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Soutenu par la ligue de Smalkalde, constituée en 1531 par les
princes allemands contre l'empereur, le luthéranisme s'étendit en
Allemagne et en Scandinavie (1540). Il donna naissance à des mouvements
religieux, tel le piétisme de l'Alsacien Jacob Spener (Pia desideria,
1675), qui, au XIXe siècle, suscita le Réveil.
Grâce à une intense activité missionnaire et à une forte émigration,
le luthéranisme s'est implanté dans le monde entier. Il rassemble
actuellement quelque 70 millions de membres, dont plus de 50 millions
font partie de la Fédération luthérienne mondiale, fondée à
Lund en 1947, qui a son siège à Genève, et qui tient environ tous les
six ans un congrès mondial.

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Histoire
Doctrine
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Les mormons sont les membres de l'«Église
de Jésus-Christ des saints des derniers jours» (Church of Jesus
Christ of Latter-Day Saints).
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Cette secte a tenu une grande place depuis le milieu du XIXe siècle,
tant sur le plan religieux qu'historique, car elle est intimement liée
à la colonisation de l'Ouest américain.
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Histoire
En 1820, un jeune garçon de quatorze ans, Joseph Smith, déclare
avoir eu une vision du Christ, par l'intermédiaire d'un messager,
Moroni, qui lui aurait indiqué l'emplacement de «tablettes d'or».
Celles-ci contenaient la transcription d'un livre sacré, œuvre
d'une tribu issue du peuple hébreu. On l'appella: le Livre de
Mormon, publié en 1831.
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Établis en 1831 à Kirtland Hills (Ohio) puis à Nauvoo
(Illinois) où ils furent persécutés et d'où ils furent expulsés
(Joseph Smith fut lynché en 1844), les mormons se rendirent en
Utah sous la direction de Brigham Young et fondèrent Salt Lake
City.
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Les mormons ont une grande activité missionnaire et l'on estime
à plus de 6 millions le nombre de fidèles répartis dans le
monde (2 millions aux États-Unis). Les mormons constituent
l'une des communautés les plus riches au sein des États-Unis. Les
fidèles donnent en effet 10 % de leurs revenus et l'Église
possède une grande partie des immeubles de Salt Lake City, un
quotidien, 11 stations de radio, 2 chaînes de télévision et des
actions de nombreuses compagnies industrielles.
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Doctrine
Le Livre de Mormon représente, pour les adeptes, une référence
au même titre que la Bible. Les principes essentiels du
christianisme sont admis, la différence la plus notable est que
tous les humains semblables à Dieu peuvent s'assimiler à lui,
selon le dogme: «l'homme est ce que Dieu était; ce que Dieu est,
l'homme peut le devenir». Outre la défense d'une autonomie théocratique,
les mormons avaient instauré en 1852 la polygamie, ce qui
entraîna l'intervention du gouvernement fédéral. Les mormons ont
fini par rejeter eux-mêmes la polygamie en 1890.
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Il n'existe aucun clergé professionnel, tout homme âgé de plus
de douze ans peut célébrer le culte.
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Tout croyant peut obtenir par procuration le baptême rétroactif
de ses ancêtres, afin de leur assurer le salut éternel. Chacun
prend donc à cœur de rechercher sa généalogie.
Ainsi, les mormons recensent depuis quarante ans les états civils
du monde entier.
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Le piétisme est un grand mouvement
religieux né en Allemagne au XVIIème siècle. Philipp Jakob Spener en était
un des principaux instigateurs.
Le terme "piétisme" vient de la racine latine "pietas"
qui a donné le mot "piété". La piétié est un sentiment de dévotion,
d'amour et de respect à l'égard de Dieu.
Le courant du piétisme reprochait à l'orthodoxie protestante de l'époque
de faire de la religion un ensemble de confessions de foi dans lesquelles
la piété et la sensibilité personnelle du croyant n'avait pas de place.
Le piétisme donna un élan nouveau à l'Église en proposant une approche
de l'Ecriture simple et personnelle. Il eut la volonté de mettre en
valeur les oeuvres issues de la foi.
A la fin du XVIIIème siècle, le
protestantisme était influencé par le courant rationaliste. Le rationalisme
remettait en question la révélation, et ainsi les fondements de la
tradition chrétienne. Une religion philosophique se développait appelée
déisme.
