultés, qu'il va endurer dans l'accomplissement de sa mission, notamment un bannissement de sa tribu. D'emblée Khadijah croit en son époux et lui apporte un soutien inconditionnel, elle est, de ce fait, considérée comme la première croyante. Sans tarder, Mahomet fait part secrètement de son message à ses proches, et avec eux il fonde un groupe de croyants qui s'appelleront les musulmans : nommés ainsi en référence au prophète Abraham (muslim, celui qui se donne, qui se soumet volontairement à Allah « Dieu »). Puis, la prédication devient publique et s'étend à l'ensemble des Quraysh.

Bien que ses contemporains acceptent difficilement d'abandonner leurs croyances et leurs pratiques ancestrales, en trois ans, il réussit à s'entourer d'une petite cinquantaine de disciples. Ils sont une centaine au bout de cinq ans. La croissance du groupe inquiète les Mecquois et les persécutions contre Mahomet et les siens se font de plus en plus vives après la mort de Khadija et d'Abû Tâlib. Une première vague d'immigration emmène une partie des musulmans en Éthiopie où ils vivent quelque temps sous la protection du Négus, le roi chrétien d'Éthiopie. Mahomet profite de la saison du pèlerinage qui voyait affluer vers la Mecque les Arabes de toutes les régions de la péninsule arabique pour prêcher le message de l'islam. Il conclut un pacte avec un groupe de médinois qui acceptent son message. L'année suivante, la communauté musulmane médinoise est plus nombreuse. Soixante-dix hommes et cinq femmes se rendent en pèlerinage à la Mecque pour prêter allégeance au prophète et lui proposer leur protection s'il s'installait à Médine. L'ordre est donné aux musulmans mecquois d'émigrer (hégire) à Yathrib (future Médine) en 622, année de l'hégire, à l'origine du calendrier musulman.

Selon la tradition, le Prophète aurait été le dernier à partir, en compagnie de son fidèle ami et futur calife Abou Bakr. Ali, quant à lui, reste sur place avec pour mission de restituer les dépôts, dont Mahomet avait la garde, à leurs propriétaires.

 

Mahomet chef d'État 

Mahomet réorganise Yathrib, où il est en même temps chef religieux, politique et militaire. Il s'appuie à la fois sur les deux tribus arabes et les trois tribus juives qui y vivent. Un pacte-constitution régit les relations entre les différentes communautés religieuses qui habitent la ville, garantissant notamment à tous les citoyens la liberté de conscience. Ce serait, selon l'appréciation du professeur Muhammad Hamidullah, la première constitution écrite de l'histoire. Néanmoins, ce nouvel ordre est venu contrarier les intérêts des notables de la ville dont Abd Allah Ibn Ubayy Ibn Salul et ceux des tribus juives de Médine.

Certains juifs, à l'instar du rabbin Abd Allah Ibn Salam, reconnaissent en Mahomet le prophète tant attendu et embrassent l'islam. Mais les Juifs de Médine ne se convertissent pas pour autant en masse. Au fil du temps, les musulmans déchantent et prennent leurs distances avec les « gens du livre ». La rupture est marquée lorsque la direction de la prière devient la Ka'ba à la Mecque et non plus Jérusalem.

Les musulmans font l'objet d'attaques de la part des Mecquois et ripostent. Pendant le mois de ramadan en l'an 2 après l'hégire, la bataille de Badr éclate. Il s'agit du premier conflit mené par une armée musulmane stricto sensu. Elle aurait opposé 317 soldats musulmans à un millier de soldats mecquois. La victoire contre les Mecquois assoit l'État musulman naissant et constitue un atout psychologique pour les musulmans. Le mois de jeûne, Ramadan, est par la suite fixé le mois anniversaire où aurait commencé la révélation du Coran ou, selon une autre version, pour commémorer la bataille de Badr.

