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Au XVIe siècle, les anabaptistes constituèrent une Église indépendante. Vers 1521, ses chefs, Th. Münzer et N. Storch (les prophètes de Zwickau), exposèrent leurs doctrines: le refus du baptême des enfants, la justification par la foi manifestée par le baptême des adultes et la soumission à l'Écriture seule. En foi comme en morale, les anabaptistes s'opposèrent à Luther. Dans la «guerre des paysans» (1524-1525), ils furent massacrés. De 1533 à 1535, ils investirent la ville de Münster. De la Saxe, puis de la Westphalie, le mouvement s'étendit aux Pays-Bas et aux États-Unis. En 1536, un prêtre néerlandais, Menno Simonz, fonda la secte mennonite, qui compte encore des communautés de fidèles en Amérique.

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La première communauté baptiste fut fondée en Hollande, au début du XVIIe siècle, par John Smyth, pasteur anglais qui s'y était réfugié et y avait rencontré des mennonites, issus du mouvement anabaptiste. Le baptisme se répandit ensuite en Angleterre, puis, avec les émigrés du Mayflower (1620), aux États-Unis, où l'on en compte 29 millions sur les 32 millions qui se répartissent dans le monde.

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La foi calviniste
Calvinisme et démocratie
· L'organisation ecclésiastique
· Du religieux au politique
Le puritanisme et la naissance du capitalisme
· Travail et réussite
· L'éthique protestante



Le calvinisme, doctrine chrétienne héritée du réformateur français Jean Calvin, constitue avec le luthéranisme le «protestantisme historique» né avec la Réforme du XVIe siècle. Partageant les grandes thèses de la théologie luthérienne, il s'en distingue par sa conception de la prédestination, sa problématique de la Présence réelle, l'organisation qu'il donne à ses Églises et l'importance accordée aux problèmes sociopolitiques et économiques.


La foi calviniste

Dès la deuxième guerre de religion (1567-1568), le calvinisme se propage en Suisse, dans le sud de la France, en Hongrie, aux Pays-Bas, dans l'Allemagne rhénane, en Écosse avec le réformateur John Knox (1513-1572). En Angleterre, son influence s'étend au-delà de l'Église anglicane. Mais avant tout il va fortement marquer la naissance de l'Amérique du Nord, où de nombreux puritains de tradition calviniste arrivent avec les premiers émigrants.

Les principaux textes symboliques qui définissent la foi calviniste sont la Confession de La Rochelle (1559-1571), la Confession helvétique postérieure (1560), la Confession écossaise (1560), le Catéchisme de Heidelberg (1563) et la Confession de Westminster (1646). Les 39 articles qui fondent la foi anglicane (1563) sont également d'inspiration calviniste.

La foi calviniste qui professe la thèse: «à Dieu seul la gloire» met l'accent sur la distance infinie qui sépare Dieu et les êtres humains. La doctrine de la prédestination, exposée par Calvin sous l'angle juridique dans l'Institution de l'Église chrétienne (1536), insiste sur la toute-puissance de Dieu: avant même la création du monde, Dieu aurait voué les uns au salut (fruit de sa bonté) et les autres à la damnation (fruit de sa justice). Cependant, dans ses sermons, le réformateur insiste essentiellement sur le salut et la bonté de Dieu.

Très controversée par les héritiers spirituels de Calvin, la doctrine de la prédestination connut cependant un grand succès auprès du peuple car, dans les sociétés hiérarchisées des XVIe et XVIIe siècles, où le destin social de chacun était tracé en grande partie par la naissance, elle introduisait une idée subversive, impliquant une hiérarchie parallèle: les élus n'étaient pas forcément les gens socialement bien nés.

Cette conception contribua à la naissance de l'individu moderne. En affirmant que tout advient par la seule volonté de Dieu, elle façonnait une mentalité nouvelle, celle de l'homme qui se sent libre à l'égard de toutes choses et de toute autorité. Mais, notamment dans la bourgeoisie marchande, la prédestination fut identifiée avec la prescience de Dieu: le salut est offert à tous les êtres humains, mais Dieu sait d'avance qui va l'accepter et qui va le refuser. Condamnée au synode de Dordrecht (1618-1619), cette interprétation  défendue par le théologien hollandais Jacob Harmensz, dit Arminius fut acceptée par la suite. Aujourd'hui, la prédestination au sens strict n'est plus défendue que par une petite minorité de théologiens et il n'en demeure que les thèses centrales affirmant le salut par la grâce et la toute-puissance de Dieu.


Calvinisme et démocratie

En soutenant que tout chrétien baptisé possède les pouvoirs spirituels du «prêtre» et qu'entre les laïcs et les clercs il n'existe qu'une différence de fonction (et non de sacralité), la Réforme du XVIe siècle a posé des jalons importants pour l'exercice démocratique du pouvoir religieux, mais aussi politique.