Face à ce courant, il y eut un renouveau spirituel dans l'Eglise, en
particulier grâce à l'influence du piétisme. Cette période de
renouveau spirituel - appelée "Réveil" - favorisa le développement
de nouveaux mouvements comme le méthodisme.
Le Réveil commença en France à partir de
1815 par l'intermédiaire de missionnaires venus d'Allemagne (Erwekungsbewegung)
et des pays anglo-saxons (Revivals). En voici quelques caractéristiques :
- Les prédicateurs insistaient particulièrement sur la conversion
personnelle, la repentance et l'irruption de la grâce. Ils invitaient les
fidèles à partir en mission dans le monde pour annoncer la Bonne
Nouvelle de Jésus-Christ.
- Pour prouver l'authenticité de leur message, les croyants du Réveil
mettaient en valeur les confessions de foi des réformateurs. En cela, le
mouvement du Réveil se rapprochait de l'orthodoxie protestante.
- La recherche théologique était synonyme de spéculation. Ce rejet de
la recherche augmentait la probabilité de faire une lecture
fondamentaliste du texte biblique.
Aujourd'hui, nous retrouvons en filigrane
les caractéristiques du piétisme et du Réveil au sein des mouvements évangéliques.
Pour plus d'information, voir :
Georges Casalis, Protestantisme, Paris, Encyclopédie Larousse,
1976
Wolfhart Pannenberg, Problemgeschichte der neueren evangelischen Theologie
im 19. und 20. Jahrhundert, UTB Wiss 1979, Göttingen, Vandenhoeck und
Ruprecht, 1997
Matthias DIETSCH, mai 2001
©Service Médias, Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine.

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Définition
Aspect
historique
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Définition
La prédestination est une notion théologique qui se réfère à
l'idée que Dieu a prévu et fixé de toute éternité le destin des
hommes dans l'au-delà, soit comme élus, soit comme réprouvés,
quels que soient les mérites ou les fautes qu'ils pourront
accomplir durant leur vie. La prédestination a été soutenue comme
conséquence logique de la toute-puissance et de l'omniscience
divine, mais ses détracteurs ont fait valoir que c'était une
doctrine effrayante conduisant au fatalisme et qui ruine toute
morale et toute religion en rendant parfaitement vains les efforts
de l'homme pour faire son salut ainsi que la valeur des rites
religieux qui en garantissent l'obtention.
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Aspect historique
Historiquement, cette idée a été au centre de querelles récurrentes
dans le christianisme d'Occident (catholique et protestant) et dans
l'islam.
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Par fidélité à l'enseignement de saint Augustin qui combattait
le moine Pélage, défenseur de la liberté de l'homme face au
salut, l'Église catholique a conservé l'idée de prédestination
tout en affirmant simultanément le libre-arbitre (position médiane
dite du semi-pélagianisme) et en condamnant au XVIIe siècle
les jansénistes qui étaient d'ardents défenseurs des positions
augustiniennes.
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Les réformateurs, Luther et plus encore Calvin, ont également
soutenu que l'homme est prédestiné au salut ou à la damnation,
mais bien vite les Églises protestantes ont abandonné cette
position.
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De même, la doctrine musulmane officielle était prédestinationniste
après la condamnation des mutazilites, partisans du libre-arbitre,
mais l'islam contemporain, dans ses courants modernistes comme
fondamentalistes, tend à rejeter une option qui favorise le
fatalisme.
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Introduction
L'une des trois branches
principales du christianisme, le protestantisme est né au XVIe
siècle d'une rupture interne à la chrétienté occidentale. À la différence
de l'Église catholique, dont l'unité est liée à sa structure hiérarchique,
il est constitué, dès ses origines, d'un ensemble d'Églises exprimant des
sensibilités religieuses, voire nationales, différentes. Les quelque 400
millions de protestants recensés dans le monde participent à de nombreux
mouvements et collaborent à diverses œuvres.