Les Mecquois prennent leur revanche lors de la bataille de Uhud, en l'an 3 après l'hégire. Supportant mal la mainmise des musulmans sur Médine, certains notables juifs, à l'instar de Salam Ibn Abi Al-Haqiq, auraient profité de cette défaite pour se rendre à la Mecque et inciter les Mecquois à revenir à la charge. Afin d'en finir avec la menace que constituait à leur yeux ce nouvel état, les Mecquois forment une coalition regroupant plusieurs tribus arabes dont Gatafan, Banu Sulaym, Banu Asad, Fazarah et Ashja. En l'an 5 après l'hégire, une armée de dix mille soldats marche sur Médine, qui se retranche derrière un fossé creusé sur la proposition du compagnon de Mahomet, le Persan Salman Al-Farisi. Le siège de la ville s'installe dans la durée. Quelques escarmouches opposent les deux parties. La diplomatie Mecquoise tente secrètement et réussit à soudoyer la tribu juive des Banu Quraydhah qui avait la charge d'une partie du front. Mahomet envoie quatre émissaires aux Banu Quraydhah pour s'assurer de la réalité de leur soutien, mais les émissaires sont mal reçus et constatent la défection des Banu Quraydhah. En parallèle, un homme de Ghatafan nommé Nuaym Ibn Masud se convertit secrètement à l'islam et reçoit l'ordre de semer la zizanie entre les coalisés. Il réussit à faire douter les Banu Quraydhah de la solidarité des coalisés en cas de défaite et fait douter les premiers de la sincérité de leurs alliés médinois. Exténués par le siège et les intempéries, les coalisés décident de lever le siège laissant les Banu Quraydhah à leur sort. Après un siège de 25 jours, ces derniers sont soumis au jugement de la Torah par leur allié de jadis Saad Ibn Muadh : les hommes de la tribus sont tués, leurs biens confisqués et leurs femmes et enfants sont asservis.

En l'an 6, Mahomet part en pèlerinage à la Mecque à la tête d'un convoi de 1 400 pélerins et multiplie les signes de ses intentions pacifiques. Les Mecquois leur refusent l'accès au sanctuaire mais signent avec les musulmans la trève dite d'Al-Hudaybiyah. En l'an 10 après l'hégire (en 629 - 630), la trêve est rompue lorsque une tribu alliée de la Mecque agresse une tribu alliée de Médine. Mahomet marche secrètement sur la Mecque à la tête de dix mille soldats. Aux portes de la ville, il garantit la sécurité de toute personne non combattante et déclare une amnistie générale. La Mecque se rend alors sans opposition. Des conversions en masse d'anciens opposants sont relatées.

À partir de l'hégire, il aura fallu neuf ans pour que toute l'Arabie embrasse l'islam. Mahomet ordonne l'arrêt des razzias entre tribus arabes déclarant lors de son Sermon d'Adieu : « Le musulman est intégralement sacré pour le musulman, son sang est sacré, ses biens sont sacrés, son honneur est sacré. »

L'unification de la péninsule arabe sous la bannière de l'islam n'est pas de nature à laisser ses puissants voisins indifférents. Mahomet décide donc d'envoyer ses ambassadeurs en Egypte, en Perse et à Byzance, entre autres destinations, pour transmettre son message. L'ère de la conquête au-delà de la péninsule va alors commencer.

Après avoir réorganisé l'administration et assis l'influence de l'islam à la Mecque, il retourne à Médine, où il meurt en 632 âgé de soixante-trois ans après une courte maladie. Il fut enterré dans son appartement mitoyen de la mosquée prophétique. Un agrandissement de la mosquée de Médine sous la dynastie Omeyyade se fait autour de son tombeau, dorénavant à l'intérieur de la mosquée, isolé par un triple mur.

Mort de Mahomet Istanbul, 1595

Mort de Mahomet Istanbul, 1595

Après sa mort, ses disciples continuèrent de se transmettre oralement et sous forme d'écrits les paroles d'Allah révélées à Mahomet, avant qu'elles ne soient rassemblées définitivement en un seul livre, le Coran, par le troisième calife Uthman moins de vingt ans après la disparition du prophète.

 

Mahomet, père de famille 

Après le décès de Khadîjah, il épouse la veuve Saouda, puis Aïcha fille d'Abu Bakr. En 627, il prend pour concubine Rayhana une juive, puis Myriam en 629 une chrétienne; la même année, il se marie avec Saffiya une juive, en accord avec les règles de mariage de l'islam.

 

Description physique 

D'après les témoignages des ses compagnons, il n'était ni longiligne ni trappu, sa peau n'était ni d'une blancheur éclatante ni foncée; sa chevelure n'était ni crépue ni outrancièrement longue. Il avait les paumes et les pieds épais; sa tête était grosse et ses articulations imposantes. Les poils qui descendaient de sa poitrine à son nombril formaient une longue ligne. Quand il marchait, il s'inclinait vers le devant comme s'il descendait d'une pente. Sa barbe était ample et on la voyait même quand il était de dos.

