Les Versets sataniques
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Salman Rushdie gagna en 1988 le Whitbread Award pour son 4e roman, Les Versets sataniques.
Sur l'histoire
Attention : ce qui suit dévoile tout ou partie de l’œuvre !
L'histoire démarre spectaculairement. Gibreel Farishta et Saladin Chamcha, deux acteurs indiens, dégringolent sur terre après l'explosion d'un jumbo jet d'India jumbo jet 10000 mètres au-dessus de la Manche.
Cette histoire fait référence à un réel acte de terrorisme, quand un Boeing 747 d'Air India explosa en 1985 - attentat que l'on suppose perpétré par le terrorisme Sikh. Gibreel Farishta en Urdu, représente l'ange Gabriel.
Dans la tradition islamique l'archange Gabriel « rapporta » le Coran directement de Dieu à Mahomet. Gibreel Farishta chante « Renaître à nouveau » lorsqu'il tombe des cieux, « mais d'abord vous avez à mourir ». « Hé mon gars ! » « Atterrir sur la terre ferme nécessite de d'abord savoir voler » .
« Juste avant l'aube d'un matin d'hiver, aux alentours de la Nouvelle Année, deux hommes bien réels, de bonne constitution, tombèrent vivants d'une grande hauteur, neuf mille huit cent et deux mètres, au-dessus de la Manche, sans l'aide d'un quelconque parachute ou ailes. » Gibreel Farishta and Saladin sont miraculeusement sauvés et choisis comme les protagonistes d'une lutte du Bien contre le Mal.
Origine du titre du roman
Il s'agit de l'histoire des versets 19 à 23 de la sourate LIII (L'étoile). Tabarî (839-923), historien sunnite et peu suspect d'hérésie, rapporte cette anecdote ainsi :
Alors
fut
révélée
au
prophète
la
sourate
de
l'Étoile.
Il
se
rendit
à
la
mosquée,
où
étaient
réunis
les
Quraychites,
et
récita
cette
sourate.
Lorsqu'il
fut
arrivé
au
verset
19
:
«
Que
croyez-vous
de
al-Lat,
de
`Uzza
et
de
Manat,
la
troisième
?
Auriez-vous
des
mâles
et
Dieu
des
femelles
?
»,
Iblîs
vint
et
mit
dans
sa
bouche
ces
paroles
:
«
Ces
idoles
sont
d'illustres
divinités,
dont
l'intercession
doit
être
espérée.
»
Les
incrédules
furent
très
heureux
de
ces
paroles
et
dirent
:
il
est
arrivé
à
Muhammad
de
louer
nos
idoles
et
d'en
dire
du
bien.
Le
prophète
termina
la
sourate,
ensuite
il
se
prosterna,
et
les
incrédules
se
prosternèrent
à
son
exemple,
à
cause
des
paroles
qu'il
avait
prononcées,
par
erreur,
croyant
qu'il
avait
loué
leurs
idoles.
Le
lendemain,
Gabriel
vint
trouver
le
prophète
et
lui
dit
:
«
Ô
Muhammad,
récite-moi
la
sourate
de
l'Étoile.
Quand
Muhammad
en
répétait
les
termes,
Gabriel
dit
:
Ce
n'est
pas
ainsi
que
je
te
l'ai
transmise
?
».
J'ai
dit
:
«
Ce
partage
est
injuste
».
Tu
l'as
changée
et
tu
as
mis
autre
chose
à
la
place
de
ce
que
je
t'avais
dit.
Le
prophète,
effrayé,
retourna
à
la
mosquée
et
récita
la
sourate
de
nouveau.
Lorsqu'il
prononça
les
paroles
:
«
Et
ce
partage
est
injuste
»
les
incrédules
dirent
:
«
Muhammad
s'est
repenti
d'avoir
loué
nos
dieux
».
Le
prophète
fut
très
inquiet
et
s'abstint
de
manger
et
de
boire
pendant
trois
jours,
craignant
la
colère
de
Dieu.
Ensuite
Gabriel
lui
transmit
le
verset
suivant:
«
Nous
n'avons
envoyé,
avant
toi,
aucun
apôtre,
ni
prophète,
sans
que
Satan
ait
jeté
quelque
erreur
dans
sa
pensée,
»
Le Coran (XXII; 52), Tabarî, La Chronique, Muhammad, le sceau des prophètes, Édition Actes Sud / Sindbad
La Sourate rectifiée dans le Coran :
Son
regard
ne
dévia
pas
et
ne
fut
pas
abusé
Il
a
vu
les
plus
grands
signes
de
son
Seigneur
Avez-vous
considéré
al-Lat
et
al-`
Uzza,
et
l'autre,
Manat,
la
troisième
?
Le
mâle
est-il
pour
vous,
et
pour
lui
la
femelle
?
Quel
partage
inique
!
Ce
ne
sont
que
des
noms
que
vous
et
vos
pères
avez
attribués.
Dieu
ne
leur
a
accordé
aucun
pouvoir.
Le Coran (LIII; 17-23)
D'après Maxime Rodinson, al-Lat, al-`Uzzâ, et Manât étaient, des déesses préislamiques appelées les « filles d'Allah ». Mohammed avait, dans une première version, recommandé qu'on leur rendît un culte, ces versets prononcés puis abrogés, sont les fameux versets sataniques.