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LIENS VERS D'AUTRES RÉSUMES DE CONCILE :
I) Concile
de
Nicée
II) Concile
de
Constantinople
III) Concile
IV) Concile
de
Chalcédoine
V) Concile
de
Constantinople II
VI) Concile
de
Constantinople III
VII) Concile
de
Nicée II
VIII) Concile
de
Constance
IX) Concile
de
Latran V
X) Concile
de
Trente
XI) Concile
de
Vatican I
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I) LE CONTEXTE HISTORIQUE
1.
Introduction
:
L'histoire de ce Concile, ou
devrait-on dire de ces conciles compte tenu des différents lieux et
rebondissements qui se sont passés en rapport avec ce que l'on appelle le
Concile de Bâle, Ferrare, Florence, Rome, est extrêmement mouvementée, à
l'image du Concile précédent (le Concile de Constance, voir le lien dans la
colonne de gauche), on pourrait d'ailleurs dire que par certains côtés
l'histoire de ce Concile est encore plus mouvementée.
En effet, tout comme le Concile de Constance, celui-ci devait aussi se
dérouler sur fond de lutte d'influence. Mais, à la différence du Concile de
Constance qui eut à souffrir des rivalités entre Pape et antipapes (=
faux papes) avant d'y apporter une solution, celui de Bâle, Ferrare,
Florence, Rome se caractérisa principalement par une lutte d'influence
entre le pouvoir des évêques lorsque ceux-ci sont réunis en concile et le
pouvoir du Pape en tant que chef de l'Eglise et successeur de St Pierre.
2.
Pourquoi
ce Concile ?
Ce Concile ne fut pas, contrairement
aux autres conciles, convoqué de gaieté de coeur par le Pape Martin V. Il
dut se résigner à convoquer ce Concile (à Bâle, dans un premier temps), non
pas par besoin de réformes, mais tout simplement, par obligation, suite au
Concile de Constance, qui avait édicté le décret frequens (décret
qui prévoyait la convocation d'un concile oecuménique à intervalle régulier
: 5 ans pour commencer, puis 7 ans, et enfin tous les dix ans). Donc, ce
n'est pas sans appréhension que Martin V convoque ce Concile, où il
craignait une fois de plus que les théories
conciliaires ne l'emportent, ce qui aurait sans aucun doute sapé
définitivement l'autorité du Pape. Son successeur, Eugène IV, eut la même
appréhension lorsqu'il fut élu pape après le décès de Martin V peu avant la
tenu effective du Concile.
3.
La
lutte d'influence entre le Concile et le Pape et ses développements:
Effectivement, le Concile de Bâle
réaffirma la supériorité des conciles sur les papes, il se proposait même
de limiter le pouvoir des papes en matière de nominations d'évêques,
notamment. On approchait du point de rupture entre le Concile et le Pape.
Mais, ce dernier trouva une 'parade' en utilisant, intelligemment, une proposition
de réunification des Eglises d'Orient
(= orthodoxes) et d'Occident (= catholiques) que lui avait offerte Jean
VIII Paléologue, alors empereur de Byzance. De
plus, cette proposition de Jean VIII Paléologue suggérait la tenu d'un
concile d'union en Italie, c'était une trop belle occasion pour que Eugène
IV la laissât passer, d'autant que l'empereur de Byzance, en voulant le
Pape comme interlocuteur privilégié, appuyait l'idée que le Pape était le
seul représentant valable de l'Eglise d'occident, lui conférant par là
l'autorité que le Pape affirmait avoir. Aussi, le Pape avait-il trouvé un
prétexte pour transférer le concile de Bâle à Ferrare en Italie, où il
pourrait mieux contrôler les événements. Ce faisant, il jeta la division
parmi les participants du Concile de Bâle. Ainsi, la majorité refusa de
quitter Bâle, mais une minorité gagna Ferrare (1438), puis Florence. Cela
suffisait pour légitimer le transfert et faire des participants qui
décidèrent de continuer le Concile à Bâle des 'renégats' (ce concile qui
était par conséquent devenu illégitime sans le cautionnement officiel du
Pape devait continuer jusqu'en 1449 ! Mais, il avait définitivement perdu
toute légitimité et donc tout pouvoir réel).
4.
Les
conséquences de ce Concile pour la papauté :
- Le pape
sort grandi de sa lutte avec le Concile puisqu'il a pu finalement faire
prévaloir son autorité, qui se trouva, en plus, grandement renforcée par le
fait que le Pape était parvenu à un accord avec l'Eglise d'orient qui
faisait de lui l'unique chef d'une Eglise unie.
- Cependant, ces luttes intestines, sans oublier le Grand
Schisme d'Occident, devaient laisser des traces durables, on les
trouvera dans l'opposition croissante au centralisme romain, dans le
sentiment de plus en plus répandu que la réforme de l'Eglise ne viendrait
pas de Rome, les germes du protestantisme étaient jetés...
- L'union entre l'Eglise catholique et l'Eglise d'Orient ne fut que de
courte durée. En effet, l'Eglise de Byzance était peu disposée à accepter
une alliance qui lui était imposée par son empereur pour des raisons
politiques (ce dernier avait besoin de l'occident face à la menace
grandissante que représentaient les Turcs). En fait, l'opposition au filioque,
notamment, (voir plus bas chapitre III) fut telle que Jean VIII, une fois
retourné à Byzance, n'osa jamais promulgué le traité d'union.
II) LES DÉCISIONS IMPORTANTES DU CONCILE
A.
Les thèses
conciliatrices du Concile de Constance (voir plus haut, chapitre I)
sont réaffirmées sur le 'papier', mais, comme on vient de le voir, la
réalité fut plus complexe.
B.
L'union entre
l'Eglise d'Occident (catholique) et l'Eglise d'Orient (orthodoxe) est
signée avec reconnaissance par l'Eglise d'Orient et du filioque
(voir chapitre III, ci-dessous) et de la primauté du Pape.
C.
La fête de la Visitation
est étendue à la Chrétienté tout entière.
·
L'importance
que l'Eglise a donné au filioque dans le Concile de Bâle, Ferrare,
Florence, Rome ne peut être ignorée.
Le filioque est une expression latine qui veut dire 'et du fils'. On
la retrouve dans le Credo ou Symbole
dit de Nicée-Constantinople : je crois en l'Esprit Saint qui
procède (= vient) du Père et
du Fils. Or il se trouve que
l'expression 'et du Fils' fut rajoutée unilatéralement par les
occidentaux vers le VIème siècle et généralisée dans tout
l'occident vers le IXème. Cet ajout à l'énoncé commun de la foi,
élaborée au Concile de Nicée-Constinople, fut considérée par les orientaux
comme une trahison, voire même une hérésie. A partir de ce moment là le filioque
devait devenir une pomme de discorde entre les catholiques et les
orthodoxes jusqu'à ce jour.
Voici maintenant quelques fondements scripturaires
:
§ L'Esprit procède du Père :
i.
St Luc 11, 13
ii.
St Jean 15,
26, etc...
§ L'Esprit procède du Fils :
i.
St Jean 16,
15
ii.
St Jean 20,
22
iii.
l'Esprit est
appelé 'Esprit du Christ' : Romains 8, 9, etc...
Remarque finale sur le filioque:
il semblerait qu'aujourd'hui on s'accorde entre catholiques et orthodoxes
sur la formule suivante : l'Esprit procède du Père par le Fils.
Le dialogue reste donc ouvert.
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