L'organisation ecclésiastique

Dans le calvinisme, la mise en application de ce principe a été plus nette que dans le luthéranisme: l'organisation collégiale des églises calvinistes a favorisé l'émergence d'une classe moyenne disposant d'un certain pouvoir et, dans des régions pauvres, des gens d'origine très modeste devenaient parfois conseillers presbytéraux et délégués à des synodes. Les décisions collégiales, prises à la majorité, n'étaient pas arbitraires car un texte de référence la «discipline» s'imposait à tous, même aux personnes de haute naissance et jouait, en définitive, un rôle analogue à celui des constitutions des États. En ce sens, il s'agissait là d'une pratique préconstitutionnelle.


Du religieux au politique

Les conséquences politiques du mode d'organisation ecclésiale calviniste ne tardèrent pas à alimenter la réflexion. Théodore de Bèze (1519-1605), successeur de Calvin à Genève, insiste sur l'importance des magistrats médiateurs entre le prince et le peuple qui peuvent exercer un contrepoids face au pouvoir royal. Si le roi viole des droits divins ou humains, ces «magistrats inférieurs» peuvent diriger le mouvement de résistance des citoyens. La légitimation du soulèvement contre le tyran reprend en partie des théories du Moyen Âge, mais elle va au-delà des doctrines médiévales qui ne reconnaissaient qu'au pape le droit de délier les sujets de leur devoir d'obéissance. Avec Bèze, c'est une instance laïque, considérée comme représentative de la population, qui est habilitée à limiter le pouvoir royal et, le cas échéant, à s'y opposer. La Déclaration d'indépendance (1581) des «Provinces-Unies» les Pays-Bas calvinistes affirme ainsi que «les sujets ne sont pas créés pour le prince [...] mais plutôt le prince pour les sujets [...] afin de les gouverner selon droit et raison». En somme, ces thèses marquent une étape importante dans l'émergence de l'idée démocratique.

Au XVIIe siècle, la théorie de la résistance constitutionnelle va animer la première révolution anglaise, lors de laquelle le Parlement guide la révolte contre un roi considéré comme tyrannique. La guerre civile radicalise la révolution: Cromwell doit compter avec les «indépendants», des protestants plus radicaux, qui ne sont pas tous calvinistes. C'est finalement un modèle nettement plus modéré qui va triompher avec la seconde révolution anglaise (1688). Le calviniste Guillaume d'Orange crée une monarchie constitutionnelle stable et instaure le parlementarisme, avec le pluralisme des partis. Les droits de l'individu sont défendus grâce à l'habeas corpus.

L'équilibre des pouvoirs recherché par la Constitution américaine, à la fin du XVIIIe siècle, traduit la méfiance calviniste à l'égard de la nature humaine: une telle vision implique que les droits accordés aux uns et aux autres se limitent mutuellement.

En France, Jean-Jacques Rousseau expose des idées religieuses novatrices qui lui valent certains démêlés avec des pasteurs, mais sa théorie du contrat social s'enracine dans la tradition illustrée par Bèze et d'autres calvinistes. Il est significatif que son fameux Discours sur les fondements et origines de l'inégalité parmi les hommes soit dédié au magistrat de Genève, ville dont la Constitution est, selon Rousseau, la meilleure possible.


Le puritanisme et la naissance du capitalisme

Dans son analyse du protestantisme en particulier du puritanisme calviniste Max Weber met en relief l'influence de l'éthique protestante sur l'organisation rationnelle et formellement libre du travail, qui est pour lui la base du capitalisme occidental.


Travail et réussite

À la suite de Luther, qui déplace la notion de salut et la fait sortir des cloîtres, Calvin et le calvinisme éliminent encore plus radicalement la mystique et le ritualisme. Dans cet esprit, la doctrine de la prédestination empêche quiconque de savoir s'il est élu ou damné et le salut ne dépend ni des bonnes œuvres ni de la piété: l'énergie va donc s'investir dans l'activité professionnelle et dans la réussite, qui sera interprétée comme le signe d'une bénédiction de Dieu. Ce mode de pensée est particulièrement net dans le puritanisme, le calvinisme anglo-saxon: les prédicateurs condamnent l'oisiveté dans la possession, mais non la recherche de biens terrestres par le travail. Cette conception, qui dénonce les dangers de la richesse, aboutit en fait à une obligation religieuse de l'enrichissement et impose un mode de vie favorisant l'investissement. Ainsi naît une nouvelle vision du monde, en rupture radicale avec les conceptions chrétiennes préconisées au Moyen Âge et avec les thèses catholiques défendues par la Contre-Réforme. «On ne fait pas son salut en quittant la Terre, mais si on la prend en charge pour la transformer.»