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Apparu en Europe, le protestantisme s'est étendu, de façon variable, à
tous les continents; l'Amérique latine (où il est toutefois en forte
progression) et l'Asie comportent, proportionnellement à leur population,
le moins de protestants. |
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Le protestantisme comprend notamment les Églises luthériennes, les
Églises réformées (ou, en pays anglo-saxon, presbytériennes), les frères
moraves, les baptistes, les congrégationalistes, les méthodistes, les
quakers et les pentecôtistes. L'Église anglicane, elle, représente une
sorte de charnière entre protestantisme et catholicisme; elle est en outre
traversée par des courants divers. |
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En ce qui concerne l'organisation de l'Église, le luthéranisme insiste
sur le rôle des laïcs dans les synodes et sur la subordination de l'évêque
au synode: c'est le système synodal-épiscopal. En France, l'Église
réformée s'est constituée selon les principes de doctrine et
d'organisation définis par Calvin. Cette organisation attribue le rôle de
base au Conseil des Anciens (ou Conseil presbytéral) et le rôle
déterminant au Synode: c'est le système presbytérien-synodal. Sa doctrine
définit la foi comme la ferme certitude que la Parole de Dieu est la
vérité de Dieu pour l'Homme et que cette Parole est contenue dans
l'Écriture, elle-même souveraine. |
Les premières Églises
Les Églises protestantes célèbrent le 31 octobre de chaque année la
fête de la Réformation qui commémore la rédaction, en 1517, des 95 thèses
contre la «vertu des indulgences» (indulgences censées permettre la remise
de peine de certains péchés). Écrites par le moine Martin Luther
(1483-1546), le premier réformateur, ces thèses furent rapidement
diffusées et passionnèrent les milieux humanistes chrétiens. Mais, en
fait, il s'agissait alors d'une simple «dispute théologique» entre clercs,
qui était une pratique courante au sein de l'Église catholique. |
Le schisme luthérien
La véritable naissance du protestantisme est plutôt intervenue en
1520-1521: après avoir vainement tenté d'obtenir de lui qu'il reconnaisse
ses «erreurs», Rome somma Luther, dans la bulle Exsurge Domine (15
juin 1520) de Léon X, de se rétracter, puis, devant un nouveau refus
du moine (qui avait brûlé la bulle), le rebelle et ses partisans furent
excommuniés (bulle Decet romanum pontificem, 3 janvier 1521). À la
diète de Worms en avril 1521, Luther, se référant à sa «conscience captive
de la Parole de Dieu», réclama «d'être convaincu par le témoignage de
l'Écriture» et récusa «l'infaillibilité du pape et celle des conciles».
L'autorité de la Bible était donc invoquée comme supérieure à toute
hiérarchie ecclésiastique, qu'elle se manifeste à travers un chef unique
(le pape) ou une instance collégiale (le concile). |
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En 1526, à la première diète de Spire, les partisans de Luther
obtiennent une relative tolérance au sein de l'Empire germanique. Cela
leur est retiré trois ans plus tard à la seconde diète de Spire (avril
1529). Cinq princes et les représentants de quatorze villes libres élèvent
alors une «protestation» contre les décisions prises: «Nous protestons
devant Dieu, ainsi que devant tous les Hommes, que nous ne consentons ni
n'adhérons au décret proposé dans toutes les choses qui sont contraires à
Dieu, à sa sainte Parole, à notre bonne conscience, au salut de nos âmes.»
Cette protestation solennelle est à l'origine du terme de
«protestant». |
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Le protestantisme se caractérise dès lors par
une pluralité d'Églises. D'abord ces Églises prendront, la plupart du
temps, un caractère national (ainsi avec la création, en 1559, des Églises
réformées de France). Ensuite, elles n'auront pas forcément le même mode
d'organisation, ni des références théologiques (symbolisées par des
«confessions de foi») tout à fait identiques. Une partie de l'Allemagne et
l'ensemble de la Scandinavie deviennent «luthériens». Mais le luthéranisme
– marqué autant par Luther que par son disciple
Philipp Melanchthon – n'est qu'une des formes du
protestantisme. En Suisse, à Zurich, Ulrich Zwingli (1484-1531) a remplacé
en 1524 la messe par un culte dominical centré sur la prédication et dont
la liturgie est plus dépouillée qu'elle ne le sera dans le protestantisme
luthérien. |
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En 1536, le protestantisme prend un souffle
nouveau avec le passage à la Réforme de la ville de Genève, où va
s'exercer le ministère de Jean Calvin (1509-1564), un Français chassé de
son pays. Sous cette forme, la religion protestante progresse notamment en
Suisse romande, en France et aux Pays-Bas. Les confessions de foi
helvétique postérieure et écossaise (1560), celles de La Rochelle (1571)
et de Westminster (1646), etc., se rattachent à la théologie de Calvin.
