|
LIENS VERS D'AUTRES RESUMES DE CONCILE :
I) Concile
de
Nicée
II) Concile
III) Concile
de
Chalcédoine
IV) Concile
de
Constantinople II
V) Concile
de
Constantinople III
VI) Concile
de
Nicée II
VII) Concile
de
Constance
VIII) Concile
de
Bâle-Ferrare-Florence
IX) Concile
de
Latran V
X) Concile
de
Trente
XI) Concile
de
Vatican I
|
I) LE CONTEXTE HISTORIQUE :
1)
Introduction :
Ce qui frappe avec
ce concile, c'est sa continuité par rapport au concile de Nicée. En fait,
il n'a de raison d'être que dans la mesure où il clarifie certains points
que le concile de
Nicée n'avait pas assez développés ; il faut dire que
l'entrée en scène de quelques hérésies nouvelles exigeaient cette
clarification. Ajoutons également que le contexte historique, comme nous
allons le voir, confirme et explique cette impression de continuité.
Assez
étrangement, pourtant, ce concile n'a été reconnu comme œcuménique, c'est à
dire universel, que par la suite. Cette réticence de l'occident, notamment,
à le considérer comme repère universel (i.e. valable pour l'ensemble de
l'Eglise) vint probablement du fait que seuls les évêques d'Orient y furent
conviés (150 évêques orientaux y assistèrent).
De plus, le pape Damase 1er ne
fut même pas averti dans les formes ! Ce qui ne l'empêchera pas d'être en
pleine harmonie avec les décisions prises lors de ce concile, excepté une
qui devait amener le pape à faire une mise au point.
2) Les raisons du
concile
a) la confusion dans l'Empire
Lorsque les fils de Constantin
se partagèrent l'Empire, la situation provoquée par l'arianisme
s'aggrava, et ce, malgré les décisions prises au concile de Nicée. C'est
ainsi que les divisions entre ariens et Nicéens (= tenants de l'orthodoxie
chrétienne définie au concile de Nicée) s'accentuèrent. Jugez-en plutôt :
le fils de Constantin qui hérita de l'Occident
était nicéen, alors que celui qui régnait sur l'Orient, Constance
II, était arien. Quand ce dernier réunifia l'empire en 351, il imposa la foi arienne à l'Occident ; ceux qui résistèrent, tel le pape
Libère à Rome ou saint Hilaire
évêque de Poitiers, furent exilés. La confusion ne fit que croître. Selon
les empereurs successifs, l'un ou l'autre camp triomphait et les évêques
étaient déposés ou rétablis. L'anarchie devint telle qu'on vit un moment
cinq évêques rivaux siéger à Antioche et s'excommunier mutuellement !
Pour couronner le tout, l'arianisme se trouva
bientôt doublé d'une autre hérésie : le macédonianisme.
En fait, le développement de cette hérésie n'avait rien de surprenant.
Cette déviance théologique n'était que la conséquence logique de
l'arianisme. En effet, quoi de plus logique et prévisible que de nier la
divinité du Saint-Esprit, après avoir rejeté la divinité du Fils. Cette
hérésie, donc, vit le jour dans la mouvance de l'arianisme ; c'est ainsi
que les macédonianistes ou macédoniens ou pneumatomaques peuvent, à juste
titre, être considérés comme les héritiers de l'arianisme.
Leur plus éminent doctrinaire était Macédonius
ou Macédonios, évêque de Constantinople de 342 à 360. Ces hérétiques, comme
il vient d'être dit, refusaient de reconnaître la divinité du Saint-Esprit.
Pour eux, le Saint-Esprit était une simple créature, tout comme, pour les
ariens, le Fils était une créature.
b) la résistance s'organise
|

|
St Basile de
Césarée : A la mort
d'Athanase, âme de la résistance à l'arianisme dès le concile de Nicée,
Basile, évêque de Césarée, prit la relève. C'est lui qui, avec une grande
intelligence et soutenu par les évêques Grégoire de Nysse et Grégoire de
Nazianze (deux autres Pères de l'Eglise originaires comme lui de Cappadoce)
trouva la voie pour affirmer à la fois l'unité en Dieu et la distinction
du Père, du Fils et du Saint-Esprit : une seule nature ou substance en
trois personnes distinctes.
