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LIENS VERS D'AUTRES RESUMES DE CONCILE :
I) Concile
de
Constantinople
II) Concile
III) Concile
de
Chalcédoine
IV) Concile
de
Constantinople II
V) Concile
de
Constantinople III
VI) Concile
de
Nicée II
VII) Concile
de
Constance
VIII) Concile
de
Bâle-Ferrare-Florence
IX) Concile
de
Latran V
X) Concile
de
Trente
XI) Concile
de
Vatican I
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I)
LE CONTEXTE HISTORIQUE :
1) Introduction :
Le concile
de Nicée mérite une mention toute particulière, ne serait-ce que parce
qu'il fut le premier concile dit oecuménique ou universel, c'est à dire
ouvert aux patriarches ou évêques d'Antioche, de Jérusalem, d'Alexandrie et
de Constantinople, ainsi qu'aux évêques du monde entier. Il est d'ailleurs
à noter que ce concile ouvre une période de conciles où le mot oecuménique
prend tout son sens. En effet, les huit premiers conciles sont les seuls à
avoir réuni l'Orient et l'Occident. A partir du concile de Latran I (1123),
l'expression "concile oecuménique" ne couvre plus que les
conciles convoqués par Rome et rejoint la définition générale donnée par le
lien "concile" dans le titre de cette page.
Évidemment, le concile de Nicée,
comme nous allons le voir, est fondamental pour l'Eglise pour bien d'autres
raisons que sa "primauté chronologique".
2) Le rôle de l'empereur :
Ce premier concile, donc, est réuni sur
l'initiative de l'empereur Constantin,
alors qu'en bonne logique, cela aurait dû être du ressort du pape. Mais,
ici, il ne faut pas raisonner avec notre mentalité de catholique romain du
XXIème siècle. Il faut bien l'admettre le pape, dans ces premiers conciles,
était bien loin d'avoir le rôle prépondérant qu'il eût par la suite. De
plus, en ce IVème siècle, l'empereur romain jouit toujours du prestige
qu'il avait dans la Rome antique. En tant qu'empereur, il était par
conséquent naturel pour les gens de l'époque que Constantin, ayant opté
pour la religion chrétienne, se considère comme chargé par Dieu de la
mission de chef du peuple chrétien. Personne, donc, ne lui contesta ce
rôle, tant l'expérience d'un pouvoir politique chrétien est inédite après 3
siècles de persécution ! On ne saurait, d'ailleurs, comme nous venons de le
dire, oublier la vénération dont était entourée dans l'Empire la personne
de l'empereur, placée au rang d'un dieu. Certes, Constantin, tout en
conservant le titre de chef de la religion romaine païenne, a très
probablement renoncé à toute prétention divine ; mais, il n'en reste pas moins
marqué aux yeux du peuple d'un caractère sacré.
Ainsi, avec l'empire chrétien instauré par
Constantin commence une longue phase historique, marquée par l'interférence
du pouvoir temporel dans le domaine spirituel. Cette interférence profitera
à coup sûr au pouvoir politique. A bien des égards, elle servira aussi le
développement du christianisme. Elle n'en comportera pas moins pour
celui-ci un lourd passif, dont l'élément le plus visible sera la
dégradation, au cours des siècles, des relations entre l'Eglise d'Orient et
celle d'Occident. De plus en plus, en effet, Constantinople, désormais
capitale de l'Empire et proclamée "la nouvelle Rome" par ses
empereurs comme par ses patriarches, entendra assumer non seulement
l'héritage politique de la Rome antique mais également l'héritage spirituel
de la Rome chrétienne. Il va sans dire que cette prétention sera une source
inévitable de conflits avec la papauté.
Quoiqu'il en soit, ces assemblées que sont les conciles seront convoquées
par l'Empereur et se tiendront en Orient, jusqu'au concile de Latran I
(1123) ! Les empereurs se considéreront, lors de ces conciles convoqués et
parfois présidés par eux-mêmes, comme les "évêques du dehors"
pour reprendre l'expression que Constantin avait lui-même utilisé en convoquant
le concile de Nicée.
3) Les raisons du
concile :
Le concile de Nicée est convoqué par Constantin en
raison des troubles que pourraient engendrer les divisions au sein de
l'Eglise d'Orient. Celle-ci est en effet déchirée, en Egypte surtout, à
cause de l'arianisme, doctrine propagée par un prêtre d'Alexandrie, Arius.
Celui-ci résout la difficile question de l'unicité de Dieu et de sa
compatibilité avec le Fils en proclamant que le Père est de nature
supérieure au Fils, parce que le Père n'est pas engendré alors que le Fils,
selon Arius, est créé. Le Père et le Fils ne sont pas de la même substance
d'après cette conception. Jésus n'est donc pas Dieu, puisque, toujours
selon Arius, seul le Père est de nature ou de substance divine. Arius
vénère certes le Christ, mais en tant que créature suprême. De plus en
niant la divinité du Christ, Arius se trouva nier l'Incarnation.
