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LE CONCILE DE NICEE

20 mai-25 juillet 325
(Un bref résumé)

concile de Nicée

PLAN DE L'EXPOSE

I) LE CONTEXTE HISTORIQUE

1) Introduction
2) Le rôle de l'empereur
3) Les raisons du concile
4) Le déroulement du concile

II) LES DÉCISIONS IMPORTANTES DU CONCILE


LIENS VERS D'AUTRES RESUMES DE CONCILE :


I) Concile
de
Constantinople






II) Concile







III) Concile
de
Chalcédoine






IV) Concile
de
Constantinople II






V) Concile
de
Constantinople III






VI) Concile
de
Nicée II






VII) Concile
de
Constance






VIII) Concile
de
Bâle-Ferrare-Florence






IX) Concile
de
Latran V






X) Concile
de
Trente






XI) Concile
de
Vatican I


I) LE CONTEXTE HISTORIQUE :

1) Introduction :

Le concile de Nicée mérite une mention toute particulière, ne serait-ce que parce qu'il fut le premier concile dit oecuménique ou universel, c'est à dire ouvert aux patriarches ou évêques d'Antioche, de Jérusalem, d'Alexandrie et de Constantinople, ainsi qu'aux évêques du monde entier. Il est d'ailleurs à noter que ce concile ouvre une période de conciles où le mot oecuménique prend tout son sens. En effet, les huit premiers conciles sont les seuls à avoir réuni l'Orient et l'Occident. A partir du concile de Latran I (1123), l'expression "concile oecuménique" ne couvre plus que les conciles convoqués par Rome et rejoint la définition générale donnée par le lien "concile" dans le titre de cette page.
Évidemment, le concile de Nicée, comme nous allons le voir, est fondamental pour l'Eglise pour bien d'autres raisons que sa "primauté chronologique".

2) Le rôle de l'empereur :

l'Empereur Constantin le GrandCe premier concile, donc, est réuni sur l'initiative de l'empereur Constantin, alors qu'en bonne logique, cela aurait dû être du ressort du pape. Mais, ici, il ne faut pas raisonner avec notre mentalité de catholique romain du XXIème siècle. Il faut bien l'admettre le pape, dans ces premiers conciles, était bien loin d'avoir le rôle prépondérant qu'il eût par la suite. De plus, en ce IVème siècle, l'empereur romain jouit toujours du prestige qu'il avait dans la Rome antique. En tant qu'empereur, il était par conséquent naturel pour les gens de l'époque que Constantin, ayant opté pour la religion chrétienne, se considère comme chargé par Dieu de la mission de chef du peuple chrétien. Personne, donc, ne lui contesta ce rôle, tant l'expérience d'un pouvoir politique chrétien est inédite après 3 siècles de persécution ! On ne saurait, d'ailleurs, comme nous venons de le dire, oublier la vénération dont était entourée dans l'Empire la personne de l'empereur, placée au rang d'un dieu. Certes, Constantin, tout en conservant le titre de chef de la religion romaine païenne, a très probablement renoncé à toute prétention divine ; mais, il n'en reste pas moins marqué aux yeux du peuple d'un caractère sacré.
l'Empereur Constantin le Grand présidant le concile de NicéeAinsi, avec l'empire chrétien instauré par Constantin commence une longue phase historique, marquée par l'interférence du pouvoir temporel dans le domaine spirituel. Cette interférence profitera à coup sûr au pouvoir politique. A bien des égards, elle servira aussi le développement du christianisme. Elle n'en comportera pas moins pour celui-ci un lourd passif, dont l'élément le plus visible sera la dégradation, au cours des siècles, des relations entre l'Eglise d'Orient et celle d'Occident. De plus en plus, en effet, Constantinople, désormais capitale de l'Empire et proclamée "la nouvelle Rome" par ses empereurs comme par ses patriarches, entendra assumer non seulement l'héritage politique de la Rome antique mais également l'héritage spirituel de la Rome chrétienne. Il va sans dire que cette prétention sera une source inévitable de conflits avec la papauté.
Quoiqu'il en soit, ces assemblées que sont les conciles seront convoquées par l'Empereur et se tiendront en Orient, jusqu'au concile de Latran I (1123) ! Les empereurs se considéreront, lors de ces conciles convoqués et parfois présidés par eux-mêmes, comme les "évêques du dehors" pour reprendre l'expression que Constantin avait lui-même utilisé en convoquant le concile de Nicée.

