LA FRANCE PENDANT LES GUERRES DE RELIGION

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L'EGLISE DE FRANCE - LUTHÉRANISME ET CALVINISME EN FRANCE - LES PARTIS RELIGIEUX - GUERRES DE RELIGION -

LE PARTI POLITIQUE - LA LIGUE  - AFFAIBLISSEMENT DU POUVOIR ROYAL - DÉFAITE DE LA LIGUE - SOUMISSION DES PROTESTANTS  

ACCROISSEMENT DU DOMAINE ROYAL - DÉFAITE DU PARTI PROTESTANT

L'EGLISE DE FRANCE

L'Eglise avait été troublée, en France, par le grand schisme du XIVè siècle, entre les papes de Rome et d'Avignon, puis par les luttes entre le Pape et les Conciles de Constance et de Bâle.

François Ier signa, avec le Pape, le Concordat de 1516, qui donnait au roi le droit de nommer les évêques et les abbés. L'Eglise de France fut mise ainsi au pouvoir du roi.

LUTHÉRANISME ET CALVINISME EN FRANCE

Vers ce temps éclata en Allemagne, la révolte contre le Pape qu'on appelle la Réforme.

Deux sortes de doctrines pénétrèrent en France : d'abord celle de Luther, qui venait d'Allemagne, puis celle de Calvin, qui venait de Genève. Le Calvinisme réussit beaucoup mieux en France ; presque tous les protestants français furent des calvinistes.

Le roi de France n'avait pas, comme les princes d'Allemagne, intérêts à la Réforme ; étant le maître de l'Eglise, il aima mieux la maintenir.

François Ier fit mettre à mort plusieurs protestants ; Henri II déclara, par l'édit de Châteaubriant (1531), que l'hérésie était un crime capital.

LES PARTIS RELIGIEUX

Les protestants, devenus très nombreux en France entre 1550 et 1560, ne voulurent plus se laisser persécuter. Henri II était mort ne laissant que des fils encore enfants. Les nobles protestants tentèrent de s'emparer du pouvoir, n'ayant pas réussi ils se révoltent.

Les régents, qui gouvernaient au nom du roi mineur, voulurent les réduire par la force. Alors commencèrent les guerres de religion. Le royaume se divisa en deux partis qui réveillèrent le vieil antagonisme du nord et du midi.

Le parti catholique formé du clergé, de la cour, de presque tous les paysans et d'une grande partie des bourgeois, avait ses forces surtout dans le nord ; à sa tête était la famille de Guise. Il demandait qu'il fût défendu de célébrer en France d'autre culte que le culte catholique.

Le parti protestant, beaucoup moins nombreux, se composait surtout des nobles du midi (Languedoc, Gascogne, Poitou). Ses chefs furent les princes de Condé et plus tard, le roi de Navarre ; il réclamait pour les calvinistes le droit d'avoir des pasteurs et de célébrer leur culte.

GUERRES DE RELIGION

LE PARTI POLITIQUE

Dès le début de la guerre, quelques hommes, comme le chancelier de l'Hospital, auraient voulu décider les deux partis à se supporter mutuellement.

Ils formèrent après la Saint-Barthélemy (1572), un parti nouveau que les autres, par mépris, appelèrent le parti des Politiques, et qui consentait à accorder la tolérance aux protestants, pourvu qu'ils se soumissent à l'autorité royale.

Le frère du roi, le Duc d'Alençon, fut le chef de ces politiques que le roi Henri III favorisera longtemps.

LA LIGUE

AFFAIBLISSEMENT DU POUVOIR ROYAL

Quand le roi de Navarre, Henri IV, succéda à Henri III assassiné (1589), le roi de France avait perdu toute l'autorité acquise par ses prédécesseurs.

Les chefs de bandes s'étaient habitués à ne plus lui obéir ; les gouverneurs, nommés par lui, s'étaient rendus aussi indépendants que jadis les princes féodaux.

On distinguait les villes en ligueuses, protestantes, royalistes. Le royaume se partageait entre trois pouvoirs : les protestants, dans le midi ; les ligueurs, dans le nord et l'est ; le roi au centre et à l'ouest.

DÉFAITE DE LA LIGUE

Henri IV n'eut d'abord pour lui que la parti protestant et un petit nombre de royalistes ; car les royalistes, tous catholiques, ne voulaient par servir un roi hérétique. Il eut beaucoup de peine à se maintenir en Normandie et ne put prendre Paris.

Les ligueurs, soutenus par une armée espagnole, convoquèrent les Etats de Paris (1593) pour élire un roi de France.

Mais Henri IV, en se faisant catholique, ramena à lui tout le parti royaliste ; et, quand le Pape se fut décidé à l'absoudre, le parti ligueur, plutôt que d'avoir un roi espagnol, se soumit à son tour.

Pourtant le roi dut racheter une à une, aux gouverneurs et aux chefs de la Ligue, les villes qu'ils occupaient et combattre les Espagnols pour les chasser de France.

SOUMISSION DES PROTESTANTS

Les protestants, mécontents de l'abjuration du roi, avaient ramené leurs troupes dans le midi. Henri IV les réconcilia en leur accordant l'Édit de Nantes, qui leur reconnaissait le droit de célébrer leur culte dans leurs châteaux et dans beaucoup de villes, qui même leur donna en garantie des places de sûreté, c'est-à-dire des villes où ils avaient le droit de mettre leur garnison.

ACCROISSEMENT DU DOMAINE ROYAL

Henri IV employa son règne à restaurer la France ruinée par la guerre. Il refit ses finances et son armée, maintint l'ordre, qui permit, en quelques années, de réparer les maisons, de remettre les champs en culture, de reprendre le commerce, et il rétablit le pouvoir absolu tel qu'au temps de François Ier.

Le domaine s'était encore agrandi : les îlots de terres non royales, entourés par un flot toujours montant, diminuait peu à peu. Henri II avait acquis les trois évêchés (Toul, Metz, Verdun) ; Henri IV avait réuni tous ses domaines des Pyrénées : Béarn, Foix, Navarre française (c'est depuis ce temps que le roi prit le titre de roi de France et de Navarre) ; puis il avait forcé le duc de Savoie à lui céder, en échange du marquisat de Saluces, qu'il possédait en Italie, deux pays français, la Bresse et le Bugey. Il allait entreprendre une guerre en Allemagne quand il fut assassiné.

DÉFAITE DU PARTI PROTESTANT

Les protestants du Midi continuaient à tenir des assemblées, à avoir des chefs de guerre, une armée, des places fortes ; ils formaient un Etat dans l'Etat.

Richelieu força leurs deux centres de résistance : La Rochelle, au sud-ouest, Privas, au sud-est, et le força à implorer la paix. Il leur laissa la liberté du culte, mais leur ôta leurs places et interdit leurs assemblées. Désormais, la seule autorité en France fut celle du roi.

Plus tard, Louis XIV devait abuser de ce pouvoir absolu en proscrivant le culte protestant par la révocation de l'édit de Nantes.