Si l'on développe un peu plus la pensée d'Arius, on voit que selon lui le
Père existait forcément avant le Verbe puisqu'il est le seul inengendré,
sinon, il y aurait deux inengendrés, ce qui serait contradictoire avec
l'unicité de Dieu ; il y a donc eu un temps où le Verbe n'existait pas. A
cette façon de voir, on pourrait déjà répondre que par engendré, il
ne faut bien évidemment pas entendre un rapport temporel d'antériorité,
mais, plutôt, l'idée que le Fils est fils par rapport au Père parce que,
dans la Trinité, il se reçoit du Père, il vit de l'amour que le Père lui
donne pour 'ensuite' l'aimer en retour, un peu à la manière d'un couple où
l'amour entre les deux partenaires se caractérise par cet échange constant
de l'amour qui sait donner et de l'amour qui sait recevoir pour ensuite
donner à son tour, à partir de là, il ne s'agit plus de rapports
d'antériorité ou de supériorité (les deux partenaires étant égaux), mais
bien de rapports de réciprocité.
Enfin, Arius suivant assez logiquement son schéma de pensée, n'hésita pas à
affirmer que si on appelle le Verbe "Fils de Dieu", il ne
peut s'agir que d'une filiation adoptive et non pas naturelle ; le Verbe
est donc, toujours selon Arius, une créature tirée du néant, ce qui ne
l'empêche pas d'avoir été exceptionnel par sa sainteté. Mais, en
définitive, on ne peut adorer le Christ, puisqu'il n'est pas Dieu.
4) Le déroulement
du concile
Le pape Sylvestre
1er, déjà âgé, n'est pas présent à Nicée, il avait cependant approuvé
la convocation impériale en se faisant représenter par Ossius de Cordoue et
par deux légats. L'Orient est d'ailleurs bien plus représenté que
l'Occident (5 évêques seulement !).
Selon la tradition conciliaire, pas moins de 318 évêques se rendirent à
Nicée. En fait, les Pères vinrent à Nicée au nombre de 220 environ. Le
chiffre 318 représente une réminiscence biblique, une allusion aux 318
serviteurs d'Abraham (Gen 14, 14).
"La fine fleur de Dieu" est cependant là. On peut voir des
martyrs célèbres : Potamon d'Héraclès et Paphnuce de Thébaïde, qui ont un
œil en moins, ou Paul de Néocésarée, aux mains mutilées par le fer rouge.
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ARIUS
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Les
débats conciliaires se déroulent dans la grande salle du palais impérial,
sous la présidence d'honneur de l'Empereur Constantin. Arius défend sa
doctrine, soutenu par ses partisans, surtout par Eusèbe de Nicomédie.
Mais, en face, le parti orthodoxe, dirigé par Marcel
d'Ancyre, Eustathe
d'Antioche et le diacre Athanase
d'Alexandrie, futur évêque d'Alexandrie, ne s'en laisse pas compter
et défend ses positions tout aussi ardemment.
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ATHANASE
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II)
LES DÉCISIONS IMPORTANTES DU CONCILE
§
A l'issu des débats, les thèses d'Arius sont
condamnées. On proclame que le Fils est consubstantiel au Père, c'est à dire
qu'ils sont de même substance ou nature. Le Christ n'est donc pas une
espèce de 'super créature' ou bien encore une divinité à la mode païenne,
ce que tend à en faire l'arianisme. Bien au contraire, il est le Verbe qui
s'est fait chair, Dieu ayant pris la forme corporelle d'un homme pour
donner le Rédemption, le pardon des péchés. Il est venu sauver les hommes
du péché originel commis par Adam et Eve. Le Christ est donc à la fois de
nature humaine et divine. Ainsi sont affirmées l'unité et la consubstantialité
des trois Personnes de la Sainte Trinité : Père, Fils et Saint-Esprit.
En guise de texte synthétisant la pensée du concile, les Pères se rallient
au Symbole de foi de l'Eglise de Césarée, présenté par son évêque Eusèbe,
toutefois, la majorité des évêques jugea utile de le préciser et de le
clarifier pour repousser plus explicitement les erreurs d'Arius. C'est
ainsi que le Symbole de Nicée vit le jour. Ce symbole est encore en usage
de nos jours dans la liturgie catholique. Parfois, on l'appelle le grand
credo par opposition au credo connu sous le nom de Symbole des
Apôtres.
Le credo de Nicée exclut toute subordination du Verbe au Père. Le Verbe n'a
pas été créé, il coexiste avec le Père depuis le commencement.