3) Les raisons du concile :

L'arianisme :

AriusLe concile de Nicée est convoqué par Constantin en raison des troubles que pourraient engendrer les divisions au sein de l'Eglise d'Orient. Celle-ci est en effet déchirée, en Egypte surtout, à cause de l'arianisme, doctrine propagée par un prêtre d'Alexandrie, Arius. Celui-ci résout la difficile question de l'unicité de Dieu et de sa compatibilité avec le Fils en proclamant que le Père est de nature supérieure au Fils, parce que le Père n'est pas engendré alors que le Fils, selon Arius, est créé. Le Père et le Fils ne sont pas de la même substance d'après cette conception. Jésus n'est donc pas Dieu, puisque, toujours selon Arius, seul le Père est de nature ou de substance divine. Arius vénère certes le Christ, mais en tant que créature suprême. De plus en niant la divinité du Christ, Arius se trouva nier l'Incarnation.
Si l'on développe un peu plus la pensée d'Arius, on voit que selon lui le Père existait forcément avant le Verbe puisqu'il est le seul inengendré, sinon, il y aurait deux inengendrés, ce qui serait contradictoire avec l'unicité de Dieu ; il y a donc eu un temps où le Verbe n'existait pas. A cette façon de voir, on pourrait déjà répondre que par engendré, il ne faut bien évidemment pas entendre un rapport temporel d'antériorité, mais, plutôt, l'idée que le Fils est fils par rapport au Père parce que, dans la Trinité, il se reçoit du Père, il vit de l'amour que le Père lui donne pour 'ensuite' l'aimer en retour, un peu à la manière d'un couple où l'amour entre les deux partenaires se caractérise par cet échange constant de l'amour qui sait donner et de l'amour qui sait recevoir pour ensuite donner à son tour, à partir de là, il ne s'agit plus de rapports d'antériorité ou de supériorité (les deux partenaires étant égaux), mais bien de rapports de réciprocité.
Enfin, Arius suivant assez logiquement son schéma de pensée, n'hésita pas à affirmer que si on appelle le Verbe "Fils de Dieu", il ne peut s'agir que d'une filiation adoptive et non pas naturelle ; le Verbe est donc, toujours selon Arius, une créature tirée du néant, ce qui ne l'empêche pas d'avoir été exceptionnel par sa sainteté. Mais, en définitive, on ne peut adorer le Christ, puisqu'il n'est pas Dieu.

4) Le déroulement du concile

Le pape Sylvestre 1erLe pape Sylvestre 1er, déjà âgé, n'est pas présent à Nicée, il avait cependant approuvé la convocation impériale en se faisant représenter par Ossius de Cordoue et par deux légats. L'Orient est d'ailleurs bien plus représenté que l'Occident (5 évêques seulement !).
Selon la tradition conciliaire, pas moins de 318 évêques se rendirent à Nicée. En fait, les Pères vinrent à Nicée au nombre de 220 environ. Le chiffre 318 représente une réminiscence biblique, une allusion aux 318 serviteurs d'Abraham (Gen 14, 14).
"La fine fleur de Dieu" est cependant là. On peut voir des martyrs célèbres : Potamon d'Héraclès et Paphnuce de Thébaïde, qui ont un œil en moins, ou Paul de Néocésarée, aux mains mutilées par le fer rouge.

ARIUS

Les débats conciliaires se déroulent dans la grande salle du palais impérial, sous la présidence d'honneur de l'Empereur Constantin. Arius défend sa doctrine, soutenu par ses partisans, surtout par Eusèbe de Nicomédie. Mais, en face, le parti orthodoxe, dirigé par Marcel d'Ancyre, Eustathe d'Antioche et le diacre Athanase d'Alexandrie, futur évêque d'Alexandrie, ne s'en laisse pas compter et défend ses positions tout aussi ardemment.

ATHANASE

II) LES DÉCISIONS IMPORTANTES DU CONCILE

§    Le Père et le Fils égaux en nature et en gloireA l'issu des débats, les thèses d'Arius sont condamnées. On proclame que le Fils est consubstantiel au Père, c'est à dire qu'ils sont de même substance ou nature. Le Christ n'est donc pas une espèce de 'super créature' ou bien encore une divinité à la mode païenne, ce que tend à en faire l'arianisme. Bien au contraire, il est le Verbe qui s'est fait chair, Dieu ayant pris la forme corporelle d'un homme pour donner le Rédemption, le pardon des péchés. Il est venu sauver les hommes du péché originel commis par Adam et Eve. Le Christ est donc à la fois de nature humaine et divine. Ainsi sont affirmées l'unité et la consubstantialité des trois Personnes de la Sainte Trinité : Père, Fils et Saint-Esprit.
En guise de texte synthétisant la pensée du concile, les Pères se rallient au Symbole de foi de l'Eglise de Césarée, présenté par son évêque Eusèbe, toutefois, la majorité des évêques jugea utile de le préciser et de le clarifier pour repousser plus explicitement les erreurs d'Arius. C'est ainsi que le Symbole de Nicée vit le jour. Ce symbole est encore en usage de nos jours dans la liturgie catholique. Parfois, on l'appelle le grand credo par opposition au credo connu sous le nom de Symbole des Apôtres.
Le credo de Nicée exclut toute subordination du Verbe au Père. Le Verbe n'a pas été créé, il coexiste avec le Père depuis le commencement.
La très grande majorité des évêques présents à Nicée adhère aux décisions du concile
(seuls dix-sept des Pères conciliaires sur la totalité étaient favorables à Arius). Au final, seul Arius et deux autres évêques, Second de Ptolémaïs et Théonas de Marmarique, refusent de donner leur approbation à la formule de foi de Nicée. Ils sont exilés. La question de l'arianisme semble réglée. La suite montre qu'il n'en est rien (voir aussi le concile de Constantinople). En effet, l'arianisme devait continuer de déchirer l'Empire pendant encore bien des années, l'Empereur Constantin se laissant même convaincre de réhabiliter Arius et de faire rentrer en grâce les ariens ! Aux protestations de ceux qui restaient fidèles à la foi de Nicée, Constantin répondit par la répression ; leur chef de file, Athanase, l'évêque d'Alexandrie, fut même éxilé à Trèves ! Enfin, il mérite d'être signalé que Constantin reçut le baptême sur son lit de mort probablement d'un évêque arien, Eusèbe.
De plus, comme de nombreuses tribus barbares furent évangélisées par des ariens, il n'est pas étonnant de voir resurgir cette hérésie avec les invasions barbares (cf. les martyrs catholiques d'Afrique du Nord persécutés par les Vandales ariens). On peut même parler de résurgence de l'arianisme en ce début de XXIème siècle avec la propagation de la doctrine prêchée par les Témoins de Jéhovah. Cette doctrine n'est vraiment pas loin de celle d'Arius en ce qui concerne la personne du Christ.