L'éthique protestante

Il existe une éthique puritaine de la frugalité qui conduit à adopter un mode de vie en deçà de ses ressources. Alors qu'elle valorise le travail et l'effort, elle considère comme inconvenants le luxe, l'apparat, les excès vestimentaires. Mais pour elle le but du travail n'est pas seulement l'acquisition des richesses: c'est aussi la recherche d'une primauté, d'une «excellence», qui serait le véritable luxe protestant.

Il ne s'agit donc pas d'une volonté de mortification mais d'une morale spécifique où l'humilité côtoie le risque d'orgueil. Vêtus de noir, les puritains anglo-saxons du XVIIe et du XVIIIe siècle refusent les couleurs chatoyantes, qui leur semblent un masque. Ils affirment par là la supériorité de l'«être» sur le «paraître». De même, le fait de juger les hommes indignes en comparaison avec le Tout-Puissant n'empêche pas les calvinistes français d'alors de tutoyer Dieu et de ne pas se découvrir au temple.

Le lien entre l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme ne réside pas dans un a priori moral, mais dans un ensemble de comportements. C'est par leurs innovations, voire par leurs affirmations révolutionnaires, que des protestants et spécialement des puritains ont contribué à la création du capitalisme. Ainsi, en déclarant que l'individu est propriétaire de son propre corps et de ses capacités, ils lui ont donné la possibilité de vendre sa force de travail. Cette affirmation de la liberté individuelle a contribué à la rupture des liens féodaux et elle a ouvert la voie au capitalisme, qui était alors facteur de progrès. Aujourd'hui, face à la société génératrice de nouvelles inégalités, le protestantisme calviniste cherche à se donner les moyens de participer à l'éclosion d'une nouvelle modernité.

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Voulant la soumission aux Écritures, les congrégationalistes ont suivi l'enseignement calviniste. Adeptes de la liberté de conscience et de la foi personnelle, ces protestants anglais ont été, à partir du XVIe s., persécutés et ont, au XVIIe s., avec les puritains, créé des colonies en Nouvelle-Angleterre, des villes (Plymouth, Boston), des universités (Harvard, 1639), et se sont répandus dans toute l'Amérique ainsi que sur d'autres continents. Leurs bases politiques (séparation de l'Église et de l'État) ont marqué les institutions constitutionnelles des États-Unis. En 1795, ils ont fondé la Société des missions de Londres et, au début du XXe s., ont participé activement à la formation du Conseil œcuménique des Églises (Amsterdam, 1947). Dès 1972, en Angleterre, ils formèrent l'Église réformée unie; aux États-Unis, dès 1957, leurs Églises furent groupées fédérativement en Conseil général des Églises chrétiennes congrégationalistes.

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À partir de l'Angleterre, son foyer d'origine, le méthodisme se propagea aux États-Unis, en Écosse, en Irlande et en Allemagne. Dans le dernier tiers du XIXe s., il pénétra en Autriche, en Russie et en Hongrie. Les méthodistes voulaient retourner à la Réforme primitive; ils défendirent avec Wesley l'arminianisme et avec Whitefield la théologie calviniste de la prédestination. En 1951 fut créé le Conseil méthodiste mondial. La plupart des méthodistes se trouvent aux États-Unis.

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La Confession de foi d'Augsbourg (1530), rédigée par Philippe Melanchthon, les Articles de Smalkalde (1537) et les écrits de Luther tels que le Commentaire de l'Épître aux Romains (1516), le Traité de la liberté chrétienne (1520), le Grand et le Petit Catéchisme (1529) sont les principaux documents qui fondent le luthéranisme.

Les dogmes majeurs du luthéranisme sont les suivants: affirmation du symbole des Apôtres et du symbole de Nicée, proclamation de la justification par la foi sola fide, soumission à l'autorité unique de l'Écriture sola scriptura et rejet de ce qui la contredit, définition du dogme de la consubstantiation (distinct de celui de la transsubstantiation), limitation des sacrements au baptême et à l'eucharistie; dans le domaine politique, définition du rôle du prince pour protéger l'Église et distinction entre le pouvoir des évêques et celui de l'État, refus du magistère romain, adoption du mariage des pasteurs.

Soutenu par la ligue de Smalkalde, constituée en 1531 par les princes allemands contre l'empereur, le luthéranisme s'étendit en Allemagne et en Scandinavie (1540). Il donna naissance à des mouvements religieux, tel le piétisme de l'Alsacien Jacob Spener (Pia desideria, 1675), qui, au XIXe siècle, suscita le Réveil. Grâce à une intense activité missionnaire et à une forte émigration, le luthéranisme s'est implanté dans le monde entier. Il rassemble actuellement quelque 70 millions de membres, dont plus de 50 millions font partie de la Fédération luthérienne mondiale, fondée à Lund en 1947, qui a son siège à Genève, et qui tient environ tous les six ans un congrès mondial.