La très grande majorité des évêques présents à Nicée adhère aux décisions
du concile (seuls dix-sept des
Pères conciliaires sur la totalité étaient favorables à Arius). Au final, seul Arius et deux autres évêques,
Second de Ptolémaïs et Théonas de Marmarique, refusent de donner leur
approbation à la formule de foi de Nicée. Ils sont exilés. La question de
l'arianisme semble réglée. La suite montre qu'il n'en est rien (voir aussi le concile de Constantinople). En effet, l'arianisme devait continuer de
déchirer l'Empire pendant encore bien des années, l'Empereur Constantin se
laissant même convaincre de réhabiliter Arius et de faire rentrer en grâce
les ariens ! Aux protestations de ceux qui restaient fidèles à la foi de
Nicée, Constantin répondit par la répression ; leur chef de file, Athanase,
l'évêque d'Alexandrie, fut même éxilé à Trèves ! Enfin, il
mérite d'être signalé que Constantin reçut le baptême sur son lit de mort
probablement d'un évêque arien, Eusèbe.
De plus, comme de nombreuses tribus barbares furent évangélisées par des
ariens, il n'est pas étonnant de voir resurgir cette hérésie avec les
invasions barbares (cf. les martyrs catholiques d'Afrique du Nord
persécutés par les Vandales ariens). On peut même parler de résurgence de
l'arianisme en ce début de XXIème siècle avec la propagation de la doctrine
prêchée par les Témoins de Jéhovah. Cette doctrine
n'est vraiment pas loin de celle d'Arius en ce qui concerne la personne du
Christ.
§ Enfin, le concile règle diverses questions, dont
la date de Pâques : la tradition romaine en la matière est étendue à toute
la chrétienté. Le problème concernant cette date vient du fait que les
chrétiens ont toujours célébré Pâques en fonction de la date de la Pâque
juive. Il y eut, dans les premiers siècles, diversité dans la manière de
fixer le jour de cette commémoration ; les Eglises plus directement issues
du judaïsme s'en tenaient à la date de la Pâque juive, le 14 Nizan, c'est à
dire le jour de la pleine lune de printemps (les Temoins de Jéhovah,
par exemple, s'en tiennent à cette date) ; les autres Eglises, dont Rome,
voulaient que cette date se fasse un dimanche, jour de la résurrection du
Christ. C'est donc cette manière de faire qui fut finalement imposée à
toute l'Eglise par le concile de Nicée. Le fête de Pâques serait désormais
célébrée le premier dimanche suivant la pleine lune de printemps.
REM :aujourd'hui les
orthodoxes fêtent Pâques avec 13 jours de décalage par rapport à l'Eglise
catholique, cette situation s'explique par la révision du calendrier
entreprise par le pape Grégoire XIII, qui décida de retirer 10 jours à
l'année 1582 pour mettre nos calendriers en accord avec le soleil.
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En
conclusion, on pourrait dire que le concile de Nicée représente une étape
capitale dans l'histoire de l'Eglise, dans la mesure où ce concile fut la
première occasion pour les Pères de porter un jugement définitif en
matière de foi ; de plus, la nécessité de rédiger le symbole de Nicée en
réponse à l'hérésie arienne fait de ce document la première définition
dogmatique formulée par le magistère de
l'Eglise.
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TEXTE
ORIGINAL REDIGE
A
NICÉE
Nous
croyons en un seul Dieu,
le
Père tout Puissant,
Créateur
de toutes choses
visibles
et invisibles,
et en
un seul Seigneur Jésus Christ,
le
Fils unique, c'est-à-dire, le Fils de Dieu
né du
Père comme Fils unique,
c'est-à-dire
né de la substance du Père,
Dieu
né de Dieu, lumière née de la lumière,
vrai
Dieu né du vrai Dieu,
engendré,
non pas créé,
consubstantiel
au Père,
par
qui tout a été fait,
ce
qui est au ciel
et ce
qui est sur la terre,
qui,
pour nous les hommes,
et
pour notre salut,
est
descendu et a pris chair,
s'est
fait homme, a souffert et
est
ressuscité le troisième jour,
est
remonté aux cieux,
d'où
il viendra juger
les
vivants et les morts,
et
dans le Saint-Esprit.
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TEXTE
CORRESPONDANT ACTUEL
DE
LA LITURGIE
Je
crois en un seul Dieu
le
Père Tout-Puissant,
créateur
du ciel et de la terre,
de
l'univers visible et invisible.
Je
crois en un seul Seigneur Jésus Christ,
le
Fils unique de Dieu,
né du
Père avant tous les siècles,
il
est Dieu, né de Dieu,
lumière
née de la lumière,
vrai
Dieu, né du vrai Dieu,
engendré,
non pas créé,
de
même nature que le Père,
et
par lui tout a été fait.
Pour
nous les hommes et pour notre salut,
il
descendit du ciel, par l'Esprit-Saint,
il a
pris chair de la Vierge Marie
et
s'est fait homme.
Crucifié
pour nous sous Ponce Pilate,
il
souffrit sa passion et fut mis au tombeau.
Il
ressuscita le troisième jour
conformément
aux Écritures, et il monta au ciel.
Il
est assis à la droite du Père,
il
reviendra dans la gloire
pour
juger les vivants
et
les morts et son règne n'aura pas de fin.
Je
crois en l'Esprit-Saint.
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Les
additions que vous trouvez dans la liturgie actuelle viennent pour la
plupart des ajouts réalisés au concile de Constantinople.
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