 

Divers 

Thèses orientalistes 

Si on en croit ses biographes, Mahomet aurait eu en tout quinze épouses tout au long de sa vie. Tabari dans son livre Chronique signale qu'il aurait convoité cinq femmes et qu'il avait deux esclaves dont l'une, « Maria fille de Siméon le Copte » [1], lui donna un fils, Ibrahîm, qui mourut à l'âge de deux ans. « Il avait parfois en même temps onze femmes, parfois neuf et parfois dix. Quand il mourut il laissa neuf veuves. » [2]. Un peu plus loin, Tabari signale que selon d'autres traditions, le prophète aurait épousé vingt femmes et qu'« il y a en outre cinq femmes que le prophète a convoitées mais qu'il n'a pas épousées » [3].

Les détracteurs de Mahomet pointent souvent du doigt le nombre de ses femmes (il avait neuf femmes à sa mort), alors que l'islam limite le nombre d'épouses qu'un homme peut avoir simultanément à quatre (ainsi que d'autres conditions très restrictives) ainsi que l'âge très jeune de certaines. Il est répondu à cette accusation que Mahomet se maria avant que cette règle fut instaurée par le Coran et même si les hommes de l'époque durent se séparer de certaines de leurs femmes pour respecter la règle, le Coran a instauré une exception pour le prophète.

 

Représentations de Mahomet 

De par un interdit de représenter tout être possédant une âme dans la religion musulmane, certains musulmans estiment qu'il est encore plus grave de le représenter. Transgresser cette règle est parfois considéré comme un blasphème.

Elle n'est pas respectée de façon absolue. En particulier, Mahomet est parfois représenté chez les Persans et les Turcs, avec différentes variantes : visage vide ou caché par un voile, etc.

La publication de caricatures dans un journal danois puis dans différents autres médias, européens ou non, a soulevé un véritable tollé dans certains pays de tradition et de culture islamiques ou certaines communautés musulmanes des pays occidentaux. En fait, trois phénomènes se superposent dans cette affaire des caricatures : la représentation de Mahomet, en tant que telle, la dérision, la critique et enfin les amalgames que certaines d'entre elles manifestent ou sous-entendent entre islam et terrorisme d'une part et entre islam et obscurantisme de l'autre.

Voir l'article détaillé Représentation figurée dans les arts de l'Islam.

 

Les descendants de Mahomet 

De nombreux musulmans se réclament de la descendance du prophète de l'islam. Ils sont alors qualifiés de chérifs (شريف), littéralement nobles. Leur lignée remonterait à Mahomet par l'intermédiaire d'Al-Hasan ou d'Al-Husayn, les enfants de Ali Ibn Abi Talib et de Fatimah Az-Zahra, la fille de Mahomet. Ces considérations généalogiques peuvent revêtir une dimension politique importante lorsque certaines familles régnantes la font valoir pour asseoir leur légitimité, à l'instar des Hachémites en Jordanie et de la famille royale au Maroc.

Notes 

1.     in [Tabari] p. 331

2.     in [Tabari] p. 327

3.     in [Tabari] p. 330

Sources 

·         [Tabari] : Les Chroniques (Volume II), Actes-Sud (ISBN 2-7427-3318-3)

 

Prophètes de l'islam dans le Coran

Adam

Hénoch

Noé

Hûd

Sâlih

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Loth

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Isaac

Jacob

Joseph

Job

آدم

ادريس

نوح

هود

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ابراهيم

لوط

اسماعيل

اسحاق

يعقوب

يوسف

أيوب

Adam

Idrīs

Hūd

Sāli

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Ismâ`îl

Ishâq

Ya`qûb

Yûsuf

Ayyûb

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Élisée

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زكريا

يحيى

عيسى

محمد

Chu`ayb

Mûsâ

Hârûn

Dhû'l-Kifl

Dâwûd

Sulaymân

Ilyâs

al-Yâs`a

Yûnas

Zakarīyā

Yahyâ

`Isâ

Muhammad

Bibliographie 

·         Le Prophète Muhammad : sa vie basée sur les sources les plus anciennes, Martin Lings, éditions Le Seuil, 2002, (ISBN 2020549794)

·         Le fanatisme ou Mahomet, Voltaire

·         Mahomet, Maxime Rodinson

·         La vie de Mahommet, Alphonse de Lamartine, 1854 (livre du domaine public disponible sur http://thelifeofmuhammad.free.fr).

·         Mahomet : Contre-enquête, René Marchand, éd. de l'Echiquier, 2006, (ISBN 2909904318)