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Église des mormons

Histoire
Doctrine



Les mormons sont les membres de l'«Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours» (Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints).

Cette secte a tenu une grande place depuis le milieu du XIXe siècle, tant sur le plan religieux qu'historique, car elle est intimement liée à la colonisation de l'Ouest américain.


Histoire

En 1820, un jeune garçon de quatorze ans, Joseph Smith, déclare avoir eu une vision du Christ, par l'intermédiaire d'un messager, Moroni, qui lui aurait indiqué l'emplacement de «tablettes d'or». Celles-ci contenaient la transcription d'un livre sacré, œuvre d'une tribu issue du peuple hébreu. On l'appella: le Livre de Mormon, publié en 1831.

Établis en 1831 à Kirtland Hills (Ohio) puis à Nauvoo (Illinois) où ils furent persécutés et d'où ils furent expulsés (Joseph Smith fut lynché en 1844), les mormons se rendirent en Utah sous la direction de Brigham Young et fondèrent Salt Lake City.

Les mormons ont une grande activité missionnaire et l'on estime à plus de 6 millions le nombre de fidèles répartis dans le monde (2 millions aux États-Unis). Les mormons constituent l'une des communautés les plus riches au sein des États-Unis. Les fidèles donnent en effet 10 % de leurs revenus et l'Église possède une grande partie des immeubles de Salt Lake City, un quotidien, 11 stations de radio, 2 chaînes de télévision et des actions de nombreuses compagnies industrielles.


Doctrine

Le Livre de Mormon représente, pour les adeptes, une référence au même titre que la Bible. Les principes essentiels du christianisme sont admis, la différence la plus notable est que tous les humains semblables à Dieu peuvent s'assimiler à lui, selon le dogme: «l'homme est ce que Dieu était; ce que Dieu est, l'homme peut le devenir». Outre la défense d'une autonomie théocratique, les mormons avaient instauré en 1852 la polygamie, ce qui entraîna l'intervention du gouvernement fédéral. Les mormons ont fini par rejeter eux-mêmes la polygamie en 1890.

Il n'existe aucun clergé professionnel, tout homme âgé de plus de douze ans peut célébrer le culte.

Tout croyant peut obtenir par procuration le baptême rétroactif de ses ancêtres, afin de leur assurer le salut éternel. Chacun prend donc à cœur de rechercher sa généalogie. Ainsi, les mormons recensent depuis quarante ans les états civils du monde entier.

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Le piétisme est un grand mouvement religieux né en Allemagne au XVIIème siècle. Philipp Jakob Spener en était un des principaux instigateurs.
Le terme "piétisme" vient de la racine latine "pietas" qui a donné le mot "piété". La piétié est un sentiment de dévotion, d'amour et de respect à l'égard de Dieu.
Le courant du piétisme reprochait à l'orthodoxie protestante de l'époque de faire de la religion un ensemble de confessions de foi dans lesquelles la piété et la sensibilité personnelle du croyant n'avait pas de place. Le piétisme donna un élan nouveau à l'Église en proposant une approche de l'Ecriture simple et personnelle. Il eut la volonté de mettre en valeur les oeuvres issues de la foi.

A la fin du XVIIIème siècle, le protestantisme était influencé par le courant rationaliste. Le rationalisme remettait en question la révélation, et ainsi les fondements de la tradition chrétienne. Une religion philosophique se développait appelée déisme.
Face à ce courant, il y eut un renouveau spirituel dans l'Eglise, en particulier grâce à l'influence du piétisme. Cette période de renouveau spirituel - appelée "Réveil" - favorisa le développement de nouveaux mouvements comme le méthodisme.

Le Réveil commença en France à partir de 1815 par l'intermédiaire de missionnaires venus d'Allemagne (Erwekungsbewegung) et des pays anglo-saxons (Revivals). En voici quelques caractéristiques :
- Les prédicateurs insistaient particulièrement sur la conversion personnelle, la repentance et l'irruption de la grâce. Ils invitaient les fidèles à partir en mission dans le monde pour annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ.
- Pour prouver l'authenticité de leur message, les croyants du Réveil mettaient en valeur les confessions de foi des réformateurs. En cela, le mouvement du Réveil se rapprochait de l'orthodoxie protestante.
- La recherche théologique était synonyme de spéculation. Ce rejet de la recherche augmentait la probabilité de faire une lecture fondamentaliste du texte biblique.

Aujourd'hui, nous retrouvons en filigrane les caractéristiques du piétisme et du Réveil au sein des mouvements évangéliques.

Pour plus d'information, voir :
Georges Casalis, Protestantisme, Paris, Encyclopédie Larousse, 1976
Wolfhart Pannenberg, Problemgeschichte der neueren evangelischen Theologie im 19. und 20. Jahrhundert, UTB Wiss 1979, Göttingen, Vandenhoeck und Ruprecht, 1997

Matthias DIETSCH, mai 2001
©Service Médias, Eglises Protestantes d'Alsace et de Lorraine.