Les 39 articles qui définissent la foi de l'Église d'Angleterre sont
également largement d'inspiration calviniste. Mais l'anglicanisme – qui donnera naissance aux États-Unis d'Amérique à
l'Église épiscopalienne – représente un
protestantisme tempéré qui n'a modifié que partiellement (et plus ou moins
suivant les tendances) le cadre ecclésiastique issu du
catholicisme. |
Conflits religieux et esprit de tolérance
En 1555, l'unité confessionnelle du Saint Empire romain germanique est
officiellement rompue. Désormais, l'Église d'Occident est scindée de façon
durable. Cela va entraîner de nombreux conflits, notamment les guerres de
Religion en France (1562-1598). Mais la modernité occidentale est, pour
une part, issue de cet éclatement du christianisme. |
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Ainsi, contrairement à ce que l'on croit souvent, le
principe du cujus regio, ejus religio, c'est-à-dire la coexistence
du catholicisme et du protestantisme dans l'Empire sur la base de l'unité
confessionnelle de chaque territoire, n'exclut pas une relative et
progressive tolérance. Après la guerre de Trente Ans, les traités de
Westphalie (1648) donnent aux minoritaires certains droits comme le culte
privé et la liberté d'émigration temporaire (ou définitive) permettant, vu
la mosaïque de territoires qui constituait alors l'Allemagne, de suivre,
lors de grandes fêtes, le service religieux de son choix. Les notions de
«vérité» et d'«erreur» sont ainsi socialement relativisées: sous
l'influence de protestants partisans d'un droit positif, les raisonnements
s'effectuent dans des catégories juridiques et non plus dans des concepts
d'ordre religieux. |
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La situation allemande va donc favoriser une «paix religieuse» et un
biconfessionnalisme. Mais la tolérance se développant dans le cadre du
réalisme politique, elle n'a pas de justification démocratique
particulière: la tradition luthérienne va permettre aussi bien
l'établissement de monarchies constitutionnelles (dans les pays
scandinaves) et de démocraties parlementaires (dans la République fédérale
d'Allemagne) qu'un certain autoritarisme politique (comme dans l'Allemagne
bismarckienne). Sous la dictature nazie (1933-1945), le protestantisme
allemand se divisa entre partisans du régime hitlérien («chrétiens
allemands») et ceux qui lui résistèrent de plus en plus («Église
confessante»). |
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Le sociologue Max Weber mentionne la «tendance
radicale de la piété calviniste» comme un facteur religieux important dans
la progression de la tolérance. C'est apparent surtout dans le monde
anglo-saxon, notamment dans une aile du puritanisme: le
congrégationalisme, où chaque communauté locale se constitue comme
association de croyants par un «pacte» (covenant) entre Dieu et les
humains. Tout membre, même analphabète et ignorant, doit avoir une foi
personnelle. Au milieu du XVIIe siècle, pendant la première
révolution anglaise, les presses impriment pratiquement sans aucun
contrôle. Hérésies et utopies «échevelées» fleurissent alors, et des
textes contestataires se diffusent sur le continent. L'idée maîtresse est
que, l'Église n'étant pas une institution du monde présent, ses «armes» ne
peuvent être que spirituelles. Elle ne peut réprimander ses «fidèles» que
si ceux-ci sont convaincus de leurs «fautes». |
Reconnaissance et expansion du protestantisme
La seconde révolution anglaise est moins audacieuse, mais elle
instaurera un État plus stable. Elle apporte notamment à l'Angleterre le
parlementarisme et une loi sur la tolérance (1689) qui permet plusieurs
pratiques religieuses différentes au prix de certaines restrictions
civiles. Au XVIIIe siècle, Voltaire pourra s'extasier: «Un
Anglais – homme libre – va au ciel par le chemin qui lui plaît.» Le revers
de la médaille est la progressive colonisation anglaise et protestante en
Irlande. |
Le protestantisme américain
Dès 1620, les Pères Pèlerins, puritains anglais
réfugiés en Hollande, ont traversé l'Atlantique à bord du
Mayflower. Ils fondent, en Amérique, New Plymouth et sont rejoints,
à partir de 1630, par une seconde vague d'émigration puritaine. Ils ont
tendance à justifier les spoliations qu'ils font subir aux Indiens par une
lecture messianiste de la Bible. Si leur congrégationalisme induit une
pratique religieuse prédémocratique (élection du pasteur, absence de
hiérarchie), la répression religieuse n'en est pas absente (procès de
sorcellerie à Salem, 1692). Mais un des leurs, Roger Williams (1603-1683),
tente, dans le Rhode Island, la première véritable tentative moderne de
séparation de l'Église et de l'État. Un quaker, William Penn (1644-1718),
crée la Pennsylvanie, où divers dissidents peuvent trouver
refuge. |
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L'effervescence religieuse de l'Amérique anglaise diminue à la fin du
XVIIe siècle. Mais au milieu du siècle suivant a lieu le Grand
Réveil, la naissance d'une identité américaine. Beaucoup de fils de
prédicateurs revivalistes s'engagent dans la révolution américaine.