|
|

|
St
Grégoire de Nazianze :
Grégoire de Nazianze, lui aussi, organisa la résistance pour empêcher la
propagation de l'arianisme et du macédonianisme. Il y fut encouragé par
Basile, qui avant sa mort (379), l'avait poussé à accepter la direction
de l'Eglise de Constantinople en tant qu'évêque. C'est ainsi qu'il se
trouva plongé en plein coeur du conflit arien, bien malgré lui, il faut
le dire, lui qui n'aspirait qu'à une vie paisible et contemplative. De
plus, la tâche qui l'attendait était immense... La capitale de l'empire
d'Orient était en effet tombée aux mains des ariens ! Sans se décourager,
Grégoire ouvrit une petite église appelée Anastasis (= Résurrection). Là,
il y défendit les positions orthodoxes dans de fameuses homélies (on les
retrouve dans ses 'Discours théologiques').
Ces homélies portaient sur Dieu et le mystère de la Trinité. Elles lui
valurent le surnom de Grégoire "le Théologien".
|
|

|
St Grégoire de
Nysse : Grégoire de Nysse
apporta un soutien sans faille à son frère Basile de Césarée en
acceptant, notamment, la direction du nouvel évêché que ce dernier avait
créé dans le but de contrecarrer l'influence arienne. Mais, c'est sans
aucun doute au concile de Constantinople que sa contribution à
l'orthodoxie devait être la plus décisive.
|
3) Le déroulement du concile
Dans ce contexte politique et théologique troublé,
l'empereur
Théodose finalement décida de convoquer un concile afin d'obtenir le
retour à la paix religieuse et à l'orthodoxie définie par le concile de
Nicée en 325. Cette orthodoxie de la foi chrétienne telle qu'elle avait été
définie à Nicée rejetait notamment l'arianisme. Or les ariens avaient
depuis réussi à s'imposer à Constantinople,

Constantinople
correspond à l'actuelle Istanbul
|
où ils s'étaient emparés de toutes les églises.
L'évêque lui-même était arien, lorsque Théodose
accéda au pouvoir, en 379 ! Pourtant, en 381, ce fut dans une atmosphère de
réconciliation que l'empereur pouvait enfin réunir dans son palais impérial
de Constantinople
ce concile tant attendu, ce sera le concile de Constantinople.
Ouvert en mai 381, le concile rassembla environ
150 évêques orthodoxes (= nicéens) et 36 du parti macédonien (voir plus haut le paragraphe sur 'le
macédonianisme'). Tous étaient
orientaux.
Le concile fut d'abord présidé par l'évêque
d'Antioche Mélèce. Puis, après la mort de celui-ci, le patriarche de
Constantinople Grégoire de Nazianze lui-même prit la présidence du concile.
Mais, Grégoire, suite aux protestations des évêques d'Egypte et de la
Macédoine à l'encontre de sa nomination, préféra démissionner pour le bien
de la paix. Ce fut alors Nectaire
qui lui succéda à la tête du concile. Grégoire, quant à lui, rentra en
Cappadoce où il composa ses poèmes dans la solitude.
Une autre figure marquante du concile de Constantinople fut sans conteste
Grégoire de Nysse, qui fut salué, lors de ce concile, comme "colonne
de l'orthodoxie".
II) LES DÉCISIONS IMPORTANTES DU CONCILE
Icône de la Trinité
§ Le concile rétablit l'orthodoxie. Il confirma
ainsi la foi définie à Nicée. C'est donc assez logiquement que les
positions de Macédonius furent condamnées.
Ce concile, comme à Nicée, proclama que le Père et le Fils étaient de même
nature. De plus, compte tenu de la crise macédonienne, le concile de
Constantinople jugea nécessaire de compléter le symbole
de Nicée, ou credo, en y affirmant clairement la divinité du
Saint-Esprit (le Saint-Esprit " procède du Père...qui, avec le
Père et le Fils, est conjointement adoré et glorifié ").
Le concile de Nicée avait déclaré solennellement que le Fils était de même
nature (consubstantiel) que le Père et donc qu'il était Dieu. Cinquante
ans plus tard, le concile de Constantinople déclarait, non moins
solennellement, que le Saint-Esprit était de même nature (consubstantiel)
que le Père.