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Définition
Aspect historique


Définition

La prédestination est une notion théologique qui se réfère à l'idée que Dieu a prévu et fixé de toute éternité le destin des hommes dans l'au-delà, soit comme élus, soit comme réprouvés, quels que soient les mérites ou les fautes qu'ils pourront accomplir durant leur vie. La prédestination a été soutenue comme conséquence logique de la toute-puissance et de l'omniscience divine, mais ses détracteurs ont fait valoir que c'était une doctrine effrayante conduisant au fatalisme et qui ruine toute morale et toute religion en rendant parfaitement vains les efforts de l'homme pour faire son salut ainsi que la valeur des rites religieux qui en garantissent l'obtention.


Aspect historique

Historiquement, cette idée a été au centre de querelles récurrentes dans le christianisme d'Occident (catholique et protestant) et dans l'islam.

Par fidélité à l'enseignement de saint Augustin qui combattait le moine Pélage, défenseur de la liberté de l'homme face au salut, l'Église catholique a conservé l'idée de prédestination tout en affirmant simultanément le libre-arbitre (position médiane dite du semi-pélagianisme) et en condamnant au XVIIe siècle les jansénistes qui étaient d'ardents défenseurs des positions augustiniennes.

Les réformateurs, Luther et plus encore Calvin, ont également soutenu que l'homme est prédestiné au salut ou à la damnation, mais bien vite les Églises protestantes ont abandonné cette position.

De même, la doctrine musulmane officielle était prédestinationniste après la condamnation des mutazilites, partisans du libre-arbitre, mais l'islam contemporain, dans ses courants modernistes comme fondamentalistes, tend à rejeter une option qui favorise le fatalisme.

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Introduction

Les premières Églises
· Le schisme luthérien
· Conflits religieux et esprit de tolérance
Reconnaissance et expansion du protestantisme
· Le protestantisme américain
· Les protestants en France
Le dialogue œcuménique


Introduction
L'une des trois branches principales du christianisme, le protestantisme est né au XVIe siècle d'une rupture interne à la chrétienté occidentale. À la différence de l'Église catholique, dont l'unité est liée à sa structure hiérarchique, il est constitué, dès ses origines, d'un ensemble d'Églises exprimant des sensibilités religieuses, voire nationales, différentes. Les quelque 400 millions de protestants recensés dans le monde participent à de nombreux mouvements et collaborent à diverses œuvres.

Apparu en Europe, le protestantisme s'est étendu, de façon variable, à tous les continents; l'Amérique latine (où il est toutefois en forte progression) et l'Asie comportent, proportionnellement à leur population, le moins de protestants.

Le protestantisme comprend notamment les Églises luthériennes, les Églises réformées (ou, en pays anglo-saxon, presbytériennes), les frères moraves, les baptistes, les congrégationalistes, les méthodistes, les quakers et les pentecôtistes. L'Église anglicane, elle, représente une sorte de charnière entre protestantisme et catholicisme; elle est en outre traversée par des courants divers.

En ce qui concerne l'organisation de l'Église, le luthéranisme insiste sur le rôle des laïcs dans les synodes et sur la subordination de l'évêque au synode: c'est le système synodal-épiscopal. En France, l'Église réformée s'est constituée selon les principes de doctrine et d'organisation définis par Calvin. Cette organisation attribue le rôle de base au Conseil des Anciens (ou Conseil presbytéral) et le rôle déterminant au Synode: c'est le système presbytérien-synodal. Sa doctrine définit la foi comme la ferme certitude que la Parole de Dieu est la vérité de Dieu pour l'Homme et que cette Parole est contenue dans l'Écriture, elle-même souveraine.


Les premières Églises

Les Églises protestantes célèbrent le 31 octobre de chaque année la fête de la Réformation qui commémore la rédaction, en 1517, des 95 thèses contre la «vertu des indulgences» (indulgences censées permettre la remise de peine de certains péchés). Écrites par le moine Martin Luther (1483-1546), le premier réformateur, ces thèses furent rapidement diffusées et passionnèrent les milieux humanistes chrétiens. Mais, en fait, il s'agissait alors d'une simple «dispute théologique» entre clercs, qui était une pratique courante au sein de l'Église catholique.