Entre-temps, ils auront été influencés par les Lumières européennes. Cette
double inspiration se retrouve aussi dans les Déclarations américaines des
droits de l'Homme, qui précèdent d'une dizaine d'années la Déclaration
française de 1789. |
Les protestants en France
En France, les protestants avaient obtenu, par
l'édit de Nantes (1598) accordé par Henri IV, une liberté de culte
tout à fait consistante pour l'époque. Mais il s'agissait d'un acte royal
qui ne s'accompagnait pas d'une évolution réelle des esprits vers la
tolérance. À partir de 1660, cet édit est progressivement démantelé
(destruction de temples, enlèvements d'enfants, etc.). Il est révoqué par
Louis XIV, en 1685, et s'accompagne de conversions forcées provoquées par
des dragonnades, notamment dans les Cévennes. Les derniers temples sont
détruits, les pasteurs chassés du territoire. De plus, on interdit aux
protestants d'émigrer et on les oblige à se comporter, désormais, en
«nouveaux catholiques» (baptême, mariage et extrême-onction catholiques
deviennent obligatoires, sous peine d'emprisonnement, de condamnations aux
galères, voire à mort). Quelques centaines de milliers de protestants
quittent clandestinement le royaume. Ces «huguenots du refuge»
contribueront au développement de la Prusse et formeront, en Hollande, un
milieu intellectuel propice à l'éclosion des Lumières. En France même, le
soulèvement des camisards puis la résistance pacifique des assemblées
(clandestines) du Désert viendront à bout de l'absolutisme royal. En 1787,
un édit de Louis XVI reconnaît, de fait, l'existence de protestants en
France, sans leur accorder cependant la liberté de culte. Celle-ci sera
proclamée, quatre ans plus tard, par la Révolution. |
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À partir du XIXe siècle, le protestantisme devient
véritablement une religion mondiale, grâce à l'action de ses missions. En
Afrique et en Océanie, des populations entières se convertissent. Ainsi,
au Lesotho (Afrique du Sud), à Madagascar, à Tahiti, en
Nouvelle-Calédonie, dans les anciens territoires allemands du Cameroun et
du Togo, etc., des Églises sont constituées, issues de la mission
protestante française. En Asie, notamment en Chine, les résultats sont
beaucoup moins probants. |
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L'œuvre des missions protestantes comporte
une dimension éducative (école et traduction de la Bible en langue
vernaculaire, faisant souvent accéder cette langue à l'écrit), médicale
(symbolisée, par exemple, par le nom d'Albert Schweitzer),
socio-économique (développement de l'exportation des matières premières
pour combattre le commerce des esclaves). Cependant, le travail
missionnaire a aussi été contesté, pendant la seconde moitié du
XXe siècle, car il a été en partie lié à la
colonisation. |
Le dialogue œcuménique
En même temps qu'il réalisait une extension mondiale, le protestantisme
s'interrogeait sur son morcellement. Des sortes d'internationales
protestantes, lieux de rencontre et d'action commune entre des protestants
de divers pays, se constituent. Elles sont confessionnelles (Alliance
réformée mondiale, 1875; Alliance baptiste mondiale, 1905) ou
interconfessionnelles (Alliance évangélique universelle, 1846; Unions
chrétiennes de jeunes gens – les célèbres YMCA
ou YWCA anglo-saxonnes, 1844; Fédération universelle des étudiants
chrétiens, 1895, etc.). Par ailleurs, en 1910, une conférence mondiale des
missions (protestantes) se tient à Édimbourg et elle aboutit à la création
d'un Conseil international des missions. |
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La prise de conscience de l'ampleur du «monde non chrétien» et les
défis entraînés par la sécularisation, voire la laïcisation, des sociétés