§    Enfin, le concile règle diverses questions, dont la date de Pâques : la tradition romaine en la matière est étendue à toute la chrétienté. Le problème concernant cette date vient du fait que les chrétiens ont toujours célébré Pâques en fonction de la date de la Pâque juive. Il y eut, dans les premiers siècles, diversité dans la manière de fixer le jour de cette commémoration ; les Eglises plus directement issues du judaïsme s'en tenaient à la date de la Pâque juive, le 14 Nizan, c'est à dire le jour de la pleine lune de printemps (les Temoins de Jéhovah, par exemple, s'en tiennent à cette date) ; les autres Eglises, dont Rome, voulaient que cette date se fasse un dimanche, jour de la résurrection du Christ. C'est donc cette manière de faire qui fut finalement imposée à toute l'Eglise par le concile de Nicée. Le fête de Pâques serait désormais célébrée le premier dimanche suivant la pleine lune de printemps.

REM :aujourd'hui les orthodoxes fêtent Pâques avec 13 jours de décalage par rapport à l'Eglise catholique, cette situation s'explique par la révision du calendrier entreprise par le pape Grégoire XIII, qui décida de retirer 10 jours à l'année 1582 pour mettre nos calendriers en accord avec le soleil.

En conclusion, on pourrait dire que le concile de Nicée représente une étape capitale dans l'histoire de l'Eglise, dans la mesure où ce concile fut la première occasion pour les Pères de porter un jugement définitif en matière de foi ; de plus, la nécessité de rédiger le symbole de Nicée en réponse à l'hérésie arienne fait de ce document la première définition dogmatique formulée par le magistère de l'Eglise.

TEXTE ORIGINAL REDIGE

A NICÉE

Nous croyons en un seul Dieu, 

le Père tout Puissant, 

Créateur de toutes choses

visibles et invisibles,

et en un seul Seigneur Jésus Christ, 

 le Fils unique, c'est-à-dire, le Fils de Dieu

né du Père comme Fils unique, 

c'est-à-dire né de la substance du Père, 

Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, 

vrai Dieu né du vrai Dieu, 

engendré, non pas créé, 

consubstantiel au Père, 

par qui tout a été fait, 

ce qui est au ciel

et ce qui est sur la terre, 

qui, pour nous les hommes, 

et pour notre salut, 

est descendu et a pris chair, 

s'est fait homme, a souffert et 

est ressuscité le troisième jour, 

est remonté aux cieux, 

d'où il viendra juger 

les vivants et les morts, 

et dans le Saint-Esprit. 

TEXTE CORRESPONDANT ACTUEL

DE LA LITURGIE

Je crois en un seul Dieu

le Père Tout-Puissant,

 créateur du ciel et de la terre,

de l'univers visible et invisible.

Je crois en un seul  Seigneur Jésus Christ,

le Fils unique de Dieu, 

né du Père avant tous les siècles,

il est Dieu, né de Dieu,

lumière née de la lumière,

vrai Dieu,  né du vrai Dieu,

engendré, non pas créé,

de même nature que le Père,

et par lui tout a été fait.

Pour nous les hommes et pour notre salut,

 il descendit du ciel, par l'Esprit-Saint,

il a pris chair de la Vierge Marie

et s'est fait homme.

Crucifié pour nous sous Ponce Pilate,

il souffrit sa passion et fut mis au tombeau.

Il ressuscita le troisième jour

conformément aux Écritures, et il monta au ciel.

Il est assis à la droite du Père,

il reviendra dans la gloire 

pour juger les vivants 

et les morts et son règne n'aura pas de fin.

Je crois en l'Esprit-Saint.

Les additions que vous trouvez dans la liturgie actuelle viennent pour la plupart des ajouts réalisés au concile de Constantinople.