Le schisme luthérien

La véritable naissance du protestantisme est plutôt intervenue en 1520-1521: après avoir vainement tenté d'obtenir de lui qu'il reconnaisse ses «erreurs», Rome somma Luther, dans la bulle Exsurge Domine (15 juin 1520) de Léon X, de se rétracter, puis, devant un nouveau refus du moine (qui avait brûlé la bulle), le rebelle et ses partisans furent excommuniés (bulle Decet romanum pontificem, 3 janvier 1521). À la diète de Worms en avril 1521, Luther, se référant à sa «conscience captive de la Parole de Dieu», réclama «d'être convaincu par le témoignage de l'Écriture» et récusa «l'infaillibilité du pape et celle des conciles». L'autorité de la Bible était donc invoquée comme supérieure à toute hiérarchie ecclésiastique, qu'elle se manifeste à travers un chef unique (le pape) ou une instance collégiale (le concile).

En 1526, à la première diète de Spire, les partisans de Luther obtiennent une relative tolérance au sein de l'Empire germanique. Cela leur est retiré trois ans plus tard à la seconde diète de Spire (avril 1529). Cinq princes et les représentants de quatorze villes libres élèvent alors une «protestation» contre les décisions prises: «Nous protestons devant Dieu, ainsi que devant tous les Hommes, que nous ne consentons ni n'adhérons au décret proposé dans toutes les choses qui sont contraires à Dieu, à sa sainte Parole, à notre bonne conscience, au salut de nos âmes.» Cette protestation solennelle est à l'origine du terme de «protestant».

Le protestantisme se caractérise dès lors par une pluralité d'Églises. D'abord ces Églises prendront, la plupart du temps, un caractère national (ainsi avec la création, en 1559, des Églises réformées de France). Ensuite, elles n'auront pas forcément le même mode d'organisation, ni des références théologiques (symbolisées par des «confessions de foi») tout à fait identiques. Une partie de l'Allemagne et l'ensemble de la Scandinavie deviennent «luthériens». Mais le luthéranisme marqué autant par Luther que par son disciple Philipp Melanchthon n'est qu'une des formes du protestantisme. En Suisse, à Zurich, Ulrich Zwingli (1484-1531) a remplacé en 1524 la messe par un culte dominical centré sur la prédication et dont la liturgie est plus dépouillée qu'elle ne le sera dans le protestantisme luthérien.

En 1536, le protestantisme prend un souffle nouveau avec le passage à la Réforme de la ville de Genève, où va s'exercer le ministère de Jean Calvin (1509-1564), un Français chassé de son pays. Sous cette forme, la religion protestante progresse notamment en Suisse romande, en France et aux Pays-Bas. Les confessions de foi helvétique postérieure et écossaise (1560), celles de La Rochelle (1571) et de Westminster (1646), etc., se rattachent à la théologie de Calvin. Les 39 articles qui définissent la foi de l'Église d'Angleterre sont également largement d'inspiration calviniste. Mais l'anglicanisme qui donnera naissance aux États-Unis d'Amérique à l'Église épiscopalienne représente un protestantisme tempéré qui n'a modifié que partiellement (et plus ou moins suivant les tendances) le cadre ecclésiastique issu du catholicisme.


Conflits religieux et esprit de tolérance

En 1555, l'unité confessionnelle du Saint Empire romain germanique est officiellement rompue. Désormais, l'Église d'Occident est scindée de façon durable. Cela va entraîner de nombreux conflits, notamment les guerres de Religion en France (1562-1598). Mais la modernité occidentale est, pour une part, issue de cet éclatement du christianisme.

Ainsi, contrairement à ce que l'on croit souvent, le principe du cujus regio, ejus religio, c'est-à-dire la coexistence du catholicisme et du protestantisme dans l'Empire sur la base de l'unité confessionnelle de chaque territoire, n'exclut pas une relative et progressive tolérance. Après la guerre de Trente Ans, les traités de Westphalie (1648) donnent aux minoritaires certains droits comme le culte privé et la liberté d'émigration temporaire (ou définitive) permettant, vu la mosaïque de territoires qui constituait alors l'Allemagne, de suivre, lors de grandes fêtes, le service religieux de son choix. Les notions de «vérité» et d'«erreur» sont ainsi socialement relativisées: sous l'influence de protestants partisans d'un droit positif, les raisonnements s'effectuent dans des catégories juridiques et non plus dans des concepts d'ordre religieux.

La situation allemande va donc favoriser une «paix religieuse» et un biconfessionnalisme. Mais la tolérance se développant dans le cadre du réalisme politique, elle n'a pas de justification démocratique particulière: la tradition luthérienne va permettre aussi bien l'établissement de monarchies constitutionnelles (dans les pays scandinaves) et de démocraties parlementaires (dans la République fédérale d'Allemagne) qu'un certain autoritarisme politique (comme dans l'Allemagne bismarckienne). Sous la dictature nazie (1933-1945), le protestantisme allemand se divisa entre partisans du régime hitlérien («chrétiens allemands») et ceux qui lui résistèrent de plus en plus («Église confessante»).