occidentales favorisent, chez certains protestants, le dialogue et le
rapprochement entre toutes les Églises chrétiennes. Des autorités
protestantes prennent des contacts en ce sens, mais elles se heurtent à un
refus poli du Vatican (1914), qui se transformera, en 1928, en une
condamnation de leur entreprise. Les Églises orthodoxes se montrent plus
réceptives, mais l'instauration du régime soviétique en Russie limite les
contacts. |
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Deux mouvements œcuméniques regroupent, dans
l'entre-deux-guerres, des Églises protestantes et quelques Églises
orthodoxes. Le Mouvement du christianisme pratique, créé à Stockholm en
1925, veut unir les chrétiens et démontrer la validité du christianisme
dans la lutte pour une société plus pacifique et plus égalitaire. Le
mouvement Foi et constitution, fondé à Lausanne en 1927, se préoccupe d'un
rapprochement doctrinal et des questions de structures ecclésiastiques.
Durant la Seconde Guerre mondiale, ces deux mouvements aident les
protestants qui résistent au nazisme ou en sont les victimes. En 1948, ils
fusionnent lors de l'assemblée constitutive du Conseil œcuménique des Églises (Amsterdam). |
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En 1961 (Assemblée de New Delhi), l'orthodoxie russe et celle des pays
de l'Est rejoignent le Conseil œcuménique, qui
comprend aussi désormais les Églises du tiers-monde issues des missions
protestantes. Le concile Vatican II reconnaît le caractère chrétien du
protestantisme et encourage le dialogue œcuménique. |
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Facteur important de l'émergence de la modernité occidentale, le
protestantisme s'insère aujourd'hui dans un nouvel universalisme
pluriculturel et évolue de façon diversifiée suivant les contextes
géographique, culturel et confessionnel. |
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Société des AmisLe mouvement que créa George Fox (1624-1691) en Angleterre, en 1652,
s'inscrit dans le renouveau du protestantisme suscité par la
valorisation du sentiment religieux, jusque-là ignoré ou combattu
par les tendances dogmatiques ou humanistes de la Réforme. Fils
d'un pieux tisserand du comté de Leicester, George Fox se sentit
appelé par des «illuminations du Seigneur» à un ministère itinérant;
il prêchait la communion avec le Christ, niait la prédestination,
si importante dans l'œuvre de Calvin,
et, surtout, affirmait que Dieu parle directement aux hommes par
l'Esprit. Cela condamnait l'Église visible, le clergé, les
sacrements et les sanctuaires, autant de médiations qui faisaient
écran à la venue qu'attendaient, lors de réunions pieuses, les
membres de la secte.
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Les «pauvres de Lyon», premiers disciples de Pierre Valdo, avaient
pour unique source de foi la Bible, notamment le Nouveau Testament
que leur fondateur avait traduit en provençal. Reprochant à l'Église
son attachement aux biens terrestres et rejetant les sacrements à
l'exception de l'eucharistie, ils défendaient l'idée d'un
sacerdoce commun. Envoyés en mission par le fondateur de la secte,
ils se virent interdire de prêcher sans l'accord des évêques par
le pape Alexandre III. Refusant de se soumettre, ils furent
excommuniés par le concile de Vérone, en 1184. L'hérésie avait
gagné le Dauphiné, la Provence, la Lombardie, puis l'Espagne et la
Bohême. Après trois siècles de persécution, les vaudois adhérèrent
à la Réforme française (1532). À nouveau persécutés en Italie,
en Provence, ils émigrèrent en partie en Uruguay et en Argentine.
En 1861, les vaudois ouvrirent une faculté de théologie à
Florence, qui fut transférée à Rome en 1922. En 1979, les Églises
vaudoises et méthodistes fusionnèrent.
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