§
La deuxième
décision prise par ce concile, bien que de moindre portée que la
proclamation de la divinité de l'Esprit Saint, n'en reste pas moins
importante : le concile reconnaît une primauté d'honneur au patriarche de
Constantinople (tout en admettant, certes, la primauté de Rome). Mais, ce
troisième canon devait préfigurer le 28ème canon du concile de Chalcédoine
qui mit Rome et Constantinople sur le même plan dans le domaine de la
juridiction ecclésiale. Le pape Damase ne s'y trompa d'ailleurs pas en
réagissant à ce qu'il avait perçu comme un danger pour la primauté de Rome.
Le pape insista sur le fondement de sa primauté, qui, selon lui, ne
reposait pas sur des raisons politiques, mais bien sur des raisons
spirituelles : l'Eglise de Rome, contrairement à Constantinople, était
d'origine apostolique, puisqu'elle tirait son origine des deux plus grands
apôtres : Pierre et Paul. Toute capitale d'Empire qu'elle était,
Constantinople, la nouvelle Rome, ne pouvait donc prétendre égaler Rome,
d'autant que l'Eglise de Constantinople n'avait été fondée par aucun
apôtre.
L'impact du concile
Sur le plan de la théologie et de l'arianisme
·
sur le
plan théologique proprement dit,
ce concile est indéniablement un succès, il est l'aboutissement de 4
siècles de recherche sur la foi. Ces formulations reflètent parfaitement le
travail d'approfondissement de plusieurs générations de chrétiens, à
commencer par les apôtres. C'est ainsi que Constantinople, après Nicée,
fixe définitivement les axes de réflexion à suivre pour approcher 'le
mystère de Dieu', qui, maintenant, porte un nom : la Trinité.
En résumé, le concile de Constantinople restera dans les mémoires comme le
concile de la clarification théologique ultime du mystère de la Trinité.
Une crise de 84 ans débouchait sur la formulation de données essentielles
de la foi, bien commun depuis lors de l'ensemble des grandes Eglises
Chrétiennes.
·
sur un
plan plus politique, le succès
est plus mitigé et l'impact moins profond. Théodose avait voulu ce concile
dans le but de ramener la paix dans un empire déchiré par les querelles
théologiques. Ce concile avait certes définitivement levé les ambiguïtés
théologiques par des formulations claires et bien définies, telles qu'on
peut les trouver dans ce qu'il convient, désormais, d'appeler le Symbole
de Nicée-Constantinople. Toutefois, cela ne signifiait en rien le
rétablissement de la 'paix théologique', d'autres hérésies allaient surgir.
Quant à l'arianisme, malgré le zèle de l'empereur Théodose à confirmer et à
mettre en pratique les décisions du concile, il ne disparut que peu à peu
de l'Empire. La situation devint même plus dramatique aux frontières de
l'Empire, quand les tribus germaniques furent évangélisées par des
missionnaires ariens ! Les conséquences de cette évangélisation arienne
s'en feront longtemps sentir du fait des invasions barbares. En fait,
l'arianisme en tant que tel ne disparaîtra complètement qu'assez
tardivement avec la conversion du roi des Wisigoths d'Espagne, Recarède
1er en 589.
b.
Sur les relations Orient-Occident :
La décision du concile en son troisième
canon eut des conséquences fort préjudiciables pour l'unité chrétienne. En
effet, le concile légitimait, en quelques sortes, les ambitions de
Constantinople par rapport à Rome. Désormais, Constantinople entendait bien
jouer un rôle régulateur pour toutes les parties de l'empire qui n'étaient
pas du ressort de Rome. Cette volonté de contrecarrer l'influence de
l'Église de Rome conduisit Constantinople à étendre progressivement sa
juridiction sur les contrées d'Asie mineure et de Tharce. Les jalons de la
séparation entre l' Église d'Occident et l'Église d'Orient étaient posés.
La politique et les luttes d'influence avaient triomphé, encouragées par le
'feu vert' que le Concile avait donné aux ambitions de l'Église de
Constantinople.
- Si vous désirez lire le Credo de
Nicée-Constantinople avec une division historique
|