Le sociologue Max Weber mentionne la «tendance radicale de la piété calviniste» comme un facteur religieux important dans la progression de la tolérance. C'est apparent surtout dans le monde anglo-saxon, notamment dans une aile du puritanisme: le congrégationalisme, où chaque communauté locale se constitue comme association de croyants par un «pacte» (covenant) entre Dieu et les humains. Tout membre, même analphabète et ignorant, doit avoir une foi personnelle. Au milieu du XVIIe siècle, pendant la première révolution anglaise, les presses impriment pratiquement sans aucun contrôle. Hérésies et utopies «échevelées» fleurissent alors, et des textes contestataires se diffusent sur le continent. L'idée maîtresse est que, l'Église n'étant pas une institution du monde présent, ses «armes» ne peuvent être que spirituelles. Elle ne peut réprimander ses «fidèles» que si ceux-ci sont convaincus de leurs «fautes».


Reconnaissance et expansion du protestantisme

La seconde révolution anglaise est moins audacieuse, mais elle instaurera un État plus stable. Elle apporte notamment à l'Angleterre le parlementarisme et une loi sur la tolérance (1689) qui permet plusieurs pratiques religieuses différentes au prix de certaines restrictions civiles. Au XVIIIe siècle, Voltaire pourra s'extasier: «Un Anglais homme libre va au ciel par le chemin qui lui plaît.» Le revers de la médaille est la progressive colonisation anglaise et protestante en Irlande.


Le protestantisme américain

Dès 1620, les Pères Pèlerins, puritains anglais réfugiés en Hollande, ont traversé l'Atlantique à bord du Mayflower. Ils fondent, en Amérique, New Plymouth et sont rejoints, à partir de 1630, par une seconde vague d'émigration puritaine. Ils ont tendance à justifier les spoliations qu'ils font subir aux Indiens par une lecture messianiste de la Bible. Si leur congrégationalisme induit une pratique religieuse prédémocratique (élection du pasteur, absence de hiérarchie), la répression religieuse n'en est pas absente (procès de sorcellerie à Salem, 1692). Mais un des leurs, Roger Williams (1603-1683), tente, dans le Rhode Island, la première véritable tentative moderne de séparation de l'Église et de l'État. Un quaker, William Penn (1644-1718), crée la Pennsylvanie, où divers dissidents peuvent trouver refuge.

L'effervescence religieuse de l'Amérique anglaise diminue à la fin du XVIIe siècle. Mais au milieu du siècle suivant a lieu le Grand Réveil, la naissance d'une identité américaine. Beaucoup de fils de prédicateurs revivalistes s'engagent dans la révolution américaine. Entre-temps, ils auront été influencés par les Lumières européennes. Cette double inspiration se retrouve aussi dans les Déclarations américaines des droits de l'Homme, qui précèdent d'une dizaine d'années la Déclaration française de 1789.


Les protestants en France

 En France, les protestants avaient obtenu, par l'édit de Nantes (1598) accordé par Henri IV, une liberté de culte tout à fait consistante pour l'époque. Mais il s'agissait d'un acte royal qui ne s'accompagnait pas d'une évolution réelle des esprits vers la tolérance. À partir de 1660, cet édit est progressivement démantelé (destruction de temples, enlèvements d'enfants, etc.). Il est révoqué par Louis XIV, en 1685, et s'accompagne de conversions forcées provoquées par des dragonnades, notamment dans les Cévennes. Les derniers temples sont détruits, les pasteurs chassés du territoire. De plus, on interdit aux protestants d'émigrer et on les oblige à se comporter, désormais, en «nouveaux catholiques» (baptême, mariage et extrême-onction catholiques deviennent obligatoires, sous peine d'emprisonnement, de condamnations aux galères, voire à mort). Quelques centaines de milliers de protestants quittent clandestinement le royaume. Ces «huguenots du refuge» contribueront au développement de la Prusse et formeront, en Hollande, un milieu intellectuel propice à l'éclosion des Lumières. En France même, le soulèvement des camisards puis la résistance pacifique des assemblées (clandestines) du Désert viendront à bout de l'absolutisme royal. En 1787, un édit de Louis XVI reconnaît, de fait, l'existence de protestants en France, sans leur accorder cependant la liberté de culte. Celle-ci sera proclamée, quatre ans plus tard, par la Révolution.

À partir du XIXe siècle, le protestantisme devient véritablement une religion mondiale, grâce à l'action de ses missions. En Afrique et en Océanie, des populations entières se convertissent. Ainsi, au Lesotho (Afrique du Sud), à Madagascar, à Tahiti, en Nouvelle-Calédonie, dans les anciens territoires allemands du Cameroun et du Togo, etc., des Églises sont constituées, issues de la mission protestante française. En Asie, notamment en Chine, les résultats sont beaucoup moins probants.

L'œuvre des missions protestantes comporte une dimension éducative (école et traduction de la Bible en langue vernaculaire, faisant souvent accéder cette langue à l'écrit), médicale (symbolisée, par exemple, par le nom d'Albert Schweitzer), socio-économique (développement de l'exportation des matières premières pour combattre le commerce des esclaves). Cependant, le travail missionnaire a aussi été contesté, pendant la seconde moitié du XXe siècle, car il a été en partie lié à la colonisation.


Le dialogue œcuménique

En même temps qu'il réalisait une extension mondiale, le protestantisme s'interrogeait sur son morcellement. Des sortes d'internationales protestantes, lieux de rencontre et d'action commune entre des protestants de divers pays, se constituent. Elles sont confessionnelles (Alliance réformée mondiale, 1875; Alliance baptiste mondiale, 1905) ou interconfessionnelles (Alliance évangélique universelle, 1846; Unions chrétiennes de jeunes gens les célèbres YMCA ou YWCA anglo-saxonnes, 1844; Fédération universelle des étudiants chrétiens, 1895, etc.). Par ailleurs, en 1910, une conférence mondiale des missions (protestantes) se tient à Édimbourg et elle aboutit à la création d'un Conseil international des missions.

La prise de conscience de l'ampleur du «monde non chrétien» et les défis entraînés par la sécularisation, voire la laïcisation, des sociétés occidentales favorisent, chez certains protestants, le dialogue et le rapprochement entre toutes les Églises chrétiennes. Des autorités protestantes prennent des contacts en ce sens, mais elles se heurtent à un refus poli du Vatican (1914), qui se transformera, en 1928, en une condamnation de leur entreprise. Les Églises orthodoxes se montrent plus réceptives, mais l'instauration du régime soviétique en Russie limite les contacts.

Deux mouvements œcuméniques regroupent, dans l'entre-deux-guerres, des Églises protestantes et quelques Églises orthodoxes. Le Mouvement du christianisme pratique, créé à Stockholm en 1925, veut unir les chrétiens et démontrer la validité du christianisme dans la lutte pour une société plus pacifique et plus égalitaire. Le mouvement Foi et constitution, fondé à Lausanne en 1927, se préoccupe d'un rapprochement doctrinal et des questions de structures ecclésiastiques. Durant la Seconde Guerre mondiale, ces deux mouvements aident les protestants qui résistent au nazisme ou en sont les victimes. En 1948, ils fusionnent lors de l'assemblée constitutive du Conseil œcuménique des Églises (Amsterdam).

En 1961 (Assemblée de New Delhi), l'orthodoxie russe et celle des pays de l'Est rejoignent le Conseil œcuménique, qui comprend aussi désormais les Églises du tiers-monde issues des missions protestantes. Le concile Vatican II reconnaît le caractère chrétien du protestantisme et encourage le dialogue œcuménique.

Facteur important de l'émergence de la modernité occidentale, le protestantisme s'insère aujourd'hui dans un nouvel universalisme pluriculturel et évolue de façon diversifiée suivant les contextes géographique, culturel et confessionnel.

Société des Amis

Le mouvement que créa George Fox (1624-1691) en Angleterre, en 1652, s'inscrit dans le renouveau du protestantisme suscité par la valorisation du sentiment religieux, jusque-là ignoré ou combattu par les tendances dogmatiques ou humanistes de la Réforme. Fils d'un pieux tisserand du comté de Leicester, George Fox se sentit appelé par des «illuminations du Seigneur» à un ministère itinérant; il prêchait la communion avec le Christ, niait la prédestination, si importante dans l'œuvre de Calvin, et, surtout, affirmait que Dieu parle directement aux hommes par l'Esprit. Cela condamnait l'Église visible, le clergé, les sacrements et les sanctuaires, autant de médiations qui faisaient écran à la venue qu'attendaient, lors de réunions pieuses, les membres de la secte.

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Les «pauvres de Lyon», premiers disciples de Pierre Valdo, avaient pour unique source de foi la Bible, notamment le Nouveau Testament que leur fondateur avait traduit en provençal. Reprochant à l'Église son attachement aux biens terrestres et rejetant les sacrements à l'exception de l'eucharistie, ils défendaient l'idée d'un sacerdoce commun. Envoyés en mission par le fondateur de la secte, ils se virent interdire de prêcher sans l'accord des évêques par le pape Alexandre III. Refusant de se soumettre, ils furent excommuniés par le concile de Vérone, en 1184. L'hérésie avait gagné le Dauphiné, la Provence, la Lombardie, puis l'Espagne et la Bohême. Après trois siècles de persécution, les vaudois adhérèrent à la Réforme française (1532). À nouveau persécutés en Italie, en Provence, ils émigrèrent en partie en Uruguay et en Argentine. En 1861, les vaudois ouvrirent une faculté de théologie à Florence, qui fut transférée à Rome en 1922. En 1979, les Églises vaudoises et méthodistes fusionnèrent.

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